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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #infos pcf

Une autre vision de la victoire de Trump

14 Novembre 2016, 18:05pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Une autre vision de la victoire de Trump

Dans son ouvrage de référence De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville avait eu ce mot que j’ai retrouvé dans un corpus de citations de référence : « ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, mais le relâchement de tous ». Il y a une sorte de terrible prophétie dans ce propos et je me propose ici de m’en expliquer assez synthétiquement.

En écoutant une remarquable conférence d’Emmanuel Todd à quelques heures des résultats du scrutin présidentiel américain et en lisant un brillant papier de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique lui aussi antérieur aux résultats, j’ai pris conscience d’un fait dont je n’envisageais jusque là que de bien timides contours. Contrairement à tout ce que l’on a pu dire, écrire et penser sur cette élection présidentielle, au travers du prisme d’une presse française et même européenne plus mauvaise que jamais, il n’est pas question d’une preuve supplémentaire du déclin inéluctable des États-Unis, comme si on ne pouvait résumer le duel Clinton-Trump que comme une vulgaire dualité entre la peste et le choléra. Au contraire, il est question d’une volonté relativement réelle et partagée des citoyens américains de reprendre la main sur le devenir commun de leur nation. De ce point de vue, nous assistons à un mouvement historique de la pensée politique, sociale, économique et culturelle américaine. Cette campagne présidentielle, elle a été le réceptacle d’une critique de plus en plus forte et acerbe du modèle libre-échangiste que le monde anglo-américain a pourtant initié à l’échelle du monde. Todd dans sa conférence, fabrique, comme on peut s’y attendre avec lui, un lien qui me semble pertinent entre ce fait historique connu et le modèle familial anglo-saxon fortement inégalitaire. C’est l’ultra-individualisme qui est d’ailleurs le fondement de la constitution américaine.

Alors pour bien comprendre ce mécanisme, il y a trois étapes, trois séquences historiques à mettre en relief. L’arrivée au pouvoir de Reagan et l’extinction violente de l’idée protectionniste et par là, de la défense de l’emploi industriel, de la protection de la production avec l’effondrement des barrières douanières. Ces dernières passent, au cours du XXème siècle, de 20 à moins de 2% avec une importante accélération dans les années 1960 et plus encore dans les années 1980. Les démocrates sont d’ailleurs balayés en 1984 lorsqu’ils défendaient un programme protectionniste. Durant cette période, on assiste à une destruction de l’emploi industriel aux États-Unis et à un creusement des inégalités. Cela, alors que dans le même temps le niveau d’éducation ne cesse de progresser. De plus en plus de jeunes américains d’une même classe d’âge accèdent aux études supérieures dans une constante évolution au cours du siècle dernier. Fait contradictoire également, le niveau de revenu médian continue malgré tout d’augmenter. C’est essentiellement du à la progression de l’emploi des femmes qui permettent donc l’entrée d’un deuxième salaire dans le foyer. La seconde période débute il y a peu avec la crise de 2007/2008 dont les États-Unis et le monde ne sont pas encore réellement remis. Les inégalités ont explosé, l’emploi industriel a prodigieusement continué à se détériorer. On voit réapparaître une baisse de l’espérance de vie au sein de la classe ouvrière mais également de la classe moyenne, c’est-à-dire aux États-Unis aujourd’hui chez celles et ceux qui ont un cursus universitaire inachevé. Ainsi commence à naître la contestation du libre échange, du néo-libéralisme dans une partie de la société américaine. On se souvient du mouvement symbolique d’occupation à Wall Street ou encore du développement et du succès d’un cinéma engagé autour de Oliver Stone, de Michael Moore ou plus récemment de l’inattendu succès de Margin Call ou encore le très bon Loup de Wall Street de Martin Scorsese. C’est là que nous entrons dans la troisième phase, celle d’aujourd’hui avec ce résultat inattendu, la victoire de Donald Trump.

C’est aussi là que je veux redire un mot sur le rôle déplorable des médias. L’analyse à tirer de ce scrutin est au demeurant assez simple. Le renforcement du niveau d’éducation jumelé aux nocives conséquences du libre-échangisme, ont causé en Amérique une fracturation à bien des égards inédite. Les éléments de cette fracturation nous donnent à voir les caractéristiques fondamentales des deux électorats bien distincts de Trump et de Clinton, mais également les raisons du succès de Bernie Sanders durant la primaire démocrate. En effet, contrairement aux portraits caricaturaux et simplistes que la presse a pu dresser, l’électorat de Trump n’est pas exclusivement un électorat analphabète, obèse, raciste et inconséquent. Les premiers à se ranger derrière Trump durant les primaires sont les blancs de la classe moyenne avec ce fameux cursus universitaire inachevé. Eux qui souffrent du déclassement, de la stagnation de l’espérance de vie, de la dégradation de leurs conditions de vie. C’est d’ailleurs, la même chose ici, chez nous en France. D’où l’importance de comprendre les mécanismes électoraux américains de cette présidentielle. Le vote front national n’est pas l’exclusivité de citoyens incultes, d’une France profonde vue par l’establishment comme misérable et à qui, d’ailleurs, il ne faut même plus parler comme le suggérait la très « propre sur elle » fondation Terra Nova. Le choix que Clinton et son staff ont fait pourtant en négligeant des États plutôt populaires et ouvriers durant la campagne. De fait, la classe ouvrière blanche a été elle aussi entraînée par la dynamique Trump. Les chiffres le montrent fort bien d’ailleurs. Les blancs représentent 70% de l’électorat aux États-Unis. Il est donc loin d’être minoritaire contrairement à ce que certains tentent de vouloir faire croire. 58 % d’entre-eux ont choisi Trump pour 37 % qui ont préféré Clinton. 67 % des blancs non diplômés ont choisi Trump, soit une progression de 14 points par rapport aux dernières présidentielles de 2012. Le vote Trump a donc été un vote de contestation face à l’idée de l’empire ouvert où règne la déréglementation ; un monde que représente parfaitement Clinton. Sans doute peut-on faire le lien avec le succès des discours anti-immigration du candidat Trump. C’est bien la sauvegarde de l’emploi et le rejet de l’idée d’une mise en concurrence avec des travailleurs moins coûteux qui a permis le succès du discours de Trump. Il serait trop simple et contre-productif de n’y voir que du racisme patenté.

La même erreur d’analyse a été faite concernant le Brexit. Oui c’est la classe ouvrière qui choisit de remettre en cause l’adhésion à l’Europe. Oui c’est la classe ouvrière qui décide de rejeter le libre-échange et un monde ouvert qui a pour conséquence directe la destruction de plusieurs milliers d’emplois. La nouvelle cheffe du gouvernement britannique Theresa May l’a parfaitement compris. De manière pragmatique elle enterre l’héritage thatcherien et promet un plan de relance inédit avec le retour de l’État dans l’économie. Sans doute que le parti Travailliste restera encore pour un moment dans l’opposition n’ayant pas voulu intégrer ce phénomène malgré l’accession de Corbyn à la tête de ce dernier. Pendant qu’il manœuvrait prudemment en interne contre les blairistes pour sauvegarder l’unité du parti, il n’a pas pu prendre ouvertement position comme il l’aurait sans doute souhaité. C’est la grande faute actuelle du PCF et même de Jean-Luc Mélenchon qui souffle le chaud et le froid sur l’Europe. C’est l’une des grandes forces du Front National alors même que ce dernier ne croit pas dans le fond à l’argument de la sortie. Il suffit de regarder les votes du clan Le Pen au parlement européen.

Il me semblait important de revenir sur ces quelques éléments d’analyse bien loin des élucubrations idiotes d’une classe dominante vexée d’être désavouée de la sorte par le suffrage universel. Malgré toute la campagne de dénigrement du candidat Trump, malgré une allégeance absolue à Clinton et à la vision du monde qu’elle porte de la part des médias, des économistes, de nombreux intellectuels, le peuple américain comprend que ses intérêts sont ailleurs. Trump a su parfaitement les incarner durant la campagne au-delà de l’excentricité, du populisme vulgaire qu’on lui a attribué non sans raisons il faut le dire.

Alors, lorsque l’on voit les débats de la primaire de la droite en France on se dit que le pire peut advenir. Les 7 candidats n’ont rien compris du mouvement de l’histoire actuel. Alors qu’il faudrait un discours économique volontaire et apaisé, se proposant de protéger l’emploi, de sécuriser les parcours professionnels et sociaux, ils promettent plus de casse, plus de déréglementation, plus de libre-échange. C’est là où le danger est réel. C’est là où l’immense responsabilité de nos élites est en jeu. Car il faudrait être d’une bêtise sans nom et d’une irresponsabilité folle pour prédire l’inéluctable défaite du FN dans 6 mois.

