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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #edito

D’un PCF nouvelle génération à un nouveau PCF !

13 Juin 2016, 18:56pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voilà maintenant une semaine que le congrès des communistes est passé. Chacun a regagné ses contrées et reprend son activité militante. Les batailles locales pour la défense du service public, la préparation de la grosse journée d’action du 14 juin contre la loi travail, un appui politique à l’action de la CGT dans l’industrie et les transports.

Heureusement d’ailleurs qu’il y a ce mouvement social qui perdure malgré les menaces gouvernementales et la propagande digne des pires régimes du 20ème siècle d’une presse bourgeoise militante et de fait particulièrement virulente. Elle perpétue la tradition historique de la haine de l’ouvrier, un homme sauvage, excessif et violent qui ne comprend rien à rien. C’est ainsi que nous avons le droit aux poncifs ridicules qui ponctuent l’ancestrale lutte des classes. Je vous renvoie aux écrits de George Sand ou de Théophile Gautier durant la Commune de Paris.Un paternalisme écœurant et sa pédagogie bourgeoise, une utilisation méthodique de l’image et de la sémantique. Certains des plus enragés n’arrivent pas à canaliser leur haine de classe. Ainsi Franz Olivier Giesberg, le patron du Point, a t-il été jusqu’à mettre sur un même plan la CGT et Daesh. Rien de vraiment étonnant en réalité. Pour ceux qui n’ont pas oublié la base, le matérialisme historique et l’approche dialectique des événements, tout ce petit monde, presse, leaders d’opinion, cadres universitaires, responsables politiques … sont le revers d’une même médaille. Ils sont la bourgeoisie au sens de classe sociale. Ils partagent un même habitus, des intérêts communs et sont les garants du maintien du système capitaliste. Ils militent main dans la main pour écraser toute forme de lutte organisée qui viendrait remettre en cause lesdits intérêts. Et nous y sommes, la CGT joue de nouveau et, je dois le dire, admirablement bien, son rôle de syndicat de classe. Pas encore de masse malheureusement et c’est là la limite du mouvement actuel mais ne désespérons pas !

C’est justement l’absence de rappel de ce cadre, de cette réalité profonde qui nous a fait rater ce congrès. Voilà maintenant des années que le PCF, pour s’assurer une image moderne et pouvoir répondre aux impératifs du rassemblement électoral, tourne le dos à cette analyse qui pose, pourtant, les fondements même du mouvement communiste. Sans doute faut-il remonter à la période de l’abandon de la dictature du prolétariat, de la notion d’avant-garde puis du centralisme démocratique pour dater le tournant de l’affaiblissement des communistes dans la société. Et puis, les communistes se sont fait les relais prolifiques de l’école historique anticommuniste en menant un thérapie radicale afin d’oublier qu’un jour nous avons su jouer un rôle central dans le renforcement du rapport de force qu’imposait la puissante Union Soviétique face à l’impérialisme belliciste des États-Unis et de leurs satellites atlantistes. Je resterai pour ma part, un fervent opposant aux Furet et consorts et je ne réhabiliterai pas la mémoire de Soljenitsyne. Freud ne nous rappelait-il pas que « la civilisation est quelque chose d’imposé à une majorité récalcitrante par une minorité ayant compris comment s’approprier les moyens de puissance et de coercition ». Ainsi Lénine et Staline sont-ils devenus des monstres pour la grande majorité des communistes actuels. Je vous invite à lire la déclaration publiée sur son blog de l’historienne marxiste Annie Lacroix-Riz qui revient sur la malhonnêteté de la saga télévisuelle Apocalypse consacrée à Staline. Une manipulation idéologique et politique de bout en bout …

Le congrès, lors des discussions sur l’international, oublie Cuba, nos camarades communistes en Ukraine à la pointe de la lutte antifasciste, nos camarades communiste en Grèce et notamment du syndicat Pame qui maintiennent un haut niveau de résistance chez une grande part des travailleurs grecs. Pas un mot ou le début d’une analyse sur la Chine … Non on met à l’honneur les fossoyeurs de Syriza ou encore Podemos érigé en modèle.Voilà ici un des innombrables exemples des renoncements actés par les communistes. Nous voici pris dans nos propres contradictions. Pierre Laurent est certes le secrétaire national du PCF, mais il est aussi (et il aime le rappeler) le patron du Parti de la Gauche Européenne qui refuse de condamner fermement l’euro et qui interdit le débat sur une éventuelle sortie maîtrisée de l’Union Européenne qui impose la loi travail dans tous les États membres. Soyons précis pour éviter la levée de boucliers, nous faisons l’hypothèse de la construction d’un euro de gauche. C’est le même genre de construction absurde que celle de l’historien Jean-Pierre Azema, qui n’a jamais ouvert une archive, et qui a réussi à inventer le concept ahurissant de Vichysto résistant.

Sur le plan intérieur, alors que nous devrions suivre l’exemple de la CGT et nous nourrir du mouvement social pour proposer le programme d’une rupture ambitieuse, nous voilà repeints en sondeurs sur les marchés avec un questionnaire totalement inepte pour savoir ce que veulent les français. Ensuite nous allons rédiger un pacte d’engagement pour finir par bâtir une alliance opportuniste à l’automne derrière un frondeur. Bref, nous serons les plus acharnés acteurs des manœuvres dont les français ne veulent plus entendre parler. L’immense masse des ouvriers décidera donc de rester chez elle une fois de plus lorsque le tocsin présidentiel sonnera pour désigner le futur monarque élyséen. Il faudra aller chercher de courageux camarades qui voudront bien partir à la bataille des législatives dans un tel contexte. Là où je suis véritablement furieux, c’est que le congrès de la semaine dernière a fait fi de cette grande part des communistes qui a refusé le texte de base commune notamment sur la base de leur opposition à la primaire devenue votation citoyenne. Les communistes, au contact de la population et des travailleurs via le mouvement contre la loi travail, ont bien senti qu’une telle proposition consistait à jouer petits bras, que nous prenions le parfait contre-pied de ce qu’il faut réussir à construire pour véritablement aller vers une alternative dont peut se saisir la classe ouvrière dans toutes ses composantes. J’aurai le droit au rappel à l’ordre. J’y ai déjà eu droit d’ailleurs ! Le congrès a tranché alors pourquoi continuer la bataille interne. Ce qui me rend hilare, c’est que ces injonctions viendront de ceux qui ont été à la manœuvre pour mettre fin au centralisme démocratique.

Finalement, comme l’a très bien dit mon ami et camarade Hervé Poly, secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais dans son intervention, nous assistons à la fin et au début de quelque chose. Le PCF est en train de terminer sa mue réformiste et ainsi de pourrir sur pied alors que la jeune génération qui s’apprête à prendre le relais se réconcilie elle avec les fondamentaux que leurs aînés ont tenté d’enterrer pour le plus grand malheur des exploités. Il n’y a donc finalement pas lieu de désespérer.

Guillaume Sayon

 

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Liberté Hebdo 1223 : L'édito de Franck

10 Juin 2016, 06:54am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1223 : L'édito de Franck

PARODIES ET CONFUSIONS

Le Président de la République en appelle à la raison. Et détourne pour cela la mémoire, et la parole, d’un ancien dirigeant communiste. Il oublie le contexte. Il oblitère les faits. Et, bien plus grave, nie la contestation et le refus massif et populaire du projet de « réforme » lu Code du travail.

Maurice Thorez, comme bien d’autres illustres défenseurs du monde salarié, est souvent utilisé par ceux-là mêmes qui les ont combattus avec acharnement.

C’est la mode, de la droite à l’extrême droite, depuis quelques années de reprendre des citations « historiques », sorties du contexte, pour leur faire lire le contraire du message initial, pour commettre les pires impostures historiques.

On se doute bien dans le cas de François Hollande, que ’« l'ennemi de la finance » ne trompe personne.

Difficile pour lui d’entrer dans le costume de Maurice Thorez.

Il audrait d’abord qu’il écoute la classe ouvrière. Les militants d’Air France, de Goodyear, d’Amazon et d'ailleurs savent bien dans quelle situation les place le vrai discours du Président.

