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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #edito

Liberté Hebdo 1246: L'édito de Franck

18 Novembre 2016, 17:47pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1246: L'édito de Franck

CE QUE MANU RÊVA...

 

La compétition fait passer le temps. Elle est un vrai loisir, sain, pour les sportifs le dimanche. Elle fait partie du cirque médiatique la semaine avec ses farandoles de championnats, coupes et autres challenges chèrement retransmis sur tous nos écrans afin de pouvoir aisément nous scotcher devant.

Mais en période électorale, le spectacle n’est pas cher.

Enfin pour ce qu’il coûte aux chaînes.

Par contre, pour nous citoyens, l’addition est lourde. Et nous devrons la payer, rubis sur l’ongle. Avec intérêts, et sur plusieurs générations.

 

Le grand cirque présidentiel s’est enrichi, façon de parler, d’une nouvelle attraction : la primaire.

Comme les étatsuniens, la folie du faux bipartisme est en train de corrompre nos circuits, d’amollir nos synapses et nos pauvres neurones.

 

A gauche, la valse continue. La gôche s’entiche d’une macron- primaire. Qu’Hollande y aille ou pas, le p’tit Manu ira. C’est dit, quitte à fâcher le grand, celui qui est Premier ministre.

Quelle énergie ! Macron m’agace. Toujours en marche, comme un produit commercial. Le candidat des banques, c’est lui. N’en doutons pas. Cette fausse sortie du bois était préparée, prête, attendue.

 

Mais même si Pujadas, apôtre de la parole publique au 20 h de France 2, après avoir assassiné en direct Nathalie Kosciusko- Morizet sur ordre de Nicolas Sarkozy, viens de lancer le petit dernier dans l’arène.

 

Même si la télé veut encore croire qu’elle contrôle les temps de cerveaux disponibles.

 

Même si nous continuons, contre tout bon sens, à bouffer de l’écran dès que nous nous écroulons dans un canapé, personne n’a encore perçu l’impact réel des nouveaux médias dans le périmètre politique.

 

Dans les années vingt, trente, la radio occupait tous les foyers. Tous ses membres se penchaient le soir religieusement pour coller leurs oreilles au poste. A partir des années 60 et 70, la télévision l’a progressivement supplantée avec la grande messe des informations télévisées.

 

Aujourd’hui, aucun show de téléréalité, même des plus sordides, ne capte autant les jeunes générations que les consoles vidéos et les écrans d’ordinateurs.

 

Que va-t-il advenir ?

 

Nous avons tous en tête des exemples de manipulation de masse. Surtout à la veille d’échéances électorales. Ce qui sortira du digital et du numérique ne sera pas le meilleur, à n’en pas douter.

 

Sachons garder la tête froide et faire nos choix au regard de l’état de la société, des besoins et de l’intérêt collectif.

 

Laissons Macron pour ce qu’il est, un pur produit de la bourgeoisie.

 

Ceux qui l’aiment prendront le bus.

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Une autre vision de la victoire de Trump

14 Novembre 2016, 18:05pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Une autre vision de la victoire de Trump

Dans son ouvrage de référence De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville avait eu ce mot que j’ai retrouvé dans un corpus de citations de référence : « ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, mais le relâchement de tous ». Il y a une sorte de terrible prophétie dans ce propos et je me propose ici de m’en expliquer assez synthétiquement.

En écoutant une remarquable conférence d’Emmanuel Todd à quelques heures des résultats du scrutin présidentiel américain et en lisant un brillant papier de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique lui aussi antérieur aux résultats, j’ai pris conscience d’un fait dont je n’envisageais jusque là que de bien timides contours. Contrairement à tout ce que l’on a pu dire, écrire et penser sur cette élection présidentielle, au travers du prisme d’une presse française et même européenne plus mauvaise que jamais, il n’est pas question d’une preuve supplémentaire du déclin inéluctable des États-Unis, comme si on ne pouvait résumer le duel Clinton-Trump que comme une vulgaire dualité entre la peste et le choléra. Au contraire, il est question d’une volonté relativement réelle et partagée des citoyens américains de reprendre la main sur le devenir commun de leur nation. De ce point de vue, nous assistons à un mouvement historique de la pensée politique, sociale, économique et culturelle américaine. Cette campagne présidentielle, elle a été le réceptacle d’une critique de plus en plus forte et acerbe du modèle libre-échangiste que le monde anglo-américain a pourtant initié à l’échelle du monde. Todd dans sa conférence, fabrique, comme on peut s’y attendre avec lui, un lien qui me semble pertinent entre ce fait historique connu et le modèle familial anglo-saxon fortement inégalitaire. C’est l’ultra-individualisme qui est d’ailleurs le fondement de la constitution américaine.

Alors pour bien comprendre ce mécanisme, il y a trois étapes, trois séquences historiques à mettre en relief. L’arrivée au pouvoir de Reagan et l’extinction violente de l’idée protectionniste et par là, de la défense de l’emploi industriel, de la protection de la production avec l’effondrement des barrières douanières. Ces dernières passent, au cours du XXème siècle, de 20 à moins de 2% avec une importante accélération dans les années 1960 et plus encore dans les années 1980. Les démocrates sont d’ailleurs balayés en 1984 lorsqu’ils défendaient un programme protectionniste. Durant cette période, on assiste à une destruction de l’emploi industriel aux États-Unis et à un creusement des inégalités. Cela, alors que dans le même temps le niveau d’éducation ne cesse de progresser. De plus en plus de jeunes américains d’une même classe d’âge accèdent aux études supérieures dans une constante évolution au cours du siècle dernier. Fait contradictoire également, le niveau de revenu médian continue malgré tout d’augmenter. C’est essentiellement du à la progression de l’emploi des femmes qui permettent donc l’entrée d’un deuxième salaire dans le foyer. La seconde période débute il y a peu avec la crise de 2007/2008 dont les États-Unis et le monde ne sont pas encore réellement remis. Les inégalités ont explosé, l’emploi industriel a prodigieusement continué à se détériorer. On voit réapparaître une baisse de l’espérance de vie au sein de la classe ouvrière mais également de la classe moyenne, c’est-à-dire aux États-Unis aujourd’hui chez celles et ceux qui ont un cursus universitaire inachevé. Ainsi commence à naître la contestation du libre échange, du néo-libéralisme dans une partie de la société américaine. On se souvient du mouvement symbolique d’occupation à Wall Street ou encore du développement et du succès d’un cinéma engagé autour de Oliver Stone, de Michael Moore ou plus récemment de l’inattendu succès de Margin Call ou encore le très bon Loup de Wall Street de Martin Scorsese. C’est là que nous entrons dans la troisième phase, celle d’aujourd’hui avec ce résultat inattendu, la victoire de Donald Trump.

C’est aussi là que je veux redire un mot sur le rôle déplorable des médias. L’analyse à tirer de ce scrutin est au demeurant assez simple. Le renforcement du niveau d’éducation jumelé aux nocives conséquences du libre-échangisme, ont causé en Amérique une fracturation à bien des égards inédite. Les éléments de cette fracturation nous donnent à voir les caractéristiques fondamentales des deux électorats bien distincts de Trump et de Clinton, mais également les raisons du succès de Bernie Sanders durant la primaire démocrate. En effet, contrairement aux portraits caricaturaux et simplistes que la presse a pu dresser, l’électorat de Trump n’est pas exclusivement un électorat analphabète, obèse, raciste et inconséquent. Les premiers à se ranger derrière Trump durant les primaires sont les blancs de la classe moyenne avec ce fameux cursus universitaire inachevé. Eux qui souffrent du déclassement, de la stagnation de l’espérance de vie, de la dégradation de leurs conditions de vie. C’est d’ailleurs, la même chose ici, chez nous en France. D’où l’importance de comprendre les mécanismes électoraux américains de cette présidentielle. Le vote front national n’est pas l’exclusivité de citoyens incultes, d’une France profonde vue par l’establishment comme misérable et à qui, d’ailleurs, il ne faut même plus parler comme le suggérait la très « propre sur elle » fondation Terra Nova. Le choix que Clinton et son staff ont fait pourtant en négligeant des États plutôt populaires et ouvriers durant la campagne. De fait, la classe ouvrière blanche a été elle aussi entraînée par la dynamique Trump. Les chiffres le montrent fort bien d’ailleurs. Les blancs représentent 70% de l’électorat aux États-Unis. Il est donc loin d’être minoritaire contrairement à ce que certains tentent de vouloir faire croire. 58 % d’entre-eux ont choisi Trump pour 37 % qui ont préféré Clinton. 67 % des blancs non diplômés ont choisi Trump, soit une progression de 14 points par rapport aux dernières présidentielles de 2012. Le vote Trump a donc été un vote de contestation face à l’idée de l’empire ouvert où règne la déréglementation ; un monde que représente parfaitement Clinton. Sans doute peut-on faire le lien avec le succès des discours anti-immigration du candidat Trump. C’est bien la sauvegarde de l’emploi et le rejet de l’idée d’une mise en concurrence avec des travailleurs moins coûteux qui a permis le succès du discours de Trump. Il serait trop simple et contre-productif de n’y voir que du racisme patenté.

La même erreur d’analyse a été faite concernant le Brexit. Oui c’est la classe ouvrière qui choisit de remettre en cause l’adhésion à l’Europe. Oui c’est la classe ouvrière qui décide de rejeter le libre-échange et un monde ouvert qui a pour conséquence directe la destruction de plusieurs milliers d’emplois. La nouvelle cheffe du gouvernement britannique Theresa May l’a parfaitement compris. De manière pragmatique elle enterre l’héritage thatcherien et promet un plan de relance inédit avec le retour de l’État dans l’économie. Sans doute que le parti Travailliste restera encore pour un moment dans l’opposition n’ayant pas voulu intégrer ce phénomène malgré l’accession de Corbyn à la tête de ce dernier. Pendant qu’il manœuvrait prudemment en interne contre les blairistes pour sauvegarder l’unité du parti, il n’a pas pu prendre ouvertement position comme il l’aurait sans doute souhaité. C’est la grande faute actuelle du PCF et même de Jean-Luc Mélenchon qui souffle le chaud et le froid sur l’Europe. C’est l’une des grandes forces du Front National alors même que ce dernier ne croit pas dans le fond à l’argument de la sortie. Il suffit de regarder les votes du clan Le Pen au parlement européen.