Guillaume Sayon

 

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Dossier de l'huma : La MANIFESTATION étudiante du 11 NOVEMBRE 1940

12 Novembre 2016, 09:17am

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Conférence nationale du PCF: Intervention d'André Chassaigne

9 Novembre 2016, 20:01pm

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L'invité de Bourdin Direct : Pierre Laurent

7 Novembre 2016, 17:14pm

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André Chassaigne (PCF) : « Sur le terrain, il n’y a pas un enthousiasme délirant pour Jean-Luc Mélenchon »

6 Novembre 2016, 09:46am

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Samedi après-midi, la Conférence nationale du Parti Communiste Français a refusé le ralliement à Jean-Luc Mélenchon pour la Présidentielle 2017. Une victoire pour le député du Puy-de-Dôme André Chassaigne, opposé sur la question à Pierre Laurent, le secrétaire national.

Par Stéphane Moccozet

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André Chassaigne (PCF) : « Sur le terrain, il n’y a pas un enthousiasme délirant pour Jean-Luc Mélenchon »

Chassaigne 1, Laurent 0. Samedi après-midi, lors de la Conférence nationale du parti, les communistes se sont prononcés contre la proposition de leur secrétaire nationale de soutenir immédiatement la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la prochaine élection présidentielle. Cette idée d’effacement du PCF au profit du visage emblématique du Parti de Gauche n’a jamais plu à André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et chef de file des communistes à l’Assemblée nationale.

Samedi après-midi, il a une nouvelle fois exprimé son souhait que le PCF défende la candidature d’un de ses membres sans exclure « à priori, le fait que Jean-Luc Mélenchon puisse être le candidat du rassemblement que l’on recherche ». « Je ne sais pas si une autre personne peut émerger et être plus crédible sur un programme anti-libéral clair, net », a dit l’élu auvergnat. « Ce que je pense, c’est que ce rassemblement il faut le construire. Ce que je pense, c’est que pour porter cette parole-là, pour être audible, pour pouvoir développer ce qu’on recherche, il faut mettre sur les rails un candidat du Parti Communiste Français même si au final ce candidat doit se retirer parce que l’intérêt du peuple sera qu’il se retire dans l’intérêt du rassemblement », a-t-il ajouté.

André Chassaigne n’est pas le premier fan du candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle de 2012. En septembre dernier, il lui reprochait une « dérive égocentrique » et samedi il s’est interrogé sur sa capacité réelle à fédérer. « Sur le terrain, il n’y a pas un enthousiasme délirant pour Jean-Luc Mélenchon », a assuré M. Chassaigne, « il suffit de discuter avec les militants, même au-delà des militants. Je suis très dubitatif sur les sondages en ce qui le concerne ».

Quant à savoir qui pourrait porter dans la campagne présidentielle cette voix communiste réclamée par le député, André Chassaigne ne cite pas de noms. « Aujourd’hui, on ne la connait pas mais vous savez, ça va très vite en termes politiques ». En 2011, l’ancien maire de Saint-Amant-Roche-Savine avait voulu être cet homme providentiel. Les militants communistes lui avaient alors préféré… Jean-Luc Mélenchon. Cinq ans plus tard, il n’a peut-être pas renoncé à un nouveau combat.

Résultats : Option 1 (JLM) : 44,31%, Option 2 (PCF) : 53,69% 

PRÉSIDENTIELLE 2017: LES CADRES DU PCF REFUSENT TOUT RALLIEMENT À MÉLENCHON

PRÉSIDENTIELLE : LES CADRES DU PCF NE VEULENT PAS DE MÉLENCHON COMME CANDIDAT

LES DÉLÉGUÉS DE LA CONFÉRENCE DU PARTI COMMUNISTE ONT VOTÉ POUR UNE CANDIDATURE À LA PRÉSIDENTIELLE INTERNE AU PARTI PLUTÔT QUE POUR UN SOUTIEN À JEAN-LUC MÉLENCHON

 

 

Camarades, vous venez tous d'apprendre les résultats de la conférence nationale. C'est une petite victoire. A nous de transformer l'essai. J'avoue que je suis un peu surpris du nombre de voix qui se sont portées sur le choix d'un candidat communiste, car je pensais que dans chaque fédé le "filtre" des délégations ne nous aurait pas été favorable. C'est en tout cas un signe très positif pour l'avenir du parti et l'état d'esprit des communistes en général.  nous devons, à mon avis, être encore plus communistes et encore plus unitaires... Je suis convaincu que ma proposition d'utiliser la lettre de Pierre Alain Millet , la faire connaître à tous les camarades du parti est un appui solide ...pour la "reconquête".

Lecoq Armand

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Mélenchon dit "NON" à Pierre Laurent

6 Novembre 2016, 09:41am

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Après l'appel de Pierre Laurent aux communistes, Jean Luc Mélenchon à fermé la porte à un quelconque rapprochement entre le PCF et la France insoumise 

 
 
Mélenchon dit "NON" à Pierre Laurent
 
Deux options seront soumises demain au vote de la Conférence nationale du PCF : celle d'un soutien à Jean-Luc Mélenchon et celle d'une candidature PCF. Cette dernière option, "ce n'est pas l'option que je privilégie", a déclaré Pierre Laurent au cours d'une conférence de presse. 

Jean Luc Mélenchon a fermé la porte à tout rapprochement sur Facebook (voir les captures d'écrans). 

 
 
Mélenchon dit "NON" à Pierre Laurent

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Election: Programme de la droite" Libéral nous voilà" (sondage)

5 Novembre 2016, 13:25pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

source : journal "Libération" du 3 novembre 2016

source : journal "Libération" du 3 novembre 2016

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Cette présidentielle qui rend fou

2 Novembre 2016, 11:31am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Nous connaissons tous parfaitement la maxime devenue populaire de Talleyrand, « tout ce qui est excessif est insignifiant ». La connaissance ne nous met pourtant pas à l’abri de l’épouvantable excessivité, ennemie naturelle de la raison. Quel doux euphémisme que de constater que cette période de pré-campagne présidentielle est un concentré puissant en la matière. Celles et ceux qui en usent pour servir une ambitieuse destinée ou tout simplement pour promouvoir des intérêts particuliers sont tellement aveuglés par leur vile entreprise qu’ils ou elles ne mesurent pas les conséquences dramatiques et désastreuses qu’ils ou elles sèment dans le peuple. La politique, cet art noble de la conduite raisonnable et organisée des affaires communes, celles qui nous concernent toutes et tous au quotidien et qui font que la Nation existe, laisse place au népotisme, à la tyrannie des puissants, à une farce cynique et froide obscurcissant dangereusement l’avenir.

Pourtant le peuple est bien plus averti et sensible aux dangers qui pèsent sur lui et son bonheur que ce que beaucoup en pensent et en disent. Sans doute est-ce là un héritage plus que positif de l’âge d’or de la pensée et du mouvement communiste.Les journalistes, prélats du grand capital, les politiques, investissements pratiques de ce dernier et même de nombreux intellectuels qui, au lieu de se consacrer de manière désintéressée au progrès de la connaissance, se fourvoient dans des manœuvres politiques avec quelques réjouissances pécuniaires à la clé, grossissent l’essentiel des rangs de ceux qui soufflent sur les braises, faisant abstraction de la responsabilité qui serait la leur dans l’hypothétique avènement du pire. C’est ce qui par définition accrédite l’idée que le capital n’est par essence pas moral ou immoral. Il est amoral et il est fondamental de s’organiser pour réussir à le détruire. Il en va de la survie même de notre civilisation. Qui peut encore le nier hormis Sarkozy et quelques bougres cornus possédés totalement par l’appât du gain.

