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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #livre

Sans domicile fisc

28 Septembre 2016, 15:07pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le 21 octobre salle Paul Sion rue Paul Sion à Lens Eric et Alain Bocquet sénateur et député communistes et pierre gaumeton journaliste vous proposent un débat autour de leur livre l'évasion fiscale est un fléau planétaire sans domicile fisc

Sans domicile fisc

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Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale

13 Avril 2016, 19:04pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale
Arras: 15ème Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale

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Avec « Le Boomerang et l’hirondelle » Daniel Dewalle raconte ses racines

31 Décembre 2015, 11:35am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Avec « Le Boomerang et l’hirondelle » Daniel Dewalle raconte ses racines

En racontant l’histoire d’une famille de paysans dans l’Audomarois et celle de mineurs du Bruaysis, du début du siècle à aujourd’hui, Daniel Dewalle signe son second livre et premier roman, « Le Boomerang et l’hirondelle ». Ça méritait bien un retour, non ?

Pas surprenant que Daniel Dewalle dédicace son premier roman à ses trois petits-enfants. Non seulement cela dit sa foi en l’avenir, bien qu’il ne soit pas dupe des errements actuels de ce monde, mais il est question de famille, dans Le Boomerang et l’hirondelle. La sienne, paysans catholiques de l’Audomarois, chez qui la foi faisait office de politique, et celle de mineurs du Bruaysis, Résistants et habitués des combats syndicaux. Ces deux familles, dont il raconte l’histoire, du début du siècle à nos jours, « ce sont mes deux racines, sourit l’ancien maire d’Houdain. Paysannes et militantes ».

 

Séminaire et carte du PC

Simple autobiographie ou pure romance ? Un peu des deux : « Tous les faits relatés sont réels, mais certains personnages en incarnent plusieurs », écrit-il en post-propos. Tous les chapitres consacrés à la famille de « Dan » (c’est lui) sont nés de ses souvenirs. Ceux qui racontent la vie de Pierrot et des siens ont nécessité un détour par la fiction, bien que nourris de témoignages d’habitants du Bruaysis utilisés dans son premier livre, Houdain et sa région.

Par exemple, le personnage de Léa, l’épouse de Pierrot, est un mélange d’Anna Boutinon et Maria Duhamel, la mère d’Annick Duhamel, l’actuelle adjointe bruaysienne. « C’est elle qui m’a fait prendre ma première carte au parti communiste. » Vu son passif politique, on comprend qu’elle l’ait marqué. Même si Daniel Dewalle avoue en souriant que l’idéologie communiste, «j’en suis plus convaincu aujourd’hui que lorsque j’ai adhéré ! »

 

Espérance

Pas toujours évident quand, comme il le raconte dans son livre, on vient d’un milieu catholique. Le petit Dan entrera d’ailleurs au séminaire, avant de prendre progressivement ses distances. «J’adorais mes parents, mais quand j’ai épousé une fille de communiste, mon père m’a dit : décidément… » Un grand écart qui explique en partie le titre qu’il a choisi : boomerang, pour les retours de bâton de l’histoire, l’hirondelle, pour l’espérance. Hirondelle citée maintes fois dans les carnets de guerre de son père, prisonnier des Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, qu’il a retranscrits dans son livre.

Si on ne dévoilera pas la fin, indiquons juste que sa passion pour l’astronomie finira par s’inviter dans le récit. Le futur de l’homme est-il dans les étoiles ? Lui les regarde depuis un moment, en tout cas. Et pour ça, il n’a pas attendu d’avoir un télescope.

 

« Le Boomerang et l’hirondelle », éditions Baudelaire. 18 €. Disponible café Rive droite rive gauche, à Houdain, au Petit potin, à Divion, prochainement à la Fnac, au Furet du Nord et sur Amazon.

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Dédicace du livre : URSS 20 ans après, retour de l'Ukraine en guerre

20 Juin 2015, 07:56am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Dédicace du livre : URSS 20 ans après, retour de l'Ukraine en guerre
Dédicace du livre : URSS 20 ans après, retour de l'Ukraine en guerre

Samedi 20 juin à partir de 14h30, présentation et dédicace du livre "URSS vingt ans après, retour de l'Ukraine en guerre", écrit par Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop, à la Grand Librairie d'Arras.

