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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #edito

Liberté Hebdo 1213 : L'édito de Franck

2 Avril 2016, 06:58am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1213 : L'édito de Franck

LA RELANCE PAR LE PAVÉ !

A plus de trente ans d’écart, la loi sur l’école libre et celle pour le mariage pour tous eurent l’une et l’autre pour effet de fédérer toutes les droites face à la gauche, enfin au gouvernement dit de gauche actuellement.

Les socialistes savent rassembler contre eux. Ils savent aussi faire voter « utile ». Pensent-ils.

Le comble pour François Hollande est d’avoir dans la rue ceux qui ont voté pour lui et les générations de futurs électeurs, unis comme un seul homme, comme lors de la réforme Devaquet, le plan Juppé sur les retraites et la sécurité sociale ou le CPE...

Sauf que c’était alors face à la droite, Chirac, Juppé ou Villepin. 1986,1995, 2006 ou 2016, chaque décennie porte le monde du travail et les étudiants à devoir s’affronter aux tentations réactionnaires.

Sauf que ce gouvernement est acharné à marquer contre son camp. Et malgré tout, le mouvement social ne se traduit pas par un changement profond conforme aux attentes populaires. Et les socialistes, hormis les frondeurs, restent persuader d’avancer dans la bonne direction.

L’annonce de l’abandon de la réforme constitutionnelle concernant la déchéance de nationalité tombe à point. Ce recul n’est pas, semble-t-il, le synonyme d’une prise de conscience. Et mobilise plus encore contre les attaques et pour la défense du Code du travail.

Un changement de politique est plus que jamais nécessaire. Nous ne pouvons pas admettre cet acharnement à vouloir broyer les efforts et les sacrifices de générations de militants et de travailleurs. Plus que jamais, les citoyens ont besoin de plus de solidarité, de fraternité, de sécurité.

Même aux Etats-Unis, la question du salaire minimum prend forme. En Finlande, l’évolution du système social est à observer de près. Il existe d’autres façons de voir la marche du monde que d’être collé aux chiffres et aux résultats financiers comme une vulgaire multinationale au service de quelques intérêts privés uniquement.

Le changement, maintenant, consisterait-il juste à modifier une ligne budgétaire ?

Les longues luttes d’émancipation et de conquêtes sociales sont aujourd’hui l’objet d’un déni total par un gouvernement minoritaire, en recul sur ses projets et reportant toujours la prise en compte des réels besoins de la population.

L’heure, pour beaucoup de salariés, d’étudiants, chômeurs ou de retraités, est de partir à l’assaut de nouveaux droits, d’envisager une autre manière de changer le monde et d’apporter un souffle nouveau dans le paysage politique.

A l’heure où personne n’oserait plus avoir une idée innovante de peur de la voir taxer d’utopie. Vilain mot pour les démagogues, frileux sans imagination et conservateurs de tous poils.

Joli nom, porteur d’espoir, d’avenir et d’amour pour toutes celles et ceux, nombreux dans les rues ce 31 mars, qui croient en l’Humain d’abord.

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Pourquoi je reste au PCF

29 Mars 2016, 16:09pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Pourquoi je reste au Parti Communiste Français ? 

 

Difficile cette question. Beaucoup de camarades le savent aussi. Il suffit de voir à quel point le quitter est un déchirement pour celles et ceux qui ont fini par franchir le pas. J’en ai rencontré et je continue à en rencontrer beaucoup. Car, malgré leur départ, on se retrouve sur les mêmes champs de bataille tous. On se croise dans les mêmes conférences, les mêmes ciné-débats, les mêmes manifs … Chaque fois qu’ils évoquent les souvenirs, leurs vieilles plaies, il y a cette conjugaison étrange entre une douce nostalgie et une colère saignante. Tous se disent orphelins. Ils sont les orphelins de ce grand parti de classe, le seul qui a été jusque là capable de provoquer quelques frayeurs à la petite bourgeoisie, aux rentiers de l’industrie et à leurs chiens dociles. Sans blague, le père Gattaz a du se résigner à le confesser, on ne fait pas la même politique avec un parti communiste à 20 et à 5%.

Et puis il faut tout de même avouer que depuis l’effondrement du bloc soviétique, les choses ne vont pas en s’améliorant. 1% de la population mondiale possède autant que les 99% restants ! Le péril rouge avait au moins la force de contraindre les tenants du capital à un peu plus de sobriété.

Enfin les choses sont ainsi faites, elles changent avec le temps. Elles changent en mal si on n’y prend pas garde.

C’est vrai pour le capitalisme comme pour son pire ennemi, c’est-à-dire nous.

Le confort de la démocratie libérale encroûte certains des plus téméraires. D’année en année, d’élection en élection, on finit par jouer le jeu et on laisse périr la matrice première de notre engagement. L’école de Chicago est passée par là, Gorbatchev a vendu les meubles aux enchères, le parti de Berlinguer au pays de Gramsci abandonna la bataille, l’ouragan Robert Hue détruisit tout sur son passage

… Que dire de l’héritage.

On veut rallumer les étoiles sans provoquer la moindre étincelle. On espère désespérément être oint par la Sainte ampoule de la bonne société. Celle qui fixe les règles, qui choisit qui est fréquentable et qui ne l’est pas. Veut-on à ce point être fréquentable ? Auprès de qui ? De Libération ? Du Nouvel Obs ? Du Parti socialiste ? Non, je crois plutôt que ces gens-là devraient pouvoir nous détester, nous vomir même. Je pense au bonheur intérieur par exemple qu’a du vivre notre ami François Ruffin quand, invité sur le plateau d’Europe 1 pour parler de son film Merci Patron !, il doit faire face à la condescendance et au dégoût viscéral qu’il provoque chez Jean-Michel Apathie.

Voilà, c’est cette haine et ce mépris que nous devrions pouvoir contempler sur le visage de la presse bourgeoise quand elle fait face à l’un des nôtres. Or, il faut bien avouer que nous sommes loin de ce cas de figure.

Non le parti communiste a rangé l’outillage et il veut rassembler les brebis égarées. Il passe son temps à vouloir rassembler. Enfin rassembler au sommet à chaque fois, jamais à la base. Il va de compromis en compromis et il ne tire aucun bilan de ses choix. J’ai lu avec attention le texte que la direction propose aux communistes comme base de discussion pour le congrès. Enfin, pour être plus précis, j’ai essayé de le lire. J’ai lâché au bout de la dixième page je crois. Peut-être un problème de style me direz-vous ? Indéniablement je dois l’avouer. Mais si seulement il n’était question que d’un problème de style. Non ce texte il est symptomatique de ce qu’est la réalité de notre parti depuis des années maintenant. Une coquille vide. A peine se revendique t-il encore anticapitaliste entre les lignes. Nos économistes sont dépassés, ils formulent des propositions ahurissantes sur l’Europe et un hypothétique euro de gauche, ils n’évoquent même plus ou presque les nationalisations. Mais enfin qui sommes-nous aujourd’hui ? Que défendons-nous ? Une autre Europe, un autre euro, un autre capitalisme ? Bref, une simple et terrifiante posture réformiste ? Moi je ne sais pas vous, pour les camarades qui me lisent, mais je n’ai pas pris ma carte au PCF pour ça. Je l’ai prise parce qu’un jour j’ai emprunté le manifeste de Marx à la bibliothèque de mon lycée et que j’ai compris que le chemin était celui-la. Je l’ai prise quand j’ai vu qu’en organisant la lutte dans mon petit lycée fréquenté par les gosses de prolos, on défendait les droits de centaines et de centaines de familles populaires du secteur. Je l’ai prise quand j’ai compris que nous avions mes camarades et moi des aspirations communes et que nous pouvions les faire triompher en se battant ensemble, de manière organisée. Je l’ai prise ma carte quand j’ai su que ces aspirations étaient contraires à celles des encravatés qui voulaient fermer des classes dans ce lycée pour de fumeuses et obscures raisons arithmétiques.

J’ai un peu plus de 10 ans de carte maintenant. J’imagine le rictus de certains camarades qui se disent que je suis encore un petit jeunot. Je milite dans ma petite cité du Pas-de-Calais. Grosse section militante, une municipalité que nous gérons depuis 80 ans sans partage ou presque, les camarades m’ont confié un mandat passionnant à la culture. Bref je me sens bien dans ce que je fais. Je donne un coup de main dans ma fédération, je partage entièrement sa ligne et ses batailles. J’ai sans doute beaucoup de chance. Certains camarades n’ont pas cette chance je le sais. Peut-être que si j’avais milité ailleurs j’aurais déjà rendu les gants. Je ne sais pas. Militer, c’est plus vrai encore je crois au parti communiste, cela s’apparente à un vrai sacerdoce. On sacrifie beaucoup de choses à la cause. En tout cas, je sacrifie beaucoup de choses. Je vis, je respire, je mange communiste. Je passe ma vie à lire, à écrire, à penser. Et puis même si je ne suis pas le plus assidu, il faut distribuer les tracts, coller les affiches, participer aux multiples réunions. J’adore les réunions du parti donc c’est une fausse contrainte. Elles ne sont pas toujours passionnantes il faut bien l’avouer mais on y croise les camarades. Il y a un lien si étrange entre nous. Si fort, si fraternel. Cela n’est pas un mythe. La fraternité, cela a un sens profond chez les communistes. La pratique exclusive du tutoiement, les débats sans fin autour du verre de l’amitié, les étreintes, les accolades, les éclats de rire. C’est même difficile de réussir à trouver les mots pour décrire cette atmosphère tellement singulière, tellement chaleureuse. Mais être communiste cela ne vous quitte jamais, sauf si vous y avez adhéré pour de mauvaises raisons. Non cet idéal vous hante sans cesse. Il est si fort qu’il prend le pas sur les individualités. Un communiste est prêt à donner sa vie pour défendre son idéal. Là aussi, cela n’est pas un mythe. Les noms des plaques dans les citadelles, sur les monuments aux morts de la France entière peuvent en témoigner. C’est encore vrai aujourd’hui. J’en ai la certitude.

Alors, même si les directions qui se succèdent ont la lourde tendance à dériver à tribord, ce parti, mon parti, reste un outil extrêmement précieux. Je laisse aux idéalistes le luxe de croire à la fable des mouvements citoyens, des révolutions silencieuses. Pour briser ses chaînes, le peuple asservit aura indéniablement besoin de se structurer, de s’organiser. Il va devoir prendre conscience de lui-même, de sa force. Il n’y a qu’un parti se revendiquant sans honte du socialisme qui sera en capacité de répondre à cette prérogative. Croire le contraire nous mènera inexorablement à l’échec. Syriza, Podemos, les indignés … Toutes ces réponses échouent parce qu’elles ne répondent pas aux conditions historiques et pratiques nécessaires à leur réussite. Un vrai parti de lutte de classe. Pas simplement vouloir proposer un peu plus de logements sociaux par ci, un peu plus de redistributions par là. Non tout cela a échoué et continuera d’échouer. Tactiquement je ne suis pas contre l’idée que nous participions à des majorités avec d’autres formations de gauche. Mais cela ne peut avoir du sens que si nous sommes en capacité de peser lourdement dans le rapport de force, d’obliger le marqueur politique à se positionner le plus à gauche possible. Le parti socialiste n’a été de gauche dans l’histoire que lorsque le parti communiste l’y a contraint. C’est mécanique, c’est historique. C’est ce que font actuellement nos camarades au Portugal. Ils ont signé un accord majoritaire avec le parti socialiste parce qu’ils tiennent une vraie ligne de classe, que leur score est important et qu’ils ont donc obligé le PS a devoir gouverner avec eux.

Nous avons eu des opportunités de rendre le rapport de force extrêmement intéressant ici en France. En 1995 ou en 2005. Après 1995 nous nous fourvoyons dans le gouvernement de la gauche plurielle qui privatise à tout va, qui répond aux salariés de Moulinex qu’il ne peut rien faire contre la fermeture de leur entreprise. En 2007 on participe aux lamentables collectifs antilibéraux qui nous ramènent à un score minuscule alors que Royal menait une campagne à droite. Les mêmes, qui nous ont conduit dans ces impasses, continuent de rédiger nos orientations de congrès et continuent de nous dicter ce qui est bon pour le parti, pour la gauche. Alors pour conclure et dire les choses très simplement, je ne quitte pas le Parti Communiste Français car il est hors de question que je le laisse définitivement entre ces mains la. Il est trop précieux pour qu’on puisse le leur abandonner jusqu’à une extinction qui deviendrait inévitable.

Guillaume .Sayon

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Liberté Hebdo 1212 : L'édito de Franck

24 Mars 2016, 17:40pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1212 : L'édito de Franck

Toutes nos pensées vont vers les victimes des attentats. Pour eux, pour leur famille, leurs proches, nos gouvernants ont le devoir d’engager des actions renforçant la sécurité réelle mais aussi la solidarité, le

bien public.

