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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Marie-George Buffet au Blanc Mesnil le 5 janvier 2007: lancement de la campagne

7 Janvier 2007, 11:08am

Publié par Xavier

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Après mon ami Daniel Feurtet, maire de Blanc-Mesnil, je veux vous remercier, toutes et tous, de votre présence, vous dire mon plaisir de vous accueillir dans cette ville populaire, solidaire, cette ville monde, dans cette école qui a fait tant de citoyennes et citoyens.

Je suis heureuse d’être ici aux côtés de nombreux élus, dont Hervé Bramy et Christian Favier, Présidents des Conseils Généraux de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, André Chassaigne, Président de l’ANECR, Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat...


Discours - intervention
5 janvier 2007

Alain Bocquet, président du groupe communiste et républicain, est retenu dans sa ville. Francis Wurtz vient de m’adresser un message amical, où il m’annonce qu’il vient d’être réélu président du groupe de la gauche unitaire européenne au Parlement européen.

Je veux saluer les nombreux syndicalistes présents. Je vois ceux de la RATP, Thalès, EADS, d’Alcatel de la banque de France, de la SNCF, de Québécor, de la SNCM, de Nestlé, d’ECCE textile, de Bombardier, La Poste, Renault, PSA, Air France, Polimeri, Thomé Génot, DHL, d’EDF-GDF, enseignants. Tous et toutes, vous portez les luttes pour l’emploi contre les licenciements boursiers et les délocalisations, contre la précarisation de la vie des jeunes. Vous portez la résistance aux privatisations.

Je veux saluer la présence des responsables associatifs, de militants antiracistes (Mouloud Aounit), de parents d’élèves, des militants LGBT, des responsables de comités de lutte pour le droit au logement contre la chasse aux enfants et aux immigrés, pour les droits des femmes. (Femmes dans la cité). Vous représentez la dignité de la France face à toutes les discriminations, toutes les oppressions.

Je veux remercier, enfin, les militantes et les militants communistes, socialistes, écologistes, les hommes et les femmes de gauche de Stains, Dugny, Blanc-Mesnil avec qui, depuis 2004, je vis une belle aventure : celle du rassemblement antilibéral pour le progrès social et la démocratie.

Tous ces combats témoignent combien nous avons besoin du mouvement syndical, du mouvement associatif et de l’action politique pour avoir la force, rassemblés, de changer la donne.

En cette période de l’année, il est bien sûr de coutume et, je le fais avec plaisir, de souhaiter à chacune, à chacun des voeux de bonheur et de santé pour l’année à venir.

Mais permettez-moi un voeu plus collectif :

Je fais le voeu qu’en 2007, une dynamique populaire batte la droite et rejette, au loin, le spectre d’une France définitivement livrée à la loi du plus fort, celle de l’argent, d’une France répressive et atlantiste portée par Nicolas Sarkozy, le petit télégraphiste des fonds de pension, rejette au loin le sceptre d’une France salie par l’extrême-droite.

Je fais le voeu qu’en 2007, les femmes et les hommes qui ne veulent plus subir mais vivre, décident de construire une nouvelle majorité à gauche, apte à concrétiser tous leurs espoirs.

Ce n’est pas bien sûr qu’un voeu, c’est aussi un engagement.

Je suis candidate à l’élection présidentielle afin que les hommes et les femmes qui, majoritairement, ont voté non le 29 mai 2005 voient leur choix respecté et porté par la France au sein de l’Union européenne.

Je suis candidate pour que les hommes et les femmes qui luttent voient leurs revendications reconnues au plus haut sommet de l’Etat.

Je suis candidate pour donner enfin la parole à celles et ceux qui sont gommés du paysage public.

Je suis candidate pour que tous, toutes aient enfin une vie meilleure.

Je suis candidate avec celles et ceux qui pensent qu’il y a besoin de justice, de paix dans ce monde, qu’il y a besoin d’un métissage d’Afrique, d’Asie, d’Europe, d’Amérique, pour qu’ici et là bas on vive mieux.

Je sais, beaucoup de militantes et de militants des collectifs antilibéraux sont aujourd’hui déçus, comme moi, de l’incapacité des organisations à déboucher sur un accord politique. Eh bien je veux avec ceux et avec celles qui le souhaitent continuer à construire cette nouvelle majorité à gauche, tous mes actes iront dans ce sens. Je m’y engage.

Je suis candidate pour que gagne une gauche de responsabilités et de combat.

Je veux une gauche de responsabilités parce que notre objectif est bien une majorité politique et donc la transformation du quotidien des hommes et des femmes de ce pays.

Je veux une gauche de combat car pour gagner un tel changement, il faudra affronter les logiques du tout-marchand.

Face à ceux qui ne cessent de s’enrichir et de nous culpabiliser sans rien savoir des conditions dans lesquelles la grande majorité d’entre-vous vit, je veux être la candidate qui affirme : vous avez le droit de vivre mieux !

Mais je veux aussi être celle qui démontre que cela est possible, qu’une autre politique est possible.

