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Blog des Militants Communistes d'Arras

Blog de la section du Parti Communiste d'Arras. 14 avenue de l'hippodrome 62000 mail: arraspcf@gmail.com

Menaces sur l’emploi: le coût du capital au cœur de la crise (RENAULT, CONFORAMA, CAMAÏEU, ETC.)

Samedi, les Renault manifestaient contre la fermeture annoncée du site de Choisy-le-Roi. François Guillot/AFP

Samedi, les Renault manifestaient contre la fermeture annoncée du site de Choisy-le-Roi. François Guillot/AFP

Fabien Roussel Secrétaire national du PCF

Fabien Roussel Secrétaire national du PCF

Plus de 3 900 salarié e s menacés de perdre leur emploi à Camaïeu, 8 000 à Conforama, 4600 à Renault. 

 

À chaque fois, la pandémie qui nous éprouve sert de prétexte à tous ces plans sociaux. Mais ce paravent ne trompe personne car, dans la réalité, ce sont surtout le poids des dettes et les exigences de rentabilité du capital qui pèsent lourd dans les difficultés de ces entreprises. Et cela ne remonte ni au mois de mars, ni même au début de l’année.

 

Ainsi, chez Renault, la logique du groupe, défendue par le « superpatron » Carlos Ghosn, a conduit à la suppression de 25000 emplois en France depuis 2004. Elle a aussi fait baisser le nombre de voitures Renault réalisées en France de 53 % à 17 %. 

Et les actionnaires ont reçu 4,8 milliards d’euros de dividendes ces dernières années. Pour eux, c’est la fête. Mais pour l’industrie automobile française, c’est la défaite. 

Au contraire de ces choix, nous proposons que l’aide publique versée à Renault serve à rapatrier en France la part des Clio, des Twingo et des Dacia vendues ici mais produites en Roumanie, en Slovénie et en Turquie. Cela coûterait certes quelques centaines d’euros de plus par voiture, mais des centaines d’emplois seraient créés en France.

 

Chez Camaïeu, ce sont les fonds d’investis­sement qui se sont succédé qui ont siphonné la trésorerie. Bien sûr, ils ont restructuré la dette à hauteur de 500 millions d’euros, mais en retour ils exigeaient 10 % de rendement par an. 

Soit 50 millions d’euros par an qui n’allaient pas dans l’in­vestissement.

En 2008, le PDG, Jean François Duprez, partait avec un pactole de 23,1 millions d’euros. «La jet-set Camaïeu», comme dit le responsable syndical Thierry Siwik, s’est servie en salaires démesurés, en stock-options exorbitantes et en dépenses personnelles excessives. Eux ont coûté cher. Mais ce sont les salariés qui, au final, risquent de payer la note.

 

 

Chez Conforama, c’est l’actionnaire principal, le géant sud-africain de la distribution Steinhoff, englué dans un scandale financier à 10 milliards d’euros, qui décide de ne plus investir un seul euro en France. 

Des fonds d’in­vestissement viennent alors à la rescousse, parmi lesquels

Tîkehau Capital, où travaille désormais François Fillon

 

Ces financiers interviennent car aucune banque ne veut prêter, aucune ne veut jouer son rôle en faveur de l’emploi, de l’investissement. 

 

Résultat : dans le cas de Conforama, les fonds d’investissement s’engagent à prêter 430 millions d’euros... mais à un taux d’intérêt de 12 %. Autant dire, en lui pointant un fusil sur la tempe !

 

Mais le pire, c’est que l’État ne fait pas mieux.

 

 Car, quand une entreprise française est en difficulté, et faute d’avoir une banque publique qui l’accompagne, l’État prête au même taux que les fonds privés, à des taux usuriers. 

 

C’est ainsi que Bercy, via le Fonds de développement écono­mique et social, a prêté à la cristallerie d’Arques (groupe Arc) à un taux de 12 %, parce que aucune banque ne s’engageait !

 

 Une dette de plus de 450 millions d’euros pèse maintenant sur le groupe. 10 millions d’intérêts à payer par an. En l’absence d’investissements et d’un soutien rapide de l’État, de lourdes menaces pèseront sur ce prestigieux leader mondial et ses 4600 emplois.

 

Ces quelques exemples montrent à quel point la tyrannie exercée par la finance pèse sur la réussite de nombreuses entreprises. 

 

Aujourd’hui, les salariés tra vaillent pour payer des intérêts et non pour moderniser leur outil de production, pour se former ou pour améliorer leur salaire.

 

C’est ce cercle vicieux qu’il faut briser.

 

C’est pourquoi il est important de ne pas laisser le pouvoir au capital, à la finance.

Cela commence par donner plus de pouvoir aux salariés. Ce sont eux qui ont fait face au coronavirus, pas les financiers !

 

Faisons confiance au monde du travail, plutôt qu’à des spéculateurs ob­nubilés par les gains à court terme.

 

Nationalisons ensuite une banque pour avoir au moins un acteur bancaire pour accompagner nos entreprises, capable d’entrer au capital ou de prêter à taux zéro, sur la base de critères précis et d’une volonté exprimée par l’État.

 

Enfin, nous devons reconstruire une industrie forte, pour répondre à nos besoins, respectueuse de l’environnement, car c’est elle qui créera des emplois mais aussi de la richesse pour le pays, qui se traduit par des salaires, des impôts, de la consommation. 

Voilà comment nous pouvons regagner une forme de souveraineté économique pour que notre pays soit de moins en moins dépendant de la finance et des marchés.

 

SELON LES ÉCONOMISTES DU CLERSÉ, LE «VRAI» COÛT DU CAPITAL ÉTAIT DE 202,3 MILLIARDS D'EUROS EN 2011. 

 

C’est seulement comme cela que nous donnerons un avenir aux salariés de Re­nault, Camaïeu, Conforama ou Arc

 

L’argent public, celui de nos impôts, doit servir les intérêts de la nation et empêcher la main­mise de la finance sur nos outils de pro­duction.

Nous pourrons ainsi empêcher les plans sociaux annoncés et redonner un avenir à des millions de jeunes, de salarié e s. 

Nous devons reprendre le pouvoir à la finance et mettre l’argent au service du développement humain et de la planète. •

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