Au même moment, des centaines de milliers d’étudiants, de chômeurs, de salariés ou de lycéens défilent dans les rues de nos villes pour s’affranchir de la pression patronale, repousser le spectre de la précarité, donner un sens à l’avenir. Ils montrent un grand courage à faire face dignement, rassemblés, solidaires et actifs pour changer le monde. Le changer pour le rendre meilleur.

Une minorité dévoyée, corrompue ou désaxée, touche au pire. Les poseurs de bombes qui ont commis leurs forfaits à Bruxelles le 22 mars ou les mitrailleurs de plage en Côte d’ivoire la semaine précédente sont-ils conscients de leur insanité ? Psychologues, sociologues, politologues et quantités d’experts n’ont de cesse de se pencher sur le sujet pour trouver des réponses.

Les victimes innocentes frappées dans leur chair ne sont pas près d’oublier l’horreur des attentats. Les familles, les proches des victimes sont bouleversés. Les vies fauchées ne seront pas remplacées. Elles sont irremplaçables. Il faut le dire, le répéter. Cette violence qui n’épargne personne rend d’autant plus difficile la vie quotidienne. Combien d’enfants assistent impuissants sur les écrans de télévisions au défilé incessants d’images toutes plus impressionnantes les unes les autres ? Quel monde ces criminels sont-ils en train de fabriquer ? Il nous revient de porter l’espoir. De faire en sorte, malgré l’horreur, que l’humanité reste solide.

Comment tout cela va-t-il finir ? La question revient en boucle. La solidarité doit jouer à plein pour donner une chance à la paix. Les réfugiés fuyant les guerres, de Syrie ou d’ailleurs, sont solidaires avec les victimes. Ils l’ont montré.

Combien sont effrayés de voir que dernière nos démocraties se dissimulent des monstres, aussi inhumains que ceux qu’ils ont

croisés dans leurs quartiers, devant leurs maisons. Ceux devant lesquels ils ont déjà dû fuir.

La peur ne doit pas nous rattraper. Tous les efforts doivent porter sur la résolution des conflits engagés à l’extérieur de notre pays, contre des civils aussi. Tous les efforts doivent être mis en œuvre pour protéger les citoyens, les civils, d’actes de guerre commis sans discernement frappant femmes, enfants, chrétiens, juifs, athées ou musulmans au pseudo prétexte de la religion.

Tous les efforts doivent être entrepris pour que les moyens soient donnés, humainement, afin que jamais de telles horreurs ne puissent plus à nouveau être perpétrées. Plus que jamais, au lieu de vouloir détruire l’héritage de deux siècles de luttes et de conquêtes sociales, le gouvernement doit s’atteler à la reconstruction du service public, à la mise en œuvre réelle de solidarité active, de partage et de construction d’un monde plus humain.

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Liberté Hebdo 1211 : L'édito de Franck

19 Mars 2016, 12:28pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1211 : L'édito de Franck

EN ARRIÈRE TOUTE !

Les démons anciens ont la peau dure. Une vraie carapace qui les rend insensibles aux outrages du temps, imperméables aux changements de climat. Pas sentimentaux pour deux sous non plus. Des durs. Avec les autres.

Au chapitre de la misère orchestrée, tous les observateurs sont unanimes : le projet de réforme porté par madame El Khomri est la plus monstrueuse des régressions sociales.

L’argumentaire sur la création d’emplois ne tient pas debout. Mais il est répété comme une litanie sur toutes les antennes possibles par les porteurs de l’idéologie libérale. La « lourdeur » du Code du travail et son soi- disant empilement de textes servent de bouclier antipensée à longueur d’éditoriaux néolibéraux.

Gageons que s’il prenait l’envie au gouvernement de « réformer » ou de « simplifier » le Code des assurances, les assureurs anglais feraient le siège de Calais pour obtenir réparation. Idem pour le Code du commerce, dont les méandres sont autant de moyens pour d’habiles entrepreneurs pour maîtriser le système.

La fronde ne tarderait pas.

Il faut balayer d’un revers de main ces deux arguments. Le poids d’un livre, c’est l’usage qui en est fait pas son encombrement sur une étagère.

La défense et la protection des salariés méritent mieux que la mise en coupe réglée du monde du travail au seul profit de la prise d’intérêt immédiat. Les jeunes, étudiants, salariés et chômeurs, sont les premiers à réagir en force à l’ineptie du projet gouvernemental.

Dans un esprit qui rappelle la mobilisation contre le Contrat Première Embauche (sic). L’acronyme subtil CPE est devenu synonyme d’une mobilisation sans précédent de la jeunesse. 2006 est dans toutes les mémoires.

Les subtilités des premiers reculs sur le texte ne permettent pas de saisir un véritable changement d’orientation. Nous sommes plutôt face à une tentative de

recul d’un siècle en arrière comme l’indique la CGT.

L’héritier Pierre Gattaz, qui voit le contrat de travail comme un contrat de mariage dans lequel il est possible « d’intégrer des clauses de séparation », jure, la main sur le cœur, qu’il faut libérer les entrepreneurs de la peur d’embaucher. Faute de pouvoir licencier sans contrainte aucune. La liberté des uns, mais pas celle des autres en somme.

La soumission sans contrepartie ne gêne pas monsieur Gattaz. Habitué qu’il est à faire imposer les desiderata des dominants.

Les Français refusent de marcher sur la tête pour le plaisir unique de puissants assoiffés de bénéfices.

Partout, la mobilisation grandit.

D’ici le 31 mars, le mouvement va s’amplifier. Histoire de changer les (mauvaises) habitudes.

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PCF / Primaire : l’urgence d’évoquer le plan B !

16 Mars 2016, 18:19pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Comme de nombreux camarades, je suis plus que circonspect sur la participation de notre organisation à l’exercice de la primaire. Manière de dire poliment que c’est sans doute la pire erreur tactique que nous avons pu commettre ces dernières années. Pourtant la liste est dramatiquement longue si on regarde objectivement les choses. Il n’y a par ailleurs que le PCF qui s’agite activement dans ce cadre. Plus précisément, une poignée d’irréductibles suivistes qui ne mesurent pas la tromperie éhontée à laquelle ils participent par simple discipline.

Les lundis de gauche, la littérature imbuvable validée par un CN totalement à côté de la plaque, une campagne anti-Mélenchon hystérique qui tourne à l’illustration grotesque du mythe du veau d’or. Cela ne prend pas à la base, il serait temps d’au moins commencer à l’admettre.

Où sont les déclinaisons locales de la primaire ?

Avec qui devons-nous d’ailleurs les organiser ?

La section PS du secteur, les écologistes qui détestent les rouges plus que tout ?

Les camarades ont un peu de bouteille et savent pertinemment qu’au bout du bout de ce périple tortueux, il s’agira de soutenir une candidature socialiste (frondeuse si vous voulez). Pis, c’est le phœnix qui ressuscite des cendres tièdes, très tièdes d’une gauche plurielle qui a conduit le borgne d’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

Sauf à penser que Martine Aubry et ses amis feront exploser le PS avant 2017- dans ce cas là je suis prêt à organiser un pèlerinage laïc à Lourdes – pour créer une organisation dissidente qui ira jusqu’au bout du processus des primaires, nous risquons de nous retrouver totalement isolés dans l’histoire. Cambadélis fait le ménage et convoque à Solférino celles et ceux qui osent un peu trop l’ouvrir en ces temps de troubles. Les écologistes nous ont fait la parfaite démonstration qu’il serait totalement irresponsable de compter sur eux. Cécile Duflot nourrit des ambitions présidentielles et elle ira à la bataille avec ou sans nous. Ensemble marque un retour en arrière après avoir été fanatisé par l’idée. Manque plus que la sortie de Marie-George Buffet, dans l’élan de son lieutenant Francis Parny, pour appeler à voter Mélenchon et la boucle sera bouclée. Bref, tout cela me donne l’image d’un vendeur de glace sur une plage bondée. Il s’égosille pour ne finalement toucher que quelques âmes en peine.

Le PCF, je crois, mérite de nourrir d’autres ambitions.

Alors je pose la question avec tout le sérieux que requiert la situation.

Qu’allons-nous faire en cas d’échec du processus des primaires ?

Finalement se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon qui engrange les points, qui appelle à faire une manifestation citoyenne en même temps que notre congrès afin de totalement nous phagocyter ?

Porter dans l’urgence une candidature de Pierre Laurent. Le même Pierre Laurent qui a fait un tour de France pour ensuite être tête de liste aux régionales en Île-de-France pour un score bien trop modeste malgré une discipline de fer de toutes les organisations du Front de gauche ?

Une candidature que financièrement nous ne pourrons soutenir qu’avec grande difficulté si on s’en réfère au véritable état de notre organisation ?

Comment sort-on vers le haut de cette situation abracadabrantesque dans laquelle nous nous sommes enfermés ?

Mesure t-on que la survie du PCF est en jeu. J’entends ici ou là que le congrès sera un non événement et qu’il est inutile de vouloir se battre en interne pour empêcher la mise en bière ; qu’il faut se consacrer à des objectifs départementaux ; qu’il faut travailler à structurer localement, à renforcer nos sections.

Comment fait-on avec un parti qui deviendrait totalement inexistant nationalement ?

La théorie de la forteresse est un leurre qu’on se le dise. Preuve en est la législative partielle de ce week-end dans le Nord. Malgré la dissidence médiatique de Martine Aubry le PS est laminé à deux pas de son beffroi lillois.

Quelle terrible contradiction de voir un réveil populaire bouillonnant au travers de la mobilisation contre la loi travail et d’assister, dans le même temps, au crash inévitable du PCF qui, au lieu de construire un prolongement politique à ces luttes naissantes, court tout droit dans les bras de la social-démocratie agonisante.

Car les primaires ça n’est que cela sauf à se refuser à faire de la politique sérieusement.

Mes mots sont durs je le sais et c’est avec déchirement que je publie cette analyse froide, chirurgicale car ultra lucide. Certains camarades vont me honnir, sans doute ressortiront-ils les vieilles formules assassines réservées à ceux qui congrès après congrès ont eu le courage de dénoncer les dérives réformistes quand elles n’étaient que cela. La vérité est que plus que jamais notre nation a besoin du PCF, a besoin d’un grand parti populaire de combat, de classe. Je ne cherche pas à sauver la gauche ou à rallumer les étoiles. Je n’ai pas cette prétention, ni même les camarades qui défendent la même ligne et avec qui j’ai plaisir à militer. Je sais simplement une chose, il n’y aura pas de changement sans organisation, il n’y aura pas de rupture sans un parti rassembleur sur des bases de classe. Un parti qui ne se contente pas d’être un simple réservoir de voix pour la social-démocratie, elle qui poignarde à la première occasion les travailleurs, les classes populaires. Alors je repose la question : comment faisons-nous pour nous sortir de là ?

Une candidature inattendue mais populaire comme celle de Mickaël Wamen, le camarade des Goodyear qui remplit partout en France des salles des fêtes et des amphithéâtres universitaires ?

L’avantage serait de mettre tout le monde d’accord y compris Mélenchon, qui je n’en doute pas n’hésitera pas à soutenir une telle candidature.

 

La question est posée et elle sera centrale au congrès car tactiquement c’est ainsi que la direction nationale a aiguillé le débat.

Guillaume Sayon

 

PCF / Primaire : l’urgence d’évoquer le plan B !

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La faillite programmée du réformisme rouge !

7 Mars 2016, 17:35pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La faillite programmée du réformisme rouge !

Alors que partout dans le pays la parole se libère autour de la souffrance au travail vécue par des millions de salariés, que les travailleurs de Goodyear remplissent des salles des fêtes, des amphithéâtres pour populariser leur bataille et appeler à renverser la table, que la mobilisation populaire grandit pour exiger le retrait de la loi travail, bref que le pays tout entier est en ébullition nous promettant un printemps contestataire hors norme, le haut de la pyramide du Parti Communiste s’entête à être moteur d’une primaire de la gauche qui, c’est quasiment prophétique, se terminera dans le ridicule absolu.

Pierre Laurent se propose de modifier sa nature pour éventuellement être candidat (on croit rêver!) , Lienemann, Hamon, Montebourg, Autain … Des noms circulent car quoi que puisse affirmer chaque semaine le petit cénacle des réformistes rouges du PCF, la bataille rangée des ego viendra pulvériser les naïves postures de ceux qui crient au projet avant le candidat. Par essence, la présidentielle de 2017 se veut être la rencontre entre un homme ou une femme avec la nation. C’est un héritage historique de siècles de monarchie qui demeure vivace dans l’inconscient collectif de notre hexagone. Pis, en temps de crise, les citoyens veulent un chef, un leader. On peut difficilement le nier sauf à vouloir faire de la politique au pays des rires et des chants. C’est en partant de cette analyse factuelle que j’avais écrit mon billet Mélenchon, l’éléphant dans le salon de thé qui a connu un succès inattendu sur la toile. C’est d’ailleurs pour cela que la mayonnaise prend relativement bien du côté du tribun pgiste.