Venez nombreux!

 

Qu’est-il advenu de l’Union soviétique, vingt ans après ?

Loin de tout discours officiel, de la gloriole des « élites », c’est la parole des petites gens que nous avons recueillie dans toute une série de reportages en Crimée, au moment de son rattachement à la Russie en mai et juin 2014.

Puis l’aventure s’est poursuivie à Odessa en octobre et novembre, peu de temps après le massacre dans la Maison des syndicats, puis en Moldavie, en Transnistrie et en Gagaouzie. Nous voulions connaître l’opinion de ceux dont les seules victoires, provisoi- rement acquises, se nomment « pain » et « abri pour dormir », étant entendu que tout est remis en cause le matin de chaque jour qui naît, quand la guerre est là, la pire des guerres la guerre civile… Ils ont dit ce que représentait l’Union soviétique pour eux, comment ils avaient vécu le Maïdan, la rébellion dans le Donbass et la catastrophe actuelle. En partageant avec eux le pain et le sel, nous avons commencé à entrevoir une autre réalité que celle rapportée par nos médias…

DANIELLE BLEITRACH ET MARIANNE DUNLOP

URSS vingt ans après. Retour de l’Ukraine en guerre

Prix : 19 euros

Référence : 978-2-915854-78-7

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Les fusillés: un dictionnaire consacré à la biographie d'une partie des fusillés à la Citadelle d'Arras par notre camarade CHRISTIAN LESCUREUX

26 Mai 2015, 19:55pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Les fusillés: un dictionnaire consacré à la biographie d'une partie des fusillés à la Citadelle d'Arras par notre camarade CHRISTIAN LESCUREUX

paru dans la voix du nord le lundi 25 mai 2015

« Les fusillés », un dictionnaire historique où l'on évoque les fossés de la Citadelle

 

Paru début mai, « 1940 - 1944, les fusillés » est une synthèse historique de taille. Un dictionnaire de
près de 2 000 pages consacré à la biographie d’une partie des fusillés (la liste est tellement longue et les recherches se poursuivent).

Christian Lescureux, de Saint-Laurent-Blangy, a collaboré à la rédaction.

 

ARRAGEOIS. Christian Lescureux s'est attaché notamment à évoquer l'histoire des fusillés de la Citadelle, victimes de la barbarie nazie, et bien souvent d'une police collaborationniste.

« C'est ce qui m'a le plus surpris dans mes recherches. Pour les fusilles de la Citadelle, ce n'est pas difficile. Les Allemands notaient tout et on trouve même les comptes rendus d’interrogatoires aux Archives départementales. Bien sûr, il faut lire ces documents sans penser qu’ils disent toute la vérité. »

Christian Lescureux tend un procès-verbal de la police Lensoise.
C'est celui de l'interrogatoire de Pennequin le 24 mars 1944 à Arras. Arrêté alors qu'il était en possession d'une fausse carte d'identité, il sera livré aux Allemands puis fusillé à la Citadelle.

« Beaucoup ont été arrêtés par la police française, notamment les communistes, le parti était interdit. Les Allemands ont aussi bénéficié des listes de communistes dressées par la police. ».

Christian nous montre celle d'Arras, de Billy- Montigny.
« Ce qui m’a marqué aussi c’est cette évidence : tous les fusilles le la Citadelle ou presque ont été torturés. Il y avait la maison blanche a l’angle de la préfecture, les caves de 1’ancien hôtel du Commerce, rue Ronville et Bricquet-Taillandier, et une maison, rue Faidherbe où œuvrait la Gestapo ».

Un journaliste anglais a fait la description d’une salle découverte en 1944 :il y avait des endroits ou l'on clouait les gens au mur, des presses pour écraser les têtes... ••

Beaucoup de ces fusillés étaient de jeunes garçons.

L’homme a travaillé dix ans sur la question et aura retracé la biographie de soixante-quinze des fusillés des 130 exécutés sur place dans le département.