Le traitement qui est fait de l’expression syndicale est indigne de notre démocratie.

Les efforts pour faire entendre raison au gouvernement sont nombreux, encore faudrait-il, monsieur Hollande, que les revendiquons soient entendues, que les demandes soient satisfaites.

Ce qui n’est pas le cas à l’heure où ces lignes sont écrites.

Le 14 juin promet d’être une journée historique de mobilisation.

Suffisant pour obliger nos dirigants à retirer le texte ?

L’histoire le dira, impossible de croire que la sagesse va d’un seul coup retrouver le chemin de l’Elysée ou de Matignon. Tous es efforts visant à décrédibiliser le mouvement social, tant dans le traitement médiatique des nanifestations mettant en avant les casseurs, que dans les leçons de morale sur l’image du pays à l’heure de l’Euro de football, n’ont pourtant pas de prise sur la détermination des partisans du retrait du projet de << réforme ».

Dans un autre registre, Gattaz (fils) s’est fait bien discret depuis sa saillie honteuse et anachronique.

Nous attendons toujours qu’il formule des excuses publiques.

Ce genre de propos ouvre des brèches énormes dans le cadre républicain et ne peut apporter que le chaos et la discorde. Nous attendons que le calme revienne enfin dans le pays et que les vrais débats puissent avoir lieu. Pour le progrès humain, social et écologique. Il est temps que les responsables montrent un meilleur sens des responsabilités.

A moins qu’ils ne comptent sur le déluge pour les sauver ?

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Liberté Hebdo 1222

3 Juin 2016, 05:57am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1222

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30 Mai 2016, 16:23pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

LE RETRAIT EST LA SEULE SOLUTION DIGNE

Une offensive en règle contre la CGT est orchestrée par le gouvernement et reprise en boucle par les média dominants.

Les anciens se remémorent les heures sombres de 1948 durant lesquelles Jules Moch, ministre socialiste de l'Intérieur, fit donner la troupe et réprima sévèrement les grèves des mineurs.

Ce début de millénaire ressemble à une fin de siècle, un entre-deux nauséeux....

Malgré le désamorçage du mouvement des routiers, en reculant sur quelques points touchant particulièrement la profession, le gouvernement n’a pas montré plus de force.

Le blocage des raffineries et des dépôts marque les esprits au point que les brasseurs de vent se lancent dans la recherche des stations encore alimentées en carburant.

L’usager-otage fait place à l’automobiliste-otage sur nos écrans de téléviseurs aux heures de grande écoute... Des petits-patrons, par l’esprit, y parlent de porter plainte contre la CGT. Nicolas Sarkozy, en habit neuf de réformateur habile, donne à François Hollande des leçons d’autisme politique.

Mais il y a longtemps que l’élève n’a plus besoin de maître.

Il convient de saluer l’initiative de Philippe Martinez, premier secrétaire de la CGT, syndicat leader de la campagne menée pour le retrait de la loi El Kohmri. Une tribune a été envoyée à tous les grands quotidiens nationaux.

Seul l’Humanité a accepté de la publier. Dans le concert assourdissant des attaques auxquelles est soumis le syndicat, voilà encore un élément attestant du peu de place accordé par la presse nationale aux enjeux actuels.

La CGT du livre, en lutte aussi contre le gouvernement et en grève jeudi, a bloqué la sortie de tous les quotidiens nationaux, à l’exception du journal de Jaurès, le seul qui donnant la parole régulièrement aux syndicats et s’étant ouvertement déclaré, comme Liberté-Hebdo, contre le passage en force actuel sur le Code du travail.

A Fos-sur-Mer, ou ailleurs en France, la police a fait usage de la force pour lever les barrages. Mais sans faire fléchir la détermination des salariés, au contraire. Jamais gouvernement n’aura à ce point voulu imposer à ses propres électeurs une réforme impopulaire, inadaptée et dangereuse pour la vie sociale.

Serions-nous revenus en 2005 ?

Face à l’opposition au projet de traité européen, les médias dominants, poussés par le gouvernement, n’ont eu de cesse à l’époque de convaincre le peuple de son erreur.

La fracture est de nouveau visible. Le gouvernement peut encore faire machine arrière. La stratégie actuelle est dangereuse pour la population, pour la République. La meilleure solution est le retrait pur et simple du projet.

C’est une nécessité.

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Montebourg, Mitterrand le petit !

22 Mai 2016, 18:41pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Montebourg, Mitterrand le petit !

Je dois ici avouer, sur ce blog que visiblement vous êtes de plus en plus nombreux à suivre et j’en suis honoré, que lorsque j’étais jeune, vraiment jeune, que je commençais tout juste à m’intéresser à la politique, j’avais une sorte d’admiration pour Arnaud Montebourg. J’étais bien évidemment trop jeune pour analyser et comprendre les concepts, pour mesurer l’importance des écuries dans notre vie politique, pour flairer où il y avait trahison et démagogie. Trop jeune aussi pour appréhender cette culture toute française du symbole, des références. En France, nos hommes politiques manient avec dextérité le clin d’œil littéraire, la notion d’héritage pour asseoir une forme de légitimité. Durant longtemps, un socialiste qui ne faisait pas référence à Mitterrand était sans doute un peu louche. Oui, il y a une autre tradition en France, la constitution du mythe. Le mythe est vendeur et populaire. Souvenez-vous celui de Napoléon. Puis, plus modestement, nous avons eu celui de Léon Blum, de Mendès-France, de De Gaulle et plus tard celui de Mitterrand. Pour l’heure, on s’est arrêté là. Non pas parce que les suivants nous sont contemporains, mais bel et bien parce que nous avons plutôt à l’inverse le besoin de les oublier.

Mais j’en reviens à Montebourg. Oui, j’avais une sorte d’admiration pour le personnage. Cette admiration ne tenait qu’à une seule chose, son goût assumé de l’art oratoire. Quand on est jeune, qu’on ne peut donc pas aller au bout des choses, que l’on manque de culture pour la saisie des nuances, on s’en remet à la forme. La forme était donc plutôt intéressante. Il était un jeune député rebelle de cheveux à défaut de l’être tout à fait avec la ligne de son parti et je pouvais l’écouter religieusement. Mes petits camarades de classe, en rentrant de l’école, regardaient les dessins animés, le dernier manga à la mode. Moi, lorsque je finissais plus tôt les cours, je regardais la séance des questions au gouvernement. Je ne m’en suis, comme vous pouvez l’imaginer, jamais vanté. Est-ce parce que le cordon s’était entouré autour de mon cou dans les derniers mois de la conception, que j’ai donc ainsi été privé d’oxygène … Je ne sais pas. Toujours est-il que oui, j’avais beaucoup de sympathie pour le jeune fauve de Saône-et-Loire.

Et puis j’ai grandi et lui a vieilli. Il a continué à grimper les échelons et moi j’ai rencontré Marx, Gramsci, Bourdieu et les militants communistes. Après eux, les couleuvres vous ne les avalez plus et les discours, vecteur d’une pensée, vous apprenez à les décortiquer et à extraire l’essentiel du décoratif, de l’incantatoire. Là j’ai donc su que Montebourg n’était pas le pire des socialistes mais que pour autant il n’était pas communiste. Bref, que la grosse différence entre lui et nous, la gauche révolutionnaire, donc la gauche, c’est que lorsqu’il y a une fuite au dessus du lit, lui bouge le lit alors que nous nous réparons le toit. Vous constaterez que la différence n’est pas mince. Bien évidemment il est toujours simple d’être manichéen, d’empêcher le droit à la nuance. Mais quand même, au bout du bout avec Montebourg, avec la social-démocratie donc, les petits efforts d’aménagement que vous vous serez évertués à construire pour calmer l’instinct de prédation du capitalisme, sa force d’aliénation des travailleurs, finiront par céder devant la puissance de la machinerie qui nous fait face. C’est un peu l’exemple de la digue et de la tempête. Des blocs de béton armé capables de contenir de violentes et puissantes vagues pour finalement, face à l’éternelle marée, face à la multiplication des phénomènes climatiques, finir par céder. Tout est toujours une question de rapport de force. Vous défilez par millions dans les rues de France, vous commencez à faire peur. Aujourd’hui cela n’est plus suffisant. Vous bloquez les dépôts de marchandises, les grands ports, les grands axes, là vous établissez un rapport de force capable de faire plier l’ennemi.

