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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #environnement- developpement durable

Energies renouvelables : Eldorado à El Hierro

19 Septembre 2016, 10:34am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Energies renouvelables : Eldorado à El Hierro

El Hierro est une petite île de l’archipel des Canaries sur laquelle vivent environ 10 000 habitants. L’électricité y était fournie par des groupes diesels qui émettaient de vilains gaz à effet de serre jusqu’au 01 juillet 2015.

Afin de se donner une coloration plus verte, un consortium nommé « Gorona del Viento » a été mis en place pour assurer une production 100% renouvelable… selon les termes du contrat. Des éoliennes couplées à une centrale hydroélectrique comprenant deux réservoirs de stockage d’eau reliés par deux aqueducs, et une station de pompage devaient rendre l’île autonome en électricité grâce au vent. Le coût du système (82 millions d’euros (M€)), est largement subventionné par les citoyens espagnols et… européens, c’est-à-dire par nous aussi.

Un an plus tard, quel est le résultat ?

Le système « propre » a commencé a fonctionné fin juin 2015. Le dimanche 9 août 2015, jour de faible consommation, une brève démonstration conforme à l’objectif annoncé a été réalisée. L’île a été alimentée pendant deux heures à 100% par des énergies renouvelables (éoliennes et hydraulique). Enthousiasme général dans les médias !

Le dimanche 31 janvier 2016 (encore un dimanche), nouveau miracle. L’île a été alimentée pendant 16 heures en continu uniquement par une production d’énergie renouvelable. La couverture médiatique a été unanime à saluer cet « exploit ».

Oui, mais voilà, la réalité est bien différente.

A fin décembre 2015 (soit sur une durée de 184 jours), si l’île a bien été alimentée moins d’une journée (environ 18 heures) à 100% en énergies renouvelables, elle a été aussi alimentée pendant 24 jours cumulés uniquement avec la centrale au diesel.
Durant ces six mois, la part de renouvelable n’a été que de… 30% de la consommation électrique de l’île. Donc 70% environ de cette consommation a été assurée par la classique centrale au diesel de début juillet à fin décembre 2015.

Pour aboutir à cette remarquable performance, « Gorona del Viento » a été payé 12 M€ en mars 2016, et ce consortium a engrangé un bénéfice annuel de 5 M€. Le coût de fonctionnement est donc de 7 M€ pour six mois d’exploitation. Pour un tiers de production renouvelable, le coût du mégawattheure (MWh) a donc grimpé jusqu’à… 1370 €, alors que coût du MWh diesel sur l’île n’est que de 200 Pour mémoire, il est d’environ 40 €/MWh en France actuellement.)

Depuis juin 2015 jusqu’à juillet 2016, les énergies renouvelables ont produit seulement un tiers du total de la production (34%). Un article flatteur local de mai 2016 a indiqué un taux de couverture de 44% en oubliant de signaler que ce taux ne couvrait que les deux meilleurs mois de juillet et août 2015.

En réalité, les renouvelables ont répondu entièrement aux besoins en électricité de l’île pendant seulement 2% du temps. C’est gênant et c’est dissimulé.
En revanche, l’île a été alimenté uniquement avec les groupes diesels pendant 12 % du temps. Personne ne le souligne.

Cette production a tout de même évité la consommation de diesel. Cependant, la tonne de CO2 évitée revient à plus de… 1700 €, compte tenu de l’efficacité de la centrale diesel (36 %) !

L’Espagne et l’Europe n’ont rien vu, ou n’ont rien voulu voir, malgré les avertissements d’ingénieurs ayant pourtant travaillé sur ce projet.
Ainsi, le 23 juin 2014, deux ingénieurs déclaraient dans «
Diaroelhierro » que, malgré « les belles phrases grandiloquentes », la part de la production de renouvelables serait d’environ 25%. Et pourtant, il y a beaucoup de vent à El Hierro.

Ce beau subterfuge intellectuel et financier a été brillamment mis en musique dans les médias par des idéologues, alliés à des affairistes avides de juteuses subventions, pour faire croire que les « renouvelables, ça marche ».
Il ne reste plus qu’à admirer ce nouvel Eldorado écologique subventionné : « chapeau l’artiste ! ».

Cependant ne désespérons pas de la France qui s’extasie devant cet « exemple ». Il n’est pas exclu qu’avec les hydroliennes et les éoliennes en mer les pouvoirs publics réussissent bientôt à faire « encore mieux » en Bretagne qu’à El Hierro.

« Il n’y a pas pire sourd et aveugle que celui qui ne veut pas entendre ni voir ».

Nos représentants européens sont-ils si incompétents ? Pourquoi refusent-ils de voir le gouffre financier et l’impasse technique, économique, et même écologique, des éoliennes et des panneaux photovoltaïques ? Y-aurait-il une raison inavouable cachée ? Pris pour des « benêts » dans le domaine de la production d’énergie, que pensent les citoyens européens de ce hold-up organisé sur leurs impôts et sur leur facture d’électricité ?

Selon ses promoteurs, El Hierro devait être « un exemple pour le monde entier ». C’est surtout un « eldorado » pour les affairistes.

Sur le plan économique et écologique, et au regard des ambitions affichées, après un an de fonctionnement, la mission est accomplie : c’est un échec total !

Michel Gay ♦

 

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Le Gouvernement sacrifie la recherche publique mais arrose le Syndicat des Energies Renouvelables (SER)

31 Mai 2016, 16:47pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Un projet de décret a été présenté à la commission des finances de l'Assemblée Nationale, mercredi 18 mai, annulant 256 millions d'euros de crédits sur la mission « recherche et enseignement supérieur ». En particulier la réduction atteint 134 millions d’euros pour le CEA, le CNRS, l’INSERM, l'INRA, l’INRIA…. correspondant à environ 15% des investissements de recherche. Cette réduction a, pour la première fois, conduit à une protestation unanime des Prix Nobel français parue dans « Le Monde ». Les allégations officielles selon lesquelles il existeraient des solutions sont tellement vagues qu’on ne peut y voir qu’une opération de communication à l’intention des chercheurs.

« Sauvons Le Climat » qui bénéficie et a bénéficié d’un large soutien de nombreux scientifiques est totalement solidaire de leur communauté. La recherche est essentielle au statut international de la France (7 prix Nobel scientifiques depuis 1997, 7 médailles Fields depuis 1994) et est un investissement capital pour le développement de l’innovation.

D’un autre côté, la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité) est une taxe parafiscale payée par les consommateurs d’électricité, qui finance essentiellement la péréquation des tarifs sur l’ensemble du territoire et la politique de développement des énergies renouvelables intermittentes souhaitée par le Gouvernement au seul profit des propriétaires des installations productrices, sans influence positive sur notre indépendance énergétique non plus que sur nos émissions de CO2. Cette taxe, qui atteint 7 milliards d’euros en 2016, augmente, essentiellement du fait de la croissance du soutien aux énergies renouvelables, de 10%, soit 700 millions d’euros par an. D’année en année l’alourdissement des sommes prélevées sur les consommateurs d’électricité au profit des propriétaires d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques, entièrement importés, équivaut à 5 fois l’annulation de crédits imposée à nos principaux organismes de recherche publics. Est-ce bien la voie choisie par l’Etat pour moderniser notre pays ? Face au besoin urgent de solutions budgétaires dans une économie fortement dégradée, ne devrait-on pas transférer d’une manière ou d’une autre un cinquième des sommes consacrées à l’accroissement du nombre d’éoliennes et de centrales photovoltaïques pour maintenir à un niveau décent le financement de nos grands organismes de recherche ?

 

 

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Energie Charbon: feu vert européen à des aides de l'Espagne et l'Allemagne

31 Mai 2016, 16:32pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La Commission européenne a autorisé vendredi des aides publiques accordées par l'Allemagne et l'Espagne destinées à accompagner la fermeture de plusieurs centrales au lignite et mines de charbon.

Dans le cas allemand, l'exécutif européen a estimé que le projet d'accorder un financement public de 1,6 milliard d'euros pour la mise en veilleuse, puis la fermeture, de huit centrales au lignite était conforme aux règles de l'UE en matière d'aides d'Etat. Selon les plans notifiés par l'Allemagne en novembre 2015, huit centrales au lignite du pays seraient mises en veilleuse et fermées, la première devant cesser ses activités en octobre 2016 et la dernière en octobre 2019. Il est prévu de dédommager les exploitants de ces centrales pour le manque à gagner subi, car ils ne pourront pas continuer à vendre de l'électricité sur le marché.

Dans le cas espagnol, l'exécutif européen a autorisé une aide de 2,13 milliards d'euros pour la fermeture ordonnée de 26 mines de charbon non compétitives. L'aide a pour objectif d'atténuer les conséquences sociales et environnementales de la fermeture des mines sans fausser indûment le jeu de la concurrence au sein du marché unique. En avril 2016, l'Espagne avait notifié son intention d'accorder une aide publique aux opérateurs de 26 mines de charbon qui sont condamnées à être fermées à l'horizon 2018.

Selon des données fournies par l'Office européen des statistiques, Eurostat, les combustibles solides (houille, anthracite, lignite, bois, etc.) comptaient pour 17% de la consommation énergétique en 2013 contre 22% en 1995. Toujours en 2013, l'UE a produit 26,7% de son électricité en utilisant des combustibles solides, qui ont été importés à hauteur de 44%. Les principaux pays fournisseurs sont la Russie (28,8%), la Colombie (22,4%) et les États-Unis (21,8%).

Energie Charbon: feu vert européen à des aides de l'Espagne et l'Allemagne

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La grande arnaque des énergies renouvelables

10 Février 2016, 18:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

N’est ce pas qu’ils sont jolis, tous ces panneaux solaires qui recouvrent les toits de nos supermarchés et des ombrières de nos parkings, toutes ces éoliennes qui embellissent l’horizon de nos régions ? Je suis ravi que cela vous plaise, parce qu’elles sont à a vous.

Enfin, elles le devraient, puisque vous les avez payé, et très cher, dans votre facture d’électricité. Et le pire, c’est que vous avez payé pour rien.

L’homme est un animal de préjugés. Ainsi, si je dis « pétrole », cela évoquera chez vous des hommes en haut-de-forme et cigare qui gagnent des milliards en polluant la planète. Si je vous dis « nucléaire », vous penserez à un lobby puissant de technocrates et de militaires. Mais si je vous dis « énergies renouvelables », vous imaginerez de gentils écolos qui construisent leurs moulins et leurs panneaux solaires bénévolement pour le bien de tous. Quelle erreur ! Le milieu – le terme doit être entendu dans le sens qu’on lui donne dans les pages des journaux consacrées aux faits divers - des énergies renouvelables n’a rien à envier à celui des casinos : l’argent y coule à flots, la loi est contournée avec grâce et constance… et en dernière instance, ce sont les gogos qui payent.

Pour comprendre comment le système fonctionne, il faut d’abord s’attaquer à une idée fausse. Une idée fausse qui est pourtant répétée en boucle par toutes sortes de charlatans du genre Rifkin, et qui est innocemment reprise par nos hommes politiques comme si c’était une vérité d’évangile. Cette idée, c’est celle qui veut que les énergies renouvelables soient très bon marché, voir « gratuites ».

Comment arrive-t-on à cette étrange conclusion ? Et bien, le raisonnement a été naïvement expliqué par Hulot lors d’un de ses nombreux passages à France Inter.

Que nous dit-il ? Que l’électricité éolienne est gratuite puisque « une fois que vous avez construit votre éolienne, l’électricité ne vous coûte rien ». Le problème avec ce raisonnement, c’est qu’il faut la construire, votre éolienne, et que cela a un coût. Et comme votre éolienne a une durée de vie limitée, le coût de cette construction doit être récupéré sur l’ensemble des kilowattheure que votre éolienne produira pendant sa vie utile. Et lorsque vous divisez le coût de construction et de maintenance de votre éolienne par le nombre de kWh produit, vous arrivez à une somme relativement élevée, qui varie entre 80 et 120 €/MWh selon les régions et le type d’éolienne.

Les économistes ont créé deux concepts pour décrire ce type de situation : ce sont ceux de coût complet et de coût marginal. Le coût total se retrouve en divisant l’ensemble des dépenses – investissement, maintenance, etc. – par l’ensemble de la production sur la durée de vie de l’installation. Le coût marginal est la quantité d’argent que vous devez injecter pour produire une unité de production de plus. Ou si vous préférez, l’argent que vous économiseriez en produisant une unité de production de moins.

Pour vous donner une idée, imaginez votre voiture : le coût total du kilomètres parcouru est calculé en divisant le nombre de kilomètres parcourus par votre voiture pendant sa vie utile par la somme du coût d’achat, des révisions, des réparations, de l’assurance, de l’essence, etc. Le coût marginal du kilomètre est celui qu’il vous faudrait mettre pour pouvoir parcourir un kilomètre de plus : il est déterminé en fait avec celui de l’essence et de l’usure mécanique. On ne comptera pas l’assurance, le parking, la révision périodique…

puisque toutes ces dépenses sont indépendantes du nombre de kilomètres parcourus.

Dans la production d’électricité, il y a une grande diversité dans le cout complet et le cout marginal de chaque moyen de production. Ainsi, par exemple, une centrale au fuel ou au charbon a un coup complet faible – ce sont des installations relativement simples et faciles à entretenir – en comparaison avec le cout marginal : c’est le coût du combustible qui fait l’essentiel des frais, et le combustible consommé est directement proportionnel à la production. De l’autre côté, on trouve le nucléaire, dont le cout marginal est faible en relation au cout complet. Le coût de l’électricité produite est déterminé pour l’essentiel par les coûts d’investissement, le combustible nucléaire étant bon marché.

Et les énergies renouvelables ? Et bien, elles sont beaucoup plus proches du nucléaire que du fossile. Ce sont les coûts d’investissement qui représentent l’essentiel du cout total, puisque le coût du « combustible » (le soleil, le vent, les vagues, etc.) est nul. Le cout marginal n’est déterminé que par la maintenance.

Ce que font Rifkin ou Hulot, c’est de confondre le coût marginal du kWh et son coût total. Ce qui est fort malencontreux, puisque ce que vous payez dans votre facture d’électricité au cours du temps est un coût total, et non un coût marginal. Mais cela permet aux charlatans de déblatérer sur une société miraculeuse où chacun « produirait son énergie gratuitement » et autres balivernes.

Or, le coût total des énergies renouvelables – hors hydraulique - est largement au dessus de celui des autres moins de production. Ainsi, en termes de coût total l’électricité la plus économique est produite en construisant des barrages (20-40 €/MWh), en brûlant du charbon ou de l’uranium (40-60 €/MWh), en brûlant du gaz (60-80 €/MWh) et seulement ensuite en utilisant le vent à terre (80-120 €/MWh) ou en mer (180-200 €/MWh) ou en récupérant l’énergie du soleil (180-500 €/MWh). On le voit, les énergies renouvelables arrivent loin derrière dans la liste. Pour des énergies renouvelables censées être « presque gratuites », on est loin du compte.

Et encore, ces coûts ne tiennent pas compte d’un problème particulier qui tient au fait que l’électricité, contrairement aux autres formes d’énergie, ne se stocke pas économiquement en grande quantité. Cela implique qu’elle doit être produite au moment ou le consommateur en a besoin. Or, le problème des énergies renouvelables électriques comme le vent ou le soleil, c’est qu’elles ne sont pas disponibles à la demande. Le vent est irrégulier, et même si par une logique de foisonnement (1) cette irrégularité peut être réduite, elle reste quand même significative. Une forte contribution des énergies renouvelables au système électrique suppose donc que les consommateurs acceptent des coupures – ce qui est illusoire – ou d’avoir suffisamment de moyens de production conventionnels qui restent l’arme au pied prêts à prendre la relève – ce qui est cher.

Pour trouver le véritable coût total des renouvelables, il faudrait rajouter les coûts liés à l’intermittence des renouvelables, ce que personne parmi les charlatans susvisés – et d’autres que je n’ai pas le temps de lister – ne fait.

Mais alors, me direz-vous, comment se fait-il que ces énergies se développent rapidement, en France et partout en Europe ?

Pourquoi, dans le monde libéral qui est le notre, des gens investissent des capitaux considérables pour produire une électricité très chère alors qu’il existe des moyens bien moins onéreux pour aboutir au même résultat ?

Les capitalistes seraient-ils devenus fous ?

Ou sont-ils si attachés à la protection de l’environnement qu’ils sont prêts à perdre de l’argent en son nom ?

Poser la question, c’est y répondre : pour paraphraser Voltaire, si vous voyez un capitaliste sauter par la fenêtre, sautez derrière lui. Il y a certainement de l’argent à gagner. Si des gens investissent dans les renouvelables, c’est effectivement qu’il y a de l’argent à gagner. Toute la question est de savoir d’où sort l’argent. La réponse est sans surprise : cet argent vient de vos poches, a travers d’un système assez complexe de subventions publiques censées couvrir la différence entre le prix du marché de l’électricité (aujourd’hui autour de 35 €/MWh) et le coût total de production des énergies renouvelables « en permettant une rentabilité raisonnable des capitaux investis » pour utiliser la formule canonique de la Commission de Régulation de l’Energie, rentabilité aujourd’hui fixée entre 6 et 9%. A partir de cette rentabilité, l’Etat calcule un « tarif de rachat » fixe, qui vous est offert pour toute la durée de vie de votre parc solaire ou éolien.

En d’autres termes, imaginons que vous investissiez quelques millions d’euros dans un parc éolien. Vous aurez droit à un « tarif d’achat » - tarif auquel l’opérateur historique EDF est tenu à vous racheter votre courant – aujourd’hui fixé autour de 90 /MWh et qui vous permet en principe d’obtenir une rentabilité supérieure à 6% sur votre capital investi. En d’autres termes, EDF est obligé par la loi à vous racheter votre électricité à 90 €/MWh alors que sur le marché de gros EDF pourrait avoir ce même MWh à seulement 35 €.

Qui paye la différence ?

Et bien, c’est le consommateur d’électricité qui compense EDF. Pour chaque MWh que vous produirez, EDF recevra donc 53 € et vous versera 90 €.

Et si le prix de l’électricité sur le marché de gros baisse, disons à 20 MWh ?

Aucun problème, vous ne prenez aucun risque : le consommateur d’électricité sera ravi de porter sa part dans la compensation à 70 €/MWh. Et cette subvention vous est garantie sur toute la durée de vie de vos éoliennes ou de vos panneaux solaires, soit quinze ou vingt ans selon les contrats.

Vous ne me croyez pas ?

Prenez votre facture d’électricité en main : vous trouverez parmi toutes sortes de lignes incompréhensibles une qui devrait attirer votre attention : elle est libellée « Contribution au service public de l’électricité » ou CSPE pour faire court. Cette contribution paye un certain nombre de choses : un quart est consacré au financement de la péréquation tarifaire entre les territoires et les tarifs sociaux. Les trois quarts restants, soit quelque 5 Md€ par an pour 2015, passent dans le financement des énergies renouvelables (2). Et plus les énergies renouvelables se développent, plus la charge assumée par la CSPE augmente. En Allemagne, la CSPE a dépassé les 50 €/MWh, et si en France on est encore à 14 €/MWh, elle devrait augmenter massivement ces prochaines années – la loi fixe l’augmentation minimale à 3 €/MWh par an – pour tenir compte des parcs éoliens et solaires aujourd’hui en construction.