« J'avais 14 ans en 1940. Mon école se situait près du parking du Palais-Saint-Vaast, rue Albert-1", là où l'armée avait, ces dernières années son centre de recrutement (CIRAT). Nous savions qu'il y avait des fusillés. Il y avait les affiches et puis parfois, les cercueils de bois blanc fournis par la municipalité, entreposés là avant les exécutions, dans ce qui devenu un parking. J’ai eu Guy Mollet comme prof et Pierre Baudel, qui fut lui aussi fusillé. Mais à l’époque seul un correspondant du
journal clandestin « La Voix du Nord » affirmait avoir assisté à une exécution dans les fossés de la Citadelle. Nous avons tout découvert en 1944. »
.

Du 21 août 1941 au 21 juillet 1944, 218 patriotes furent fusillés par les Allemands dans les fossés de la Citadelle d’Arras. Les fusillés appartenaient à neuf nationalités différentes. Les derniers furent enterrés à la va-vite sur place, en 1944. ■

Les derniers fusillés de la Citadelle furent enterrés à la
va-vite. Les Arrageois trouveront les dépouilles à la Libération
.

 

 

 

1940 • 1944, LES FUSILLÉS.

Ce livre réunit les biographies des fusillés en France entre 1940 et 1944. Ce dictionnaire a été rédigé par un collectif d'une centaine d'auteurs sous la direction d'historiens. 1952 pages,

30 €. Édition de L'Atelier

A lire absolument et sans modération!

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l’URSS vingt ans après: par Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach

11 Mai 2015, 17:39pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

l’URSS vingt ans après: par Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach

Il faut lire en début de paragraphe:

L'arrageoise Marianne Dunlop et sa coauteur  sont allées cet été "en déplacement afin d'être au fait de ce qui c’était réellement passé en Crimée et à Odessa" et non sont allées en "vacances"

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URSS, vingt ans après. Retour de l'Ukraine en guerre.

7 Mai 2015, 16:44pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

URSS, vingt ans après. Retour de l'Ukraine en guerre.
Marianne avec son éditeur

Marianne avec son éditeur

En avant première: la préface de notre livre, l’URSS vingt ans après

(Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop)

27 Avril 2015

Il nous a été proposé de rassembler nos croquis de voyage dans un livre. Ecrits initialement pour notre blog, Histoire et société, il s’agissait de témoignages rédigés à la hâte, parfois sur une valise dans un aéroport. Ces croquis avaient un but : rétablir les faits sur ce qui c’était réellement passé en Ukraine en 2014. Mais nous ne pouvions pas ignorer l’existence d’un problème, mal résolu auparavant pour nous, comme pour bien d’autres : la chute de l’Union soviétique.

Il y eut vers les années 90 une sorte de tribunal intellectuel et moral qui jugea pour nous de ce que fut ou ne fut pas l’URSS. Comme nous avions tant aimé et beaucoup fréquenté ce pays devenu mythique, nous avons décidé, Marianne et moi, en 2014, de revendiquer un droit d’inventaire. J’emploie à dessein le terme « mythique », en effet, la chute de l’Union soviétique a coïncidé avec ce qu’Eric Hobsbawn disait de l’évolution du métier d’historien : « De plus en plus d’individus révisent ou réinventent l’histoire en fonction de leurs propres objectifs. Nous vivons une grande ère de mythologie historique (…) ce qui a été miné c’est la conviction que les recherches des historiens, reposant sur des preuves documentées reconnues par leur profession, doivent distinguer les faits et la fiction, ce qui est véritable et ce qui ne l’est pas, la réalité et nos désirs.»[1] J’ai raconté par ailleurs cette soirée à Rome où nous avons surpris, Hobsbawn et moi, le complot des dirigeants du PCI en train de poignarder leur parti pour se rallier à la social-démocratie. Accablés mais pas étonnés par ce cours des choses nous avons marché sur le forum le reste de la nuit en devisant sur la manière dont on s’éloignait désormais des explications profondes sur le pourquoi des choses.