Pour ne pas m’être éloigné du peuple et de la réalité, condition sine qua non à mon sens pour avoir droit de s’exprimer en son nom, je sais que nombreux sont ceux qui ont conscience de l’éminence d’une guerre générale. Nombreux sont ceux qui savent, sans d’ailleurs conceptualiser quoi-que-ce-soit, que la spoliation des richesses par le capital, c’est-à-dire par la classe possédante, est l’origine de tous les maux. Beaucoup savent qu’il ne pourra advenir un changement brutal et salutaire que par l’exercice révolutionnaire. Certains ont même conscience du degré de violence que cela pourrait même constituer. Ce qu’il manque en fait cruellement au peuple aujourd’hui, ça n’est donc pas la conscience que ses croyances faussement instinctives sont vraies -l’appauvrissement généralisé des travailleurs et l’expérience des mêmes conditions de subsistance les valident- c’est l’outil qui permettrait de leur donner sens, un discours clair et sans ambages qui les formalise et leur donne de l’épaisseur. Des outils de lutte quotidienne composant une démarche complexe mais maîtrisée pour créer un rapport de force capable d’avoir une prise et un poids sur les événements. Des raisonnements, des arguments, des œuvres littéraires, culturelles et artistiques qui permettraient à la fois de consolider les croyances et de convaincre de l’utilité de ne pas accepter les choses avec fatalité. La lutte appelle la lutte, le combat appelle l’espoir et l’espoir est un moteur puissant. C’est sans doute actuellement l’ingrédient essentiel de la popularité et de la réussite provisoire de Mélenchon. Une courte parenthèse sur le rôle social et politique de l’art. Il existe aujourd’hui de nombreuses œuvres critiques du capitalisme et de ses logiques. Il serait faux et injuste de dire que certains artistes ne travaillent pas ces questions. Par ailleurs, certains artistes arrivent à teinter la production mainstream de quelques fulgurances esthétiques, poétiques et politiques qui pourraient servir la cause. Je pense surtout au cinéma et aux séries que des millions de jeunes (et même de moins jeunes) consomment goulûment aujourd’hui. Pourtant, chaque fois ou presque, elles ne peuvent s’empêcher de se vautrer dans un nihilisme sombre et froid et ainsi toute l’entreprise espérée par le spectateur averti s’effondre âprement. Parenthèse clause.

Quelle est donc notre responsabilité aujourd’hui sans sombrer dans les vieilles querelles pas tout à fait enterrées entre nous ? Comment ne pas être injustement catalogué aujourd’hui lorsque l’on trouve des vertus incontestables à l’idée d’avant-garde ? D’ailleurs, ne peut-on pas voir une corrélation entre l’abandon de cette conception et les reculs et revers successifs de nos organisations et des idées qu’elles portent depuis lors ?

C’est à ce titre que je m’engage fortement dans les débats qui traversent le parti communiste, que je prends la lourde décision de soutenir des textes alternatifs, à me montrer parfois vindicatif et sans état d’âme avec certains de nos camarades qui ont en charge la direction du parti. C’est pour cela que je n’avale pas servilement le catéchisme simpliste qui nous invite à rejoindre sans trop poser de questions et avec un enthousiasme candide Mélenchon et sa démarche. J’ai la conviction que Mélenchon ne fait pas avec le peuple mais à côté du peuple, la nuance n’est pas accessoire vous en conviendrez. C’est pour cela que j’avais émis l’idée de la candidature de Mickael Wamen, le syndicaliste des Goodyear qui en quelques temps sortit de l’anonymat et du brouillard la classe ouvrière combative, fière de ce qu’elle est, déterminée et charismatique. Il aurait pu être une sorte de catharsis. Voyons la solidarité dans la France entière pour son combat. Cet ouvrier qui a réussi à remplir des amphithéâtres dans les universités et des salles des fêtes dans les cités ouvrières. Construire une telle candidature pourrait être le début d’une nouvelle phase de reconquête politique. Une parole forte, honnête et désintéressée qui pourrait raisonner dans bien des esprits aujourd’hui en proie à la colère sombre, à la fatalité et à l’abdication. Bien évidemment, je ne me laisse pas gagner par l’utopie. La bataille demeurerait tout aussi difficile, le capital mettrait tout en place pour briser notre stratégie, mais au moins nous pourrions bâtir de nouveau sur des bases saines et prometteuses.

Voilà donc quelques considérations lancées en vrac pour nourrir les réflexions que je sais profondes et complexes de bien des camarades et de nombreux travailleurs. Il faut dire, sans polémique, que la clarté semble pour l’heure loin d’être évidente chez les communistes. Pis, la confiance se rompt et plus le temps passe plus les communistes se sentent orphelins et désabusés. On finit même par imaginer le pire, le pire étant une sordide tactique politique qui consisterait à se ranger derrière un socialiste un peu moins corrompu politiquement. Si sagesse il faudrait convoquer dans ces conditions, je rappellerais simplement à mes amis et camarades ce mot de Spinoza que nombreux comprendront sans effort, « la sagesse n’est pas la méditation de la mort, mais la méditation de la vie ».

Guillaume Sayon

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MAIS QUI SONT CES GENS?

26 Octobre 2016, 10:34am

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MAIS QUI SONT CES GENS?

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La direction du PCF parie sur Montebourg

26 Octobre 2016, 09:25am

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La direction du PCF parie sur Montebourg

Enfin ! Olivier Dartigolles a clarifié la position de la direction du PCF : la carte Montebourg sera jouée jusqu’au bout et si l’ancien ministre hollandais venait à gagner la primaire du PS, le PCF jouerait alors les rabatteurs pour que toutes les autres candidatures, et notamment celle de Jean-Luc Mélenchon, passent sous les fourches caudines de celle-ci. Invité du Talk Orange Le Figaro ce lundi 24 octobre, le porte-parole du PCF a en effet affirmé « Si Montebourg gagne la primaire socialiste, ce sera quelque chose de nouveau dans la situation politique. Comme le dit Pierre Laurent, quand bien même on ferait un choix de candidature d’ici la fin de l’année, on maintiendra toujours ouverte la possibilité pour le Parti communiste français d’aller vers des choses qui permettraient cette candidature commune ».

Le rendez-vous du 5 novembre est donc une mascarade. La conférence nationale du PCF lors de laquelle les communistes sont appelés à se prononcer sur une triple option (candidature Mélenchon, candidature PCF ou attente) est donc jouée d’avance, le porte-parole du parti venant d’afficher ostensiblement le choix de Pierre Laurent de s’inscrire dans la perspective d’une attente de la victoire montebourgeoise lors de la primaire. La direction du PCF préfère donc miser sur l’artisan de l’arrivée à Matignon de Manuel Valls au candidat du Front de gauche de 2012. Dont acte.

Mais faire le choix de Montebourg oblige le PCF. Olivier Dartigolles va donc plus loin : lui et son parti se font forts, à coup d’ironie méprisante, d’essayer d’annihiler la candidature de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise pour la rabattre derrière celle de l’exilé de chez Habitat : « Nous souhaitons vraiment une discussion positive et constructive avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise ». Autrement dit discuter oui, mais pour faire rentrer Jean-Luc Mélenchon et les 140.000 insoumis-e-s dans le rang. A n’en pas douter une telle entrée en matière plaide pour « une discussion positive et constructive »

D’autant que le calendrier à rallonge ne cesse de s’éterniser : Olivier Dartigolles renvoie ainsi à l’idée d’une « primaire des primaires » au mois de … février, les candidats issus des primaires d’EE-LV et du PS ayant alors été désignés : « Quand tout le monde aura fini avec son propre calendrier, est-ce qu’il ne sera pas temps de réfléchir à la situation ?  » avance ainsi Olivier Dartigolles devant un Yves Threard médusé qui lui demande alors « De faire des primaires des primaires en sorte ? » Ce à quoi Olivier Dartigolles qui n’en demandait pas temps répond : « Oui, il faudra réfléchir à quelque chose qui peut permettre de ne pas renoncer à une idée assez simple : la qualification pour le second tour de la présidentielle d’une vraie candidature de gauche ». N’en jetez plus :  avec cette potentielle « primaire des primaires » à laquelle s’en remettrait le PCF, l’absurdité et la vacuité du processus même de primaire apparaît aux yeux de tous. Sauf de ceux qui veulent s’en servir pour niveler les candidatures en les plaçant sur un même plan sans tenir compte des engagements passés, présents et à venir des uns et des autres. Bref sauf de ceux qui cherchent par tous les moyens à annihiler les candidatures qui sortent du rang et de l’entre-soi du système. Car ce que dit Olivier Dartigolles, c’est que quand bien même le PCF déciderait en novembre-décembre de s’inscrire dans la démarche de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise, tout serait remis à plat en février. Bref un vote pour rien car à la fin c’est Fabien décide.

Rétrospectivement, les argument déployés jusqu’à aujourd’hui (et encore répétés lors de cette émission) par Olivier Dartigolles et la direction du PCF pour combattre la candidature de Jean-Luc Mélenchon apparaissent eux-ausi dans la crudité de leur objectif : que penser de ces gens qui, depuis des mois, refusent de rejoindre la démarche proposée par Jean-Luc Mélenchon au prétexte qu’il faudrait assurer une présence au second tour de la gauche pour battre la droite et l’extrême-droite ? La candidature Montebourg, celle-là même qui dans toutes les intentions de vote non seulement est balayée par des candidatures alternatives telles celle de Manuel Valls sans compter celle d’Emmanuel Macron, serait donc la plus à même de remplir ce critère ? Grotesque.