C’est donc cela que j’ai compris avec Montebourg. Il est un sparadrap sur une artère sectionnée, un lionceau entouré de fauves affamés. Bon il est aussi, un tout petit peu, opportuniste. Classé à la gauche du PS, il est ensuite porte-parole de Ségolène Royal, qui a fait une campagne présidentielle très à droite, il a été membre de toutes les directions solfériniennes depuis des années. Ensuite, il sent qu’il y a de nouveau un créneau à gauche. Il publie un livre sur la démondialisation et fait une bonne campagne lors de la primaire socialiste de 2012. Finalement, il se rallie au candidat Hollande et deviendra ministre au redressement productif. Le voilà sur les routes de France pou tenter de sauver de la liquidation de multiples entreprises françaises. Imaginez quelques instants l’absurdité de la chose. Vouloir sauver un maximum d’entreprises en élaborant des plans de reprise ou d’assainissement, et ne pas changer, dans le même temps, les règles du jeu. Continuer à laisser les banques choisir là où elles veulent investir. Ne pas renforcer le pouvoir des travailleurs dans les choix stratégiques de leur boutique. Ne pas lourdement sanctionner les entreprises qui font de la spéculation. Ne pas permettre noir sur blanc dans la loi aux salariés de reprendre à leur compte leur entreprise. Le fameux sparadrap … Il défend, plus tard, le produire français dans une opération de communication assez boiteuse, sans doute aussi pour pouvoir endiguer autant que possible la dangereuse ascension électorale du front national. Il finira, impuissant et sentant dès le départ l’orientation calamiteuse que prend ce quinquennat, par faire son baluchon et quittera ses fonctions ministérielles. Il partira ensuite suivre une formation pour devenir chef d’entreprise, attendra que l’orage continue sa route jusqu’à ce que le creux d’une vague lui permette de refaire son apparition.

C’était inespéré pour lui, le meilleur des scénarios est actuellement à l’œuvre. Un mouvement social d’ampleur, un gouvernement à l’agonie, un président historiquement impopulaire et un PCF qui s’apprête à lui dérouler le tapis rouge. Enfin un rouge pâle, pour être tout à fait précis. Et oui, un couplet sur les primaires comme un mauvais pâté sur une tartine desséchée, quelques amis qui tentent maladroitement d’entretenir le suspens dans la presse, et voilà. Ce week-end, dans une mise en scène discount de l’ascension de la roche de Solutré, le ténor socialiste a pris son air grave pour nous dire ce qu’il pensait de 2017. Il nous faut donc un programme et un chef. Bon, je crois que tout le monde a compris qu’il était disponible pour se saisir du bâton de pèlerin. Les frondeurs l’entouraient avec cette force et cette détermination qu’on leur connaît, si palpable lorsqu’il a fallu prendre son courage à deux mains pour censurer un gouvernement qui s’apprêtait à faire passer par la force et sans débat, une loi massivement rejetée par la nation.

Je boucle la boucle et je conclue ce petit billet par la même occasion. J’ai débuté tout à l’heure sur la notion du symbole. J’ai retenu cette petite phrase au milieu de la mise en scène qui vient conclure une tirade sur ce que c’est être de gauche. Pour Montebourg, être de gauche c’est Roosevelt et Colbert. Alors, je me permettrai ici de lui donner un petit conseil. Je pense qu’il faudra faire un petit effort pour aller puiser dans un imaginaire un peu plus offensif. S’il veut convaincre les communistes de le suivre, il lui faudra être audacieux. Il lui faudra faire un clin d’œil à Marx, à Aragon, à Sartre, à Duclos ou Marchais. Je ne doute pas sur le fait que Pierre Laurent saura lui donner quelques précieux conseils de coaching. En attendant, avec d’autres, je prépare tranquillement, patiemment, les outils pour réparer pour de bon cette maudite fuite au-dessus du lit qui a fini par noyer les rêves de millions de concitoyens embourbés dans le réel cauchemardesque.

G.S

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Liberté Hebdo 1220 : L'édito de Franck

20 Mai 2016, 16:59pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1220 : L'édito de Franck

LA PLACE DE LA POLICE DANS LA RÉPUBLIQUE

Quand cessera-t-on d’opposer la police et la population ?

La confrontation permanente débouche sur des drames et des violences inadmissibles de part et d’autre. L’instrumentalisation des faits est indéniable et fait le jeu des extrémistes sans résoudre aucun des problèmes posés.

Les images ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux.

Les radios et les télévisions s’en sont fait le relais aussi.

L agression de policiers et l’incendie de leur véhicule est proprement scandaleux. Au cœur des manifestations, de toutes les manifestations, la police, de l’agent de circulation aux gardes mobiles, est mobilisée en permanence.

Ce n'est pas nouveau

Plus surprenant est de les découvrir manifestant contre les violences, faites aux policiers, contre la haine « anti-flics ».

Le monde a-t-il changé de base ?

Il faut croire que pour une frange des fonctionnaires de la sécurité publique le danger soit là. En fait, ils sont été vite rejoints par les députés FN.

Des masques tombent.

Et pourtant, pour de nombreux policiers, pères de famille et citoyens avant tout, la souffrance est bien présente. A cause des heures supplémentaires non payées, des absences de plus en plus fréquentes loin du domicile et de la vie de famille, du matériel défectueux, des salaires faibles comme tous les fonctionnaires des autres corps d’Etat... Et ces revendications, bien réelles, ne doivent pas être oubliées. Mais il revient à l’État de préserver le fonctionnement d’une police républicaine trop souvent en première ligne avec la fragilisation grandissante des institutions.  Et pour ça, il faut se garder de l’amalgame qui pousserait les mis et les autres toujours à s’affronter sans fin.

Les coups et les arrestations dans les manifestions où les contrôles au faciès n’améliorent pas les relations. Les sénateurs communistes font d’ailleurs un rappel à François Hollande, qui en avait fait un de ses 60 engagements en 2012, en faisant une proposition de loi pour encadrer les contrôles avec notamment un récépissé indiquant, entre autre, le motif du contrôle.

Le gouvernement joue la carte de l’essoufflement, puis des dérapages, pour maintenir coûte que coûte son projet de loi inique contre les droits des salariés de ce pays. Les réformes successives de l’appareil répressif de l’État et des forces de police n’ont guère amélioré les conditions de vie des hommes et des femmes sous uniforme, soumis dans leur service quotidien aux situations les plus violentes et dramatiques causées par la misère sociale et les difficultés croissantes liées au libéralisme.

Si une réforme s’impose, il s’agit de celle de la police.

Des embauches, de la formation, des changements sont nécessaires pour sortir du cadre tout répressif quasiment devenu institutionnel en France depuis les transformations opérées par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.

L’homme au Kàrcher n’a plus le pouvoir. Mais les gouvernements successifs ont persévéré dans ces excès.

Les véritables tenues de combat et les armements sophistiqués de la police ont modifié les comportements. Gravement. Et les dégâts continuent, faute d’avoir eu une volonté politique apte à redonner à la police sa véritable fonction républicaine, assurer la sécurité des citoyens avant celle des biens, avant celle de l’appareil d’État qui se sert de la police pom réprimer désormais la contestation, d’où qu’elle vienne.

Le gouvernement a une énorme responsabilité en laissant monter la colère de la population en maintenant son projet contre l’intérêt général.

L’usage du 49.3 et le détournement de l’état d’urgence vers les militants creusent un fossé énorme entre les opposants et ceux qui sont chargés de faire respecter l’ordre par le gouvernement La police n’a pas besoin de plus de pouvoir. Celui-ci doit être bien encadré en priorité.

Et aujourd'hui, il est impératif de stopper le détricotage de nos droits.

C’est vital pour la République.