A ce charmant dispositif s’ajoute un autre, encore plus pervers : la priorité d’accès au réseau. En effet, la logique classique des réseaux électriques était celle de l’appel des moyens de production « par ordre de mérite économique ». Chaque matin, le gestionnaire de réseau fait une liste des moyens de production disponibles classés par ordre croissant de prix du kWh. Et lorsque la consommation s’accroît – par exemple lors des pointes journalières de consommation – le gestionnaire appelle successivement les moyens de production dans l’ordre de cette liste. Cette méthode assure l’optimisation économique du système, puisqu’à chaque instant ce sont les moyens de production les plus économiques que l’on fait tourner le plus. Seulement, l’application de cette règle ferait que les renouvelables ne seraient presque jamais couplés au réseau, puisqu’ils sont dans la partie la plus chère de la liste… qu’à cela ne tienne : une directive européenne – qui doit beaucoup au lobby des renouvelables, particulièrement puissant en Allemagne – donne aux énergies renouvelables la priorité d’accès au réseau. En d’autres termes, le gestionnaire de réseau est tenu d’accepter toute la production de renouvelables, tous les autres moyens de production de la « liste » passant derrière.

Ce système a un effet pervers évident. Avec des subventions fort attractives, on construit en Europe des parcs éoliens et photovoltaïques à tout va – c’est vrai en Allemagne, c’est un peu moins vrai en France, où il existe des barrières administratives et d’acceptabilité sociale puissantes. Cela fait une offre massive d’électricité qui en plus a un accès prioritaire au réseau. Une telle abondance pousse les prix du marché vers le bas, ce qui ne gêne bien entendu pas les producteurs d’électricité renouvelable, dont les subventions sont ajustées pour compenser la baisse, et qui du coup n’ont aucune raison d’arrêter leurs constructions. Mais avec des prix bas, qui ira investir dans les moyens de production conventionnels ? Qui construira une centrale au gaz qui ne tournera que quelques centaines d’heures par an ? Or, ceux-ci sont nécessaires pour assurer la sécurité du système électrique, puisqu’il faut bien assurer l’équilibre entre l’offre et la demande lorsque le soleil se voile et que le vent tombe. Il faut alors mettre en place d’autres subventions, consacrées cette fois-ci à assurer la survie des moyens de productions conventionnels. On subventionne ainsi le gaz, le charbon, le fuel… et encore une fois aux frais du consommateur. C’est cela qui explique des effets paradoxaux comme la situation allemande, ou le développement massif des renouvelables s’accompagne d’une augmentation des émissions de CO2 alors que le marché de l’électricité est totalement dysfonctionnel avec des prix « spot » sont plusieurs fois devenus négatifs.

Cette idée de « prix négatif » peut paraître étonnante, mais elle tient à la structure particulière du marché de l’électricité, un marché ou s’échange un bien qui ne se stocke pas, et dont la production doit à tout moment être égale à la demande. Mais aussi aux règles imposées par le lobby des renouvelables, qui obligent les opérateurs du réseau a acheter la totalité de leur production. Que se passe alors lorsque la production renouvelable excède la consommation ? Soit payer le producteur pour qu’il ne produise pas, soit payer le consommateur pour qu’il consomme plus. Ce qui revient à un « prix négatif » de l’électricité…

Comment en est-on arrivé là ? Comme souvent dans ces affaires, par distraction. Pendant que nos « journalistes d’investigation » - il paraît que ça existe – étaient très occupés à dénoncer les méfaits du lobby nucléaire ou celui des pétroliers, le lobby des énergies renouvelables a eu les coudées franches pour imposer, à Bruxelles et ailleurs, cette idéologie qui veut qu’il n’y ait pas de salut hors des énergies renouvelables, et que cet objectif justifie toutes les dépenses, même les plus absurdes. La maffia des énergies renouvelables a d’ailleurs exploité très habilement les phobies anti-nucléaires entretenues par les écologistes d’abord mais aussi par une section non négligeable des élites politico-médiatiques en fournissant à ces courants une alternative énergétique permettant de crédibiliser leurs projets de « sortie du nucléaire », tout en cachant soigneusement les coûts d’une telle « alternative ». Ainsi, par exemple, les scénarios proposés en France par « Négawatt » - haut lieu du lobbying « renouvelable » en France - incorporent une part dominante de renouvelables dans la production d’électricité, tout en restant d’une prudence de sioux lorsqu’il s’agit de parler du coût de ces options. Une prudence d’ailleurs assumée grâce au bon vieux terrorisme intellectuel : qui oserait parler d’argent alors que l’avenir de la planète est en jeu ? Les écologistes, d’ordinaire si attentifs à l’utilisation des deniers publics, utilisent un raisonnement similaire pour justifier un soutien systématique à tous les dispositifs, plus généreux les uns que les autres, qui ont permis aux industriels du renouvelable – et notamment aux fabricants de panneaux solaires chinois (3) – de se remplir les poches.

Pourtant, les coûts sont là, et ils sont énormes. Même les allemands, qui pourtant s’étaient engagés avec enthousiasme dans leur « energiewende » - avec sortie du nucléaire et développement massif des renouvelables – admettent aujourd’hui le désastre et cherchent désespérément à contrôler le monstre qu’ils ont créé.

Bientôt, on aura dépense en subventions aux énergies renouvelables en France plus que n’a coûté en son temps le programme nucléaire français. La différence, c’est qu’il s’agissait alors d’investissement : les 58 réacteurs nous ont coûté 80 Md€, mais à la fin on a eu 58 réacteurs et leur production a largement remboursé leur coût initial.

Pour les renouvelables, la collectivité nationale aura dépensé pas loin de 70 Md€ non pas en investissement, mais juste pour compenser la différence entre le coût du kWh renouvelable et le coût du même kWh produit par d’autres moyens. Jamais la collectivité ne récupérera un sou. Cet argent n’aura servi à rien, si ce n’est à rendre artificiellement rentable une production qui n’est pas économique. Pour la collectivité, c’est de l’argent jeté par la fenêtre. Pour les investisseurs dans les énergies renouvelables, une source considérable de profits.

Bien entendu, vous n’entendrez pas dénoncer cette immense arnaque dans nos médias. Pas de « renouvelableland » sur Arte, pas d’investigation de Monique Robin, pas d’Elise Lucet portant courageusement le fer chez le Syndicat des Energies Renouvelables ou chez Vestas comme elle a su si bien le faire – plusieurs fois – chez AREVA. Tous ces journalistes bardés d’éthique ont d’autres chats à fouetter. Lorsqu’on découvre que le MWh produit par l’EPR de Flamanville coûtera 45% de plus que prévu (4), les dénonciations et les accusations de gabegie pleuvent. Lorsqu’on s’engage à faire cadeau de 5 Md€ par an à la maffia du renouvelable en achetant à jusqu’à 250 € et plus un MWh que nous pourrions avoir à 35 € -

ce qui fait tout de même un renchérissement de 600 % -

tout le monde trouve cela parfaitement normal. Et il se trouve même des députés – n’est-ce pas Denis Baupin, n’est ce pas Cécile Duflot – pour dire qu’il faudrait accélérer.

C’est que, contrairement à ce que croient les gogos, cracher sur le « lobby nucléaire », c’est sans danger : aujourd’hui, c’est un tigre de papier. Le lobby des renouvelables, c’est une autre paire de manches : ces gens-là ont non seulement beaucoup d’argent, mais aussi des relais médiatiques et politiques puissants. Quel ministre, quel président prendra la décision d’arrêter la gabegie au risque de se faire crucifier dans les médias ? Vous voulez une illustration ? Eh bien, voici un fait à méditer : dans un contexte de crise économique, ou l’on rogne sur tous les budgets, où il est difficile de trouver un programme d’investissement qui ne soit pas rogné ou arrêté, il y a un domaine où les budgets ne baissent pas, ou les subventions sont maintenues et même augmentées, ou les projets sont lancées à cadence accélérée… faut-il vous faire un dessin ?

Descartes

(1) L’effet de foisonnement est obtenu par le fait que les éoliennes ne sont pas toutes installées au même endroit géographique : si le vent « tombe » dans une région, il continuera à souffler dans une autre, et par effet de moyenne un système géographiquement très étendu peut avoir une production beaucoup moins irrégulière que chacune des parcs qui le composent. Malheureusement ce raisonnement a des limites : pour que le foisonnement soit efficace, il faudrait que les régimes de vent des différents sites soient totalement décorrélés. Or, à l’échelle de l’Europe continentale, ce n’est pas le cas, et il n’est pas économique de transporter l’électricité sur de très grandes distances. Il est courant de se trouver dans une situation de faible ventement dans l’ensemble de l’Europe occidentale, et encore plus fréquent à l’échelle de la France, et dans ces conditions le foisonnement n’est d’aucun secours.

 

(2) Et encore, la contribution ne couvre pas la totalité des coûts. C’est pourquoi l’Etat a creusé une dette envers EDF – car c’est EDF qui achète à l’électricité produite au prix subventionné et récupère la différence sur la CSPE – qui atteint 6 Md€. La charge de cette dette est supportée, bien entendu, par les consommateurs d’électricité…

 

(3) Fabricants chinois qui n’en sont d’ailleurs toujours pas revenus. Je me souviens d’avoir discuté avec l’un d’eux qui refusait de croire que les européens puissent s’engager dans une politique aussi absurde et ruineuse, et qui voulait à tout prix trouver quel pouvait bien être l’objectif secret de ce choix politique… pauvre homme, encore un qui n’a pas compris que lorsqu’on examine les politiques européennes il ne faut pas confondre léthargie et stratégie…

 

(4) Le coût de l’EPR de Flamanville est passé de cinq à huit milliards d’euros, soit une augmentation de l’investissement de 60%. Etant donné que l’amortissement de l’investissement représente 75% du coût de l’électricité nucléaire, cela se traduit par une augmentation du coût du kWh de 45%, soit de 50€ à 75€ du MWh.

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L’impossible transition énergétique

16 Mars 2015, 17:21pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

Article assez long, mais extrêmement intéressant qui mérite débat

Introduction

La consommation d’énergie a commencé à croitre beaucoup au 19ème siècle avecl’exploitation du charbon, elle s’est considérablement amplifiée au 20ème siècle avecle pétrole et le gaz. Cette manne d’énergie concentrée, stable et facile à utiliser,mise gratuitement à disposition par la nature, est le résultat de millions d’années destockage du CO2 par la photosynthèse et la décomposition de matière organique.L'abondance énergétique apportée par le charbon, le gaz et le pétrole a permis unevéritable métamorphose des pays riches et du mode de vie des habitants. Ledéveloppement économique et sociétal, lié à la consommation d'énergie, a faitprogresser l’espérance de vie en France de 35 ans au début du 19ème siècle à plus de80 ans aujourd’hui, et a permis de passer d’une société de paysans à une sociétéd’emplois tertiaires.

Paradoxalement cette consommation d’énergie fossile est synonyme de diversespollutions néfastes à la santé et d’émissions de CO2 qui amplifient le réchauffementclimatique.

Après avoir rappelé quelques données sur le passé et le présent de la consommationd’énergie, plusieurs scénarios de transition énergétique sont comparés. Ils essaientde prévoir un équilibre entre production et consommation en analysant lesressources et économies possibles. Tous ces scénarios envisagent une baisse de laconsommation d’énergie. Pour y parvenir le levier de l’efficacité énergétique faitl’unanimité. Nous nous sommes interrogés sur ses limites physiques. Cette réflexiontechnique ne peut pas ignorer les facteurs humains rendant difficile la sobriétéénergétique. Entre manque d’énergie, réchauffement climatique et pollutions diversesdues aux énergies fossiles, ou nucléaire et déchets, il faudra faire les moins mauvaischoix.

1.La consommation d’énergie devra baisser

1.1. La situation actuelle

La consommation d’énergie s’est stabilisée en France et en Europe depuis la crise commencée en2008 mais elle continue d’augmenter au niveau mondial comme le montre la figure 1. Plus de 80%de cette énergie étant d’origine fossile, la question se pose de savoir combien de temps encoreces ressources limitées pourront satisfaire la demande. La production de ces énergies devraitpasser dans les années à venir par un pic ou un plateau avant de décroitre. La date du « peak-oïl »fait débat (R. Heinberg, 2005) mais il est clair que le pétrole manquera d’abord au cours du 21èmesiècle, suivi par le gaz (J.M. Jancovici). Les réserves de charbon sont plus importantes, le charbonpourrait ne manquer qu’au 22ème siècle. Le charbon, 1ère source d’énergie au monde pour laproduction d’électricité, devrait, d’après l’Agence Internationale de l’Energie, devenir la 1ère sourced’énergie au monde tous usages confondus en 2015. C’est pourtant la plus polluante et la plusémettrice de gaz à effet de serre des sources d’énergie. L'extraction du charbon et la pollution dueà sa combustion font des centaines de milliers de morts chaque année.

 

L’impossible transition énergétique

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique dont les conséquences pourraient êtredramatiques, la France, bien que moins émettrice de gaz à effet de serre que ses voisins, s’estengagée à diviser par 4 ses émissions à l’horizon 2050. La raréfaction à venir du pétrole et du gaz,et l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre impliquent une forte baisse de laconsommation d’énergie fossile. La manière d'y parvenir a largement été étudiée par plusieursscénarios.

 

1.2. Quelques scénarios de transition énergétique

Plusieurs associations et organismes ont élaboré pour la France des scénarios de transitionénergétique. En voici un aperçu :

- Le scénario Négawatt (Négawatt , 2011) est sans doute le plus connu. Il préconise que 90% de nosbesoins soient assurés en 2050 par les énergies renouvelables essentiellement grâce à unemeilleure exploitation de la biomasse, de l’éolien et du photovoltaïque. Un recours accru au gazserait temporaire afin de fermer progressivement la totalité des réacteurs nucléaires(personnellement je crains que ce temporaire dure...). En 2050 les énergies fossiles nereprésenteraient plus que 10% des besoins. Un tel scénario supposerait des efforts considérables,notamment dans l’éolien qui devrait fournir 209TWh en 2050 contre 15TWh en 2012, les problèmesd’intermittence étant réglés par la production d’hydrogène et de méthane.

Quand on sait que le potentiel éolien français est estimé à 160TWh par l’ADEME, connaissant lesdifficultés du stockage par hydrogène, on mesure une partie de l’optimisme de ce scénario quand àla production des énergies renouvelables.

En parallèle de ces investissements considérables, il faudrait selon Negawatt réduire la demandeen énergie primaire de 66% ( !) alors que la population augmenterait de 15%. Cette réductiondevrait venir de l’efficacité et de la sobriété énergétique. L’efficacité consiste à améliorer lestechniques pour rendre les mêmes services en consommant moins. La sobriété consiste selonNegawatt à privilégier les usages les plus utiles, « restreindre les plus extravagants et supprimerles plus nuisibles » ; de beaux débats en perspective pour juger ce qui est utile ou nuisible...

La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49% grâce à une stabilisation du nombred’habitants par foyer (faudra-t-il interdire le célibat ?), un développement de l’habitat en petitcollectif (faudra-t-il interdire de construire de grandes maisons ?), un ralentissement de lacroissance des surfaces tertiaires, l’optimisation des systèmes de chauffage et l’isolation deslogements. Il faudrait rénover chaque année 750000 logements pour les amener à uneconsommation moyenne de 40kWh/m² par an pour les besoins de chauffage. Sachant que laréglementation thermique 2012 exige qu’un logement neuf consomme moins de 60kwh/m² par an,que la consommation moyenne en 2013 des logements anciens est de 191kwh/m², que l’on arénové en 2013 265000 logements et que le projet de loi sur la transition énergétique dévoilé enjuin 2014 en prévoit 500000, on mesure l’ambition de ce scénario.

Dans les transports le nombre de km parcourus par personne chaque année diminuerait de 25%,ce qui irait à l’encontre de l’évolution que nous connaissons depuis toujours. Les transports encommun, la marche à pied, le vélo, des véhicules en auto-partage et des taxis collectifspermettraient d’exclure, à terme, totalement le véhicule automobile tel que nous le connaissonsaujourd’hui (pas sur que ça plaise à tout le monde, faudra-t-il interdire de posséder un véhicule ?)

La consommation énergétique de l’industrie diminuerait grâce à un gain en efficacité de 35% surles moteurs électriques et à une baisse de 10% à 70% des besoins en matériaux (les industrielsauraient donc jusqu’ici négligé de considérables économies..).

Le secteur agricole évoluerait considérablement puisqu’on mangerait moitié moins de viandequ’aujourd’hui.

- Greenpeace (Greenpeace, 2013), propose un scénario assez proche dans lequel, en 2050, lademande d’énergie primaire diminuerait de 63% et celle d’énergie finale de 52%. Les énergiesrenouvelables produiraient alors 92% des besoins, le nucléaire aurait disparu. La réduction de nosbesoins proviendrait de transports plus efficaces, d’une baisse des distances parcourues, del’isolation des logements, d’appareils plus efficaces...

- L’association Virage Energie, dans le même état d’esprit, propose pour diminuer laconsommation : des lave-linge collectifs, une baisse des équipements électroménagers (moins delave-vaisselles, de congélateurs, d’ordinateurs...), une baisse de l’utilisation des cosmétiques, de laconsommation de vêtements, du tourisme de longue distance...

On peut se demander si les changements préconisés par les 3 scénarios précédents sontcompatibles avec la démocratie, les changements nécessaires impliquent en effet une baisse deniveau de vie si importante qu’il est probable qu’il faille les imposer par la force.

- La troisième révolution industrielle est une théorie de l’économiste américain Jeremy Rifkin (J.Rifkin, 2012). Elle repose sur les énergies renouvelables, les bâtiments producteurs d’énergie, lestockage d’énergie dans les bâtiments, les échanges d’énergie via un réseau intelligent et lesvéhicules électriques. D’une manière générale, J Rifkin prétend que la société va ainsi pouvoircontinuer à dépenser de l’énergie sans compter ; jamais dans son ouvrage il ne quantifie lespotentiels des ces techniques pour les comparer à nos besoins, jamais il ne parle de l’efficacitéénergétique qui fait pourtant l’unanimité. C’est clairement irréaliste.

Le Master plan de troisième révolution industrielle de la région Nord-Pas de Calais (2013), quis’inspire (malheureusement) du livre de Rifkin, a sagement introduit l’efficacité énergétique,l’économie de la fonctionnalité et l’économie circulaire. Le thème de la sobriété énergétiquen’ayant pas fait l’unanimité parmi les acteurs, il est absent du plan qui prévoit une baisse de 60%de la consommation d’énergie à service rendu égal, c’est à dire en comptant uniquement surl’efficacité énergétique. Ceci parait plus qu’ambitieux vis à vis des autres scénarios, d’autant plusqu’il est prévu en même temps une forte hausse du Produit Intérieur Brut de 47% donc de l’activité.Ce scénario, qui n’a décidément peur de rien, est également le seul à prétendre qu’on puisseatteindre 100% d’énergie renouvelable en 2050, mais aucun détail technique ne précise par quelmiracle.