Avoir subi une telle contrerévolution nous empêchait de penser notre place dans le monde. Ce qui condamnait plus ou moins le révolutionnaire à l’innocence impitoyable de qui ne peut plus agir qu’à contretemps. Et il n’est pas de meilleur âge que la vieillesse et de meilleur genre qu’être une vieille femme pour exercer cette radicalité. La vieille dame indigne de Brecht dans le bref temps où elle choisit de vivre. Le regard innocent de celui ou de celle que l’âge rend désintéressé, le regard de l’enfant, du sauvage et même de l’animal : un œil stupéfait devant la société insensée que l’on prétend donner pour modèle universel. Nous avons du temps, nous les invisibles, les femmes de l’âge qui ne sommes mêmes plus les personnes du sexe. Il nous en reste si peu pourtant : alors nous pouvons avoir la patience de suivre des lignes brisées, de remonter en deçà des faux départs de l’opinion ordinaire. Par exemple la manière dont on a présenté en France le président Eltsine faisant tirer sur la Douma, le Parlement russe. Comment cet acte a été salué par notre presse comme l’essence de la démocratie. Ou encore le silence fait sur la guerre en Moldavie en 1992, 600 morts passés à la trappe. En cette année 2014, il était prétendu également ignorer la cinquantaine et plus de morts brûlés à Odessa… Les 4000 morts du Donbass, dont une majorité de civils tués par leur propre gouvernement ukrainien, des femmes, des enfants, des vieillards exécutés avec l’assentiment de la France sous l’accusation de « séparatisme » ! Etre « séparatiste » justifie donc le génocide, depuis quand ?

Nous sommes parties toutes les deux sur les grands chemins de l’est de l’Europe nous faire une opinion. Il était temps de savoir à quoi tout cela rimait… Sur les grands chemins est l’expression qui convient, la plupart de nos interlocuteurs sont des rencontres de hasard, beaucoup dans les transports en commun. Ils n’ont été présélectionnés par aucun hôte désireux de nous faire partager leurs opinions.

Une chose essentielle doit être dite maintenant : la quasi-totalité de ceux dont nous rapportons les propos ne parlaient que le russe, et dans le deuxième voyage encore le russe, le moldave ou le gagaouze. Très important en ce qui concerne le regard innocent, le regard par celui de l’autre : ne jamais parler anglais. Cela vous évite souvent d’être confronté à la minorité qui se croit partie prenante de l’élite internationale et dont les propos ne dépareraient pas Courrier International, il faudrait dire Courrier Occidental. Cet hebdomadaire qui s’est fait une spécialité de publier les articles de journaux de tous pays à condition que leur rédaction soit à 90 % d’accord avec la CIA, l’OTAN et l’UE. Nous ne sommes pas beaucoup plus objectives que ce genre de presse, mais à leur différence nous donnons à voir notre point de vue. Il est celui de l’habitant du pays qui ne parle pas l’anglais mais le russe. Grâce à Marianne, et d’ailleurs à sa grande surprise, nos interviews avec sa traduction simultanée et ma pratique de sociologue ont eu un tel succès que ceux qui voulaient parler faisaient la queue comme à confesse. Mais vous vous rendez compte de ce qu’il faut faire pour soulever le voile opaque tendu entre nous Français et la majeure partie de la planète, apprendre la langue du pays et faire du tape-cul dans les vieux cars moldaves.

Je n’arrive même pas à m’imaginer ce que j’aurais pensé lorsque j’ai adhéré au PCF, en 1956, si l’on m’avait dit qu’à 76 ans, en 2014, je roulerais dans des cars aux amortisseurs aussi perclus que mes articulations, sur les routes défoncées de l’ex-Union Soviétique pour y retrouver les traces de l’Histoire et de ma mémoire asphyxiée…

C’est une bien étrange passion que celle de l’Histoire, je ne la détache pas d’autres approches comme la poésie, l’art. Cela revient toujours à une manière de souffrir pour des ombres inconnues, qu’il s’agisse de Priam baisant la main d’Achille qui a tué son fils Hector ou d’imaginer la peur d’un enfant sous les bombes à des milliers de kilomètres. Oui mais voilà, on a prétendu me voler cette empathie avec l’humanité en m’invitant à oublier le passé. Au point que je suis incapable de penser ce que m’auraient inspiré dans ma jeunesse les événements d’aujourd’hui. Il y a eu des railleries, il y en a encore envers ceux que l’on accuse d’être des nostalgiques de l’Union soviétique. Ce qui permet de ne rien analyser, de condamner la mémoire à un hypothétique jugement de l’Histoire dont j’ignore encore si les Bourreaux d’avant-hier ne sont pas les juges d’aujourd’hui. Pourtant demeure vivace au moins une raison de cet engagement : le rôle des communistes durant la seconde guerre mondiale, et la reconnaissance que j’en ressentais. L’enfant juive qui tremblait de peur sous les bombardements, et qui en écho à l’effroi de ses parents en fuite, éprouve toujours le soulagement de l’aube en entendant le mot Stalingrad, le réveil du cauchemar.

