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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #edito

Liberté Hebdo 1218 : L'édito de Franck

5 Mai 2016, 06:21am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1218 : L'édito de Franck

SORTIR LA RÉPUBLIQUE DE L’IMPASSE

Jamais la République n’a été aussi attaquée. Libertés fondamentales, Code du travail, enseignement, institutions.... Tout les éléments constitutifs de l’équilibre de la société sont mis à mal par nos gouvernants. Les apprenti-sorciers du Parti socialiste sont sur tous les fronts.

Les dégâts sont déjà visibles mais il est à craindre des décennies de récession si personne ne stoppe la machine à perdre.

La lente construction, si imparfaite soit-elle, de notre République est le fruit de notre histoire, des Lumières et des révolutions. Les doctrines libérales prennent le pas sur la réflexion philosophique. La pensée unique devient l’étalon de la non réflexion, l’âne de la pensée. La réforme des collèges, mise en œuvre par Najat Vallaud-Belkacem, va déstructurer l’enseignement public, chaque établissement fera suivant ses moyens et la volonté de son responsable.

Autant le dire tout de suite, l’enseignement ne sera pas le même partout. L’égalité des élèves est remise en cause par ceux-là mêmes qui se devaient de la défendre.

Les réactionnaires, masqués sous des oripeaux de progressistes, mettent le pays en coupe réglée. L’interdiction des Nuits debout passé 22 heures ressemble à s’y méprendre à un couvre-feu. Un couvre-feu intellectuel. Mais aussi très violent si on en juge par le nombre de personnes blessées, y compris dans les forces de l'ordre, lors d’affrontements liés plus souvent à une répression policière voulue par le pouvoir en place pressé de faire taire les contestations, qu’à une garantie du maintien de l'ordre public.

Les débats qui s’ouvrent cette semaine sur le projet de loi El Khomri, porté devant l’Assemblée par le député Sirugue, doivent faire l’objet de la plus grande attention. Pas loin de 5000 amendements ont été déposés.

Le gouvernement n’est pas sûr d’avoir la majorité sur son propre projet. Et la menace de l’utilisation de l’article 49.3 de la constitution est toujours dans les têtes.

Les « frondeurs » sont-ils prêts à voter

contre ou abdiqueront-ils face à quelques mesurettes ?

Le patronat, Medef en tête, n’aurait plus autant à gagner dans cette affaire. Surtout, les artisans et les dirigeants de petites et moyennes entreprises craignent fort les pressions qu’ils devront subir de la part de leurs donneurs d’ordres une fois le texte adopté.

François Hollande serait avisé de désamorcer la machine infernale.

La première des difficultés pour l’ensemble de la population est liée à l’accès à l’emploi, en particulier pour la jeunesse. Une jeunesse à qui on ne parle, depuis plus de 20 ans, que de chômage.

Personne ne peut faire croire que le retour au plein emploi passe par la destruction des droits des salariés.

La construction d’un meilleur avenir pour tous passe plutôt par la recherche et le soutien d’initiatives réellement créatrices d’emplois sur le territoire national.

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Liberté Hebdo 1217 : L'édito de Franck

28 Avril 2016, 21:13pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1217 : L'édito de Franck

MON ROYAUME POUR UN SOUS-MARIN

Il n’y a plus de chevaux. Enfin, plus précisément, le recours à la traction animale est, sauf loisirs, très limité, en France, plus particulièrement depuis l’invention du moteur à explosion. Mais combien d’attelages sommes-nous cependant forcés encore de traîner ? Les grands de ce monde remuent ciel et terre pour démontrer leur utilité. L’industrie de l’armement serait-elle seule capable de représenter le savoir-faire national à l’étranger ? La France doit-elle en permanence participer à l’élaboration du chaos mondial ? La patrie des Droits de l’Homme mérite mieux comme image extérieure.

Douze sous-marins pour les Australiens, et les cheminots en grève mercredi pour défendre le service public, et les salariés de toutes les professions, les retraités et les étudiants dans les rues jeudi pour défendre le code du travail, pour l’avenir. L’attelage gouvernemental est-il au

plus mal qu’il est temps de le remettre à la page ? De Four- mies à Perpignan, combien seront encore mobilisés dimanche pour faire du 1er mai un exemple de mobilisation?

Le dos tourné de Gattaz (fils) n’est pas encore suffisant pour rassurer le gouvernement qu’il peut continuer dans sa (mauvaise) voie. La nécessité du rassemblement est d’autant plus importante que la course à l’Elysée est déjà engagée pour beaucoup. La droite, qui jusqu'à présent donne l’impression de se rassembler, tout au moins sur les dernières élections, risque fort de partir en ordre dispersé à la bataille lors des élections présidentielles de 2017. Du pain bénit, si on peut dire, pour Marine Le Pen qui n’attend que la dispersion des voix, à droite et à gauche, pour creuser l’écart avec ses adversaires.

L’urgence manifeste est au rétablissement immédiat des valeurs qui fondent notre République. La mémoire tronquée des jeunes générations par des programmes d’histoire allégés, formatés aux nouvelles normes libérales, n’augure rien de bon pour les élections à venir. La démocratie doit d’abord exister dans nos têtes avant de pouvoir être mise en œuvre dans nos vies. L’urgence est au redéploiement de valeurs collectives de partage et de solidarité. Le 1er mai qui s’annonce mérite de déployer ces valeurs au long des cortèges qui se préparent, comme de ceux qui se sont déroulés dans toute la région, jeudi 28 avril contre la réforme du code du travail, mais, surtout, pour un avenir plus conforme aux souhaits du plus grand nombre.

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Liberté Hebdo 1215 : L'édito de Franck

18 Avril 2016, 15:56pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1215 : L'édito de Franck

Les contribuables viennent de recevoir leurs feuilles d’impôt. En ligne ou sur papier, c’est l’heure des interrogations, des doutes, des espoirs ou des angoisses. Dans bien des modestes foyers, il n’y a qu’une seule ligne, déjà remplie par l’administration. Pour la majorité des salariés, pas de risque d’erreur ni de fraude possible.

L’exil fiscal représente à ce jour un coût de près de 240 milliards d’euros par an en Europe. Face à ce scandale, et en pleine affaire «Panama papers», la Commission Européenne envisage de solliciter des multinationales un rapport stipulant le « niveau d’impôt payé dans l’Union Européenne, pays par pays.»

Le Parti Communiste Français dénonce l’insuffisance des moyens et des propositions mis sur la table contre «un cancer financier qui détruit les économies et les capacités de production des Etats membres » et recommande à la Commission européenne d'écouter les sénateurs communistes et la proposition de loi déposée au Sénat par le groupe CRC pour mettre un véritable « coup d’arrêt au gang des financiers mondialisés qui, jour après jour, détruisent nos vies et nos emplois.»

C’est bien l’enjeu au moment où nous devons, nous, rendre compte à l’administration fiscale sur nos revenus. Payer l’impôt, à chacun selon ses moyens, c’est contribuer à l’effort collectif de fonctionnement de l’Etat et des institutions, assurer l’équilibre entre les territoires, préserver les systèmes de santé, d’éducation, de défense, de sécurité...

Quand l’administration parle de s’appuyer sur les déclarations des employeurs pour des retenues à la source. Manière, à peine voilée, de prêcher, une fois de plus, pour une réduction du nombre de fonctionnaires attachés au Trésor Public. Alors que c’est maintenant qu’il faudrait recruter pour renforcer les brigades chargées de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

Il est temps que le scandale cesse.

Le « trou » de la sécu, le « coût » du chômage, sont autant de serpents de mer auxquels il serait simple de tordre le cou si l’argent des impôts était collecté partout avec autant d’attention. Le chantage à l’emploi, à la délocalisation, ne marche plus. De toute manière, les citoyens ne sont plus dupes.

Mêmes si d’aucuns tentent encore de noyer le poisson, d’agiter des lanternes grosses comme des vessies, le gouvernement ne peut plus faire semblant. Il ne peut pas refuser l’exigence publique de l’égalité face à l’impôt. Ni nier l’évidence d’une nécessaire remise à plat des comptes de la Nation. Dans l’intérêt général, pour le développement et la croissance.

Combien de grands chantiers utiles pourraient être mis en œuvre avec l’argent planqué, piqué au fisc ?