Il me semblait important de revenir sur ces quelques éléments d’analyse bien loin des élucubrations idiotes d’une classe dominante vexée d’être désavouée de la sorte par le suffrage universel. Malgré toute la campagne de dénigrement du candidat Trump, malgré une allégeance absolue à Clinton et à la vision du monde qu’elle porte de la part des médias, des économistes, de nombreux intellectuels, le peuple américain comprend que ses intérêts sont ailleurs. Trump a su parfaitement les incarner durant la campagne au-delà de l’excentricité, du populisme vulgaire qu’on lui a attribué non sans raisons il faut le dire.

Alors, lorsque l’on voit les débats de la primaire de la droite en France on se dit que le pire peut advenir. Les 7 candidats n’ont rien compris du mouvement de l’histoire actuel. Alors qu’il faudrait un discours économique volontaire et apaisé, se proposant de protéger l’emploi, de sécuriser les parcours professionnels et sociaux, ils promettent plus de casse, plus de déréglementation, plus de libre-échange. C’est là où le danger est réel. C’est là où l’immense responsabilité de nos élites est en jeu. Car il faudrait être d’une bêtise sans nom et d’une irresponsabilité folle pour prédire l’inéluctable défaite du FN dans 6 mois.

Guillaume Sayon

 

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Liberté Hebdo 1245: L'édito de Franck

9 Novembre 2016, 18:50pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1245: L'édito de Franck

J’AI FAIT UN CAUCHEMAR

 

Le monde entier s'est réveillé avec une horrible migraine jeudi matin.

Les citoyens américains ont élu leur président pas leur présidente. Il n'y aura pas de femme à la tête des États-Unis. Pas cette fois-ci.

Comme si les citoyens avaient décidé de choisir le pire, rien que pour faire taire les pronostics de la presse.

Et personne ne peut dire comment l'incontrôlable Donald Trump va gouverner le pays. Ce n'est en tout cas pas une victoire pour le peuple américain. Ni pour tous ceux dans le monde qui subissent aujourd'hui la loi d'airain des armes et des bombes américaines.

Au pays de Mickey, Donald est roi.

Le 45ème président est un homme d'affaires qui fit fortune dans la spéculation immobilière.

Quel avenir pour les États-Unis d'Amérique ?

On a tous dans le cœur une Amérique rêvée. Le nouveau président a déjà exprimé sa volonté de restaurer SON rêve de l'Amérique.

La première personnalité politique française qui l'a félicité pour son élection est Marine Le Pen. Rien détonnant à cela. Tellement les points communs sont grands dans leur façon de manipuler l'opinion.

Ils se présentent d'ailleurs comme candidats « anti-système > tous les deux.

Ils font appel aux plus bas instints pour dresser les catégories de population contre les autres, cultivant le venin de la peur comme ferment de la victoire.

Et sur l'immigration, leurs propositions font autant froid dans le dos.

La semaine avait déjà démarré en cauchemar avec l'arrestation en Turquie dans la nuit du 3 au 4 novembre de 13 parlementaires du Parti Démocratique des peuples (HDP) dont le prédisent du groupe Idris Baluken et les deux co-présidents du parti Selahattin Démirtas et Figen Yùksekdag. Le président-dictateur Erdogan se drapant dans la lutte « anti-terroriste » pour justifier cet acte anti-démocratique.

Ces deux états et alliés, membres de l'Otan. n'ont pas fini de nous inquiéter. Le conflit syrien et la lutte contre Daech vont prendre une autre dimension.

Il n'y a qu'une alternative à ces flots de haine.

Progrès et justice sociale, égalité et solidarité sont les conditions indispensables pour l'édification d'un monde de paix.

Les forces progressistes doivent s'unir pour affronter les échéances à venir.

 Ce qui vient de se passer en Turquie et en Amérique doit nous maintenir éveillé. L'Europe est entre les mâchoires de l'obscurantisme.

La France et l'Europe auront de grandes responsabilités dans les mois à venir.

 La première urgence est de juguler, stopper l'évolution de l'extrême-droite.

Les citoyens ne doivent plus souffrir les politiques d'austérité que les libéraux nous imposent.

L’heure est au rassemblement de tous ceux qui souhaitent vraiment changer la société. Construisons le changement partout où c'est possible.

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Liberté Hebdo 1244: L'édito de Franck

4 Novembre 2016, 18:12pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1244: L'édito de Franck

LE DEVOIR DÉMOCRATIQUE

 

Loin dos réseaux sociaux et de son flux d'interpellations et d'invectives, d'analyses en trois lignes, de fausses déclarations des uns et des autres repris opportunément par une certaine presse détermi- ée à faire élire un candidat de droite ou d'extrême-droite comme président de la République, un travail de fond est mené vec abnégation, ténacité et détermination par un groupe de éputés souvent boudé par les télévisions et les radios, le groupe est celui des députés du ftont de Gauche.

Il est présidé par André Chassaigne, député (PCF) de la 5ème circonsription du Puy-de-Dôme. Dans ce  groupe constitué de 10 élus, y a trois députés nordistes, Alain Bocquet et Jean-Jacques Candelier, tous deux communistes et Marc Dolez ancien membre du Parti de Gauche, dont il fut le cofondateur.

Dans la grande nouvelle région des Hauts-de-France, l’Oise compte un élu communiste avec Patrice Carvalho.

Avec leurs collègues de la Région parisienne. Mario-Georges Buffet, Jacqueline Fraysse et François Asensi, des Bouches-du-Rhône,  Guy Charroux et du Cher. Nicolas Sansu. depuis leur élection le 17 juin 2012.

ils ont été au cœur de tous les combats tant à l'Assemblée, dans leurs circonscriptions ou au niveau national. Élus du peuple, pour le peuple.

Ils sont parmi les seuls à l'Assemblée Nationale à avoir défendu arec constance le point de vue des salariés, des demandeurs l'emploi, des retraités... Ils ont présenté des motions de censure. pas assez soutenues par les autres députés, contre la loi « Macron »  et 1a loi « Travail ».

Ils ont défendu de multiples projets et propositions de lois, dont une sur l’amnistie sociale, rejetée. « Le dogmatisme de l'exécutif l'a coupé du peuple et des progressistes qui l'ont mené au pouvoir.

Face à ses dévoiements et à sa dérive idéologique, nous sommes restés fidèles à nos engagements, ceux d'une gauche mue par les valeurs de justice sociale, le développement durable et la solidarité internationale. ». rappelle André Chassaigne dans le préambule au rapport d'activités que le groupe Front de Gauche a mis à la disposition du public*. Ils ont accompli énormément. Mais s'ils avaient pu être plus nombreux, plus soutenus, imaginons ce que nous aurions pu obtenir.

N'oublions pas qu’au-delà de l'élection présidentielle, ce sont les députés élus qui forgeront les lois et notre avenir.

 

Cliquez sur le lien ci-dessous

 

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Cette présidentielle qui rend fou

2 Novembre 2016, 11:31am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Nous connaissons tous parfaitement la maxime devenue populaire de Talleyrand, « tout ce qui est excessif est insignifiant ». La connaissance ne nous met pourtant pas à l’abri de l’épouvantable excessivité, ennemie naturelle de la raison. Quel doux euphémisme que de constater que cette période de pré-campagne présidentielle est un concentré puissant en la matière. Celles et ceux qui en usent pour servir une ambitieuse destinée ou tout simplement pour promouvoir des intérêts particuliers sont tellement aveuglés par leur vile entreprise qu’ils ou elles ne mesurent pas les conséquences dramatiques et désastreuses qu’ils ou elles sèment dans le peuple. La politique, cet art noble de la conduite raisonnable et organisée des affaires communes, celles qui nous concernent toutes et tous au quotidien et qui font que la Nation existe, laisse place au népotisme, à la tyrannie des puissants, à une farce cynique et froide obscurcissant dangereusement l’avenir.

Pourtant le peuple est bien plus averti et sensible aux dangers qui pèsent sur lui et son bonheur que ce que beaucoup en pensent et en disent. Sans doute est-ce là un héritage plus que positif de l’âge d’or de la pensée et du mouvement communiste.Les journalistes, prélats du grand capital, les politiques, investissements pratiques de ce dernier et même de nombreux intellectuels qui, au lieu de se consacrer de manière désintéressée au progrès de la connaissance, se fourvoient dans des manœuvres politiques avec quelques réjouissances pécuniaires à la clé, grossissent l’essentiel des rangs de ceux qui soufflent sur les braises, faisant abstraction de la responsabilité qui serait la leur dans l’hypothétique avènement du pire. C’est ce qui par définition accrédite l’idée que le capital n’est par essence pas moral ou immoral. Il est amoral et il est fondamental de s’organiser pour réussir à le détruire. Il en va de la survie même de notre civilisation. Qui peut encore le nier hormis Sarkozy et quelques bougres cornus possédés totalement par l’appât du gain.