Comme si la démarche des primaires n’était pas suffisamment contestable et contestée aux yeux de milliers de camarades, on annonce un grand meeting de Pierre Laurent avec … Alexis Tsipras. A croire que sous la coupole les neurones restent sur le palier de la porte. Comment peut-on encore croire qu’il est tactiquement raisonnable de continuer à soutenir Tsipras qui prépare tranquillement le retour de la droite en Grèce, qui applique des réformes dramatiques pour l’avenir de la péninsule hellénique et de ses salariés. Voilà donc le modèle. Une plate-forme regroupant tout et son contraire, bref des organisations qui ne pourront se mettre d’accord que sur un contrat politique tenant sur un posthite. Nous sommes en attente de la littérature du congrès pour mesurer la fuite en avant de cette direction qui marche à contre-courant de l’histoire. Pour dialoguer avec de nombreux camarades, la colère gronde et l’incompréhension vient remettre en cause leur adhésion au parti historique de la lutte des classes.

Ce qu’il faut impérativement en ces temps de trouble, c’est de pouvoir redonner des repères de classes, des mots d’ordre de mobilisation, des pistes de travail capables de créer une alternative au modèle capitaliste. Oui le quinquennat de François Hollande est un échec sur toute la ligne ; oui il faut pouvoir réagir vivement et empêcher le pire, mais est-ce que cela passera par un cartel des gauches nouvelle génération qui ne proposera que des réformes de surface, au cœur de l’étau européen qui se veut de plus en plus asphyxiant. Ne semons pas d’illusions, un pays membre de l’Union européenne ne pourra pas mener de politique de relance même modeste. C’est tout simplement impossible (règle des 3% du PIB d’endettement autorisé, traités, BCE indépendante …). Vous irez convaincre un Jadot ou un Cohn-Bendit, ou même un Hamon, qu’il faut mettre sur la table la possibilité d’envoyer valser l’Europe …

Bref, c’est bien une faillite annoncée qui se profile si le PCF ne se réveille pas au plus vite. Les décennies de recul idéologique et d’opportunisme électoral ont mis bien des fédérations sur la paille qui n’ont plus de siège et encore moins de permanents. D’ailleurs personne n’ose mettre cette question sur la table. Beaucoup de camarades pourraient témoigner sur ce que j’avance. De nombreux départements sont aujourd’hui orphelins d’un PCF structuré. Et pourtant … On perpétue les mêmes logiques, les mêmes replis réformistes jusqu’à n’être plus qu’un tout petit parti, une force d’appoint local pour la social-démocratie que nous maintenons, nous les communistes, sous respirateur artificiel.

Le congrès s’annonce donc houleux et j’invite d’ores et déjà les camarades qui partagent mon diagnostic à se positionner sur un texte alternatif pour permette un minimum de débat et de saine opposition. Je réponds d’avance aux petits soldats au garde à vous, pas besoin d’attendre l’édition du texte de base commune pour savoir qu’il faudra le combattre activement. On apprend pas à un singe à faire la grimace !

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1208 : L'édito de Franck

3 Mars 2016, 16:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1208 : L'édito de Franck

DU HARCÈLEMENT COMME UN SPORT DE COMBAT

Un délégué syndical nous racontait comment le responsable juridique d’une entreprise lui avait expliqué les méthodes à sa disposition pour le mettre sur la touche grâce au code du travail. Le harcèlement, la mise au placard, les réunions interminables, les documents non transmis, les moyens non fournis aux organisations syndicales sont somme toute banalisés dans les pratiques des DRH pour les entreprises voulant écarter les délégués syndicaux, les membres du comité d’entreprise... Bref tous les « gêneurs », les empêcheurs de licencier en rond. Les multinationales et les grands groupes maitrisent la législation et savent mettre en œuvre rapidement tout élément favorable au profit pur et immédiat.

Mickaël Wamen, le 25 février à Hellemmes, a su détailler avec force et conviction toutes les épreuves imposées, véritable course d’obstacles contre l’acharnement patronal pour le faire craquer, se taire et laisser faire. Il l’a fait devant un public venu le soutenir, lui et ses camarades de Goodyear, injustement condamnés.

Le mouvement qui se lève en France, mais aussi à l’étranger, en Belgique notamment, se renforce de jour en jour. Pour un homme qui tient bon, combien sont broyés sur l’autel du capital ?

La force de notre République doit répondre aux attentes pour le bonheur de l’humanité et non servir les intérêts du seul capital. Chacun d’entre nous doit avoir en tête que la bataille en cours pour le code du travail est permanente.

Chaque article est issu d’une histoire, de luttes, de conquêtes sociales que la loi vient, en principe, renforcer.

Et il nous appartient de ne pas oublier que pour chaque ligne effacée dans le code du travail, c’est le fruit de combats qui sont anéantis.

Des combats pour le progrès social et humain, pas pour des privilèges.

Des combats menés pour vivre libre et debout, pas pour un siège à côté du seigneur.

Les mauvais coups portés au monde du travail avec l’ANI (Accord national interprofessionnel, en 2011) ou sur les retraites sont encore dans toutes les mémoires.

Ce qui se prépare ici découle du même processus d’effacement, d’annihilation des volontés collectives. L’écart de revenus entre ceux qui produisent la richesse et ceux qui en vivent n’a jamais été aussi grand.

Le 9 mars, des rassemblements et des actions sont annoncés partout dans la région. Le gouvernement fait mine de reculer. Les salariés, ouvriers, employés, retraités, étudiants et chômeurs de la région connaissent le poids écrasant du patronat dans leur vie quotidienne. De Vallourec à ArjoWiggings, les salariés et la population refusent les enchainements économiques freinant le développement social, tirant la société vers le bas.

L’avenir se construit maintenant.

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Liberté Hebdo 1207 : L'édito de Franck

19 Février 2016, 12:19pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1207 : L'édito de Franck

PAS DE HASARD, UNE NÉCESSITÉ ABSOLUE

Michel Renault a deux enfants en situation de handicap, un fils de 39 ans qui séjourne à la maison d’accueil spécialisée de Cambrai, et une fille de 34 ans placée à l’accueil de jour des Papillons Blancs à Douai. Ce service est menacé de fermeture.

Désormais, elle serait accueillie au foyer Thérèse Olivier de Somain. « C’est une conséquence directe de la baisse de 10 % des subventions aux associations programmée sur trois ans par le Conseil départemental », déplore Charles Beauchamp, président du groupe communiste. Quarante-cinq personnes, de jeunes adultes pour la majorité, sont touchées par ces répercussions directes des soucis financiers du Département du Nord liés à la baisse des dotations. En plus des situations de handicap, difficiles à gérer pour les familles, s’ajoutent des problèmes d’adaptation, d’allongement des temps de transport.

Journal de 20 h, mercredi. Des cheveux blancs, un blazer, le vieil homme est derrière la grille de son pavillon, assiégé par les journalistes. Il se plaint des malheurs que lui fait subir l’État socialiste. Jean-Marie Le Pen, n’a rien du bon vieux pépère, et son pavillon est un château. Un coup de télécommande et voilà Florian Philippot dans un café, une statue de cochon derrière lui, tout un symbole.... Pour lui, ce n’est pas la justice qui passe mais l’État socialiste qui veut connaître leur stratégie pour 2017. La perquisition de Nanterre n’étant que prétexte à piller les informations sur les ordinateurs. Sur une autre chaîne, on retrouve le même «dénonçant» la même chose.

Les mensonges répétés en boucle deviennent des vérités. Sur la chaîne suivante, Catherine Nay, courageuse chroniqueuse droitière, qui livre ses réflexions sur le sujet... Pendant que des groupes fascistes s’en prennent ouvertement aux migrants à Calais, ou à un jeune homme en plein jour à Arras. Pendant que les nouveaux élus FN au Conseil régional montrent leur vrai visage. Pendant que les fonctions de l’État, du département, des communes, des institutions... sont attaquées, les chaines nationales placent dans leurs phares les lapins de la famille Le Pen... Éloignant ainsi les citoyens des vrais soucis, comme ceux que rencontrent aujourd’hui Monsieur Renault, sa famille et toutes les personnes dans la même situation.

De plus en plus, les rouages de la société se grippent dans l’incompréhension générale. L’information ne parvient pas au plus grand nombre sur les vraies raisons de leurs malheurs ou de leurs soucis quotidiens. C’est l’heure de la vérité des comptes au Front National qui profite réellement du système et ne fait pas un geste vers ceux qui sont en réelle difficulté.

Le 20 heures, toutes chaînes confondues, n’a pas parlé de la situation de Monsieur Renault. C’est pourtant là que l’attention doit être portée. Vers ceux pour qui la solidarité est une nécessité. Pour qui, comme nous tous, l’équilibre de la société est une priorité.

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Mélenchon, l’éléphant dans le salon de thé !

13 Février 2016, 12:16pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Ce billet d’humeur ne portera jamais aussi bien son nom. Il y a des fois où on aimerait avoir tort … Mais que voulez-vous, quand vous êtes victimes d’une stratégie alambiquée sur laquelle vous n’avez aucune prise, vous subissez en silence. Pas question pour autant de baisser la tête et d’acquiescer bêtement. Je suis effaré par l’amateurisme de nos dirigeants qui nous entraîne dans les méandres de l’histoire, comme si nous avions un boulet noué à notre cheville et que nous sombrions, impuissants, dans les eaux profondes. Mélenchon a asséné le premier coup et il fait mal. Il annonce qu’il sera sur la ligne de départ en 2017. On peut user des qualificatifs les plus divers, on peut dénoncer à juste titre la haute idée que cet homme se fait de lui-même, on peut claquer des pieds et se rouler par terre. Cependant, outre le fait que cette surprise n’en est pas vraiment une sauf à être lourdement handicapé par sa candeur, il est tout de même assez hypocrite de dénoncer cette candidature alors que depuis des mois le PCF a établi toute sa stratégie autour de l’idée « tout sauf Mélenchon ». Le plus drôle (ou pas), c’est que ce sont les plus enragés en 2012, ceux qui défendaient à cor et à cri la candidature de l’ancien sénateur socialiste maastrichien qui s’était racheté dans la foulée une âme de révolutionnaire, qui aujourd’hui pleurent à chaudes larmes et mènent des procès en sorcellerie. Dartigolles est le premier à s’épancher dans la presse. Pierre Laurent doit sortir un livre pour promouvoir l’exercice de la primaire. Petite boutade pour détendre l’atmosphère, je lui conseille de vite le publier sinon il finira par caler les pieds des tables bancales de colonel Fabien …

Pendant que nous organisions le tea time sous la coupole Niemeyer en totale déconnexion avec le monde réel, Mélenchon lui s’organisait et il fait tapis. L’avenir dira s’il a un bon jeu. Il n’a pas de base militante pour le porter dans cette campagne. Il ne pourra pas compter sur les petites mains du parti pour coller ses affiches, distribuer ses tracts, organiser les meetings … Il n’aura pas nos sous surtout ! Le pari est risqué pour lui mais il sait que le volcan français se réveille petit à petit, il sait que personne ne peut prédire ce qui va se passer dans les semaines, les mois à venir. Surtout qu’un certain nombre de banques vont bientôt annoncer leur faillite et que, par voie de conséquence, une grave crise économique ne tardera pas à exploser. Les mêmes causes qui produisent les mêmes conséquences. L’instinct de prédation et de captation du capitalisme fabriquant de manière cyclique des crises destructrices d’activités et d’emplois qui vont crescendo dans le spectaculaire.

Reconnaissons en tout cas à Mélenchon le talent suffisant pour être capable d’incarner la résistance dans un contexte aussi tendu. On peut aussi souligner la finesse d’un véritable stratège qui a totalement compris qu’il lui fallait incarner l’esprit même de la Vème République : l’homme providentiel, au-dessus des partis, celui qui a un destin lié avec un peuple. Même si on peut penser que tout cela appelle un important travail psychanalytique, l’audace du tribun est à la hauteur de son talent et de son ambition. C’est un opposant déterminé au personnage qui vous le dit !

