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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #edito

Zygmunt Bauman: «La panique que nous vivons se traduit par l’indifférence face aux appels au secours de ceux qui souffrent.»

28 Septembre 2016, 12:22pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

                                       Propose recueillis par Romain Leick

Interview. Plus que nonagénaire, Zygmunt Bauman est un des plus grands penseurs de notre temps. En ce moment, c’est la crise des migrants qui l’occupe. Il explique son nouveau projet, «Retrotopia», variante expressive de l’utopie.

Zygmunt Bauman a dû quitter deux fois sa patrie, la Pologne. Né à Poznan en 1925, il a fui avec sa famille vers l’Union soviétique quand l’Allemagne a envahi son pays. Devenu commissaire politique, il y est revenu après la guerre. Après ses études, il a enseigné la sociologie à l’Université de Varsovie. En 1967, il quitte le Parti communiste, perd sa chaire et émigre en Israël.

Quatre ans plus tard, il rejoint l’Université de Leeds, en Grande-Bretagne. Dans ses multiples essais, il a notamment analysé la précarisation des conditions de vie dans un présent globalisé, inventant la métaphore de «société liquide», où l’individu est intégré par ses actes de consommation. Son dernier essai, Strangers at Our Door, paru ce printemps, a pour thème la peur des autres et la migration.

Vous avez été un réfugié. Que suscitent, chez vous, les titres de journaux sur la crise des migrants qui menacent d’envahir l’Europe?

Je crains que nous ne soyons au début d’un énorme déséquilibre. La hausse brutale du nombre de migrants qui frappent aux portes de l’Europe, résultat d’un nombre croissant d’Etats défaillants ou déjà faillis, exacerbe la peur profonde que notre bien-être et même notre survie ne soient menacés. Cette panique crée une situation émotionnelle explosive, d’autant que les politiques désorientés hésitent entre deux aspirations inconciliables: l’intégration et le repli sur soi.

L’immigration de masse ne va pas se tarir. L’Europe est-elle condamnée à l’impuissance? Est-il inutile de fixer des contingents et des limites supérieures?

Les causes de l’immigration de masse ne vont pas disparaître et l’ingéniosité des efforts visant à la contenir n’y fera pas grand-chose.

Mais les politiques ne peuvent se permettre d’être fatalistes.

La situation est fâcheusement équivoque. La panique que nous vivons en ce moment se traduit par une débâcle morale, par l’indifférence face à la tragédie et aux appels au secours de ceux qui souffrent. Des événements choquants deviennent routine, normalité. La crise est moralement neutralisée: les migrants et ce qu’il leur arrive ou ce qu’on en fait ne sont plus considérés d’un point de vue éthique. Dès que l’opinion publique comprend les réfugiés comme un risque, ils sortent du domaine de la responsabilité morale, sont déshumanisés, exclus de l’espace dans lequel la compassion et la solidarité sont jugées licites.

L’obsession sécuritaire, l’islamophobie et l’exclusion sociétale des migrants n’encouragent-elles pas justement une radicalisation de part et d’autre?

La peur, la haine, le ressentiment et l’exclusion génèrent une prophétie autoréalisatrice. L’inclusion et l’intégration seraient les meilleures armes de l’Occident. Il n’y a pas d’autre remède que la solidarité face à la crise dans laquelle se trouve l’humanité. La barrière entre nous et les autres doit être surmontée. Le premier pas consiste à entamer le dialogue. Les étrangers doivent devenir des voisins.

La peur de l’étranger, de l’inconnu est instinctive et le refus du contact en est la conséquence. Les autochtones et les immigrés vivent côte à côte, pas ensemble.

Il y a entre eux la frontière invisible du silence. Dans l’histoire de l’humanité, la proximité physique et sociale a longtemps été étroitement liée. Aujourd’hui, l’altérité est devenue la règle. Le problème des sociétés modernes ne doit pas être la manière d’éliminer les étrangers mais le moyen de vivre en voisinage avec eux. On est face à une situation entièrement nouvelle: l’altérité de l’étranger n’est plus une crise d’urticaire passagère, les étrangers restent et refusent de partir, quand bien même on espère dans son for intérieur qu’ils finiront par disparaître.

Ils ne sont ni des hôtes ni des visiteurs, ils ne sont pas de vrais ennemis mais pas non plus des voisins identifiés. Ils restent étrangers parce qu’ils se soustraient au moins partiellement à la législation locale, au mode de vie local et tiennent à leur spécificité.

Ils demeurent visibles car ils affichent leur altérité, notamment avec le foulard des femmes. Comment surmonter la contradiction de cet étranger qui est chez nous mais pas l’un d’entre nous?

Il faut se représenter la situation – ou plutôt le porte-à-faux – que vit le réfugié. Il perd sa patrie parce qu’il doit la fuir, mais n’en gagne pas une nouvelle parce qu’il n’est pas un immigré. Les réfugiés sont dans un espace hors du temps, ils ne sont ni résidents ni nomades. Ils se prêtent admirablement à la stigmatisation, au rôle de ces mannequins de paille que l’on brûle symboliquement en place publique pour éliminer les forces du mal.

L’immigration incontrôlée incarne l’effondrement de l’ordre. Ces nouveaux venus, dont le déracinement n’est pas notre affaire, nous rappellent notre propre vulnérabilité, la fragilité de notre bien-être.

Comme l’écrivait Bertolt Brecht dans Paysages de l’exil, le réfugié est le messager du malheur. Il apporte devant notre porte les mauvaises nouvelles, les guerres et les tempêtes lointaines. Il nous fait voir qu’il existe des forces globales, difficiles à se représenter, qui agissent au loin mais sont assez puissantes pour affecter notre existence.

Dans la xénophobie, rend-on le messager responsable du contenu du message? Après tout, nous ne pouvons pas grand-chose contre les forces insaisissables de la globalisation?

C’est une colère détournée qui atteint le réfugié. Le bouc émissaire soulage le sentiment dérangeant et humiliant de notre impuissance et de notre insécurité existentielle. Pour les ratisseurs de voix, exploiter les peurs que déclenche l’afflux d’étrangers est une opportunité. La peur a besoin d’exutoires. La promesse de maintenir l’indésirable étranger hors des frontières est une sorte d’exorcisme: il faut chasser le fantôme horrifiant de l’incertitude.

Le politicien populiste est-il un charlatan et un chamane?

La politique s’agite dans une incertitude endémique. Ses possibilités d’action sont locales, tandis que les problèmes qu’elle doit affronter sont globaux. Dans cette transition entre phase solide et phase liquide, fugitive de la modernité, on constate un hiatus accru entre politique et pouvoir. Les forces libérées de la globalisation se soustraient au contrôle des nations. Les institutions politiques s’avèrent toujours plus inappropriées pour maîtriser les nouveaux défis. La société fragmentée n’est plus une communauté. La souveraineté territoriale de l’Etat-nation s’érode, il perd de sa compétence à résoudre les problèmes et, par là, sa fonction protectrice.

La démocratie, qui a besoin du cadre de l’Etat-nation, échoue-t-elle face à la divergence croissante entre les objectifs et les moyens d’une action efficace?

Aux yeux des citoyens, la crise de la démocratie résulte de son incapacité, effective ou supposée, à agir. L’impuissance des politiciens, leur excuse selon laquelle il n’y a pas d’alternative et qu’ils ne peuvent pas faire autrement, sont vues comme une capitulation. La séduction de l’homme fort ou de la femme forte – Donald Trump aux Etats-Unis, Marine Le Pen en France – se fonde sur leur affirmation et la promesse invérifiable qu’eux sauraient agir autrement, qu’ils incarnent l’alternative.

Annoncer qu’on va remettre de l’ordre à coups de murs, d’interdictions d’entrée et de refoulements a un indiscutable attrait…

Le nationalisme et l’affirmation de l’uniformité ethnique servent à masquer l’absence de facteurs d’intégration dans une société qui se désagrège. L’Etat-nation ne retrouvera pas son panache. Les grandes villes de la planète sont depuis longtemps les laboratoires de nouvelles sociétés mixtes. Les tensions entre mixophilie et mixophobie y sont gérées dans le pluralisme des cultures. Le repli sur soi est une échappatoire trompeuse. Les portes sont brisées, on ne peut plus les fermer. La légitimité de l’Etat-nation reposait sur trois piliers: sécurité militaire contre l’extérieur, bien-être à l’intérieur, partage d’une langue et d’une culture. Ce socle est en miettes.

Que faire pour que l’humanité ne se retrouve pas dans une guerre de tous contre tous?

Umberto Eco, un des derniers grands érudits universels, insistait sur la différence fondamentale entre migration et immigration. En politique, on mélange sans cesse les deux notions. Un gouvernement peut régler et piloter l’immigration par des lois. Les migrations, en revanche, sont un phénomène naturel incontrôlable. Elles se produisent à la manière d’un séisme ou d’un tsunami. Point. Dans les grandes villes se rassemblent des groupes issus de la diaspora sans que quiconque n’ait jamais planifié un tel processus.