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Liberté Hebdo 1218 : L'édito de Franck

5 Mai 2016, 06:21am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1218 : L'édito de Franck

SORTIR LA RÉPUBLIQUE DE L’IMPASSE

Jamais la République n’a été aussi attaquée. Libertés fondamentales, Code du travail, enseignement, institutions.... Tout les éléments constitutifs de l’équilibre de la société sont mis à mal par nos gouvernants. Les apprenti-sorciers du Parti socialiste sont sur tous les fronts.

Les dégâts sont déjà visibles mais il est à craindre des décennies de récession si personne ne stoppe la machine à perdre.

La lente construction, si imparfaite soit-elle, de notre République est le fruit de notre histoire, des Lumières et des révolutions. Les doctrines libérales prennent le pas sur la réflexion philosophique. La pensée unique devient l’étalon de la non réflexion, l’âne de la pensée. La réforme des collèges, mise en œuvre par Najat Vallaud-Belkacem, va déstructurer l’enseignement public, chaque établissement fera suivant ses moyens et la volonté de son responsable.

Autant le dire tout de suite, l’enseignement ne sera pas le même partout. L’égalité des élèves est remise en cause par ceux-là mêmes qui se devaient de la défendre.

Les réactionnaires, masqués sous des oripeaux de progressistes, mettent le pays en coupe réglée. L’interdiction des Nuits debout passé 22 heures ressemble à s’y méprendre à un couvre-feu. Un couvre-feu intellectuel. Mais aussi très violent si on en juge par le nombre de personnes blessées, y compris dans les forces de l'ordre, lors d’affrontements liés plus souvent à une répression policière voulue par le pouvoir en place pressé de faire taire les contestations, qu’à une garantie du maintien de l'ordre public.

Les débats qui s’ouvrent cette semaine sur le projet de loi El Khomri, porté devant l’Assemblée par le député Sirugue, doivent faire l’objet de la plus grande attention. Pas loin de 5000 amendements ont été déposés.

Le gouvernement n’est pas sûr d’avoir la majorité sur son propre projet. Et la menace de l’utilisation de l’article 49.3 de la constitution est toujours dans les têtes.

Les « frondeurs » sont-ils prêts à voter

contre ou abdiqueront-ils face à quelques mesurettes ?

Le patronat, Medef en tête, n’aurait plus autant à gagner dans cette affaire. Surtout, les artisans et les dirigeants de petites et moyennes entreprises craignent fort les pressions qu’ils devront subir de la part de leurs donneurs d’ordres une fois le texte adopté.

François Hollande serait avisé de désamorcer la machine infernale.

La première des difficultés pour l’ensemble de la population est liée à l’accès à l’emploi, en particulier pour la jeunesse. Une jeunesse à qui on ne parle, depuis plus de 20 ans, que de chômage.

Personne ne peut faire croire que le retour au plein emploi passe par la destruction des droits des salariés.

La construction d’un meilleur avenir pour tous passe plutôt par la recherche et le soutien d’initiatives réellement créatrices d’emplois sur le territoire national.

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Liberté Hebdo 1217 : L'édito de Franck

28 Avril 2016, 21:13pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1217 : L'édito de Franck

MON ROYAUME POUR UN SOUS-MARIN

Il n’y a plus de chevaux. Enfin, plus précisément, le recours à la traction animale est, sauf loisirs, très limité, en France, plus particulièrement depuis l’invention du moteur à explosion. Mais combien d’attelages sommes-nous cependant forcés encore de traîner ? Les grands de ce monde remuent ciel et terre pour démontrer leur utilité. L’industrie de l’armement serait-elle seule capable de représenter le savoir-faire national à l’étranger ? La France doit-elle en permanence participer à l’élaboration du chaos mondial ? La patrie des Droits de l’Homme mérite mieux comme image extérieure.

Douze sous-marins pour les Australiens, et les cheminots en grève mercredi pour défendre le service public, et les salariés de toutes les professions, les retraités et les étudiants dans les rues jeudi pour défendre le code du travail, pour l’avenir. L’attelage gouvernemental est-il au

plus mal qu’il est temps de le remettre à la page ? De Four- mies à Perpignan, combien seront encore mobilisés dimanche pour faire du 1er mai un exemple de mobilisation?

Le dos tourné de Gattaz (fils) n’est pas encore suffisant pour rassurer le gouvernement qu’il peut continuer dans sa (mauvaise) voie. La nécessité du rassemblement est d’autant plus importante que la course à l’Elysée est déjà engagée pour beaucoup. La droite, qui jusqu'à présent donne l’impression de se rassembler, tout au moins sur les dernières élections, risque fort de partir en ordre dispersé à la bataille lors des élections présidentielles de 2017. Du pain bénit, si on peut dire, pour Marine Le Pen qui n’attend que la dispersion des voix, à droite et à gauche, pour creuser l’écart avec ses adversaires.

L’urgence manifeste est au rétablissement immédiat des valeurs qui fondent notre République. La mémoire tronquée des jeunes générations par des programmes d’histoire allégés, formatés aux nouvelles normes libérales, n’augure rien de bon pour les élections à venir. La démocratie doit d’abord exister dans nos têtes avant de pouvoir être mise en œuvre dans nos vies. L’urgence est au redéploiement de valeurs collectives de partage et de solidarité. Le 1er mai qui s’annonce mérite de déployer ces valeurs au long des cortèges qui se préparent, comme de ceux qui se sont déroulés dans toute la région, jeudi 28 avril contre la réforme du code du travail, mais, surtout, pour un avenir plus conforme aux souhaits du plus grand nombre.

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Liberté Hebdo 1215 : L'édito de Franck

18 Avril 2016, 15:56pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1215 : L'édito de Franck

Les contribuables viennent de recevoir leurs feuilles d’impôt. En ligne ou sur papier, c’est l’heure des interrogations, des doutes, des espoirs ou des angoisses. Dans bien des modestes foyers, il n’y a qu’une seule ligne, déjà remplie par l’administration. Pour la majorité des salariés, pas de risque d’erreur ni de fraude possible.

L’exil fiscal représente à ce jour un coût de près de 240 milliards d’euros par an en Europe. Face à ce scandale, et en pleine affaire «Panama papers», la Commission Européenne envisage de solliciter des multinationales un rapport stipulant le « niveau d’impôt payé dans l’Union Européenne, pays par pays.»

Le Parti Communiste Français dénonce l’insuffisance des moyens et des propositions mis sur la table contre «un cancer financier qui détruit les économies et les capacités de production des Etats membres » et recommande à la Commission européenne d'écouter les sénateurs communistes et la proposition de loi déposée au Sénat par le groupe CRC pour mettre un véritable « coup d’arrêt au gang des financiers mondialisés qui, jour après jour, détruisent nos vies et nos emplois.»

C’est bien l’enjeu au moment où nous devons, nous, rendre compte à l’administration fiscale sur nos revenus. Payer l’impôt, à chacun selon ses moyens, c’est contribuer à l’effort collectif de fonctionnement de l’Etat et des institutions, assurer l’équilibre entre les territoires, préserver les systèmes de santé, d’éducation, de défense, de sécurité...

Quand l’administration parle de s’appuyer sur les déclarations des employeurs pour des retenues à la source. Manière, à peine voilée, de prêcher, une fois de plus, pour une réduction du nombre de fonctionnaires attachés au Trésor Public. Alors que c’est maintenant qu’il faudrait recruter pour renforcer les brigades chargées de lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

Il est temps que le scandale cesse.

Le « trou » de la sécu, le « coût » du chômage, sont autant de serpents de mer auxquels il serait simple de tordre le cou si l’argent des impôts était collecté partout avec autant d’attention. Le chantage à l’emploi, à la délocalisation, ne marche plus. De toute manière, les citoyens ne sont plus dupes.

Mêmes si d’aucuns tentent encore de noyer le poisson, d’agiter des lanternes grosses comme des vessies, le gouvernement ne peut plus faire semblant. Il ne peut pas refuser l’exigence publique de l’égalité face à l’impôt. Ni nier l’évidence d’une nécessaire remise à plat des comptes de la Nation. Dans l’intérêt général, pour le développement et la croissance.

Combien de grands chantiers utiles pourraient être mis en œuvre avec l’argent planqué, piqué au fisc ?

Il va falloir pour ça que les grands timoniers du libéralisme lâchent un peu de lest. C’est l’unique solution pour remettre la France en marche.