 

D’autres scénarios plus sérieux existent heureusement :

- L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (Ademe, 2013), préconise dans sonscénario "médian", pour diviser par 4 les rejets de gaz à effet de serre en 2050, une baisse de 47%de la consommation d’énergie finale. Les énergies renouvelables fourniraient alors 55% desbesoins, le reste étant assuré par le pétrole, le gaz et le nucléaire. Ces sources d’énergie auraientdonc un rôle non négligeable malgré une baisse importante de la consommation.

- L'Agence Nationale pour la Coordination de la Recherche pour l'Energie (Ancre, 2013) quicoordonne des organismes publics nationaux de recherche, a publié 3 scénarios permettant dediviser par 4 les rejets de CO2 : tout en développant largement les énergies renouvelables et sanssortir du nucléaire, les baisses de consommation d'énergie finale iraient de 27 à 41% grâce à desefforts soutenus d'efficacité énergétique. L'Ancre souligne que le facteur 4 ne pourra être atteintqu'avec des efforts importants et le recours à des technologies de rupture (stockage du CO2,stockage électrique, cogénération nucléaire..).

- Le scénario Negatep (C. Acket, P. Bacher 2014), de l'association "Sauvons Le Climat", prévoit unedivision par 4 des rejets de CO2 malgré une baisse de seulement 18% de la consommationd'énergie finale. Les énergies fossiles seraient très largement remplacées par les énergiesrenouvelables (+150%) et nucléaire (+46%) capables de produire de l'électricité décarbonée dontla production augmenterait de 61%. Ce scénario préconise donc d’augmenter le rôle de l’électricitépuisqu’elle peut être produite sans émissions de CO2, en particulier avec le nucléaire.

On constate qu'aucun scénario ne prétend qu'il soit possible de remplacer les énergies fossiles et nucléaires par des renouvelables sans diminuer beaucoup la consommation.

Au regard des différents scénarios, il semble que le potentiel de production des énergiesrenouvelables soit, avec les technologies actuelles, d’environ 40% de la consommation d’énergiefrançaise. Tous les scénarios préconisent une baisse non négligeable de la consommationd'énergie malgré une hausse de la population. Ils reposent en grande partie sur l'efficacitéénergétique dont l'importance est donc cruciale.

 

2.Baisser la consommation d’énergie sera très compliqué

Les 2 leviers permettant de diminuer la consommation sont l’efficacité et la sobriété énergétique.

2.1. Les limites physiques de l’efficacité

Pour réduire le besoin d’énergie, le levier « efficacité » fait l’unanimité puisqu’il s’agir deconsommer moins à service rendu égal grâce à la technologie. Il parait difficile d’évaluerprécisément les gains potentiels de l’efficacité tant les technologies et applications énergivoressont nombreuses et variées. Il convient toutefois de rappeler qu’il existe des limites physiques àl’efficacité.

L'énergie sert essentiellement à mettre des masses en mouvement, produire de la chaleur ou dufroid, créer de la lumière, modifier la composition chimique, et de plus en plus, à alimenter desappareils électroniques. La nourriture est également une forme d'énergie.

Les lois de la physique impliquent la conservation de l'énergie. Cela signifie que la quantitéd'énergie qui sort d'un système est forcément égale à la quantité qui y rentre. On ne peut donc quetransformer l'énergie et non en créer. L’énergie libre, qui apparaitrait par miracle, est un mythe.Concrètement l'énergie consommée par un système finit toujours soit directement, soitindirectement, par se transformer en chaleur qui se disperse (par exemple un moteur transformede l'énergie en mouvement de pièces mécaniques, puis les frottements créent de la chaleur). Unequantité d'énergie correspond donc à une quantité de chaleur potentielle.

 

Les lois de la physique impliquent que certaines actions ne sont pas possibles sans une certainequantité d'énergie. Voici quelques exemples :

- Pour élever une masse M (en kg) d'une hauteur h (en mètres), la quantité d'énergie E (en Joules)nécessaire se calcule par la relation E=Mgh (g étant l'accélération due à la pesanteur égale à9.8ms-2 sur terre). Ainsi un ascenseur qui doit élever de 50m une charge de 1000kg a besoinde 490000Joules, soit 136Wh (Watts-heures) pour un système parfait sans pertes (1Wh=3600J).

- Pour mettre en mouvement une masse M (en kg) à la vitesse v (en mètres par secondes), il fautune énergie E=0.5mv². Ainsi pour amener à la vitesse de 27.77m/s (100km/h) un véhicule de1000kg, il faut une énergie de 385600Joules, soit 107Wh ce qui correspond approximativement à0.01 litres d’essence.

- Pour élever une masse M (en kg) de chaleur massique c (constante liée au matériau) d’unetempérature θ (en degrés), il faut une énergie E=Mcθ. Ainsi pour faire bouillir 2 litres d’eau enpartant de 20°, l’énergie nécessaire est de 669600Joules (pour l'eau c=4185J/kg/K), soit 186Wh.

En réalité les quantités d’énergie nécessaires sont nettement supérieures car il y a toujours despertes. Ce sont ces pertes que l’efficacité énergétique tente de minimiser. Par exemple pour fairebouillir de l’eau il est simple de mettre un couvercle sur la casserole de manière à minimiser leséchanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. Mais il physiquement est impossible dedescendre en dessous des seuils précédents.

L’efficacité énergétique peut aussi consister à essayer de réutiliser l’énergie stockée : par exemplelors de la descente de l’ascenseur il est théoriquement possible que le moteur électrique renvoiede l’électricité au réseau. Lors de la décélération les véhicules hybrides renvoient de l’énergie dansdes batteries. Mais il y a forcément, là encore, des pertes impossibles à éviter.

Pour maintenir une masse à vitesse constante dans le vide il n’est pas nécessaire d’apporter del’énergie. Mais dans le cas d’un véhicule sur terre, les frottements de l’air, des pneus et de lamécanique sont inévitables. L’efficacité énergétique peut dans ce cas consister à minimiser lesfrottements de l’air grâce à un aérodynamisme optimal. Mais optimal ne signifiera jamais parfait

Pour maintenir un bâtiment parfaitement isolé à une température constante il ne faut pasd’énergie. Mais un isolant, même très performant, n’est jamais parfait si bien qu’il faut toujours unequantité d’énergie, aussi minimale soit elle, pour compenser les échanges de chaleur entre unbâtiment et l’extérieur. Il est vrai qu’il est assez aisé de gagner beaucoup d’énergie en plaçant, parexemple, de l’isolant dans les combles d’un bâtiment. Mais plus on progresse et plus il est difficilede progresser. Dans tous les cas il reste forcément des pertes qui doivent, par temps froid, êtrecompensées par des apports solaires, la chaleur dégagée par les appareils ou les habitants, ou parun système de chauffage.

Les lampes à incandescence traditionnelles dont l’efficacité ne dépassait pas 15 Lumens par Watt(lm/W) sont maintenant interdites pour être remplacées par des lampes fluo-compactes ou à LEDdont l’efficacité peut atteindre 100lm/W. La différence est notable mais le potentiel d'économiesn'est pas énorme : l'économie prévue en 2016 d'environ 8Twh (Convention sur le retrait de la ventedes ampoules à incandescence, 2008) représente moins de 0.5% de la consommation d'énergiefrançaise. Dans l'avenir, les technologies ne pourront pas toujours progresser car il existe unelimite physique de 200lm/W au dessus de laquelle on ne peut pas produire de lumière blanche. Deplus la moindre consommation de ces lampes est physiquement liée à un moindre dégagement dechaleur, une partie des économies est donc annulée par un besoin supplémentaire de chauffage.

D’importants progrès en efficacité énergétique ont été faits à la suite des chocs pétroliers de 1974et 1979. Ainsi la consommation moyenne des véhicules a beaucoup baissé depuis 30 ans grâce àdes moteurs plus performants. De même l’isolation des bâtiments, bien qu'encore insuffisante, aconsidérablement évolué depuis les années 70. L’efficacité énergétique n’est pas nouvelle. Parexemple en éclairage extérieur on utilise depuis longtemps, quand c’est possible, des lampes ausodium basse pression dont l’efficacité approche 200lm/W. Un autre exemple est celui d’unmoteur électrique industriel de puissance 110kW : son rendement normalisé est d’au moins 93.3%,ce qui signifie que les pertes que l’on peut tenter de minimiser représentent moins de 7% del’énergie consommée. Les gains les plus faciles ont donc déjà été faits ou sont en voie de l’être etl’amélioration aura ses limites. En témoigne la figure 2 qui représente l’évolution de laconsommation moyenne de fuel des nouveaux avions de 1960 à 2008 : la consommation abeaucoup baissée dans les années 60 et 80, elle stagne depuis 2000.

 

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique dont les conséquences pourraient êtredramatiques, la France, bien que moins émettrice de gaz à effet de serre que ses voisins, s’estengagée à diviser par 4 ses émissions à l’horizon 2050. La raréfaction à venir du pétrole et du gaz,et l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre impliquent une forte baisse de laconsommation d’énergie fossile. La manière d'y parvenir a largement été étudiée par plusieursscénarios.

 

1.2. Quelques scénarios de transition énergétique

Plusieurs associations et organismes ont élaboré pour la France des scénarios de transitionénergétique. En voici un aperçu :

- Le scénario Négawatt (Négawatt , 2011) est sans doute le plus connu. Il préconise que 90% de nosbesoins soient assurés en 2050 par les énergies renouvelables essentiellement grâce à unemeilleure exploitation de la biomasse, de l’éolien et du photovoltaïque. Un recours accru au gazserait temporaire afin de fermer progressivement la totalité des réacteurs nucléaires(personnellement je crains que ce temporaire dure...). En 2050 les énergies fossiles nereprésenteraient plus que 10% des besoins. Un tel scénario supposerait des efforts considérables,notamment dans l’éolien qui devrait fournir 209TWh en 2050 contre 15TWh en 2012, les problèmesd’intermittence étant réglés par la production d’hydrogène et de méthane.

Quand on sait que le potentiel éolien français est estimé à 160TWh par l’ADEME, connaissant lesdifficultés du stockage par hydrogène, on mesure une partie de l’optimisme de ce scénario quand àla production des énergies renouvelables.

En parallèle de ces investissements considérables, il faudrait selon Negawatt réduire la demandeen énergie primaire de 66% ( !) alors que la population augmenterait de 15%. Cette réductiondevrait venir de l’efficacité et de la sobriété énergétique. L’efficacité consiste à améliorer lestechniques pour rendre les mêmes services en consommant moins. La sobriété consiste selonNegawatt à privilégier les usages les plus utiles, « restreindre les plus extravagants et supprimerles plus nuisibles » ; de beaux débats en perspective pour juger ce qui est utile ou nuisible...

La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49% grâce à une stabilisation du nombred’habitants par foyer (faudra-t-il interdire le célibat ?), un développement de l’habitat en petitcollectif (faudra-t-il interdire de construire de grandes maisons ?), un ralentissement de lacroissance des surfaces tertiaires, l’optimisation des systèmes de chauffage et l’isolation deslogements. Il faudrait rénover chaque année 750000 logements pour les amener à uneconsommation moyenne de 40kWh/m² par an pour les besoins de chauffage. Sachant que laréglementation thermique 2012 exige qu’un logement neuf consomme moins de 60kwh/m² par an,que la consommation moyenne en 2013 des logements anciens est de 191kwh/m², que l’on arénové en 2013 265000 logements et que le projet de loi sur la transition énergétique dévoilé enjuin 2014 en prévoit 500000, on mesure l’ambition de ce scénario.

Dans les transports le nombre de km parcourus par personne chaque année diminuerait de 25%,ce qui irait à l’encontre de l’évolution que nous connaissons depuis toujours. Les transports encommun, la marche à pied, le vélo, des véhicules en auto-partage et des taxis collectifspermettraient d’exclure, à terme, totalement le véhicule automobile tel que nous le connaissonsaujourd’hui (pas sur que ça plaise à tout le monde, faudra-t-il interdire de posséder un véhicule ?)

La consommation énergétique de l’industrie diminuerait grâce à un gain en efficacité de 35% surles moteurs électriques et à une baisse de 10% à 70% des besoins en matériaux (les industrielsauraient donc jusqu’ici négligé de considérables économies..).

Le secteur agricole évoluerait considérablement puisqu’on mangerait moitié moins de viandequ’aujourd’hui.

- Greenpeace (Greenpeace, 2013), propose un scénario assez proche dans lequel, en 2050, lademande d’énergie primaire diminuerait de 63% et celle d’énergie finale de 52%. Les énergiesrenouvelables produiraient alors 92% des besoins, le nucléaire aurait disparu. La réduction de nosbesoins proviendrait de transports plus efficaces, d’une baisse des distances parcourues, del’isolation des logements, d’appareils plus efficaces...

- L’association Virage Energie, dans le même état d’esprit, propose pour diminuer laconsommation : des lave-linge collectifs, une baisse des équipements électroménagers (moins delave-vaisselles, de congélateurs, d’ordinateurs...), une baisse de l’utilisation des cosmétiques, de laconsommation de vêtements, du tourisme de longue distance...

On peut se demander si les changements préconisés par les 3 scénarios précédents sontcompatibles avec la démocratie, les changements nécessaires impliquent en effet une baisse deniveau de vie si importante qu’il est probable qu’il faille les imposer par la force.

- La troisième révolution industrielle est une théorie de l’économiste américain Jeremy Rifkin (J.Rifkin, 2012). Elle repose sur les énergies renouvelables, les bâtiments producteurs d’énergie, lestockage d’énergie dans les bâtiments, les échanges d’énergie via un réseau intelligent et lesvéhicules électriques. D’une manière générale, J Rifkin prétend que la société va ainsi pouvoircontinuer à dépenser de l’énergie sans compter ; jamais dans son ouvrage il ne quantifie lespotentiels des ces techniques pour les comparer à nos besoins, jamais il ne parle de l’efficacitéénergétique qui fait pourtant l’unanimité. C’est clairement irréaliste.

Le Master plan de troisième révolution industrielle de la région Nord-Pas de Calais (2013), quis’inspire (malheureusement) du livre de Rifkin, a sagement introduit l’efficacité énergétique,l’économie de la fonctionnalité et l’économie circulaire. Le thème de la sobriété énergétiquen’ayant pas fait l’unanimité parmi les acteurs, il est absent du plan qui prévoit une baisse de 60%de la consommation d’énergie à service rendu égal, c’est à dire en comptant uniquement surl’efficacité énergétique. Ceci parait plus qu’ambitieux vis à vis des autres scénarios, d’autant plusqu’il est prévu en même temps une forte hausse du Produit Intérieur Brut de 47% donc de l’activité.Ce scénario, qui n’a décidément peur de rien, est également le seul à prétendre qu’on puisseatteindre 100% d’énergie renouvelable en 2050, mais aucun détail technique ne précise par quelmiracle.

 

D’autres scénarios plus sérieux existent heureusement :

- L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (Ademe, 2013), préconise dans sonscénario "médian", pour diviser par 4 les rejets de gaz à effet de serre en 2050, une baisse de 47%de la consommation d’énergie finale. Les énergies renouvelables fourniraient alors 55% desbesoins, le reste étant assuré par le pétrole, le gaz et le nucléaire. Ces sources d’énergie auraientdonc un rôle non négligeable malgré une baisse importante de la consommation.

- L'Agence Nationale pour la Coordination de la Recherche pour l'Energie (Ancre, 2013) quicoordonne des organismes publics nationaux de recherche, a publié 3 scénarios permettant dediviser par 4 les rejets de CO2 : tout en développant largement les énergies renouvelables et sanssortir du nucléaire, les baisses de consommation d'énergie finale iraient de 27 à 41% grâce à desefforts soutenus d'efficacité énergétique. L'Ancre souligne que le facteur 4 ne pourra être atteintqu'avec des efforts importants et le recours à des technologies de rupture (stockage du CO2,stockage électrique, cogénération nucléaire..).

- Le scénario Negatep (C. Acket, P. Bacher 2014), de l'association "Sauvons Le Climat", prévoit unedivision par 4 des rejets de CO2 malgré une baisse de seulement 18% de la consommationd'énergie finale. Les énergies fossiles seraient très largement remplacées par les énergiesrenouvelables (+150%) et nucléaire (+46%) capables de produire de l'électricité décarbonée dontla production augmenterait de 61%. Ce scénario préconise donc d’augmenter le rôle de l’électricitépuisqu’elle peut être produite sans émissions de CO2, en particulier avec le nucléaire.

On constate qu'aucun scénario ne prétend qu'il soit possible de remplacer lesénergies fossiles et nucléaires par des renouvelables sans diminuer beaucoup laconsommation.

Au regard des différents scénarios, il semble que le potentiel de production des énergiesrenouvelables soit, avec les technologies actuelles, d’environ 40% de la consommation d’énergiefrançaise. Tous les scénarios préconisent une baisse non négligeable de la consommationd'énergie malgré une hausse de la population. Ils reposent en grande partie sur l'efficacitéénergétique dont l'importance est donc cruciale.

 

2.Baisser la consommation d’énergie sera très compliqué

Les 2 leviers permettant de diminuer la consommation sont l’efficacité et la sobriété énergétique.

2.1. Les limites physiques de l’efficacité

Pour réduire le besoin d’énergie, le levier « efficacité » fait l’unanimité puisqu’il s’agir deconsommer moins à service rendu égal grâce à la technologie. Il parait difficile d’évaluerprécisément les gains potentiels de l’efficacité tant les technologies et applications énergivoressont nombreuses et variées. Il convient toutefois de rappeler qu’il existe des limites physiques àl’efficacité.

L'énergie sert essentiellement à mettre des masses en mouvement, produire de la chaleur ou dufroid, créer de la lumière, modifier la composition chimique, et de plus en plus, à alimenter desappareils électroniques. La nourriture est également une forme d'énergie.

Les lois de la physique impliquent la conservation de l'énergie. Cela signifie que la quantitéd'énergie qui sort d'un système est forcément égale à la quantité qui y rentre. On ne peut donc quetransformer l'énergie et non en créer. L’énergie libre, qui apparaitrait par miracle, est un mythe.Concrètement l'énergie consommée par un système finit toujours soit directement, soitindirectement, par se transformer en chaleur qui se disperse (par exemple un moteur transformede l'énergie en mouvement de pièces mécaniques, puis les frottements créent de la chaleur). Unequantité d'énergie correspond donc à une quantité de chaleur potentielle.

 

Les lois de la physique impliquent que certaines actions ne sont pas possibles sans une certainequantité d'énergie. Voici quelques exemples :

- Pour élever une masse M (en kg) d'une hauteur h (en mètres), la quantité d'énergie E (en Joules)nécessaire se calcule par la relation E=Mgh (g étant l'accélération due à la pesanteur égale à9.8ms-2 sur terre). Ainsi un ascenseur qui doit élever de 50m une charge de 1000kg a besoinde 490000Joules, soit 136Wh (Watts-heures) pour un système parfait sans pertes (1Wh=3600J).