Enfin, j’ai toujours été attirée par la distance et la diversité, je ne me sens bien qu’en voyage ou alors enfermée seule dans un lieu de travail entourée de livres. Ce regard par les yeux des autres est celui de Montaigne peignant l’étonnement des cannibales brésiliens devant nos civilisations : « ils avoyent aperçu qu’il y avoit parmy nous des hommes pleins et gorgez de toutes sortes de commoditez, et que leur moitié estoient mendians à leur porte, décharnez de faim et de pauvreté ; et trouvoient estrange comme ces moitiés ici nécessiteuses, pouvoient souffrir une telle injustice, qu’ils ne prinsent les autres à la gorge, ou missent le feu à leur maison »[2]

Tout est dit dans ce texte de Montaigne. On a eu beau tenter de m’expliquer la fin de l’Histoire, j’étais convaincue que tant qu’il y aurait de l’injustice, et celle-ci ne cessait de s’accroître avec ce que l’on estimait la fin du communisme, Marx et sa lutte des classes demeureraient à l’ordre du jour. Cette perspective énoncée par Derrida dans les Spectres de Marx m’a poussée à poursuivre sur ce qui était désormais considéré comme les voies de l’Utopie, au lieu de me résigner à un dérapage de plus en plus irrésistible vers les petits arrangements avec le Capital. Mais ce qui m’a valu une solide réputation de « stalinienne » fut mon refus de faire comme si la Révolution d’Octobre n’avait jamais existé. Car si certains voulaient bien conserver l’utopie, ils la voulaient épurée de l’expérience concrète, ce qui me paraissait une méthode détestable. Impossible de m’y rallier ! Et puis demeurait obstiné, encore intact, le sentiment d’avoir œuvré ensemble à quelque chose de juste. Ce moment restait inscrit dans l’art, quand les artistes, les intellectuels du monde entier étaient prêts à sacrifier leur ego à leur participation à quelque chose qui les transcendait, même s’ils reconnaissaient avoir été la plaie et le couteau.

Pourtant on avait pratiquement réussi à me convaincre que la chute de l’Union Soviétique n’avait pas provoqué la moindre tentative de rébellion. C’était là le pire, il n’y avait pas eu la moindre protestation. C’était ainsi que l’on me présentait l’Histoire. L’acceptation des peuples de l’ex-Union soviétique faisait baisser toutes les têtes, le monde entier passait sous les fourches caudines du capital.

Je ne crois pas avoir jamais été stalinienne, je me suis toujours interrogée moins sur Staline, que sur les temps de troubles qui suivent de tels règnes, en quoi la dégénérescence d’un appareil d’Etat est-elle le produit de l’autocratie ? Mais dans le même temps je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qu’il serait advenu de moi la petite juive et de l’humanité toute entière si lors de la seconde guerre mondiale Gorbatchev avait été au pouvoir au lieu de Staline. Et des Gorbatchev, il y en a aujourd’hui comme s’il en pleuvait.

Je me suis focalisée pendant une dizaine d’années sur ce qui naissait ou renaissait en particulier en Amérique latine, comme d’ailleurs sur l’ensemble des résistances diverses venues du sud avec l’effet d’entraînement de la Chine, la remise en cause de l’hégémonie des Etats-Unis née aux lendemains de la seconde guerre mondiale.

Mon retour vers les pays de l’ex-Union soviétique survint en 2008. A cette date, il y eut le refus de deux enclaves proches de la Géorgie, l’Ossétie et l’Abkhazie, de « choisir la modernité » et se référant explicitement à l’Union soviétique. Il y eut en 2008, ma rencontre avec Marianne pour qui la langue russe, entre autres, n’avait pas de secret et qui depuis des années tentait de faire savoir qu’une multitude de gens en Russie regrettait l’Union Soviétique. Et qu’il y avait là-bas des communistes sans pouvoir mais non sans espérances.

