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25 Janvier 2008
Marcel ROGER aurait fêté ses 86 ans lundi prochain. Il s’en est allé dans la plus grande discrétion,
L’âge semblait ne pas avoir de prise sur lui. Il était resté si actif jusqu’à ces derniers jours dans la vie associative, politique et syndicale qu’on a peine à croire à cette brutale disparition.
Né à Sauchy-Lestrée en 1922 dans une famille d’artisans, Marcel ROGER prépara son brevet élémentaire au collège d’Arras, où il se lia avec des camarades socialistes de la « jeunesse révolutionnaire ». En 1939, à la déclaration de la guerre, il fut recruté comme instituteur auxiliaire.
Sous l’occupation, au contact d’un collègue Résistant, il s’engagea dans le Mouvement « La Voix du Nord ». Ensuite embauché à la Préfecture il se trouva en mesure de transmettre des renseignements sur les ouvrages militaires allemands de la côte.
Requis par le STO en avril 1943, il y échappa en devenant mineur de fond à la fosse 4 de Lens.
A l’annonce du débarquement Marcel ROGER se réfugia dans sa famille, rallia le Front National et participa aux combats de la Libération dans la région de Marquion.
Il s’engagea dans l’armée jusqu’à la paix puis réintégra la Préfecture, qu’il quitta pour le MRU devenu ensuite « Services de l’Equipement » où il fit toute sa carrière.
En septembre 1944 Marcel adhéra au Parti Communiste, et créa une cellule dans son administration en 1947.
Syndiqué à La CGT il en devint secrétaire départemental de sa branche et membre de la Commission nationale jusqu‘à sa retraite. Il sera jusqu’au bout membre actif des retraités de l’Union Locale CGT d’Arras.
Elu dès 1947 au bureau de l’importante section communiste d’Arras (aux côtés de René Camphin, député et dirigeant national du PCF) Marcel ROGER devint premier secrétaire de section en 1948.
Il le restera 23 ans avant d’accéder en 1971 à des responsabilités d’élu mais continuera à participer assidûment à la direction de la section jusqu’à ces dernières semaines.
Son expérience, sa réputation de dirigeant à la fois ferme et pondéré contribueront à donner une image positive du Parti communiste dans une ville longtemps dirigée par Guy Mollet le secrétaire général de la SFIO, mais où la droite restait solidement ancrée.
Reconnu comme l’un des leurs par les employés de toutes les administrations du chef-lieu du département, Marcel Roger l’était tout autant dans les usines de la ville et de la banlieue où les travailleurs étaient accoutumés à le rencontrer à l’entrée de leur entreprise… jusqu’à ce que la désindustrialisation implacable ne fit ses ravages.
Plusieurs fois candidat communiste dans le canton d’Arras sud, il y obtenait régulièrement 15 à 20 % de voix et atteignit 26,5 % des suffrages aux législatives de 1978, contribuant toujours largement à la victoire de la gauche au second tour.
De 1956 à 1972 Marcel ROGER participa au Comité Fédéral du Parti Communiste du Pas-de-Calais.
Il laissé son empreinte dans la ville
En 1971, Arras ayant été, avec Calais, parmi les premières villes où se réalisa l’Union de la gauche, Marcel ROGER, qui avait participé aux négociations avec Guy MOLLET pour aboutir à cet accord, devint assez naturellement le premier communiste à occuper un poste d’adjoint
Il se voyait confié d’entrée une double tâche dans lesquelles il laissa définitivement sa marque : la culture qu’il assuma durant 12 ans et l’urbanisme qui l’accapara 21 années durant .
Sans pouvoir énumérer les initiatives importantes qu’il suscita à ces postes, il suffit de dire qu’elles attirèrent à Arras les élus de bien d’autres villes, venues s’en inspirer. C’est à Marcel ROGER par exemple qu’on doit pour une large part la réussite exemplaire de l’énorme entreprise de rénovation des vieux quartiers d’Arras qui ont tant changé l’image de la ville, sans aliéner les traces de son riche passé.
Les liens étroits qu’il noua avec les milieux culturels au temps où il les eut en charge, ont si bien résisté au temps que plusieurs d’entre eux, telle l’Harmonie d’Arras l’ont très lontemps élu comme président .
Dès 1971 Marcel ROGER fut également élu au District d’Arras et en devint le vice-président en 1977. Prenant alors la direction, jusqu’en 1994 , des Transports Urbains, dont le Président a pu dire qu’il était envié par bien des villes.
Laissant volontairement à un camarade plus jeune, la place d’élu municipal en 1994, Marcel ROGER, n’envisageait pas pour autant une retraite pourtant méritée.
Le Parti Communiste auquel il avait consacré tant de forces, connaissant alors les difficultés que l’on sait, il milita avec la même détermination pour l’aider à retrouver son influence et son efficacité d’autrefois. Il en défendait toujours farouchement les principes fondateurs
De même, libéré de ses tâches électives, il consacra plus de lui-même encore à la présidence de l’Association des Amis de Robespierre qu’il avait co-fondée en 1987.
A l’ANACR , il épaulait ses amis anciens résistants, au Secours Populaire il donnait presque quotidiennement une part de son temps. A la Société des ROSATI comme dans bien d’autres associations arrageoises on s’habituera difficilement à l’absence d’un ami dévoué et compétent, et d’autant plus respecté qu’il savait affirmer ses convictions sans jamais blesser quiconque.
Les communistes, fiers d’avoir eu Marcel ROGER pour camarade sauront perpétuer sa mémoire et nul doute que la population d’Arras gardera de lui le souvenir d’un militant et d’un élu pour qui la politique fut toujours une noble tâche..
Christian Lescureux