Pour ne pas m’être éloigné du peuple et de la réalité, condition sine qua non à mon sens pour avoir droit de s’exprimer en son nom, je sais que nombreux sont ceux qui ont conscience de l’éminence d’une guerre générale. Nombreux sont ceux qui savent, sans d’ailleurs conceptualiser quoi-que-ce-soit, que la spoliation des richesses par le capital, c’est-à-dire par la classe possédante, est l’origine de tous les maux. Beaucoup savent qu’il ne pourra advenir un changement brutal et salutaire que par l’exercice révolutionnaire. Certains ont même conscience du degré de violence que cela pourrait même constituer. Ce qu’il manque en fait cruellement au peuple aujourd’hui, ça n’est donc pas la conscience que ses croyances faussement instinctives sont vraies -l’appauvrissement généralisé des travailleurs et l’expérience des mêmes conditions de subsistance les valident- c’est l’outil qui permettrait de leur donner sens, un discours clair et sans ambages qui les formalise et leur donne de l’épaisseur. Des outils de lutte quotidienne composant une démarche complexe mais maîtrisée pour créer un rapport de force capable d’avoir une prise et un poids sur les événements. Des raisonnements, des arguments, des œuvres littéraires, culturelles et artistiques qui permettraient à la fois de consolider les croyances et de convaincre de l’utilité de ne pas accepter les choses avec fatalité. La lutte appelle la lutte, le combat appelle l’espoir et l’espoir est un moteur puissant. C’est sans doute actuellement l’ingrédient essentiel de la popularité et de la réussite provisoire de Mélenchon. Une courte parenthèse sur le rôle social et politique de l’art. Il existe aujourd’hui de nombreuses œuvres critiques du capitalisme et de ses logiques. Il serait faux et injuste de dire que certains artistes ne travaillent pas ces questions. Par ailleurs, certains artistes arrivent à teinter la production mainstream de quelques fulgurances esthétiques, poétiques et politiques qui pourraient servir la cause. Je pense surtout au cinéma et aux séries que des millions de jeunes (et même de moins jeunes) consomment goulûment aujourd’hui. Pourtant, chaque fois ou presque, elles ne peuvent s’empêcher de se vautrer dans un nihilisme sombre et froid et ainsi toute l’entreprise espérée par le spectateur averti s’effondre âprement. Parenthèse clause.

Quelle est donc notre responsabilité aujourd’hui sans sombrer dans les vieilles querelles pas tout à fait enterrées entre nous ? Comment ne pas être injustement catalogué aujourd’hui lorsque l’on trouve des vertus incontestables à l’idée d’avant-garde ? D’ailleurs, ne peut-on pas voir une corrélation entre l’abandon de cette conception et les reculs et revers successifs de nos organisations et des idées qu’elles portent depuis lors ?

C’est à ce titre que je m’engage fortement dans les débats qui traversent le parti communiste, que je prends la lourde décision de soutenir des textes alternatifs, à me montrer parfois vindicatif et sans état d’âme avec certains de nos camarades qui ont en charge la direction du parti. C’est pour cela que je n’avale pas servilement le catéchisme simpliste qui nous invite à rejoindre sans trop poser de questions et avec un enthousiasme candide Mélenchon et sa démarche. J’ai la conviction que Mélenchon ne fait pas avec le peuple mais à côté du peuple, la nuance n’est pas accessoire vous en conviendrez. C’est pour cela que j’avais émis l’idée de la candidature de Mickael Wamen, le syndicaliste des Goodyear qui en quelques temps sortit de l’anonymat et du brouillard la classe ouvrière combative, fière de ce qu’elle est, déterminée et charismatique. Il aurait pu être une sorte de catharsis. Voyons la solidarité dans la France entière pour son combat. Cet ouvrier qui a réussi à remplir des amphithéâtres dans les universités et des salles des fêtes dans les cités ouvrières. Construire une telle candidature pourrait être le début d’une nouvelle phase de reconquête politique. Une parole forte, honnête et désintéressée qui pourrait raisonner dans bien des esprits aujourd’hui en proie à la colère sombre, à la fatalité et à l’abdication. Bien évidemment, je ne me laisse pas gagner par l’utopie. La bataille demeurerait tout aussi difficile, le capital mettrait tout en place pour briser notre stratégie, mais au moins nous pourrions bâtir de nouveau sur des bases saines et prometteuses.

Voilà donc quelques considérations lancées en vrac pour nourrir les réflexions que je sais profondes et complexes de bien des camarades et de nombreux travailleurs. Il faut dire, sans polémique, que la clarté semble pour l’heure loin d’être évidente chez les communistes. Pis, la confiance se rompt et plus le temps passe plus les communistes se sentent orphelins et désabusés. On finit même par imaginer le pire, le pire étant une sordide tactique politique qui consisterait à se ranger derrière un socialiste un peu moins corrompu politiquement. Si sagesse il faudrait convoquer dans ces conditions, je rappellerais simplement à mes amis et camarades ce mot de Spinoza que nombreux comprendront sans effort, « la sagesse n’est pas la méditation de la mort, mais la méditation de la vie ».

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1243: L'édito de Franck

28 Octobre 2016, 14:25pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1243: L'édito de Franck

BAS LES MASQUES CITOYENS POLICIERS

La souffrance des policiers est-elle bien entendue ?

Coincés qu’ils sont entre leurs consciences, les moyens concédés pour leurs missions, et les enjeux politiques, les fonctionnaires en charge de notre sécurité ont besoin d’être écoutés.

 

Mais comment comprendre la rencontre qu’il y a eu mercredi soir entre les syndicats et leur ministre, sachant que la CGT n’était pas invitée car non représentative dans la profession ?

 

Car, il y a bien un paradoxe syndical dans la police. Malgré un taux de syndicalisation élevé dans la profession, les fonctionnaires de police s’estiment mal représentés.

Mais quel rôle joue les syndicats majoritaires vis-à-vis de leur ministre de tutelle ?

 

C’est la question que posent nombre d’observateurs. Mutations, promotions et primes sont au centre des préoccupations des réunions paritaires menées dans le cadre institutionnel.

Résultat, les revendications ne sont pas entendues. Les conflits liés aux conditions de travail et aux relations avec la hiérarchie, comme dans tous les métiers, sont-ils moins traités qu’ailleurs ?

 

Sans aucun doute.

 

Des heures supplémentaires non payées, des lieux de travail en mauvais état, des véhicules ou du matériel défectueux, des ordres mal compris…

La grogne exprimée par les fonctionnaires d’État doit inquiéter tous les républicains de ce pays.

Le Front National, visiblement absent des débats sur la loi travail, se dépêche d’apporter son soutien au mouvement. Quand en plus, le premier secrétaire du PS, Cambadélis, crie à la manipulation frontiste….

Gardons-nous de cet amalgame grossier !

 

Réclamons surtout que tombent les cagoules des manifestants et que leurs armes restent au vestiaire.

Quel spectacle pour les citoyens que nous sommes !

 

Il y a visiblement une perte de sens dans l’évolution actuelle de la société. La formation des agents, nous l’avons déjà dit, doit changer. Les 250 millions concédés mercredi soir par le ministère de l’Intérieur ne résolvent pas tout.

13000 fonctionnaires de police manquent à l’appel depuis les réductions d’effectifs imposées par Nicolas Sarkozy, qui supprima aussi la police de proximité.

 

Comme la santé ou la justice, la sécurité publique doit être la même pour tous. Au-delà des questions d’intégrité, de sens du service public, du sacrifice, les fonctionnaires de police rencontrent les mêmes difficultés que tout un chacun pour la scolarisation de leurs enfants, leur logement…

Confrontés, comme les médecins ou les pompiers, aux plus durs aspects du quotidien, ils sont souvent, comme l’enseignant face à sa classe, le seul exemple de service public dans certains territoires privés de CAF, de bureaux de poste…

La délinquance se nourrit des publics en détresse de plus en plus fragilisés par l’abandon par l 'État des missions de service public.

La France ne peut pas laisser détruire son système social.

Au regard des échéances électorales de 2017, il est nécessaire que se rassemblent au plus vite toutes les forces progressistes pour reconstruire et bâtir une République basée sur l’Humain d’abord.

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Liberté Hebdo 1242: L'édito de Franck

20 Octobre 2016, 20:08pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1242: L'édito de Franck

LE SPECTACLE AMERICAIN

 

Il n’y a plus de mythologie qui vaille aux Etats-Unis. Comme le vieux monde, le nouveau s’écroule sous la bêtise.

Le feuilleton du duel télévisuel Clinton versus Trump n’amuse que les téléspectateurs. Il navre les citoyens, démocrates ou républicains. La démocratie américaine est à l’image du cirque spectaculaire.

 

L’image est plus forte que les mots, même les plus gros. La bataille électorale tourne au grand Guignol. Avec un véritable danger pour tous ceux qui croient encore en l’Amérique et son marketing de la vertu.

 

Pour les populations dans le monde arabe et au Proche-Orient, en Irak ou en Syrie, la puissance américaine se mesure en tonnes de bombes et litres de sang. Pour les progressistes d’Amérique du Sud, les fureurs anti-communistes des gardiens de la toute puissance des USA sont les responsables de ravages commis par des dictateurs fascistes et de milliers de disparus.

 

La folie des hommes forge ses armes pour l’or des puissants.

 

Le rêve américain est un cauchemar pour ceux qui ne sont ni blancs, ni riches, ni libéraux.

Bernie Sanders portait l’espoir d’une jeunesse qui veut encore changer le monde. Le choix des démocrates s’est porté sur Hillary Clinton, plus conforme aux traditions de ce parti. Aujourd’hui, face à Trump, la voilà femme-candidate, rempart contre la brutalité, la testostérone d’un vieux mâle décomplexé. Et tout devient caricature.

 

Les idées refluent des plateaux télés sous le coup des injures et des flèches. Les Américains n’ont plus à choisir entre politique ou une autre, entre deux projets. L’un fait le sauvage sur le plateau, l’autre se montre civilisée.

Tous les excès sont permis, coups bas compris.

Ce qui ne rassure personne, c’est aussi l’incapacité à prendre en compte les événements qui nous frappent.

Quelles réponses face à Daech en Syrie ?

 

La paix passe par de longues discussions mais aussi par des décisions fermes, sans

ambigüité.. Nous le devons aux millions de réfugiés frappant désespérément à nos portes, assommés par le chaos.

Nous voyons bien en France le mal que nous aurons à faire notre marché dans la pléthore de candidats qui s’annoncent. Le rassemblement nécessaire implique quelques renoncements. A condition que les exigences soient à la hauteur des attentes citoyennes.

Prenons garde à ne pas laisser sombrer notre démocratie dans l’anti-modèle américain. Réduire le choix du président à deux adversaires revient à anéantir toute idée de changement.

La volonté populaire doit s’exprimer dans le vote. Un scrutin ne peut se réduire à un choix par défaut ou, pire, contre la sauvagerie.

Après le triste spectacle américain, la France se doit de porter un autre message au monde.

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Mélenchon, son destin … et la France insoumise !