Une septantaine de communautés ethniques, religieuses, idéologiques vivent à Londres. Elles ne s’assimilent pas, ou alors superficiellement, à la différence des immigrés du XIXe siècle. Les Turcs d’Allemagne veulent être des citoyens loyaux mais ils veulent aussi rester Turcs. Pourquoi? Parce qu’ils sont le produit de migrations, pas d’une immigration. Or nous faisons comme si, à l’instar de l’immigration, les migrations étaient planifiables, réglables, contrôlables par les gouvernements de Berlin, de Berne ou de Londres.

Ils échoueront donc à maîtriser ce problème global avec une politique locale. L’intégration est-elle une chimère?

Il faut l’admettre: ceux que l’on nomme avec gêne et de façon mensongère les pays en développement sont à la porte de l’Occident et vont se ménager une entrée. Comme le disait le sociologue allemand Ulrich Beck: que cela nous plaise ou non, nous vivons depuis longtemps une situation cosmopolite, avec des frontières poreuses et une interdépendance universelle. Mais ce qui nous manque, c’est la conscience cosmopolite.

Avec le Brexit, la Grande-Bretagne n’en prend pas le chemin. L’«Alleingang» paraît toujours séduire.

La fixation d’un référendum par David Cameron fut une sottise politique capitale. Cela dit, dans l’histoire de l’humanité, l’intégration et la ségrégation vont toujours ensemble: nous et les autres. Intègre-toi ou on te fiche dehors. Mais ça, c’est le passé: les «autres» sont parmi nous, où est l’ennemi? Nous devons réapprendre le b. a.-ba de l’art de l’intégration si nous entendons être à la hauteur de la situation.

Les réfugiés qui n’obtiennent pas l’asile sont parqués dans des camps miséreux.

Ils sont traités comme des déchets d’humanité. Ils ont perdu le droit de décider, de s’affirmer. Ils sont hors la loi. Ce sont des gens sans identité, sans spécificités. Pour nous, ils sont inimaginables, impensables.

En cette ère d’universalité, le besoin de se tapir dans la communauté de ceux qui nous ressemblent se renforce?

Avez-vous déjà entendu la notion de «rétrotopie»? Retrotopia sera le titre de mon prochain livre. Il y a cinq cents ans, Thomas More écrivait Utopia, «le pays de nulle part» qui n’a pas encore vu le jour. Retrotopia est également un lieu qui n’existe pas. Pas parce qu’il n’existe pas encore mais parce qu’il a existé naguère.

A la différence de l’utopie, il symbolise la nostalgie d’un passé idéalisé qu’on ne peut retrouver.

Nous rêvons d’un monde sur lequel on peut compter, un monde de la conformité. Depuis Thomas More, on a vu se former un monde moderne, optimiste, sur le chemin d’Utopia. Lorsque j’étais clairement un fan du progrès, j’étais convaincu qu’une société sans utopie serait insupportable. L’utopie est l’espérance d’une vie meilleure à l’avenir.

Et aujourd’hui, c’est l’espérance d’une vie meilleure dans le passé?

Nous vivons sans doute un immense revirement. En Europe, les jeunes n’attendent plus de bénéfices de l’avenir mais des pertes. Ils forment la première génération depuis la Seconde Guerre mondiale qui redoute de ne pas conserver ni même atteindre le niveau et la qualité de vie de leurs parents. Visiblement, la France est le pays le plus pessimiste du continent: ils sont une majorité à craindre que l’avenir ne soit pire que le passé. La fin des utopies marque aussi la fin de la modernité. Nous vivons un désastre après l’autre: crise financière, chômage, précarité, terrorisme.

L’idée de progrès promet aujourd’hui moins l’espoir de voir sa situation personnelle progresser que la peur d’être largué. C’est pourquoi nous nous tournons vers le passé tout en avançant comme des aveugles.

A quoi ressemblent vos prévisions pour l’avenir?

Malgré tous les conflits, guerres et luttes de classes durant le capitalisme précoce, nos aïeux avaient un atout: le vivre-ensemble exigeait de la solidarité. Henry Ford savait qu’il devait payer ses ouvriers convenablement pour s’assurer la réussite. Le néolibéralisme a mis unilatéralement fin à cette réciprocité. La solidarité sociale a été évincée au profit de la responsabilité individuelle. C’est désormais l’affaire de chacun de veiller à sa survie dans un monde imprévisible, même lorsqu’on n’en a pas les ressources.

Le sentiment général de précarité qui a accompagné le processus de dérégulation économique avive la méfiance de tous contre tous. Parce qu’il entraîne des changements continus, le progrès représente une menace. Chacun est pour l’autre un adversaire ou un concurrent potentiel. C’est très inquiétant.

© Der Spiegel
Traduction et adaptation gian pozzy

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Liberté Hebdo 1237: L'édito de Franck

16 Septembre 2016, 12:29pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1237: L'édito de Franck

RENFORCER L’ACTION PUBLIQUE

Notre monde est très fragile. Nous avons le choix de changer. Dans nos façons de vivre, mais aussi de vivre ensemble. La dureté des coups portés à la démocratie, la fuite en avant sécuritaire, tout pousse au repli sur soi. Se rassembler, construire, organiser sont de meilleures réponses face aux grises mines des apôtres du libéralisme débridé.

Pour la quinzième fois, les organisations syndicales et de jeunesse se sont donné rendez-vous ce jeudi 15 septembre pour montrer la détermination sans faille contre la Loi Travail, injuste. Ils en réclament l’abrogation. Qui peut faire croire au peuple que la disparition des protections assurées par le code du travail va assurer plus d’emploi pour tous ? Au contraire, c’est le retour de l’arbitraire, de la loi du plus fort.

Malgré les profits, les entreprises n’embauchent pas plus. L’exemple redoutable d’Alstom est des plus criants. Les délocalisations, la quête perpétuelle d’un bénéfice, pour les actionnai

res, toujours plus grand, n’ont guère de sens quand les commandes industrielles dépendent de la volonté pobtique, et de l’argent pubbc. L’État doit prendre ses responsabihtés dans tous les secteurs où sa responsabibté est prépondérante.

L’usage de nos impôts nous interroge d’autant plus que la fraude fiscale ne semble pas être le premier des soucis de nos gouvernants. Le « trou » de la Sécurité sociale, antienne ressassée, monstre du Loch Ness de notre système de santé, serait bien vite comblé par l’argent non versé à l’État par les entreprises et les particuhers peu citoyens qui orchestrent l’évasion fiscale. Au contraire, le service pubbc semble abandonné par pans entiers, ouvrant de véritables « marchés » aux entreprises privées. Les usagers deviennent des cbents mais ne sont pas traités comme des rois. Pour les transports, comme pour l’école, la gratuité relève d’un choix pobtique, d’une orientation budgétaire et non des volontés des

industriels et des financiers.

Chaque commande effectuée chez un équipementier, comme Bombardier ou Alstom, est une commande pubbque. Nous devons changer, mais nous devons aussi changer de dirigeants. Ce choix impérieux s’imposera à tous en 2017 pour les élections présidentielle et législatives. Faisons notre choix au regard des programmes et portons partout où nous pouvons les conditions du rassemblement, indispensable pour gagner.

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Que le one-man-show présidentiel commence !

14 Septembre 2016, 17:35pm

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Que le one-man-show présidentiel commence !

Nous voilà entrés dans le dur. Les candidats se déclarent, les petites phrases assassines fleurissent sur les écrans. On sort les plus belles chemises blanches, on fait tomber la cravate ou la veste de tailleur, teintures, coachs minceur … L’horrible spectacle de la présidentielle est lancé ! Un préalable quand même pour bien pouvoir saisir la provenance de cette ironie acide, je me contrefiche de ce scrutin. A dire vrai, j’en suis au stade d’avoir perdu la moindre illusion quant au bénéfice que nous pourrions tirer du vote. Je vous rassure je n’ai pas sombré dans le côté obscur de la force. Je ne suis pas un néo-anarchiste ou un gauchiste et sa belle petite bouille de premier de la classe. Non, je suis comme des millions de français aujourd’hui, c’est-à-dire conscient que tout ceci est une farce de mauvais goût et que le pouvoir qu’aura le prochain monarque présidentiel sera aussi important et réel que celui de télépathe que nous nous inventions dans la cour de récréation entre deux B.N. Car oui, si on sort de la virtualité médiatique, on devine que le pouvoir se situe en fait dans les gigantesques et froides salles de réunion des multinationales ou des banques, dans les couloirs d’un blanc immaculé de la commission européenne. La politique, cet art noble de la gestion de notre destinée commune, pensé, discuté, fantasmé par les grecs, puis dans tout l’empire romain et continuellement durant les siècles qui suivirent jusqu’à aujourd’hui est devenu un art confiscatoire parfaitement maîtrisé par la bourgeoisie. Bon, cela a globalement été plus ou moins toujours le cas mais je trouve une singularité géniale de nos jours qu’il est intéressant de noter. La démocratie libérale elle-même.

Alors je pourrais ici vous jeter nonchalamment mon venin à la figure et ainsi terminer ma démonstration. Mais non. Je vais vous parler d’un sale personnage de notre histoire. Une sorte de mutation sarkozysto-vallsiste du XIXe siècle. Il s’agit d’Adolphe Thiers. Si vous envisagiez, par originalité ou sens de la provocation, d’appeler votre future petite merveille gavée durant de longs mois de testostérone Adolphe, je vous conseille grandement d’éviter car il y aurait une sorte de corrélation entre ce prénom à la sonorité un peu métallique et un penchant évident pour la boucherie. Ne souriront à cette blague mal inspirée que les fins connaisseurs de l’histoire politique française ou les amateurs d’Arte et ses innombrables documentaires sur la seconde guerre mondiale. Thiers, c’est celui qui massacrera la Commune de Paris, c’est-à-dire une sorte d’embryon du socialisme réel, durant ce qu’on appellera la semaine sanglante. Pour faire court, le peuple de Paris avait fait le choix de prendre son destin en main, de pratiquer l’autogestion, de résister héroïquement à l’envahisseur prussien, obligeant même le pouvoir officiel post-empire à se réfugier à Versailles. Thiers ne se contentera donc pas seulement de mettre fin à cette hérésie révolutionnaire, il pulvérisera le peuple de Paris avec violence et acharnement. Femmes, enfants, vieillards … Tout y est passé ! Un véritable bain de sang qui a du soulager la bourgeoisie parisienne de l’époque si on en juge par la violence des écrits épistolaires qui abordaient les événements du moment, dédicace à George Sand. Cependant, ça n’est pas l’épisode de la Commune que je voulais évoquer. Thiers à la base, est un monarchiste convaincu. Il aura la responsabilité de divers ministères sous la monarchie de Juillet, il est de notoriété publique un Orléaniste jusqu’au bout des ongles. Si vous ne savez pas ce qu’est un orléaniste, google est votre ami. Bref, alors que la France sort d’une défaite humiliante contre la Prusse, que l’Empire s’est éteint avec la capture de Napoléon III à Sedan, une toute jeune République auto-proclamée sur les marches de l’hôtel de ville de Paris naquit dans la douleur. Monarchistes et républicains se déchirent le pouvoir. La France est dans une sorte de parenthèse trouble. C’est là, à la surprise générale, que notre cher Adolphe Thiers se déclare pro-républicain et devient le premier président de la IIIe République.

Alors, ce choix il ne le fait pas par romantisme ou parce qu’une lecture s’est avérée être pour lui une révélation soudaine. Comment se justifie t-il alors de ce basculement brutal ? C’est très simple, laissez le peuple choisir ses dirigeants et vous donnerez une légitimité incontestable au pouvoir. Bien évidemment, le peuple ne choisit pas les candidats, c’est là où la subtilité est incroyablement ingénieuse. Les candidats sont labellisés par la bourgeoisie. Bref le capital investit pour des candidats qui n’auront plus qu’à appliquer une politique en sa faveur. Des candidats élus par le suffrage universel. Il est bien fait le monde … Voilà comment depuis des décennies plane l’ombre de la démocratie alors qu’en réalité cette affirmation est plus que discutable, vous en conviendrez. C’est ainsi que le philosophe Jean Salem écrivit un lucide petit ouvrage intitulé la démocratie de caserne.

Alors que ce système de représentation, voilà là aussi un concept discutable car les deux assemblées qui composent le parlement sont très majoritairement peuplées par des notables (avocats, médecins, notaires, chefs d’entreprises, universitaires … ), est contesté pour son impuissance manifeste, nous assistons à la mise en place d’un nouveau dispositif. Une sorte de rustine qui tente de contrecarrer le rejet de plus en plus partagé de nos institutions par les citoyens. Cette rustine, c’est le principe de la primaire. Nous pourrions donc, à gauche comme à droite, choisir nos candidats. Les têtes-pensantes de nos grands partis démocratiques ne sont pas allées très loin pour imaginer ce mécanisme. C’est ce qui se passe aux États-Unis. Là-bas il y a un long système de primaire pour désigner le candidat à la maison blanche. Ainsi, nous avons l’illusion de ne pas avoir un candidat imposé. Celui-ci serait choisi par des milliers de citoyens qui, après avoir pu comparer le profil des différents prétendants et leurs propositions, pourront choisir celui ou celle qui leur apparaît comme étant le meilleur candidat potentiel. Une belle ruse là aussi. Les médias, les sondages et le carnet d’adresses font le tri de ces différents candidats. Durant des semaines on bâtit des courbes d’opinion, les matinales choisissent scrupuleusement leurs invités et voilà le tour est joué !

La vérité, me semble t-il, est que tout ce système est totalement cadenassé. Le changement réel et brutal auquel nous aspirons par millions, il est évident qu’il n’émanera pas de cette farce républicaine. Il est, je crois, impératif de travailler dur pour recréer de la solidarité à la base, entre-nous, de nous former, d’acquérir des savoirs, de nous doter d’une puissante organisation étrangère à toutes ces manipulations malhonnêtes et surtout de lutter. Comme le font les salariés des usines liquidées, les étudiants dans leurs universités, les élus locaux contre les expulsions locatives et les fermetures de fluides … Tant que nous ne serons pas en capacité d’établir un véritable rapport de force avec ceux qui tirent les ficelles dans l’arrière-boutique, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer. Il n’y a pourtant pas de fatalité. Ce qui divise notre société, ça n’est pas le dieu qu’on prie, la tenue vestimentaire que l’on porte, l’orientation sexuelle des uns et des autres ou la couleur de la peau ; ce qui nous divise et nous a toujours divisé, c’est de savoir si le matin je me lève pour échanger ma force de travail contre un salaire ou chercher à pouvoir le faire en cas d’inactivité professionnelle temporaire, ou bien si je me lève en étant propriétaire de l’usine, de la banque ou de ce complexe agro-alimentaire. Car pour résumer, les seconds choisissent les candidats et les premiers subissent et subiront leur politique.

Alors chers amis, je n’encourage pas à fuir les bureaux de vote bien évidemment. Pour faire avancer nos idées, nos aspirations, il nous faudra créer des candidatures et avoir des portes-voix. Mais enfin, j’aurais plus d’enthousiasme à aider des salariés à occuper les usines, à prendre la rue pour exiger de vastes nationalisations et un nouveau régime politique véritablement démocratique … Bref, contrairement à d’autres je crois toujours en la révolution et je crois toujours qu’elle est le seul vecteur réel du changement. La révolution citoyenne, cela fait trembler les cadres moyens au régime sans gluten et qui vont au boulot à vélo. En attendant, je continuerai à exiger une candidature communiste pour 2017. Je n’aurais au moins pas à me pincer le nez pour faire glisser l’enveloppe dans l’urne.

Guillaume Sayon

 

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Liberté Hebdo 1236: L'édito de Franck

9 Septembre 2016, 15:59pm

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Liberté Hebdo 1236: L'édito de Franck

TROIS JOURS POUR VOIR LE MONDE AUTREMENT

La Fête de l’Humanité est le grand événement de rentrée pour les lecteurs et défenseurs du journal, les communistes et les progressistes, pour les jeunes et les amateurs de musique, pour tous les amoureux de la vie.

Concerts, débats, stands régionaux.... Du Village du monde à celui du livre, sur la scène des Pays du Nord et de Picardie, pendant trois jours, des centaines de milliers de personnes vont pouvoir échanger, fraterniser, débattre, construire des liens, faire des rencontres exceptionnelles.

L’Humanité, comme votre journal préféré, n’existerait pas si le monde était parfait. L’avenir est à construire. Les journaux indépendants sont de moins en moins nombreux. La bataille pour survivre est âpre et sans pitié. Face aux mastodontes médiatiques contrôlés par les industriels et les financiers, l’espace se resserre sans cesse pour qui veut faire entendre une autre musique que le prêt-à-penser.

Plus que jamais, la place que nous tenons est primordiale pour faire vivre les idées de progrès.

Frêle esquif, nous faisons néanmoins face à la tempête. Un vent mauvais flotte en permanence sur l’information.

L’haleine des chiens de garde, leurs aboiements rageurs nous poussent encore et encore à maintenir le cap. Plus que jamais. La force des idées repose sur la volonté des hommes à les diffuser et les mettre en oeuvre. Il faut de l’énergie pour combattre la pensée unique et un ordre moral de plus en plus insistants.

La Fête de l’Humanité rassemble toutes les énergies, toutes les étincelles dispersées dans le monde. Et met en lumière pour trois jours les affrontements, les crises mais aussi les espoirs, les victoires, et tous les chemins possibles pour parvenir à faire basculer ce vieux monde.

Pour promouvoir la paix, avant tout, dans les régions les plus exposés. Là aussi, l’Humanité donne une large place aux opprimés, défenseurs d’un monde plus juste, aux porteurs de paix en Palestine, en Syrie ou ailleurs.

L’événement dans la fête sera aussi la présentation du livre « Sans domicile fisc », d’Alain et Eric Bocquet (lire en pages 4 et 5). Un véritable coup de gourdin sur la tête de la finance à lire de toute urgence.

Des combats contre la Loi Travail il sera bien entendu question.

La détermination et la volonté de rassembler sont toujours à l’œuvre. Avec Jean-Claude Mailly, Force Ouvrière sera pour la première fois présent officiellement pour débattre des combats à mener. Un vrai symbole. A quelques jours de la manifestation du 15 septembre, la fête est le lieu idéal pour repartir gonflé à bloc.

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Liberté Hebdo 1235: L'édito de Franck

2 Septembre 2016, 20:24pm

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Liberté Hebdo 1235: L'édito de Franck

LA MACROKINITHÉRAPIE

Le décervelage est une opération coutumière. Pour vous vendre à répétition certains journaux, pour vous garder devant votre écran, votre présence assurant l’audimat justifiant le tarif des pubs encadrant « les informations » que vous regardez. Et quelles informations ? Au service de qui ?

Vous l’avez entendu, lu, vu...

Impossible de ne pas savoir qu’Emmanuel Macron, est « En Marche ! », n’est pas socialiste, est prêt pour le poste de président, n’est pas fâché avec Hollande, est soutenu par Gattaz (fils), patron du Medef - ou plutôt héritier du CNPF de papa -, on en oublie sûrement à son sujet...

En fait oublions-le !

Il sera difficile par contre d’effacer de notre quotidien les effets néfastes de la loi qui porte son nom, et des dégâts causés à la structure même de notre République par ses sbires et lui lors de son passage au gouvernement.

Le Tafta, traité de libre-échange transatlantique, prend l’eau. Ceux qui n’en parlaient pas avant jurent maintenant devant Dieu, pardon, devant les téléspectateurs que c’est une bonne chose. `

A part peut-être Guillaume Roquette, éditorialiste au Figaro, qui en bon héritier (aussi) pleure sur les conséquences de la fermeture des frontières...

Et des bénéfices manqués des groupes industriels et financiers qui soutiennent son journal. Sans surprise, ceux qui ont toujours dénoncé ce projet antidémocratique ne sont pas sollicités, ni même cités par les médias dominants.

A l’instar de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen, qui a été le premier à dénoncer ce projet, à en donner lecture à tous (1), alors que les pseudo négociateurs réclamaient un silence total sur les clauses de ce futur traité...

Comment ne pas évoquer non plus les hoquets des médias sur les fantasmes burkinesques...

Une manière de faire oublier leurs soucis à la majorité des français qui n’ont pas pu, faute de moyens, partir durant leurs congés cette année ?

En matière d’exemplarité, la journée à Malo,

organisée par le Parti communiste du Nord (lire pages 6 et 7), prouve que la volonté trouve toujours un chemin. Un soleil radieux a accueilli les participants, qui pour la plupart n’eurent pas d’autre occasion pour voir la plage cet été.

Là aussi, le traitement médiatique n’a pas été à la hauteur des enjeux pohtiques de cet événement. Nous le déplorons. Mais ne nous étonnons pas.

C’est pour cette raison que Liberté Hebdo existe !

Et aussi pour poser les questions que les autres médias n’osent pas poser et diffuser les informations utiles au progrès humain, utiles à ceux qui luttent pour un monde meilleur.

C’est notre thérapie contre le décervelage. Nous ne devons pas l'oublier.

(1) « Dracula contre les peuples ; le grand marché transatlantique », Patrick Le Hyaric, Éditions L’Humanité, 8 €

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De quoi le burkini est-il le nom ?

27 Août 2016, 07:26am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

De quoi le burkini est-il le nom ?

Je ne prends pas ici la plume, en cette rentrée maussade, pour ne pas dire plongée toute crue dans les eaux bouillantes de la tétanie collective, celle qui nous paralyse quand l’histoire balbutie et dévale brutalement l’espérance et l’humanité heureuse, pour souiller à mon tour l’intelligence. Je ne parlerai pas ici du burkini ou de toute autre absurdité qui vient définitivement ôter aux honnêtes gens l’espoir que la transformation viendra du monde présent. Comment y croire quand le sinistre et vulgaire vautour de la droite affairiste plane de nouveau dans les cieux médiatiques pour concourir à l’intronisation suprême. Comment y croire quand on peut oser porter la dégressivité des allocations chômage alors que le couperet est déjà tombé. N’être plus rien aux yeux des autres. Sentir les regards pesants, vivre chaque heure avec le poids de l’inutilité dont on se convainc avec la force d’un ecclésiastique. Comment pourront accepter les 2000 salariés d’Air France arbitrairement mis à contribution pour dégraisser le mammouth une telle violence alors même que leur patron s’est considérablement augmenté et que le groupe fait d’importants bénéfices. Une sorte de double peine. Est-ce là le monde que nous acceptons de vivre définitivement ?

Est-ce que l’avenir, notre avenir, va se résumer à faire disparaître les nuisibles, les autres. Celui qui ne travaille pas, celui qui est étranger dans son pays, celui qui se bat et qui n’est coupable que de cela ? N’y a t-il donc plus que de timides et rares rages au cœur et au vente ? Notre siècle est-il celui du silence complice ? Rester immobile, s’indigner mollement dans sa cuisine le temps de la cuisson des pâtes ? Sans doute est-il trop simple de crier son indignation, de donner des leçons de courage. Je ne subis pas la fatigue qui vous écrase jour après jour comme un mégot dans le caniveau. Bosser toujours plus fort, toujours plus vite, rentrer, se laver, manger et se coucher et recommencer encore et encore. Même si j’ai connu quelques nuits muettes à me demander comment finir le mois, je n’ai jamais eu à endurer l’horrible questionnement qui consiste à savoir si j’allais pouvoir continuer à nourrir les enfants. Des millions de personnes se posent ces questions sans cesse. Alors ils veulent pouvoir s’évader, ils voudraient pouvoir dormir et ainsi rêver, mais non. Le rêve est un luxe. Même cela la bourgeoisie le confisque. Alors franchement, parler d’un bout de tissu sur une plage, qu’est ce que cela peut-il bien vouloir signifier dans ces petits appartements qui se chevauchent en dévorant faussement le ciel, dans ces pavillons de banlieue qui se ressemblent à en avoir le tournis ?

L’ouvrier de l’usine Renault qui pointe à la fin de sa journée, grignoté sournoisement et imperturbablement par les douleurs articulaires et la lassitude de ce travail idiot, visser, tapis, visser, tapis, visser, tapis … Que peut-il bien en penser du Burkini ? Il se trouvera sans doute un journaliste véreux qui pointera son micro vers un des gars pour savoir. Alors lui et sa fatigue, lui qui ne vote plus depuis des années, il dira ce qu’on lui souffle à l’oreille. Il dira exactement ce que la bourgeoisie veut qu’il dise. Mais lui s’en fiche comme de la chemise de ce DRH à Air France. Lui il a déjà imaginé égorger son patron, ou alors le mettre sur le tapis de la chaîne et lui visser de longues tiges de métal partout dans le corps. Une chemise c’est petit joueur ! C’est violent, malsain ? Non chers amis, pas du tout. Ce qui est malsain c’est d’évoquer le burkini quand les hommes en sont réduits à cette violence sourde, cancérigène. Tout le monde s’en fout de cette réalité là. Tout le monde s’en fout de cette violence ! Mais il faut manger malgré l’écœurement. Du matin jusqu’au soir, en boucle, à toutes les chaînes, sur toutes les pages. Mais surtout il ne doit pas oublier, il faut voter et bien voter.

C’est ainsi que je suis communiste. Attention, un vrai de vrai, je ne fais pas semblant. Je suis fils d’ouvrier, petit fils d’un mineur immigré, j’habite le nord de la France. Je suis comme monsieur et madame tout le monde. Je suis cerné par la violence, par cette haine mal digérée qui n’arrive plus à se contenir. Alors, à ma façon, je tente de l’apaiser cette haine et j’essaye de contribuer à ouvrir une perspective. Pas des jérémiades de communicants ou des postures rebelles. Pas tel un frondeur ou comme un simple électron libre de la gauche gentiment baptisée critique. Non je crois au renversement brutal, je crois en la possibilité de créer de l’ordre dans le chaos, parler, convaincre, s’organiser méthodiquement. Encore une fois, ne pas parler pour ne rien dire. Ne pas brandir de vieilles lunes éteintes. Non parler de la vie, la vraie et rendre possible ce qui ne l’est pas. S’approprier collectivement son usine, son champs, son bureau, avoir une maîtrise publique et collective du crédit, réaffirmer la nation autour d’un faisceau de valeurs renouvelées. Se partager goulûment la culture, le savoir, le temps. Dynamiter le règne de l’argent et réduire au silence et à la diète la plus stricte, les paltoquets qui se sont engraissés comme des porcs pendant que le monde crevait à leurs pieds. Espérer frôler le bonheur commun. Moi j’appelle cela le socialisme. Appelez-le comme bon vous semble. C’est de cela et de cela seulement, dont nous devons, sans jamais nous arrêter, parler. Il doit être un songe qu’on murmure à l’oreille, dans chaque foyer opprimé, celui capable de lever une armée qui, pour paraphraser le grand Robespierre, aura la force de mener à bien le plus sacré et le plus indispensable des devoirs, l’insurrection.