Premier coup derrière la tête pour la petite troupe des VRP de la primaire. Puis, on apprend que les écologistes, dissidents et non-dissidents, entrent au gouvernement. La patronne de EELV se retrouve donc ministre du logement dans un gouvernement extrêmement impopulaire, dans un gouvernement qui mate les travailleurs et qui fait une croix sur une bonne partie des libertés individuelles et collectives. Dissidents ou pas, par ailleurs, ils sont de dangereux partisans de l’Europe fédérale. Pas question d’une autre Europe non non, simplement de plus d’Europe encore ! Bref, ils ne sont pas à la base véritablement fréquentables. Mais on espérait pourtant faire l’union avec ces gens. Deuxième coup derrière la nuque. Décidément en 24 heures, la pilule est dure à avaler …

Alors nous voilà ridiculement esseulés dans une séquence qui s’accélère brutalement. Nous allons tenter de continuer comme si de rien les rendez-vous du lundi avec des comédiens, des intellectuels et quelques vieux syndicalistes en manque de notoriété. Au final, tout cela accouchera d’une candidature minuscule derrière une Clémentine Autain, ou alors nous ramperons comme le chien qui rentre à la niche sachant très bien qu’il a fait une bêtise et nous nous rangerons derrière Mélenchon qui nous tiendra dans la paume de sa main. Il n’aura plus qu’à serrer les doigts pour nous briser définitivement. On se croirait dans Forrest Gump, « n’est stupide que la stupidité … »

Voilà donc ce qui arrive quand on veut sauver la gauche sans même savoir ou comprendre que la gauche ne peut exister que si elle est sous la pression permanente d’un mouvement révolutionnaire fort et organisé. Au final, nous ne tentons pas de sauver la gauche, nous tentons de sauver le PS. Beaucoup de camarades partageront, j’en suis sur, l’idée que nous n’avons pas pris notre carte au Parti communiste pour tenir la corde du pendu. J’ai une réjouissance en cette journée bien maussade : le 24 février prochain à Rouvroy (Pas-de-Calais), nous aurons l’immense honneur d’accueillir les 8 de Goodyear et leur avocat, notre camarade Fiodor Rilov, et nous allons tout entreprendre pour en faire un véritable événement. On y sera plus à l’aise et plus utile que dans les salons de thé.

Guillaume Sayon

 

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Liberté Hebdo 1206 : L'édito de Franck

12 Février 2016, 19:48pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1206 : L'édito de Franck

L’URGENCE EST PARTOUT

La machine à perdre s’emballe. Est-elle vraiment déjà en marche ? L’orchestre est en place pour l'élection présidentielle de 2017. Tout le monde veut la place du chef. Maintenant.

Entre l’annonce inopinée de la candidature providentielle de Jean-Luc Mélenchon, la sortie de gouvernement bien opportune de madame Taubira et le battage médiatique façon artillerie lourde sur la primaire, forcément nécessaire à gauche, il y a peu de place pour les discussions sur le programme.

Dans le débat sur l’état d’urgence, les députés jouent aux abonnés absents. Les intérêts des citoyennes et des citoyens sont mis de côté pendant ce temps.

Et le gouvernement se remanie.

Beaucoup d’annonces ont ponctué la semaine sur ce sujet. Comme d’habitude, la valse des noms a précédé les nominations.

Le changement d’orientation de la politique du gouvernement devrait être la seule préoccupation.

L’emploi est le souci principal sur lequel les politiques menées successivement n’ont pas permis de montrer une amélioration visible.

Au contraire, les multiples cadeaux au Medef contribuent encore à dénaturer l’espoir d’une inversion de la combe du chômage.

Les attaques portées sur le tissu industriel, comme à Vallourec, ou la répression syndicale touchant des salariés défendant leur outil de travail, comme chez Goodyear, sont des signaux alarmants.

Pour qu’une vraie alternative à gauche se construise, il est nécessaire de replacer l’Humain au cœur des réflexions et des propositions. Avec de vraies mesures, de vraies propositions, à la hauteur des enjeux liés à la montée du vote extrême.

Le choc des résultats des élections régionales de décembre est malheureusement déjà bien moins perceptible.

Dans tous les foyers, chaque jour, les téléviseurs déversent la propagande bien ficelée des grands groupes financiers.

Et pourtant, chaque jour, des actions de solidarité, des luttes victorieuses montrent la possibilité qu’une autre politique est possible.

Partout, loin du découragement, des lumières s’allument, chargées d’espoir. Il y a urgence à les entretenir, les développer, les faire connaître. Partout, il y a urgence à rassembler ceux qui veulent construire. Pour ouvrir de nouveaux chemins.

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A gauche, au diable les écuries !

8 Février 2016, 18:30pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Alors que la solidarité avec les salariés de Goodyear grandit partout dans le pays, que dans l’espace anglo-saxon la gauche entreprend un virage intéressant sous la houlette de Corbyn en Grande-Bretagne et de Bernie Sanders aux États-Unis (dans la limite de ce qui est envisageable là-bas pour l’heure), qu’une grève générale contre la réforme des retraites allume un incendie social en Grèce, notre gauche à nous ne cesse de s’étioler en nourrissant de faibles perspectives de transformation. Le piège des primaires fonctionne parfaitement, le PS chavire totalement et s’abandonne aux pires trahisons, devenant un véritable repoussoir populaire, une machine à démanteler violemment notre modèle de protection sociale, notre république, notre nation.

L’heure est suffisamment grave pour prendre le temps de la réflexion, pour ne pas passer sous silence les tromperies et autres illusions dérisoires que nourrissent trop de responsables de la gauche. Je suis en colère par la déliquescence programmée de mon parti, je suis révolté par le manque d’imagination et de courage de ma famille politique. J’ai le sentiment désagréable d’une accélération brutale et mortifère des événements et de l’absence extrêmement préoccupante d’une réponse politique à la hauteur des enjeux. On peut toujours débattre sans limite de l’obsolescence des partis, du manque de dynamique citoyenne et j’en passe, la réalité doit être appréhendée avec plus de praticité. Des voix ouvrières fortes transpercent le bouclier médiatique et touchent au cœur des milliers d’hommes et de femmes dans tout le pays. Des français qui connaissent cette dure réalité, qui connaissent la brutalité de l’exploitation, qui connaissent l’horreur de vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, la précarité, la peur de perdre du jour au lendemain son gagne-pain.

Tout cela en parallèle du triplement de la fortune en 5 ans des 10 français les plus riches, avec une fortune cumulée qui est passée de 60 à 200 milliards d’euros entre 2009 et 2015. Tout cela alors qu’une vaste enquête démontre que le peuple français est foncièrement méfiant envers le capitalisme (15 % des français seulement prêtent des vertus au capitalisme). Tout cela alors que plus de la moitié du corps électoral ne se déplace plus dans les isoloirs. Tout cela pendant que notre ministre de l’économie, sinistre pantin de la finance mondiale, parade à Las Vegas avec le gratin patronal français, dans la ville du vice, de la tromperie, de l’argent sale et facile, pour dire à quel point la régulation, même modeste, est une entrave au miracle libéral ! La crise est profonde. Crise de confiance, crise d’avenir, crise métaphysique, crise … Le danger réside dans le fait qu’en occultant de proposer au pays un vaste débat sous cet angle précis, la confrontation se durcit autour de problématiques réactionnaires (remise en cause de la laïcité, fantasmes autour des réfugiés …). Le gouvernement mange dans la gamelle opportuniste en flattant les instincts autoritaires sous perfusion médiatique. L’État d’urgence se transforme en nouveau régime ordinaire permettant de contenir l’exaspération sociale et salariale. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, conséquence directe des politiques impérialistes que nous menons, c’est une camisole de force géante que le gouvernement est en train d’établir. Museler les oppositions, imposer les valeurs et les croyances, inoculer un climat de peur permanente … La République s’est totalement inféodée au capital et répond sans broncher à ses prérogatives. Nous sommes dans la phase la plus grave et la plus répugnante du capitalisme. Je vous conseille de lire ou de relire Lénine qui dresse une description exemplaire de ce phénomène dans Impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Ce qu’il nous manque donc cruellement, c’est une organisation capable de soulever ces contradictions, de les articuler dans une réflexion et une pratique qui permettent de créer un élan de résistance, de dessiner les contours d’une alternative globale et sans concession. Des millions de personnes attendent ce mouvement. Certains se structurent dans des organisations encore modestes. Cependant il est nécessaire de réussir à massifier, à fédérer cette sphère. L’émiettement est notre pire ennemi. Il a toujours été le pire ennemi des travailleurs. Pour autant et pour répondre d’office aux gogos qui agitent sournoisement le chiffon des rassemblements boiteux et opportunistes, ce travail de rassemblement ne peut se faire n’importe comment et à n’importe quel prix. Oui, on ne peut que désespérément déplorer le temps de la valse des renégats. Je me moque de 2017. 2017 est un leurre, tout juste un rendez-vous électoral d’une république bourgeoise totalement corrompue et impuissante.

L’urgence est à créer l’émulation révolutionnaire à la base. Redonner des perspectives aux travailleurs, soutenir et accompagner leurs luttes, créer les conditions d’une mise en commun de ces dernières en les replaçant dans le cadre d’une lecture globale du rapport de force, recréer du sens commun par une démarche dialectique matérialiste, bref reprendre les bases et édifier le mouvement avec patience et méthode (sans donc se préoccuper du calendrier électoral qui ne nous concerne plus vraiment). Créer des temps de rencontre et d’échanges dans les quartiers, dans les entreprises autour de batailles concrètes. Une action contre le logement insalubre, une mobilisation pour promouvoir l’éducation populaire, une mobilisation populaire autour d’une école, des actions pour promouvoir la baisse du temps de travail et de meilleurs salaires … Il faut créer du mouvement, de l’action avec le soucis permanent du rassemblement, du travail collectif, avec le soucis permanent d’inscrire ces luttes dans la confrontation incessante entre dominants et dominés. Il faut nous éduquer à la lutte permanente d’une classe face à une autre. C’est ce défi que nous avons à relever. Alors au diable les écuries, entrons dans la course !

Guillaume Sayon 

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Liberté Hebdo 1205 : L'édito de Franck

4 Février 2016, 17:05pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1205 : L'édito de Franck

NOUS SOMMES TOUS DES SALARIÉS EN LUTTE

A chaque fois que nous évoquons les combats et les luttes menés par les salariés et les syndicats face aux employeurs indélicats, à la pression patronale, nous enrageons de constater que ce sont toujours les mémes méthodes qui régissent la violence des rapports sociaux dans l’entreprise.

Il est de bon ton de ne pas commenter les décisions de justice. Mais quand l'injustice frappe à nos portes, au-delà de l’indignation et du sentiment de révolte, c'est l’envie de changer le monde qui l'emporte.

Et les peines infâmantes tombées sur les têtes des huit salariés de Goodyear deviennent l’objet d’un combat national pour l’ensemble du monde du travail, pour tous ceux qui veulent que ça change et que ça bouge.

La manifestation de soutien le 4 février à Paris, ou dans la région, en est un exemple. Et d'autres sont à venir.

Des comités de soutien se créent partout. Pour rendre à ces hommes leur dignité.

Pour faire prendre conscience à ceux qui nous gouvernent que tout ne tourne pas autour du capital.

Que l’Humain d’abord n’est pas qu’un slogan mais une réalité à faire vivre, à promouvoir.

Dans le Nord, le comité de soutien se réunira à l’Espace Marx, le 25 février à 18 h.

A l'heure où le gouvernement veut faire avaler la pilule d’une pseudo réforme du Code du travail, la solidarité est plus que jamais nécessaire. Pas question de laisser dire ou faire croire que le monde de l’entreprise s'organise gentiment dans un cadre de « dialogue social » serein entre employeurs de bonne volonté et « collaborateurs » dévoués.

Non ! Cent fois non ! Les relations des salariés avec les employeurs sont basées sur des contrats impliquant d'abord la subordination des premiers face aux seconds. Et les abus, volontaires ou non, sont nombreux et réels. eLes impacts sur la santé, la vie familiale ou sociale, sur les revenus sont redoutables.

On ne compte plus les crimes et les délits commis au nom du profit, du profit seul.

L'action syndicale, porteuse d’espoirs, de solidarité, de justice sociale, ne doit pas être criminalisée.

Le gouvernement s’est engagé, d’abord à Air France, puis chez Goodyear dans une pente dangereuse. Les citoyens doivent s’exprimer plus encore sur cette infamie. Plus de 150 000 personnes ont déjà signé la pétition lancée par la CCT réclamant l'abandon des poursuites des salariés.

Partout, là où nous sommes, la solidarité doit faire face au langage de la répression. C’est la seule vraie alternative.

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Procès de la modernité

28 Janvier 2016, 17:32pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Je me souviens d’une phrase de Roland Barthes vue je ne sais plus où et qui disait « tout d’un coup, il m’est devenu indifférent de ne pas être moderne ». Cette phrase si simple en apparence fut pour moi une vague qui emporte la tempête dans son sillage. J’ai pensé que c’était sans doute là notre mal du siècle. Car oui, au-delà des oppositions réelles qui existent sur le plan métaphysique ou politique, il en est une autre qui prend une importance vitale aujourd’hui, notre positionnement vis à vis de la notion de modernité. La modernité telle qu’elle nous est imposée par la police de la pensée, par la classe dominante, par les beaux esprits qui font la pluie et le beau temps sur les vallées embrumées de la sémantique, du langage, des valeurs. Si mai 68 dressait les barricades pour la conquête de la liberté, celle-ci m’apparaît aujourd’hui comme une rêverie romantique.68 accoucha en réalité de la destruction du temps. Aujourd’hui c’est le règne de la toquade, de l’immédiateté, du bon mot. On use de formules gribouillées par des armées de communicants, on dialogue par phase avec intensité et violence. Aujourd’hui la pensée c’est 140 signes … Tout cela en apparence n’est qu’une question de souffle, de rythme, de gestion de la temporalité. Tout va plus vite, plus fort. Internet, l’information, même le cinéma souffre de cette accélération du temps. Le cinéma qui fait fureur dans la nouvelle génération, celui d’Edgar Wright, nous emporte dans un tourbillon d’images qui finit par ankyloser le cerveau. Faites regarder un film de Terrence Malick aux plus jeunes et voyez leur réaction. Il semblerait qu’on ne puisse donc rien faire pour contrer cette irrésistible accélération du temps.