- Pour mettre en mouvement une masse M (en kg) à la vitesse v (en mètres par secondes), il fautune énergie E=0.5mv². Ainsi pour amener à la vitesse de 27.77m/s (100km/h) un véhicule de1000kg, il faut une énergie de 385600Joules, soit 107Wh ce qui correspond approximativement à0.01 litres d’essence.

- Pour élever une masse M (en kg) de chaleur massique c (constante liée au matériau) d’unetempérature θ (en degrés), il faut une énergie E=Mcθ. Ainsi pour faire bouillir 2 litres d’eau enpartant de 20°, l’énergie nécessaire est de 669600Joules (pour l'eau c=4185J/kg/K), soit 186Wh.

En réalité les quantités d’énergie nécessaires sont nettement supérieures car il y a toujours despertes. Ce sont ces pertes que l’efficacité énergétique tente de minimiser. Par exemple pour fairebouillir de l’eau il est simple de mettre un couvercle sur la casserole de manière à minimiser leséchanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. Mais il physiquement est impossible dedescendre en dessous des seuils précédents.

L’efficacité énergétique peut aussi consister à essayer de réutiliser l’énergie stockée : par exemplelors de la descente de l’ascenseur il est théoriquement possible que le moteur électrique renvoiede l’électricité au réseau. Lors de la décélération les véhicules hybrides renvoient de l’énergie dansdes batteries. Mais il y a forcément, là encore, des pertes impossibles à éviter.

Pour maintenir une masse à vitesse constante dans le vide il n’est pas nécessaire d’apporter del’énergie. Mais dans le cas d’un véhicule sur terre, les frottements de l’air, des pneus et de lamécanique sont inévitables. L’efficacité énergétique peut dans ce cas consister à minimiser lesfrottements de l’air grâce à un aérodynamisme optimal. Mais optimal ne signifiera jamais parfait

Pour maintenir un bâtiment parfaitement isolé à une température constante il ne faut pasd’énergie. Mais un isolant, même très performant, n’est jamais parfait si bien qu’il faut toujours unequantité d’énergie, aussi minimale soit elle, pour compenser les échanges de chaleur entre unbâtiment et l’extérieur. Il est vrai qu’il est assez aisé de gagner beaucoup d’énergie en plaçant, parexemple, de l’isolant dans les combles d’un bâtiment. Mais plus on progresse et plus il est difficilede progresser. Dans tous les cas il reste forcément des pertes qui doivent, par temps froid, êtrecompensées par des apports solaires, la chaleur dégagée par les appareils ou les habitants, ou parun système de chauffage.

Les lampes à incandescence traditionnelles dont l’efficacité ne dépassait pas 15 Lumens par Watt(lm/W) sont maintenant interdites pour être remplacées par des lampes fluo-compactes ou à LEDdont l’efficacité peut atteindre 100lm/W. La différence est notable mais le potentiel d'économiesn'est pas énorme : l'économie prévue en 2016 d'environ 8Twh (Convention sur le retrait de la ventedes ampoules à incandescence, 2008) représente moins de 0.5% de la consommation d'énergiefrançaise. Dans l'avenir, les technologies ne pourront pas toujours progresser car il existe unelimite physique de 200lm/W au dessus de laquelle on ne peut pas produire de lumière blanche. Deplus la moindre consommation de ces lampes est physiquement liée à un moindre dégagement dechaleur, une partie des économies est donc annulée par un besoin supplémentaire de chauffage.

D’importants progrès en efficacité énergétique ont été faits à la suite des chocs pétroliers de 1974et 1979. Ainsi la consommation moyenne des véhicules a beaucoup baissé depuis 30 ans grâce àdes moteurs plus performants. De même l’isolation des bâtiments, bien qu'encore insuffisante, aconsidérablement évolué depuis les années 70. L’efficacité énergétique n’est pas nouvelle. Parexemple en éclairage extérieur on utilise depuis longtemps, quand c’est possible, des lampes ausodium basse pression dont l’efficacité approche 200lm/W. Un autre exemple est celui d’unmoteur électrique industriel de puissance 110kW : son rendement normalisé est d’au moins 93.3%,ce qui signifie que les pertes que l’on peut tenter de minimiser représentent moins de 7% del’énergie consommée. Les gains les plus faciles ont donc déjà été faits ou sont en voie de l’être etl’amélioration aura ses limites. En témoigne la figure 2 qui représente l’évolution de laconsommation moyenne de fuel des nouveaux avions de 1960 à 2008 : la consommation abeaucoup baissée dans les années 60 et 80, elle stagne depuis 2000.

De plus les gains d’efficacité énergétique sont souvent atténués voire annulés par l’effet rebond.« Les gains énergétiques permis par l’évolution technologique des écrans d’ordinateur et detélévision ont été réduits à néant en raison de l’accroissement concomitant de la taille desécrans » (C. Jouanno, 2008). L’augmentation de la population et de l’activité économique ontcontribué ces dernières décennies à une hausse de la consommation de carburants routiers bienque la consommation par véhicule ait considérablement baissé. De même s’il est tout à fait positifque les nouveaux logements soient « basse consommation », il ne faut pas oublier que chaquenouveau logement représente une consommation supplémentaire, au moins lors de saconstruction.

Toutes ces considérations amènent à penser que, si l'efficacité énergétique est utile etindispensable, elle ne sera pas suffisante. Pour réellement baisser la consommation d'énergie, ilest nécessaire de modifier l'usage que l'on fait des appareils consommateurs.

 

2.2. Sobriété énergétique, problèmes et conséquences

La sobriété énergétique qui consiste à privilégier les usages les plus utiles de l’énergie,« restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles » (Negawatt, 2011), suppose dedéfinir quels sont les usages utiles et les nuisibles. Est-il "utile" d’aller une journée à la mer, departir en vacances, d'assister à des spectacles culturels ou des rencontres sportives ? Il est clairque tout le monde ne sera pas du même avis.

Si les êtres humains se sont mis à domestiquer le feu, utiliser la force des animaux, construire desbateaux à voile ou des moulins à vent, ce n'était pas pour faire augmenter le PIB, faire plaisir à desactionnaires ou céder à la pression de lobbies, mais parce que cette utilisation d’énergie leurfacilitait la vie. Un monde dans lequel l’énergie est rare est plus contraignant qu’un monde danslequel l’énergie est abondante.

Pour consommer moins il faut souvent investir dans des technologies plus complexes nécessitantplus de matériaux, de mise en œuvre, et même d’énergie. L’isolation d’un logement est un bonexemple : s’il est sans doute possible d’amortir financièrement les travaux d’isolation, il n’empêchequ’ils nécessitent des matériaux supplémentaires à fabriquer et transporter ainsi que de la maind’œuvre. Il est donc plus compliqué (donc, en clair, plus cher) de se loger dans un monde oùl’énergie est rare que dans un monde où l’énergie est abondante et où l'on pouvait se permettreune construction simple sans se soucier de la consommation. Bon nombre de gens ont déjà biendes difficultés pour se loger, la raréfaction de l’énergie ne va rien arranger.

Cet exemple simple est transposable à de nombreux secteurs fondamentaux dans la vie humaine :avec moins d'énergie il sera plus complexe de se nourrir (l’agriculture, la conservation et la cuissondes aliments sont très dépendantes de l’énergie), de se déplacer, ou de se soigner (un hôpital esttrès consommateur d’énergie).

La figure 3, que j’ai tracée à partir des statistiques de la CIA World Factbook et de la banquemondiale, montre l’espérance de vie en fonction de la consommation d’énergie finale par habitantde 145 pays. On voit qu’au delà d’un certain seuil de consommation l’espérance de vie n’augmenteplus et on peut parler de gaspillage. Mais on constate également qu’on ne vit pas longtemps là oùon consomme peu. A l'heure actuelle le développement est lié à l’énergie.

Le Produit Intérieur Brut mesure la production de richesses révélatrice du niveau de vie. Même sicet indicateur est contestable, l’immense majorité des politiques recherche sa hausse. D’après leséconomistes G. Giraud et Z. Kahraman (2014), la contribution de l’énergie primaire à la croissancedu PIB par habitant est de 60%, en témoigne la figure 4 qui montre bien la corrélation entre PIB eténergie. Jusqu’ici la croissance économique n’a jamais été conjuguée à une baisse de laconsommation d’énergie, et il paraît peu probable que cela arrive au regard de la figure 5 quimontre l’évolution de l’intensité énergétique finale de la France depuis 1970, c’est à dire laconsommation d’énergie divisée par le PIB. Il apparait clairement qu’elle a beaucoup diminué maisla diminution est de moins en moins rapide au fils des années. La croissance économique paraitdonc impossible si la consommation d'énergie décroit.

Un rapport du programme des Nations Unies pour l’Environnement (M. Fischer-Kowalski ,M. Swilling, 2011) indique qu’un scénario permettant seulement de stabiliser la consommationmondiale d’énergie et de diminuer de 40% les émissions de gaz à effet de serre comporterait tantde restrictions et rebuterait tellement les décideurs politiques qu’il peut difficilement être envisagécomme un objectif stratégique.

 

Conclusion, perspectives

Aucun scénario de transition énergétique ne prétend qu’il soit possible de remplacer les énergiesfossiles et nucléaires par les énergies renouvelables. Tous les scénarios font appel à une réductionimportante de la consommation d’énergie.

Le levier de l’efficacité énergétique fait l’unanimité puisqu’il s’agit de consommer moins à servicerendu égal. Les lois physiques incontournables et l’histoire récente des évolutions technologiquesmontrent que ce levier nécessaire sera insuffisant.

La sobriété énergétique est beaucoup plus complexe à développer car elle implique deschangements considérables de modes de vie et d’organisation de la société. La consommationd’énergie a permis de remplacer les hommes par des machines et de tertiariser l’économie. Moinsd’énergie signifie moins de transports, moins de machines et moins de chaleur, doncprobablement plus de travail (peut être moins de chomeurs, mais surement des travailleurs pluspauvres), de tâches ingrates, moins de confort, de nourriture, de logements, de soins médicaux,voire de culture, d’éducation et de développement.

Certes des innovations technologiques pourraient voir le jour et modifier la donne. Mais elles nechangeront pas les limites physiques et, à l’heure actuelle, on ne perçoit pas quelle technologiemiraculeuse pourrait être prête suffisamment rapidement. Il y a urgence !

Il est clair que l’augmentation de la population amplifiera les problèmes et qu’il faut cesser depenser que la démographie entraîne la croissance et l’amélioration des conditions de vie.L’augmentation de la population oblige au contraire à partager des ressources limitées en unnombre plus grand d’êtres humains (D. Meadows, D. Meadows, J. Randers, 2004).

 

Trois possibilités s’offrent aux politiques :

- manquer d’énergie. Cela nécessite une réorganisation complète de la société qui sera biendifficile à faire accepter à la population. Certains parlent d’une société plus simple, je dirais plutôtune société plus pauvre. Il paraît peu probable que des politiques puissent être élusdémocratiquement en préconisant la sobriété. Le risque de famines, de révoltes et de guerres n’estpas à exclure tant les conséquences économiques et sociales peuvent être importantes.

- continuer à exploiter les énergies fossiles, le charbon et les gaz de schiste en particulier puisqueles ressources existent, donc amplifier la pollution et le réchauffement climatique avec desconséquences telles que maladies respiratoires, famines, inondations, tempêtes...

- développer le nucléaire. Les inconvénients du nucléaire, en particulier les déchets et le risque decatastrophe, sont très médiatisés et font souvent plus peur que ceux du manque d’énergie ou desénergies fossiles. Pourtant, au regard des inconvénients des deux premières possibilités, le rapportbénéfice/risque lui est clairement favorable. La pollution sous formes de déchets concentrés,emballés, confinés, connus, maitrisés à longue durée de vie est largement préférable à la pollutiondispersée incontrôlée et à durée infinie des énergies fossiles. Certes le risque d’une nouvellecatastrophe nucléaire ne peut pas être exclu. Tchernobyl a peut-être fait quelques milliers de morts(Organisation Mondiale de la Santé, 2006) pendant que le charbon tue des centaines de milliersde personnes chaque année. La catastrophe nucléaire de Fukushima n’a tué directement quequelques personnes, et les rejets radioactifs auront un impact plus faible sur la santé que bien despollutions chimiques, à replacer dans le contexte d’un séisme et d’un tsunami qui ont tué desmilliers de personnes et envoyé des tonnes de polluants dans la mer. Ce séisme a d’ailleursentrainé la rupture du barrage hydraulique de Fujinuma causant plusieurs morts, et personne nedemande l’arrêt de la production d’électricité par barrage. Celui des Trois Gorges en chine anécessité l’évacuation de plus de 10 fois plus de personnes qu’à Fukushima.

Bref, le nucléaire tuera moins que les énergies fossiles et que le manque d’énergie. La figure 6, quirésulte des travaux des chercheurs Rabl et Spadaro, spécialistes en impacts environnementaux,compare les années de vie que font perdre chaque source d’énergie par rapport à leur production :la conclusion est claire. On peut faire un parallèle avec la comparaison entre les moyensde transport : l’avion fait plus peur que les autres moyens, c’est pourtant le plus sûr.

Certes les ressources en uranium ne sont pas illimitées, mais d’autres techniques telles lasurgénération peuvent fournir de l’énergie pendant des milliers d’années.

Certes le nucléaire ne pourra pas être développé partout à un rythme suffisant pour fournir dansles décennies à venir toute l’énergie manquante. Les problèmes seront immenses avec ou sansnucléaire et il faut s'y préparer. Mais le nucléaire permettra de limiter les dégâts. Le nucléaire n’estpas une solution miracle aux immenses problèmes évoqués, c’est une possibilité qui présentemoins d’inconvénients que les autres, qui permettra de moins manquer d’énergie et de moinsrecourir aux énergies fossiles

 

Bibliographie

Heinberg R., 2005, « Pétrole la fête est finie, avenir des sociétés industrielles après le picpétrolier », collection Résistances.

Jancovici J.M., Grandjean A., 2006, « Le plein s'il vous plait », éditions du Seuil.

Commissariat Général au Développement Durable, Ministère de l’Ecologie du DéveloppementDurable et de l’Energie, 2013, « Chiffres Clés de l’Energie ».

Association Negawatt, 2011, « Scenario Negawatt 2011 ».

Greenpeace, 2013, « Scénario de transition énergétique ».

Rifkin J., 2012, « La troisième Révolution Industrielle », Editions Broché.

Conseil Régional Nord-Pas de Calais, 2013, « Master plan de Troisième Révolution Industrielle de larégion Nord-Pas de Calais ».

ADEME, 2013, « Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050 - Synthèse avec évaluation macro-économique ».

ANCRE, 2013, « Scénarios de l'ANCRE pour la transition énergétique ».

Acket C., Bacher P., 2014, « Diviser par quatre les rejets de CO2 dus à l'énergie : le scénarioNegatep ».

Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement duterritoire, 2008, « Convention sur le retrait de la vente des ampoules à incandescence et lapromotion des lampes basse consommation ».

Jouanno C., 2008, « L'efficacité énergétique dans l'Union Européenne : panorama des politiques etdes bonnes pratiques ». Service Observation, Economie et Evaluation de l'ADEME, pp. 1-52.

Giraud G, Kahraman Z., 2014, « How Dependent is Output Growth from PrimaryEnergy ? », Séminaire de l'école d'économie de Paris organisé avec le concours du CommissariatGénéral au Développement Durable.

Rutherford D., Zeinali M., 2009, « Efficiency trends for new commercial jet aicraft », InternationalCouncil on Clean Transportation.

Fischer-Kowalski M., Swilling M., 2011, « Decoupling natural resource use and environmentalimpacts from economic growth », United Nations Environment Program.

Meadows D., Meadows D., Randers J., 2004, « The limits to Growth, the 30 year update », EditionsBroché.

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE, 2006, « Effets sanitaires de l’accident de Tchernobyl »,http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs303/fr/.

Rabl A & JV Spadaro, 2001, « Les coûts externes de l’électricité », Revue de l’Energie, No.525,mars-avril 2001, p.151-163.

 

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique dont les conséquences pourraient êtredramatiques, la France, bien que moins émettrice de gaz à effet de serre que ses voisins, s’estengagée à diviser par 4 ses émissions à l’horizon 2050. La raréfaction à venir du pétrole et du gaz,et l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre impliquent une forte baisse de laconsommation d’énergie fossile. La manière d'y parvenir a largement été étudiée par plusieursscénarios.

 

1.2. Quelques scénarios de transition énergétique

Plusieurs associations et organismes ont élaboré pour la France des scénarios de transitionénergétique. En voici un aperçu :

- Le scénario Négawatt (Négawatt , 2011) est sans doute le plus connu. Il préconise que 90% de nosbesoins soient assurés en 2050 par les énergies renouvelables essentiellement grâce à unemeilleure exploitation de la biomasse, de l’éolien et du photovoltaïque. Un recours accru au gazserait temporaire afin de fermer progressivement la totalité des réacteurs nucléaires(personnellement je crains que ce temporaire dure...). En 2050 les énergies fossiles nereprésenteraient plus que 10% des besoins. Un tel scénario supposerait des efforts considérables,notamment dans l’éolien qui devrait fournir 209TWh en 2050 contre 15TWh en 2012, les problèmesd’intermittence étant réglés par la production d’hydrogène et de méthane.

Quand on sait que le potentiel éolien français est estimé à 160TWh par l’ADEME, connaissant lesdifficultés du stockage par hydrogène, on mesure une partie de l’optimisme de ce scénario quand àla production des énergies renouvelables.

En parallèle de ces investissements considérables, il faudrait selon Negawatt réduire la demandeen énergie primaire de 66% ( !) alors que la population augmenterait de 15%. Cette réductiondevrait venir de l’efficacité et de la sobriété énergétique. L’efficacité consiste à améliorer lestechniques pour rendre les mêmes services en consommant moins. La sobriété consiste selonNegawatt à privilégier les usages les plus utiles, « restreindre les plus extravagants et supprimerles plus nuisibles » ; de beaux débats en perspective pour juger ce qui est utile ou nuisible...

La consommation résidentielle et tertiaire diminuerait de 49% grâce à une stabilisation du nombred’habitants par foyer (faudra-t-il interdire le célibat ?), un développement de l’habitat en petitcollectif (faudra-t-il interdire de construire de grandes maisons ?), un ralentissement de lacroissance des surfaces tertiaires, l’optimisation des systèmes de chauffage et l’isolation deslogements. Il faudrait rénover chaque année 750000 logements pour les amener à uneconsommation moyenne de 40kWh/m² par an pour les besoins de chauffage. Sachant que laréglementation thermique 2012 exige qu’un logement neuf consomme moins de 60kwh/m² par an,que la consommation moyenne en 2013 des logements anciens est de 191kwh/m², que l’on arénové en 2013 265000 logements et que le projet de loi sur la transition énergétique dévoilé enjuin 2014 en prévoit 500000, on mesure l’ambition de ce scénario.