Olivier Dartigolles et la direction du PCF font donc une fois encore le choix des petits arrangements entre amis. Qu’ont dealé Pierre Laurent et Arnaud Montebourg ? Combien de circonscriptions ont été promises (chèque en blanc contre chèque en bois tant une candidature Montebourg est peu à même de garantir quoi que ce soit) pour faire un croche-patte à Mélenchon ? Quel financement public est-il fait saliver au PCF pour s’attaquer à la dynamique et l’espoir que suscitent dans le peuple Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise ? Quels tripatouillages internes se substituent donc une fois encore à l’avenir du pays ?

La nouvelle sortie d’Olivier Dartigolles a au moins le mérite de la clarté. Désormais, les lignes sont tracées et chacune et chacun est susceptible de faire son choix en conscience sur les orientations politiques et stratégiques que recouvrent d’un côté la candidature de Jean-Luc Mélenchon et de l’autre la primaire du PS. Les communistes qui sont amenés à se prononcer le 5 novembre ne pourront donc pas biaiser : ce sera l’un ou l’autre.

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Se rassembler pour la candidature communiste

23 Octobre 2016, 08:36am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Réponse collective à la contribution "Conférence nationale du 5 novembre, Pour un choix clair"

 

Chér(es) camarades,

 

Nous avons pris connaissance avec intérêt de la contribution collective « Conférence nationale du 5 novembre , Pour un choix clair » qui a été adressée à plusieurs d’entre nous.

 

Nous nous félicitons de toutes les initiatives que les communistes prennent dans leur diversité autour de l’exigence d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2017.

 

Et ce d’autant que nous constatons que malgré la décision du Conseil National de proposer trois choix à la discussion des communistes, le secrétaire national multiplie les déclarations et les initiatives promouvant l’attente jusqu’àprès la primaire du Parti socialiste.

 

Pour notre part, nous avons dès la préparation du congrès de juin 2016 dans notre texte « Unir les communistes, le défi renouvelé du parti communiste » défendu le projet d’une candidature communiste en 2017.

 

Dans notre déclaration précédent le Conseil National des 24 et 25 septembre, nous résumions ainsi notre position : « l’élection présidentielle, renforcée par le quinquennat, est au cœur du système de domination de la grande bourgeoisie dans notre société. Elle vise à imposer l’alternance pour que le système capitaliste continue de fonctionner. La place prise par le Front national joue à plein dans ce sens. Raison de plus pour affronter cette bataille en communistes ! Loin des présidentiables éphémères, notre parti peut porter un candidat et un programme communistes, se renforcer en influence idéologique et forces organisées, contribuer à ce que les forces populaires gagnent en conscience et en force face aux combats qui s’annoncent. Le PCF peut porter un candidat représentatif de ces millions de travailleurs qui ont combattu la Loi El Khomri et ne veulent pas baisser les bras. Cette candidature sera un point d’appui pour nos 577 candidats aux législatives, qu’il nous faut désigner rapidement, et affirmera notre volonté de continuer le PCF. »

 

Nous ne souscrivons donc ni à la conception du rassemblement développé au 37éme congrès, ni au retrait éventuel de notre candidat et nos désaccords stratégiques concernant l’Union européenne sont connus.

 

Mais nous partageons l’idée qu’une candidature communiste serait de nature à changer la donne du débat politique dans le pays, à donner une nouvelle chance à la construction d’un rassemblement politique et qu’elle serait un point d’appui essentiel pour la campagne des législatives. Nous ajoutons qu’elle nous paraît le meilleur choix aujourd’hui pour rassembler les communistes.

 

Nous sommes aussi d’accord avec l’objectif que la Conférence nationale débouche sur un choix clair. Cela suppose qu’à l’issue de la Conférence nationale, l’option d’une candidature communiste soit soumise au vote des communistes et ce dans des délais brefs car attendre Janvier, c’est empêcher de fait la candidature.

 

Nous donnerions plus de poids à la candidature communiste en nous adressant dès maintenant à des camarades qui, par la légitimité populaire acquise dans le mouvement social ou /et par le suffrage universel, pourraient porter une telle bataille. Et nous gagnerions en crédibilité en travaillant dès maintenant à ce qui pourrait être les 10 propositions essentielles d’un candidat communiste ;

 

Nous sommes disponibles pour tout ce qui permettra d’avancer dans ce sens et nous sommes déterminés à travailler dès maintenant et jusqu’au la conférence nationale du 5 novembre dans un esprit de rassemblement qui permette de créer une majorité autour de la candidature communiste.

 

Cette réponse est signée par :  


Caroline Andreani, Danielle Trannoy, Gilles Gourlot, Jean-Pierre Meyer, Jean-Jacques Karman, Paul Barbazange, Anne Manauthon, Marie-Christine Burricand, Michaele Lafontant, membres du Conseil National

 

Michelle Bardot(67), Armand Lecoq (34), Michel Capron (34), Gilbert Rémond (69), Daniel Sario, Amandine Lampin(31), Floriane Benoit (38), Laurent Santoire (93), Willy Pepelnjak(38), Eric Ruiz (27), Hervé Fuyet (92), Jean-Pierre Quirin, Michel Dechamps (04), Pierre Viallet, Clara Gimenez (34), Pascal Brula (69), Aimé Couquet ’69), Robert Brun (26), Pierre-Alain Millet (69), Alain de Poilly(94), Bernard Trannoy (33)

 

Conférence Nationale du 5 novembre
POUR UN CHOIX CLAIR
contribution collective

Face à la menace qui pèse sur notre pays, face au risque de voir s’imposer les programmes ultra-réactionnaires de la droite et de l’extrême droite, et disparaître durablement les forces de progrès, les communistes ont décidé en juin dernier de construire un large rassemblement « de toutes celles et ceux qui ne veulent pas se résigner aux renoncements de ceux qui gouvernent, qui ne veulent pas de la droite et de l’extrême droite, qui espèrent contribuer à une société plus égalitaire, plus juste et fraternelle, qui veulent faire émerger une alternative à l’austérité libérale ». Où en sommes-nous ? L’évolution du débat politique confirme l’urgence de ce choix. Et pourtant, nous ne parvenons pas à construire ce rassemblement populaire et à faire émerger une candidature qui puisse lui donner une traduction politique lors de la prochaine élection présidentielle.

Comment sortir de l’impasse ? Menons en grand le débat sur les propositions, en rencontrant toutes les forces de progrès disponibles pour construire un projet d’avenir pour la France, sur la base des résultats de la consultation citoyenne. Mais comment faire avancer un programme sans un candidat ou une candidate, qui soit son porte-parole auprès des citoyens, et que ceux-ci puissent appuyer, sauf à leur donner à penser qu’il s’agit d’une cartouche à blanc ? Notre conférence nationale doit prendre une décision sur la candidature aux présidentielles.

Dans le cas contraire, on irait vers une Conférence nationale invitée à décider d’attendre jusqu’à fin janvier, date de la primaire du PS, pour seulement continuer, voire amplifier avec une pétition, notre posture de rassemblement.

Cette démarche, sans candidat, n’est-elle pas dangereuse ? Ne nous enferme-t-elle pas dans le piège du ralliement, à l’un ou à l’autre, et de l’effacement ?

Jusqu’en janvier, en effet, les candidats déclarés vont développer leur campagne électorale, alors que le parti communiste, si louables soient les intentions et propositions qu’il cherchera à porter, risque fort de rester inaudible sur ses idées, sans levier pour peser dans le rapport de force politique médiatique, et de contribuer à installer comme un fait accompli l’absence du PCF de la campagne présidentielle.

La conférence nationale doit réaffirmer notre stratégie de rassemblement. Mais elle doit aussi aller de l’avant et faire un choix : pensons-nous, comme le défendent quelques camarades, que le ralliement à Jean-Luc Mélenchon et à sa conception étriquée du rassemblement est maintenant la seule solution possible ? Ou bien choisissons-nous de proposer une candidature issue de nos rangs pour porter nos propositions, poursuivre jusqu ’au bout nos efforts de rassemblement, retirant le cas échéant notre candidat pour une candidature commune ? Les communistes doivent pouvoir, sans tarder, se prononcer et choisir l’une de ces deux options.

Il n’y a pas de solution idéale. Mais la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’est plus, aujourd’hui, une candidature de rassemblement. Le « populisme de gauche » n’apporte pas de solutions réelles à la crise. Un ralliement par défaut à cette candidature risque de démobiliser durablement les militants, avec des conséquences importantes sur nos campagnes, sur nos résultats aux législatives et sur nos capacités à mener les batailles dont notre peuple aura besoin dans les années à venir.