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Nuit debout : du vacarme à l’ordre révolutionnaire

18 Avril 2016, 15:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Il ne sera pas question ici de porter un regard sévère sur ce mouvement exceptionnel, du moins sur l’aspect innovant, qu’est celui de Nuit debout. Je ne ferai pas preuve de férocité. En tout cas je ne pourrais pas produire une violence aussi incarnée que celle de Eric Verhaeghe dans les pages du Figaro qui concluait sa tribune intitulée « Nuit debout le crépuscule des bobos » de la sorte : De là le caractère extraordinairement hétérogène du mouvement. Fait par les Blancs pour les Blancs, fait par les bourgeois pour les bourgeois, fait par les bobos pour les bobos, il ne devrait pas tarder à mourir de sa belle mort, à moins qu’une mutation du virus ne conduisent à une radicalisation et une popularisation inattendue.

Je vous l’accorde il est question en toute logique d’un vrai discours de classe. Pour autant, comme c’est habituel pour ceux qui sont des lecteurs réguliers du Figaro, de belles vérités nues se révèlent, des vérités nues sur les logiques profondes de l’organisation de notre monde, de sa société, de son économie … Bref ne faisons pas durer le suspens, sur le capitalisme. Même si le Figaro est par nature un organe de propagande de ce dernier, qu’il cible un lectorat appartenant aux dominants, il se permet de livrer des analyses très honnêtes. Terribles, scandaleuses pour nous autres. Mais elles sont les logiques qui conduisent les choix du capital et de ses sous-traitants politiques. Alors c’est toujours avec un intérêt particulier que nous devrions pouvoir lire ce média. Pour en revenir à mon propos sur Nuit debout et à cet article évoqué à l’instant, il y a un aspect souligné qui me paraît fondamental. L’éditorialiste le formule ainsi : Une autre caractéristique de la Nuit Debout tient à son aversion pour le salarié. C’est l’Autre: on le plaint, on se bat pour lui, mais on ne le côtoie pas. Je nuancerais évidemment mais néanmoins, sur la base des premières analyses que l’on peut faire du mouvement, on ne peut que constater l’absence des ouvriers, l’absence de l’immense masse des prolétaires. Qu’on se le dise, tous partagent la même colère et le même désir vivace de changement. Non pas par volonté de conquête reposant sur une solide conscience de classe. Non, simplement parce qu’il arrive un moment, lorsqu’on ne peut plus mettre tous les jours quelque chose dans l’assiette, où l’instinct de survie devient instinct de révolte. C’est ainsi qu’une brèche peut naître et que si les ingrédients sont au rendez-vous, il peut s’engager un virage décisif. Décisivement historique. Celui de l’autre voie. Celui qui viendrait violemment démontrer l’imposture de la croyance presque religieuse qu’il n’y a qu’un seul modèle possible et viable, celui qui a fini par triompher (pour le moment !) du socialisme.

Mais ce mouvement ne s’inscrit pas dans cette logique. Parce qu’il développe un fétichisme absolu sur sa non-identité,sur sa fierté de n’être affilié à aucun parti, à aucun système de pensée, il dit ne rien revendiquer. Curieuse posture il faut ici l’admettre. Alors qu’il est maintenant empiriquement démontré, après que Marx l’aura remarquablement théorisé au XIXe siècle, que ce système (le système capitaliste) porte en lui le phénomène même de l’inégalité, Nuit debout ne semble pas l’inclure dans son processus d’édification. A dire vrai, il est difficile de mesurer ce vers quoi cherche à tendre le mouvement. Même si une mobilisation de cette ampleur doit être saluée, qu’elle va d’une manière ou d’une autre jouer un rôle pour la suite des événements, il est je crois fondamental de garder un regard critique sur le phénomène. Parce que des choses importantes sont en train de se jouer sans même que nous puissions encore véritablement le mesurer. Parce que les attaques du capital deviennent extrêmement violentes et que, par conséquent, nous avons l’impératif devoir de monter de solides barricades. Car des millions de destins sont très directement concernés. C’est là l’extrême faiblesse de Nuit debout. C’est la frontière décisive entre l’agitation et la lutte. Dans son article, notre journaliste du Figaro explique que le mouvement a finalement relégué au second plan la lutte contre la loi El-Khomri. Je vous fais là une version beaucoup plus soft, débarrassée des postillons acides du réactionnaire traditionnel. Pour autant, on ne peut pas vraiment lui donner tort.

Dans la lutte, il faut pouvoir être méthodique. La révolution est une science, une science pratique, mais une science tout de même. Il n’y aura pas de mouvement de fond sans victoire sociale. Il est donc indispensable que la lutte organisée contre la loi travail puisse se solder par une victoire. Cette victoire va déterminer toute la suite du scénario. Sans elle, rien, absolument rien ne sera possible. C’est malheureusement l’étape ou plutôt la conviction de cette étape et de son caractère prioritaire qui manque cruellement à Nuit debout. Oui on y fait de l’éducation populaire, oui on s’exerce très concrètement à la pratique de l’agora antique, sorte de démocratie pure et parfaite. Mais Athènes ne comptait que 40 000 citoyens libres. Tous les autres étaient victimes de ce système car ils en subissaient les choix sans pouvoir même les discuter. Nous faisons face au même travers avec Nuit debout. Athènes n’était qu’une illusion de la démocratie et Nuit debout n’est qu’une illusion de la lutte. J’ai la certitude qu’il ne pourra y avoir massification et intensification de la lutte que si elle se fixe l’objectif d’éradiquer la loi travail. La faille est celle-ci. Le trait d’union qui permettra la convergence des luttes se situe au travers de cette bataille. Alors effectivement, sans parler de mutation du virus cela va de soi, il faudra que tous ces citoyens debout sur ces places se convainquent de l’intérêt d’abandonner l’utopie pour quelque chose de plus concret, de plus construit, de plus méthodique. Le problème de l’utopie est qu’elle ne vous mène dans les faits pas très loin. Encore une fois il y a urgence à changer les choses. Cela n’est pas un caprice d’intellectuels ou de militants ou même des deux. C’est le besoin de pouvoir se tenir à la corde qui nous empêche de chuter sur les pentes friables du cratère.

C’est ce travail de clarification que Marx et Engels, puis Lénine plus tard, ont tenté de faire. Il y a la nécessité de l’organisation. Elle est vitale. En ce sens, j’admire le travail que réalise le mouvement jeunes communistes dans les lycées, les universités et mêmes sur ces places des grandes villes. Apporter un cadre, structurer la pensée et le mouvement, créer de l’ordre dans le vacarme. Expliquer que la volonté est un chemin, que ce chemin est parsemé d’étapes qu’il faut minutieusement préparer les unes après les autres. La clé de la réussite se situe à ce niveau il me semble. Je souhaite sincèrement que les hommes et les femmes qui font le mouvement Nuit debout viennent magistralement démentir les propos de notre éditorialiste du Figaro. Les communistes peuvent et doivent les-y aider. Les Communistes avec un grand « C » évidemment, pas les marionnettistes à la sauce primaire. Petite précision si tant est que cette dernière soit vraiment nécessaire.

Guillaume Sayon

 

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Mais où est la gauche ?

7 Avril 2016, 18:55pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La France se réconcilie enfin avec sa tradition, la lutte des classes. Il aura fallu ce projet abject de casse méthodique du code du travail pour que le sursaut populaire puisse enfin éclore. Projet de loi travail non pas piloté à Paris mais dans les arcanes obscures de l’Union Européenne. Il ne s’agit pas d’un simple détail à souligner au détour d’une virgule. Le rouleau compresseur libéral européen parachève son travail jusqu’à disparition totale de la moindre entrave à la concurrence libre et non faussée. Le drapeau bleu étoilé pourra bien voler gracieusement dans le ciel au rythme de l’hymne à la joie, il devient urgent, vital même, de détruire cet outil d’asservissement populaire.

