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22 Février 2015
Chaque année le 21 février les communistes du Pas de Calais rendent hommage aux fusillés de l'Affiche rouge particulièrement à Rino della Negra né a Vimy et César Lucciarini ayant vécu à Pont a Vendin dans le Pas de Calais. Une affiche de propagande apposée sur tous les murs parisiens et de nombreuses villes françaises par le régime de Vichy et l'occupant allemand. 23 résistants composés de 20 étrangers et 3 Français tous communistes, surnommés "du groupe Manouchian", des Francs-Tireurs et Partisans – Main-d'oeuvre immigrée (FTP-MOI), résistants de la région parisienne, condamnée à mort et 22 seront fusillée par les nazis le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien.
HOMMAGE à RINO DELLA NEGRA
En cette période d’austérité, il y a ceux qui, avide de pouvoir qui ont pour fond de commerce, le populisme et la démagogie, attise et exploite sans vergogne, la haine la xénophobie, le racisme surfant sur des idées nauséeuses et fascisantes, rappelant les années noires de l’occupation
Et il y a ceux, qui au nom de la liberté de l’égalité et de la fraternité, devisent qui furent cité la première fois en 1790 par Robespierre et qui depuis sont représenté par les trois couleurs de notre drapeau, font valeurs de résistance.
Bon nombre d’inconnu sont mort sur les champs de bataille, bon nombre d’anonymes ont laissé peu de traces dans la mémoire collective. La dette à leur égard est immense.
Parmi ces combattants exemplaires, rappelons le nom de Rino Della Negra
Né le 18 aout 1923 à Vimy, son père, Riziéri, est un briquetier qui trimballe sa famille au gré des chantiers. Mais en 1926, ils finissent par s'installer durablement à Argenteuil, a l’âge de 14 ans, Rino ce fils d'immigré italien travaille aux usines Chausson d’Asnières et entre au club de football du Red Star ou il s'illustre d'abord dans les rangs des clubs locaux amateurs qui constitue alors l'ossature du football parisien, sport qui encore aujourd’hui est porteur d’intégration et d’altruisme
Mais en 1940 le régime de Vichy n'aime pas ce sport de métèque et professionnalisé.
celui-ci rencontre toujours le même succès, voire davantage, auprès du bon peuple, qu'il faut bien divertir en ces temps ou les distractions se font rares (sans parler des couvre-feux)
En février 1943, sous l’occupation, comme des milliers de jeunes Français, Rino reçoit l’ordre de partir en Allemagne dans le cadre du STO (Service du Travail obligatoire).
Pour y échapper, il se cache puis s’engage dans la résistance au sein de la section Main d’œuvre immigrée des Francs Tireurs et Partisans du 3ème détachement italien des FTP-MOI, une branche de la résistance armée communiste commandée par Missak Manouchian. Aux côtés de Hongrois, d’Arméniens, espagnols, italiens et juifs d’Europe centrale et de l’est Rino Della Negra participe à plusieurs actions militaires contre l’armée occupante.
Ce qui prouve encore aujourd’hui que, la défense des valeurs humanistes n'est ni une question de nationalité, ni une question de couleur de peau.
Le groupe dirigé par Missak Manouchian devient en l’année 1943 le cauchemar des Allemands et surtout de la sinistre Brigade spéciale n°2 des Renseignements généraux, une police française spécialisée dans la traque aux « ennemis intérieurs », aux dissidents, aux prisonniers évadés, aux Juifs et réfractaire au STO, qui fera le plus grand bonheur des nazis.
Les six premiers mois de 1943, le groupe réalise 92 attentats, Rino est sur de nombreux coups.
Parmi ces attentats il y a :
Le 7 juin 1943 l’exécution du général Von Apt au 4 rue Maspéro
Le 10 juin 1943 attaque du siège central du parti fasciste italien, rue Sédillot
Le 23 juin 1943 attaque de la caserne Guynemer à Rueil-Malmaison.
Le 12 novembre 1943, au 56 rue La Fayette il attaque avec Robert Witchitz des convoyeurs de fonds allemands, mais c’est un échec, Rino blessé et Robert sont arrêtés.
À partir de ce jour, le groupe est peu à peu démantelé par les services collaborationnistes français de la Brigade spéciale 2 et la Gestapo.
Tous seront capturés peut de temps après
Au total dix-sept résistants MOI seront appréhendés par la Brigade spéciale de la police française. Après un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris du 17 au 21 février 1944.
Les 23 membres communistes du réseau Manouchian, composés de 20 étrangers et de 3 français, sont condamnés à mort.
22 seront fusillés au fort du mont Valérien le 21 février 1944 y compris Rino della Negra.
Olga Bancic, la seule femme du groupe, de nationalité Roumaine sera décapitée le 10 mai en Allemagne
Un des compagnons d'armes de Rino, Thomas Elek - " juif hongrois, huit déraillements " au palmarès de l'Affiche rouge - a écrit avant d'être exécutés par l'occupant allemand : " Je meurs, mais je vous demande de vivre. "
Avant de mourir Rino, trouve le temps de glisser une lettre à son petit frère. Les mots sont simples, émouvants, même frappés sur un clavier soixante et onze ans plus tard :
" Envoie l'adieu et le bonjour à tout le Red Star ».
Tous tombèrent pour la liberté, tous tombèrent pour la France.
Dix des fusillés figureront sur une affiche rouge réalisée par les services de propagande allemands sous le régime de Vichy .
Les 15.000 affiches seront placardées à Paris et dans certaines villes en France.
Leur combat et leur sacrifice ranimèrent l’espérance de la population de la région parisienne et firent monter l’angoisse parmi les troupes allemandes et des collabos.
Ils étaient jeunes pour la plupart, épris de liberté !, ils étaient communistes.
La Libération leur doit tant. Et dans leur legs aussi, ces phrases d’amour : « Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand », « Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant. »
Parmi ces passionnés de liberté, ce jeune fils d’ouvrier Italiens, Rino Della Negra féru de foot, a su porter haut ces valeurs.
Il est un modèle pour les jeunes de notre région, il est un exemple de courage car Une Étoile rouge ne meurt jamais
Les communistes de l’Arrageois sont aujourd'hui fières d'apporter leurs contributions au devoir de Mémoire qui s'impose à tous.
René Chevalier