Il va falloir pour ça que les grands timoniers du libéralisme lâchent un peu de lest. C’est l’unique solution pour remettre la France en marche.

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Nuit debout : du vacarme à l’ordre révolutionnaire

18 Avril 2016, 15:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Il ne sera pas question ici de porter un regard sévère sur ce mouvement exceptionnel, du moins sur l’aspect innovant, qu’est celui de Nuit debout. Je ne ferai pas preuve de férocité. En tout cas je ne pourrais pas produire une violence aussi incarnée que celle de Eric Verhaeghe dans les pages du Figaro qui concluait sa tribune intitulée « Nuit debout le crépuscule des bobos » de la sorte : De là le caractère extraordinairement hétérogène du mouvement. Fait par les Blancs pour les Blancs, fait par les bourgeois pour les bourgeois, fait par les bobos pour les bobos, il ne devrait pas tarder à mourir de sa belle mort, à moins qu’une mutation du virus ne conduisent à une radicalisation et une popularisation inattendue.

Je vous l’accorde il est question en toute logique d’un vrai discours de classe. Pour autant, comme c’est habituel pour ceux qui sont des lecteurs réguliers du Figaro, de belles vérités nues se révèlent, des vérités nues sur les logiques profondes de l’organisation de notre monde, de sa société, de son économie … Bref ne faisons pas durer le suspens, sur le capitalisme. Même si le Figaro est par nature un organe de propagande de ce dernier, qu’il cible un lectorat appartenant aux dominants, il se permet de livrer des analyses très honnêtes. Terribles, scandaleuses pour nous autres. Mais elles sont les logiques qui conduisent les choix du capital et de ses sous-traitants politiques. Alors c’est toujours avec un intérêt particulier que nous devrions pouvoir lire ce média. Pour en revenir à mon propos sur Nuit debout et à cet article évoqué à l’instant, il y a un aspect souligné qui me paraît fondamental. L’éditorialiste le formule ainsi : Une autre caractéristique de la Nuit Debout tient à son aversion pour le salarié. C’est l’Autre: on le plaint, on se bat pour lui, mais on ne le côtoie pas. Je nuancerais évidemment mais néanmoins, sur la base des premières analyses que l’on peut faire du mouvement, on ne peut que constater l’absence des ouvriers, l’absence de l’immense masse des prolétaires. Qu’on se le dise, tous partagent la même colère et le même désir vivace de changement. Non pas par volonté de conquête reposant sur une solide conscience de classe. Non, simplement parce qu’il arrive un moment, lorsqu’on ne peut plus mettre tous les jours quelque chose dans l’assiette, où l’instinct de survie devient instinct de révolte. C’est ainsi qu’une brèche peut naître et que si les ingrédients sont au rendez-vous, il peut s’engager un virage décisif. Décisivement historique. Celui de l’autre voie. Celui qui viendrait violemment démontrer l’imposture de la croyance presque religieuse qu’il n’y a qu’un seul modèle possible et viable, celui qui a fini par triompher (pour le moment !) du socialisme.

Mais ce mouvement ne s’inscrit pas dans cette logique. Parce qu’il développe un fétichisme absolu sur sa non-identité,sur sa fierté de n’être affilié à aucun parti, à aucun système de pensée, il dit ne rien revendiquer. Curieuse posture il faut ici l’admettre. Alors qu’il est maintenant empiriquement démontré, après que Marx l’aura remarquablement théorisé au XIXe siècle, que ce système (le système capitaliste) porte en lui le phénomène même de l’inégalité, Nuit debout ne semble pas l’inclure dans son processus d’édification. A dire vrai, il est difficile de mesurer ce vers quoi cherche à tendre le mouvement. Même si une mobilisation de cette ampleur doit être saluée, qu’elle va d’une manière ou d’une autre jouer un rôle pour la suite des événements, il est je crois fondamental de garder un regard critique sur le phénomène. Parce que des choses importantes sont en train de se jouer sans même que nous puissions encore véritablement le mesurer. Parce que les attaques du capital deviennent extrêmement violentes et que, par conséquent, nous avons l’impératif devoir de monter de solides barricades. Car des millions de destins sont très directement concernés. C’est là l’extrême faiblesse de Nuit debout. C’est la frontière décisive entre l’agitation et la lutte. Dans son article, notre journaliste du Figaro explique que le mouvement a finalement relégué au second plan la lutte contre la loi El-Khomri. Je vous fais là une version beaucoup plus soft, débarrassée des postillons acides du réactionnaire traditionnel. Pour autant, on ne peut pas vraiment lui donner tort.

Dans la lutte, il faut pouvoir être méthodique. La révolution est une science, une science pratique, mais une science tout de même. Il n’y aura pas de mouvement de fond sans victoire sociale. Il est donc indispensable que la lutte organisée contre la loi travail puisse se solder par une victoire. Cette victoire va déterminer toute la suite du scénario. Sans elle, rien, absolument rien ne sera possible. C’est malheureusement l’étape ou plutôt la conviction de cette étape et de son caractère prioritaire qui manque cruellement à Nuit debout. Oui on y fait de l’éducation populaire, oui on s’exerce très concrètement à la pratique de l’agora antique, sorte de démocratie pure et parfaite. Mais Athènes ne comptait que 40 000 citoyens libres. Tous les autres étaient victimes de ce système car ils en subissaient les choix sans pouvoir même les discuter. Nous faisons face au même travers avec Nuit debout. Athènes n’était qu’une illusion de la démocratie et Nuit debout n’est qu’une illusion de la lutte. J’ai la certitude qu’il ne pourra y avoir massification et intensification de la lutte que si elle se fixe l’objectif d’éradiquer la loi travail. La faille est celle-ci. Le trait d’union qui permettra la convergence des luttes se situe au travers de cette bataille. Alors effectivement, sans parler de mutation du virus cela va de soi, il faudra que tous ces citoyens debout sur ces places se convainquent de l’intérêt d’abandonner l’utopie pour quelque chose de plus concret, de plus construit, de plus méthodique. Le problème de l’utopie est qu’elle ne vous mène dans les faits pas très loin. Encore une fois il y a urgence à changer les choses. Cela n’est pas un caprice d’intellectuels ou de militants ou même des deux. C’est le besoin de pouvoir se tenir à la corde qui nous empêche de chuter sur les pentes friables du cratère.

C’est ce travail de clarification que Marx et Engels, puis Lénine plus tard, ont tenté de faire. Il y a la nécessité de l’organisation. Elle est vitale. En ce sens, j’admire le travail que réalise le mouvement jeunes communistes dans les lycées, les universités et mêmes sur ces places des grandes villes. Apporter un cadre, structurer la pensée et le mouvement, créer de l’ordre dans le vacarme. Expliquer que la volonté est un chemin, que ce chemin est parsemé d’étapes qu’il faut minutieusement préparer les unes après les autres. La clé de la réussite se situe à ce niveau il me semble. Je souhaite sincèrement que les hommes et les femmes qui font le mouvement Nuit debout viennent magistralement démentir les propos de notre éditorialiste du Figaro. Les communistes peuvent et doivent les-y aider. Les Communistes avec un grand « C » évidemment, pas les marionnettistes à la sauce primaire. Petite précision si tant est que cette dernière soit vraiment nécessaire.

Guillaume Sayon

 

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Mais où est la gauche ?

7 Avril 2016, 18:55pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La France se réconcilie enfin avec sa tradition, la lutte des classes. Il aura fallu ce projet abject de casse méthodique du code du travail pour que le sursaut populaire puisse enfin éclore. Projet de loi travail non pas piloté à Paris mais dans les arcanes obscures de l’Union Européenne. Il ne s’agit pas d’un simple détail à souligner au détour d’une virgule. Le rouleau compresseur libéral européen parachève son travail jusqu’à disparition totale de la moindre entrave à la concurrence libre et non faussée. Le drapeau bleu étoilé pourra bien voler gracieusement dans le ciel au rythme de l’hymne à la joie, il devient urgent, vital même, de détruire cet outil d’asservissement populaire.