En 2014, à l’occasion des événements d’Ukraine, nous avons décidé Marianne et moi qu’il était temps de partir en voyage et de construire ou tenter de construire une vérité sur les fables qui nous seront rapportées. Nous venions de lire « la Fin de l’Homme rouge ». Il nous a semblé que ce livre était un contrefeu à ce que révélait la situation en Ukraine : la fin de l’Union soviétique avait été imposée à des millions d’êtres humains comme une trahison et certains étaient non seulement désireux de le dire mais étaient prêts à mourir pour cette réalité-là. Voilà pourquoi Marianne et moi, à un âge vénérable, surtout moi puisque j’ai dix ans et quelques de plus qu’elle, nous avons écrit ces carnets de voyage pour les combattants en Ukraine, en Novorossia et bien au-delà… Contre le fascisme installé au cœur de l’Europe parce que, comme je ne cesse de le répéter, le continent européen va jusqu’à l’Oural et qu’il est impossible de faire silence sur ce que représente le nazisme dans ma mémoire comme dans ces terres où le socialisme l’a vaincu une première fois… .

Parce que, et l’essentiel est là, ce qui s’est passé et se passe en Ukraine n’est pas un phénomène isolé, nous sommes entrés dans l’ère de tous les dangers et plus vite nous en serons convaincus mieux cela vaudra pour tous.

Danielle Bleitrach

[1] E.Hosbawn. Franc-tireur. Autobiographie, Paris, 2005, p354

[2] Michel de Montaigne, Essais, présentation, établissement du texte, apparat critique et notes par A.Tournon, Paris, 1998, 3 vol., ici vol. 1,31, p.358

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Marianne et moi, la suite de notre collaboration…

20 Avril 2015, 19:30pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Marianne et moi, la suite de notre collaboration…

par Danielle Bleitrach

Nous venons d’avoir une longue discussion avec Marianne, comme d’habitude nous sommes d’accord. Il nous est difficile dans la situation actuelle de nous préoccuper du plan politique dont le moins que l’on puisse dire est que nous sommes devant une absence de perspectives immédiates.  Ce qui ne manque pas d’exaspérer les tensions individuelles. Que ceux qui ont la force d’œuvrer dans un tel marécage le fassent, nous les en remercions sincèrement.

Aujourd’hui, à titre d’exemple, il y a eu la conférence de presse de françois Hollande où il a comparé le FN au discours des communistes des années soixante et dix et c’était pour lui visiblement une stigmatisation de l’extrême-droite qu’une telle référence. La direction du PCF s’indigne, mais ce qui ‘est extraordinaire, c’est que les mêmes, la direction nationale du PCF, celle du Rhône approuve un Nicolas Maury quand il insulte les dirigeants des années soixante et dix et quatre vingt, quand il monte la jeunesse communiste contre eux. la direction du parti communiste ne récolte que ce qu’elle a semé. et ce qu’elle continue à semer, le mépris du passé… Dans le même temps, Marion Maréchal minimise la part des juifs morts dans la shoah, là dessus aussi elle a bénéficié de quelques complicités dans la jeunesse faute de respecter le passé. Comment voulez-vous que François hollande et le PS et même l’extrême-droite respectent des communistes qui ne se respectent pas eux mêmes, comment lutter contre la prégnance du négationnisme qui revient à faire un signe d’égalité entre communiste et nazisme?  Nous ne pouvons pas remonter à nous seules un tel courant…
 
 
 

En revanche, nous sommes d’accord pour plus nous investir sur la question qui nous préoccupe et qui est celle de l’espace post-soviétique et euroasiatique. Notre réflexion reste d’abord théorique bien qu’avec des implications politiques. Il s’agit de contribuer à une meilleure appréhension de l’histoire du communisme et il s’agit de mieux faire connaître par nos voyages, traductions, compte-rendus de lecture, conférences ce qui est en train de naître dans ces espaces profondément marqués par la première expérience socialiste.

Si nous avons à ce titre de temps en temps un article ou un récit d’expérience qui nous paraît intéressant, nous le publierons, mais pour le reste ce blog demeurera en sommeil. Nous allons nous préoccuper toutes les deux de la diffusion et des débats autour de notre livre « Urss vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre » et sans doute de notre voyage à Novossibirsk et en Asie centrale. Peut-être cet été mais sûrement cet hiver. Comme je l’ai indiqué par ailleurs, en outre, nous pensons lors de la rentrée universitaire prochaine, suivre le séminaire de Jean Salem à la Sorbonne. Et à ce moment-là nous diffuserons les travaux et réflexions, comme d’ailleurs les compte-rendus des livres des éditions Delga qui font un gros travail sur notre champ de réflexion. .

