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11 Novembre 2007
Depuis 1920, à cette date , la Nation rend hommage aux « poilus » de la Grande Guerre.
Respectant la volonté des anciens combattants, cette cérémonie se doit d'être pacifique et silencieuse.
Seulement, à l'instar de l' « affaire Guy Môquet », notre président a fait de l'instrumentalisation de la mémoire l'une de ses spécialités. Au silence et au recueillement dans la dignité, celui-ci a préféré un spectacle médiatique bien orchestré marqué d'un discours vantant les mérites d'une Europe qui se construit sans les peuples!.... C'est une injure faite à la mémoire des sacrifiés.
Les habitants du Pas de de Calais n'ont pas oubliés les terribles souffrances endurées sur leurs terres. Les lieux de mémoires qui jalonnent les paysages de l'Artois sont là pour nous rappeler l'ampleur de cette barbarie.
D'abord fredonnée en cachette dans les tranchées, puis entonnée avec l'Internationale pendant les mutineries, « La Chanson de Craonne » symbolise le combat pacifiste et la résistance à cette guerre impérialiste.
Popularisée en 1917 par Paul Vaillant Couturier, communiste bientôt rédacteur en chef de l'Humanité et grande figure du Front Populaire, le texte dénonce les profiteurs de
guerre , les « embusqués », et témoigne des souffrances
endurées dans les tranchées.
Rappelons qu'à l'origine, ce chant révolutionnaire est connu sous le nom de « Chanson de Lorette », en référence à la terrible bataille de Lorette, à Ablain-Saint-Nazaire (octobre 1914-1915). C'est en 1916 qu'elle est modifiée pour évoquer le plateau de Champagne puis Verdun.
Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés !
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)
C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là. (au refrain)
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !