Voila cent ans que Jean Jaurès a été assassiné.
C'était le 31 juillet 1914, à la veille de l'une des plus grandes boucheries du XX siècle (9 millions de morts, et environ 20 millions de blessés)
Jean Jaurès, fondateur du journal l'Humanité et militant pacifiste acharné, fut froidement assassiné. Lors d'un dîner entre journalistes, au Café du croissant à Paris, il reçut deux balles de revolver par un étudiant issu d'un mouvement ultranationaliste d'extrême droite, Raoul Villain.
Prétextant avoir avoir abattu « le grand professeur de lâcheté opposé à la guerre » ,
celui-ci fut incarcéré en détention préventive durant toute la durée de la Première Guerre mondiale
Et pourtant, il fut acquitté grâce à son avocat Zèvaès, ancien député socialiste, qui a plaidé la clémence, selon ses termes: « une amnistie générale et généreuse ». Cet activiste d'extrême-droite est alors remis en liberté le 29 mars 1919 par des jurés ayant estimé qu'il avait rendu service à sa patrie... La veuve de Jaurès dut même payer les frais du procès.
Suite au verdict, Marcel Cachin, alors directeur de l'Humanité, écrit au soir du procès « un défi jeté par quelques bourgeois aveugles à tout un peuple de travailleurs ; leurs épaules portent une responsabilité effroyable dont, peut-être, ils n'ont pas mesuré l'exacte portée ».

Décembre 1920 au congrès de Tours, on retrouvera Marcel Cachin parmi les fondateurs du Parti communiste français.