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1234: L'édito de Franck

26 Août 2016, 17:12pm

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Liberté Hebdo 1234: L'édito de Franck

UN ETE MEUTRIER

La canicule qui touche exceptionnellement notre région a tendance à faire oublier aux commentateurs que nous sommes loin d’avoir vécu un bel été.

Les attentats du mois de juillet à Nice ou à Saint-Étienne-du-Rouvray marquent un tournant dans notre vie. Les vies brisées des victimes, de leurs familles et de leurs proches laissent une marque indélébile dans l’histoire. Tout comme l’attentat-suicide visant un mariage en Turquie, ces effroyables et terribles procédés ne doivent pas nous éloigner de nos idéaux de paix, de solidarité et de fraternité.

Les agitateurs extrémistes secouent par de petites phrases malsaines le champ médiatique faisant émerger une vase brune.

Chaque incident est monté en épingle. Une rixe sur une plage en Corse a fait couler beaucoup d’encre, et encore trop de sang, avant que la réalité n’impose le silence à tous.

A chaque événement, ses petites phrases. Toutes plus perfides, nauséeuses et opportunistes que jamais.

L’appel à la raison doit être relayé par tous les élus de gauche, comme de droite. Que la droite républicaine prône la fermeté, l’intransigeance, c’est dans sa nature. Mais quand elle glisse ostensiblement vers des thèses sécuritaires, habituellement l’apanage des fascistes, pour des questions électoralistes, l’équilibre de notre démocratie est bien perturbé.

Nicolas Sarkozy, roi de la récupération et amnésique de ses erreurs, en profite même pour tenter de se remettre en selle. Comme si la boue pouvait lui servir de marchepied pour atteindre les étriers !

La course aux candidats pour les élections présidentielles fait rage. Alors que pour bon nombre de nos lecteurs, chaque fin de mois est synonyme de plus en plus d’ingéniosité pour faire bouillir la marmite.

Pour beaucoup, il n’a pas été question de vacances. Et dans bien des entreprises, la lutte n’a pas fait relâche non plus.

Malgré des annonces hâtives de François Hollande sur les chiffres du chômage, l’emploi est la préoccupation majeure des habitants de notre région.

L’enjeu est de bâtir le plus grand rassemblement possible pour construire la perspective d’un changement de politique.

Un changement basé sur des valeurs de paix, de progrès, d’humanité.

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Liberté Hebdo 1230: L'édito de Franck

30 Juillet 2016, 07:52am

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Liberté Hebdo 1230: L'édito de Franck

MA FRANCE SOUFFRE

Pendant la guerre des chapelles,les crimes continuent. Les polémiques stériles de Nice tournent en bouclent sur les chaînes d’infos en continu quand tombe l’information d’un nouveau crime perpétré cette fois-ci dans une église, celle de Saint-Etienne-du-Rouvray (76).

Un prêtre égorgé et un fidèle grièvement blessé. Tous les responsables religieux, toutes religions confondues, ont unanimement condamné cet acte qui n’a rien avoir avec la foi.Nous retiendrons l’image,et les paroles,dignes,humaines, d’Hubert Wulfranc, maire (PCF) et conseiller départemental.

«Soyons ensemble,les derniers à pleurer.

Soyons ensemble,debout contre la barbarie et dans le respect de tous » a-t-il demandé à la fin de sa déclaration le jour de l’assassinat .Sa voix, son visage, chargés d’émotion et de peine sont ceux d’un élu de la République,d’un homme,confronté à l’horreur. Les auteurs des faits sont morts.

Photos et noms circulent. Tous les bouts de vie de ces jeunes monstrueux sont décortiqués dans les médias sans qu’aucun de ces éléments ne servent vraiment à trouver une solution au problème.

Il semble que notre génération paie le prix fort d’un abandon politique lointain. Un abandon qui a placé tous les secteurs de la fonction publique dans une situation critique dont les conséquences sont aujourd’hui très perceptibles, à défaut d’avoir pu être prévisibles. Quoi que.... Nous sommes convaincus que la priorité est de renforcer les liens républicains. En commençant par donner aux services publics les moyens de fonctionner.

A chaque nouveau drame,un dysfonctionnement apparaît et les causes ne sont jamais examinées à la loupe.

Quand un JeanClaude Gaudin, maire de Marseille, s’en prend à Christiane Taubira sur les bracelets électroniques, il reste dans la bassesse de l’attaque politicienne et des petites phrases qui coûtent déjà bien cher à l’adjoint à la sécurité de Nice, Christian Estrosi.

Ces élus de droite pensent récupérer sur ces drames les voix qu’ils ont perdues.

Ils comptent déjà 2017.

Il existe une jeunesse en France sensible aux sirènes nauséabondes. Parce que les liens sont rompus avec la nation. Parceque l’accumulation de « réformes », de baisse de budgets, laisse des gens démunis face à la crise et à la misère.

Voilà l’ennemi, la misère.

Celle qu’on a laissé se développer et qui sert de terreauaux opportunistes de tout poil, du fascisme au radicalisme religieux, qui se fournit parfois en armes grâce aux mêmes réseaux. Aujourd’hui, l’urgence pour tous les citoyens est celle du retour de la sécurité.

Mais ça ne suffira pas. La disparition du service national, supprimé par Jacques Chirac, la réforme des services de police, puis de services de renseignements, menée parNicolas Sarkozy,la réforme du système de justice menée tambour battant sur ordre de Sarkozy, par Rachida Dati, la révision générale des politiques publiques lancée en 2007 par Nicolas Sarkozy, avec le non-remplacement des départs en retraite,…

La liste est longue des effractions commises dans notre belle République ,fragilisant dans de multiples secteurs le fonctionnement des services publics. Les privatisations des grands secteurs comme la télécommunication, la poste, l’énergie, Air France, ... ont bouleversé l’équilibre social bien plus sournoisement que nous le déplorions.

Tout comme notre politique extérieure, qui nous fait passer aux yeux des habitants de Syrie et d’Irak pour des agresseurs. Tant que nous ne traiterons pas les blessures de notre société, nous aurons des difficultés à contenir les haines que Daech veut faire s’exprimer sur notre territoire.

N’oublions pas que chaque attentat révèle une faille de notre société. Un nouvel empilement de textes sécuritaires ne résoudrait rien. La priorité est de redonner à la République toute sa capacité d’action pour tous les citoyens,ruraux ou urbains, jeunes ou vieux, sans distinction de religion, ni d’origine.

Chaque Français doit pouvoir sentir la force du collectif. Ensemble, pour la paix.

 

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Liberté Hebdo 1229: L'édito de Franck

22 Juillet 2016, 17:57pm

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Liberté Hebdo 1229: L'édito de Franck

L’EFFROI ET LA COLÈRE

En pleine fête nationale, la mort a pris le volant d’un camion pour faire un maximum de victimes innocentes au moment le plus inattendu.

Après Paris, Bruxelles, voilà Nice qui rejoint la triste liste des villes européennes touchées par le terrorisme issu de l’islamisme radical. Un terrorisme vil, sournois, corrompu, aux formes de plus en plus floues.

A chaque fois, les porteurs de morts sont de jeunes hommes déclassés, peu scrupuleux dans leur vie et sur lesquelles une conversion brutale, tombée du ciel, entraîne une issue fatale, redoutablement destructrice pour les autres. Comment connaître les motivations profondes qui poussent les auteurs de ces crimes au passage à l’acte ? La religion n’est qu’un prétexte, un exutoire.

Les croyants, toutes religions confondues, sont extrêmement choqués.

Dans le tonnerre de déclarations qui a suivi ces crimes atroces, on relèvera, car il est tombé bien bas, le cas Estrosi. L’actuel président du Conseil régional PACA a oublié ses déclarations de maire et s’est vautré le soir-même dans une tentative de récupération politique de la plus basse manière. Des centaines de caméras de surveillance équipent la ville de Nice. Après les meurtres de masse commis par les frères Kouachi en janvier 2015, l’édile niçois prétendait qu’avec ses caméras, un tel attentat ne pouvait avoir lieu dans sa ville.