19 Octobre 2016, 18:01pm

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Mélenchon, son destin … et la France insoumise !

Mélenchon et ses amis ont sorti la grosse armada ce week end à Lille pour la convention de la France insoumise. Par honnêteté intellectuelle, j’ai voulu suivre par petits morceaux via la retransmission vidéo en direct les travaux de cette convention pour ainsi pouvoir un peu mieux mesurer les dynamiques qui animent ce mouvement. Dynamique, le mot est indéniablement adéquat. Que l’on soit favorable à la démarche ou un détracteur enragé de cette dernière, on ne peut décemment pas nier le fait qu’il se passe quelque chose qui prend de l’ampleur du côté de cette France insoumise. Tout est réglé au millimètre, la communication est pensée jusque dans les moindres détails et l’agenda semble soigneusement construit, ne laissant que de courtes séquences entre chaque rendez-vous. Stalingrad en juin, le pique-nique à Toulouse cet été, la fête de l’Huma et cette convention lilloise … Mélenchon et son staff savent occuper le terrain et squatter les médias. On parle sans cesse de lui ou presque jusqu’à frôler l’overdose. Il phagocyte totalement tout ce qui ondule mollement dans la mare vaseuse de la gauche du parti socialiste. Après tout, Mélenchon n’est-il pas le fils prodigue du trotskisme à la française comme il le confesse lui-même dans son dernier ouvrage d’entretien avec le journaliste Marc Endeweld ? Un sens aigu de l’organisation, un manœuvrier doué doté d’un sens de la formule unique. Et puis une stratégie irriguée par le flux mémoriel de ces années passées à la tête de la fédération socialiste de l’Essonne où pour être respecté il fallait être un fossoyeur habile des mairies communistes. La friandise ultime était de réussir à être invité dans le bureau élyséen du vieux (sic), le tonton flingueur de la gauche révolutionnaire, François Mitterrand. C’est l’itinéraire du nouveau héraut de la gauche propre sur elle. Si on s’amusait ce week end (ce que j’ai fait) à observer attentivement les plans larges de la salle, il était ardu d’y trouver des mains calleuses. Cette convention semblait être une sorte d’entre-soi sociologique assez frappant. On a l’illusion d’une thérapie de groupe de l’ex-aile gauche du PS qui se donne les moyens de tuer le père.

Pour autant, Mélenchon est une bête politique, une sorte de cyclone qui dévaste tout sur son passage. Il est en train de polariser la gauche sur son seul nom. Pour ce faire et pour prolonger ce travail, il vient de mettre sur pied une armée disciplinée signant son consentement ce week-end à Lille. Un homme, un symbole (la lettre grecque phi), un programme et des petites mains qui se plient totalement à la norme imposée. Je n’invente rien et ne grossis pas le trait par malveillance. C’est exactement ce qui a été annoncé. Le léniniste que je suis est bien évidemment sensible à l’organisation et je suis le premier à reconnaître qu’un mouvement doit savoir se discipliner. Mais il y avait au final quelque chose d’assez lugubre dans ce que je voyais. Alors que je conçois la discipline pour servir un idéal et une matrice révolutionnaire, j’ai beaucoup plus de mal quand elle sert le destin d’un personnage. Mon instinct me pousse à être de plus en plus méfiant avec Mélenchon. Bien qu’il débuta son propos hier en raillant ceux qui résument sa méthode à un gourou et ses brebis égarées, on ne peut s’empêcher de rester sur ses gardes tant le personnage est central dans l’organigramme de cette petite sauterie « insoumise ». A tel point qu’on finit par douter que ce dernier veuille réellement renverser l’institution. Il aime être un homme fort, on le sent fortement à l’aise quand sur cette petite scène circulaire il prêche son catéchisme écolo-réformiste à coup de « si je suis élu ». Il se prend totalement au jeu de ce qu’il dénonce pourtant dans ses envolées plébéiennes, l’homme providentiel, celui qui part à la rencontre avec un peuple dans le but de le transcender.

Preuve en est l’esthétique rattachée à cette pré-campagne. Fini le rouge, les symboles de la lutte ouvrière, on veut en finir avec le chant de l’Internationale. Non, maintenant c’est un bleu roi apaisant, trois initiales omniprésentes à la « JFK » rattachées à 2017, comme si cette élection présidentielle allait devenir le point d’ancrage de l’année zéro de la gauche 2.0. Bref, Mélenchon se dote d’une machine de guerre pour servir son dessein. Là où sans doute les choses deviennent dangereuses, c’est lorsqu’il annonce qu’unilatéralement ce mouvement nommera 577 candidats estampillés « France insoumise » pour les législatives quitte à faire perdre à coup sûr des concurrents sérieux au tripartisme mortifère. En effet, cela signifie qu’il présentera des candidats là où des députés communistes/front de gauche sont sortants, avec pourtant un bilan tout à fait honorable. Cette stratégie fera donc disparaître toutes possibilités de faire émerger un groupe d’opposition de gauche authentique à l’Assemblée nationale. Cela n’excuse en rien la lourde responsabilité de la direction du PCF dans l’éventualité d’un tel scénario catastrophe. Oui si Mélenchon peut aussi facilement manœuvrer, c’est aussi parce que le PCF n’a jamais été aussi faible et si malhabile stratégiquement. J’ai d’ailleurs longuement hésité à écrire sur cette présidentielle tant je ne me retrouve dans aucune des stratégies actuellement à l’œuvre. J’étais favorable à la construction d’une candidature communiste pour porter un véritable projet de rupture prenant de l’épaisseur au travers des derniers épisodes de luttes sociales. Mais aujourd’hui, comment peut-on encore croire qu’à 6 mois du scrutin il soit encore possible de le faire. Alors même que Pierre Laurent et ses porte-paroles s’évertuent avec méthode à totalement proscrire cette orientation. Je me sens finalement orphelin au milieu de toute cette agitation stérile.

Alors, comme d’autres camarades que l’on ne peut que difficilement blâmer, je pourrais par désespoir de cause me rallier à la seule dynamique en cours, celle de Mélenchon. Mais comment accepter les règles autoritaires imposées pour un tel ralliement ? Comment pouvoir défendre un projet économique qui consiste à gommer partiellement les inégalités en pariant sur un simple modèle réformiste de relance par l’économie verte, car derrière les formules chocs c’est de cela et de cela seulement dont il est question. Comment accepter de participer sans broncher à cette France insoumise mais thuriféraire ? Les manœuvres se transforment aujourd’hui en cache-misère, elles viennent maquiller l’asséchement idéologique de notre camp. Alors qu’il y a d’importants chantiers à concevoir à la base pour recréer des solidarités et mettre en branle les anonymes militants quotidiens de la dignité humaine et des luttes sociales, qu’il y a à convaincre que nous sommes en droit d’espérer autre chose qu’un rehaussement du SMIC et une baisse d’impôts, nous subissons les renoncements tragiques des porteurs d’eau tiède du communisme indolore et les rêves de gloire des Dorian Gray de l’égocentrisme politique servant leurs désirs de conquête quitte à assister presque satisfait au pourrissement inéluctable de notre temps.

Guillaume Sayon

 

 

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Liberté Hebdo 1240: L'édito de Franck

7 Octobre 2016, 20:36pm

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Liberté Hebdo 1240: L'édito de Franck

TROP DE CRIMES FAITS AUX FEMMES

Pas de place pour le doute, la cause des femmes est d’ordre mondial.

La palette de la bêtise humaine est riche, colorée, dangereuse et sans limites.

En Pologne, les tenants d’une vertu hypocrite ont une nouvelle fois tenté un retour à l’ordre ancien. Du même tonneau percé que les déclarations honteuses de la jeune, et pourtant archaïque, Marion Maréchal (nous voilà) Le Pen, vouant les femmes pécheresses aux gémonies.

Et pourtant, combien de fruits du péché aurions nous pu éviter dans les siècles précédents ?

A Alep, en Syrie, à moins de 4 h d’avion de Paris, femmes, enfants et vieillards sont la proie des bombardements.

La guerre frappe toutes les familles. Une fois de plus, les femmes, sœurs, mères ou épouses souffrent dans leurs chairs et pour les leurs.

Quand, à Gaza, elles tentent de porter par bateau des messages de paix, Israël les arraisonne.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a interpellé le gouvernement français lui demandant

« d'intervenir auprès du gouvernement israélien pour que la liberté de circulation soit respectée et que le Bateau des Femmes pour Gaza puisse porter un message d'espoir et de paix aux Palestiniens dont les droits sont quotidiennement bafoués. »

Mais pour une voix qui s’élève, combien se taisent ?

Parmi les migrants, les femmes sont les plus fragiles. Enceintes elles accouchent dans des conditions extrêmement difficiles. Seules, elles sont la proie des prédateurs les plus hideux de l’espèce humaine. Ce n’est pas pour rien qu’au lendemain du sommet sur la crise migratoire, à New York le mois dernier, le SPF a enjoint ses donateurs « à un élan de générosité afin d’amplifier les actions de solidarité aux réfugiés et aux migrants »(1).

Un seul point commun dans ces horreurs cumulées, tous ces actes, toutes ces théories n’ont pour but que d’asservir plus encore les femmes, les clouant au pilori comme victimes plutôt que leurs bourreaux.

Les météorologues ont longtemps, honteusement, donné des noms féminins aux ouragans et aux tempêtes. Pour une fois, le dernier en date porte un prénom masculin. Il n’en est pas moins redoutable. L’ouragan Matthew fait des ravages sur les côtes américaines. Le gouvernement fédéral rencontre à nouveau des difficultés pour assurer la sécurité et organiser les secours dans le pays, en théorie le plus puissant de la planète.

Haïti, île martyre, aura encore bien du mal à panser ses plaies. Cuba a été frappée de plein fouet. Des communes entières sont dévastées. De par le blocus permanent imposé par les États-Unis, les Cubains ne bénéficient pas de l’aide internationale. Là aussi, ce sont les femmes qui sont en première ligne.

