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Blog des Militants Communistes d'Arras

Blog de la section du Parti Communiste d'Arras. 14 avenue de l'hippodrome 62000 mail: arraspcf@gmail.com

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Industrie Pharmaceutique : Record de dividendes chez Sanofi

Le Big Pharma a confirmé, mardi, le versement de près de 4 milliards d'euros de dividendes à ses actionnaires. Un scandale selon la CGT, qui exige que cet argent soit utilisé pour les besoins sanitaires liés à la crise.

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Industrie Pharmaceutique : Record de dividendes chez Sanofi

Une manne astronomique pour les actionnaires du Big Pharma.

Hier, lors de l’assemblée générale des actionnaires de Sanofi, le versement de 3,95 milliards d’euros de dividendes, un record depuis la création du groupe, a été validé au titre d’un exercice 2019 exceptionnel, avec 7,5 milliards de résultat net, en augmentation de 9,8 %.

Un scandale pour la CGT, qui a demandé le non-versement de cette somme, estimant que celle-ci méritait d’être réinvestie dans la société pour, notamment, développer des médicaments en pleine pandémie mondiale.

 

Le 20 avril dernier, Sanofi avait annoncé en grande pompe l’investissement de 100 millions d’euros pour soutenir la solidarité nationale, en donnant des médicaments, en contribuant à l’amélioration des conditions d’accueil dans les hôpitaux ainsi que les Ehpad et en finançant des start-up spécialisées dans le dépistage du coronavirus.

Très insuffisant pour Thierry Bodin, coordinateur de la CGT dans le groupe, qui précise que « cela équivaut à 2,5 % des dividendes et représente le montant de ce que va recevoir la famille Bettencourt, qui détient 9 % des actions. Le fonds vautour BlackRock va, lui, toucher 200 millions d’euros de dividendes. Ces 100 millions d’euros sont donc une goutte d’eau, à peine au niveau des crédits d’impôts perçus par le groupe ! (119 millions en 2019) ». Le maintien du versement aux actionnaires passe d’autant plas mal en cette période où l’État appelle à la modération de ces pratiques. Si le leader européen persiste vaille que vaille, en estimant qu’il démontre ainsi « la confiance de Sanofi en ses capacités à surmonter les conséquences économiques et financières de la crise actuelle », il vante en contrepartie son non-recours au chômage partiel, réservé « aux business les plus vulnérables», selon le groupe.

 

Suppression de 300 postes en recherche et développement

 

Une intention louable mais qui risque de faire retomber la facture sur les salariés.

Au 1er mai, les arrêts maladie pour gardes d’enfants prennent fin, faisant basculer ensuite les employés bénéficiaires dans le dispositif de chômage partiel.

 

Quid chez Sanofi? La réponse de la direction n’a pas manqué de surprendre les représentants du personnel, comme le raconte Jean-Louis Peyren, coordinateur pour la CGT : « On nous a précisé que ceux qui avaient des RTT ou des heures dans leur compte épargne-temps (CET) pouvaient les poser. Pour ceux qui n’en ont pas ou plus, il est envisagé des absences autorisées mais non rémunérées... Ça nous a fait halluciner!

La direction nous explique que ce n’est pas à Sanofi d’assumer des choix individuels si, par exemple des salariés, décident de ne pas envoyer leurs enfants à l’école le 11 mai. On peut verser 4 milliards aux actionnaires mais on n’a pas les moyens de maintenir un faible nombre d’employés payés chez eux. »

Plus largement, cette stratégie d’économies de bouts de chandelle et de rentabilité à court terme du groupe n’a jamais été aussi contestée. En ligne de mire : le choix de se désengager depuis des années de la recherche sur les médicaments anti-infectieux, se privant aujourd’hui de nouvelles pistes pour lutter contre le Covid, ou encore la suppression de postes en recherche et développement (R & D).

Dans ce secteur, 300 emplois sont en train de disparaître en ce moment même. Si la firme a fini par prendre le train de la pandémie en marche, en lançant des essais cliniques sur des molécules antibiotiques déjà connues (hydroxychloroquine) et les anticorps monoclonaux (Kevzara), tout en s’associant à d’autres Big Pharma pour l’élaboration d’un vaccin, les profits, eux, n’ont pas tardé à tomber.

Les résultats du premier semestre 2020, dopés notamment par la vente de Doliprane et d’antibiotiques, font grimper le chiffre d’affaires à 8,9 milliards d’euros, soit une hausse de 6,9 %. Pour Thierry Bodin, un renversement de philosophie s’impose. « Sanofi de\rait au contraire s’engager à ne pas réaliser de bénéfices avec cette crise et à mettre en accès libre les brevets pour permettre de trouver un traitement. Cette situation sanitaire repose plus que jamais la question de l’appropriation sociale des industries pharmaceutiques. » 

 

CÉCILE ROUSSEAU

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