Dans les transports le nombre de km parcourus par personne chaque année diminuerait de 25%,ce qui irait à l’encontre de l’évolution que nous connaissons depuis toujours. Les transports encommun, la marche à pied, le vélo, des véhicules en auto-partage et des taxis collectifspermettraient d’exclure, à terme, totalement le véhicule automobile tel que nous le connaissonsaujourd’hui (pas sur que ça plaise à tout le monde, faudra-t-il interdire de posséder un véhicule ?)

La consommation énergétique de l’industrie diminuerait grâce à un gain en efficacité de 35% surles moteurs électriques et à une baisse de 10% à 70% des besoins en matériaux (les industrielsauraient donc jusqu’ici négligé de considérables économies..).

Le secteur agricole évoluerait considérablement puisqu’on mangerait moitié moins de viandequ’aujourd’hui.

- Greenpeace (Greenpeace, 2013), propose un scénario assez proche dans lequel, en 2050, lademande d’énergie primaire diminuerait de 63% et celle d’énergie finale de 52%. Les énergiesrenouvelables produiraient alors 92% des besoins, le nucléaire aurait disparu. La réduction de nosbesoins proviendrait de transports plus efficaces, d’une baisse des distances parcourues, del’isolation des logements, d’appareils plus efficaces...

- L’association Virage Energie, dans le même état d’esprit, propose pour diminuer laconsommation : des lave-linge collectifs, une baisse des équipements électroménagers (moins delave-vaisselles, de congélateurs, d’ordinateurs...), une baisse de l’utilisation des cosmétiques, de laconsommation de vêtements, du tourisme de longue distance...

On peut se demander si les changements préconisés par les 3 scénarios précédents sontcompatibles avec la démocratie, les changements nécessaires impliquent en effet une baisse deniveau de vie si importante qu’il est probable qu’il faille les imposer par la force.

- La troisième révolution industrielle est une théorie de l’économiste américain Jeremy Rifkin (J.Rifkin, 2012). Elle repose sur les énergies renouvelables, les bâtiments producteurs d’énergie, lestockage d’énergie dans les bâtiments, les échanges d’énergie via un réseau intelligent et lesvéhicules électriques. D’une manière générale, J Rifkin prétend que la société va ainsi pouvoircontinuer à dépenser de l’énergie sans compter ; jamais dans son ouvrage il ne quantifie lespotentiels des ces techniques pour les comparer à nos besoins, jamais il ne parle de l’efficacitéénergétique qui fait pourtant l’unanimité. C’est clairement irréaliste.

Le Master plan de troisième révolution industrielle de la région Nord-Pas de Calais (2013), quis’inspire (malheureusement) du livre de Rifkin, a sagement introduit l’efficacité énergétique,l’économie de la fonctionnalité et l’économie circulaire. Le thème de la sobriété énergétiquen’ayant pas fait l’unanimité parmi les acteurs, il est absent du plan qui prévoit une baisse de 60%de la consommation d’énergie à service rendu égal, c’est à dire en comptant uniquement surl’efficacité énergétique. Ceci parait plus qu’ambitieux vis à vis des autres scénarios, d’autant plusqu’il est prévu en même temps une forte hausse du Produit Intérieur Brut de 47% donc de l’activité.Ce scénario, qui n’a décidément peur de rien, est également le seul à prétendre qu’on puisseatteindre 100% d’énergie renouvelable en 2050, mais aucun détail technique ne précise par quelmiracle.

 

D’autres scénarios plus sérieux existent heureusement :

- L’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (Ademe, 2013), préconise dans sonscénario "médian", pour diviser par 4 les rejets de gaz à effet de serre en 2050, une baisse de 47%de la consommation d’énergie finale. Les énergies renouvelables fourniraient alors 55% desbesoins, le reste étant assuré par le pétrole, le gaz et le nucléaire. Ces sources d’énergie auraientdonc un rôle non négligeable malgré une baisse importante de la consommation.

- L'Agence Nationale pour la Coordination de la Recherche pour l'Energie (Ancre, 2013) quicoordonne des organismes publics nationaux de recherche, a publié 3 scénarios permettant dediviser par 4 les rejets de CO2 : tout en développant largement les énergies renouvelables et sanssortir du nucléaire, les baisses de consommation d'énergie finale iraient de 27 à 41% grâce à desefforts soutenus d'efficacité énergétique. L'Ancre souligne que le facteur 4 ne pourra être atteintqu'avec des efforts importants et le recours à des technologies de rupture (stockage du CO2,stockage électrique, cogénération nucléaire..).

- Le scénario Negatep (C. Acket, P. Bacher 2014), de l'association "Sauvons Le Climat", prévoit unedivision par 4 des rejets de CO2 malgré une baisse de seulement 18% de la consommationd'énergie finale. Les énergies fossiles seraient très largement remplacées par les énergiesrenouvelables (+150%) et nucléaire (+46%) capables de produire de l'électricité décarbonée dontla production augmenterait de 61%. Ce scénario préconise donc d’augmenter le rôle de l’électricitépuisqu’elle peut être produite sans émissions de CO2, en particulier avec le nucléaire.

On constate qu'aucun scénario ne prétend qu'il soit possible de remplacer lesénergies fossiles et nucléaires par des renouvelables sans diminuer beaucoup laconsommation.

Au regard des différents scénarios, il semble que le potentiel de production des énergiesrenouvelables soit, avec les technologies actuelles, d’environ 40% de la consommation d’énergiefrançaise. Tous les scénarios préconisent une baisse non négligeable de la consommationd'énergie malgré une hausse de la population. Ils reposent en grande partie sur l'efficacitéénergétique dont l'importance est donc cruciale.

 

2.Baisser la consommation d’énergie sera très compliqué

Les 2 leviers permettant de diminuer la consommation sont l’efficacité et la sobriété énergétique.

2.1. Les limites physiques de l’efficacité

Pour réduire le besoin d’énergie, le levier « efficacité » fait l’unanimité puisqu’il s’agir deconsommer moins à service rendu égal grâce à la technologie. Il parait difficile d’évaluerprécisément les gains potentiels de l’efficacité tant les technologies et applications énergivoressont nombreuses et variées. Il convient toutefois de rappeler qu’il existe des limites physiques àl’efficacité.

L'énergie sert essentiellement à mettre des masses en mouvement, produire de la chaleur ou dufroid, créer de la lumière, modifier la composition chimique, et de plus en plus, à alimenter desappareils électroniques. La nourriture est également une forme d'énergie.

Les lois de la physique impliquent la conservation de l'énergie. Cela signifie que la quantitéd'énergie qui sort d'un système est forcément égale à la quantité qui y rentre. On ne peut donc quetransformer l'énergie et non en créer. L’énergie libre, qui apparaitrait par miracle, est un mythe.Concrètement l'énergie consommée par un système finit toujours soit directement, soitindirectement, par se transformer en chaleur qui se disperse (par exemple un moteur transformede l'énergie en mouvement de pièces mécaniques, puis les frottements créent de la chaleur). Unequantité d'énergie correspond donc à une quantité de chaleur potentielle.

 

Les lois de la physique impliquent que certaines actions ne sont pas possibles sans une certainequantité d'énergie. Voici quelques exemples :

- Pour élever une masse M (en kg) d'une hauteur h (en mètres), la quantité d'énergie E (en Joules)nécessaire se calcule par la relation E=Mgh (g étant l'accélération due à la pesanteur égale à9.8ms-2 sur terre). Ainsi un ascenseur qui doit élever de 50m une charge de 1000kg a besoinde 490000Joules, soit 136Wh (Watts-heures) pour un système parfait sans pertes (1Wh=3600J).

- Pour mettre en mouvement une masse M (en kg) à la vitesse v (en mètres par secondes), il fautune énergie E=0.5mv². Ainsi pour amener à la vitesse de 27.77m/s (100km/h) un véhicule de1000kg, il faut une énergie de 385600Joules, soit 107Wh ce qui correspond approximativement à0.01 litres d’essence.

- Pour élever une masse M (en kg) de chaleur massique c (constante liée au matériau) d’unetempérature θ (en degrés), il faut une énergie E=Mcθ. Ainsi pour faire bouillir 2 litres d’eau enpartant de 20°, l’énergie nécessaire est de 669600Joules (pour l'eau c=4185J/kg/K), soit 186Wh.

En réalité les quantités d’énergie nécessaires sont nettement supérieures car il y a toujours despertes. Ce sont ces pertes que l’efficacité énergétique tente de minimiser. Par exemple pour fairebouillir de l’eau il est simple de mettre un couvercle sur la casserole de manière à minimiser leséchanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. Mais il physiquement est impossible dedescendre en dessous des seuils précédents.

L’efficacité énergétique peut aussi consister à essayer de réutiliser l’énergie stockée : par exemplelors de la descente de l’ascenseur il est théoriquement possible que le moteur électrique renvoiede l’électricité au réseau. Lors de la décélération les véhicules hybrides renvoient de l’énergie dansdes batteries. Mais il y a forcément, là encore, des pertes impossibles à éviter.

Pour maintenir une masse à vitesse constante dans le vide il n’est pas nécessaire d’apporter del’énergie. Mais dans le cas d’un véhicule sur terre, les frottements de l’air, des pneus et de lamécanique sont inévitables. L’efficacité énergétique peut dans ce cas consister à minimiser lesfrottements de l’air grâce à un aérodynamisme optimal. Mais optimal ne signifiera jamais parfait

Pour maintenir un bâtiment parfaitement isolé à une température constante il ne faut pasd’énergie. Mais un isolant, même très performant, n’est jamais parfait si bien qu’il faut toujours unequantité d’énergie, aussi minimale soit elle, pour compenser les échanges de chaleur entre unbâtiment et l’extérieur. Il est vrai qu’il est assez aisé de gagner beaucoup d’énergie en plaçant, parexemple, de l’isolant dans les combles d’un bâtiment. Mais plus on progresse et plus il est difficilede progresser. Dans tous les cas il reste forcément des pertes qui doivent, par temps froid, êtrecompensées par des apports solaires, la chaleur dégagée par les appareils ou les habitants, ou parun système de chauffage.

Les lampes à incandescence traditionnelles dont l’efficacité ne dépassait pas 15 Lumens par Watt(lm/W) sont maintenant interdites pour être remplacées par des lampes fluo-compactes ou à LEDdont l’efficacité peut atteindre 100lm/W. La différence est notable mais le potentiel d'économiesn'est pas énorme : l'économie prévue en 2016 d'environ 8Twh (Convention sur le retrait de la ventedes ampoules à incandescence, 2008) représente moins de 0.5% de la consommation d'énergiefrançaise. Dans l'avenir, les technologies ne pourront pas toujours progresser car il existe unelimite physique de 200lm/W au dessus de laquelle on ne peut pas produire de lumière blanche. Deplus la moindre consommation de ces lampes est physiquement liée à un moindre dégagement dechaleur, une partie des économies est donc annulée par un besoin supplémentaire de chauffage.

D’importants progrès en efficacité énergétique ont été faits à la suite des chocs pétroliers de 1974et 1979. Ainsi la consommation moyenne des véhicules a beaucoup baissé depuis 30 ans grâce àdes moteurs plus performants. De même l’isolation des bâtiments, bien qu'encore insuffisante, aconsidérablement évolué depuis les années 70. L’efficacité énergétique n’est pas nouvelle. Parexemple en éclairage extérieur on utilise depuis longtemps, quand c’est possible, des lampes ausodium basse pression dont l’efficacité approche 200lm/W. Un autre exemple est celui d’unmoteur électrique industriel de puissance 110kW : son rendement normalisé est d’au moins 93.3%,ce qui signifie que les pertes que l’on peut tenter de minimiser représentent moins de 7% del’énergie consommée. Les gains les plus faciles ont donc déjà été faits ou sont en voie de l’être etl’amélioration aura ses limites. En témoigne la figure 2 qui représente l’évolution de laconsommation moyenne de fuel des nouveaux avions de 1960 à 2008 : la consommation abeaucoup baissée dans les années 60 et 80, elle stagne depuis 2000.

De plus les gains d’efficacité énergétique sont souvent atténués voire annulés par l’effet rebond.« Les gains énergétiques permis par l’évolution technologique des écrans d’ordinateur et detélévision ont été réduits à néant en raison de l’accroissement concomitant de la taille desécrans » (C. Jouanno, 2008). L’augmentation de la population et de l’activité économique ontcontribué ces dernières décennies à une hausse de la consommation de carburants routiers bienque la consommation par véhicule ait considérablement baissé. De même s’il est tout à fait positifque les nouveaux logements soient « basse consommation », il ne faut pas oublier que chaquenouveau logement représente une consommation supplémentaire, au moins lors de saconstruction.

Toutes ces considérations amènent à penser que, si l'efficacité énergétique est utile etindispensable, elle ne sera pas suffisante. Pour réellement baisser la consommation d'énergie, ilest nécessaire de modifier l'usage que l'on fait des appareils consommateurs.

 

2.2. Sobriété énergétique, problèmes et conséquences

La sobriété énergétique qui consiste à privilégier les usages les plus utiles de l’énergie,« restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles » (Negawatt, 2011), suppose dedéfinir quels sont les usages utiles et les nuisibles. Est-il "utile" d’aller une journée à la mer, departir en vacances, d'assister à des spectacles culturels ou des rencontres sportives ? Il est clairque tout le monde ne sera pas du même avis.

Si les êtres humains se sont mis à domestiquer le feu, utiliser la force des animaux, construire desbateaux à voile ou des moulins à vent, ce n'était pas pour faire augmenter le PIB, faire plaisir à desactionnaires ou céder à la pression de lobbies, mais parce que cette utilisation d’énergie leurfacilitait la vie. Un monde dans lequel l’énergie est rare est plus contraignant qu’un monde danslequel l’énergie est abondante.

Pour consommer moins il faut souvent investir dans des technologies plus complexes nécessitantplus de matériaux, de mise en œuvre, et même d’énergie. L’isolation d’un logement est un bonexemple : s’il est sans doute possible d’amortir financièrement les travaux d’isolation, il n’empêchequ’ils nécessitent des matériaux supplémentaires à fabriquer et transporter ainsi que de la maind’œuvre. Il est donc plus compliqué (donc, en clair, plus cher) de se loger dans un monde oùl’énergie est rare que dans un monde où l’énergie est abondante et où l'on pouvait se permettreune construction simple sans se soucier de la consommation. Bon nombre de gens ont déjà biendes difficultés pour se loger, la raréfaction de l’énergie ne va rien arranger.

Cet exemple simple est transposable à de nombreux secteurs fondamentaux dans la vie humaine :avec moins d'énergie il sera plus complexe de se nourrir (l’agriculture, la conservation et la cuissondes aliments sont très dépendantes de l’énergie), de se déplacer, ou de se soigner (un hôpital esttrès consommateur d’énergie).

La figure 3, que j’ai tracée à partir des statistiques de la CIA World Factbook et de la banquemondiale, montre l’espérance de vie en fonction de la consommation d’énergie finale par habitantde 145 pays. On voit qu’au delà d’un certain seuil de consommation l’espérance de vie n’augmenteplus et on peut parler de gaspillage. Mais on constate également qu’on ne vit pas longtemps là oùon consomme peu. A l'heure actuelle le développement est lié à l’énergie.

Le Produit Intérieur Brut mesure la production de richesses révélatrice du niveau de vie. Même sicet indicateur est contestable, l’immense majorité des politiques recherche sa hausse. D’après leséconomistes G. Giraud et Z. Kahraman (2014), la contribution de l’énergie primaire à la croissancedu PIB par habitant est de 60%, en témoigne la figure 4 qui montre bien la corrélation entre PIB eténergie. Jusqu’ici la croissance économique n’a jamais été conjuguée à une baisse de laconsommation d’énergie, et il paraît peu probable que cela arrive au regard de la figure 5 quimontre l’évolution de l’intensité énergétique finale de la France depuis 1970, c’est à dire laconsommation d’énergie divisée par le PIB. Il apparait clairement qu’elle a beaucoup diminué maisla diminution est de moins en moins rapide au fils des années. La croissance économique paraitdonc impossible si la consommation d'énergie décroit.

Un rapport du programme des Nations Unies pour l’Environnement (M. Fischer-Kowalski ,M. Swilling, 2011) indique qu’un scénario permettant seulement de stabiliser la consommationmondiale d’énergie et de diminuer de 40% les émissions de gaz à effet de serre comporterait tantde restrictions et rebuterait tellement les décideurs politiques qu’il peut difficilement être envisagécomme un objectif stratégique.

 

Conclusion, perspectives

Aucun scénario de transition énergétique ne prétend qu’il soit possible de remplacer les énergiesfossiles et nucléaires par les énergies renouvelables. Tous les scénarios font appel à une réductionimportante de la consommation d’énergie.

Le levier de l’efficacité énergétique fait l’unanimité puisqu’il s’agit de consommer moins à servicerendu égal. Les lois physiques incontournables et l’histoire récente des évolutions technologiquesmontrent que ce levier nécessaire sera insuffisant.

La sobriété énergétique est beaucoup plus complexe à développer car elle implique deschangements considérables de modes de vie et d’organisation de la société. La consommationd’énergie a permis de remplacer les hommes par des machines et de tertiariser l’économie. Moinsd’énergie signifie moins de transports, moins de machines et moins de chaleur, doncprobablement plus de travail (peut être moins de chomeurs, mais surement des travailleurs pluspauvres), de tâches ingrates, moins de confort, de nourriture, de logements, de soins médicaux,voire de culture, d’éducation et de développement.

Certes des innovations technologiques pourraient voir le jour et modifier la donne. Mais elles nechangeront pas les limites physiques et, à l’heure actuelle, on ne perçoit pas quelle technologiemiraculeuse pourrait être prête suffisamment rapidement. Il y a urgence !

Il est clair que l’augmentation de la population amplifiera les problèmes et qu’il faut cesser depenser que la démographie entraîne la croissance et l’amélioration des conditions de vie.L’augmentation de la population oblige au contraire à partager des ressources limitées en unnombre plus grand d’êtres humains (D. Meadows, D. Meadows, J. Randers, 2004).

 

Trois possibilités s’offrent aux politiques :

- manquer d’énergie. Cela nécessite une réorganisation complète de la société qui sera biendifficile à faire accepter à la population. Certains parlent d’une société plus simple, je dirais plutôtune société plus pauvre. Il paraît peu probable que des politiques puissent être élusdémocratiquement en préconisant la sobriété. Le risque de famines, de révoltes et de guerres n’estpas à exclure tant les conséquences économiques et sociales peuvent être importantes.

- continuer à exploiter les énergies fossiles, le charbon et les gaz de schiste en particulier puisqueles ressources existent, donc amplifier la pollution et le réchauffement climatique avec desconséquences telles que maladies respiratoires, famines, inondations, tempêtes...

