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5 Novembre 2007
Quand le baril de brut augmente, les prix à la pompe s’envolent. Un nouveaurecord a été établi dans lasemaine avec, en moyenne, le gazole supérieur à 1,14 euro par litre et le super sans plomb 95 qui frôle le 1,30 euro. Au final, c’est toujours l’usager qui paie les conséquences. Quels que soient sa condition sociale et ses revenus. Car, dans l’Union européenne, les carburants sont taxés deux fois, à travers deux impôts indirects et donc inéquitables : la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Au total, la part des taxes représente près de 75 % pour l’essence et environ 67 % pour le diesel.
Ainsi, pour 100 euros dépensés en super 95, l’automobiliste paye 53 euros pour la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) et 16 euros de TVA. Pour l’utilisateur de
gazole, majoritaire en France, la TIPP s’élève, dans le même cas, à 43 euros.
Perçue sur les volumes et non sur le prix de vente du produit, cette taxe est d’un montant fixe sur chaque unité vendue (par exemple : 0,58 euro pour un litre de super sans plomb en 2004).
En 2005, la TIPP a rapporté 20 milliards d’euros à l’État et représentait la quatrième rentrée fiscale, derrière la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.
Une manne financière à laquelle le gouvernement ne veut pas toucher. Supprimée par le gouvernement Raffarin pendant l’été 2002, la TIPP flottante, instaurée moins d’un an plus tôt par Laurent Fabius, alors ministre des Finances, avait au moins permis d’alléger la facture des automobilistes. Et particulièrement des salariés n’ayant d’autres moyens de transport que la voiture. Au-delà des conducteurs, ce sont également toutes les personnes utilisatrices de fuel pour se chauffer qui vont voir leurs dépenses s’alourdir cet hiver.
Mardi, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, indiquait qu’elle pourrait « convoquer prochainement » les compagnies pétrolières pour limiter les conséquences pour les consommateurs, comme l’avait déjà fait son prédécesseur à Bercy, Thierry Breton.
À l’heure où le gouvernement peine à masquer son inefficacité sur la question du pouvoir d’achat, les consommateurs se voient, une nouvelle fois, floués par le non-respect d’une promesse centrale de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Ludovic Tomas, L'Humanité