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Blog des Militants Communistes d'Arras

Blog de la section du Parti Communiste d'Arras. 14 avenue de l'hippodrome 62000 mail: arraspcf@gmail.com

Élu de terrain et technocrate, les multiples casquettes de Jean Castex

Jean Castex

Jean Castex

Désigné pour piloter le dossier sensible du déconfinement, cet énarque semble faire l’unanimité. Mais ses qualités ne peuvent masquer l’absence de concertation du gouvernement. 

 

Il arrive parfois qu’un accent du Sud- Ouest et une certaine bonhomie masquent un profil de haut fonctionnaire au parcours tout ce qu’il y a de plus classique : Sciences-Po Paris, ENA, cabinets ministériels, jusqu’à l’Élysée entre 2010 et 2012, en tant que secrétaire général adjoint sous la présidence de Nicolas Sarkozy....  Comme un certain Emmanuel Macron après lui.

 

Depuis que le chef de l’État a lancé la date du 11 mai pour le début du déconfinement, Jean Castex, «l’homme à tout faire» de l’exécutif, s’est attelé à sa nouvelle tâche : coordonner les plans des différents ministères. Et les commentaires dithyrambiques pleuvent, à commencer par celui d’Édouard Philippe, lors de sa nomination le 2 avril : « Un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et d’une efficacité redoutable. »

 

La diversité des compliments traduit à la fois un carnet d’adresses bien rempli et une réelle capacité d’adaptation à des dossiers complexes et transversaux. «Super mec», pour l’urgentiste Patrick Pelloux, « the right man at the right place » (l’homme qu’il faut à cette place), pour l’ancien secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, « une personnalité du Sud chaleureuse, extravertie, qui aime les relations humaines», dixit l’ancien directeur général de la Santé Didier Houssin.

 

Car ce Gersois d’origine, maire de Prades dans les Pyrénées-Orientales, est aussi un élu local. C’est lui qui a convaincu le chef de l’État de procéder par une méthode empirique et territorialisée, en s’appuyant sur les réalités locales. Méthode résumée dans une formule : « Le couple maire-préfet. »

 

Ces derniers temps, il s’occupait surtout des grands enjeux sportifs

 

Homme de droite revendiqué, soutien de François Fillon à la présidence de l’UMP de 2012 face à Jean-François Copé, son profil « Macron-compatible » lui a ouvert de nouvelles portes. Il avait été pressenti pour remplacer Guillaume Pepy à la direction de la SNCF, puis pour une nomination au ministère de l’Intérieur en 2018, après ladémission fracassante de Gérard Collomb. Christophe Castaner lui avait alors été préféré : plus malléable, plus servile, pour un poste aussi sensible.

 

Depuis, Jean Castex s’occupait surtout des grands enjeux sportifs, notamment les jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, dont il est toujours le délégué interministériel, sans oublier la présidence de la toute nouvelle et très décriée Agence du sport.

 

Mais Jean Castex a surtout de réelles compétences dans le domaine de la santé : directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins entre 2005 et 2006, il obtient ensuite son premier poste de directeur de cabinet, entre 2006 et 2007, auprès du ministre de la Santé de l’époque, un certain... Xavier Bertrand.

 

L’actuel président des Hauts-de-France ne tarit pas d’éloges : « Le premier plan pandémie, à l’époque du virus H5N1, c’est lui », l’ancien ministre mettant en exergue le fait que « l’OMS avait alors indiqué qu’on était un des pays le mieux préparé au monde ». Un temps qui semble loin...

«Il y a des ministres qui ont compris l’enjeu, d’autres pour qui c’est encore trop léger», a jugé Jean Castex sans prendre de gants.

 

Sa mission, qui doit encore durer plusieurs mois, consistera surtout à éviter les couacs, les omissions et les revirements permanents du gouvernement.

 

Pas une mince affaire.

BENJAMIN KÔNIG

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