- développer le nucléaire. Les inconvénients du nucléaire, en particulier les déchets et le risque decatastrophe, sont très médiatisés et font souvent plus peur que ceux du manque d’énergie ou desénergies fossiles. Pourtant, au regard des inconvénients des deux premières possibilités, le rapportbénéfice/risque lui est clairement favorable. La pollution sous formes de déchets concentrés,emballés, confinés, connus, maitrisés à longue durée de vie est largement préférable à la pollutiondispersée incontrôlée et à durée infinie des énergies fossiles. Certes le risque d’une nouvellecatastrophe nucléaire ne peut pas être exclu. Tchernobyl a peut-être fait quelques milliers de morts(Organisation Mondiale de la Santé, 2006) pendant que le charbon tue des centaines de milliersde personnes chaque année. La catastrophe nucléaire de Fukushima n’a tué directement quequelques personnes, et les rejets radioactifs auront un impact plus faible sur la santé que bien despollutions chimiques, à replacer dans le contexte d’un séisme et d’un tsunami qui ont tué desmilliers de personnes et envoyé des tonnes de polluants dans la mer. Ce séisme a d’ailleursentrainé la rupture du barrage hydraulique de Fujinuma causant plusieurs morts, et personne nedemande l’arrêt de la production d’électricité par barrage. Celui des Trois Gorges en chine anécessité l’évacuation de plus de 10 fois plus de personnes qu’à Fukushima.

Bref, le nucléaire tuera moins que les énergies fossiles et que le manque d’énergie. La figure 6, quirésulte des travaux des chercheurs Rabl et Spadaro, spécialistes en impacts environnementaux,compare les années de vie que font perdre chaque source d’énergie par rapport à leur production :la conclusion est claire. On peut faire un parallèle avec la comparaison entre les moyensde transport : l’avion fait plus peur que les autres moyens, c’est pourtant le plus sûr.

Certes les ressources en uranium ne sont pas illimitées, mais d’autres techniques telles lasurgénération peuvent fournir de l’énergie pendant des milliers d’années.

Certes le nucléaire ne pourra pas être développé partout à un rythme suffisant pour fournir dansles décennies à venir toute l’énergie manquante. Les problèmes seront immenses avec ou sansnucléaire et il faut s'y préparer. Mais le nucléaire permettra de limiter les dégâts. Le nucléaire n’estpas une solution miracle aux immenses problèmes évoqués, c’est une possibilité qui présentemoins d’inconvénients que les autres, qui permettra de moins manquer d’énergie et de moinsrecourir aux énergies fossiles

 

Bibliographie

Heinberg R., 2005, « Pétrole la fête est finie, avenir des sociétés industrielles après le picpétrolier », collection Résistances.

Jancovici J.M., Grandjean A., 2006, « Le plein s'il vous plait », éditions du Seuil.

Commissariat Général au Développement Durable, Ministère de l’Ecologie du DéveloppementDurable et de l’Energie, 2013, « Chiffres Clés de l’Energie ».

Association Negawatt, 2011, « Scenario Negawatt 2011 ».

Greenpeace, 2013, « Scénario de transition énergétique ».

Rifkin J., 2012, « La troisième Révolution Industrielle », Editions Broché.

Conseil Régional Nord-Pas de Calais, 2013, « Master plan de Troisième Révolution Industrielle de larégion Nord-Pas de Calais ».

ADEME, 2013, « Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050 - Synthèse avec évaluation macro-économique ».

ANCRE, 2013, « Scénarios de l'ANCRE pour la transition énergétique ».

Acket C., Bacher P., 2014, « Diviser par quatre les rejets de CO2 dus à l'énergie : le scénarioNegatep ».

Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement duterritoire, 2008, « Convention sur le retrait de la vente des ampoules à incandescence et lapromotion des lampes basse consommation ».

Jouanno C., 2008, « L'efficacité énergétique dans l'Union Européenne : panorama des politiques etdes bonnes pratiques ». Service Observation, Economie et Evaluation de l'ADEME, pp. 1-52.

Giraud G, Kahraman Z., 2014, « How Dependent is Output Growth from PrimaryEnergy ? », Séminaire de l'école d'économie de Paris organisé avec le concours du CommissariatGénéral au Développement Durable.

Rutherford D., Zeinali M., 2009, « Efficiency trends for new commercial jet aicraft », InternationalCouncil on Clean Transportation.

Fischer-Kowalski M., Swilling M., 2011, « Decoupling natural resource use and environmentalimpacts from economic growth », United Nations Environment Program.

Meadows D., Meadows D., Randers J., 2004, « The limits to Growth, the 30 year update », EditionsBroché.

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE, 2006, « Effets sanitaires de l’accident de Tchernobyl »,http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs303/fr/.

Rabl A & JV Spadaro, 2001, « Les coûts externes de l’électricité », Revue de l’Energie, No.525,mars-avril 2001, p.151-163.

 

L’impossible transition énergétique

De plus les gains d’efficacité énergétique sont souvent atténués voire annulés par l’effet rebond.« Les gains énergétiques permis par l’évolution technologique des écrans d’ordinateur et detélévision ont été réduits à néant en raison de l’accroissement concomitant de la taille desécrans » (C. Jouanno, 2008). L’augmentation de la population et de l’activité économique ontcontribué ces dernières décennies à une hausse de la consommation de carburants routiers bienque la consommation par véhicule ait considérablement baissé. De même s’il est tout à fait positifque les nouveaux logements soient « basse consommation », il ne faut pas oublier que chaquenouveau logement représente une consommation supplémentaire, au moins lors de saconstruction.

Toutes ces considérations amènent à penser que, si l'efficacité énergétique est utile etindispensable, elle ne sera pas suffisante. Pour réellement baisser la consommation d'énergie, ilest nécessaire de modifier l'usage que l'on fait des appareils consommateurs.

 

2.2. Sobriété énergétique, problèmes et conséquences

La sobriété énergétique qui consiste à privilégier les usages les plus utiles de l’énergie,« restreindre les plus extravagants et supprimer les plus nuisibles » (Negawatt, 2011), suppose dedéfinir quels sont les usages utiles et les nuisibles. Est-il "utile" d’aller une journée à la mer, departir en vacances, d'assister à des spectacles culturels ou des rencontres sportives ? Il est clairque tout le monde ne sera pas du même avis.

Si les êtres humains se sont mis à domestiquer le feu, utiliser la force des animaux, construire desbateaux à voile ou des moulins à vent, ce n'était pas pour faire augmenter le PIB, faire plaisir à desactionnaires ou céder à la pression de lobbies, mais parce que cette utilisation d’énergie leurfacilitait la vie. Un monde dans lequel l’énergie est rare est plus contraignant qu’un monde danslequel l’énergie est abondante.

Pour consommer moins il faut souvent investir dans des technologies plus complexes nécessitantplus de matériaux, de mise en œuvre, et même d’énergie. L’isolation d’un logement est un bonexemple : s’il est sans doute possible d’amortir financièrement les travaux d’isolation, il n’empêchequ’ils nécessitent des matériaux supplémentaires à fabriquer et transporter ainsi que de la maind’œuvre. Il est donc plus compliqué (donc, en clair, plus cher) de se loger dans un monde oùl’énergie est rare que dans un monde où l’énergie est abondante et où l'on pouvait se permettreune construction simple sans se soucier de la consommation. Bon nombre de gens ont déjà biendes difficultés pour se loger, la raréfaction de l’énergie ne va rien arranger.

Cet exemple simple est transposable à de nombreux secteurs fondamentaux dans la vie humaine :avec moins d'énergie il sera plus complexe de se nourrir (l’agriculture, la conservation et la cuissondes aliments sont très dépendantes de l’énergie), de se déplacer, ou de se soigner (un hôpital esttrès consommateur d’énergie).

La figure 3, que j’ai tracée à partir des statistiques de la CIA World Factbook et de la banquemondiale, montre l’espérance de vie en fonction de la consommation d’énergie finale par habitantde 145 pays. On voit qu’au delà d’un certain seuil de consommation l’espérance de vie n’augmenteplus et on peut parler de gaspillage. Mais on constate également qu’on ne vit pas longtemps là oùon consomme peu. A l'heure actuelle le développement est lié à l’énergie.

 

L’impossible transition énergétique
Figure 3

Espérance de vie en fonction de la consommation d’énergie primaire par habitant de différents pays.

Le Produit Intérieur Brut mesure la production de richesses révélatrice du niveau de vie. Même sicet indicateur est contestable, l’immense majorité des politiques recherche sa hausse. D’après les économistes G. Giraud et Z. Kahraman (2014), la contribution de l’énergie primaire à la croissancedu PIB par habitant est de 60%, en témoigne la figure 4 qui montre bien la corrélation entre PIB eténergie. Jusqu’ici la croissance économique n’a jamais été conjuguée à une baisse de laconsommation d’énergie, et il paraît peu probable que cela arrive au regard de la figure 5 quimontre l’évolution de l’intensité énergétique finale de la France depuis 1970, c’est à dire laconsommation d’énergie divisée par le PIB. Il apparait clairement qu’elle a beaucoup diminué maisla diminution est de moins en moins rapide au fils des années. La croissance économique paraitdonc impossible si la consommation d'énergie décroit.

 

 
L’impossible transition énergétique
Figure 4

Evolution du PIB mondial, de la consommation d’énergie et de pétrole (G. Giraud et Z. Kahraman)

L’impossible transition énergétique
Figure 5

Evolution de l’intensité énergétique finale de la France de 1970 à 2011 (Direction générale de l’énergie et du climat, Rapport sur l’industrie en 2011).

Un rapport du programme des Nations Unies pour l’Environnement (M. Fischer-Kowalski ,M. Swilling, 2011) indique qu’un scénario permettant seulement de stabiliser la consommationmondiale d’énergie et de diminuer de 40% les émissions de gaz à effet de serre comporterait tantde restrictions et rebuterait tellement les décideurs politiques qu’il peut difficilement être envisagécomme un objectif stratégique.

 

Conclusion, perspectives

Aucun scénario de transition énergétique ne prétend qu’il soit possible de remplacer les énergiesfossiles et nucléaires par les énergies renouvelables. Tous les scénarios font appel à une réductionimportante de la consommation d’énergie.

Le levier de l’efficacité énergétique fait l’unanimité puisqu’il s’agit de consommer moins à servicerendu égal. Les lois physiques incontournables et l’histoire récente des évolutions technologiquesmontrent que ce levier nécessaire sera insuffisant.

La sobriété énergétique est beaucoup plus complexe à développer car elle implique deschangements considérables de modes de vie et d’organisation de la société. La consommationd’énergie a permis de remplacer les hommes par des machines et de tertiariser l’économie. Moinsd’énergie signifie moins de transports, moins de machines et moins de chaleur, doncprobablement plus de travail (peut être moins de chomeurs, mais surement des travailleurs pluspauvres), de tâches ingrates, moins de confort, de nourriture, de logements, de soins médicaux,voire de culture, d’éducation et de développement.

Certes des innovations technologiques pourraient voir le jour et modifier la donne. Mais elles nechangeront pas les limites physiques et, à l’heure actuelle, on ne perçoit pas quelle technologiemiraculeuse pourrait être prête suffisamment rapidement. Il y a urgence !

Il est clair que l’augmentation de la population amplifiera les problèmes et qu’il faut cesser depenser que la démographie entraîne la croissance et l’amélioration des conditions de vie.L’augmentation de la population oblige au contraire à partager des ressources limitées en unnombre plus grand d’êtres humains (D. Meadows, D. Meadows, J. Randers, 2004).

 

Trois possibilités s’offrent aux politiques :

- manquer d’énergie. Cela nécessite une réorganisation complète de la société qui sera biendifficile à faire accepter à la population. Certains parlent d’une société plus simple, je dirais plutôtune société plus pauvre. Il paraît peu probable que des politiques puissent être élusdémocratiquement en préconisant la sobriété. Le risque de famines, de révoltes et de guerres n’estpas à exclure tant les conséquences économiques et sociales peuvent être importantes.

- continuer à exploiter les énergies fossiles, le charbon et les gaz de schiste en particulier puisqueles ressources existent, donc amplifier la pollution et le réchauffement climatique avec desconséquences telles que maladies respiratoires, famines, inondations, tempêtes...

- développer le nucléaire. Les inconvénients du nucléaire, en particulier les déchets et le risque decatastrophe, sont très médiatisés et font souvent plus peur que ceux du manque d’énergie ou desénergies fossiles. Pourtant, au regard des inconvénients des deux premières possibilités, le rapportbénéfice/risque lui est clairement favorable. La pollution sous formes de déchets concentrés,emballés, confinés, connus, maitrisés à longue durée de vie est largement préférable à la pollutiondispersée incontrôlée et à durée infinie des énergies fossiles. Certes le risque d’une nouvellecatastrophe nucléaire ne peut pas être exclu. Tchernobyl a peut-être fait quelques milliers de morts(Organisation Mondiale de la Santé, 2006) pendant que le charbon tue des centaines de milliersde personnes chaque année. La catastrophe nucléaire de Fukushima n’a tué directement quequelques personnes, et les rejets radioactifs auront un impact plus faible sur la santé que bien despollutions chimiques, à replacer dans le contexte d’un séisme et d’un tsunami qui ont tué desmilliers de personnes et envoyé des tonnes de polluants dans la mer. Ce séisme a d’ailleursentrainé la rupture du barrage hydraulique de Fujinuma causant plusieurs morts, et personne nedemande l’arrêt de la production d’électricité par barrage. Celui des Trois Gorges en chine anécessité l’évacuation de plus de 10 fois plus de personnes qu’à Fukushima.

Bref, le nucléaire tuera moins que les énergies fossiles et que le manque d’énergie. La figure 6, quirésulte des travaux des chercheurs Rabl et Spadaro, spécialistes en impacts environnementaux,compare les années de vie que font perdre chaque source d’énergie par rapport à leur production :la conclusion est claire. On peut faire un parallèle avec la comparaison entre les moyensde transport : l’avion fait plus peur que les autres moyens, c’est pourtant le plus sûr.

 

L’impossible transition énergétique

Certes les ressources en uranium ne sont pas illimitées, mais d’autres techniques telles lasurgénération peuvent fournir de l’énergie pendant des milliers d’années.

Certes le nucléaire ne pourra pas être développé partout à un rythme suffisant pour fournir dansles décennies à venir toute l’énergie manquante. Les problèmes seront immenses avec ou sansnucléaire et il faut s'y préparer. Mais le nucléaire permettra de limiter les dégâts. Le nucléaire n’estpas une solution miracle aux immenses problèmes évoqués, c’est une possibilité qui présentemoins d’inconvénients que les autres, qui permettra de moins manquer d’énergie et de moinsrecourir aux énergies fossiles

 

Bibliographie

Heinberg R., 2005, « Pétrole la fête est finie, avenir des sociétés industrielles après le picpétrolier », collection Résistances.

Jancovici J.M., Grandjean A., 2006, « Le plein s'il vous plait », éditions du Seuil.

Commissariat Général au Développement Durable, Ministère de l’Ecologie du DéveloppementDurable et de l’Energie, 2013, « Chiffres Clés de l’Energie ».

Association Negawatt, 2011, « Scenario Negawatt 2011 ».

Greenpeace, 2013, « Scénario de transition énergétique ».

Rifkin J., 2012, « La troisième Révolution Industrielle », Editions Broché.

Conseil Régional Nord-Pas de Calais, 2013, « Master plan de Troisième Révolution Industrielle de larégion Nord-Pas de Calais ».

ADEME, 2013, « Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050 - Synthèse avec évaluation macro-économique ».

ANCRE, 2013, « Scénarios de l'ANCRE pour la transition énergétique ».

Acket C., Bacher P., 2014, « Diviser par quatre les rejets de CO2 dus à l'énergie : le scénarioNegatep ».

Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement duterritoire, 2008, « Convention sur le retrait de la vente des ampoules à incandescence et lapromotion des lampes basse consommation ».

Jouanno C., 2008, « L'efficacité énergétique dans l'Union Européenne : panorama des politiques etdes bonnes pratiques ». Service Observation, Economie et Evaluation de l'ADEME, pp. 1-52.

Giraud G, Kahraman Z., 2014, « How Dependent is Output Growth from PrimaryEnergy ? », Séminaire de l'école d'économie de Paris organisé avec le concours du CommissariatGénéral au Développement Durable.

Rutherford D., Zeinali M., 2009, « Efficiency trends for new commercial jet aicraft », InternationalCouncil on Clean Transportation.

Fischer-Kowalski M., Swilling M., 2011, « Decoupling natural resource use and environmentalimpacts from economic growth », United Nations Environment Program.

Meadows D., Meadows D., Randers J., 2004, « The limits to Growth, the 30 year update », EditionsBroché.

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE, 2006, « Effets sanitaires de l’accident de Tchernobyl »,http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs303/fr/.

Rabl A & JV Spadaro, 2001, « Les coûts externes de l’électricité », Revue de l’Energie, No.525,mars-avril 2001, p.151-163.

Bertrand Cassoret  

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Le grand bluff de la transition énergétique

9 Février 2015, 18:05pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le véritable objectif de la transition énergétique est la liquidation du parc électronucléaire pour favoriser l’essor de ruineuses énergies éoliennes et photovoltaïques.

Dans la nuit du 10 au 11 octobre 2014, 35 députés présents à l’assemblée nationale ont voté en catimini la loi de transition énergétique, du moins la seule partie de cette loi qui intéressait les écologistes politiques. On fera semblant, pour tromper l’opinion, de débattre, de sacrifier aux allers retours avec le sénat, mais ce qui était visé a été obtenu d’entrée : la réduction du nucléaire à 50% de la production d’électricité.

Un amendement a été déposé par un député UMP pour supprimer cette limitation. Cet amendement a été rejeté.

Les écologistes ont dormi dans la salle alors que les autres, pour la plupart, étaient partis.

Résultats du vote : 11 voix pour l’amendement, 24 contre.

Terminé. Vive la démocratie !

Tout le reste ne sera que de l’habillage, l’essentiel était ce paragraphe et le rejet de cet amendement. Ainsi, une décision majeure pour l’avenir de notre pays a été prise dans la nuit, par 35 députés (24 contre 11), dans l’indifférence générale. C’est une honte pour la représentation nationale.

Déconstruire la filière nucléaire

La porte est ouverte à la « déconstruction » de la filière nucléaire française. Les études et les développements risquent de péricliter. C’est un mauvais coup porté à un des fleurons de notre industrie nationale.

Dans quelques années, la folie verte va être confrontée à la réalité économique et sociale. Finies les simagrées de l’Allemagne qui prétend nous vendre de l’énergie électrique verte qui, en réalité, vient du lignite, et les contorsions sémantiques de ceux qui font semblant d’y croire.

Nous allons être placés encore plus sous la dépendance des importations d’énergie fossile pour compenser le manque de production nucléaire et les intermittences de l’éolien et du photovoltaïque, comme en Allemagne. Cette inconscience nationale proche de l’anesthésie est favorisée par le grand enfumage des « énergies renouvelables ».

La production d’énergie est pourtant l’un des problèmes majeurs qui conditionnent l’avenir de l’humanité. C’est un enjeu crucial pour la survie et l’indépendance d’une nation, d’une société et d’une civilisation. Personne n’y prête plus attention car nous sommes habitués à une facilité qui est l’héritage du travail acharné des scientifiques et ingénieurs du siècle dernier. La France est le seul pays au monde qui a débuté la vraie transition énergétique, il y a quarante ans, avec le démarrage d’un grand programme électronucléaire pour assurer la production des trois-quarts de son électricité sans émission de gaz à effet de serre. Pourtant, les journalistes et les hommes politiques, tous partis confondus, taisent consciencieusement cette réalité.