Toutes celles et ceux qui défilent sur les plateaux télé ou dans les studios d’enregistrement des matinales radiophoniques pour nous vendre leurs discours malhonnêtes sur leur prétendue capacité à changer les choses mieux que les autres, nous prennent pour une masse d’imbéciles dépourvus de toute forme de rationalité. Quiconque ne dira pas clairement que le point numéro un de son programme sera le retrait de la France de cette usine à gaz européenne nous prendra pour des idiots. Les règles absurdes, rigides, dogmatiques inscrites dans le marbre des traités ont anéanti la moindre forme de souveraineté. Nous ne sommes plus maîtres de rien dans ce bon pays de France. Pas de possibilité de développer des outils de régulation, encore moins de lancer des plans ambitieux d’investissements publics. Alors, j’entends les voix mollassonnes de ceux qui crient à la réorientation de la construction européenne. Il faut sauver l’Europe comme il fallait sauver le soldat Ryan. Si on émet l’hypothèse farfelue que par un effet de cascade, de nouvelles majorités de gauche prennent la main à Bruxelles, pensez-vous que l’Allemagne hésitera à déguerpir. L’Europe est allemande. Désolé pour ceux qui en sont restés au chapitre du traité de Paris. La France n’est pas le pendant de l’Allemagne. La France marche au pas avec les voisins méditerranéens. C’est un fait. Concevoir le contraire relève de l’idéalisme infantile ou de la mauvaise foi assumée.

Cela me permet d’en venir au véritable propos que je voulais aborder dans ce billet. La France est orpheline. La France n’a plus de gauche. Preuve en est les événements récents. Il aura fallu la mobilisation exemplaire de la jeunesse dans les universités et les lycées pour bousculer les organisations syndicales traditionnelles. Alors que ces dernières tergiversaient et pondaient un communiqué commun bien fade appelant à quelques aménagements cosmétiques, les jeunes organisaient la journée du 9 mars où plus de 500 000 personnes se sont mobilisées partout en France avec un mot d’ordre clair : le retrait pur et simple du projet de loi. Mais les partis de gauche méritent aussi leur catéchisme. Ce mouvement d’occupation des places inspirés de Podemos, Nuit debout, est là aussi symptomatique d’une absence préoccupante de la gauche dans le débat public. La nature a horreur du vide et ce mouvement presque spontané nous met tous au pied du mur. Il suffit de voir le malaise des uns et des autres par rapport à ces péripéties pour le mesurer. Personne n’ose se positionner. Tout le monde semble totalement largué. Nous sommes clairement dans une crise de représentation. C’est une sorte d’effet de pourrissement qui emporte tout sur son passage. La République est pourrissante, le parti socialiste, la gauche globalement … Cela donne le sentiment d’un tunnel qui fait la jonction entre deux mondes, entre deux temps. Cela n’est pas sans faire écho à la formule célèbre de Gramsci.

Pour illustrer mon propos, je ne peux que vivement vous encourager à lire la brillante tribune de Lordon parue il y a quelques jours dans les colonnes du Monde Diplomatique intitulée Pour la République sociale. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher ici de vous en livrer quelques succulents passages. Comme celui-ci sur la primaire : on ne peut pas exclure en effet que les protagonistes de la « primaire à gauche » soient convaincus de produire une innovation politique radicale, alors qu’ils bafouillent la langue morte de la Ve République. Le comble de l’engluement, c’est bien sûr de ne plus être capable de penser au-delà du monde où l’on est englué. Présidentialisation forcenée, partis spectraux, campagnes lunaires, vote utile, voilà la prison mentale que les initiateurs de la « primaire à gauche » prennent pour la Grande Évasion. Et pour conduire à quoi ? La fusion de la contribution sociale généralisée (CSG) et de l’impôt sur le revenu ? un programme en faveur de l’isolation des logements ? une forte déclaration sur la « réorientation de l’Europe » ? Mais sans doute le passage le plus intéressant est celui-ci : La seule chose dont nous pouvons être sûrs, c’est qu’aucune alternative réelle ne peut naître du jeu ordinaire des institutions de la Ve République et des organisations qui y flottent entre deux eaux le ventre à l’air. Cet ordre finissant, il va falloir lui passer sur le corps. Comme l’ont abondamment montré tous les mouvements de place et d’occupation, la réappropriation politique et les parlementarismes actuels sont dans un rapport d’antinomie radicale : la première n’a de chance que par la déposition des seconds, institutions dont il est désormais établi qu’elles sont faites pour que surtout rien n’arrive — ce « rien » auquel la « primaire de gauche » est si passionnément vouée. Je souscris totalement à ses propos. Ils démontrent l’obsolescence des schémas théoriques et tactiques de cette gauche agonisante.

Le peuple français a cette fascinante capacité lorsqu’il se soulève à emporter avec lui les peuples voisins, eux aussi victimes de l’ignominie, du népotisme, de tout ce qu’on veut mais surtout des logiques du capital, de la propriété privée des moyens de production. Comme beaucoup, je regarde avec intérêt ce mouvement nuit debout qui gagne des villes belges, italiennes, espagnoles … Je garde néanmoins une nécessaire lucidité sur cette expérience. Les places semblent peuplées par une jeunesse à fort capital culturel essentiellement. Les travailleurs n’y sont encore que peu nombreux. Qui-plus-est en bon léniniste que je suis, je crois en les vertus de l’organisation. Des mouvements comme ceux-là peuvent vite devenir des impasses s’ils ne s’organisent pas concrètement. C’est la leçon qu’a fini par tirer Iglesias avec les indignés en Espagne. Le PCF devrait donc être en train d’écrire un programme politique pour créer cet impérieux prolongement organisationnel, pour qu’il puisse être débattu, qu’il devienne un repère. Un vrai programme de rupture, un programme politique qui place en son cœur la question de la propriété, de la nation et donc de sa constitution, de l’Europe et de l’évidente rupture qu’il faut consommer avec cette dernière. La question de la paix évidemment avec un préalable : quitter l’OTAN. Un programme qui se nourrit de ce bouillonnement social, qui propose des mots et des concepts, une feuille de route afin de donner du corps à cet élan insurrectionnel. Mais non, Pierre Laurent annonce qu’il va rencontrer Montebourg dans le cadre du processus de la primaire. Misère, vous avez dit misère …

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1214 : L'édito de Franck

7 Avril 2016, 18:42pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1214 : L'édito de Franck

EN AVOIR OU PAS​

Monsieur Gattaz ne fait pas de politique. Mais il a une opinion. Et il essaye d’influencer celle des autres. Interrogé sur France Inter jeudi matin, il le dit, il le clame. Il ne fait pas de politique. Juré. Pas craché, parce que chez ces gens là, on ne crache pas. Mais il ne crache pas dans ses mains pour ne pas le dire.

Nous sommes rassurés : le patron des patrons ne fait pas de politique. Et il demande à tout le monde de cesser de tout « politiser ». Comme l’action syndicale par exemple, pardon, «le dialogue social ».

Cette nouvelle façon de discuter entre «partenaires sociaux» qui permet qu’aujourd’hui 15 salariés du CHR de Lille soient convoqués au commissariat comme des criminels ?

Qui permet que trois salariés des Fonderies du Nord soient menacés de licenciement parce qu’ils ont participé à la grève du 31mars ?

Qui permet que huit ex-salariés de Goodyear aient pu être condamnés à de la prison ferme ?

Pas de blagues, le père Gattaz, fils de, n’a que faire des protestations de la rue sur la loi El Khomri.

Pour lui, les politiques doivent cesser « les zigs et les zags » à ce sujet. Mais, juré, il ne fait pas de politique.

En fait, pas besoin pour lui.

Comme Bolloré, Dassault, Mulliez et consorts, il dicte aux politiques, aux hommes et aux femmes politiques de ce pays, la marche à suivre. Comme des petits soldats. L’économie de marché c’est comme la pluie et le beau temps, impossible à réguler.

Circulez, il n’y a rien à voir !

Voilà donc, au moment où Monsieur Macron « ni-droite, ni-gauche » met en route son mouvement « En marche », la jeunesse de France bat le pavé et les indignés parisiens ont envahi la place de la République pour dire «On n'en veut pas ! ».

De la loi El Khomri, mais aussi de cette société là, à seulement deux vitesses, ceux qui ont du fric et ceux qui n’en ont pas.