Une candidature issue de nos rangs, engagée dans la campagne pour porter nos propositions et poursuivre en grand nos efforts de rassemblement, peut au contraire faire bouger la situation à gauche. En donnant une visibilité nouvelle à nos propositions et à notre démarche, en permettant la mise en mouvement des militants, elle peut changer la donne du débat politique dans le pays et donner une nouvelle chance à la construction d’un rassemblement politique. Elle serait aussi un atout pour entrer le plus tôt possible dans la campagne des législatives, avec des candidatures à parité qui donnent à voir le visage du PCF d’aujourd’hui, pour gagner le plus grand nombre possible d’élu-e-s utiles au peuple.

http://data.over-blog-kiwi.com/1/38/56/29/20161017/ob_903d0f_pour-un-choix-clair-de-la-conference-n.pdf

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Globule Rouge 62, Journal de la santé des communistes du Pas de Calais

19 Octobre 2016, 17:44pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Globule Rouge 62, Journal de la santé des communistes du Pas de Calais
Globule Rouge 62, Journal de la santé des communistes du Pas de Calais
Globule Rouge 62, Journal de la santé des communistes du Pas de Calais
Globule Rouge 62, Journal de la santé des communistes du Pas de Calais

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Pierre Laurent : « L’écologie est LA question du XXIe siècle »

10 Septembre 2016, 10:41am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Pierre Laurent : « L’écologie est LA question du XXIe siècle »

Alors que la Fête de l’Humanité sera cette année le grand rendez-vous des gauches, le secrétaire du Parti communiste, Pierre Laurent, témoigne que son parti évolue sur l’écologie et sur les biens communs. Mais en soutenant le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et l’énergie nucléaire.

Pierre Laurent est le secrétaire national du Parti communiste français.

Reporterre — Où placez-vous l’écologie dans votre projet politique ?

Pierre Laurent — L’écologie a pour moi aujourd’hui une place centrale. Elle est « LA » question du XXIe siècle pour moi. Nous, qui sommes un parti né dans la grande tradition sociale des mouvements ouvriers, nous considérons aujourd’hui qu’il n’y a pas une question sociale et une question écologique. Il y a, à l’échelle de la planète, une grande question, celle de l’invention d’un nouveau mode de développement, d’une autre mondialisation dans lequel les questions du développement humain et de la préservation de la planète sont intimement liées. Suite au dernier congrès du Parti communiste, où nous avons adopté un texte de projet qui s’appelle « Le temps du commun », nous avons une nouvelle organisation de notre travail : l’ensemble des questions écologiques, industrielles et énergétiques figurent dans le même pôle de travail pour réfléchir à la nouvelle conception d’une « économie du commun », que nous considérons comme nécessaire et qui permet que le développement humain se fasse avec la préservation de la planète. Donc, l’écologie est pour nous une question centrale.


Le « commun » plutôt que l’appropriation collective des moyens de production ?

Il y a un moment déjà que nous repensons la notion d’appropriation collective. Nos conceptions ont été longtemps marquées par des conceptions étatiques de l’appropriation sociale. Même si le mouvement ouvrier français a été traversé de beaucoup de courants coopératifs autogestionnaires.

Aujourd’hui, des choses essentielles bouleversent notre approche. D’abord, la dimension mondiale de ces enjeux, qui ne peut pas réduire la question de la souveraineté des choix économiques au seul horizon des États nationaux. Ensuite, les bouleversements dans la numérisation de l’information, de la production et donc, de l’appropriation possible des savoirs par le plus grand nombre, nous oblige à penser avec beaucoup plus d’ambition la question du partage ; celui des savoirs, celui des productions. Et puis, la démocratie d’aujourd’hui — et celle qu’il faut inventer pour le XXIe siècle — doit savoir accorder une place beaucoup plus grande aux individus dans les dimensions collectives de mise en commun. Tout cela nous pousse à être aujourd’hui favorables à des modèles d’appropriation sociale plus diversifiés que la seule propriété publique étatique.

Donc, nous accordons une place nouvelle aux questions de l’économie coopérative, de l’économie sociale et solidaire, et aux droits d’intervention des salariés, et plus globalement des producteurs, sur l’objet de leur production.


Où en êtes-vous de la question de la croissance ? Restez-vous attachés à l’idée de relance du PIB ?

On critique la notion de croissance telle quelle est définie comme la croissance du PIB. Mais l’approche uniquement décroissante, ou même l’idée de penser le monde sans croissance, ne nous convient pas non plus. Nous restons attachés à l’idée d’un projet de progrès humain partagé.

Évidemment, il faut redéfinir ce que sont les indicateurs du progrès humain.
Mais, nous vivons à l’échelle de la planète dans un monde d’inégalités considérables. Un pays comme la France est traversé par des inégalités qui deviennent considérables. Par exemple, un grand nombre de gens pâtissent d’une pénurie de logements accessibles. Donc, repenser un habitat plus accessible et de meilleure qualité du point de vue écologique et énergétique nous paraît nécessaire. Il faut donc penser la production de logements. Notre boussole, ce n’est pas plus de croissance pour faire plus de croissance, c’est d’à chaque fois regarder où sont les besoins humains. Comment les définir démocratiquement avec l’ensemble de la société et essayer d’y répondre en veillant à chaque fois à prendre en compte une nouvelle manière de produire qui soit souhaitable pour le bonheur partagé et pour la qualité de vie des populations. Et, qui protège la planète. Donc, le débat croissance et décroissance nous paraît court.

 

  • « L’approche uniquement décroissante, ou même l’idée de penser le monde sans croissance, ne nous convient pas. Nous restons attachés à l’idée d’un projet de progrès humain partagé »


Mais la majorité des responsables politiques et des journalistes économiques demandent toujours plus de croissance. Pas vous ?

Ce n’est pas en invoquant la croissance qu’on va résoudre les problèmes. Mais ce n’est pas, à l’inverse, en théorisant la décroissance sans la définir. Il y a des domaines où la décroissance est nécessaire. Par exemple, le consumérisme actuel, poussé par la structuration de la consommation par les grandes sociétés de distribution, est quelque chose avec lequel il faut rompre pour revenir à des modes de production agricole différents, pour organiser les échanges différemment, pour organiser l’aménagement du territoire autrement.


Quels sont les besoins de production aujourd’hui en France ?

On répond très mal et de manière très inégale à un besoin de logements de qualité. La question des mobilités est un grand enjeu. Il faut qu’on repense les mobilités. Il faut aussi repenser les temps de vie, pour que le temps de travail et le temps marchand reculent au profit d’un temps qui soit un temps partagé, qui ne soit pas soumis sans cesse à la marchandisation ou au salariat. Et puis, il y a plein de dimensions qui relèvent de l’immatériel, qui nécessitent d’investir différemment l’imaginaire de nos sociétés


Vous parliez de repenser les mobilités. Pourquoi le Parti communiste est-il favorable au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Les communistes du département se sont prononcés pour le déménagement de l’aéroport. Mais les conditions dans lesquelles est envisagé le déménagement ne nous conviennent pas. D’abord, nous pensons que les infrastructures — celles là comme d’autres — doivent relever du pilotage public. Et que le fait qu’elles soient désormais livrées systématiquement au marché pose des problèmes, parce qu’elles interdisent une pensée équilibrée de l’aménagement du territoire. Maintenant, faut-il arrêter la croissance du transport aérien ?

Le siège du Parti communiste français, place du Colonel Fabien, à Paris.

Y a-t-il besoin d’un nouvel aéroport à Nantes ?

Je pense que le trafic va se développer. L’aéroport actuel, même réaménagé, peut-il répondre à ce besoin ? C’est ce débat qui a partagé les communistes. Il y a ceux qui pensent que le réaménagement de l’aéroport existant pouvait suffire et ceux qui ont considéré que le déplacement de l’aéroport répondait mieux. Et cette position l’a emporté majoritairement, même si — je le répète — elle nous partage.


S’il y a par exemple à l’automne une intervention policière lancée par le gouvernement sur la ZAD, quelle serait la position du PC ?

L’intervention policière n’est pas souhaitable. Une décision quelle qu’elle soit, quand elle est contestée par une partie importante de la population, ne peut pas être imposée d’une manière autoritaire. Il faut continuer le dialogue public.


Quelle est votre position sur d’autres projets de ce type ?