Le véritable objectif du débat sur la transition énergétique n’est pas le réchauffement climatique dont tout le monde, et surtout l’Allemagne qui revient au charbon, se moque éperdument, ou la diminution de notre dépendance au gaz et au pétrole… dont la limitation n’est même pas prévue dans le projet de loi.

Le véritable objectif est la liquidation sournoise du parc électronucléaire français limité, lui et lui seul, à 50% de la production d’électricité, pour favoriser l’essor des ruineuses énergies éoliennes et photovoltaïques.

En ces temps de chômage et de pauvreté à la hausse en France, ce gaspillage organisé délibéré fait mauvaise impression. Alors, la garde prétorienne antinucléaire met en avant le ténor médiatique Nicolas Hulot, prétendant qu « on nous a menti sur le coût du nucléaire », que « le coût du démantèlement du parc électronucléaire s’élèverait à plusieurs centaines de milliards d’euros ». Monsieur Hulot, peut sans vergogne contredire le rapport de la Cour des comptes sur le coût du nucléaire de janvier 2012. Il n’a pas besoin d’être sérieux, puisque la complaisance des médias et de certains personnages politiques lui est acquise.

EDF facture environ 14 c€ le kWh aux particuliers, toutes taxes comprises. Dans cette somme, la provision pour le démantèlement est incluse et vaut environ 0,5 centime par kWh. Beaucoup moins que l’énorme taxe de 2 centimes par kWh de la CSPE (en augmentation constante), qui est la taxe destinée à financer principalement le développement inconsidéré des énergies renouvelables, notamment éoliennes et photovoltaïques.

La presse ne diffuse que des papiers à charge contre le nucléaire, souvent avec des arguments d’une grossière indigence, sans possibilité de répliquer. Madame Duflot et ses « centaines de milliers de morts » post-Fukushima1 et Madame Rivasi, reine incontestée de la manipulation des chiffres, ont droit à tous les micros. Nos médias regorgent de déclarations péremptoires et définitives de politico-écologistes qui ne se soucient jamais d’exactitude. On exhibe aussi pour faire bonne mesure, quelques scientifiques de renom, s’aventurant loin de leur champ habituel de recherche ce qui les conduit à faire des déclarations indignes de leur talent. Ce bombardement médiatique permanent, cette « préparation d’artillerie » vise à faire pression sur les décideurs politiques, sur le thème de « l’acceptabilité » par le public.

Justifier la gabegie publique

Tandis que la production industrielle baisse, le public sent quand même bien que ce n’est pas le moment de malmener encore plus notre économie. D’autant plus que le miracle allemand de l’énergie verte semble tourner au désastre, et que le prix de l’électricité y est deux fois plus élevé qu’en France. Alors, on choisit un autre angle d’attaque en soutenant que le coût du nucléaire est sous évalué sur le thème « on nous a menti ».

Il faut en effet justifier à tout prix l’énorme gaspillage d’argent public dans les énergies renouvelables et le manque à gagner (et donc le coût) des fermetures anticipées de réacteurs en parfait état de fonctionner. Les Américains ont repoussé la limite de fonctionnement à 60 ans (au moins) pour la moitié de leur parc nucléaire… (ils étudient même 80 ans).

En France, il n’y a pas de durée de fonctionnement imposée aux réacteurs nucléaires lors de leur construction. Mais nos gouvernants font semblant de ne pas le savoir. Seul l’amortissement des investissements a été calculé sur 30 ans puis 40 ans. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) renouvelle (ou non) l’autorisation d’exploitation de chaque réacteur tous les 10 ans, et pour 10 ans. Or, parmi les 58 réacteurs en activité, 33 sont des « REP 900 MWe » (mégawatts électriques) qui vont arriver à la visite décennale des 40 ans. Si l’autorisation de prolongation de l’ASN n’est pas donnée pour des raisons politiques, sous couvert par exemple de travaux dispendieux à réaliser, ce sera un gaspillage monstrueux de l’argent public. Ce sont des dizaines de milliards d’euros que la représentation nationale, pour des intérêts inavouables ou par aveuglement, s’apprête à jeter par la fenêtre pour satisfaire des fanatiques écologistes et leurs associés électoraux.

Le grand mensonge consiste à prétendre que les énergies renouvelables (EnR), notamment éoliennes et photovoltaïques, sont en mesure de prendre le relais des énergies fossiles et du nucléaire. Certes, beaucoup de pays d’un niveau de vie comparable à celui de la France n’ont pas de parc nucléaire. Mais la France est le pays industriel ayant l’air le moins pollué, le seul qui ne dépende pas du charbon (directement ou indirectement, par production d’électricité délocalisée en Pologne), celui qui est le moins dépendant du pétrole, et un de ceux où le prix de l’électricité est le moins élevé… au monde.

En fait, développer les EnR, c’est augmenter la proportion d’énergie d’origine fossile dans le « mix » énergétique, puisque au mieux, seulement 30% de l’électricité sera en réalité de l’éolien et du photovoltaïque.

Parmi nos élus, peu ont le courage de présenter la réalité : ou bien on repart sur la consommation des combustibles fossiles, ou bien on a recours au nucléaire. La majorité est toujours dans le « flou artistique » pour donner l’illusion au Français qu’ils pourront vivre de vent et de soleil.

En revanche, nos voisins allemands ont clairement fait le choix du gaz russe et du charbon pour remplacer le nucléaire. Sigmar Gabriel, le ministre de l’Énergie a déclaré2 en juin 2014 : « On ne peut pas à la fois sortir en même temps du nucléaire et du charbon ».

La soi-disant « transition énergétique » est un immense bluff dont l’objectif masqué est de conforter momentanément un montage politique pour satisfaire des extrémistes « verts » et quelques investisseurs, y compris étrangers, bénéficiant d’effets d’aubaine au détriment de notre économie et sur le dos des contribuables français.

ANNEXE : À lire : Quelques données techniques et historiques

 

  1. Le nombre de décès imputables à l’accident nucléaire de Fukushima est et sera égal à zéro (rapport UNSCEAR 2013). Les deux seules victimes dans la centrale, sont deux agents de la centrale noyés par le tsunami. Un amalgame est sournoisement fait avec les nombreuses victimes du tsunami.
  2. AFP le 27 juin 2014. En conséquence, les Allemands sortent du nucléaire et rentrent dans le charbon. Cette phrase était une réponse au patron de la société norvégienne Statoil, Helge Lund, qui avait dit : « Pour nous, il est difficile d’imaginer comment vous (les Allemands) allez remplir vos engagements de réduction d’émissions de CO2. » La réponse de Sigmar Gabriel est limpide : les Allemands ne tiendront pas ces engagements.

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Sauvons le climat : L'incidence des gaz à effet de serre sur le changement climatique - L'"éco-cohérence" énergétique avec les énergies renouvelables, l'électricité nucléaire et l'efficacité énergétique - Qui a rédigé le rapport du Groupe 3 du GIEC ?

14 Juin 2014, 15:42pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le GIEC comporte trois groupes :

·        le GRI décrit Les éléments scientifiques  concernant l’évolution du climat.

·        Le GRII évalue les Impacts, adaptation, vulnérabilités de cette évolution.

·        Le GR III étudie les stratégies permettant  l’atténuation du changement climatique.

 Le Groupe III a publié son rapport  en Avril 2014. Ce rapport est important puisqu’il influera sur les états lorsqu’il s’agira de définir leur politique énergétique, aussi bien en ce qui concerne l’efficacité énergétique que  la définition d’un mix électrique.  En ce qui concerne ce dernier, il existe actuellement des différences de stratégies importantes entre pays, selon qu’ils envisagent ou non de sortir du nucléaire en recourant plus longtemps à l’usage de combustibles fossiles pour la production  d’électricité. Les deux stratégies sont illustrées par celles de la France et de l’Allemagne.  On pouvait donc espérer que les deux choix possibles seraient exprimés de façon équitable au sein du GRIII.

Il y a 3 co-présidents dans le GR3, un Cubain, un Allemand (Ottmar Edenhofer), un malien. Parmi les 6 vice-présidents il y a un Britannique, un Italien mais aucun Français.

Le rapport du GRIII contient évidemment  la liste des auteurs. On peut alors juger  du « rapport des forces ».   Et la surprise est amère. Pour  les 16 chapitres du rapport on compte 8 auteurs travaillant dans des institutions ou universités françaises  à comparer à 73 auteurs allemands !  Si on limite le décompte aux auteurs principaux  on trouve 5 français travaillant dans des institutions ou universités françaises à comparer à 27 allemands. La contribution allemande n’est dépassée que par celle des USA avec 49 auteurs. Le Royaume Uni  en compte 14, les Pays Bas et l’Italie 9 chacun.

Certains chapitres sont particulièrement importants.

Le chapitre 6 traite de l’évaluation des trajectoires de transformation  (Assesment of Transformation Pathways). Pour 1 français (Jean Charles Hourcade), on compte 13 allemands.

Le chapitre 7 traite des systèmes énergétiques : aucun français (où est passé EDF ?) , 8 allemands.

Le chapitre 16 traite des questions de coûts  d’investissement et de finances : aucun français, 3 allemands.

L’annexe 3 traite des coûts spécifiques des technologies et des performances : pas de français, 5 allemands.

Parmi les rédacteurs du résumé pour décideurs (SPM) on compte un français travaillant pour l’OCDE et un autre travaillant à l’université de Princeton, pour 16 allemands. Aucun français travaillant dans une institution française.

Pour le Groupe I les auteurs français du résumé pour décideurs étaient au nombre de 4  pour 6 allemands.

La faible représentation de la France dans le Groupe III était-elle délibérée ?  Ou bien résulte-t-elle d’un dysfonctionnement du Ministère de l’Ecologie (en 2008-2009) chargé de fournir une liste d’auteurs possibles au GIEC ?

Quoiqu’il en soit, cette faiblesse de la contribution française est un scandale et exige que la lumière soit faite pour comprendre comment elle a pu être possible.

Compte tenu de la composition du GR3 il ne faut pas s’étonner d’une tonalité anti-nucléaire du résumé pour décideur (SPM)  avec  l’évaluation suivante[1] :

L’énergie nucléaire est une méthode mature de production  d’électricité de base et à faible émission de CO2, mais sa part dans la production mondiale d’électricité décline depuis 1993. Elle pourrait fournir une contribution bas carbone croissante à la production, mais plusieurs barrières et risques s’opposent à son développement(évidence robuste, haut niveau d’accord).

Sont inclus les risques opérationnels et les préoccupations associées, les risques de l’extraction minière de l’uranium, les risques financiers et réglementaires, les problèmes non résolus de la gestion des déchets, la prolifération des armements nucléaires et une opinion publique hostile (évidence robuste, haut niveau d’accord)

De nouvelles technologies pour le cycle des combustibles et les réacteurs qui permettraient de surmonter ces obstacles sont l’objet de recherches développement et des progrès ont été faits concernant la sûreté et le stockage des déchets.


Cette phrase contredit la politique du gouvernement français qui propose de garder un haut niveau  (50%) de nucléaire dans le mix électrique français. Même en passant de 75 à 50%, la France restera le pays le plus "nucléarisé" du monde et, par voie de conséquence, un de ceux dont le secteur électrique est le moins émetteur de CO2..

Dans le SPM, seul le nucléaire voit égrener ses défauts.

Par ailleurs, cette façon de présenter le nucléaire est outrageusement partiale :

·        Comment peut-on dénoncer les risques des mines d’uranium et ne pas dire un mot sur ceux des mines de charbon ?

·        Comment parler de risques opérationnels du nucléaire sans dire un mot de ceux des industries du gaz, des barrages hydroélectriques, de l’exploitation de la biomasse etc.

·        Pourquoi taire que jamais un programme militaire n’a été la conséquence d’un programme civil préexistant.

·        Les déchets nucléaires sont contrôlés et confinés contrairement aux gaz, poussières et déchets solides produits par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

 

Le tableau ci-dessous établie  par le magazine Forbes (http://www.forbes.com/sites/jamesconca/2012/06/10/energys-deathprint-a-price-always-paid/) montre à quel point il est malintentionné de ne citer que les risques liés au nucléaire.

 

Technique

Décès  pour 1000 TWh

Charbon (monde)

170000

   

Charbon (USA)

15000

Pétrole

36000

Gaz naturel

4000

Biomasse

24000

Photovoltaïque

440

Eolien

150

Hydroelectricité

1400

Nucléaire

90

 

Nombre de décès par 1000 TWh d’énergie finale pour   différentes techniques.
 La table tient compte des victimes de Tchernobyl and Fukushima.


Les représentants des gouvernements, réunis à Berlin du 7 au 12 avril 2014 ont approuvé le Résumé pour Décideurs du  Group III (AR5)  et accepté ses évaluations scientifiques et techniques.

 Comment se fait-il que le Gouvernement Français ait accepté un tel résumé contraire à sa politique de maintien d’un haut niveau de contribution du nucléaire à sa production d’électricité ?


[1]Traduction SLC du texte anglais :

 Nuclear energy is a mature low-GHG emission source of baseload power, but its share of global electricity generation has been declining (since 1993). Nuclear energy could make an increasing contribution to low carbon energy supply, but a variety of barriers and risks exist (robust evidence, high agreement).
Those include:
operational risks, and the associated concerns, uranium mining risks, financial and regulatory risks, unresolved waste management issues, nuclear weapon proliferation concerns, and adverse public opinion (robust evidence, high agreement). New fuel cycles and reactor technologies addressing some of these issues are being investigated and progress in research and development has been made concerning safety and waste disposal.

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Conseil Général : la motion des élus communistes sur l'expérimentation du gaz de couche adoptée

1 Février 2014, 13:20pm

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Conseil Général : la motion des élus communistes sur l'expérimentation du gaz de couche adoptée
Conseil Général : la motion des élus communistes sur l'expérimentation du gaz de couche adoptée

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Ces écolos qui prônent le nucléaire

31 Janvier 2014, 13:14pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le documentaire «Pandora’s Promise» explique pourquoi des figures du mouvement écologiste se sont converties à l’atome, le considérant finalement comme un moindre

  • La balade d’un compteur Geiger dans le monde a montré des résultats étonnants

Energie

SFEN = assassins. Les stickers qui couvrent les vitres du cinéma L’Arlequin, rue de Rennes à Paris, annoncent le niveau de polémique qui entoure la projection en avant-première du documentaire Pandora’s Promise avant que le film ne soit diffusé (sur demande) dans les cinémas d’Europe et sur iTunes début décembre 2013.

Il faut dire que cette promesse peut passer pour une trahison. Celle de figures historiques du mouvement écologiste américain, à commencer par le réalisateur Robert Stone, qui sont passées d’anti à pronucléaires. Elles considèrent que l’atome est un moindre mal que les hydrocarbures et les conséquences des émissions de CO2 sur le climat.

Bien sûr, on se dit que la SFEN, la Société française de l’énergie nucléaire, un lobby de l’atome qui a organisé cette avant-première, a vu dans ce film une aubaine.

C’est le cas, naturellement. Mais en même temps, ce film était dans la dernière sélection du Festival de Sundance, la Mecque des «liberals» (cela veut dire de gauche aux Etats-Unis). Pas exactement un endroit où l’atome est en odeur de sainteté.

Dès les premières images, on comprend que ce documentaire n’est pas le «canular sophistiqué» qu’a dénoncé l’avocat Robert Kennedy Jr. Catastrophe de Fukushima, travailleurs dérisoires avec leurs pelles sur le toit de Tchernobyl, essais atomiques…

Rien des dégâts du nucléaire n’est caché. Mais le montage d’images d’archives oublié, la promenade mondiale d’un compteur Geiger et surtout les témoignages d’écologistes historiques comme l’écrivain britannique Mark Lynas ou l’un des inspirateurs du mouvement hippie Stewart Brand les font voir sous un angle très éloigné de l’écologiquement correct.

Des vérités qui dérangent

On découvre ainsi de nombreux faits qui étaient restés dans l’ombre. Par exemple que le choix de la filière des réacteurs à eau pressurisée pour équiper la plupart des centrales remonte à la conférence Atoms for peace à Genève en 1956, après que le président Dwight Eisenhower eut ouvert l’accès des technologies nucléaires à un certain nombre de pays amis.

Un mauvais choix selon les pionniers de la recherche nucléaire interviewés parce que c’est aussi celui des déchets alors qu’il eût été possible dès cette époque de sauter quatre générations avec des réacteurs plus petits mais consommant pour l’essentiel leurs propres résidus.

On apprend aussi que l’énergie qui connaît la croissance la plus rapide (et de loin) depuis 2000 n’est ni le solaire ni l’éolien, mais le charbon. Ou bien encore que les villes américaines sont aujourd’hui éclairées en grande partie par la combustion des ogives atomiques de l’ex-URSS.

Pandora’s Promise dénonce les contradictions des écologistes. Selon les antinucléaires, le nombre de morts suite à Tchernobyl serait ainsi d’un million.

Quand on leur présente le chiffre de 4000 auquel arrive l’ONU, ils crient à la conspiration. Les mêmes accordent pourtant une foi de charbonnier à l’organisation quand elle conclut au changement climatique.

Le film n’évite pas cependant quelques incohérences. Ce plaidoyer pour le nucléaire français, qui a rendu l’Hexagone deux fois moins émetteur de CO2 que l’Allemagne revenue récemment au charbon, oublie que la France a fait le choix de cette technologie à eau pressurisée fortement productrice de déchets.

Reste que les Helvètes seront confrontés à la question du choix entre gaz (importé ou de schiste) ou revirement sur la question de la sortie du nucléaire plus vite qu’ils ne le pensent. Ils devraient voir ce film pour se forger leur opinion.

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LES POLLUEURS MORTIFÈRES ESSAIENT DE SE REFAIRE UNE VIRGINITÉ EN SPONSORISANT LES JEUX OLYMPIQUES

27 Juin 2012, 17:00pm

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LES POLLUEURS MORTIFÈRES ESSAIENT DE SE REFAIRE UNE VIRGINITÉ EN SPONSORISANT LES JEUX OLYMPIQUES

Dow Chemical s'est engagé en 2010 à verser 100 millions de dollars tous les 4 ans pendant 10 ans au CIO en tant que sponsor principal des Jeux paralympiques d'été et d'hiver. Dow Chemical compte ainsi sur une augmentation globale des ventes d'environ 1 milliard de dollars en faisant la promotion de produits écologiques… Quelle bonne âme !...

Est-ce parce que Dow Chemical a sur la conscience des millions de morts, d'handicapés, de mal-formés ? Mais qu'est-ce donc que Dow Chemical ?

agt-orange.jpegC'est une entreprise mondiale de produits chimiques qui fabriqua le napalm et, avec Monsanto, l'Agent orange (dioxine) : ces produits furent déversés massivement pendant le guerre du Viet-Nam, provoquant des millions de victimes (4,8 millions pour l'Agent orange, estiment les chercheurs de la Columbia University). Encore aujourd'hui, on estime à 3 millions les personnes touchées par des maladies et des malformations à la naissance à cause de l’Agent orange...