Et, heureusement, il reste des femmes et des hommes politiques de conviction, armés d’arguments, de foi militante, animés par l’envie de changer le monde et portés par l’espoir collectif.

Des femmes et des hommes qui font de la politique, qui croient à la force de la démocratie, en l’humain d’abord, et qui n’ont pas peur de se dresser contre les puissances financières.

Et là, Monsieur Gattaz n’a pas de prise sur eux.

C’est ça faire de la politique.

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Liberté Hebdo 1213 : L'édito de Franck

2 Avril 2016, 06:58am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1213 : L'édito de Franck

LA RELANCE PAR LE PAVÉ !

A plus de trente ans d’écart, la loi sur l’école libre et celle pour le mariage pour tous eurent l’une et l’autre pour effet de fédérer toutes les droites face à la gauche, enfin au gouvernement dit de gauche actuellement.

Les socialistes savent rassembler contre eux. Ils savent aussi faire voter « utile ». Pensent-ils.

Le comble pour François Hollande est d’avoir dans la rue ceux qui ont voté pour lui et les générations de futurs électeurs, unis comme un seul homme, comme lors de la réforme Devaquet, le plan Juppé sur les retraites et la sécurité sociale ou le CPE...

Sauf que c’était alors face à la droite, Chirac, Juppé ou Villepin. 1986,1995, 2006 ou 2016, chaque décennie porte le monde du travail et les étudiants à devoir s’affronter aux tentations réactionnaires.

Sauf que ce gouvernement est acharné à marquer contre son camp. Et malgré tout, le mouvement social ne se traduit pas par un changement profond conforme aux attentes populaires. Et les socialistes, hormis les frondeurs, restent persuader d’avancer dans la bonne direction.

L’annonce de l’abandon de la réforme constitutionnelle concernant la déchéance de nationalité tombe à point. Ce recul n’est pas, semble-t-il, le synonyme d’une prise de conscience. Et mobilise plus encore contre les attaques et pour la défense du Code du travail.

Un changement de politique est plus que jamais nécessaire. Nous ne pouvons pas admettre cet acharnement à vouloir broyer les efforts et les sacrifices de générations de militants et de travailleurs. Plus que jamais, les citoyens ont besoin de plus de solidarité, de fraternité, de sécurité.

Même aux Etats-Unis, la question du salaire minimum prend forme. En Finlande, l’évolution du système social est à observer de près. Il existe d’autres façons de voir la marche du monde que d’être collé aux chiffres et aux résultats financiers comme une vulgaire multinationale au service de quelques intérêts privés uniquement.

Le changement, maintenant, consisterait-il juste à modifier une ligne budgétaire ?

Les longues luttes d’émancipation et de conquêtes sociales sont aujourd’hui l’objet d’un déni total par un gouvernement minoritaire, en recul sur ses projets et reportant toujours la prise en compte des réels besoins de la population.

L’heure, pour beaucoup de salariés, d’étudiants, chômeurs ou de retraités, est de partir à l’assaut de nouveaux droits, d’envisager une autre manière de changer le monde et d’apporter un souffle nouveau dans le paysage politique.

A l’heure où personne n’oserait plus avoir une idée innovante de peur de la voir taxer d’utopie. Vilain mot pour les démagogues, frileux sans imagination et conservateurs de tous poils.

Joli nom, porteur d’espoir, d’avenir et d’amour pour toutes celles et ceux, nombreux dans les rues ce 31 mars, qui croient en l’Humain d’abord.

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Pourquoi je reste au PCF

29 Mars 2016, 16:09pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Pourquoi je reste au Parti Communiste Français ? 

 

Difficile cette question. Beaucoup de camarades le savent aussi. Il suffit de voir à quel point le quitter est un déchirement pour celles et ceux qui ont fini par franchir le pas. J’en ai rencontré et je continue à en rencontrer beaucoup. Car, malgré leur départ, on se retrouve sur les mêmes champs de bataille tous. On se croise dans les mêmes conférences, les mêmes ciné-débats, les mêmes manifs … Chaque fois qu’ils évoquent les souvenirs, leurs vieilles plaies, il y a cette conjugaison étrange entre une douce nostalgie et une colère saignante. Tous se disent orphelins. Ils sont les orphelins de ce grand parti de classe, le seul qui a été jusque là capable de provoquer quelques frayeurs à la petite bourgeoisie, aux rentiers de l’industrie et à leurs chiens dociles. Sans blague, le père Gattaz a du se résigner à le confesser, on ne fait pas la même politique avec un parti communiste à 20 et à 5%.

Et puis il faut tout de même avouer que depuis l’effondrement du bloc soviétique, les choses ne vont pas en s’améliorant. 1% de la population mondiale possède autant que les 99% restants ! Le péril rouge avait au moins la force de contraindre les tenants du capital à un peu plus de sobriété.

Enfin les choses sont ainsi faites, elles changent avec le temps. Elles changent en mal si on n’y prend pas garde.

C’est vrai pour le capitalisme comme pour son pire ennemi, c’est-à-dire nous.

Le confort de la démocratie libérale encroûte certains des plus téméraires. D’année en année, d’élection en élection, on finit par jouer le jeu et on laisse périr la matrice première de notre engagement. L’école de Chicago est passée par là, Gorbatchev a vendu les meubles aux enchères, le parti de Berlinguer au pays de Gramsci abandonna la bataille, l’ouragan Robert Hue détruisit tout sur son passage

… Que dire de l’héritage.

On veut rallumer les étoiles sans provoquer la moindre étincelle. On espère désespérément être oint par la Sainte ampoule de la bonne société. Celle qui fixe les règles, qui choisit qui est fréquentable et qui ne l’est pas. Veut-on à ce point être fréquentable ? Auprès de qui ? De Libération ? Du Nouvel Obs ? Du Parti socialiste ? Non, je crois plutôt que ces gens-là devraient pouvoir nous détester, nous vomir même. Je pense au bonheur intérieur par exemple qu’a du vivre notre ami François Ruffin quand, invité sur le plateau d’Europe 1 pour parler de son film Merci Patron !, il doit faire face à la condescendance et au dégoût viscéral qu’il provoque chez Jean-Michel Apathie.

Voilà, c’est cette haine et ce mépris que nous devrions pouvoir contempler sur le visage de la presse bourgeoise quand elle fait face à l’un des nôtres. Or, il faut bien avouer que nous sommes loin de ce cas de figure.

Non le parti communiste a rangé l’outillage et il veut rassembler les brebis égarées. Il passe son temps à vouloir rassembler. Enfin rassembler au sommet à chaque fois, jamais à la base. Il va de compromis en compromis et il ne tire aucun bilan de ses choix. J’ai lu avec attention le texte que la direction propose aux communistes comme base de discussion pour le congrès. Enfin, pour être plus précis, j’ai essayé de le lire. J’ai lâché au bout de la dixième page je crois. Peut-être un problème de style me direz-vous ? Indéniablement je dois l’avouer. Mais si seulement il n’était question que d’un problème de style. Non ce texte il est symptomatique de ce qu’est la réalité de notre parti depuis des années maintenant. Une coquille vide. A peine se revendique t-il encore anticapitaliste entre les lignes. Nos économistes sont dépassés, ils formulent des propositions ahurissantes sur l’Europe et un hypothétique euro de gauche, ils n’évoquent même plus ou presque les nationalisations. Mais enfin qui sommes-nous aujourd’hui ? Que défendons-nous ? Une autre Europe, un autre euro, un autre capitalisme ? Bref, une simple et terrifiante posture réformiste ? Moi je ne sais pas vous, pour les camarades qui me lisent, mais je n’ai pas pris ma carte au PCF pour ça. Je l’ai prise parce qu’un jour j’ai emprunté le manifeste de Marx à la bibliothèque de mon lycée et que j’ai compris que le chemin était celui-la. Je l’ai prise quand j’ai vu qu’en organisant la lutte dans mon petit lycée fréquenté par les gosses de prolos, on défendait les droits de centaines et de centaines de familles populaires du secteur. Je l’ai prise quand j’ai compris que nous avions mes camarades et moi des aspirations communes et que nous pouvions les faire triompher en se battant ensemble, de manière organisée. Je l’ai prise ma carte quand j’ai su que ces aspirations étaient contraires à celles des encravatés qui voulaient fermer des classes dans ce lycée pour de fumeuses et obscures raisons arithmétiques.