Voici les engagements que je prends pour les premiers mois de la législature afin que vos vies cessent de n’être qu’un combat quotidien.

Quatre chantiers seront ouverts pour éradiquer toutes les précarités qui rongent les familles et les salariés.

D’abord, éradiquer le chômage. Il faut garantir à tous et toutes une sécurité d’emploi ou de formation, qui passera notamment par l’abrogation du CNE, des contrats précaires et des temps partiels imposés, par une réforme de l’indemnisation du chômage et par une refonte du code du travail.

Ensuite, relever en urgence les salaires, les pensions et les minima sociaux. Lorsqu’il s’agit d’en finir avec les privations quotidiennes, il ne peut être question d’attendre. Dès la mise en place du gouvernement, le SMIC sera porté à 1500 €. De grandes négociations salariales seront ouvertes. Des prix rémunérateurs seront garantis aux paysans pour leur permettre de vivre de leur travail et de sauvegarder leurs exploitations.

Troisièmement, garantir un toit à chacun et à chacune. Pour cela sera engagée la création d’un véritable service public de l’habitat. Les financements dégagés pour la construction de plus de 600 000 logements sociaux sur la législature. Les loyers seront plafonnés, par la loi, à 20% du revenu des ménages. Les expulsions locatives, les coupures d’eau et d’électricité seront interdites. La réquisition des logements vides sera organisée. La loi sur les 20% de logements sociaux sera rendue plus contraignante.

C’est tout cela le droit opposable !

Enfin, assurer le droit à la santé. La Sécurité sociale universelle sera rétablie ; une réforme du financement de la sécurité sociale sera engagée dès l’automne 2007, notamment par la cotisation des revenus financiers.

En lien avec ces quatre chantiers sur l’urgence sociale, je veux engager le combat pour le savoir et la culture partagée pour que chacun ait la maîtrise de sa vie, pour gagner en libertés.

Alors que la droite rabaisse les missions de l’école et livre la recherche et la culture aux marchands, le budget de l’Education nationale sera porté à 7% du PIB pour assurer à chaque enfant une école de la réussite. Le budget de la jeunesse et des sports et de l’éducation populaire sera porté à 1% du PIB, les subventions aux associations seront augmentées et sécurisées. Je réunirai le monde associatif pour travailler à une loi complète sur le statut du bénévolat.

Les crédits à la recherche publique seront doublés sur cinq ans, les propositions émanant des Etats généraux de la recherche seront reprises et appliquées par le gouvernement.

Pour rétablir les artistes et les techniciens de la culture dans leurs droits, la proposition de loi réformant le statut des intermittents du spectacle sera inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès la rentrée parlementaire.

Enfin je prends avec force l’engagement d’abroger toutes les lois liberticides impulsées par Nicolas Sarkozy, qu’elles concernent les jeunes, la justice ou l’immigration.

Le combat contre toutes les discriminations et violences faites aux individus sera renforcé ; la loi cadre contre les violences faites aux femmes, élaborée par les féministes, sera immédiatement inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée.

L’allocation d’autonomie réclamée par les organisations de jeunesse sera inscrite dans un collectif budgétaire.

Les sans-papiers seront régularisés.

Le droit au travail, au logement, aux loisirs des personnes touchées par le handicap ne fera pas l’objet d’une énième loi : il sera mis en oeuvre. Le droit à l’amour et à la parentalité sera assurée pour chacun et chacune. La proposition de loi que j’ai déposée contre l’homophobie sera portée à la majorité.

Bien sûr, je n’ai pas traité tous les domaines où il faut d’urgence agir, la droite a tant cassé, car je veux pouvoir répondre à l’essentiel : comment débloquer les moyens nécessaires à tous ces chantiers ?

Je veux porter un langage de vérité et de courage : le changement ne sera possible qu’avec la plus grande détermination face au libéralisme.

Aussi, je vois trois conditions, qui si elles n’étaient pas remplies, transformeraient toutes ces propositions en un nouveau catalogue de promesses non tenues.

La première c’est de trouver l’argent. On nous parle du déficit public, mais l’impôt sur le revenu représente à peine 17% des recettes de l’Etat ; et l’impôt sur les sociétés, que le président de la République veut encore réduire, tourne autour de 15%. Alors l’argent, il faut aller le chercher par une grande réforme de la fiscalité, dès la loi de finances pour 2008, une réforme de justice fiscale qui toucherait les hauts revenus et les profits exorbitants des grandes entreprises, 96 milliards d’€ en 2006.

Soyons clairs, un gouvernement de gauche qui ne voudrait pas affronter le pouvoir de la finance, courrait à l’échec.

Alors oui, il faudra le courage politique et la mobilisation populaire pour s’attaquer à la tyrannie des actionnaires, des marchés et des banques. Il faudra du courage pour réorienter toutes les missions de la BCE et créer un pôle financier public porteur d’une nouvelle politique du crédit et d’une nouvelle politique pour l’industrie.

