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Les communistes et la société russe, Le capitalisme russe allume l’incendie qui va le détruire
11 Octobre 2008
Rédigé par Xavier et publié depuis
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Tout le monde n'a pas la chance d'avoir une traductrice polyglotte dans sa cellule!Nous avons cette chance, et
on aurait tord de s'en priver... Destiné, à l'origine, au blog de Danielle Bleitrach, "Changement de société", cet article traduit par Marianne est une publication du PCRF (Parti Communiste de la
Fédération de Russie)
Dans une blague russe bien connue figure cette
phrase : « Ben voilà, les potes, j’ai bu tout l’argent… » C’est la première chose qui vient à l’esprit quand on découvre la dernière initiative de nos « producteurs de marchandises ». Que des
blagues, et des biens salées. Voici ce dont il s’agit. Malgré les invocations hystériques du régime et des médias sous contrôle, qui prétendent qu’il n’y a pas de crise en Russie, parce qu’il ne
peut pas y en avoir, la crise est bien là. Une crise pire que dans les années 90 de sinistre mémoire. Elle apparaît sous des formes variées. Les prix montent, les salaires au contraire sont gelés,
les gens sont tout doucement mis à la porte de leur travail.
Mais ce n’est que le début. Bientôt, les licenciements seront massifs.
On a annoncé l’arrêt partiel des chaînes de construction automobiles GAZ et KAMAZ, et les sociétés
métallurgiques prévoient de réduire de 20% leur volume de production, mais c’est le secteur du bâtiment qui va souffrir le plus. Ce secteur connaissait une grande expansion ces dernières années à
l’intérieur du pays. Avec l’afflux des pétrodollars sont apparus en grand nombre des millionnaires et des milliardaires qui, vu le contexte instable et la destruction volontaire de l’industrie,
n’ont pu investir cet argent facile que dans l’immobilier, achetant des appartements à peine sortis de terre. Maintenant, cette bulle immobilière éclate. Déjà des entreprises du bâtiment commencent
à geler des chantiers presque achevés, et dans un futur très proche, ces entreprises feront faillite. Alors des millions d’ouvriers se retrouveront à la rue.
Mais ce n’est pas tout. Ces ouvriers sont pour la plupart des immigrés originaires des anciennes républiques soviétiques. Ils sont près de 6,5 millions. D’après les prévisions des économistes,
seuls 1,5 millions conserveront leur travail. Plus un million qui pourra trouver à s’employer ailleurs. Certains réussiront à rentrer chez eux, mais 3,5 millions de travailleurs immigrés vont se
retrouver à la rue. A Moscou, d’après certaines estimations, ils seraient 2 millions, dont la majorité, ayant perdu leur travail, n’auront pas les moyens de rentrer chez eux. Des centaines de
milliers, peut-être un million de personnes vont se retrouver non seulement sans travail mais tout bonnement à la rue, au sens propre de terme. Entre la vie et la mort. Alors les grandes villes de
Russie, et Moscou en premier chef seront frappées par une vague de criminalité comme il n’y en a jamais eu. Ce sera une criminalité sans pitié, une terreur générale, profondément teintée de haine
ethnique et religieuse : en effet, la majorité des immigrés viennent d’Asie Centrale, avec toutes les conséquences qui en découlent.