Nous sommes contre les projets de Center Parcs, contre le projet de la ferme des Mille Vaches, contre le développement des fermes usines, contre Europacity à Gonesse. Sur ce que certains appellent « les grands projets inutiles », notre regard essaye à chaque fois d’évaluer l’intérêt de tel ou tel projet. Il y a beaucoup de cas où on se retrouve avec toutes ces forces.


Quelle est l’évaluation du projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure ?

Avant de répondre sur Bure, il faut parler de la place de l’énergie nucléaire. Nous considérons que si l’on veut atteindre les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique d’ici à 2040/2050, la combinaison ou le couplage de la montée en charge des énergies renouvelables et du maintien de nos capacités de production nucléaire sont nécessaires. Nous ne pensons pas que les scénarios qui prétendent répondre à cette question uniquement par les énergies renouvelables soient viables. Il y a une question qui, dans la durée, peut profondément bouleverser la donne, c’est celle du stockage de l’électricité, et je pense que c’est un objet de recherche sur lequel on devrait investir beaucoup plus massivement, parce que ça peut révolutionner beaucoup de choses. C’est un projet d’avenir.

« Si l’on veut atteindre les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique d’ici à 2040/2050, la combinaison ou le couplage de la montée en charge des énergies renouvelables et du maintien de nos capacités de production nucléaire sont nécessaires. »

Concernant l’énergie nucléaire, nous avons toujours été attachés à son exploitation dans des conditions de sécurité fortes. Il y a beaucoup de choses qui n’évoluent pas dans le bon sens de ce point de vue-là, avec par exemple le recours massif à la sous-traitance dans les centrales depuis plusieurs années.


Outre le stockage de l’électricité, la réduction des consommations d’énergie pourrait être une autre variable…

La réduction des consommations d’énergie doit être recherchée systématiquement. Mais, à l’échelle de notre pays comme à l’échelle plus globale de la planète, il ne nous paraît pas sérieux de penser qu’on se passera d’une augmentation de la production d’électricité pour satisfaire tous les besoins.


Alors que la consommation d’électricité plafonne depuis deux ans, selon les statistiques de RTE...

Nous sommes un pays qui se désindustrialise à vitesse grand V, ce qui fait diminuer la consommation d’électricité dans notre pays. Un pays dans lequel il y a beaucoup de gens qui se chauffent de plus en plus mal, toutes les statistiques et les associations humanitaires le montrent. Donc, cette baisse n’est malheureusement pas seulement due aux économies d’énergie.


Peut-on envisager de fermer certaines centrales comme Fessenheim ?

Les centrales nucléaires ne sont pas destinées à durer éternellement, il faut donc penser l’évolution de ce parc. Mais les arguments utilisés pour fermer Fessenheim ne sont pas très cohérents. Il faudrait prouver que Fessenheim présente un défaut de sécurité nettement supérieur aux autres centrales — certains le disent, mais je n’en suis pas convaincu. La fermeture de Fessenheim est plus un symbole politique dans le débat sur l’énergie nucléaire en France.

  •  
« Les arguments utilisés pour fermer Fessenheim ne sont pas très cohérents. »


Soutenez-vous l’appel à la grève, mercredi 14 septembre, pour protester contre la fermeture de Fessenheim ?

Je comprends les salariés de cette entreprise. D’une part, parce qu’on ne peut pas cibler uniquement cette centrale-là, et d’autre part, parce que les salariés d’EDF ont raison d’alerter sur la fragilisation en cours de l’entreprise publique EDF. Cela devrait préoccuper l’ensemble des écologistes de France, et d’ailleurs, nous sommes d’accord pour nous opposer ensemble à l’engagement dans le projet d’EPR Hinkley Point, qui va mettre EDF dans une situation catastrophique sur le plan financier. Nous ne partageons pas ce projet de transformer EDF en machine à exporter, visant à se positionner sur tous les marchés extérieurs. Ce n’est pas notre conception des entreprises publiques énergétiques, qui doivent assurer la souveraineté énergétique.


Dans le même temps, vous soutenez la construction de l’EPR à Flamanville.

J’ai beaucoup plus de questions sur la viabilité de l’EPR de Flamanville. Il présente un grave problème de dépassement des coûts. Mais aussi de maîtrise technologique et industrielle : beaucoup des difficultés rencontrées sont liées à la maîtrise dans les métiers du bâtiment, aux grands cimentiers, et au recours systématique à la sous-traitance. Les conditions dans lesquelles on met en œuvre l’EPR soulèvent beaucoup de questions. Je suis ouvert au débat de savoir si ce modèle de centrale a un avenir pour la production d’électricité nucléaire en France. Peut-être y a-t-il d’autres modèles.


L’échec de Flamanville aggraverait la crise de toute la filière nucléaire en France, parce que ça renforcerait la fragilité d’EDF, et d’Areva qui n’est sauvé de la faillite que par injection de fonds publics.

Au point où nous en sommes, l’EPR de Flamanville doit aller à son terme, sinon ce serait un gâchis énergétique et financier considérable. Tout ceci symbolise aussi la manière dont on a désorganisé la filière et les entreprises du secteur. Nous avons un intérêt commun, avec les syndicalistes et les écologistes, à nous pencher sur les conditions d’une maîtrise publique des filières énergétiques. On peut discuter du modèle des grandes entreprises nationales, EDF et GDF ; mais nous allons à toute vitesse aujourd’hui vers la dérèglementation généralisée et de la privatisation du secteur, ce qui nous mettra dans une situation de non-maîtrise très problématique. Nous avons besoin d’une maîtrise publique du secteur pour conduire la transition énergétique. Il faut réfléchir ensemble à cette question, et nous, comme premier pas, avons déposé cet été un projet de loi pour créer un pôle public de l’énergie, qu’on appellerait France Énergie.


Quel regard portez-vous sur la situation des réfugiés, de plus en plus présents en France et à Paris ?

La première des réponses est évidente : il y a un devoir d’accueil de tous ces réfugiés. Les conditions dans lesquelles ils errent dans les rues des villes ou sur les plages de la Manche sont parfaitement indignes. C’est aujourd’hui probablement un des plus grands défis à venir pour des pays comme les nôtres. Car ces migrations, souvent subies du fait de la guerre ou du réchauffement climatique, sont amenées à se développer.

  • « Les conditions dans lesquelles les réfugiés errent dans les rues ou sur les plages de la Manche sont indignes »

La décision prise par la mairie de Paris, à laquelle on a participé en tant qu’élus au conseil de Paris, d’ouvrir deux centres d’accueil est bienvenue. On a suivi avec beaucoup d’intérêt les décisions courageuses mises en œuvre par la municipalité de Grande-Synthe. Et la décision de construire un mur à Calais, financé par les Anglais et construit par les Français, me paraît symboliquement et politiquement catastrophique.

Il faut aussi s’interroger sur l’international : nous ne pouvons pas continuer à vivre dans un monde d’inégalités, un monde où les grandes puissances se partagent les richesses, où nous sommes les champions des ventes d’armes dans la région du Moyen-Orient en alimentant des guerres qui provoquent ces migrations. Certes, avec la mondialisation, nous vivrons dans un monde de mobilité croissante des populations. Mais, il nous faut construire un monde qui tarisse les causes de migration subie et qui favorise des mobilités positives des populations.

Le siège du PCF est l’œuvre de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.


La France doit-elle accueillir autant de réfugiés qu’en Allemagne ?

Autant, je ne sais pas, mais entre le million accueilli par l’Allemagne et les 30.000 qu’on s’est vanté d’accueillir en France, il y a une vraie différence. L’histoire de France montre que nous sommes capables d’un élan d’accueil et de générosité. Mais la France n’est pas à la hauteur de la situation actuelle.


Les classes populaires ont le sentiment que c’est elles qui portent le poids, à tort ou à raison, de ces immigrés.

Le sentiment des classes laborieuses d’être mises en concurrence n’est pas qu’un sentiment, c’est une réalité. La manière dont on organise le marché, les logiques de dominations commerciales et géopolitiques dans le monde jettent en permanence les travailleurs les uns contre les autres. On le voit avec l’utilisation des travailleurs détachés en Europe, avec la manière dont les migrants ont été accueillis en Allemagne par certaines grandes entreprises non pas comme des humains mais plutôt comme de la main d’œuvre…

Notre responsabilité est de faire grandir la conscience que c’est en unissant les travailleurs d’ici ou venus d’ailleurs, contre ces logiques prédatrices, que nous allons construire un monde d’humanité. C’est une bataille politique car nous savons que, dans ces moments de crise aigüe, certains exploitent les angoisses populaires pour nourrir les sentiments de repli et de xénophobie.