Il faudra la même détermination pour donner aux salariés, les seuls intéressés par l’emploi et l’investissement utile, de nouveaux droits d’intervention dans la gestion de leurs entreprises.

Car la deuxième de ces conditions, c’est bien de partager et démocratiser tous les pouvoirs. Un gouvernement de gauche qui ne transformerait pas l’exercice du pouvoir courrait à l’échec.

C’est pourquoi, très vite, devra être mis en chantier une 6ème République, fondée sur les droits et la participation effective de notre peuple aux décisions de la Nation. Le monarchisme présidentiel sera supprimé et le rôle du Parlement renforcé ; les résidents étrangers bénéficieront comme citoyennes et citoyens du droit de vote. Les populations et les élus des départements et territoires d’Outre-mer se verront reconnus les nouvelles responsabilités qu’ils souhaitent.

La démocratie a besoin aussi de grands services publics. Cela passe par la reconquête des services publics touchés par la privatisation, par leur démocratisation, mais d’autres devront être créés, pour la petite enfance, l’eau, la maîtrise des déchets...

La troisième de ces conditions, c’est évidemment l’action de la France en Europe et dans le monde.

Tous ces services publics que nous savons nécessaires, ils n’ont pas d’avenir dans une Europe dont le dogme est la concurrence libre et non faussée des promoteurs de la constitution européenne. Toutes ces conquêtes sociales que nous appelons de nos voeux, elles ne sont pas possibles dans une Europe du moins disant social, docile au tout marchand de l’OMC. Dès la première réunion du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, la France devra faire entendre sa volonté de réorienter la construction européenne et travailler à des initiatives permettant l’élaboration citoyenne d’un nouveau traité pour l’U.E., facteur de progrès social de démocratie et de paix.

Une Europe porteuse d’une nouvelle croissance, respectueuse des hommes et des femmes, mais aussi de l’environnement. Nous aurons besoin d’une France qui dans sa politique étrangère soit un pilier de la construction d’un monde plus juste. Dans l’urgence, elle devra agir au sein de l’ONU pour créer les conditions d’une paix durable au Moyen-Orient.

Certains diront que ce programme est une utopie et que la France ne peut pas se dégager des logiques qui dominent le monde. Ce renoncement a priori a déjà fait échouer la gauche.

D’autres diront qu’il est impossible de rassembler une majorité de Françaises et de Français sur une telle ambition. Ce renoncement cantonne l’antilibéralisme dans la contestation.

J’ai envie de dire, en regardant ce qui se passe en Amérique latine, que là-bas ils n’attendent pas le rapport de force ; ils le créent. Ils n’invoquent pas des symboles ; ils agissent.

Ici aussi, en France, des millions d’hommes et de femmes aspirent à vivre mieux. Ces hommes et ces femmes sont prêts à se battre, on l’a vu contre le CPE. Ces hommes et ces femmes sont prêts à prendre leurs affaires en main. Ces hommes et ces femmes sont la majorité.

Cette majorité, pour devenir majorité politique, appelle ce que la gauche n’a jamais tenté, une véritable transformation sociale. Elle appelle une nouvelle conception de la politique et du pouvoir.

C’est cette ambition que veut porter cette candidature. Une candidature collective qui jusqu’au bout restera ouverte à toutes celles et ceux qui veulent en être les porte-parole.

Vous le savez, j’ai quitté hier mes responsabilités de secrétaire nationale du PCF, certaine de l’engagement des militantes et militants communistes, des jeunes communistes dont je salue le responsable, Cédric Clérin, confiante dans leur détermination à construire une nouvelle majorité à gauche.

Cette campagne collective, je la conçois dans un rapport constant avec le monde du travail et les quartiers populaires. Ma campagne sera donc une campagne de rencontres au plus près de la vie des Françaises et des Français. Car je crois profondément que pour gagner en 2007, mais surtout pour construire et réussir après 2007, la mobilisation des citoyennes et des citoyens est et sera essentielle.

Je veux dire ici aux militantes et militants du rassemblement, socialistes, écologistes, communistes, aux hommes et aux femmes de gauche, je veux leur dire que tous et toutes ensemble nous pouvons bousculer le scénario que l’on veut nous imposer, d’un bipartisme porteur d’alternances et de désillusions.

Nous pouvons changer la donne, nous pouvons ouvrir une nouvelle voie à gauche.

Chers amis, chers camarades,

Je suis en campagne avec l’envie de porter tous les espoirs et les colères. Je pars en campagne sûre de la force de nos propositions et de notre capacité à tenir la dragée haute à celles et ceux qui, aujourd’hui, rêvent de l’Elysée. Je pars en campagne avec la conviction, profonde, que ce que tous ensemble nous avons réalisé le 29 mai 2005, en bousculant tous les pronostics des habiles politologues du pays, nous pourrons le rééditer cette année. Nous pouvons simplement porter au pouvoir l’aspiration populaire, et gagner.

Marie George Buffet au Blanc Mesnil le 5 janvier 2007

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