L’urgence est à la solidarité.

www.leetchi.com/c/solidarite-de-cuba-si-france-94-boulevard-auguste-blanqui-75013-paris www.secourspopulaire.fr

 

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Liberté Hebdo 1238: L'édito de Franck

1 Octobre 2016, 07:11am

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 Liberté Hebdo 1238: L'édito de Franck

L’ARGENT N’EST PAS TOUT

Les hommes et les machines ne sont pas commutables à merci. La commande publique doit générer de l’emploi public ou pour le moins pérenne. Quelle cohérence à utiliser les fonds de l’Etat pour permettre à de grands groupes financiers et industriels internationaux de produire ailleurs, à bas coût, dans des conditions sociales d’un autre temps, pour le seul objectif d’augmenter encore le bénéfice des actionnaires ?

Tous derrière Alstom comme un seul homme ! Voilà ce que nous devrions entendre de tout côté. Au lieu de ça, les pleurnicheuses pythies du marché « libre et non faussé » réclament encore plus de sacrifices sur l’autel du profit.

En 2008, l’Etat a sorti les milliards nécessaires pour assurer le sauvetage des banques et du système bancaire, pourtant englué dans une course aux profits des plus affolantes. «L’Etat ne peut pas tout », aveu d’impuissance d’un Premier ministre, le futur candidat Jospin, a laissé dans l’histoire une marque de renoncement. A tout le moins, le choc électoral qui a suivi en 2002 reste à jamais dans toutes les mémoires.

Chez Michelin, Renault Vilvorde, au pied des hauts-fourneaux de Florange, chez les Goodyear, à Air France... Et tant d’autres

depuis s’accumulent comme nuées sans que la classe politique ne retienne l’amère leçon du passé. Au lieu d’ouvrir l’horizon, de chercher des perspectives, d’offrir aux citoyens l’image et la volonté de s’affranchir du monde de l’argent. Pour le cas d’Alstom, nous sommes face à une ancienne entreprise nationale. Après son dépeçage en règle, l’entreprise ne cherche plus qu’à capter le maximum de bénéfices. Les commandes de machines sont pourtant bien issues de collectivités territoriales. C’est de l’argent public qui permet d’assurer le paiement des commandes passées à Alstom.

Aujourd’hui, la preuve patente d’un abandon du service public pour en confier les missions au marché est consternante. Un exemple : la SNCF et le rail. Le transport ferroviaire, passagers ou marchandises et ferroutage sont des outils d’avenir pour le développement des territoires. Pourtant, partout dans nos campagnes nous voyons des voies abandonnées, au pire, transformées en voie verte, pour les randonneurs, au mieux. Il y a 60 ans, aucun canton n’était délaissé. Au XXIème siècle, quel progrès ! Des départements entiers ne sont plus

les trains. Les bus « Macron », précarisant le personnel, accentuant le risque d’accidents routiers, polluant l’atmosphère au diesel, se développent. Le bilan environnemental, tant vanté, est catastrophique. Et comme l’a réclamé Alain Bocquet, le 28 septembre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, l’Etat doit honorer ses commandes de TER. 1000 rames étaient prévues en 2009, 218 ont été livrées.

Alors forcément, sur ce chemin, nous avons la démonstration que l’Etat ne VEUT pas tout. Que le socle collectif de la Nation ne soit plus défendu par ses élites ressemble à une désertion.

A force de céder des pans entiers des biens collectifs, comme ce fut le cas pour France Telecom ou les rentables autoroutes, nous perdons ce qui fait notre force et notre cohésion.

Le rôle de l’Etat est de permettre à chaque citoyen de travailler, se loger, se nourrir, se soigner, se cultiver et pourvoir à l’éducation de ses enfants. L’action publique a encore du sens. Et c’est le rôle des élus, portés par les électeurs, de le dire et le redire : non, l’argent ne peut pas tout, ne décide pas de tout.

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Zygmunt Bauman: «La panique que nous vivons se traduit par l’indifférence face aux appels au secours de ceux qui souffrent.»

28 Septembre 2016, 12:22pm

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                                       Propose recueillis par Romain Leick

Interview. Plus que nonagénaire, Zygmunt Bauman est un des plus grands penseurs de notre temps. En ce moment, c’est la crise des migrants qui l’occupe. Il explique son nouveau projet, «Retrotopia», variante expressive de l’utopie.

Zygmunt Bauman a dû quitter deux fois sa patrie, la Pologne. Né à Poznan en 1925, il a fui avec sa famille vers l’Union soviétique quand l’Allemagne a envahi son pays. Devenu commissaire politique, il y est revenu après la guerre. Après ses études, il a enseigné la sociologie à l’Université de Varsovie. En 1967, il quitte le Parti communiste, perd sa chaire et émigre en Israël.

Quatre ans plus tard, il rejoint l’Université de Leeds, en Grande-Bretagne. Dans ses multiples essais, il a notamment analysé la précarisation des conditions de vie dans un présent globalisé, inventant la métaphore de «société liquide», où l’individu est intégré par ses actes de consommation. Son dernier essai, Strangers at Our Door, paru ce printemps, a pour thème la peur des autres et la migration.

Vous avez été un réfugié. Que suscitent, chez vous, les titres de journaux sur la crise des migrants qui menacent d’envahir l’Europe?

Je crains que nous ne soyons au début d’un énorme déséquilibre. La hausse brutale du nombre de migrants qui frappent aux portes de l’Europe, résultat d’un nombre croissant d’Etats défaillants ou déjà faillis, exacerbe la peur profonde que notre bien-être et même notre survie ne soient menacés. Cette panique crée une situation émotionnelle explosive, d’autant que les politiques désorientés hésitent entre deux aspirations inconciliables: l’intégration et le repli sur soi.

L’immigration de masse ne va pas se tarir. L’Europe est-elle condamnée à l’impuissance? Est-il inutile de fixer des contingents et des limites supérieures?

Les causes de l’immigration de masse ne vont pas disparaître et l’ingéniosité des efforts visant à la contenir n’y fera pas grand-chose.

Mais les politiques ne peuvent se permettre d’être fatalistes.

La situation est fâcheusement équivoque. La panique que nous vivons en ce moment se traduit par une débâcle morale, par l’indifférence face à la tragédie et aux appels au secours de ceux qui souffrent. Des événements choquants deviennent routine, normalité. La crise est moralement neutralisée: les migrants et ce qu’il leur arrive ou ce qu’on en fait ne sont plus considérés d’un point de vue éthique. Dès que l’opinion publique comprend les réfugiés comme un risque, ils sortent du domaine de la responsabilité morale, sont déshumanisés, exclus de l’espace dans lequel la compassion et la solidarité sont jugées licites.

L’obsession sécuritaire, l’islamophobie et l’exclusion sociétale des migrants n’encouragent-elles pas justement une radicalisation de part et d’autre?

La peur, la haine, le ressentiment et l’exclusion génèrent une prophétie autoréalisatrice. L’inclusion et l’intégration seraient les meilleures armes de l’Occident. Il n’y a pas d’autre remède que la solidarité face à la crise dans laquelle se trouve l’humanité. La barrière entre nous et les autres doit être surmontée. Le premier pas consiste à entamer le dialogue. Les étrangers doivent devenir des voisins.

La peur de l’étranger, de l’inconnu est instinctive et le refus du contact en est la conséquence. Les autochtones et les immigrés vivent côte à côte, pas ensemble.

Il y a entre eux la frontière invisible du silence. Dans l’histoire de l’humanité, la proximité physique et sociale a longtemps été étroitement liée. Aujourd’hui, l’altérité est devenue la règle. Le problème des sociétés modernes ne doit pas être la manière d’éliminer les étrangers mais le moyen de vivre en voisinage avec eux. On est face à une situation entièrement nouvelle: l’altérité de l’étranger n’est plus une crise d’urticaire passagère, les étrangers restent et refusent de partir, quand bien même on espère dans son for intérieur qu’ils finiront par disparaître.

Ils ne sont ni des hôtes ni des visiteurs, ils ne sont pas de vrais ennemis mais pas non plus des voisins identifiés. Ils restent étrangers parce qu’ils se soustraient au moins partiellement à la législation locale, au mode de vie local et tiennent à leur spécificité.

Ils demeurent visibles car ils affichent leur altérité, notamment avec le foulard des femmes. Comment surmonter la contradiction de cet étranger qui est chez nous mais pas l’un d’entre nous?

Il faut se représenter la situation – ou plutôt le porte-à-faux – que vit le réfugié. Il perd sa patrie parce qu’il doit la fuir, mais n’en gagne pas une nouvelle parce qu’il n’est pas un immigré. Les réfugiés sont dans un espace hors du temps, ils ne sont ni résidents ni nomades. Ils se prêtent admirablement à la stigmatisation, au rôle de ces mannequins de paille que l’on brûle symboliquement en place publique pour éliminer les forces du mal.

L’immigration incontrôlée incarne l’effondrement de l’ordre. Ces nouveaux venus, dont le déracinement n’est pas notre affaire, nous rappellent notre propre vulnérabilité, la fragilité de notre bien-être.

Comme l’écrivait Bertolt Brecht dans Paysages de l’exil, le réfugié est le messager du malheur. Il apporte devant notre porte les mauvaises nouvelles, les guerres et les tempêtes lointaines. Il nous fait voir qu’il existe des forces globales, difficiles à se représenter, qui agissent au loin mais sont assez puissantes pour affecter notre existence.

Dans la xénophobie, rend-on le messager responsable du contenu du message? Après tout, nous ne pouvons pas grand-chose contre les forces insaisissables de la globalisation?

C’est une colère détournée qui atteint le réfugié. Le bouc émissaire soulage le sentiment dérangeant et humiliant de notre impuissance et de notre insécurité existentielle. Pour les ratisseurs de voix, exploiter les peurs que déclenche l’afflux d’étrangers est une opportunité. La peur a besoin d’exutoires. La promesse de maintenir l’indésirable étranger hors des frontières est une sorte d’exorcisme: il faut chasser le fantôme horrifiant de l’incertitude.

Le politicien populiste est-il un charlatan et un chamane?