Toutes celles et ceux qui défilent sur les plateaux télé ou dans les studios d’enregistrement des matinales radiophoniques pour nous vendre leurs discours malhonnêtes sur leur prétendue capacité à changer les choses mieux que les autres, nous prennent pour une masse d’imbéciles dépourvus de toute forme de rationalité. Quiconque ne dira pas clairement que le point numéro un de son programme sera le retrait de la France de cette usine à gaz européenne nous prendra pour des idiots. Les règles absurdes, rigides, dogmatiques inscrites dans le marbre des traités ont anéanti la moindre forme de souveraineté. Nous ne sommes plus maîtres de rien dans ce bon pays de France. Pas de possibilité de développer des outils de régulation, encore moins de lancer des plans ambitieux d’investissements publics. Alors, j’entends les voix mollassonnes de ceux qui crient à la réorientation de la construction européenne. Il faut sauver l’Europe comme il fallait sauver le soldat Ryan. Si on émet l’hypothèse farfelue que par un effet de cascade, de nouvelles majorités de gauche prennent la main à Bruxelles, pensez-vous que l’Allemagne hésitera à déguerpir. L’Europe est allemande. Désolé pour ceux qui en sont restés au chapitre du traité de Paris. La France n’est pas le pendant de l’Allemagne. La France marche au pas avec les voisins méditerranéens. C’est un fait. Concevoir le contraire relève de l’idéalisme infantile ou de la mauvaise foi assumée.

Cela me permet d’en venir au véritable propos que je voulais aborder dans ce billet. La France est orpheline. La France n’a plus de gauche. Preuve en est les événements récents. Il aura fallu la mobilisation exemplaire de la jeunesse dans les universités et les lycées pour bousculer les organisations syndicales traditionnelles. Alors que ces dernières tergiversaient et pondaient un communiqué commun bien fade appelant à quelques aménagements cosmétiques, les jeunes organisaient la journée du 9 mars où plus de 500 000 personnes se sont mobilisées partout en France avec un mot d’ordre clair : le retrait pur et simple du projet de loi. Mais les partis de gauche méritent aussi leur catéchisme. Ce mouvement d’occupation des places inspirés de Podemos, Nuit debout, est là aussi symptomatique d’une absence préoccupante de la gauche dans le débat public. La nature a horreur du vide et ce mouvement presque spontané nous met tous au pied du mur. Il suffit de voir le malaise des uns et des autres par rapport à ces péripéties pour le mesurer. Personne n’ose se positionner. Tout le monde semble totalement largué. Nous sommes clairement dans une crise de représentation. C’est une sorte d’effet de pourrissement qui emporte tout sur son passage. La République est pourrissante, le parti socialiste, la gauche globalement … Cela donne le sentiment d’un tunnel qui fait la jonction entre deux mondes, entre deux temps. Cela n’est pas sans faire écho à la formule célèbre de Gramsci.

Pour illustrer mon propos, je ne peux que vivement vous encourager à lire la brillante tribune de Lordon parue il y a quelques jours dans les colonnes du Monde Diplomatique intitulée Pour la République sociale. Je ne peux d’ailleurs m’empêcher ici de vous en livrer quelques succulents passages. Comme celui-ci sur la primaire : on ne peut pas exclure en effet que les protagonistes de la « primaire à gauche » soient convaincus de produire une innovation politique radicale, alors qu’ils bafouillent la langue morte de la Ve République. Le comble de l’engluement, c’est bien sûr de ne plus être capable de penser au-delà du monde où l’on est englué. Présidentialisation forcenée, partis spectraux, campagnes lunaires, vote utile, voilà la prison mentale que les initiateurs de la « primaire à gauche » prennent pour la Grande Évasion. Et pour conduire à quoi ? La fusion de la contribution sociale généralisée (CSG) et de l’impôt sur le revenu ? un programme en faveur de l’isolation des logements ? une forte déclaration sur la « réorientation de l’Europe » ? Mais sans doute le passage le plus intéressant est celui-ci : La seule chose dont nous pouvons être sûrs, c’est qu’aucune alternative réelle ne peut naître du jeu ordinaire des institutions de la Ve République et des organisations qui y flottent entre deux eaux le ventre à l’air. Cet ordre finissant, il va falloir lui passer sur le corps. Comme l’ont abondamment montré tous les mouvements de place et d’occupation, la réappropriation politique et les parlementarismes actuels sont dans un rapport d’antinomie radicale : la première n’a de chance que par la déposition des seconds, institutions dont il est désormais établi qu’elles sont faites pour que surtout rien n’arrive — ce « rien » auquel la « primaire de gauche » est si passionnément vouée. Je souscris totalement à ses propos. Ils démontrent l’obsolescence des schémas théoriques et tactiques de cette gauche agonisante.

Le peuple français a cette fascinante capacité lorsqu’il se soulève à emporter avec lui les peuples voisins, eux aussi victimes de l’ignominie, du népotisme, de tout ce qu’on veut mais surtout des logiques du capital, de la propriété privée des moyens de production. Comme beaucoup, je regarde avec intérêt ce mouvement nuit debout qui gagne des villes belges, italiennes, espagnoles … Je garde néanmoins une nécessaire lucidité sur cette expérience. Les places semblent peuplées par une jeunesse à fort capital culturel essentiellement. Les travailleurs n’y sont encore que peu nombreux. Qui-plus-est en bon léniniste que je suis, je crois en les vertus de l’organisation. Des mouvements comme ceux-là peuvent vite devenir des impasses s’ils ne s’organisent pas concrètement. C’est la leçon qu’a fini par tirer Iglesias avec les indignés en Espagne. Le PCF devrait donc être en train d’écrire un programme politique pour créer cet impérieux prolongement organisationnel, pour qu’il puisse être débattu, qu’il devienne un repère. Un vrai programme de rupture, un programme politique qui place en son cœur la question de la propriété, de la nation et donc de sa constitution, de l’Europe et de l’évidente rupture qu’il faut consommer avec cette dernière. La question de la paix évidemment avec un préalable : quitter l’OTAN. Un programme qui se nourrit de ce bouillonnement social, qui propose des mots et des concepts, une feuille de route afin de donner du corps à cet élan insurrectionnel. Mais non, Pierre Laurent annonce qu’il va rencontrer Montebourg dans le cadre du processus de la primaire. Misère, vous avez dit misère …

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1214 : L'édito de Franck

7 Avril 2016, 18:42pm

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Liberté Hebdo 1214 : L'édito de Franck

EN AVOIR OU PAS​

Monsieur Gattaz ne fait pas de politique. Mais il a une opinion. Et il essaye d’influencer celle des autres. Interrogé sur France Inter jeudi matin, il le dit, il le clame. Il ne fait pas de politique. Juré. Pas craché, parce que chez ces gens là, on ne crache pas. Mais il ne crache pas dans ses mains pour ne pas le dire.

Nous sommes rassurés : le patron des patrons ne fait pas de politique. Et il demande à tout le monde de cesser de tout « politiser ». Comme l’action syndicale par exemple, pardon, «le dialogue social ».

Cette nouvelle façon de discuter entre «partenaires sociaux» qui permet qu’aujourd’hui 15 salariés du CHR de Lille soient convoqués au commissariat comme des criminels ?

Qui permet que trois salariés des Fonderies du Nord soient menacés de licenciement parce qu’ils ont participé à la grève du 31mars ?

Qui permet que huit ex-salariés de Goodyear aient pu être condamnés à de la prison ferme ?

Pas de blagues, le père Gattaz, fils de, n’a que faire des protestations de la rue sur la loi El Khomri.

Pour lui, les politiques doivent cesser « les zigs et les zags » à ce sujet. Mais, juré, il ne fait pas de politique.

En fait, pas besoin pour lui.

Comme Bolloré, Dassault, Mulliez et consorts, il dicte aux politiques, aux hommes et aux femmes politiques de ce pays, la marche à suivre. Comme des petits soldats. L’économie de marché c’est comme la pluie et le beau temps, impossible à réguler.

Circulez, il n’y a rien à voir !

Voilà donc, au moment où Monsieur Macron « ni-droite, ni-gauche » met en route son mouvement « En marche », la jeunesse de France bat le pavé et les indignés parisiens ont envahi la place de la République pour dire «On n'en veut pas ! ».