J’ai un peu plus de 10 ans de carte maintenant. J’imagine le rictus de certains camarades qui se disent que je suis encore un petit jeunot. Je milite dans ma petite cité du Pas-de-Calais. Grosse section militante, une municipalité que nous gérons depuis 80 ans sans partage ou presque, les camarades m’ont confié un mandat passionnant à la culture. Bref je me sens bien dans ce que je fais. Je donne un coup de main dans ma fédération, je partage entièrement sa ligne et ses batailles. J’ai sans doute beaucoup de chance. Certains camarades n’ont pas cette chance je le sais. Peut-être que si j’avais milité ailleurs j’aurais déjà rendu les gants. Je ne sais pas. Militer, c’est plus vrai encore je crois au parti communiste, cela s’apparente à un vrai sacerdoce. On sacrifie beaucoup de choses à la cause. En tout cas, je sacrifie beaucoup de choses. Je vis, je respire, je mange communiste. Je passe ma vie à lire, à écrire, à penser. Et puis même si je ne suis pas le plus assidu, il faut distribuer les tracts, coller les affiches, participer aux multiples réunions. J’adore les réunions du parti donc c’est une fausse contrainte. Elles ne sont pas toujours passionnantes il faut bien l’avouer mais on y croise les camarades. Il y a un lien si étrange entre nous. Si fort, si fraternel. Cela n’est pas un mythe. La fraternité, cela a un sens profond chez les communistes. La pratique exclusive du tutoiement, les débats sans fin autour du verre de l’amitié, les étreintes, les accolades, les éclats de rire. C’est même difficile de réussir à trouver les mots pour décrire cette atmosphère tellement singulière, tellement chaleureuse. Mais être communiste cela ne vous quitte jamais, sauf si vous y avez adhéré pour de mauvaises raisons. Non cet idéal vous hante sans cesse. Il est si fort qu’il prend le pas sur les individualités. Un communiste est prêt à donner sa vie pour défendre son idéal. Là aussi, cela n’est pas un mythe. Les noms des plaques dans les citadelles, sur les monuments aux morts de la France entière peuvent en témoigner. C’est encore vrai aujourd’hui. J’en ai la certitude.

Alors, même si les directions qui se succèdent ont la lourde tendance à dériver à tribord, ce parti, mon parti, reste un outil extrêmement précieux. Je laisse aux idéalistes le luxe de croire à la fable des mouvements citoyens, des révolutions silencieuses. Pour briser ses chaînes, le peuple asservit aura indéniablement besoin de se structurer, de s’organiser. Il va devoir prendre conscience de lui-même, de sa force. Il n’y a qu’un parti se revendiquant sans honte du socialisme qui sera en capacité de répondre à cette prérogative. Croire le contraire nous mènera inexorablement à l’échec. Syriza, Podemos, les indignés … Toutes ces réponses échouent parce qu’elles ne répondent pas aux conditions historiques et pratiques nécessaires à leur réussite. Un vrai parti de lutte de classe. Pas simplement vouloir proposer un peu plus de logements sociaux par ci, un peu plus de redistributions par là. Non tout cela a échoué et continuera d’échouer. Tactiquement je ne suis pas contre l’idée que nous participions à des majorités avec d’autres formations de gauche. Mais cela ne peut avoir du sens que si nous sommes en capacité de peser lourdement dans le rapport de force, d’obliger le marqueur politique à se positionner le plus à gauche possible. Le parti socialiste n’a été de gauche dans l’histoire que lorsque le parti communiste l’y a contraint. C’est mécanique, c’est historique. C’est ce que font actuellement nos camarades au Portugal. Ils ont signé un accord majoritaire avec le parti socialiste parce qu’ils tiennent une vraie ligne de classe, que leur score est important et qu’ils ont donc obligé le PS a devoir gouverner avec eux.

Nous avons eu des opportunités de rendre le rapport de force extrêmement intéressant ici en France. En 1995 ou en 2005. Après 1995 nous nous fourvoyons dans le gouvernement de la gauche plurielle qui privatise à tout va, qui répond aux salariés de Moulinex qu’il ne peut rien faire contre la fermeture de leur entreprise. En 2007 on participe aux lamentables collectifs antilibéraux qui nous ramènent à un score minuscule alors que Royal menait une campagne à droite. Les mêmes, qui nous ont conduit dans ces impasses, continuent de rédiger nos orientations de congrès et continuent de nous dicter ce qui est bon pour le parti, pour la gauche. Alors pour conclure et dire les choses très simplement, je ne quitte pas le Parti Communiste Français car il est hors de question que je le laisse définitivement entre ces mains la. Il est trop précieux pour qu’on puisse le leur abandonner jusqu’à une extinction qui deviendrait inévitable.

Guillaume .Sayon

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Liberté Hebdo 1212 : L'édito de Franck

24 Mars 2016, 17:40pm

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Liberté Hebdo 1212 : L'édito de Franck

Toutes nos pensées vont vers les victimes des attentats. Pour eux, pour leur famille, leurs proches, nos gouvernants ont le devoir d’engager des actions renforçant la sécurité réelle mais aussi la solidarité, le

bien public.

Au même moment, des centaines de milliers d’étudiants, de chômeurs, de salariés ou de lycéens défilent dans les rues de nos villes pour s’affranchir de la pression patronale, repousser le spectre de la précarité, donner un sens à l’avenir. Ils montrent un grand courage à faire face dignement, rassemblés, solidaires et actifs pour changer le monde. Le changer pour le rendre meilleur.

Une minorité dévoyée, corrompue ou désaxée, touche au pire. Les poseurs de bombes qui ont commis leurs forfaits à Bruxelles le 22 mars ou les mitrailleurs de plage en Côte d’ivoire la semaine précédente sont-ils conscients de leur insanité ? Psychologues, sociologues, politologues et quantités d’experts n’ont de cesse de se pencher sur le sujet pour trouver des réponses.

Les victimes innocentes frappées dans leur chair ne sont pas près d’oublier l’horreur des attentats. Les familles, les proches des victimes sont bouleversés. Les vies fauchées ne seront pas remplacées. Elles sont irremplaçables. Il faut le dire, le répéter. Cette violence qui n’épargne personne rend d’autant plus difficile la vie quotidienne. Combien d’enfants assistent impuissants sur les écrans de télévisions au défilé incessants d’images toutes plus impressionnantes les unes les autres ? Quel monde ces criminels sont-ils en train de fabriquer ? Il nous revient de porter l’espoir. De faire en sorte, malgré l’horreur, que l’humanité reste solide.

Comment tout cela va-t-il finir ? La question revient en boucle. La solidarité doit jouer à plein pour donner une chance à la paix. Les réfugiés fuyant les guerres, de Syrie ou d’ailleurs, sont solidaires avec les victimes. Ils l’ont montré.

Combien sont effrayés de voir que dernière nos démocraties se dissimulent des monstres, aussi inhumains que ceux qu’ils ont

croisés dans leurs quartiers, devant leurs maisons. Ceux devant lesquels ils ont déjà dû fuir.

La peur ne doit pas nous rattraper. Tous les efforts doivent porter sur la résolution des conflits engagés à l’extérieur de notre pays, contre des civils aussi. Tous les efforts doivent être mis en œuvre pour protéger les citoyens, les civils, d’actes de guerre commis sans discernement frappant femmes, enfants, chrétiens, juifs, athées ou musulmans au pseudo prétexte de la religion.

Tous les efforts doivent être entrepris pour que les moyens soient donnés, humainement, afin que jamais de telles horreurs ne puissent plus à nouveau être perpétrées. Plus que jamais, au lieu de vouloir détruire l’héritage de deux siècles de luttes et de conquêtes sociales, le gouvernement doit s’atteler à la reconstruction du service public, à la mise en œuvre réelle de solidarité active, de partage et de construction d’un monde plus humain.

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Liberté Hebdo 1211 : L'édito de Franck

19 Mars 2016, 12:28pm

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Liberté Hebdo 1211 : L'édito de Franck

EN ARRIÈRE TOUTE !