Propos recueillis par Barnabé Binctin et Hervé Kempf

Source : Barnabé Binctin et Hervé Kempf pour Reporterre

Photos : © Julie Rochereau/Reporterre

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Calais, le port et les migrants : un communiqué de la fédération communiste du Pas-de-Calais

2 Septembre 2016, 17:08pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Calais, le port et les migrants : un communiqué de la fédération communiste du Pas-de-Calais

Calais est devenu un cul de sac pour 10 000 migrants qui cherchent à gagner la Grande Bretagne. Les mesures prises par les gouvernements français et britanniques, pour décourager les passages, montrent aujourd’hui leurs limites. Et celles du supportable, à la fois pour les migrants, la population calaisienne, les salariés du port, ou les transporteurs routiers sont largement dépassées.

La multiplication des conflits au Moyen Orient et en Afrique orientale ; le sous développement économique et la misère qui l’accompagne, vont continuer à alimenter cette source migratoire. La gestion de cette question durable ne devrait pas être un problème insoluble pour des pays aussi riches que la France ou la Grande-Bretagne. Et pourtant…

La sécurisation nécessaire des installations du Tunnel sous la Manche, et du Port ne suffit pas à solutionner le problème : elle le déplace vers les zones logistiques, et les autoroutes. Contradictoirement, en rendant plus difficile le passage clandestin, elle favorise l’accumulation des migrants à Calais.

Il faut donc faire avancer d’autres solutions :

  • L’admission en Grande-Bretagne des migrants, qui au titre des Conventions Internationales, signées par ce pays devraient y trouver leur place. C’est le cas de la plupart des 700 mineurs isolés du camp de Calais qui ont de la famille de l’autre côté du chanel ; mais aussi des réfugiés politiques. Cela passe par des négociations diplomatiques, quitte à dénoncer les accords du Touquet. Dans le passé, au moment de la fermeture du camp de SANGATTE, les britanniques avaient accepté d’accueillir les 1500 migrants qu’il hébergeait. La France a -t elle les moyens d’obtenir un tel accord ? Oui. Nous pensons qu’après le « Brexit », alors que la Grande Bretagne va devoir négocier sa sortie de l’Union Européenne, la France est en position de faire avancer ce type de propositions. Elle peut également mettre dans la balance d’autres accords bilatéraux, comme le traité de Lancaster. C’est une question de volonté politique !

  • La fermeture à terme du bidonville. Pas de manière expéditive, comme ce fût fait avec la partie sud de la « jungle » : ce serait non seulement, humainement inacceptable ; mais inefficace. La situation ne peut plus rester en l’état ! Le port de Calais est menacé dans son développement, par la présence à quelques centaines de mètres de son entrée principale, des candidats au passage vers Douvres. La perte du trafic pourrait remettre en cause le financement du nouveau port, et son modèle économique. L’arrêt du ferroutage ne peut pas s’éterniser .La fermeture du camp doit s’effectuer dans le cadre d’une opération de relogement, vers un (ou des) centre du type H.C.R- à construire en dehors des zones économiques-, des migrants qui n’auront pas été admis au Royaume-Uni, et qui n’auront pas fait le choix de partir en C.A.O loin du Calaisis.

Cette situation très difficile mérite mieux que toute instrumentalisation politicienne. Ces deux propositions participent d’un débat qu’il faut clore le plus vite possible, pour mettre fin à d’immenses souffrances, et à un immense gâchis. Malheureusement, la déclaration commune des deux ministres de l’intérieur britannique et français, en date du 30 août ne va pas dans ce sens. Seule l’action responsable permettra de faire bouger les lignes.

Pour la fédération du P.C.F

Bertrand PERICAUD

 

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Presse française : qui possède quoi ?

6 Juillet 2016, 15:34pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voici une carte du paysage médiatique français, qui permet de démêler l’écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias. Cette carte est le fruit d’un partenariat entre Acrimed et Le Monde diplomatique.

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Presse française : qui possède quoi ?

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Vers quelles cibles est orientée l'affaire Panama Papers?

5 Avril 2016, 16:00pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Vers quelles cibles est orientée l'affaire Panama Papers?
Cliquez sur les lettres ou phrases bleues pour visionner les liens
 
L'affaire des révélations du Panama papers, le dernier scandale politico-financier d'ampleur mondiale, fait la Une non seulement de l'actualité journalistique, mais également politique. Notre cher Président Hollande se sent même tout revigoré et tente de se glisser dans l'armure d'un Bayard sans peur et sans reproches. Au-delà du ridicule de la chose, cette affaire Panama Papers oblige à une lecture à deux niveaux pour en saisir les contours: à court terme; jetter l'opprobe ou le doute sur des personnalités et des pays concrets, mais également discréditer l'état et son système politique en tant que tel. Quoi que, pas tous les états ...
 

Panama Papers: 

"Le Monde et 108 autres rédactions dans 76 pays, coordonnées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), ont eu accès à une masse d’informations inédites qui jettent une lumière crue sur le monde opaque de la finance offshore et des paradis fiscaux."

"Douze chefs d'État ou de gouvernement, dont six en exercice, 128 dirigeants politiques et hauts fonctionnaires, 29 des 500 personnes les plus riches du monde et environ 1.000 ressortissants français utilisent des sociétés offshore au Panama. "

 

Alors première question: qu'est-ce que ce Consortium international des journalistes (ICIJ)? 

 
L'ICIJ est un réseau de journalistes fondé en 1997 à Washington, comme "projet" dans le cadre du Center for Public Integrity qui regroupe 190 journalistes d'investigation dans 65 pays. Ce réseau est financé, en plus des dons individuels et du mécénat, par des fondations particulièrement actives dans  les domaines des droits de l'homme, de l'environnement ou du journalisme. On notera, selon le site de ce réseau :
Adessium Foundation, Open Society Foundations, The Sigrid Rausing Trust, the Fritt Ord Foundation, the Pulitzer Center on Crisis Reporting, The Ford Foundation, The David and Lucile Packard Foundation, Pew Charitable Trusts and Waterloo Foundation
Rappelons que l'Open Society Foundations est la Fondation Soros. Ce qui n'est pas pour rassurer quant à l'objectivité du travail effectué.
 

 

La deuxième question qui vient à l'esprit est: qui apparait dans cette liste, encore partielle?
 
On trouve différentes sources francophones, à par Le Monde. Par exemple, Wikipedia a déjà mis une page en ligne, que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien.
 
On notera la présence de Poroshenko, le Président ukrainien. Sans grande surprise, le magnat du chocolat étant le seul en Ukraine a avoir réussi à augmenter ses profits malgré la guerre civile.
 
On notera, en plus de Poroshenko, différents chefs d'état et de gouvernements en exercice, à savoir :

 

 
Mais également d'anciens :

 

 
Mais qui n'y trouve-t-on pas?
 
Sauf erreur de ma part, je n'ai pas vu un seul ressortissant des Etats Unis.
Les politciens sont-ils donc propres à ce points dans ce pays?
Aucun élu, aucun homme d'affaires, aucun sportif, personne. A moins que l'ICIJ n'ait oublié ces données. L'ICIJ est certes un organe indépendant, mais de qui?
 
L'autre élément amusant est que le Président Poutine, mafieux, corrompu, tyran infréquentable selon les médias occidentaux, n'est pas dans la liste. On y trouve des hommes d'affaires russes. Oui, comme beaucoup d'hommes d'affaires et ce n'est pas un secret en Russie puisque, officiellement, le pouvoir leur a demandé de rapatrier leurs capitaux. Ce qui n'empêche pas de voir citer son nom partout. Le summum est atteint par le Washington Post dans une vidéo en première page de son site sur ce qu'est le Panama Papers. Alors qu'ils disent bien que le président russe n'est pas directement visé, on voit son image partout, pendant près d'un tiers du temps de la bande. Ils regrettent vraiment. Cela s'appelle de la manipulation.
 
Et comme toute la liste n'a pas encore été publiée, cela permet de faire monter les enchères, de laisser trainer la suspiscion et d'utiliser les commérages à des fins politiques. On le voit dans la presse française, notamment à l'encontre du FN. Alors que Le Monde annonce de nouvelles révélations impliquant un grand parti politique national, l'Obs lance un article sentant le fiel, dans un style bien connu: on ne vous dit rien, on ne sait pas, mais bon, peut être, qui sait ...
"Contacté par "l'Obs", le trésorier du parti et conseiller régional d'Île-de-France Wallerand de Saint-Just réfute toute allégation de défense anticipée qui pourrait confirmer une implication de son parti politique dans cette affaire."
Dans la presse russe, RBK et Vedomosti, dans l'opposition, utilisent ce scandale pour affirmer tout en se réjouissant d'avance, que cela pourrait bien servir à adopter de nouvelles sanctions contre la Russie et contre certains hommes d'affaires encore épargnés.
 