De la loi El Khomri, mais aussi de cette société là, à seulement deux vitesses, ceux qui ont du fric et ceux qui n’en ont pas.

Et, heureusement, il reste des femmes et des hommes politiques de conviction, armés d’arguments, de foi militante, animés par l’envie de changer le monde et portés par l’espoir collectif.

Des femmes et des hommes qui font de la politique, qui croient à la force de la démocratie, en l’humain d’abord, et qui n’ont pas peur de se dresser contre les puissances financières.

Et là, Monsieur Gattaz n’a pas de prise sur eux.

C’est ça faire de la politique.

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Liberté Hebdo 1213 : L'édito de Franck

2 Avril 2016, 06:58am

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Liberté Hebdo 1213 : L'édito de Franck

LA RELANCE PAR LE PAVÉ !

A plus de trente ans d’écart, la loi sur l’école libre et celle pour le mariage pour tous eurent l’une et l’autre pour effet de fédérer toutes les droites face à la gauche, enfin au gouvernement dit de gauche actuellement.

Les socialistes savent rassembler contre eux. Ils savent aussi faire voter « utile ». Pensent-ils.

Le comble pour François Hollande est d’avoir dans la rue ceux qui ont voté pour lui et les générations de futurs électeurs, unis comme un seul homme, comme lors de la réforme Devaquet, le plan Juppé sur les retraites et la sécurité sociale ou le CPE...

Sauf que c’était alors face à la droite, Chirac, Juppé ou Villepin. 1986,1995, 2006 ou 2016, chaque décennie porte le monde du travail et les étudiants à devoir s’affronter aux tentations réactionnaires.

Sauf que ce gouvernement est acharné à marquer contre son camp. Et malgré tout, le mouvement social ne se traduit pas par un changement profond conforme aux attentes populaires. Et les socialistes, hormis les frondeurs, restent persuader d’avancer dans la bonne direction.

L’annonce de l’abandon de la réforme constitutionnelle concernant la déchéance de nationalité tombe à point. Ce recul n’est pas, semble-t-il, le synonyme d’une prise de conscience. Et mobilise plus encore contre les attaques et pour la défense du Code du travail.

Un changement de politique est plus que jamais nécessaire. Nous ne pouvons pas admettre cet acharnement à vouloir broyer les efforts et les sacrifices de générations de militants et de travailleurs. Plus que jamais, les citoyens ont besoin de plus de solidarité, de fraternité, de sécurité.

Même aux Etats-Unis, la question du salaire minimum prend forme. En Finlande, l’évolution du système social est à observer de près. Il existe d’autres façons de voir la marche du monde que d’être collé aux chiffres et aux résultats financiers comme une vulgaire multinationale au service de quelques intérêts privés uniquement.

Le changement, maintenant, consisterait-il juste à modifier une ligne budgétaire ?

Les longues luttes d’émancipation et de conquêtes sociales sont aujourd’hui l’objet d’un déni total par un gouvernement minoritaire, en recul sur ses projets et reportant toujours la prise en compte des réels besoins de la population.

L’heure, pour beaucoup de salariés, d’étudiants, chômeurs ou de retraités, est de partir à l’assaut de nouveaux droits, d’envisager une autre manière de changer le monde et d’apporter un souffle nouveau dans le paysage politique.

A l’heure où personne n’oserait plus avoir une idée innovante de peur de la voir taxer d’utopie. Vilain mot pour les démagogues, frileux sans imagination et conservateurs de tous poils.

Joli nom, porteur d’espoir, d’avenir et d’amour pour toutes celles et ceux, nombreux dans les rues ce 31 mars, qui croient en l’Humain d’abord.

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Pourquoi je reste au PCF

29 Mars 2016, 16:09pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Pourquoi je reste au Parti Communiste Français ? 

 

Difficile cette question. Beaucoup de camarades le savent aussi. Il suffit de voir à quel point le quitter est un déchirement pour celles et ceux qui ont fini par franchir le pas. J’en ai rencontré et je continue à en rencontrer beaucoup. Car, malgré leur départ, on se retrouve sur les mêmes champs de bataille tous. On se croise dans les mêmes conférences, les mêmes ciné-débats, les mêmes manifs … Chaque fois qu’ils évoquent les souvenirs, leurs vieilles plaies, il y a cette conjugaison étrange entre une douce nostalgie et une colère saignante. Tous se disent orphelins. Ils sont les orphelins de ce grand parti de classe, le seul qui a été jusque là capable de provoquer quelques frayeurs à la petite bourgeoisie, aux rentiers de l’industrie et à leurs chiens dociles. Sans blague, le père Gattaz a du se résigner à le confesser, on ne fait pas la même politique avec un parti communiste à 20 et à 5%.

Et puis il faut tout de même avouer que depuis l’effondrement du bloc soviétique, les choses ne vont pas en s’améliorant. 1% de la population mondiale possède autant que les 99% restants ! Le péril rouge avait au moins la force de contraindre les tenants du capital à un peu plus de sobriété.

Enfin les choses sont ainsi faites, elles changent avec le temps. Elles changent en mal si on n’y prend pas garde.

C’est vrai pour le capitalisme comme pour son pire ennemi, c’est-à-dire nous.

Le confort de la démocratie libérale encroûte certains des plus téméraires. D’année en année, d’élection en élection, on finit par jouer le jeu et on laisse périr la matrice première de notre engagement. L’école de Chicago est passée par là, Gorbatchev a vendu les meubles aux enchères, le parti de Berlinguer au pays de Gramsci abandonna la bataille, l’ouragan Robert Hue détruisit tout sur son passage

… Que dire de l’héritage.

On veut rallumer les étoiles sans provoquer la moindre étincelle. On espère désespérément être oint par la Sainte ampoule de la bonne société. Celle qui fixe les règles, qui choisit qui est fréquentable et qui ne l’est pas. Veut-on à ce point être fréquentable ? Auprès de qui ? De Libération ? Du Nouvel Obs ? Du Parti socialiste ? Non, je crois plutôt que ces gens-là devraient pouvoir nous détester, nous vomir même. Je pense au bonheur intérieur par exemple qu’a du vivre notre ami François Ruffin quand, invité sur le plateau d’Europe 1 pour parler de son film Merci Patron !, il doit faire face à la condescendance et au dégoût viscéral qu’il provoque chez Jean-Michel Apathie.

Voilà, c’est cette haine et ce mépris que nous devrions pouvoir contempler sur le visage de la presse bourgeoise quand elle fait face à l’un des nôtres. Or, il faut bien avouer que nous sommes loin de ce cas de figure.

Non le parti communiste a rangé l’outillage et il veut rassembler les brebis égarées. Il passe son temps à vouloir rassembler. Enfin rassembler au sommet à chaque fois, jamais à la base. Il va de compromis en compromis et il ne tire aucun bilan de ses choix. J’ai lu avec attention le texte que la direction propose aux communistes comme base de discussion pour le congrès. Enfin, pour être plus précis, j’ai essayé de le lire. J’ai lâché au bout de la dixième page je crois. Peut-être un problème de style me direz-vous ? Indéniablement je dois l’avouer. Mais si seulement il n’était question que d’un problème de style. Non ce texte il est symptomatique de ce qu’est la réalité de notre parti depuis des années maintenant. Une coquille vide. A peine se revendique t-il encore anticapitaliste entre les lignes. Nos économistes sont dépassés, ils formulent des propositions ahurissantes sur l’Europe et un hypothétique euro de gauche, ils n’évoquent même plus ou presque les nationalisations. Mais enfin qui sommes-nous aujourd’hui ? Que défendons-nous ? Une autre Europe, un autre euro, un autre capitalisme ? Bref, une simple et terrifiante posture réformiste ? Moi je ne sais pas vous, pour les camarades qui me lisent, mais je n’ai pas pris ma carte au PCF pour ça. Je l’ai prise parce qu’un jour j’ai emprunté le manifeste de Marx à la bibliothèque de mon lycée et que j’ai compris que le chemin était celui-la. Je l’ai prise quand j’ai vu qu’en organisant la lutte dans mon petit lycée fréquenté par les gosses de prolos, on défendait les droits de centaines et de centaines de familles populaires du secteur. Je l’ai prise quand j’ai compris que nous avions mes camarades et moi des aspirations communes et que nous pouvions les faire triompher en se battant ensemble, de manière organisée. Je l’ai prise ma carte quand j’ai su que ces aspirations étaient contraires à celles des encravatés qui voulaient fermer des classes dans ce lycée pour de fumeuses et obscures raisons arithmétiques.