On se demande encore pourquoi les habitants lui en ont donné les clés…

Dans le même temps, en Turquie, Le président Erdogan a engagé une répression effroyable envers tous ses opposants à la suite de l’échec du coup d’État mené par les militaires.

C’est un nouveau sujet d’inquiétudes pour l’ensemble des minorités, principalement kurdes, du pays, mais aussi pour l’ensemble des démocraties européennes.

Quand dans notre pays se dresse tout un arsenal illusoire de mesures sécuritaires au prétexte du dernier attentat, alors le gouvernement ne résiste pas à imposer la réforme du Code du Travail à grands coups de 49-3, les citoyens que nous sommes ont toutes les raisons d’être inquiets pour l’avenir.

En tout cas, les opposants à la Loi Travail ne désarment pas.

C’est un signal encourageant pour les semaines à venir.

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Le remède à l’impuissance politique : le socialisme

20 Juillet 2016, 05:45am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Vous en conviendrez avec moi chers lecteurs, les progressistes que nous sommes attendions désespérément les premières chaleurs estivales synonymes de quelques jours de repos bien mérités. Traditionnellement l’été laisse un peu la politique tranquille et nous pouvons avec délice nous plonger dans quelques romans mis en attente depuis des mois, nous pouvons courir la route et la terre pour nous ressourcer loin du foyer, des petites habitudes si éreintantes. Pourtant, il semblerait que cette trêve ne veuille pas pointer le bout de son nez cette année. L’horrible carnage niçois, le coup d’État à Ankara, avant cela le Brexit, les ultimes mobilisations contre la loi travail avant une reprise en fanfare à la rentrée. D’autres événements sont moins connus et pourtant ils vont peser dans l’avenir, je pense au sommet de l’OTAN, le bras armé de l’imperium états-unien, qui s’est tenu à Varsovie les 8 et 9 juillet. D’ici 2020 un vaste bouclier antimissile financé à coup de centaines de millions de dollars sera opérationnel en Europe, l’installation d’un système antimissile en Corée du Sud inquiète beaucoup au Kremlin et pour cause … La Russie est de nouveau désigné comme un ennemi potentiel et les États-Unis, en accord avec Paris, Londres et Berlin s’apprête à renforcer les moyens techniques et humains pour faire la guerre. Bref l’Europe accepte servilement les délires de domination de Washington. Sans jouer les corbeaux de malheur, les conclusions de ce sommet font froid dans le dos. Sans doute faut-il lucidement s’attendre au pire. Nos États européens, si prompt à détruire leurs modèles sociaux et à pressurer les salaires, s’engagent à considérablement renforcer leurs dépenses militaires. Tout cela incarne à merveille la folie dévastatrice de ceux qui nous gouvernent. Plus encore, de ceux qui dirigent notre pauvre monde, héritiers des bourreaux du siècle dernier.

C’est justement pour cette raison que le communisme doit plus que jamais refaire surface. Il ne s’agit pas de simples délires ou d’une passion malsaine de la bourgeoisie pour le sang et les charniers. Les quelques maîtres de ce capitalisme enraciné aujourd’hui dans les logiques impérialistes se mènent une guerre qui ne connaîtra pas de fin, sauf si les peuples les dépossèdent de leurs outils. Il est aujourd’hui criminel de vouloir faire muter le mouvement révolutionnaire en une risible et fade copie de lui-même. Hier nous nous inspirions de nos camarades cubains, à la fois héroïques et constants dans leur combat contre le belliciste voisin américain. Hier nous dénoncions la trahison d’une vaste partie du mouvement socialise allemand, l’erreur historique du PCI qui s’est fourvoyé dans le fantasme du réformisme. Aujourd’hui nous voilà les amis de Tsipras qui, il y a tout juste un an, trahissait en 24 heures le peuple qu’il avait pourtant appelé à la résistance via un référendum historique.

Depuis nous réitérons les erreurs d’analyse et vendons notre amitié à la social-traîtrise. Peu importe que l’on me pense fiévreux ou nostalgique, les siècles passent, les technologies progressent mais les logiques qui guident le monde demeurent irrémédiablement les mêmes. C’est la nature du capitalisme qui est ainsi faite. Le jeune philosophe marxiste italien Diego Fusaro, le rappelle dans une courte vidéo que je vous conseille grandement (ici). Le capitalisme comme métaphysique de l’illimité. C’est là la clé de compréhension essentielle à avoir à l’esprit. L’humanité court à sa propre perte pour cette raison. Dans « Le Capital », Marx a eu cette formule limpide : « Rien qui ne devienne vénal, qui ne se fasse vendre et acheter ! La circulation devient la grande cornue sociale où tout se précipite pour en sortir transformé en cristal monnaie. Rien ne résiste à cette alchimie, pas même les os des saints et encore moins des choses sacro-saintes, plus délicates ». C’est bel et bien le cœur du problème. L’instinct de prédation, de captation, d’accumulation du capital. Cela en totale contradiction avec l’aspiration de l’immense masse de ceux qui n’ont pas droit au partage, la classe laborieuse.

Mon inquiétude est que cette base philosophique, qui devrait être le cœur de notre pensée comme le noyau l’est pour l’atome, semble totalement proscrite et oubliée. Nous sommes tombés dans le piège qui consiste à penser le capitalisme comme un horizon indépassable, la fameuse théorie de la fin de l’histoire. C’est aussi, et pardon de devoir de nouveau égratigner les mélenchonistes chevronnés, la limite du très vendeur éco-socialisme. Oui la planète est en danger et notre civilisation avec. Les signes de l’extinction de notre ère commencent à se faire sentir. L’illimité c’est vouloir tout transformer, produire à grande échelle et ce à n’importe quel prix. Raréfaction des ressources, destruction de l’écosystème, pollutions de l’air et de l’eau. Cependant, ne pas poser comme règle imprescriptible la transformation de l’outil de production dans l’optique d’ériger le socialisme consiste, une nouvelle fois encore, à tromper le peuple. C’est pourtant, n’ayons pas peur de le dire, la survie de l’humanité qui est en jeu. Derrière la rhétorique et les formules clinquantes, Mélenchon ne propose rien d’autre que quelques ajustements. C’est dans la même verve que l’hérésie Piketty. On ne peut combattre le capitalisme avec ses propres armes, c’est au moins un enseignement positif que l’histoire nous lègue. Si le PCF était à la hauteur de la mission qu’on est en droit d’attendre de lui dans ce clair-obscur gramscien, Mélenchon passerait en réalité pour ce qu’il est, un honnête et tranquille keynésien, pas si féroce que cela pour les puissants. Ils ont été utiles en leur temps les keynésiens. Assurer la paix sociale dans un intervalle de grande prospérité et alors que le mouvement ouvrier était fortement organisé. Cependant, je doute que l’heure est à imaginer avoir recours à cette douce et cruelle illusion dans les années à venir. Pour autant, quelques heures d’audimat permettent de neutraliser toute tentative d’organisation de ce qui reste du mouvement communiste en France.

C’est une lutte de chaque instant pour ne pas céder au chant des sirènes du fatalisme, pour ne pas désespérer de notre temps. Cependant, même si l’on déteste la tragédie et sa pompeuse destinée, force est de constater que l’on se sent presque investi d’une mission. Faire vivre ou plutôt survivre l’essence de la seule et possible alternative à tout cela, le socialisme. C’est beaucoup de travail et d’abnégation. C’est avoir un sens aigu du sacrifice. Mais comme l’écrivait si merveilleusement bien Aragon, « s’il donne sa vie, comme soixante-quinze mille des nôtres l’ont fait devant les fusils des pelotons d’exécution allemands, et de bien d’autres manières, sa récompense est que les siens, que les Français, les hommes de son peuple, de sa nation, grâce à ce sacrifice, seront un tout petit peu plus près du bonheur que s’il n’avait pas accepté le martyre. La récompense pour le communiste est affaire de l’espèce humaine et non de l’individu. La croyance au progrès, au progrès indéfini et infini de l’homme, en la montée de l’humanité vers un soleil que, lui, ne verra point mais dont il aura préparé obscurément l’aurore, voilà ce qui anime et soutient le communiste, voilà l’idéal du communiste ».

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1227: L'édito de Franck

7 Juillet 2016, 15:47pm

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Liberté Hebdo 1227: L'édito de Franck

LE GOUVERNEMENT A CHOISI LE PIRE

Il a encore manqué deux signatures pour qu’une motion de censure soit opposée au projet de loi Travail à l’Assemblée Nationale.

Manuel Valls s’est servi du 49.3 pour faire passer le texte. Encore une fois, les représentants de la Nation ont été privés de débats.

Seules les députés du Front de Gauche, et principalement les communistes, ont tenu tête jusqu’au bout à ce qui restera dans l'histoire une infamie.

Quel héritage veulent-ils laisser à leurs enfants ?