Les démons anciens ont la peau dure. Une vraie carapace qui les rend insensibles aux outrages du temps, imperméables aux changements de climat. Pas sentimentaux pour deux sous non plus. Des durs. Avec les autres.

Au chapitre de la misère orchestrée, tous les observateurs sont unanimes : le projet de réforme porté par madame El Khomri est la plus monstrueuse des régressions sociales.

L’argumentaire sur la création d’emplois ne tient pas debout. Mais il est répété comme une litanie sur toutes les antennes possibles par les porteurs de l’idéologie libérale. La « lourdeur » du Code du travail et son soi- disant empilement de textes servent de bouclier antipensée à longueur d’éditoriaux néolibéraux.

Gageons que s’il prenait l’envie au gouvernement de « réformer » ou de « simplifier » le Code des assurances, les assureurs anglais feraient le siège de Calais pour obtenir réparation. Idem pour le Code du commerce, dont les méandres sont autant de moyens pour d’habiles entrepreneurs pour maîtriser le système.

La fronde ne tarderait pas.

Il faut balayer d’un revers de main ces deux arguments. Le poids d’un livre, c’est l’usage qui en est fait pas son encombrement sur une étagère.

La défense et la protection des salariés méritent mieux que la mise en coupe réglée du monde du travail au seul profit de la prise d’intérêt immédiat. Les jeunes, étudiants, salariés et chômeurs, sont les premiers à réagir en force à l’ineptie du projet gouvernemental.

Dans un esprit qui rappelle la mobilisation contre le Contrat Première Embauche (sic). L’acronyme subtil CPE est devenu synonyme d’une mobilisation sans précédent de la jeunesse. 2006 est dans toutes les mémoires.

Les subtilités des premiers reculs sur le texte ne permettent pas de saisir un véritable changement d’orientation. Nous sommes plutôt face à une tentative de

recul d’un siècle en arrière comme l’indique la CGT.

L’héritier Pierre Gattaz, qui voit le contrat de travail comme un contrat de mariage dans lequel il est possible « d’intégrer des clauses de séparation », jure, la main sur le cœur, qu’il faut libérer les entrepreneurs de la peur d’embaucher. Faute de pouvoir licencier sans contrainte aucune. La liberté des uns, mais pas celle des autres en somme.

La soumission sans contrepartie ne gêne pas monsieur Gattaz. Habitué qu’il est à faire imposer les desiderata des dominants.

Les Français refusent de marcher sur la tête pour le plaisir unique de puissants assoiffés de bénéfices.

Partout, la mobilisation grandit.

D’ici le 31 mars, le mouvement va s’amplifier. Histoire de changer les (mauvaises) habitudes.

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PCF / Primaire : l’urgence d’évoquer le plan B !

16 Mars 2016, 18:19pm

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Comme de nombreux camarades, je suis plus que circonspect sur la participation de notre organisation à l’exercice de la primaire. Manière de dire poliment que c’est sans doute la pire erreur tactique que nous avons pu commettre ces dernières années. Pourtant la liste est dramatiquement longue si on regarde objectivement les choses. Il n’y a par ailleurs que le PCF qui s’agite activement dans ce cadre. Plus précisément, une poignée d’irréductibles suivistes qui ne mesurent pas la tromperie éhontée à laquelle ils participent par simple discipline.

Les lundis de gauche, la littérature imbuvable validée par un CN totalement à côté de la plaque, une campagne anti-Mélenchon hystérique qui tourne à l’illustration grotesque du mythe du veau d’or. Cela ne prend pas à la base, il serait temps d’au moins commencer à l’admettre.

Où sont les déclinaisons locales de la primaire ?

Avec qui devons-nous d’ailleurs les organiser ?

La section PS du secteur, les écologistes qui détestent les rouges plus que tout ?

Les camarades ont un peu de bouteille et savent pertinemment qu’au bout du bout de ce périple tortueux, il s’agira de soutenir une candidature socialiste (frondeuse si vous voulez). Pis, c’est le phœnix qui ressuscite des cendres tièdes, très tièdes d’une gauche plurielle qui a conduit le borgne d’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

Sauf à penser que Martine Aubry et ses amis feront exploser le PS avant 2017- dans ce cas là je suis prêt à organiser un pèlerinage laïc à Lourdes – pour créer une organisation dissidente qui ira jusqu’au bout du processus des primaires, nous risquons de nous retrouver totalement isolés dans l’histoire. Cambadélis fait le ménage et convoque à Solférino celles et ceux qui osent un peu trop l’ouvrir en ces temps de troubles. Les écologistes nous ont fait la parfaite démonstration qu’il serait totalement irresponsable de compter sur eux. Cécile Duflot nourrit des ambitions présidentielles et elle ira à la bataille avec ou sans nous. Ensemble marque un retour en arrière après avoir été fanatisé par l’idée. Manque plus que la sortie de Marie-George Buffet, dans l’élan de son lieutenant Francis Parny, pour appeler à voter Mélenchon et la boucle sera bouclée. Bref, tout cela me donne l’image d’un vendeur de glace sur une plage bondée. Il s’égosille pour ne finalement toucher que quelques âmes en peine.

Le PCF, je crois, mérite de nourrir d’autres ambitions.

Alors je pose la question avec tout le sérieux que requiert la situation.

Qu’allons-nous faire en cas d’échec du processus des primaires ?

Finalement se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon qui engrange les points, qui appelle à faire une manifestation citoyenne en même temps que notre congrès afin de totalement nous phagocyter ?

Porter dans l’urgence une candidature de Pierre Laurent. Le même Pierre Laurent qui a fait un tour de France pour ensuite être tête de liste aux régionales en Île-de-France pour un score bien trop modeste malgré une discipline de fer de toutes les organisations du Front de gauche ?

Une candidature que financièrement nous ne pourrons soutenir qu’avec grande difficulté si on s’en réfère au véritable état de notre organisation ?

Comment sort-on vers le haut de cette situation abracadabrantesque dans laquelle nous nous sommes enfermés ?

Mesure t-on que la survie du PCF est en jeu. J’entends ici ou là que le congrès sera un non événement et qu’il est inutile de vouloir se battre en interne pour empêcher la mise en bière ; qu’il faut se consacrer à des objectifs départementaux ; qu’il faut travailler à structurer localement, à renforcer nos sections.

Comment fait-on avec un parti qui deviendrait totalement inexistant nationalement ?

La théorie de la forteresse est un leurre qu’on se le dise. Preuve en est la législative partielle de ce week-end dans le Nord. Malgré la dissidence médiatique de Martine Aubry le PS est laminé à deux pas de son beffroi lillois.

Quelle terrible contradiction de voir un réveil populaire bouillonnant au travers de la mobilisation contre la loi travail et d’assister, dans le même temps, au crash inévitable du PCF qui, au lieu de construire un prolongement politique à ces luttes naissantes, court tout droit dans les bras de la social-démocratie agonisante.

Car les primaires ça n’est que cela sauf à se refuser à faire de la politique sérieusement.

Mes mots sont durs je le sais et c’est avec déchirement que je publie cette analyse froide, chirurgicale car ultra lucide. Certains camarades vont me honnir, sans doute ressortiront-ils les vieilles formules assassines réservées à ceux qui congrès après congrès ont eu le courage de dénoncer les dérives réformistes quand elles n’étaient que cela. La vérité est que plus que jamais notre nation a besoin du PCF, a besoin d’un grand parti populaire de combat, de classe. Je ne cherche pas à sauver la gauche ou à rallumer les étoiles. Je n’ai pas cette prétention, ni même les camarades qui défendent la même ligne et avec qui j’ai plaisir à militer. Je sais simplement une chose, il n’y aura pas de changement sans organisation, il n’y aura pas de rupture sans un parti rassembleur sur des bases de classe. Un parti qui ne se contente pas d’être un simple réservoir de voix pour la social-démocratie, elle qui poignarde à la première occasion les travailleurs, les classes populaires. Alors je repose la question : comment faisons-nous pour nous sortir de là ?

Une candidature inattendue mais populaire comme celle de Mickaël Wamen, le camarade des Goodyear qui remplit partout en France des salles des fêtes et des amphithéâtres universitaires ?

L’avantage serait de mettre tout le monde d’accord y compris Mélenchon, qui je n’en doute pas n’hésitera pas à soutenir une telle candidature.