Comment interpréter cette "révélation mondiale"?
 
Sur le principe, il est difficile de parler de révélations. Dans le sens où découvrir que d'anciens Premier ministres géorgiens, quataris ou autres aient pu avoir des comptes cachés n'est pas une grande surprise. Ensuite, ces révélations ne changeront strictement rien aux relations internationales, dans le sens où aucun pays ne rompra ou ne rafraîchira ses relations avec un autre sur ce fondement. A l'exception peut être des relations avec la Russie, mais la russophobie ambiante permet d'utiliser tous les moyens qui se présentent, sans être trop regardant sur la qualité. Donc, il ne s'agit pas d'une bombe politique mondiale.
 
En revanche, il peut s'agir d'une arme à retardement. Certaines informations peuvent être stockées et ressorties lorsqu'elles seront utiles. L'on a parlé de la Russie, mais il ne faut pas oublier l'Ukraine. L'opération Poroshenko tire vers sa fin.
 
Sur le plan intérieur, certains éléments vont pouvoir être utilisés par le pouvoir en place pour se faire une peau neuve, ou en donner l'illusion (ce qu'escompte réussir à faire F. Hollande) ou par l'opposition contre "ce pouvoir corrompu".
 
D'une manière générale, il s'agit d'une attaque très bien coordonnée contre l'état en tant que tel. Sur le mode du Tous pareils, tous pourris. Le système politique est corrompu, en large et en travers, donc l'état est corrompu, donc il n'est plus légitime. On fait place neuve pour la suite. 
 
Et quelle est cette "suite"? La question reste ouverte. On peut toutefois comprendre que, en ce qui concerne l'UE, aucun de ses fonctionnaires ni élus n'a été non plus touché par les révélations, tous propres, à l'inverse des "sales" politiciens nationaux. Et un pays semble avoir le droit de rester un état sans que la contestation même ne puisse être organisée, les Etats Unis. Bref, les USA et l'UE vont sauver les états-nations d'eux-mêmes. un avenir radieux nous attend.

 

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Spécial l’Humanité, « loi travail » : Les recommandations du conseil européen oubliées !

2 Avril 2016, 07:26am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

J’ai lu avec beaucoup d’attention le numéro spécial de l’Humanité, loi travail : « une régression historique. » Un très bel outil -pour les militants- qui décortique article par article l’intégralité du texte. Mais voilà, au-delà de l’apport indispensable aux militants politiques et syndicalistes pour consolider l'évidente certitude de la nécessité du retrait impératif de cette loi, je dois dire que je reste sur ma faim.

J’avoue même être troublé par l’absence de lien avec l’Union Européenne. Je pourrais le dire autrement comme Louis Jouvet dans un film culte : « bizarre, vous avez dit bizarre tiens comme c’est bizarre » ! En effet hormis une légère allusion de ce que subissent nos voisins allemands, espagnols et italiens, rien mais rien du tout sur les recommandations du conseil européen en date du 14 juillet 2015 !

Étonnant cette absence d’analyse du directeur de l’Humanité et député européen Patrick Le Hyaric. Sans doute un oubli, je l'espère ! Et pourtant à lire les recommandations européennes, on fait vite le lien très précisément dans l’esprit et presque à la lettre avec la loi travail du gouvernement Valls.

Il y a donc dans ce domaine un énorme travail d’éducation populaire pour traiter de l'articulation entre politique gouvernementale et Europe et de l’urgence qui en découle de sortir de ce carcan européen qui broie les peuples.

Je publie donc pour rappel les recommandations du conseil européen. Alors sautera aux yeux de tous le parallèle plus qu'intrigant entre la peste loi travail et le choléra européen.

Avec Jean Jaurés, je dis simplement et sans détour : "le courage c’est de chercher la vérité et de la dire".

 

Hervé POLY

 

Spécial l’Humanité, « loi travail » : Les recommandations du conseil européen oubliées !

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Pacte de responsabilité : quelles sont les branches qui ont le plus profité des baisses de charges ?

20 Février 2016, 09:44am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le PCF dénonce depuis le début l'inanité de ce dispositif de baisses de charges qui plombe les ressources de l'Etat.

Maintenant seulement les grands médias sont obligés de le reconnaître!

Enfin!

 

Julien Duperray décrypte succintement sur le plateau du journal de 20 heures les principaux bénéficiaires des baisses de charges permises par le CICE puis le pacte de responsabilité.

Le lundi 15 février, Manuel Valls a menacé de conditionner les aides aux entreprises si les engagements du patronat en matière d'emploi n'étaient pas respectés.

Avec le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi puis le pacte de responsabilité, le gouvernement a permis à certaines entreprises de baisser leurs charges. "Les principaux bénéficiaires sont les entreprises publiques comme la SNCF et La Poste", explique Julien Duperray. La Poste a bénéficié en 2014 de près de 350 millions d'euros d'allégement d'impôts via le CICE. Cette somme a permis de rembourser une partie des pertes du groupe.

Des disparités par secteur

Mais le secteur privé n'est pas en reste, à commencer par les banques. "En 2014, elles ont bénéficié de 500 millions d'euros d'allégement d'impôts via ce CICE", ajoute le journaliste. BNP Paribas est par exemple à 39 millions d'euros de crédit d'impôt.

Les autres secteurs gagnants sont la construction, mais aussi la restauration et la grande distribution. "Le CICE donne ainsi de l'argent à des entreprises qui n'en ont pas franchement besoin alors que d'autres secteurs comme l'agriculture ne touchent quasiment rien", conclut Julien Duperray.

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Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain

30 Janvier 2016, 11:26am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
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Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain
Conseil Départemental du 62: Intervention du groupe Communiste et Républicain

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La colère monte chez le personnel de l'ADMR Artois Sud

12 Novembre 2015, 22:14pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La colère monte chez le personnel de l'ADMR Artois Sud
La colère monte chez le personnel de l'ADMR Artois Sud
La colère monte chez le personnel de l'ADMR Artois Sud

Elles en ont marrent, les salariés de l’ADMR d'Artois Sud (aide a domicile en milieu rural).

Elles sont plus d’une vingtaine cégétiste à manifester leurs ras-le-bol.

Cela fait des mois que les 91 salariés sont payés par acomptes.

                                      Germinal est de retour!

Les salaires sont fractionnés en trois acomptes étalés sur plusieurs mois.

Le harcèlement est courant, l’isolement est fréquent, la division des salariés est appliquée, plusieurs salariés sont en burn-out et de plus, les caisses sont vides !

L'association a fait le choix de payer les arriérés de l'URSSAF, plutôt que les salaires.

Le passif de l'URSSAF et d'environ plus de 120 000 € (en retard depuis mars 2015) restent la créance de la fédération qui est d’environ 250 000 €, sans compter la complémentaire dont le montant reste inconnu des salariés, encore aujourd’hui.

Trois membres de la direction ont démissionné depuis (présidente, vice-présidente et secrétaire administrative). Hic !

Selon la direction (ce qu’il en reste) il est plus logique de régulariser les dettes contractées que de verser les salaires des 91 femmes, qui tous les jours permettent à des familles et aux personnes de bien vivre chez elle en apportant quotidiennement un service à domicile sur-mesure, fiable et de qualité.

Leurs conditions de travail sont déplorables et aggravent le bon fonctionnement de leur mission, avec une baisse de 10 % d’ activités cette année, ce qui représente moins de 5 500 heures actuellement avec un taux, prévu avoisinant -6500 heures dans les mois à venir.

Les larmes sont quotidiennes, mais elles restent professionnelles dans leur mission en dépit des 18 % d'absence.

La colère monte, la fatigue aussi, mais elles restent mobilisées pour sauver leur emploi et leur outil de travail.

Une plainte a été déposée au tribunal de grande instance contre les responsables légaux de l’ADMR pour « manquement à ses obligations et faute inexcusable de l'employeur ».

Leurs revendications sont simples :


1° paiement intégral des salaires et des frais bancaires occasionnés par leur non-paiement

2° restructuration complète de l'encadrement

3° tenue des réunions avec les délégués du personnel et création d'un comité d'entreprise

4° mise en place de la subrogation en cas de maladie.

5° paiement des acomptes même maladie.

6° maintien et pérennisation d'un accueil physique pour les salariés et les bénéficiaires (par une plate-forme d’appel)


Les communistes sont au côté de celles et ceux qui luttent tous les jours et apportent leur soutien aux salariés de l'ADMR mobilisés et aux valeurs qu’ils défendent.

 

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