J’ai la certitude qu’être révolutionnaire aujourd’hui c’est déjà être capable de remédier à cette perte de contrôle du temps. Comme tout bon élève de Marx qui se respecte, je m’efforce de penser les hommes et leurs rapports, l’histoire et son matérialisme sous le prisme d’une longue temporalité. C’est déjà sacrément audacieux et subversif d’affirmer cette démarche dialectique. Il faut bien avouer que les lecteurs de nos réflexions ne sont pas légion. Parfois on travaille dur pour offrir une réflexion la plus construite possible, la plus argumentée, la plus aboutie. On fait même l’effort de soigner notre style pour rendre la lecture plus agréable. Mais cela ne suffit pas. On a parfois le sentiment de ramer dans une embarcation de fortune en pleine mer pour filer la métaphore maritime. Trêve de plaisanterie … N’allez pas croire benoîtement que cette perte de contrôle du temps est un simple accident tragique inhérent à ladite modernité. Non, la réalité est beaucoup plus sournoise que cela. C’est d’un procédé politique dont il est en fait question. C’est même l’un des visages de la lutte des classes et de la victoire provisoire de la bourgeoisie. Priver le plus grand nombre d’une pensée construite qui prend de longues inspirations, c’est tout simplement priver les dominés de la pensée tout court.

Alors, lorsque l’on décide d’accepter les règles du jeu telles qu’elles sont fixées par l’élite dirigeante, on est obligé de s’adapter et on finit par ne plus produire de pensée. C’est le cas de nombreux responsables de la gauche de la gauche comme le dit la formule consacrée. Entre micro-entretiens dans les matinales radiophoniques et la gestion, heure par heure, de sa page facebook et de son compte twitter, difficile de pouvoir affirmer la moindre chose qui puisse véritablement bousculer une conscience. C’est, je pense, ce qui a poussé Jean-Luc Mélenchon à développer le principe du parler « cru et dru ». Se faire entendre par la violence du verbe dans le flot ininterrompu de l’information sous LSD. Je ne suis personnellement pas convaincu de la pertinence du procédé. La violence est omniprésente dans notre univers quotidien. Violence au travail, violence des idées, violence du temps … Je ne dis pas que la violence est nécessairement nocive. On ne fera d’ailleurs pas abdiquer la bourgeoisie avec des roses, fussent-elles dangereusement épineuses. J’ai cependant le sentiment que nous ne rallierons pas massivement à notre cause la masse des honnêtes gens par la violence verbale. La pensée doit être rassurante, prendre les traits d’une douce utopie concrète. Le parti de la violence, c’est celui de la bourgeoisie, du patronat et de son intelligentsia aux ordres. La violence ne pourra se manifester que dans les faits, que dans les actes car aussi vrai qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, on ne fait pas tomber de bastilles sans un minimum de violence. C’est une conséquence de la détermination absolue de vaincre. J’ai un rapport névrosé à la violence. Je l’exècre jusque dans mes moindres retranchements. Mais je suis aujourd’hui convaincu que j’y prendrais ma part si besoin il y avait, si le bonheur commun en dépendait.

Cependant, et alors que je reviens à la formule de Barthes, il me semble que combattre la modernité va au-delà de la simple bataille du temps. La bataille des mots vient lui tenir la dragée haute. Alors qu’il est fun et branché de crier sur tous les toits du monde (surtout ceux de Paris d’ailleurs) sa Charliemania, le droit au blasphème et autres bondieuseries niaises, il y a des mots, des références, des imaginaires qu’on ne peut plus convoquer. Faute de quoi l’inquisition médiatique vous condamne publiquement à l’isolement et aux crachats de la foule des valets en délire. Un des exemples les plus parlants est celui du communisme. Mieux encore, évoquer positivement le bilan du soviétisme. Affirmer que l’histoire a été manipulée à des fins idéologiques lorsqu’elle publie des inepties du genre, l’URSS a assassiné des centaines de millions d’hommes et de femmes. A en croire certains, on donnait de la viande humaine à des meutes de chiens enragés dans l’Oural et en Sibérie. Je pense à cela car hier soir je regardais un extrait de l’émission de Laurent Ruquier où l’invité était le juge antiterroriste Marc Trévidic. Il parlait avec justesse des djihadistes. D’un coup la discussion dérive et Thierry Ardisson qui était sur le plateau lui aussi, fait cette sortie mémorable lorsqu’il compare djihadisme et communisme. Personne n’est venu le contredire ou simplement lui dire que la poudre lui avait probablement grillée les neurones. Mais l’éducation nationale n’a rien à lui envier en interprétant avec malice la notion de totalitarisme. Hitler = Staline = Mussolini. Bref le langage est funestement borné et vidé de sa substance. Là aussi c’est une victoire de l’oligarchie. Petite parenthèse d’ailleurs, vous remarquerez que c’est la gauche au pouvoir qui fait le plus de dégâts de ce point de vue. Valls en est l’aboutissement. Un gamin ne respecte pas une minute de silence, au poste ! Un prof d’université fait avec ironie un trait d’humour sur « les blancos », devant les tribunaux. Par ailleurs, antiracisme et laïcité sont maintenant des prétextes à la lapidation publique.

Écrire aujourd’hui tout en assumant ses croyances profondes devient un exercice périlleux, un acte de résistance. Attention tout de même car très vite vous êtes transformés en stalinien, en antisémite, en rouge-brun, en eurosceptique (je vous laisse imaginer la moue dédaigneuse en le disant). L’Europe aussi est une forteresse imprenable. Se dire anti-européen revient à se résigner à recevoir des pierres en plein visage tout en traînant sa croix sur le dos. Le langage doit être policé, dans la ligne. Il est donc de notre devoir de ne pas nous laisser imposer les mots et les cadres. La bataille du langage est fondamentale. Elle requiert un attachement et une croyance résolue en des idées néanmoins. Certains l’ont manifestement oublié …

Je conclue car ce billet est déjà trop long. Je peux dire sans peine que je ne suis pas un moderne au sens macronien du terme. Je ne me laisse pas emporter par la marche encadrée du temps et de la langue. Je crois en des choses, j’ai le besoin irrépressible de l’exprimer sans me priver des outils à ma disposition pour le faire. Quoi qu’il en soit, il ne pourra y avoir inversement du rapport de force qu’à la condition que nous réimposions une temporalité, la nôtre et que nous reprenions possession de nos mots, de nos concepts, de notre histoire. Alors au boulot !

Guillaume Sayon

 

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Le capitalisme ou l’aboutissement du fascisme

3 Janvier 2016, 13:42pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Hier soir j’ai regardé Salo ou les 120 jours de Sodome, le dernier film du génie Pier Paolo Pasolini. J’aime Pasolini mais je n’avais qu’une vague idée de son travail de cinéaste. Je connaissais Pasolini le poète, le penseur avec son concept de génocide culturel, mais trop peu le cinéaste. Quelle claque pour moi que la découverte de ce film inclassable, à la fois sulfureux et terriblement politique. Je n’ai pas envie ici de discuter de sa technique, du fait que le film serait selon les esthètes moins bon que sa trilogie de la vie. Non en le voyant j’ai pensé instinctivement à l’idée de mal radical, le fameux concept de Kant qui lie, passion, raison et morale. Pas étonnant qu’on y trouve également une double référence littéraire : à Dante et ses cercles des enfers et Sade.
 
Pasolini était, à juste titre, obnubilé par l’idée que nos sociétés occidentales étaient décadentes parce que conditionnées par l’idée de se vautrer dans leurs pulsions. Des pulsions consommatrices antithèses de l’esprit, de la pensée.Il aura d’ailleurs cette formule célèbre : « Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé « la société de consommation », définition qui paraît inoffensive et purement indicative. Il n’en est rien. Si l’on observe bien la réalité, et surtout si l’on sait lire dans les objets, le paysage, l’urbanisme et surtout les hommes, on voit que les résultats de cette insouciante société de consommation sont eux-mêmes les résultats d’une dictature, d’un fascisme pur et simple. » C’est un concept que plus tard travaillera génialement Clouscard avec son capitalisme de la séduction. C’est aussi l’idée qui trotte dans la tête de Lordon quand il rapproche Marx et Spinoza.
 
Bref c’est sur cette conviction ancrée au plus profond de lui que Pasolini prendra rapidement ses distances avec les événement de mai 68. Pour lui en mai 68 il n’est pas question d’une révolution mais d’une guerre civile, où seule comptait la soif de liberté sans remettre profondément en cause les structures politiques, économiques, mentales. Sans remettre en cause le capitalisme dans toute sa substance. 68 accouchera du libéral-libertaire, celui qui détruira la gauche, celui qui instaura un langage, une sémantique stérile, qui créera l’Union Européenne et qui se fera le VRP d’un grand marché transatlantique. Celui qui aujourd’hui nous fait perdre un temps précieux car il nous faut crier, écrire et conceptualiser l’idée du nécessaire besoin de revenir à la source des choses : repenser ce que nous ont légué nos aînés et plus que tout, ne pas oublier que notre objectif est de combattre le capitalisme et, par là, de réinventer l’homme. J’ai toujours eu quelques raideurs avec cette dernière formulation, sans doute est-ce lié à des années de bourrage de crâne labellisé par le ministère de l’éducation nationale. Pourtant c’est bien l’un des objectifs de notre bataille. L’homme qui aujourd’hui se croit plus libre que jamais n’a en réalité, en nul temps, été aussi prisonnier. Prisonnier de ses pulsions qu’on encourage à libérer, d’un modèle uniforme, violent parce que flattant les pires instincts de l’humanité. Au forceps on le pousse à consommer, à se gaver, à acheter tout le temps et partout. La publicité omniprésente, le sexe marchandisé, la culture consommable et jetable. Le capitalisme atteint aujourd’hui le stade du mal radical que j’évoquais plus haut. La nécessité de le détruire n’a jamais été autant impérieuse. Il en va de se prémunir contre de futurs cataclysmes ravageurs et meurtriers.
 
Il me semble que, de ce point de vue, nous avons assez perdu de temps. L’histoire s’accélère brutalement et la bourgeoisie est à la manœuvre. Pourquoi ? Comme toujours. Parce que la course au profit se ralentit, que le modèle est en crise, que la planète va mal. Or il n’est pas question de renoncer au profit. C’est le sens même du capitalisme, c’est par définition l’élément qui crée l’appartenance du bourgeois à sa classe. La bourgeoisie qui est de nouveau tentée d’utiliser l’autorité en réhabilitant l’extrême-droite et en donnant du crédit au fascisme dissimulé sous les habits propres du socialiste opportuniste, de la droite affairiste. Comprenne qui pourra.
 
Nous là dedans, nous ne comptons pour rien ou presque. Tout est à reconstruire. Nous sommes incapables de tirer les leçons de nos échecs et nous nous empêtrons dans la reconduction absurde de nos erreurs. Le parti est moribond car inutile aujourd’hui. Est-il tout juste bon à apporter une caution de gauche à une social-démocratie fanatisée par les vertus du libéralisme. La boucle est bouclée. Réinventer la gauche, c’est réhabiliter notre mission révolutionnaire, c’est désigner l’ennemi clairement, c’est se doter d’un parti de masse qui éduque et organise, c’est proposer une autre lecture du monde, de la société. Un clin d’œil aux ayatollahs de Podemos, c’est transformer le consommateur d’aujourd’hui en un citoyen demain, au sens où il serait pourvu d’un esprit critique. Par soucis d’efficacité, un mouvement structuré et organisé me paraît tout de même beaucoup plus efficace pour atteindre cet objectif qu’un simple rassemblement des mécontents qui rêvent de démocratie directe mais qui aiment tout de même bien le confort de dicter aux ouvriers incultes comment il faut penser et consommer.
 
La feuille de route est donc en fait d’une incroyable simplicité. J’invite donc ceux qui émergent de notre mouvement, qui en assurent la personnification, à regarder et à lire Pasolini, à sortir du grenier Clouscard et les autres, à nous permettre d’irradier le clair-obscur gramscien par les lueurs volubiles de clarté qui émaneraient de notre parti, de nos batailles, de notre projet, des consciences délivrées qui se tiendraient solidement à nos côtés sur les barricades du temps. Oui c’est grandiloquent sur le style mais parce que le fond revêt une immense envergure. Notre mission est passionnante et monumentale. A nous donc de savoir développer les outils adéquats pour la mener à bien.
 
