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27 Mars 2008
Le 26 mars 1962 en matinée, une semaine après le cessez-le-feu en Algérie, l’organisation séditieuse dénommée OAS (Organisation armée secrète), issue du putsch d’avril 1961, lançait, par voie de tracts, un mot d’ordre insurrectionnel. Elle exhortait les Algérois à former des cortèges, l’après-midi même, en direction du "périmètre de bouclage de Bab-el-Oued". Les participants à ce rassemblement, préalablement interdit par les autorités civiles et militaires, se heurtaient à un barrage des forces de l’ordre rue d’Isly : la manifestation causait quarante-six morts.
Quarante-six ans après, des dirigeants associatifs, anciens de l’OAS, Claude Rochette et Jean-François Collin, appelaient à une cérémonie sous l’Arc de Triomphe dont l’objet était, au travers du ravivage de la Flamme, d’honorer le souvenir de ces victimes de la fusillade de la rue d’Isly.
« Un demi-siècle après, l’OAS s’approprie la mémoire douloureuse des fils et filles ainsi que des frères et soeurs de celles et ceux qu’elle a abusés en les encourageant à défier l’État au péril de leur vie. »
À l’annonce de cette cérémonie, plusieurs associations (l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS et l’Association des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, le Comité vérité justice pour Charonne, le MRAP, le collectif anticolonial.org) avaient lancé un appel dans lequel elles trouvent « inadmissible qu’une telle célébration, encadrée par d’anciens tueurs de l’OAS, puisse se dérouler sur un site aussi hautement symbolique de notre histoire nationale que l’Arc de Triomphe ».
Prenant acte que l’interdiction, demandée, de cet hommage du 26 mars 2008, n’ait été entendu ni de la préfecture de police, ni du ministère de l’intérieur ni du nouveau secrétariat d’Etat à la défense et aux anciens combattants, les associations ont donc invité les Parisiens ce mercredi 26 mars 2008 à "venir exprimer leurs sentiments républicains".
Dans la journée, le groupe communiste au Conseil de Paris avait répondu favorablement à cet appel. Dans un communiqué, Ian Brossat, nouveau président du groupe communiste du Conseil de Paris, s’est élévé "vivement contre l’autorisation accordée à ces nostalgiques de l’Algérie française qui ont fait tant de mal à la République". Et d’ajouter : " Cette cérémonie fait insulte au monde combattant, aux militaires et aux fonctionnaires de l’Etat".