 

La question est posée et elle sera centrale au congrès car tactiquement c’est ainsi que la direction nationale a aiguillé le débat.

Guillaume Sayon

 

PCF / Primaire : l’urgence d’évoquer le plan B !

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La faillite programmée du réformisme rouge !

7 Mars 2016, 17:35pm

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La faillite programmée du réformisme rouge !

Alors que partout dans le pays la parole se libère autour de la souffrance au travail vécue par des millions de salariés, que les travailleurs de Goodyear remplissent des salles des fêtes, des amphithéâtres pour populariser leur bataille et appeler à renverser la table, que la mobilisation populaire grandit pour exiger le retrait de la loi travail, bref que le pays tout entier est en ébullition nous promettant un printemps contestataire hors norme, le haut de la pyramide du Parti Communiste s’entête à être moteur d’une primaire de la gauche qui, c’est quasiment prophétique, se terminera dans le ridicule absolu.

Pierre Laurent se propose de modifier sa nature pour éventuellement être candidat (on croit rêver!) , Lienemann, Hamon, Montebourg, Autain … Des noms circulent car quoi que puisse affirmer chaque semaine le petit cénacle des réformistes rouges du PCF, la bataille rangée des ego viendra pulvériser les naïves postures de ceux qui crient au projet avant le candidat. Par essence, la présidentielle de 2017 se veut être la rencontre entre un homme ou une femme avec la nation. C’est un héritage historique de siècles de monarchie qui demeure vivace dans l’inconscient collectif de notre hexagone. Pis, en temps de crise, les citoyens veulent un chef, un leader. On peut difficilement le nier sauf à vouloir faire de la politique au pays des rires et des chants. C’est en partant de cette analyse factuelle que j’avais écrit mon billet Mélenchon, l’éléphant dans le salon de thé qui a connu un succès inattendu sur la toile. C’est d’ailleurs pour cela que la mayonnaise prend relativement bien du côté du tribun pgiste.

Comme si la démarche des primaires n’était pas suffisamment contestable et contestée aux yeux de milliers de camarades, on annonce un grand meeting de Pierre Laurent avec … Alexis Tsipras. A croire que sous la coupole les neurones restent sur le palier de la porte. Comment peut-on encore croire qu’il est tactiquement raisonnable de continuer à soutenir Tsipras qui prépare tranquillement le retour de la droite en Grèce, qui applique des réformes dramatiques pour l’avenir de la péninsule hellénique et de ses salariés. Voilà donc le modèle. Une plate-forme regroupant tout et son contraire, bref des organisations qui ne pourront se mettre d’accord que sur un contrat politique tenant sur un posthite. Nous sommes en attente de la littérature du congrès pour mesurer la fuite en avant de cette direction qui marche à contre-courant de l’histoire. Pour dialoguer avec de nombreux camarades, la colère gronde et l’incompréhension vient remettre en cause leur adhésion au parti historique de la lutte des classes.

Ce qu’il faut impérativement en ces temps de trouble, c’est de pouvoir redonner des repères de classes, des mots d’ordre de mobilisation, des pistes de travail capables de créer une alternative au modèle capitaliste. Oui le quinquennat de François Hollande est un échec sur toute la ligne ; oui il faut pouvoir réagir vivement et empêcher le pire, mais est-ce que cela passera par un cartel des gauches nouvelle génération qui ne proposera que des réformes de surface, au cœur de l’étau européen qui se veut de plus en plus asphyxiant. Ne semons pas d’illusions, un pays membre de l’Union européenne ne pourra pas mener de politique de relance même modeste. C’est tout simplement impossible (règle des 3% du PIB d’endettement autorisé, traités, BCE indépendante …). Vous irez convaincre un Jadot ou un Cohn-Bendit, ou même un Hamon, qu’il faut mettre sur la table la possibilité d’envoyer valser l’Europe …

Bref, c’est bien une faillite annoncée qui se profile si le PCF ne se réveille pas au plus vite. Les décennies de recul idéologique et d’opportunisme électoral ont mis bien des fédérations sur la paille qui n’ont plus de siège et encore moins de permanents. D’ailleurs personne n’ose mettre cette question sur la table. Beaucoup de camarades pourraient témoigner sur ce que j’avance. De nombreux départements sont aujourd’hui orphelins d’un PCF structuré. Et pourtant … On perpétue les mêmes logiques, les mêmes replis réformistes jusqu’à n’être plus qu’un tout petit parti, une force d’appoint local pour la social-démocratie que nous maintenons, nous les communistes, sous respirateur artificiel.

Le congrès s’annonce donc houleux et j’invite d’ores et déjà les camarades qui partagent mon diagnostic à se positionner sur un texte alternatif pour permette un minimum de débat et de saine opposition. Je réponds d’avance aux petits soldats au garde à vous, pas besoin d’attendre l’édition du texte de base commune pour savoir qu’il faudra le combattre activement. On apprend pas à un singe à faire la grimace !

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1208 : L'édito de Franck

3 Mars 2016, 16:54pm

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Liberté Hebdo 1208 : L'édito de Franck

DU HARCÈLEMENT COMME UN SPORT DE COMBAT

Un délégué syndical nous racontait comment le responsable juridique d’une entreprise lui avait expliqué les méthodes à sa disposition pour le mettre sur la touche grâce au code du travail. Le harcèlement, la mise au placard, les réunions interminables, les documents non transmis, les moyens non fournis aux organisations syndicales sont somme toute banalisés dans les pratiques des DRH pour les entreprises voulant écarter les délégués syndicaux, les membres du comité d’entreprise... Bref tous les « gêneurs », les empêcheurs de licencier en rond. Les multinationales et les grands groupes maitrisent la législation et savent mettre en œuvre rapidement tout élément favorable au profit pur et immédiat.

Mickaël Wamen, le 25 février à Hellemmes, a su détailler avec force et conviction toutes les épreuves imposées, véritable course d’obstacles contre l’acharnement patronal pour le faire craquer, se taire et laisser faire. Il l’a fait devant un public venu le soutenir, lui et ses camarades de Goodyear, injustement condamnés.

Le mouvement qui se lève en France, mais aussi à l’étranger, en Belgique notamment, se renforce de jour en jour. Pour un homme qui tient bon, combien sont broyés sur l’autel du capital ?

La force de notre République doit répondre aux attentes pour le bonheur de l’humanité et non servir les intérêts du seul capital. Chacun d’entre nous doit avoir en tête que la bataille en cours pour le code du travail est permanente.

Chaque article est issu d’une histoire, de luttes, de conquêtes sociales que la loi vient, en principe, renforcer.

Et il nous appartient de ne pas oublier que pour chaque ligne effacée dans le code du travail, c’est le fruit de combats qui sont anéantis.

Des combats pour le progrès social et humain, pas pour des privilèges.

Des combats menés pour vivre libre et debout, pas pour un siège à côté du seigneur.

Les mauvais coups portés au monde du travail avec l’ANI (Accord national interprofessionnel, en 2011) ou sur les retraites sont encore dans toutes les mémoires.

Ce qui se prépare ici découle du même processus d’effacement, d’annihilation des volontés collectives. L’écart de revenus entre ceux qui produisent la richesse et ceux qui en vivent n’a jamais été aussi grand.

Le 9 mars, des rassemblements et des actions sont annoncés partout dans la région. Le gouvernement fait mine de reculer. Les salariés, ouvriers, employés, retraités, étudiants et chômeurs de la région connaissent le poids écrasant du patronat dans leur vie quotidienne. De Vallourec à ArjoWiggings, les salariés et la population refusent les enchainements économiques freinant le développement social, tirant la société vers le bas.

L’avenir se construit maintenant.

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Liberté Hebdo 1207 : L'édito de Franck

19 Février 2016, 12:19pm

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Liberté Hebdo 1207 : L'édito de Franck

PAS DE HASARD, UNE NÉCESSITÉ ABSOLUE

Michel Renault a deux enfants en situation de handicap, un fils de 39 ans qui séjourne à la maison d’accueil spécialisée de Cambrai, et une fille de 34 ans placée à l’accueil de jour des Papillons Blancs à Douai. Ce service est menacé de fermeture.