Guillaume Sayon
 

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Liberté Hebdo 1194: L'édito de Franck

21 Novembre 2015, 14:11pm

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Liberté Hebdo 1194: L'édito de Franck

QUAND LES HOMMES VIVRONT D’AMOUR ?

L’odeur de la poudre, du sang, des éclats, des larmes, des cris… Nous n’en finissons plus d’entendre la douleur du monde. Vendredi, l’horreur est de nouveau entrée dans une salle de spectacle, un restaurant, aux abords d’un stade, à la terrasse d’un café.

Elle portait le masque d’une jeunesse désespérée, frappée tôt par l’injustice, dévoyée par de fanatiques assassins.

Ils pensent par leurs balles soigner les désordres de leur existence. Des hommes et des femmes aux parcours individuels chaotiques fournissent aux sinistres recruteurs de Daech les tueurs dont cette organisation a besoin pour semer la mort et la peur.

Les mêmes avaient frappé la veille à Beyrouth, faisant 44 morts et des centaines de blessés.

En réponse, les bombes « intelligentes », en Syrie ou ailleurs, reproduisent les mêmes saignées dans les rangs des populations civiles broyées par le fanatisme et le commerce des armes.

La France, la République et ses victimes méritent tous nos soins. Par un renforcement du service public, une formation améliorée, des embauches réelles pour les policiers, les services sociaux et de santé, bon nombre des maux affectant l’avenir de la jeunesse pourront être conjurés.

Comme le rappelle l’avocat Roland Weyl, spécialiste de la Charte des Nations Unies, dans un entretien donné à l’Humanité mercredi 18 novembre, « nous ne sommes pas chargés de la police mondiale ». Il faut que la France saisisse le Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour chercher la paix au Moyen-Orient.

Que cessent les meurtres de masse commis au nom de la religion.

La coalition doit être faite sous mandat international.

Bush et les faucons étatsuniens en envahissant l’Irak en 2003 ont semé la destruction et la misère.

Pourquoi irions-nous reproduire les mêmes erreurs ?

Les combattants kurdes mènent des batailles victorieuses malgré les mauvais coups du président turc Erdogan, comme à Sinjar la semaine dernière.

Enfin, mettons en valeur et en actes la devise de notre belle République, si fragile, si critiquée, mais UNE et indivisible, pour plus de Liberté, d’Égalité, de Fraternité, pour tous. N’abdiquons pas nos libertés.

Défendons la culture et la solidarité.

Les meilleures armes contre la bêtise et la cruauté.

 

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Derrière chaque terroriste plane l’ombre du capitalisme

21 Novembre 2015, 10:54am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Je ne sais pas de qui ou de quoi j’ai le plus peur. De la folie des terroristes prêts à se faire sauter pour servir une cause qu’ils pensent juste, sans se rendre compte qu’au final ils se sacrifient pour des intérêts financiers, qu’au bout du bout ils servent les intérêts d’une poignée d’occidentaux qui contrôlent leur mouvement d’embrigadement. Car il n’est ni question d’islam, ni d’acte de résistance qui servirait la cause des peuples victimes de l’impérialisme nord américain. Il est question de déstabiliser une région stratégique pour faire du fric. Le fric, encore le fric, toujours le fric. La guerre, la drogue, la prostitution … Tout ce qu’il peut y avoir de plus abject dans ce bas monde finit toujours en lignes de compte dans les grandes banques mondiales. Ou alors, je ne sais pas si j’ai plus peur encore de la faiblesse de l’émotion vécue à grande échelle. Une barbarie finement orchestrée, la peur qui se faufile sournoisement dans chaque foyer et la raison définitivement enterrée. La peur, voilà l’allié le plus puissant, le plus efficace des ordures qui se cachent derrière ce scénario magistralement ficelé. Mise en place de l’état d’urgence, modification de la constitution, renforcement des forces de police, de l’armée. Suspicion, ostracisation, haine. Nombreux sont ceux prêts à accepter le pire au nom de leur sécurité. Là je suis effrayé. Là je vois le train de l’histoire déraillé brutalement et se projeter dangereusement contre le mur.

 

Quand on sait que la Turquie, vassal américain du proche orient, achète le pétrole du groupe islamiste, que c’est le fils du président Erdogan qui gère cet aspect. Je n’évoque même pas ici le dossier Kurde, la résistance héroïque du PKK que les autorités turques combattent sans relâche et la communauté internationale qui ferme les yeux ! Quand on sait que toutes les pétro-monarchies moyen-orientales financent directement le groupe islamiste, elles qui ont droit au tapis rouge dans les grandes capitales européennes ou nord américaines. C’est vrai pour le Qatar en début de semaine à Paris même ! L’indécence à l’état pur ! Quand on sait que ces groupes terroristes se sont renforcés avec les effectifs de l’ancienne armée de Saddam Hussein disparue suite à l’épouvantable intervention américaine en Irak. Quand on sait que les américains ont un lien direct ou indirect avec tout ce qui se fait d’extrémisme dans cette région du globe, nous avons le devoir de ne pas nous laisser guider aveuglement par l’émotion. La première décision que nous avons à prendre pour combattre efficacement le terrorisme est d’agir en citoyen et de se poser les bonnes questions. La France doit vite retrouver son indépendance et dire aux américains et aux patrons des grandes multinationales stop on arrête. La sécurité nationale avant tout !

 

Car oui, la guerre et le terrorisme sont l’incarnation même des logiques du capitalisme. S’il fallait grossir le trait pour le faire comprendre, c’est le capitalisme qui tue ces nombreuses victimes innocentes ce week-end. Voyez la bourse qui s’envole, voyez l’indécente sortie du président du medef qui nous dit attention à ne pas augmenter les dépenses publiques pour embaucher des policiers ou des militaires. Ces gens n’ont aucune forme de morale parce que le capitalisme intrinsèquement n’en a pas ! Le capitalisme est par nature un système de prédation, de guerre permanente car c’est la condition de sa survie. Daesh pourrait disparaître en 48 heures à peine. On connaît les sources de ses financements, on connaît l’identité de ses leaders, on sait pertinemment qui fait quoi dans cette affaire. Mais il n’y a pas de raison d’arrêter cette machine. On vend des armes, on met en difficulté des régimes d’opposition de la région, on sécurise provisoirement Israël (sorte de 51ème État des États-Unis), mais surtout on fait de l’argent, beaucoup d’argent. La boucle est bouclée et nous voilà revenus au problème initial. Tout cela est finalement vieux comme le monde : c’est une course à la mainmise sur les matières premières.

 

Alors au-delà de la nécessaire unité pour saluer la mémoire de toutes les victimes de ce massacre, pour faire la démonstration que quoi qu’il arrive on ne met pas la France à genou, il sera important de vite réagir et, à mon sens, cela passera par une mobilisation populaire la plus large pour porter un véritable projet d’émancipation, un projet capable de réenchanter les perspectives d’avenir de notre nation. Un véritable projet construit sur une volonté ferme de paix et de solidarité internationale, un projet de civilisation axé sur l’éducation et la culture pour combattre partout les obscurantismes, un projet mobilisant toutes les énergies pour régler le problème du chômage et notamment du chômage des jeunes. La France doit se réconcilier avec l’idée de concorde. Il n’est définitivement plus possible de laisser le pays se fracturer de la sorte. Se mobiliser en masse autour d’un projet de société novateur et révolutionnaire, c’est la certitude de tourner définitivement la page de ces dernières décennies qui ne resteront pas dans notre mémoire collective comme étant l’une des périodes les plus glorieuses de notre histoire. Qu’un pays concentre le débat politique autour de personnages empêtrés dans les affaires, des personnages qui vendent sans cesse les vieilles formules ou qui agitent les peurs et les fantasmes pour masquer leur incapacité à régler les véritables problèmes dont souffre notre pays est révélateur que nous sommes à la fin d’un cycle. Le pire, c’est de voir ces personnages courir les plateaux télé et jouer leur petit numéro la larme à l’œil alors qu’ils et elles ont tous une part de responsabilité dans ces attentats par l’absurdité des politiques étrangères qu’ils ont érigé.

 

Il nous faut une formule rénovée du Front Populaire, il nous faut redonner de l’espoir et du sens et surtout, l’appétit de l’engagement en commun. C’est là la réponse la plus forte et la plus efficace que nous pourrions apporter à cette sinistre séquence que nous vivons. Il serait temps que les jeunes générations entrent dans la danse, s’impliquent dans le débat politique et se mobilisent pour bâtir le monde de demain, le leur. L’idée d’un nouveau Front populaire peut être le départ de cette renaissance devenue capitale.

 

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1193: L'édito de Franck

13 Novembre 2015, 16:56pm

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Liberté Hebdo 1193: L'édito de Franck

AU-DELÀ DU RÉEL

Quel sens, quelle leçon, retiendra l’histoire des épisodes électoraux de ces dix années écoulées ?

Depuis 2005, les électeurs de gauche ont surtout le sentiment de ne pas être écoutés. Voire même, leurs votes font l’objet d’un déni systématique des gouvernants en place.

Le rejet massif du traité constitutionnel européen, même si il a été nié, a forgé le terreau d’un travail collectif.

Une volonté marquée d’accroître l’audience des sans voix.
 

Malgré les tirs de barrage menés sans discontinuer par le grand patronat et ses séides contre le service public, le système de santé et d’accès aux soins, le code du travail, les institutions républicaines. Malgré tout, il se trouve toujours, dans un petit village, un quartier, un collectif d’habitants, de citoyens pour débattre, organiser, mener l’offensive pour la défense des conquêtes sociales.

Nombre de ces artisans du progrès social se retrouvent aujourd’hui, partout en France, sur des listes présentées par le Front de Gauche. Beaucoup d’entre eux ont vu leur vote de 2012 détourné de son objet. Chacun fait montre d’une ténacité qui gagne, petit à petit, les esprits.

 Les bombardements massifs d’informations toxiques pour la démocratie continuent cependant de plus belle. Le moindre communiqué du parti du mensonge est repris sans discernement, jeté en pâture à l’audimat et au marketing politique.

La «Une » scandaleuse d’un grand quotidien régional notamment doit réveiller les citoyens et particulièrement les abstentionnistes.

Seule une participation massive des électeurs au scrutin du 6 décembre permettra de clore cet épisode douteux de notre histoire.

Plus que jamais nous devons nous garder de ces remugles du passé. La population du Nord-Pas-de-Calais a vraiment besoin d’élus régionaux à l’écoute de ses véritables préoccupations et ayant, au premier chef, le souci de servir, d’être utile à la collectivité, au plus grand nombre.

La liste l’Humain d’abord fait le pari de l’écoute et de l’action, du partage et de la solidarité. De vraies valeurs de gauche qui font plaisir à entendre. Surtout quand elles sont portées par des femmes et des hommes fiers de leur région et décidés à tout faire pour transformer l’avenir.

Pas au service d’intérêts financiers. Ni en se trompant d’adversaire. Pour le bien commun. Pour le bonheur de tous.

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2017 ou le temps de la rupture et du boycott

30 Octobre 2015, 18:17pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 
Je n’ai pas le goût de la polémique. Elle ne m’intéresse pas et elle dissimule souvent les véritables intentions de celles et ceux qui en usent. J’aime en revanche penser le temps long, penser les événements et les séquences dans toute leur complexité. C’est ainsi que sur la Grèce, sur l’Europe plus globalement et sur d’autres sujets, je n’ai pas hésité à formuler mes désaccords avec mon parti. Alors certains me diront que je suis libre de quitter mon parti si je ne m’y sens pas véritablement écouté, entendu. Mais j’y tiens à mon parti. C’est un outil extraordinaire. J’ai la chance qui-plus-est d’être membre d’une fédération populaire de par sa composition et qui défend depuis toujours une ligne qui me va bien. Par ailleurs, rien n’arrive vraiment à vivre en dehors du PCF. Des petits groupuscules, des déclinaisons plus ou moins radicales qui passent leur temps à s’en prendre non pas aux capitalistes ou aux logiques du capitalisme, mais au PCF. Je ne suis pas d’extrême-gauche non plus, je ne le serai jamais. L’extrême-gauche est bien sympathique, elle est même séduisante si on pense au passage de Besancenot samedi dernier chez Ruquier, mais elle divise sans cesse les travailleurs. J’ai même esquissé un sourire lorsque Besancenot parlait du manque d’unité de la gauche radicale. Il a toujours refusé de nouer la moindre alliance avec le PCF. Il s’enferme dans un sectarisme mortifère. De plus, il ne vous aura pas échappé que, au moment où la question sociale redevient sensible en France, on nous ressort Besancenot qui avait disparu depuis 10 ans. Rien ne serait pire dans un pays comme le nôtre que des millions de travailleurs se retrouvent dans un même discours, une même démarche révolutionnaire et marchent donc unis vers un même but. Le travail de l’extrême-gauche, politiquement et syndicalement, a toujours été de saper ce travail d’unification. Beaucoup de syndicalistes savent de quoi je parle.
 