Mais il n’est plus question, si faire ce peut, de mêler nos activités ou non activités politiques à la situation au demeurant navrante du champ politique français. Nous restons ce que nous sommes, moi une communiste sans parti, Marianne une communiste du Pas de Calais, c’est tout.

Donc pas question de réouvrir le blog tant qu’il n’y aura pas un texte qui nous paraîtra utile à la réflexion théorique qui est la nôtre et celle de bien des lecteurs et lectrices de ce blog. Si vous souhaitez poursuivre le débat, lisez notre livre, faites nous part de vos remarques, avant le mois d’octobre et la fréquentation du séminaire de jean Salem où ce blog retrouvera une utilité.

Voici mon numéro de courriel où vous pourrez me transmettre vos analyses et commentaires:

bleitrach.danielle@wanadoo.fr

A la fête de l’humanité nous sommes en train de réfléchir à notre présence et à celle de notre livre. Comme nous sommes en train de mettre en place quelques débats, Marianne à la fête d’Avion au stand d’Arras et nous deux à Beziers, puis à Aix en Provence à la librairie de Provence, peut-être à paris 20 e pour Marianne le 28 mai. Il est peut-être aussi question de l’Algérie en septembre…

Voilà et merci de vos encouragements et de votre véritable amitié, mais j’aimerais que vous fassiez l’effort de réfléchir à tout ça pour préparer ce travail collectif de rentrée. Puisque le rassemblement en faveur de quelques fondamentaux, la paix, la justice sociale, est impossible sur le plan politique, que les concurrences mesquines s’y exaspèrent, sans parler parfois de l’acceptation plus ou moins ouvertes de proximités nauséabondes faute de l’affirmation actuelle de la dimension de classe, espérons en un lieu d’échange intellectuel ouvert à tous; où, rêvons un peu, tels les copistes du Moyen Age, anonymes, nous transmettrons notre expérience à la génération qui saura en faire quelque chose.  Après la barbarie….

Danielle Bleitrach

Et comme il disait: « Les choses ne sont pas si douloureuses, ni difficiles d’elles-mêmes ; mais notre faiblesse et lâcheté les fait telles. Pour juger des choses grandes et hautes, il faut une âme de même, autrement nous leur attribuons le vice qui est le nôtre. Un aviron droit semble courbe en l’eau. Il n’importe pas seulement qu’on voie la chose, mais comment on la voit. »
( Montaigne Essais 1.14, p.123, Folio n°289)

 

 

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Pierre Outteryck écrit un livre pour raconter sa vie d’aveugle

20 Mai 2014, 17:01pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Il n’a pas voulu écrire une autobiographie, juste un court témoignage. Le Roubaisien Pierre Outteryck, 61 ans, connu pour son militantisme politique au sein du Parti communiste et son engagement associatif au Secours populaire français, se livre dans un opuscule très personnel : « Mon destin… ne pas être aveugle ». Cinquante pages pour raconter sa vie sans vue.

 Pierre Outteryck a perdu définitivement la vue à 27 ans après une opération de l’oeil gauche.

Vous le distinguerez sans doute avec sa canne et son chapeau, mais toujours sans lunettes noires. Pierre Outteryck, aveugle depuis plus de trente ans, malvoyant depuis sa naissance, refuse de se cacher. « Mes yeux plaisent ou ne plaisent pas. » Et qu’importe le regard des autres. Il raconte dans le livret consacré à sa vie de non-voyant qu’une voisine a eu peur de lui, l’aveugle. Elle n’est pas seule. « Le handicap fait peur pour deux raisons. Parce que vous ne savez pas comment vous y prendre. Parce que vous avez peur que ça vous arrive. » Soixante et un ans d’expérience vous parlent.