Dans les petites entreprises, comme dans les groupes internationaux, les interrogations demeurent sur les applications qui vont être faites de cette « réforme ». Les salariés vont prendre de plein fouet les exigences patronales. Et, quoi qu’en disent les apôtres du « dialogue social », seul le rapport de forces permettra d’amoindrir les conséquences.

Malgré les contorsions et les déclarations alambiquées du Premier ministre et des membres du gouvernement, rien ne justifiait un tel recul social. Alors que l’immense majorité des Français est hostile à la loi El Khomri, le passage en force, véritable déni de démocratie, a été la règle tout au long de ces plus de quatre mois de crise et de luttes.

Voilà une plaie irrémédiablement ouverte à gauche. Ou plutôt, une partie de la gauche s’est coupée des courants historiques et philosophiques, définitivement. Comme une amputation.

Le choc est terrible pour bien des militants socialistes. La pilule ne passe pas. A moins d’un an des élections présidentielles, le choix porte en lui le germe d’une défaite inédite de la gauche, de toute la gauche.

Car, ne nous berçons pas d’illusions purificatrices, personne n’est assez fort aujourd’hui pour convaincre la majorité des Français de voter pour le candidat de gauche le mieux placé au premier tour.

Personne. Une recomposition s’impose. Et l’ex- trême-droite, toujours en embuscade, ne manquera pas d’en récolter les fruits.

En attendant, ce sont les chômeurs, les étudiants, les salariés, les retraités qui une fois de plus vont être confrontés à des difficultés.

La nécessité de s’organiser doit prévaloir, pour mieux construire le rapport de forces là où c’est nécessaire, dans les entreprises, dans les administrations, mais aussi dans l’espace public face à un pouvoir politique sourd, aveugle et sans état d’âme. Il n’y a pas d’alternative à gauche si l’éparpillement des voix et des groupuscules demeure.

Il ne s’agit pas de rallier une bannière. Mais, avant tout, de construire, de renforcer, de dynamiser les forces existantes, cohérentes et déterminées encore à poursuivre le combat pour un monde plus juste, imprégné des valeurs républicaines pour plus de justice sociale.

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L’impossible refondation de l’Europe !

6 Juillet 2016, 16:21pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

L’impossible refondation de l’Europe !

Quelques jours après le vote historique des britanniques et alors que l’effervescence est maintenant retombée, que la City ronronne de nouveau comme une vieille mécanique bien huilée, la question européenne demeure pourtant une préoccupation majeure du débat public. La loi travail que des milliers de salariés continuent de combattre encore aujourd’hui n’est-elle pas une recommandation forcée de Bruxelles sous peine de subir des sanctions financières ? La même loi travail qui a été adoptée dans les pays de l’Europe du sud avec les résultats que l’on sait. Bref, l’Europe est partout, elle s’insinue comme le venin dans tout ce qui touche de près comme de loin à de la déréglementation et à une forme d’autoritarisme outrancier clouant les peuples au pilori du marché tout puissant. Dans la valse à mille temps, si belle chez Brel et si détestable dans les salons feutrés des multinationales, où l’on mène activement le partage et le repartage du monde, l’Europe est sans doute l’une des plus brillantes inventions de la petite bourgeoisie aux ordres. Disparition de la souveraineté populaire, structure technocratique dépassant les clivages et les frontières, fascisme économique et sa nuée de soldats au garde à vous, eux qui se disputent la crétinerie à la lubricité sordide. Des porcs, aussi répugnants que ceux que l’on entasse dans les élevages hors sols scandaleusement subventionnés par l’Europe productiviste. Les peuples commencent à perdre l’appétit et on les comprend …

Les tenanciers de ce gourbi infâme ont sans doute pris à la lettre le mot si puissant de Brecht, « puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ». Moi j’aime une autre citation de Brecht, « il faut chasser la bêtise parce qu’elle rend bête ceux qui la rencontre ». Un exemple au hasard pour faire venir l’imagerie, prôner la refondation de l’Europe parce qu’on s’est trop pris au jeu. Ne pas faire le lien entre la lutte des classes, entre la bataille pour la destruction du capitalisme et l’étape indispensable qui consiste à dynamiter ce carcan des peuples. Quelle surprise d’ailleurs, de retrouver nos communistes translucides à la manœuvre dans cet argumentaire bidon de la refondation et de son euro de gauche, aussi pertinent que la ligne Maginot comme le disait amusé le vilain méchant Emmanuel Todd dans une récente conférence, dans la liste des signataires de l’appel lancé par une partie de la CGT cadres et relayé par le JDD (lien), qui ne voient la solution dans la bataille contre la loi travail que dans le dialogue apaisé avec le gouvernement. Il ne faudrait pas que le peuple en colère aille trop loin. Faut pas déconner ! Le compromis, il n’y a que ça de vrai c’est bien connu ! Jaurès est plus vendeur que Lénine n’est-ce pas !

Je vous entends, des noms, des noms ! Denis Durand, Frédéric Boccara, Jean-Luc Gibelin. La fine fleur du réformisme rouge à la baguette, ceux qui dirigent le pôle économique de la direction du PCF, les têtes pensantes de Pierre Laurent et de ses proches. Je suis fatigué de me battre dans mon parti, fatigué de devoir pointer les renoncements là où ils ne devraient pas exister. Fatigué d’essuyer la moquerie, les caricatures insidieuses. Bon sang vous êtes dans l’erreur, vous multipliez les fautes et aujourd’hui le PCF est en voie de disparition alors que plus que jamais les travailleurs et toutes celles et ceux qui subissent l’exploitation ont besoin de nous. Ouvrez les yeux ! Tsipras s’est lamentablement vendu il ne peut pas être un modèle de lutte et de progrès. Podémos est promis au même avenir. Un peu de dialectique et de lucidité ! Mais non, tout va bien madame la marquise ! Il a fallu aller lire un frondeur, dans l’Humanité évidemment, pour voir apparaître le lien entre le vote britannique et la notion de vote de classe. L’absurdité n’a pas de frontière et elle n’épargne malheureusement personne ! Cette accélération évidente de l’histoire a au moins le mérite de la clarté. Elle permet de faire le tri en faisant sortir du bois ceux qui avançaient jusque-là masqués. Que ceux qui ne croient plus au communisme laissent le parti aux communistes ! Qu’ils se rassurent, on se débrouillera très bien sans eux.

Pour me faire moins romantique et revenir dans le vif du sujet, pourquoi cette Europe n’est pas réformable ? C’est écrit noir sur blanc. Pas directement bien entendu, on sait se tenir quand même dans le grand monde. Il y a une chose que l’on fait trop peu et pourtant c’est le travail de base. Lire la prose européenne, lire les traités. C’est véritablement et indéniablement instructif. Ainsi je vous invite, si comme moi vous êtes un peu fou et que l’aventure ne vous fait pas peur, à lire l’article 48 du traité de Lisbonne. L’article 48, c’est l’article qui fixe la révision des règles et des cadres fixés par ces mêmes traités. On peut lancer une procédure de modification des traités.C’est prévu dans cet article. Mauvaises langues qui disent que l’Europe n’est pas démocratique. Alors je vous résume la procédure. « Le gouvernement de tout État membre, le Parlement européen ou la Commission peut soumettre au Conseil des projets tendant à la révision des traités. Ces projets peuvent, entre autres, tendre à accroître ou à réduire les compétences attribuées à l’Union dans les traités. Ces projets sont transmis par le Conseil au Conseil européen et notifiés aux parlements nationaux ». C’est l’étape préalable. Ensuite il y a un long cheminement technique où le conseil européen consulte le parlement européen et la commission européenne pour ensuite aller vers la convocation d’une conférence où siègent des représentants des États membres, éventuellement de la BCE. Cela seulement en cas d’approbation de l’idée qu’il est utile de convoquer cette conférence. Mais surtout les alinéas qui suivent sont les plus importants. « Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives ». Tous les États membres, y compris l’Allemagne et son arrière cour récréative pour le capital allemand, les pays de l’Europe de l’est. C’est un peu le même sort que celui réservé aux résolutions successives à l’ONU pour la reconnaissance d’un État palestinien. Le veto américain suffit pour la rendre caduc. Dans le cas présent c’est l’Allemagne.

Alors je veux bien que l’on continue à vouloir détourner le peuple d’enjeux qui nous dépassent, mais il me semble que la farce a suffisamment duré. Cette Europe est tout simplement irréformable ! Il ne sera ni question d’Europe sociale, ni question de l’Europe de la paix et de la coopération. Ou alors faudra t-il se reconvertir dans les contes pour enfant. Nous devrions plutôt batailler pour exiger un référendum français sur l’Europe qui fait si peur à Alain Juppé et de fait à toute la bourgeoisie. Le danger terrifiant, c’est que nous laissons cette bataille à l’extrême-droite qui a bien compris qu’il s’agit là d’un enjeu qui dominera 2017. Je vais oser le paradoxe et sans doute un peu la polémique, le FN est si fort parce que nous sommes si faibles … Cela vaut, en tout cas, peut-être le coup que nous y réfléchissions sérieusement mais sans perdre de temps, un temps devenant de plus en plus précieux. Dans la froide réalité, il n’y a ni citrouille ni soulier de verre, la magie n’étant qu’une simple et banale illusion.