Le soucis aujourd’hui, et là dessus je suis d’accord avec Besancenot, c’est la faiblesse du discours du PCF. C’est le manque de radicalité dans ses prises de position. C’est l’abandon d’un vrai discours de classe au profit d’une fable humaniste légèrement rougie. Nos cadres, pas tous et heureusement, perdent parfois leur enracinement populaire, ils fréquentent des milieux qui les coupent de la réalité, ils ont des trajectoires sociales ou des pratiques sociales qui les éloignent du quotidien vécu par tant d’individus. Moi même je ne travaille pas à l’usine et j’ai aujourd’hui la chance d’avoir un salaire satisfaisant (pas non plus extraordinaire) qui me permet de manger à ma faim, de me payer une semaine de vacance, de m’acheter des livres. Plus important encore, j’ai un métier qui me permet de ne pas rentrer déglingué de fatigue chez moi, et donc, le soir, de pouvoir lire de la philosophie, d’avoir une passion pour le cinéma, d’aller au théâtre … Après je sais d’où je viens, un pur milieu ouvrier, la plupart des gens qui composent mon cercle social sont eux-mêmes des ouvriers, et puis, sans m’épandre sur ma vie, je n’ai pas des revenus si élevés qu’ils me permettent d’épargner, d’être propriétaire ou de pouvoir faire abstraction de cette pointe de stress lorsque je vais consulter mes comptes. Je sais que vous serez nombreux, chers lecteurs, à vous retrouver dans ce tableau. Et puis, dans ma fédération, les camarades vous remettent radicalement en place lorsque vous vous perdez un peu, que vous décrochez de la réalité. Avec malice, ils vous taquinent quand vous portez la cravate. La cravate c’est pour les patrons … Encore faut-il être parmi eux … Certains de mes petits camarades de la direction en revanche, sans être des bourgeois cela va de soi, ont quand même, je crois, pris de mauvais réflexes, ne partageant plus vraiment ce quotidien. Mais là n’est pas le plus important. Robert Hue et Marie-George Buffet ont tout fait pour détruire de l’intérieur le Parti Communiste Français. Ces gens et leurs complices ne croient plus en la force de nos idées premières. Ils et elles ne croient plus en la possibilité de combattre le capitalisme à la racine, d’unifier la classe ouvrière (précaires, ouvriers, salariés, fonctionnaires, retraités modestes …) pour changer concrètement la vie. Ils ont affaibli l’organisation et dénaturé notre discours. On préfère parler de féminisme, du combat LGBT, du combat athée (qui frôle parfois l’hystérie) tout en omettant de replacer toutes ces batailles dans la seule logique qui compte : celle du combat contre le capitalisme et toutes les normes sociales, politiques, humaines qui sont directement liées à lui. C’est donc en ce sens que je parle de dénaturation. Je crois fortement en l’identité sociale et là-dessus nous avons d’importantes lacunes. Bref, je ne vais pas épiloguer sur ces points mais les disciples de Hue et de Buffet restent encore trop nombreux au sein de la direction nationale. J’en profite pour rendre hommage à Pierre Laurent qui a au moins mis fin au processus de liquidation. Je prendrai le temps, dans d’autres contributions, de revenir sur ces différents points.
 
Le point essentiel sur lequel je voulais revenir est celui de notre participation à la vie électorale de notre pays. Le PCF est présent à tous les scrutins de l’échelon le plus local au national. Nous présentons également des listes aux élections européennes. Cela nous impose un rythme particulier, un rythme très soutenu avec presque un scrutin par an. Cela nous oblige également à nous positionner dans des débats instaurés par les médias, par les dominants. Vous le savez comme moi, on ne parle jamais de l’exploitation, des salaires qui baissent, de la violence patronale. Non on parle de l’insécurité, de la drogue, des immigrés, du « coût » du travail, des français grincheux qui refusent les réformes. Un communiste a toujours beaucoup de mal à se positionner dans ces débats là qui sont l’arbuste qui cache l’immense forêt de la spoliation, de la souffrance populaire, des véritables enjeux qui comptent. Les sondages viennent enfoncer le clou, ils permettent de fabriquer des candidats, ils orientent les choix des électeurs. Ils évitent surtout soigneusement eux aussi de poser les véritables questions. Il nous faut inventer des slogans, ne pas paraître trop radicaux pour un électorat anesthésié par cette télé-magouille. Bref on s’oblige à faire de la petite tambouille électorale, à devoir nous résigner à des appels de second tour, à afficher tout petit en bas de l’affiche notre logo, à l’oublier même parfois. Un logo qui a abandonné les outils, l’appellation communiste (mise en commun) noyée dans celle du « Front de gauche ». C’est ainsi que l’on pense le temps-court, que l’on s’appuie sur des résultats électoraux pour revoir notre copie. Des résultats électoraux qui n’ont aucun sens puisque la moitié des électeurs ne se déplacent plus jamais ou presque …
 
Alors tout de même, j’apporte quelques nuances dans ce flot de généralités basiques. Je veux dire que les scrutins locaux demeurent importants. D’ailleurs, les électeurs se déplacent pour choisir leur maire. Une mairie gérée par un communiste ou pas, cela fait une différence de taille. Adjoint au maire dans une ville communiste de presque 20 000 habitants, j’en suis témoin chaque jour. Sur le logement, sur l’aide sociale, sur la culture, sur la citoyenneté … Beaucoup de choses importantes dans notre vie de tous les jours sont directement liées aux politiques locales. Même chose pour les élections régionales qui font l’actualité. La région met en place des politiques utiles au quotidien. Quand il y a des élus communistes dans l’hémicycle, un discours singulier et combatif raisonne bien souvent sans tremblement dans la voix. Pour les travailleurs mobilisés de la région, ils savent qu’un homme comme Bertrand Pericaud qui est sur les questions économiques au conseil régional a joué un rôle important. Il a relayé les luttes, obligé la région à se positionner et à interpeller les autorités, il a tapé du point sur la table quand il le fallait. Même chose pour ma camarade Cathy Poly Apourceau qui présidait la commission des lycées et des questions de formation. Elle a lutté activement contre le décrochage scolaire, a accompagné les enseignants en lutte, s’est toujours opposée aux subventions de la région pour les lycées privés … L’utilité des élus communistes à ces différents échelons n’est plus à prouver.
 
En revanche il me semble qu’il y a deux scrutins avec lesquels nous devrions rompre et pas des moindres : l’élection présidentielle, et celui des européennes. L’élection présidentielle est l’antithèse de la démocratie. Il faut choisir un homme ou une femme, au pouvoir démesuré (le président de la République française est le chef d’État possédant le plus de pouvoir au monde en régime « démocratique »!). Les deux candidats qui arrivent en tête ont droit à un ticket pour le deuxième tour alors qu’ils ne représentent qu’une minorité des français. C’est ainsi que droite et gauche mènent le jeu de l’alternance depuis des décennies en étant dans le fond d’accord sur presque tout, du moins économiquement. Européens convaincus, libéraux, fossoyeurs des services publics … Pourquoi devrions-nous prendre part à ce simulacre d’élection ? Pourquoi vouloir participer à un scrutin aussi biaisé et convenu ? Je pense, je sais que je ne suis d’ailleurs pas le seul, que nous devrions nous inspirer de ces sages paroles du regretté Jacques Duclos : ‘C’est blanc bonnet et bonnet blanc ». Effectivement, Duclos avait mille fois raison. J’appelle donc, et je défendrai cette position dans nos futurs débats du congrès, à boycotter l’élection présidentielle et à mener à la place un grande campagne populaire pour un nouveau régime politique nous permettant de mettre fin radicalement à l’oligarchie. Par contre aux élections législatives, on propose et on défend un vrai projet communiste pour la France et on affiche la couleur : nationalisation des banques, des grandes entreprises de l’énergie et des services avec gestion ouvrière, l’interdiction des licenciements quand une entreprise fait des bénéfices, la fin des baisses de cotisations pour les grands groupes et des aides spécifiques pour les petites structures (TPE / PME), un chantier national sur l’école, l’université et la recherche, la création d’un vrai ministère de la culture, des Arts et de l’éducation populaire, le retrait de la France de l’OTAN, une rupture complète avec les politiques européennes … Et puis 577 hommes et femmes ancré(e)s dans les territoires pour le porter et le populariser dans chacune des circonscriptions. Un parti en mouvement avec son propre projet, loin des débats puants et des contraintes électorales imposées !
 
Pour le scrutin européen, même chose. Nous refusons de participer à cette ridicule aventure. Les députés européens n’ont aucun pouvoir, sont élus dans des circonscriptions hors normes, ils n’ont aucune prise sur les orientations européennes. Le PCF ne doit donc pas prendre part à cette mascarade mais là aussi, à contrario, se lancer dans une campagne de désintoxication populaire. Non à cette Europe, non à cette monnaie qui détruit notre industrie et nos emplois, non aux directives européennes qui dérégulent les services publics, les marchés de la production agricole et viticole …
 
J’en arrête là car ce billet est déjà trop long. J’aurais l’occasion d’écrire et de communiquer dans les mois à venir sur ces sujets. Je sais que mes propositions seront loin de faire l’unanimité, je sais qu’elles causeront même chez certains des mouvements d’humeur. Je sais en revanche également que de nombreux camarades ne sont pas loin d’épouser les mêmes thèses que celles-ci. Il y aura un congrès en 2016 où ces questions seront abordées. Il faudra donc un véritable débat dans notre organisation sur ces différents points. Le pays va mal, la souffrance populaire s’accroît chaque jour, le pays sombre dans le renoncement et la colère. Tout cela tend à emprunter des chemins dangereux parce qu’il n’existe pas de véritable alternative progressiste digne de ce nom aujourd’hui. C’est notre responsabilité de la faire vivre. A nous donc de savoir envoyer les bons signes et de porter un projet capable de mobiliser les exclus du progrès, du partage, du pouvoir.
 
Guillaume Sayon
 

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Les patriotes ne sont pas là où on croit !

11 Octobre 2015, 08:40am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Titre énigmatique pour ce billet mais qui va faire état d’une réalité malmenée et à juste titre. Certains historiens en mal de publication éditent souvent des petits ouvrages mystérieusement intitulés « les secrets de l’histoire ». Dans ces ouvrages on nous explique que tel roi était allergique au poivre ou quel tel chef de guerre avait en réalité peur du sang. S’il y a un véritable secret d’histoire volontairement dissimulé à la masse, qui doit se contenter de croire que Charlemagne a inventé l’école, c’est celui de la trahison systématique de la bourgeoisie. Les belles et grandes personnes qui nous chantent les refrains inspirés sur l’identité nationale, sur la défense d’une civilisation française prétendument en danger, n’en ont dans les faits que faire de ces choses-là. Ce qui les intéresse, c’est le profit. Après tout, nous sommes dans un système capitaliste et par définition, ceux qui sont propriétaires de l’outil de production, le sont pour gagner de l’argent. Alors tant que leurs intérêts ne sont pas directement menacés, tant qu’ils peuvent faire des profits, tout va bien. Pas besoin d’agiter le drapeau nationaliste pour diviser. Mieux encore, pas besoin de taper chez le voisin plus fort pour demander de remettre de l’ordre dans son propre pays. Voyez-vous, ce qui se passe à Air France ces derniers jours, cet unanimisme médiatico-politique qui consiste non pas à condamner la « violence » ouvrière, mais à l’insulter, elle est la matrice qui a toujours prévalu dans les hautes sphères de la société : on déteste les ouvriers. On les déteste d’autant plus quand ils décident de se rebeller, de se révolter contre une injustice avérée. Les deux chemises de ces deux petits DRH, le PDG d’Air France/KLM s’en moque éperdument. Ce qui l’inquiète en revanche c’est une prise de conscience collective chez les salariés de l’idée qu’ils sont en train de se faire enfler. C’est l’idée de la contagion qui l’inquiète grandement. Bref que la classe ouvrière, en l’occurrence les salariés d’Air France, devienne ce que Marx appelle une classe en soi et pour soi. Cela veut dire que les salariés ont conscience qu’ils partagent des conditions de vie et de travail similaires et surtout, qu’ils ont des intérêts en communs qui sont contraires à ceux de leur employeur. C’est là où se situe le danger pour la direction d’ Air France. Donc, les médias qui sont entre les mains de grands industriels et financiers font le sale boulot. Ils doivent diviser, car il faut diviser pour mieux régner, le patronat le sait mieux que quiconque.
 