« C'est ironique que Dow soit autorisé à sponsoriser des événements sportifs dont certains sont para-olympiques, alors que l'entreprise est à l'origine de générations d'enfants gravement malformés, tout en refusant de faire quoi que ce soit pour les aider », a écrit un représentant de l'Association vietnamienne pour les Victimes d'Agent Orange/Dioxin dans un mail.

Ce n'est pas tout : Dow Chemical est devenue propriétaire de l'Union Carbide et donc juridiquementbohpal.jpeg responsable de la catastrophe de Bhopal (Inde) qui en 1984 a provoqué officiellement 3 500 morts (entre 20 000 et 25 000 selon certaines sources)... mais renâcle fortement quand on parle d'indemniser les victimes...

De nombreuses voix se sont déjà élevées contre cet accord entre le CIO et cette entreprise mortifère :

Dès janvier 2012, la commissaire à l’éthique des Jeux olympiques, a démissionné publiquement de la Commission pour des Jeux durables en signe d’opposition. Ensuite, des athlètes (dont l’ancien rugbyman international Denis Charvet), des associations humanitaires (dont Amnesty international) et de défense de victimes, des responsables politiques (dont Marie-George Buffet ; le ministre de la Culture, des sports et du tourisme du Viêt Nam…), etc. ont adressé des lettres ouvertes au président du CIO pour dénoncer cet accord. Ils demandent la rupture du contrat et la reconnaissance par Dow Chemical de ses responsabilités.

Nous nous joignons à eux et vous engageons à signer la pétition en ligne :

http://www.petitionduweb.com/Petition_dow_chemical_hors_des_jo_et_du_cio-17919.html

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Pollution toxique du Danube, solidarité avec le peuple hongrois

9 Octobre 2010, 09:10am

Publié par MDC

Pollution toxique du Danube, solidarité avec le peuple hongrois

 

Je suis consterné par l’accident industriel qui frappe Ajka en Hongrie, je pense aux populations, aux familles endeuillées, à la désolation du peuple hongrois après une catastrophe écologique d’une telle ampleur.

J’appelle l’Union Européenne, en coopération avec les Etats, à mobiliser rapidement le Fonds de solidarité Européen ainsi que tous les moyens dont elle dispose pour aider le gouvernement hongrois à faire face aux conséquences terribles de cet accident industriel.

Le Danube ainsi souillé par les boues toxiques qu’il charrie c’est la Hongrie et les pays en aval, la Croatie, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie, qui sont de nouveau confrontés à une pollution industrielle dévastatrice qui n’est pas sans rappeler l’accident au cyanure de 2000 qui a déjà frappé cette région.

L’Union européenne doit aider les gouvernements à mettre aux normes de sécurité de tels sites sensibles, avec des critères sévères et rigoureux de contrôle de ces installations. 

Une telle catastrophe met de nouveau à l’ordre du jour la constitution d’un dispositif commun de prévision, de surveillance, d’alerte et d’assistance solidaire et rapide aux populations en cas de besoin, afin de concrétiser une solidarité européenne vitale dans de telles situations.

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LE GOUVERNEMENT DÉPOUILLE LES MINISTÈRES DE L'AGRICULTURE ET DE L'ÉCOLOGIE

2 Août 2010, 19:21pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

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LE GOUVERNEMENT DÉPOUILLE LES MINISTÈRES DE L'AGRICULTURE ET DE L'ÉCOLOGIE

Communiqué de presse du PCF 8 juillet 2010

Alors que la crise de l’écologie et la situation du monde agricole français nécessitent des moyens financiers et humains d'un haut niveau, le gouvernement, par la voix de son ministre Baroin, envisage d'opérer des coupes sombres sur le budget du ministère de l'Agriculture et sur celui de l'écologie. C'est inacceptable!

Pour le premier, les crédits baissent de 4,46 milliards d'euros en 2010 à 4,21 milliards en 2013. En 2011, 650 emplois seront supprimés au sein du ministère. Après son bras d'honneur aux paysans à travers le projet de loi libérale « LMAP », cette mesure budgétaire entérine la volonté de la droite de s'inscrire dans le démantèlement de la politique publique agricole française, qui aura pour conséquences de réduire les moyens en matière d’agriculture durable, d'amélioration de la santé, de l’alimentation, de la qualité de nos sols et sous-sols, de la mer....

Pour le second, les crédits passent de 9,24 milliards en 2010 à 8,82 milliards en 2011 et de 6 Milliards sur les trois ans à venir. Cette décision met en évidence, l'hypocrisie de ce gouvernement quant à ses promesses et priorités affichées sur les défis écologiques à relever.

Ce reniement aura des conséquences irréparables sur la préservation et l'évolution de la biodiversité, sur la nécessaire lutte contre le réchauffement climatique, sur le développement d’une politique publique de l’énergie avec l’enjeu des énergies… L'échec de la loi Grenelle 2, prolongement de la loi Grenelle 1, est ainsi confirmé.

Préoccupé par les grandes menaces et inégalités sociales comme écologiques qui pèsent sur notre planète et ses peuples, mobilisé par le niveau du défi à relever pour fournir en qualité et en quantité suffisance la nourriture à 9 milliards d'être humains d'ici à 2050, le PCF appelle les acteurs du monde agricole, les écologistes, les associations de défense de l’environnement, les partis de gauche à agir ensemble pour une politique budgétaire offensive et de progrès social. La survie de la planète et la satisfaction des besoins humains ne peuvent être conditionnées par un budget de rigueur soumis au diktat des agences de notation boursière.

Xavier Compain, Responsable de la commission Agriculture au PCF

Hervé Bramy, Responsable de la commission Écologie au PCF

 

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Les élu-e-s communistes et républicains se mobilisent pour le Fret

3 Juillet 2010, 10:38am

Publié par MDC

 

arton4928.jpgL’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) sera aux cotés des associations et les syndicats pour exiger moins de camions et plus… de wagons !

Rassemblement - Mardi 6 juillet à L’Assemblée Nationale - 15h/18h

Face aux renoncements du gouvernement de se donner réellement les moyens d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre de 20%, d’ici 2020, dans le secteur des transports,
face aux conséquences dramatiques du nouveau plan FRET de la SNCF qui jetterait des centaines de milliers de nouveaux camions sur les routes, 
l’ANECR a pris l’initiative le 7 mai 2010 de relayer auprès des élus et des populations le communiqué des associations environnementales et des syndicats pour que la copie du plan FRET SNCF soit revue d’urgence.

Le 2 juin, les représentants de 365 élus de toutes les sensibilités de la gauche et des écologistes tenaient une conférence de presse, et mettaient à disposition des élus et des citoyens sous forme de pétition nationale (1)un texte reprenant les exigences portées par les syndicats et les associations (2)qui réclament :

Le respect des objectifs de réduction de gaz à effet de serre(GES) du secteur des transports, inscrits dans la loi Grenelle,

Un moratoire immédiat sur la partie « wagon isolé »du plan Fret SNCF/Gouvernement,

La transparence et un débat public objectif,notamment sur les conséquences en termes d’émissions de GES, la mise à disposition et l’approfondissement des études « carbone »,

La préservation des installations ferroviaires en situation de réutilisation, afin d’être capable de disposer d’alternative à la route en réponse aux changements de comportement demandés aux chargeurs,

L’examen d’organisations nouvelles de la production SNCFen proximité, spécialement adaptées et en coopération avec les opérateurs nouveaux pour, ensemble, donner de la pertinence économique aux convois.

Chaque jour qui passe cet appel se couvre de nouvelles signatures.

Le cap des 3 000 signatairesest en passe d’être atteint. Face à des choix qui sacrifient les wagons pour faire la part belle aux camions l’incompréhension et la colère sont grandes tant chez les élus, que chez les citoyens. 
Le secteur économique n’est pas en reste comme en témoigne l’appel de plusieurs fédérations des secteurs de l’industrie et des transports3 qui viennent d’appeler la SNCF à reporter ses projets d’abandon partiel de son activité dite de wagon isolé. « Le multi-lots multi clientsn’est pas ne réponse aux besoins des chargeurs » et « sa mise en place va entraîner un transfert massif de l’activité vers le transport routier ».

La raison doit l’emporteret un vrai débat public doit avoir lieu sur un sujet majeur qui concerne l’avenir de la société.

Les associations environnementales et les syndicats s’engagent dans une nouvelle phase de leur action commune. Ils ont pris l’initiative d’organiser le mardi 6 juillet après midi un rassemblement à Paris pour : moins de camions…plus de wagons… et moins de gaz à effet de serre…

L’ANECR qui est pleinement engagée dans ce combat sera présente. Elle appelle les élus progressistes à participer au rassemblement. Conjuguons les initiatives pour contraindre le gouvernement à revoir la copie du plan FRET.

 

(1)lien http://toolbox.elunet.org/petition_fret/

(2)Les fédérations CGT et UNSA des cheminots, la FGTE-CFDT et l’IUT-CGT, la FNAUT, le Réseau Action Climat, France Nature environnement, Agir Pour l’Environnement, WWF, Les Amis de la Terre, le Comité de Liaison Energies Renouvelables…

 

 

 

 

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LE PROJET DE MODERNISATION AGRICULTURE-PECHE EST UN BRAS D'HONNEUR AUX PAYSANS

30 Juin 2010, 12:10pm

Publié par MDC

 

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Le projet de loi de Modernisation Agricole et de la Pêche présenté aujourd’hui à l’Assemblée nationale par legouvernement est un véritable bras d’honneur aux paysans qui voient leurs revenus baissés d’année en année jusqu’à atteindre moins 34% en 2010.

 

La droite avec ses vieilles recettes libérales propose comme seul devenir de l’agriculture un projet de loi réactionnaire, avec notamment la contractualisation entre transformateurs et producteurs. Les actionnaires de l’agro-alimentaire dans le domaine de la transformation et de la grande distribution, vont donc continuer à s’enrichir sur le dos des travailleurs de la terre et de la mer.

Il faut maintenant répondre aux besoins humains, relever les défis sociaux et environnementaux en garantissant des revenus décents aux producteurs tout au long de leur vie.

Cette loi voulue par Nicolas Sarkozy est un plan social, sans le nom, visant à adapter l’agriculture française à une Politique Agricole Commune démantelée à l’horizon 2013.

La vraie ambition agricole est de redonner du sens aux métiers de la terre et de la mer, en rémunérant ses travailleurs. Face à ce capitalisme indigeste, la droite doit avoir le courage de tourner le dos aux pratiques socio-économiques qui conduisent à affamer le peuple, à détruire notre éco-système, à appauvrir les paysans, à kidnapper les terres de pays pauvres.

Les propositions alternatives pour moderniser l’agriculture et la pêche existent.

Le PCF propose d’interdire la spéculation financière sur les produits agricoles, de taxer les importations abusives pour relocaliser nos productions, de mettre en œuvre un coefficient multiplicateur, définir les prix minimum indicatifs, construire l’agenda de la conférence annuelle par production associant l’ensemble du monde agricole, et donnant lieu à négociation sur les prix.

Communiqué du Parti communiste français. 29 juin 2010.

 

 

 

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Nos enfants nous accuseront

5 Avril 2010, 10:31am

Publié par MDC

Nos enfants nous accuseront

Dans un petit village français au pied des Cévennes, le maire a décidé de faire face, a décidé de réagir en faisant passer la cantine scolaire en Bio. Ici comme ailleurs la population est confrontée aux angoisses contre la pollution industrielle, aux dangers de la pollution agro chimique. Ici commence un combat contre une logique qui pourrait devenir irréversible, un combat pour que demain nos enfants ne nous accusent pas.

 

 

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Suppression de la ligne TGV Nord-Pas-de-Calais : A. Bocquet écrit à D. Busserau

19 Janvier 2010, 20:25pm

Publié par Xavier



Courrier d’Alain BOCQUET à Dominique BUSSEREAU, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, suite à l’annonce d’informations alarmantes qui font état de la suppression imminente par la SNCF de liaisons TGV concernant le Nord – Pas-de-Calais.

http://photoenligne3.free.fr/PasdeCalais/Arras/Gare/N1945.jpg"Des informations très alarmantes font état de la suppression imminente par la SNCF de liaisons TGV concernat le Nord - Pas-de-Calais.

L’offre ferroviaire sur Paris-Arras et celle sur Lille-Strasbourg seraient directement visées avec toutes les conséquences que l’on imagine pour les usagers, les salariés, nombreux qui travaillent en Ile-de-France, l’attractivité et le rayonnement de notre région.

Ce n’est pas la première fois que le Nord - Pas-de-Calais subit ce type d’attaques et se voit réduit au rôle de "variable d’ajustement" de la rentabilité de toute force recherchée par la direction de la SNCF et de l’Etat, au détriment des missions du services publics.

Bien évidemment ces nouvelles mesures, qui doivent être abandonnées, sont loin d’être des dispositions isolées.

Elles s’inscrivent dans l’objectif global de dépeçage de la SNCF dont témoignent :

- les coups portés au fret ferroviaire avec les menaces pesant sur le triage de Somain, ses 400 emplois, son rôle majeur au service de l’économie Nord - Pas-de-Calais et de nos entreprises ;
- les réductions d’effectifs cheminots au fil des ans ;
- l’attaque contre les dispositifs tran-auto avec le terminal Lille-Seclin, etc...

Enfin ces annonces de disparition de liaisons TGV prolongent des décisions semblables intervenues ces dernières années, ainsi que je l’avais dénoncé par exemple en 2009, à propos de la ligne Valenciennes - Paris ; ou des dessertes nationales ou internationales, comme en 2006 où j’interpellais déjà le gouvernement sur ce sujet et à propos de la réduction des arrêts d’Eurostar en gar e Calais-Frethun et de la nécessité d’une liaison TGV Calais-Bruxelles.

J’avais mis l’accent à l’époque et ça reste pleinement d’actualité, sur l’importance des efforts budgétaires engagés par les collectivités territoriales pour développer l’offre de service public SNCF, la qualité et le rythme de ces liaisons indispensables à la vitalité du Nord - Pas-de-Calais.

Force est de constater comme le font d’ailleurs les élus locaux, usagers, cheminots et responsables d’entreprises, que gouvernement et SNCF poursuivent de concert, cette même politique de casse.

C’est pourquoi, je vous demande d’intervenir auprès de la direction de la SNCF pour l’abandon des mesures de réduction de service, qui viennent d’être révélées publiquement."

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Ciné-débat

17 Mai 2009, 20:40pm

Publié par Xavier

http://www.herbe-lefilm.com/images/herbe.jpgCINEMOVIDA  Grand'place à Arras
Lundi 18 mai 20H30 et Mardi 19 mai 14H30


Herbe
Au coeur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier d'éleveur laitier se confrontent.
Alors que des hommes se sont engagés depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, le courant majoritaire de la profession reste inscrit dans un modèle de production industriel, fortement dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires...


Le film sera suivi d'un débat


Pour en savoir plus:http://www.herbe-lefilm.com/index.html


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Rendement record mais à quel prix ?

15 Janvier 2009, 18:20pm

Publié par Xavier

Rendement record mais à quel prix ? Notre région cultive des betteraves sucrières sur 51 000 hectares mais ne compte plus que quatre sucreries ce qui signifie des centaines de milliers de km à parcourir pour les transporter à travers nos deux départements. On a battu cette année des records de rendements (84,8 t. à l’hectare) et les producteurs annoncent comme «  une mauvaise nouvelle » (sic) qu’on veuille les obliger à réduire les fongicides, pesticides et herbicides dont ils arrosent leurs champs. Ils oublient de dire que ces poisons qu’on retrouve dans nos assiettes sont aussi des HOMICIDES.

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Le projet de loi OGM est rejeté !

13 Mai 2008, 20:31pm

Publié par Xavier

http://partenaires-ez.prisma-presse.com/afp/francais/journal/fra/photos/photo_1208415062851-1-0.jpg

Enorme surprise à l’Assemblée nationale : le projet de loi controversé sur les OGM a été rejeté à la suite de l’adoption d’une motion de procédure du PCF défendue par André Chassaigne, ce qui entraîne automatiquement la fin de l’examen du texte.

« La majorité des députés a considéré que le texte n’était pas correct, qu’il n’était pas abouti, qu’il ne fallait pas le discuter », s’est réjoui André Chassaigne (PCF), l’auteur de la motion de procédure adoptée à une voix près (136 contre 135) qui a abouti au rejet du texte

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Joseph Bové, la grève de la faim, le Grenelle de l'environnement et les notables arrageois.

3 Janvier 2008, 16:57pm

Publié par Xavier

 


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Joseph Bové ( nom de scène: José Bové) commence une grève de la faim. C'est son droit. Le seul problème, c'est qu'il passe son temps sur les ondes  à affirmer que ce n’est pas un coup médiatique. Non. Ce n’est pas un coup médiatique. Ah? Alors qu'est-ce que c'est?

"Depuis hier soir, j’ai cessé de m’alimenter, a-t-il déclaré sur France Inter. J’ai pris un bouillon clair hier et depuis ce matin je suis à l’eau."


Joseph Bové n'a donc pas déjeuné ce matin... Pourquoi recourir à un procédé si extrême? Pour encourager Jean-Louis Borloo et son Grenelle de l'environnement bien sûr!

Il s'était d'ailleurs fait remarqué sur cette même antenne, en se faisant passer pour un auditeur anonyme afin de féliciter en direct la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet! Du grand art!

Une auditrice nommée Claire, originaire du Pas-de-Calais et participante malheureuse du Grenelle de l'environnement à Arras, l'a mis face à ses contradictions, dénonçant cette parodie de démocratie et taillant au passage un costard aux notables arrageois ! Voici son intervention:

« Je m'étonnes que vous ne vous soyez pas rendu compte plus tôt que le Grenelle de l'environnement était une énorme arnaque!

Parce qu'on y traitait des sujets qu'on voulait bien y traiter, ensuite on laissait croire qu'on allait les traiter.

Est-ce que vous savez comment se sont déroulées les réunions ouvertes au « grand-public », soit-disant, dans les 22 villes de France?

Je fait parti d'une association de lutte contre le bruit (...) J'ai demandé à participer à Arras, d'abord j'ai eu beaucoup de mal à trouver où allait se dérouler cette réunion et j'ai demandé comment on pouvait participer à cette réunion publique.
On m'a dit: « vous allez nous donner vos coordonnées, on vous donne une convocation ». Alors là, stupéfaction! J'attends, pas de convocation, je retéléphone et on me dit « de toute façon, c'est ouvert au grand public à partir de 19 heures ».

Comme je m'en doutait, le matin on avait réuni les "notables désirables", onL'image “http://www.lavoixdunord.fr/dossiers/environnement/grenelle/grenelle_arras_gerard.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. avait bien dit ce qu'on allait transmettre au Grenelle de l'environnement, on a réuni le grand public pour avoir l'air d'être démocratique, les gens on dit ce qu'ils avaient à dire. Seulement, on en a absolument pas tenu compte quand on a transmis au Grenelle de l'environnement, on a transmis que ce que les notables avaient décidé le matin! Et ce n'est pas que dans notre département que ça c'est passé comme ça! »

Photographie:  La Voix du Nord
Pour écouter l'émission: http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/




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