Pendant sa vie, l’homme, volubile et atypique, s’attarde pourtant peu sur son handicap. Tout juste se confie-t-il deux, trois fois. « Ça n’est pas facile de parler de ça. » Même pour lui, le chantre de la lutte contre les discriminations. Lui, le premier professeur certifié d’histoire mal voyant – le parcours du combattant dans les années 70 –, puis premier professeur aveugle agrégé d’histoire. Des années pourtant que Pierre Outteryck a perdu définitivement la vue. À 27 ans, après une opération de l’œil gauche. L’œil droit ne lui sert plus depuis qu’il a 7 ans. Il écrit : « Toute ma jeunesse, je voyais mal, très mal même. Jamais, je ne sus lire au tableau. À trois mètres, je ne vous aurais pas distingué. Tout était flou, aucune ligne nette. Mais, la force des habitudes, le désir inculqué de vivre. »

 

Vivre malgré tout

Refuser d’être une victime. Il récuse la compassion, la pitié. « J’ai bénéficié d’une double chance : avoir des parents profs et pas trop cons. Mon père ne voulait pas que je sois victime. » Une chance parce que ses parents ne lui interdisent presque rien. L’enfant malvoyant vit comme un autre. « Je descendais les cols pyrénéens à vélo. Je pratiquais l’escalade, le ski et le ping-pong. Je grimpais aux arbres et les murs. » Et ne voyait pas à trois mètres. Il lit beaucoup, joue aux échecs, aux cartes, fait fi des moqueries des gamins. « Ça ne me préoccupait pas ». Le regard des adultes, des enseignants, en revanche, le blesse. « J’ai eu des réflexions. Je sentais les réticences à mon égard. D’énormes réticences, même de certains enseignants pour qui les handicapés n’ont pas leur place, ils ne savent pas suivre, ils leur font perdre du temps. Nous sommes dans une société où le handicapé n’a pas totalement le droit d’être citoyen, même si ça avance. »

« Je ne me sentais pas singulier. » Ça change quand il perd la vue. Dans son livret, il raconte le moment « où tout a basculé », le jour où il comprend qu’il ne verra bientôt plus. Des maux de tête insupportables le conduisent à l’opération. Il en connaît la conséquence. « Oui, j’ai hésité. Quand le médecin hésite, vous hésitez aussi ! » Pierre Outteryck, 27 ans, devient aveugle, le restera. Il doit d’abord l’accepter. Pendant quelques heures, seul au septième étage d’un immeuble d’Hautmont, ville dans laquelle il enseigne, il pense mettre fin à ses jours. L’hésitation dure 4-5 heures. Il ne saute pas. Ce jour-là, il décide de « vivre, d’avoir la vie la plus normale possible ». « En même temps, je refuse ce qui m’est arrivé. Je refuse d’être aveugle. » La bataille commence. La première sortie avec une canne, seul, mettra plusieurs années. « Le plus compliqué, c’est de ne pas avoir peur de sortir, de demander et de se faire aider. Être en attente d’une aide, devoir demander, râler parce que ça ne va pas assez vite. Tout ça, c’est compliqué. »

Trente ans plus tard, il peut marcher seul – mais n’est jamais contre un coup de pouce –, enseigne toujours l’histoire-géographie. Entre-temps, il est devenu dirigeant national du Secours populaire pour lequel il est responsable de l’aide aux personnes handicapées. Il envisage même de s’inscrire en thèse. Un exemple, Pierre Outteryck ? Sûrement pas. Il refuse de l’être. L’homme livre simplement son envie de continuer à vivre. Comme il l’entend.

« Mon destin… ne pas être aveugle » aux éditions Le Geai Bleu. 6 €. 06 75 68 59 61. legeaibleu@orange.fr http://legeaibleu-editions.fr/

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A lire à Ecouter : Edouard Louis, écrivain, auteur de "En finir avec Eddy Bellegueule"

1 Février 2014, 13:25pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

A lire à Ecouter : Edouard Louis, écrivain, auteur de "En finir avec Eddy Bellegueule"

Une camarade m'a recommandé ce livre par courriel.

A mon tour je vous le recommande.

Tout juste maginifique, boulversant. Comment quoi avec l'écriture, avec les mots, on peut rendre visible, les invisibles ou même l'invisible.

En ce temps obscure ou l'extrême se radicalise et tente de prendre la rue...

Ce livre fera du bien à lire, à entendre d'un jeune de 21 ans.

Bonne lecture et bonne écoute.

Les matins - Quand l’écriture de soi devient un acte de révolte

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