La politique s’agite dans une incertitude endémique. Ses possibilités d’action sont locales, tandis que les problèmes qu’elle doit affronter sont globaux. Dans cette transition entre phase solide et phase liquide, fugitive de la modernité, on constate un hiatus accru entre politique et pouvoir. Les forces libérées de la globalisation se soustraient au contrôle des nations. Les institutions politiques s’avèrent toujours plus inappropriées pour maîtriser les nouveaux défis. La société fragmentée n’est plus une communauté. La souveraineté territoriale de l’Etat-nation s’érode, il perd de sa compétence à résoudre les problèmes et, par là, sa fonction protectrice.

La démocratie, qui a besoin du cadre de l’Etat-nation, échoue-t-elle face à la divergence croissante entre les objectifs et les moyens d’une action efficace?

Aux yeux des citoyens, la crise de la démocratie résulte de son incapacité, effective ou supposée, à agir. L’impuissance des politiciens, leur excuse selon laquelle il n’y a pas d’alternative et qu’ils ne peuvent pas faire autrement, sont vues comme une capitulation. La séduction de l’homme fort ou de la femme forte – Donald Trump aux Etats-Unis, Marine Le Pen en France – se fonde sur leur affirmation et la promesse invérifiable qu’eux sauraient agir autrement, qu’ils incarnent l’alternative.

Annoncer qu’on va remettre de l’ordre à coups de murs, d’interdictions d’entrée et de refoulements a un indiscutable attrait…

Le nationalisme et l’affirmation de l’uniformité ethnique servent à masquer l’absence de facteurs d’intégration dans une société qui se désagrège. L’Etat-nation ne retrouvera pas son panache. Les grandes villes de la planète sont depuis longtemps les laboratoires de nouvelles sociétés mixtes. Les tensions entre mixophilie et mixophobie y sont gérées dans le pluralisme des cultures. Le repli sur soi est une échappatoire trompeuse. Les portes sont brisées, on ne peut plus les fermer. La légitimité de l’Etat-nation reposait sur trois piliers: sécurité militaire contre l’extérieur, bien-être à l’intérieur, partage d’une langue et d’une culture. Ce socle est en miettes.

Que faire pour que l’humanité ne se retrouve pas dans une guerre de tous contre tous?

Umberto Eco, un des derniers grands érudits universels, insistait sur la différence fondamentale entre migration et immigration. En politique, on mélange sans cesse les deux notions. Un gouvernement peut régler et piloter l’immigration par des lois. Les migrations, en revanche, sont un phénomène naturel incontrôlable. Elles se produisent à la manière d’un séisme ou d’un tsunami. Point. Dans les grandes villes se rassemblent des groupes issus de la diaspora sans que quiconque n’ait jamais planifié un tel processus.

Une septantaine de communautés ethniques, religieuses, idéologiques vivent à Londres. Elles ne s’assimilent pas, ou alors superficiellement, à la différence des immigrés du XIXe siècle. Les Turcs d’Allemagne veulent être des citoyens loyaux mais ils veulent aussi rester Turcs. Pourquoi? Parce qu’ils sont le produit de migrations, pas d’une immigration. Or nous faisons comme si, à l’instar de l’immigration, les migrations étaient planifiables, réglables, contrôlables par les gouvernements de Berlin, de Berne ou de Londres.

Ils échoueront donc à maîtriser ce problème global avec une politique locale. L’intégration est-elle une chimère?

Il faut l’admettre: ceux que l’on nomme avec gêne et de façon mensongère les pays en développement sont à la porte de l’Occident et vont se ménager une entrée. Comme le disait le sociologue allemand Ulrich Beck: que cela nous plaise ou non, nous vivons depuis longtemps une situation cosmopolite, avec des frontières poreuses et une interdépendance universelle. Mais ce qui nous manque, c’est la conscience cosmopolite.

Avec le Brexit, la Grande-Bretagne n’en prend pas le chemin. L’«Alleingang» paraît toujours séduire.

La fixation d’un référendum par David Cameron fut une sottise politique capitale. Cela dit, dans l’histoire de l’humanité, l’intégration et la ségrégation vont toujours ensemble: nous et les autres. Intègre-toi ou on te fiche dehors. Mais ça, c’est le passé: les «autres» sont parmi nous, où est l’ennemi? Nous devons réapprendre le b. a.-ba de l’art de l’intégration si nous entendons être à la hauteur de la situation.

Les réfugiés qui n’obtiennent pas l’asile sont parqués dans des camps miséreux.

Ils sont traités comme des déchets d’humanité. Ils ont perdu le droit de décider, de s’affirmer. Ils sont hors la loi. Ce sont des gens sans identité, sans spécificités. Pour nous, ils sont inimaginables, impensables.

En cette ère d’universalité, le besoin de se tapir dans la communauté de ceux qui nous ressemblent se renforce?

Avez-vous déjà entendu la notion de «rétrotopie»? Retrotopia sera le titre de mon prochain livre. Il y a cinq cents ans, Thomas More écrivait Utopia, «le pays de nulle part» qui n’a pas encore vu le jour. Retrotopia est également un lieu qui n’existe pas. Pas parce qu’il n’existe pas encore mais parce qu’il a existé naguère.

A la différence de l’utopie, il symbolise la nostalgie d’un passé idéalisé qu’on ne peut retrouver.

Nous rêvons d’un monde sur lequel on peut compter, un monde de la conformité. Depuis Thomas More, on a vu se former un monde moderne, optimiste, sur le chemin d’Utopia. Lorsque j’étais clairement un fan du progrès, j’étais convaincu qu’une société sans utopie serait insupportable. L’utopie est l’espérance d’une vie meilleure à l’avenir.

Et aujourd’hui, c’est l’espérance d’une vie meilleure dans le passé?

Nous vivons sans doute un immense revirement. En Europe, les jeunes n’attendent plus de bénéfices de l’avenir mais des pertes. Ils forment la première génération depuis la Seconde Guerre mondiale qui redoute de ne pas conserver ni même atteindre le niveau et la qualité de vie de leurs parents. Visiblement, la France est le pays le plus pessimiste du continent: ils sont une majorité à craindre que l’avenir ne soit pire que le passé. La fin des utopies marque aussi la fin de la modernité. Nous vivons un désastre après l’autre: crise financière, chômage, précarité, terrorisme.

L’idée de progrès promet aujourd’hui moins l’espoir de voir sa situation personnelle progresser que la peur d’être largué. C’est pourquoi nous nous tournons vers le passé tout en avançant comme des aveugles.

A quoi ressemblent vos prévisions pour l’avenir?

Malgré tous les conflits, guerres et luttes de classes durant le capitalisme précoce, nos aïeux avaient un atout: le vivre-ensemble exigeait de la solidarité. Henry Ford savait qu’il devait payer ses ouvriers convenablement pour s’assurer la réussite. Le néolibéralisme a mis unilatéralement fin à cette réciprocité. La solidarité sociale a été évincée au profit de la responsabilité individuelle. C’est désormais l’affaire de chacun de veiller à sa survie dans un monde imprévisible, même lorsqu’on n’en a pas les ressources.

Le sentiment général de précarité qui a accompagné le processus de dérégulation économique avive la méfiance de tous contre tous. Parce qu’il entraîne des changements continus, le progrès représente une menace. Chacun est pour l’autre un adversaire ou un concurrent potentiel. C’est très inquiétant.

© Der Spiegel
Traduction et adaptation gian pozzy

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Liberté Hebdo 1237: L'édito de Franck

16 Septembre 2016, 12:29pm

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Liberté Hebdo 1237: L'édito de Franck

RENFORCER L’ACTION PUBLIQUE

Notre monde est très fragile. Nous avons le choix de changer. Dans nos façons de vivre, mais aussi de vivre ensemble. La dureté des coups portés à la démocratie, la fuite en avant sécuritaire, tout pousse au repli sur soi. Se rassembler, construire, organiser sont de meilleures réponses face aux grises mines des apôtres du libéralisme débridé.

Pour la quinzième fois, les organisations syndicales et de jeunesse se sont donné rendez-vous ce jeudi 15 septembre pour montrer la détermination sans faille contre la Loi Travail, injuste. Ils en réclament l’abrogation. Qui peut faire croire au peuple que la disparition des protections assurées par le code du travail va assurer plus d’emploi pour tous ? Au contraire, c’est le retour de l’arbitraire, de la loi du plus fort.

Malgré les profits, les entreprises n’embauchent pas plus. L’exemple redoutable d’Alstom est des plus criants. Les délocalisations, la quête perpétuelle d’un bénéfice, pour les actionnai

res, toujours plus grand, n’ont guère de sens quand les commandes industrielles dépendent de la volonté pobtique, et de l’argent pubbc. L’État doit prendre ses responsabihtés dans tous les secteurs où sa responsabibté est prépondérante.

L’usage de nos impôts nous interroge d’autant plus que la fraude fiscale ne semble pas être le premier des soucis de nos gouvernants. Le « trou » de la Sécurité sociale, antienne ressassée, monstre du Loch Ness de notre système de santé, serait bien vite comblé par l’argent non versé à l’État par les entreprises et les particuhers peu citoyens qui orchestrent l’évasion fiscale. Au contraire, le service pubbc semble abandonné par pans entiers, ouvrant de véritables « marchés » aux entreprises privées. Les usagers deviennent des cbents mais ne sont pas traités comme des rois. Pour les transports, comme pour l’école, la gratuité relève d’un choix pobtique, d’une orientation budgétaire et non des volontés des

industriels et des financiers.

Chaque commande effectuée chez un équipementier, comme Bombardier ou Alstom, est une commande pubbque. Nous devons changer, mais nous devons aussi changer de dirigeants. Ce choix impérieux s’imposera à tous en 2017 pour les élections présidentielle et législatives. Faisons notre choix au regard des programmes et portons partout où nous pouvons les conditions du rassemblement, indispensable pour gagner.

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Que le one-man-show présidentiel commence !

14 Septembre 2016, 17:35pm

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Que le one-man-show présidentiel commence !