Je m’égare un peu mais cette digression était je crois nécessaire. Je m’égare mais pas tant que ça … Vous allez comprendre. J’en reviens donc à ce titre faussement provocateur et à cette idée que je vous délivre comme ça sans précaution, cette idée d’une trahison systématique de la bourgeoisie. Alors vous n’y échapperez pas, deux exemples historiques pour étayer mon propos. Premier exemple, le plus simple mais sans doute le plus parlant, la Révolution Française. Je ne vais pas reprendre ici la chronologie des faits mais simplement rappeler une chose. Lorsque la dynamique révolutionnaire s’amorce, que les intérêts du roi sont menacés, que c’est la grande peur dans les campagnes car les paysans se rebellent contre le système d’oppression intrinsèquement lié à la nature de la société d’ordre de l’époque, le réflexe des grandes familles nobiliaires, ces militaires et grands noms du royaume de FRANCE consiste à aller toquer chez les voisins autrichiens et prussiens pour qu’ils puissent venir remettre de l’ordre. En clair et sans décodeur, on leur demande d’écraser le peuple français, leur propre peuple ! Cela donnera l’héroïque bataille de Valmy du 20 septembre 1792, où l’armée française qui s’est en fait improvisée armée, puisqu’elle n’est pas composée de militaires à proprement parlé mais majoritairement de citoyens, plus précisément de gardes nationaux totalement inexpérimentés, vaincra les armées prussiennes conduites par le duc de Brunswick. 
 
Comment ne pas évoquer ensuite les événements de 1870. L’empire français se fait balayer violemment par l’armée prussienne à Sedan le 2 décembre. A Paris les « Jules » (Ferry, Favre …) proclament la République sur les marches de l’hôtel de ville de Paris, le pouvoir étant vacant. Puis un homme fort, Adolphe Thiers tire son épingle du jeu. Ce représentant de la monarchie orléaniste (c’est compliqué mais tenez bon) annonce que la jeune République résistera face à l’envahisseur et défendra coûte que coûte la France. Mais dans le même temps, secrètement, il négocie avec Bismarck, avec l’ennemi. Il leur donne sans résistance l’Alsace-Lorraine, négocie quelques petites choses, essentiellement la sûreté des capitaux et des intérêts français, et il demande aux troupes allemandes de se tenir prêtes pour encercler Paris qui bouillonne et qui donnera naissance à la Commune ouvrière, une sorte de première expérience grossièrement socialiste. Encore une fois, cet éminent représentant des intérêts de la bourgeoisie, négocie avec l’ennemi contre son propre pays, contre le peuple de Paris. Finalement c’est lui-même qui écrasera la Commune durant ce qu’on appellera tristement « la semaine sanglante ». Pas besoin de vous faire un dessin, on ne se contente pas de réprimer la Commune, on massacre les communards. C’est l’armée française qui fait ça, en parfait accord avec les prussiens.
 
Alors vous me direz sans doute, ce que tu nous expliques là c’est un peu loin de nous. Très bien, alors je vous renvoie aux remarquables travaux de l’historienne Annie Lacroix-Riz qui explique comment les élites françaises font le choix volontaire de la défaite en 1940. (ici sa conférence sur le sujet). Vous pouvez aussi regarder cette très bonne émission animée par Henri Guillemin sur le personnage de Pétain (c’est ici que ça se passe). Vous aurez ainsi la démonstration parfaite que les élites économiques et politiques françaises font systématiquement le choix de la défaite, bref choisissent de trahir les intérêts de la Nation pour garantir leurs propres intérêts.
 
Tout cela pour finalement en venir au Front National. Contrairement aux apparences, le clan Le Pen et leurs amis n’en ont que faire des intérêts de la France et de son peuple. Je sais que beaucoup font le choix de voter pour eux afin de défendre des valeurs françaises, un attachement à la Nation qu’ils pensent menacée. Mais je vous le dis, c’est faire une faute terrible que de leur accorder des suffrages dans ce sens. Car les Le Pen, ou le candidat frontiste aux régionales en Île-de-France, Wallerant de Saint-Just (ça ne s’invente pas un nom pareil), ils sont les héritiers de cette élite, de Pétain, de ceux qui publiquement disent défendre la France et ses valeurs mais qui par leurs actes trahissent à la première occasion le peuple français. Renseignez-vous sur les gens qui financent le FN. Renseignez-vous sur leurs fondateurs. Tout deviendra alors limpide ! 
 
Les seuls patriotes dans l’histoire, ce sont les petites gens, c’est le peuple. C’est le peuple de Paris qui annonce qu’il se battra jusqu’au bout en 1870 pour repousser l’envahisseur prussien, qui annonce qu’il n’abandonnera pas ses frères et sœurs alsaciens et lorrains. C’est le peuple (en partie) qui s’organise clandestinement dans la résistance pour résister aux nazis et au régime pétainiste de la collaboration. C’est le peuple qui repousse l’armée prussienne à Valmy que l’aristocratie française a appelé à la rescousse. 
 
La droite et l’extrême-droite peuvent toujours clamer leur nationalisme le plus pur, c’est irrémédiablement de leurs troupes que sont venus les pires traîtres à la patrie. Il ne s’agit pas ici d’un discours de propagande, ce sont des faits historiques précis. Le père Le Pen, admirateur de Reagan, sans doute le président américain le plus libéral et le plus grand fervent de la toute puissance américaine à échelle mondiale et donc européenne, n’est certainement pas plus patriote que vous et moi, bien au contraire. Si demain par le plus grand des malheurs ils prenaient le pouvoir dans notre pays, ils feraient deux choses. La première des choses, c’est d’anéantir les syndicats et le parti communiste. C’est toujours ce que l’extrême-droite fait dans l’histoire en premier. L’objectif est simple, empêcher la moindre révolte ouvrière. Ceux qui inaugurent les camps de concentration sous le III Reich ce ne sont pas les juifs, ce sont les communistes sachez-le ! Ensuite ils collaboreront avec les puissants car c’est toujours cela qu’ils font. La raison même de leur existence elle est celle-ci. Pouvoir remettre de l’ordre quand le capitalisme est en phase de crise et que le risque est trop important qu’il implose. Cela n’est ni une prophétie, ni un délire sans fondement. Cela n’est que la plus stricte réalité ! Je n’espère qu’une chose, c’est que le futur ne nous donne pas l’occasion de vérifier ces affirmations. 
 
Guillaume .Sayon

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La Grèce, l’Europe et les tyrans

2 Juillet 2015, 06:41am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

On a beau se dire que la démocratie est née il y a des siècles en Grèce et que de fait il n’est pas anodin que c’est là-bas qu’elle retrouve ses lettres de noblesse, il n’empêche que la décision prise par le premier ministre Alexis Tsipras est le signe d’un grand courage et d’une intelligence tactique dans le bras de fer qui oppose son pays à la cohorte des cravates en soie, qui s’appliquent de manière très dogmatique à pressurer les salaires, à pulvériser les politiques de solidarité pour une seule et unique raison : permettre aux propriétaires des moyens de production de garantir une courbe ascendante du taux de profit. Car oui, il serait erroné de décrypter les événements grecs à une simple échelle régionale européenne.

C’est la course aux profits et donc la collusion entre les différents impérialismes actifs qui causent de manière collatérale les troubles qui secouent la Grèce et son peuple courageux et digne. Je n’ai pas envie de développer ici une prose courtoise toute en retenue mais simplement d’éclairer mon lecteur sur ce que je crois comprendre de la séquence qui nous intéresse. La Grèce souffre de l’euro qui la crucifie sur place dans la course à la compétitivité au cœur d’un marché commun totalement dérégulé et même d’un marché mondial libertarien, c’est-à-dire sans aucune réelle règle d’encadrement. L’Europe qu’imaginait Monnet et Shumann, elle vit pour une part sous nos yeux. De ce point de vue, je récuse les arguments avancés par Françis Wurtz et par Maud Vergnol dans son éditorial du 29 juin dernier dans l’Humanité. Je la cite « l’ultimatum des usuriers, qui préconise d’acculer toujours plus le peuple grec et de ménager les plus riches, contrevient aux principes et aux valeurs qui ont fondé l’Europe ». C’est fantasmer l’histoire que de croire une chose pareille. Depuis son projet de création largement piloté par les États-Unis dès la fin de la seconde guerre mondiale, l’Union Européenne a toujours été dans l’esprit de ses architectes un vaste marché de libre-échange sensé être le prolongement du pouvoir économique et financier américain sur le vieux continent pour notamment contre-carrer le pouvoir et l’influence de « la mère Russie ». Jamais il n’a été question, sauf à avaler naïvement les psaumes de façade des dirigeants européens, de penser ce projet d’édification supranationale à la lumière des vertus inconditionnelles de la démocratie. En cela, les événements ukrainiens sont un véritable retour aux sources qui a permis à certains de dire très justement qu’on était en pleine réminiscence des logiques de la Guerre Froide.

On ne peut donc pas simplement focaliser notre colère sur Merkel ou même sur la lâcheté d’Hollande qui est néanmoins irréfutable. On ne peut s’en prendre qu’aux logiques intrinsèques au système capitaliste et à l’avènement de son stade suprême : l’impérialisme. C’est parce que les États-Unis sont affaiblis avec un imperium décadent et parce que le front sino-russe s’avère être solide et menaçant pour la nation à la bannière étoilée que nous en sommes dans une telle situation. Ne nous méprenons donc pas et appelons un chat pour ce qu’il est. La métaphore du chien serait plus appropriée dans les faits. Les chiens de garde de la presse aux ordres qui méprisent et insultent tout un peuple martyrisé au travers de papiers qui se disputent la violence à la malhonnêteté. Les chiens dociles à souhait de l’Eurogroupe qui claquent la porte au nez et à la barbe du ministre de l’économie grec pour ensuite publier un communiqué ubuesque menaçant la Grèce de faillite si elle ne rentre pas dans le rang. Les chiens enragés des banques et de la finance qui mènent une offensive tyrannique en faisant le choix de mettre un peuple à genoux pour ne pas menacer les intérêts cruciaux qui se jouent actuellement. C’est sans doute leur talon d’Achille d’ailleurs. A ne vouloir raisonner que dans le cadre d’une courte temporalité, ils risquent d’essuyer de sévères revers dans les mois et les années à venir. Espérons-le fortement.

La grande faiblesse de notre analyse qui est celle aussi de Tsipras, c’est de ne pas remettre en cause le capitalisme et ses logiques. Ni Tsipras et Syriza, ni même le PGE ou le PCF. Ni même d’ailleurs Podemos. Là où il y a danger à mon avis, c’est que les forces progressistes en Europe ne portent pas ce message clair et même refusent d’imaginer le scénario de la sortie de l’Union Européenne et de la zone euro. Tant que l’Europe du sud sera embarquée dans ce scénario cauchemardesque, il n’y aura pas la moindre lueur d’espoir à l’horizon. Sans doute faut-il être patient. Sans doute les événements pousseront pragmatiquement les forces progressistes à revoir leurs jugements et leurs positions. Cependant, le temps manque et des millions de citoyens souffrent de cette situation.

De toute manière le « Grexit », comme on dit, paraît de plus en plus inéluctable. Même si un accord était finalement trouvé avec le FMI pour étaler les 1,6 milliards d’euros que la Grèce doit, il est inconcevable d’imaginer un accord avec la BCE sur les 3,5 milliards d’euros qu’Athènes doit lui rembourser avant le 20 juillet. Un tel accord hypothétique serait incompréhensible quand on voit la violence des mesures et des discours assumés ces derniers jours par les représentants officiels de l’Union Européenne et de ses différentes structures. Pourtant, même Dominique Strauss-Kahn qu’on ne peut raisonnablement pas qualifier de révolutionnaire parle de folie et de non-sens concernant les conditions soumises à la Grèce. Pire que de l’aveuglement, c’est du fanatisme idéologique dont il est question. En cas de défaut de paiement et de maintien de l’ultimatum fixé par la Troïka, la Grèce n’aurait d’autre choix que d’émettre une nouvelle devise monétaire pour continuer à vivre. Ce qui se joue avec ce référendum revête une dimension historique. Au final, l’Union Européenne elle-même pourrait signer son arrêt de mort dans cette affaire. Inversement, Tsipras joue gros et si il perd ce référendum, qui est d’ailleurs loin d’être gagné d’avance, tous les efforts entrepris depuis des semaines seraient anéantis et il n’aurait d’autre choix que de démissionner.

Bref, partout en Europe, nous avons tout à gagner à soutenir massivement la résistance grecque et donc à accompagner une victoire qui devient fondamentale du gouvernement grec lors de cette consultation mémorable.Pour autant, cette victoire si elle devient réelle le 5 juillet prochain, ne sera qu’une étape dans le processus qu’il faudra développer. Pour la suite des événements, Tsipras et les progressistes européens seraient bien inspirés d’écouter un peu plus nos camarades du KKE qui, s’il est vrai souffrent de leur excessivité occasionnelle, pointent du doigt, de manière très juste et malheureusement relativement esseulée, le véritable problème dont il est question dans cette affaire : le capitalisme.

Guillaume Sayon

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