J’ai un peu plus de 10 ans de carte maintenant. J’imagine le rictus de certains camarades qui se disent que je suis encore un petit jeunot. Je milite dans ma petite cité du Pas-de-Calais. Grosse section militante, une municipalité que nous gérons depuis 80 ans sans partage ou presque, les camarades m’ont confié un mandat passionnant à la culture. Bref je me sens bien dans ce que je fais. Je donne un coup de main dans ma fédération, je partage entièrement sa ligne et ses batailles. J’ai sans doute beaucoup de chance. Certains camarades n’ont pas cette chance je le sais. Peut-être que si j’avais milité ailleurs j’aurais déjà rendu les gants. Je ne sais pas. Militer, c’est plus vrai encore je crois au parti communiste, cela s’apparente à un vrai sacerdoce. On sacrifie beaucoup de choses à la cause. En tout cas, je sacrifie beaucoup de choses. Je vis, je respire, je mange communiste. Je passe ma vie à lire, à écrire, à penser. Et puis même si je ne suis pas le plus assidu, il faut distribuer les tracts, coller les affiches, participer aux multiples réunions. J’adore les réunions du parti donc c’est une fausse contrainte. Elles ne sont pas toujours passionnantes il faut bien l’avouer mais on y croise les camarades. Il y a un lien si étrange entre nous. Si fort, si fraternel. Cela n’est pas un mythe. La fraternité, cela a un sens profond chez les communistes. La pratique exclusive du tutoiement, les débats sans fin autour du verre de l’amitié, les étreintes, les accolades, les éclats de rire. C’est même difficile de réussir à trouver les mots pour décrire cette atmosphère tellement singulière, tellement chaleureuse. Mais être communiste cela ne vous quitte jamais, sauf si vous y avez adhéré pour de mauvaises raisons. Non cet idéal vous hante sans cesse. Il est si fort qu’il prend le pas sur les individualités. Un communiste est prêt à donner sa vie pour défendre son idéal. Là aussi, cela n’est pas un mythe. Les noms des plaques dans les citadelles, sur les monuments aux morts de la France entière peuvent en témoigner. C’est encore vrai aujourd’hui. J’en ai la certitude.

Alors, même si les directions qui se succèdent ont la lourde tendance à dériver à tribord, ce parti, mon parti, reste un outil extrêmement précieux. Je laisse aux idéalistes le luxe de croire à la fable des mouvements citoyens, des révolutions silencieuses. Pour briser ses chaînes, le peuple asservit aura indéniablement besoin de se structurer, de s’organiser. Il va devoir prendre conscience de lui-même, de sa force. Il n’y a qu’un parti se revendiquant sans honte du socialisme qui sera en capacité de répondre à cette prérogative. Croire le contraire nous mènera inexorablement à l’échec. Syriza, Podemos, les indignés … Toutes ces réponses échouent parce qu’elles ne répondent pas aux conditions historiques et pratiques nécessaires à leur réussite. Un vrai parti de lutte de classe. Pas simplement vouloir proposer un peu plus de logements sociaux par ci, un peu plus de redistributions par là. Non tout cela a échoué et continuera d’échouer. Tactiquement je ne suis pas contre l’idée que nous participions à des majorités avec d’autres formations de gauche. Mais cela ne peut avoir du sens que si nous sommes en capacité de peser lourdement dans le rapport de force, d’obliger le marqueur politique à se positionner le plus à gauche possible. Le parti socialiste n’a été de gauche dans l’histoire que lorsque le parti communiste l’y a contraint. C’est mécanique, c’est historique. C’est ce que font actuellement nos camarades au Portugal. Ils ont signé un accord majoritaire avec le parti socialiste parce qu’ils tiennent une vraie ligne de classe, que leur score est important et qu’ils ont donc obligé le PS a devoir gouverner avec eux.

Nous avons eu des opportunités de rendre le rapport de force extrêmement intéressant ici en France. En 1995 ou en 2005. Après 1995 nous nous fourvoyons dans le gouvernement de la gauche plurielle qui privatise à tout va, qui répond aux salariés de Moulinex qu’il ne peut rien faire contre la fermeture de leur entreprise. En 2007 on participe aux lamentables collectifs antilibéraux qui nous ramènent à un score minuscule alors que Royal menait une campagne à droite. Les mêmes, qui nous ont conduit dans ces impasses, continuent de rédiger nos orientations de congrès et continuent de nous dicter ce qui est bon pour le parti, pour la gauche. Alors pour conclure et dire les choses très simplement, je ne quitte pas le Parti Communiste Français car il est hors de question que je le laisse définitivement entre ces mains la. Il est trop précieux pour qu’on puisse le leur abandonner jusqu’à une extinction qui deviendrait inévitable.

Guillaume .Sayon

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Liberté Hebdo 1212 : L'édito de Franck

24 Mars 2016, 17:40pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1212 : L'édito de Franck

Toutes nos pensées vont vers les victimes des attentats. Pour eux, pour leur famille, leurs proches, nos gouvernants ont le devoir d’engager des actions renforçant la sécurité réelle mais aussi la solidarité, le

bien public.

Au même moment, des centaines de milliers d’étudiants, de chômeurs, de salariés ou de lycéens défilent dans les rues de nos villes pour s’affranchir de la pression patronale, repousser le spectre de la précarité, donner un sens à l’avenir. Ils montrent un grand courage à faire face dignement, rassemblés, solidaires et actifs pour changer le monde. Le changer pour le rendre meilleur.

Une minorité dévoyée, corrompue ou désaxée, touche au pire. Les poseurs de bombes qui ont commis leurs forfaits à Bruxelles le 22 mars ou les mitrailleurs de plage en Côte d’ivoire la semaine précédente sont-ils conscients de leur insanité ? Psychologues, sociologues, politologues et quantités d’experts n’ont de cesse de se pencher sur le sujet pour trouver des réponses.

Les victimes innocentes frappées dans leur chair ne sont pas près d’oublier l’horreur des attentats. Les familles, les proches des victimes sont bouleversés. Les vies fauchées ne seront pas remplacées. Elles sont irremplaçables. Il faut le dire, le répéter. Cette violence qui n’épargne personne rend d’autant plus difficile la vie quotidienne. Combien d’enfants assistent impuissants sur les écrans de télévisions au défilé incessants d’images toutes plus impressionnantes les unes les autres ? Quel monde ces criminels sont-ils en train de fabriquer ? Il nous revient de porter l’espoir. De faire en sorte, malgré l’horreur, que l’humanité reste solide.

Comment tout cela va-t-il finir ? La question revient en boucle. La solidarité doit jouer à plein pour donner une chance à la paix. Les réfugiés fuyant les guerres, de Syrie ou d’ailleurs, sont solidaires avec les victimes. Ils l’ont montré.

Combien sont effrayés de voir que dernière nos démocraties se dissimulent des monstres, aussi inhumains que ceux qu’ils ont

croisés dans leurs quartiers, devant leurs maisons. Ceux devant lesquels ils ont déjà dû fuir.

La peur ne doit pas nous rattraper. Tous les efforts doivent porter sur la résolution des conflits engagés à l’extérieur de notre pays, contre des civils aussi. Tous les efforts doivent être mis en œuvre pour protéger les citoyens, les civils, d’actes de guerre commis sans discernement frappant femmes, enfants, chrétiens, juifs, athées ou musulmans au pseudo prétexte de la religion.

Tous les efforts doivent être entrepris pour que les moyens soient donnés, humainement, afin que jamais de telles horreurs ne puissent plus à nouveau être perpétrées. Plus que jamais, au lieu de vouloir détruire l’héritage de deux siècles de luttes et de conquêtes sociales, le gouvernement doit s’atteler à la reconstruction du service public, à la mise en œuvre réelle de solidarité active, de partage et de construction d’un monde plus humain.

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