Nous voilà entrés dans le dur. Les candidats se déclarent, les petites phrases assassines fleurissent sur les écrans. On sort les plus belles chemises blanches, on fait tomber la cravate ou la veste de tailleur, teintures, coachs minceur … L’horrible spectacle de la présidentielle est lancé ! Un préalable quand même pour bien pouvoir saisir la provenance de cette ironie acide, je me contrefiche de ce scrutin. A dire vrai, j’en suis au stade d’avoir perdu la moindre illusion quant au bénéfice que nous pourrions tirer du vote. Je vous rassure je n’ai pas sombré dans le côté obscur de la force. Je ne suis pas un néo-anarchiste ou un gauchiste et sa belle petite bouille de premier de la classe. Non, je suis comme des millions de français aujourd’hui, c’est-à-dire conscient que tout ceci est une farce de mauvais goût et que le pouvoir qu’aura le prochain monarque présidentiel sera aussi important et réel que celui de télépathe que nous nous inventions dans la cour de récréation entre deux B.N. Car oui, si on sort de la virtualité médiatique, on devine que le pouvoir se situe en fait dans les gigantesques et froides salles de réunion des multinationales ou des banques, dans les couloirs d’un blanc immaculé de la commission européenne. La politique, cet art noble de la gestion de notre destinée commune, pensé, discuté, fantasmé par les grecs, puis dans tout l’empire romain et continuellement durant les siècles qui suivirent jusqu’à aujourd’hui est devenu un art confiscatoire parfaitement maîtrisé par la bourgeoisie. Bon, cela a globalement été plus ou moins toujours le cas mais je trouve une singularité géniale de nos jours qu’il est intéressant de noter. La démocratie libérale elle-même.

Alors je pourrais ici vous jeter nonchalamment mon venin à la figure et ainsi terminer ma démonstration. Mais non. Je vais vous parler d’un sale personnage de notre histoire. Une sorte de mutation sarkozysto-vallsiste du XIXe siècle. Il s’agit d’Adolphe Thiers. Si vous envisagiez, par originalité ou sens de la provocation, d’appeler votre future petite merveille gavée durant de longs mois de testostérone Adolphe, je vous conseille grandement d’éviter car il y aurait une sorte de corrélation entre ce prénom à la sonorité un peu métallique et un penchant évident pour la boucherie. Ne souriront à cette blague mal inspirée que les fins connaisseurs de l’histoire politique française ou les amateurs d’Arte et ses innombrables documentaires sur la seconde guerre mondiale. Thiers, c’est celui qui massacrera la Commune de Paris, c’est-à-dire une sorte d’embryon du socialisme réel, durant ce qu’on appellera la semaine sanglante. Pour faire court, le peuple de Paris avait fait le choix de prendre son destin en main, de pratiquer l’autogestion, de résister héroïquement à l’envahisseur prussien, obligeant même le pouvoir officiel post-empire à se réfugier à Versailles. Thiers ne se contentera donc pas seulement de mettre fin à cette hérésie révolutionnaire, il pulvérisera le peuple de Paris avec violence et acharnement. Femmes, enfants, vieillards … Tout y est passé ! Un véritable bain de sang qui a du soulager la bourgeoisie parisienne de l’époque si on en juge par la violence des écrits épistolaires qui abordaient les événements du moment, dédicace à George Sand. Cependant, ça n’est pas l’épisode de la Commune que je voulais évoquer. Thiers à la base, est un monarchiste convaincu. Il aura la responsabilité de divers ministères sous la monarchie de Juillet, il est de notoriété publique un Orléaniste jusqu’au bout des ongles. Si vous ne savez pas ce qu’est un orléaniste, google est votre ami. Bref, alors que la France sort d’une défaite humiliante contre la Prusse, que l’Empire s’est éteint avec la capture de Napoléon III à Sedan, une toute jeune République auto-proclamée sur les marches de l’hôtel de ville de Paris naquit dans la douleur. Monarchistes et républicains se déchirent le pouvoir. La France est dans une sorte de parenthèse trouble. C’est là, à la surprise générale, que notre cher Adolphe Thiers se déclare pro-républicain et devient le premier président de la IIIe République.

Alors, ce choix il ne le fait pas par romantisme ou parce qu’une lecture s’est avérée être pour lui une révélation soudaine. Comment se justifie t-il alors de ce basculement brutal ? C’est très simple, laissez le peuple choisir ses dirigeants et vous donnerez une légitimité incontestable au pouvoir. Bien évidemment, le peuple ne choisit pas les candidats, c’est là où la subtilité est incroyablement ingénieuse. Les candidats sont labellisés par la bourgeoisie. Bref le capital investit pour des candidats qui n’auront plus qu’à appliquer une politique en sa faveur. Des candidats élus par le suffrage universel. Il est bien fait le monde … Voilà comment depuis des décennies plane l’ombre de la démocratie alors qu’en réalité cette affirmation est plus que discutable, vous en conviendrez. C’est ainsi que le philosophe Jean Salem écrivit un lucide petit ouvrage intitulé la démocratie de caserne.

Alors que ce système de représentation, voilà là aussi un concept discutable car les deux assemblées qui composent le parlement sont très majoritairement peuplées par des notables (avocats, médecins, notaires, chefs d’entreprises, universitaires … ), est contesté pour son impuissance manifeste, nous assistons à la mise en place d’un nouveau dispositif. Une sorte de rustine qui tente de contrecarrer le rejet de plus en plus partagé de nos institutions par les citoyens. Cette rustine, c’est le principe de la primaire. Nous pourrions donc, à gauche comme à droite, choisir nos candidats. Les têtes-pensantes de nos grands partis démocratiques ne sont pas allées très loin pour imaginer ce mécanisme. C’est ce qui se passe aux États-Unis. Là-bas il y a un long système de primaire pour désigner le candidat à la maison blanche. Ainsi, nous avons l’illusion de ne pas avoir un candidat imposé. Celui-ci serait choisi par des milliers de citoyens qui, après avoir pu comparer le profil des différents prétendants et leurs propositions, pourront choisir celui ou celle qui leur apparaît comme étant le meilleur candidat potentiel. Une belle ruse là aussi. Les médias, les sondages et le carnet d’adresses font le tri de ces différents candidats. Durant des semaines on bâtit des courbes d’opinion, les matinales choisissent scrupuleusement leurs invités et voilà le tour est joué !

La vérité, me semble t-il, est que tout ce système est totalement cadenassé. Le changement réel et brutal auquel nous aspirons par millions, il est évident qu’il n’émanera pas de cette farce républicaine. Il est, je crois, impératif de travailler dur pour recréer de la solidarité à la base, entre-nous, de nous former, d’acquérir des savoirs, de nous doter d’une puissante organisation étrangère à toutes ces manipulations malhonnêtes et surtout de lutter. Comme le font les salariés des usines liquidées, les étudiants dans leurs universités, les élus locaux contre les expulsions locatives et les fermetures de fluides … Tant que nous ne serons pas en capacité d’établir un véritable rapport de force avec ceux qui tirent les ficelles dans l’arrière-boutique, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer. Il n’y a pourtant pas de fatalité. Ce qui divise notre société, ça n’est pas le dieu qu’on prie, la tenue vestimentaire que l’on porte, l’orientation sexuelle des uns et des autres ou la couleur de la peau ; ce qui nous divise et nous a toujours divisé, c’est de savoir si le matin je me lève pour échanger ma force de travail contre un salaire ou chercher à pouvoir le faire en cas d’inactivité professionnelle temporaire, ou bien si je me lève en étant propriétaire de l’usine, de la banque ou de ce complexe agro-alimentaire. Car pour résumer, les seconds choisissent les candidats et les premiers subissent et subiront leur politique.

Alors chers amis, je n’encourage pas à fuir les bureaux de vote bien évidemment. Pour faire avancer nos idées, nos aspirations, il nous faudra créer des candidatures et avoir des portes-voix. Mais enfin, j’aurais plus d’enthousiasme à aider des salariés à occuper les usines, à prendre la rue pour exiger de vastes nationalisations et un nouveau régime politique véritablement démocratique … Bref, contrairement à d’autres je crois toujours en la révolution et je crois toujours qu’elle est le seul vecteur réel du changement. La révolution citoyenne, cela fait trembler les cadres moyens au régime sans gluten et qui vont au boulot à vélo. En attendant, je continuerai à exiger une candidature communiste pour 2017. Je n’aurais au moins pas à me pincer le nez pour faire glisser l’enveloppe dans l’urne.

Guillaume Sayon

 

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Liberté Hebdo 1236: L'édito de Franck

9 Septembre 2016, 15:59pm

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Liberté Hebdo 1236: L'édito de Franck

TROIS JOURS POUR VOIR LE MONDE AUTREMENT

La Fête de l’Humanité est le grand événement de rentrée pour les lecteurs et défenseurs du journal, les communistes et les progressistes, pour les jeunes et les amateurs de musique, pour tous les amoureux de la vie.

Concerts, débats, stands régionaux.... Du Village du monde à celui du livre, sur la scène des Pays du Nord et de Picardie, pendant trois jours, des centaines de milliers de personnes vont pouvoir échanger, fraterniser, débattre, construire des liens, faire des rencontres exceptionnelles.

L’Humanité, comme votre journal préféré, n’existerait pas si le monde était parfait. L’avenir est à construire. Les journaux indépendants sont de moins en moins nombreux. La bataille pour survivre est âpre et sans pitié. Face aux mastodontes médiatiques contrôlés par les industriels et les financiers, l’espace se resserre sans cesse pour qui veut faire entendre une autre musique que le prêt-à-penser.

Plus que jamais, la place que nous tenons est primordiale pour faire vivre les idées de progrès.

Frêle esquif, nous faisons néanmoins face à la tempête. Un vent mauvais flotte en permanence sur l’information.

L’haleine des chiens de garde, leurs aboiements rageurs nous poussent encore et encore à maintenir le cap. Plus que jamais. La force des idées repose sur la volonté des hommes à les diffuser et les mettre en oeuvre. Il faut de l’énergie pour combattre la pensée unique et un ordre moral de plus en plus insistants.

La Fête de l’Humanité rassemble toutes les énergies, toutes les étincelles dispersées dans le monde. Et met en lumière pour trois jours les affrontements, les crises mais aussi les espoirs, les victoires, et tous les chemins possibles pour parvenir à faire basculer ce vieux monde.