G.S

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Liberté Hebdo 1225: L'édito de Franck

30 Juin 2016, 15:52pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1225: L'édito de Franck

UN POUVOIR SANS PANACHE

Nous entrons dans une zone d’incertitudes absolues. Mais, sans aucune équivoque, le gouvernement socialiste en place préfère indéniablement les innovations dangereuses à la prise en compte des réalités.

Les écrans de fumée projetés par leurs conseils en communication et gonflés par les médias dominants éclatent comme baudruches à la première argumentation raisonnée.

Qu’importe, nous allons dans le mur !

Cela semble la seule réponse aux questions légitimes posées par les citoyens français.

Fïançois Hollande a-t-il mesuré l’état de fragilité du pays ? Bien sûr que oui.

Et grâce, surtout à la dispersion de la gauche, il en profite pour répondre aux exigences malsaines de l’Europe. Une Europe qui prône de plus en plus le repli sur soi. Dans laquelle les idées (fausses) de l’extrême-droite, faute de réponses adaptées aux situations, prennent la forme de (mauvaise) solution miracle. Même les Britanniques, appelés à choisir ce jeudi 23 entre en sortir ou pas, ne sont sûrs ni d’un côté ni de l’autre d’avoir raison.

La question des migrants à Calais et à Grande-Synthe ne sera pas réglée par la sortie de l’Europe de la Grande-Bretagne, mais par des accords avec les pays d’Afrique et du Moyen Orient et l’arrêt total des conflits en cours mettant les populations démunies sur les routes de l’exil.

La violence de la campagne anti-européenne a coûté la vie à une députée travailliste. Les commentateurs se sont dépêché de crier à l’acte isolé. L’auteur du crime est pourtant visiblement marqué à l’extrême droite. Musulman, son crime aurait pris l’étiquette Daesh immédiatement. Cette violence absolue envers une élue du peuple est inadmissible. Où que ce soit.

Il n’empêche que les gouvernements au pouvoir ont une lourde responsabilité en ne faisant rien pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont fourrés à force de rencontres au sommet, d’accords économiques et de traités montés sur le dos des peuples.

La paix, la sérénité, la prospérité et le progrès ne sont pas les premiers moteurs des discussions établies au plus haut sommet des Etats.

La tentative d’interdiction de manifester, décidée par Valls puis annulée par Cazeneuve, pour la manifestation parisienne du 23 juin, est aussi la démonstration qu’une poignée d’hommes veulent de plus en plus s’arroger le pouvoir de décider à la place du plus grand nombre, contre l’intérêt des peuples.

En France, rien de pareil n’avait eu lieu depuis la guerre d’Algérie.

La République demande de l’attention et des soins. Nos élus ne sont que les dépositaires des pouvoirs que nous leur confions le temps d’une élection. Nous devons en garder la conscience, toujours. Et constamment le rappeler aux élus de la République, toujours. De crainte qu’eux-mêmes ne l’oublient.

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Liberté Hebdo 1225 : L'édito de Franck

23 Juin 2016, 17:41pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1225 : L'édito de Franck

UN POUVOIR SANS PANACHE

Nous entrons dans une zone d’incertitudes absolues. Mais, sans aucune équivoque, le gouvernement socialiste en place préfère indéniablement les innovations dangereuses à la prise en compte des réalités.

Les écrans de fumée projetés par leurs conseils en communication et gonflés par les médias dominants éclatent comme baudruches à la première argumentation raisonnée. Qu’importe, nous allons dans le mur !

Cela semble la seule réponse aux questions légitimes posées par les citoyens français.

Fïançois Hollande a-t-il mesuré l’état de fragilité du pays ?

Bien sûr que oui. Et grâce, surtout à la dispersion de la gauche, il en profite pour répondre aux exigences malsaines de l’Europe. Une Europe qui prône de plus en plus le repli sur soi. Dans laquelle les idées (fausses) de l’extrême-droite, faute de réponses adaptées aux situations, prennent la forme de (mauvaise) solution miracle. Même les Britanniques, appelés à choisir ce jeudi 23 entre en sortir ou pas, ne sont sûrs ni d’un côté ni de l’autre d’avoir raison.

La question des migrants à Calais et à Grande-Synthe ne sera pas réglée par la sortie de l’Europe de la Grande-Bretagne, mais par des accords avec les pays d’Afrique et du Moyen Orient et l’arrêt total des conflits en cours mettant les populations démunies sur les routes de l’exil.

La violence de la campagne anti-européenne a coûté la vie à une députée travailliste. Les commentateurs se sont dépêché de crier à l’acte isolé. L’auteur du crime est pourtant visiblement marqué à l’extrême droite. Musulman, son crime aurait pris l’étiquette Daesh immédiatement.

Cette violence absolue envers une élue du peuple est inadmissible. Où que ce soit.

Il n’empêche que les gouvernements au pouvoir ont une lourde responsabilité en ne faisant rien pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont fourrés à force de rencontres au sommet, d’accords économiques et de traités montés sur le dos des peuples.

La paix, la sérénité, la prospérité et le progrès ne sont pas les premiers moteurs des discussions établies au plus haut sommet des Etats. La tentative d’interdiction de manifester, décidée par Valls puis annulée par Cazeneuve, pour la manifestation parisienne du 23 juin, est aussi la démonstration qu’une poignée d’hommes veulent de plus en plus s’arroger le pouvoir de décider à la place du plus grand nombre, contre l’intérêt des peuples. En France, rien de pareil n’avait eu lieu depuis la guerre d’Algérie.

La République demande de l’attention et des soins.

Nos élus ne sont que les dépositaires des pouvoirs que nous leur confions le temps d’une élection. Nous devons en garder la conscience, toujours. Et constamment le rappeler aux élus de la République, toujours.

De crainte qu’eux-mêmes ne l’oublient.

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Liberté Hebdo 1224 : L'édito de Franck

17 Juin 2016, 13:49pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1224 : L'édito de Franck

QUI SIFFLERA LA FIN DE LA PARTIE ?

Le parti socialiste risque de payer très cher aux prochaines élections l’attitude outrancière du gouvernement actuel. Les commentaires du Premier ministre sur la manifestation du 14 juin, ayant réuni plus d’1,3 million de personnes à l’appel de la CGT, FO, la FSU, Solidaire, l’UNEF, l’UNL et la F1DL, sont une honte pour la République.

Au lieu de créer une ouverture pour sortir de cette crise par le haut, Manuel Valls et François Hollande, sourds à la protestation populaire, se montrent fébriles, cumulent les amalgames et jouent la carte de l’autoritarisme en menaçant d’interdire les manifestations, portant atteinte à un droit constitutionnel.

Les violences commises sont condamnées sans réserve par la CGT.

Personne ne peut plus douter de l’action néfaste des casseurs en marge des manifestations. C’est une évidence. Qui sert de prétexte à l’État pour réprimer les manifestations.

Depuis plusieurs semaines, le mouvement social ne fait que s’amplifier. Ce qui démontre une véritable prise de conscience de la nocivité du projet de par une large majorité de la population.

Le gouvernement visait l’essoufflement, c’est raté.

Ce vendredi 17 juin, une délégation de la CGT rencontre la ministre du Travail. Plus loin encore que le retrait du texte, le syndicat défendra aussi ses propositions vers l’ouverture de droits nouveaux, propice à l’élaboration du véritable progrès social, conforme aux attentes et aux besoins des salariés et à la hauteur des enjeux du XXIème siècle.

La large aspiration des Fiançais est celle d’une fin honorable à ce conflit. Tous les salariés du pays disent leur mécontentement sur le mauvais sort que leur réserve le projet de loi. Ils auraient été encore bien plus nombreux dans la me le 14 juin sans le poids des crédits, la précarité, les difficultés quotidiennes... Les responsables des petites et moyennes entreprises s’inquiètent également des conséquences.

Dans ces circonstances, les salariés doivent être fiers de disposer en France d’organisations

syndicales encore capables d’affirmer une position en conformité avec les besoins des salariés.

Le passage au Sénat du texte a encore aggravé la note.

La droite aurait eu tort de se priver de cette occasion. Lors du retour devant l’Assemblée Nationale du texte, les députés communistes et du Front de gauche mettront tout en œuvre pour qu’une nouvelle motion de censure soit présentée.

Deux nouvelles journées de mobilisation nationale sont programmées les 23 et 28 juin prochains.

Les militants, mobilisés, continuent de recueillir l’avis des citoyens grâce à la votation citoyenne. Le pouvoir a plus d’une voie de sortie au lieu de cet entêtement irraisonnable portant préjudice à l’image de la France.

Le calme doit revenir, c’est la  responsabilité du gouvernement.

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