Désormais, elle serait accueillie au foyer Thérèse Olivier de Somain. « C’est une conséquence directe de la baisse de 10 % des subventions aux associations programmée sur trois ans par le Conseil départemental », déplore Charles Beauchamp, président du groupe communiste. Quarante-cinq personnes, de jeunes adultes pour la majorité, sont touchées par ces répercussions directes des soucis financiers du Département du Nord liés à la baisse des dotations. En plus des situations de handicap, difficiles à gérer pour les familles, s’ajoutent des problèmes d’adaptation, d’allongement des temps de transport.

Journal de 20 h, mercredi. Des cheveux blancs, un blazer, le vieil homme est derrière la grille de son pavillon, assiégé par les journalistes. Il se plaint des malheurs que lui fait subir l’État socialiste. Jean-Marie Le Pen, n’a rien du bon vieux pépère, et son pavillon est un château. Un coup de télécommande et voilà Florian Philippot dans un café, une statue de cochon derrière lui, tout un symbole.... Pour lui, ce n’est pas la justice qui passe mais l’État socialiste qui veut connaître leur stratégie pour 2017. La perquisition de Nanterre n’étant que prétexte à piller les informations sur les ordinateurs. Sur une autre chaîne, on retrouve le même «dénonçant» la même chose.

Les mensonges répétés en boucle deviennent des vérités. Sur la chaîne suivante, Catherine Nay, courageuse chroniqueuse droitière, qui livre ses réflexions sur le sujet... Pendant que des groupes fascistes s’en prennent ouvertement aux migrants à Calais, ou à un jeune homme en plein jour à Arras. Pendant que les nouveaux élus FN au Conseil régional montrent leur vrai visage. Pendant que les fonctions de l’État, du département, des communes, des institutions... sont attaquées, les chaines nationales placent dans leurs phares les lapins de la famille Le Pen... Éloignant ainsi les citoyens des vrais soucis, comme ceux que rencontrent aujourd’hui Monsieur Renault, sa famille et toutes les personnes dans la même situation.

De plus en plus, les rouages de la société se grippent dans l’incompréhension générale. L’information ne parvient pas au plus grand nombre sur les vraies raisons de leurs malheurs ou de leurs soucis quotidiens. C’est l’heure de la vérité des comptes au Front National qui profite réellement du système et ne fait pas un geste vers ceux qui sont en réelle difficulté.

Le 20 heures, toutes chaînes confondues, n’a pas parlé de la situation de Monsieur Renault. C’est pourtant là que l’attention doit être portée. Vers ceux pour qui la solidarité est une nécessité. Pour qui, comme nous tous, l’équilibre de la société est une priorité.

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Mélenchon, l’éléphant dans le salon de thé !

13 Février 2016, 12:16pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Ce billet d’humeur ne portera jamais aussi bien son nom. Il y a des fois où on aimerait avoir tort … Mais que voulez-vous, quand vous êtes victimes d’une stratégie alambiquée sur laquelle vous n’avez aucune prise, vous subissez en silence. Pas question pour autant de baisser la tête et d’acquiescer bêtement. Je suis effaré par l’amateurisme de nos dirigeants qui nous entraîne dans les méandres de l’histoire, comme si nous avions un boulet noué à notre cheville et que nous sombrions, impuissants, dans les eaux profondes. Mélenchon a asséné le premier coup et il fait mal. Il annonce qu’il sera sur la ligne de départ en 2017. On peut user des qualificatifs les plus divers, on peut dénoncer à juste titre la haute idée que cet homme se fait de lui-même, on peut claquer des pieds et se rouler par terre. Cependant, outre le fait que cette surprise n’en est pas vraiment une sauf à être lourdement handicapé par sa candeur, il est tout de même assez hypocrite de dénoncer cette candidature alors que depuis des mois le PCF a établi toute sa stratégie autour de l’idée « tout sauf Mélenchon ». Le plus drôle (ou pas), c’est que ce sont les plus enragés en 2012, ceux qui défendaient à cor et à cri la candidature de l’ancien sénateur socialiste maastrichien qui s’était racheté dans la foulée une âme de révolutionnaire, qui aujourd’hui pleurent à chaudes larmes et mènent des procès en sorcellerie. Dartigolles est le premier à s’épancher dans la presse. Pierre Laurent doit sortir un livre pour promouvoir l’exercice de la primaire. Petite boutade pour détendre l’atmosphère, je lui conseille de vite le publier sinon il finira par caler les pieds des tables bancales de colonel Fabien …

Pendant que nous organisions le tea time sous la coupole Niemeyer en totale déconnexion avec le monde réel, Mélenchon lui s’organisait et il fait tapis. L’avenir dira s’il a un bon jeu. Il n’a pas de base militante pour le porter dans cette campagne. Il ne pourra pas compter sur les petites mains du parti pour coller ses affiches, distribuer ses tracts, organiser les meetings … Il n’aura pas nos sous surtout ! Le pari est risqué pour lui mais il sait que le volcan français se réveille petit à petit, il sait que personne ne peut prédire ce qui va se passer dans les semaines, les mois à venir. Surtout qu’un certain nombre de banques vont bientôt annoncer leur faillite et que, par voie de conséquence, une grave crise économique ne tardera pas à exploser. Les mêmes causes qui produisent les mêmes conséquences. L’instinct de prédation et de captation du capitalisme fabriquant de manière cyclique des crises destructrices d’activités et d’emplois qui vont crescendo dans le spectaculaire.

Reconnaissons en tout cas à Mélenchon le talent suffisant pour être capable d’incarner la résistance dans un contexte aussi tendu. On peut aussi souligner la finesse d’un véritable stratège qui a totalement compris qu’il lui fallait incarner l’esprit même de la Vème République : l’homme providentiel, au-dessus des partis, celui qui a un destin lié avec un peuple. Même si on peut penser que tout cela appelle un important travail psychanalytique, l’audace du tribun est à la hauteur de son talent et de son ambition. C’est un opposant déterminé au personnage qui vous le dit !

Premier coup derrière la tête pour la petite troupe des VRP de la primaire. Puis, on apprend que les écologistes, dissidents et non-dissidents, entrent au gouvernement. La patronne de EELV se retrouve donc ministre du logement dans un gouvernement extrêmement impopulaire, dans un gouvernement qui mate les travailleurs et qui fait une croix sur une bonne partie des libertés individuelles et collectives. Dissidents ou pas, par ailleurs, ils sont de dangereux partisans de l’Europe fédérale. Pas question d’une autre Europe non non, simplement de plus d’Europe encore ! Bref, ils ne sont pas à la base véritablement fréquentables. Mais on espérait pourtant faire l’union avec ces gens. Deuxième coup derrière la nuque. Décidément en 24 heures, la pilule est dure à avaler …

Alors nous voilà ridiculement esseulés dans une séquence qui s’accélère brutalement. Nous allons tenter de continuer comme si de rien les rendez-vous du lundi avec des comédiens, des intellectuels et quelques vieux syndicalistes en manque de notoriété. Au final, tout cela accouchera d’une candidature minuscule derrière une Clémentine Autain, ou alors nous ramperons comme le chien qui rentre à la niche sachant très bien qu’il a fait une bêtise et nous nous rangerons derrière Mélenchon qui nous tiendra dans la paume de sa main. Il n’aura plus qu’à serrer les doigts pour nous briser définitivement. On se croirait dans Forrest Gump, « n’est stupide que la stupidité … »

Voilà donc ce qui arrive quand on veut sauver la gauche sans même savoir ou comprendre que la gauche ne peut exister que si elle est sous la pression permanente d’un mouvement révolutionnaire fort et organisé. Au final, nous ne tentons pas de sauver la gauche, nous tentons de sauver le PS. Beaucoup de camarades partageront, j’en suis sur, l’idée que nous n’avons pas pris notre carte au Parti communiste pour tenir la corde du pendu. J’ai une réjouissance en cette journée bien maussade : le 24 février prochain à Rouvroy (Pas-de-Calais), nous aurons l’immense honneur d’accueillir les 8 de Goodyear et leur avocat, notre camarade Fiodor Rilov, et nous allons tout entreprendre pour en faire un véritable événement. On y sera plus à l’aise et plus utile que dans les salons de thé.

Guillaume Sayon

 

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