Pour promouvoir la paix, avant tout, dans les régions les plus exposés. Là aussi, l’Humanité donne une large place aux opprimés, défenseurs d’un monde plus juste, aux porteurs de paix en Palestine, en Syrie ou ailleurs.

L’événement dans la fête sera aussi la présentation du livre « Sans domicile fisc », d’Alain et Eric Bocquet (lire en pages 4 et 5). Un véritable coup de gourdin sur la tête de la finance à lire de toute urgence.

Des combats contre la Loi Travail il sera bien entendu question.

La détermination et la volonté de rassembler sont toujours à l’œuvre. Avec Jean-Claude Mailly, Force Ouvrière sera pour la première fois présent officiellement pour débattre des combats à mener. Un vrai symbole. A quelques jours de la manifestation du 15 septembre, la fête est le lieu idéal pour repartir gonflé à bloc.

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Liberté Hebdo 1235: L'édito de Franck

2 Septembre 2016, 20:24pm

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Liberté Hebdo 1235: L'édito de Franck

LA MACROKINITHÉRAPIE

Le décervelage est une opération coutumière. Pour vous vendre à répétition certains journaux, pour vous garder devant votre écran, votre présence assurant l’audimat justifiant le tarif des pubs encadrant « les informations » que vous regardez. Et quelles informations ? Au service de qui ?

Vous l’avez entendu, lu, vu...

Impossible de ne pas savoir qu’Emmanuel Macron, est « En Marche ! », n’est pas socialiste, est prêt pour le poste de président, n’est pas fâché avec Hollande, est soutenu par Gattaz (fils), patron du Medef - ou plutôt héritier du CNPF de papa -, on en oublie sûrement à son sujet...

En fait oublions-le !

Il sera difficile par contre d’effacer de notre quotidien les effets néfastes de la loi qui porte son nom, et des dégâts causés à la structure même de notre République par ses sbires et lui lors de son passage au gouvernement.

Le Tafta, traité de libre-échange transatlantique, prend l’eau. Ceux qui n’en parlaient pas avant jurent maintenant devant Dieu, pardon, devant les téléspectateurs que c’est une bonne chose. `

A part peut-être Guillaume Roquette, éditorialiste au Figaro, qui en bon héritier (aussi) pleure sur les conséquences de la fermeture des frontières...

Et des bénéfices manqués des groupes industriels et financiers qui soutiennent son journal. Sans surprise, ceux qui ont toujours dénoncé ce projet antidémocratique ne sont pas sollicités, ni même cités par les médias dominants.

A l’instar de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et député européen, qui a été le premier à dénoncer ce projet, à en donner lecture à tous (1), alors que les pseudo négociateurs réclamaient un silence total sur les clauses de ce futur traité...

Comment ne pas évoquer non plus les hoquets des médias sur les fantasmes burkinesques...

Une manière de faire oublier leurs soucis à la majorité des français qui n’ont pas pu, faute de moyens, partir durant leurs congés cette année ?

En matière d’exemplarité, la journée à Malo,

organisée par le Parti communiste du Nord (lire pages 6 et 7), prouve que la volonté trouve toujours un chemin. Un soleil radieux a accueilli les participants, qui pour la plupart n’eurent pas d’autre occasion pour voir la plage cet été.

Là aussi, le traitement médiatique n’a pas été à la hauteur des enjeux pohtiques de cet événement. Nous le déplorons. Mais ne nous étonnons pas.

C’est pour cette raison que Liberté Hebdo existe !

Et aussi pour poser les questions que les autres médias n’osent pas poser et diffuser les informations utiles au progrès humain, utiles à ceux qui luttent pour un monde meilleur.

C’est notre thérapie contre le décervelage. Nous ne devons pas l'oublier.

(1) « Dracula contre les peuples ; le grand marché transatlantique », Patrick Le Hyaric, Éditions L’Humanité, 8 €

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De quoi le burkini est-il le nom ?

27 Août 2016, 07:26am

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De quoi le burkini est-il le nom ?

Je ne prends pas ici la plume, en cette rentrée maussade, pour ne pas dire plongée toute crue dans les eaux bouillantes de la tétanie collective, celle qui nous paralyse quand l’histoire balbutie et dévale brutalement l’espérance et l’humanité heureuse, pour souiller à mon tour l’intelligence. Je ne parlerai pas ici du burkini ou de toute autre absurdité qui vient définitivement ôter aux honnêtes gens l’espoir que la transformation viendra du monde présent. Comment y croire quand le sinistre et vulgaire vautour de la droite affairiste plane de nouveau dans les cieux médiatiques pour concourir à l’intronisation suprême. Comment y croire quand on peut oser porter la dégressivité des allocations chômage alors que le couperet est déjà tombé. N’être plus rien aux yeux des autres. Sentir les regards pesants, vivre chaque heure avec le poids de l’inutilité dont on se convainc avec la force d’un ecclésiastique. Comment pourront accepter les 2000 salariés d’Air France arbitrairement mis à contribution pour dégraisser le mammouth une telle violence alors même que leur patron s’est considérablement augmenté et que le groupe fait d’importants bénéfices. Une sorte de double peine. Est-ce là le monde que nous acceptons de vivre définitivement ?

Est-ce que l’avenir, notre avenir, va se résumer à faire disparaître les nuisibles, les autres. Celui qui ne travaille pas, celui qui est étranger dans son pays, celui qui se bat et qui n’est coupable que de cela ? N’y a t-il donc plus que de timides et rares rages au cœur et au vente ? Notre siècle est-il celui du silence complice ? Rester immobile, s’indigner mollement dans sa cuisine le temps de la cuisson des pâtes ? Sans doute est-il trop simple de crier son indignation, de donner des leçons de courage. Je ne subis pas la fatigue qui vous écrase jour après jour comme un mégot dans le caniveau. Bosser toujours plus fort, toujours plus vite, rentrer, se laver, manger et se coucher et recommencer encore et encore. Même si j’ai connu quelques nuits muettes à me demander comment finir le mois, je n’ai jamais eu à endurer l’horrible questionnement qui consiste à savoir si j’allais pouvoir continuer à nourrir les enfants. Des millions de personnes se posent ces questions sans cesse. Alors ils veulent pouvoir s’évader, ils voudraient pouvoir dormir et ainsi rêver, mais non. Le rêve est un luxe. Même cela la bourgeoisie le confisque. Alors franchement, parler d’un bout de tissu sur une plage, qu’est ce que cela peut-il bien vouloir signifier dans ces petits appartements qui se chevauchent en dévorant faussement le ciel, dans ces pavillons de banlieue qui se ressemblent à en avoir le tournis ?

L’ouvrier de l’usine Renault qui pointe à la fin de sa journée, grignoté sournoisement et imperturbablement par les douleurs articulaires et la lassitude de ce travail idiot, visser, tapis, visser, tapis, visser, tapis … Que peut-il bien en penser du Burkini ? Il se trouvera sans doute un journaliste véreux qui pointera son micro vers un des gars pour savoir. Alors lui et sa fatigue, lui qui ne vote plus depuis des années, il dira ce qu’on lui souffle à l’oreille. Il dira exactement ce que la bourgeoisie veut qu’il dise. Mais lui s’en fiche comme de la chemise de ce DRH à Air France. Lui il a déjà imaginé égorger son patron, ou alors le mettre sur le tapis de la chaîne et lui visser de longues tiges de métal partout dans le corps. Une chemise c’est petit joueur ! C’est violent, malsain ? Non chers amis, pas du tout. Ce qui est malsain c’est d’évoquer le burkini quand les hommes en sont réduits à cette violence sourde, cancérigène. Tout le monde s’en fout de cette réalité là. Tout le monde s’en fout de cette violence ! Mais il faut manger malgré l’écœurement. Du matin jusqu’au soir, en boucle, à toutes les chaînes, sur toutes les pages. Mais surtout il ne doit pas oublier, il faut voter et bien voter.

C’est ainsi que je suis communiste. Attention, un vrai de vrai, je ne fais pas semblant. Je suis fils d’ouvrier, petit fils d’un mineur immigré, j’habite le nord de la France. Je suis comme monsieur et madame tout le monde. Je suis cerné par la violence, par cette haine mal digérée qui n’arrive plus à se contenir. Alors, à ma façon, je tente de l’apaiser cette haine et j’essaye de contribuer à ouvrir une perspective. Pas des jérémiades de communicants ou des postures rebelles. Pas tel un frondeur ou comme un simple électron libre de la gauche gentiment baptisée critique. Non je crois au renversement brutal, je crois en la possibilité de créer de l’ordre dans le chaos, parler, convaincre, s’organiser méthodiquement. Encore une fois, ne pas parler pour ne rien dire. Ne pas brandir de vieilles lunes éteintes. Non parler de la vie, la vraie et rendre possible ce qui ne l’est pas. S’approprier collectivement son usine, son champs, son bureau, avoir une maîtrise publique et collective du crédit, réaffirmer la nation autour d’un faisceau de valeurs renouvelées. Se partager goulûment la culture, le savoir, le temps. Dynamiter le règne de l’argent et réduire au silence et à la diète la plus stricte, les paltoquets qui se sont engraissés comme des porcs pendant que le monde crevait à leurs pieds. Espérer frôler le bonheur commun. Moi j’appelle cela le socialisme. Appelez-le comme bon vous semble. C’est de cela et de cela seulement, dont nous devons, sans jamais nous arrêter, parler. Il doit être un songe qu’on murmure à l’oreille, dans chaque foyer opprimé, celui capable de lever une armée qui, pour paraphraser le grand Robespierre, aura la force de mener à bien le plus sacré et le plus indispensable des devoirs, l’insurrection.

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1234: L'édito de Franck

26 Août 2016, 17:12pm

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Liberté Hebdo 1234: L'édito de Franck

UN ETE MEUTRIER

La canicule qui touche exceptionnellement notre région a tendance à faire oublier aux commentateurs que nous sommes loin d’avoir vécu un bel été.

Les attentats du mois de juillet à Nice ou à Saint-Étienne-du-Rouvray marquent un tournant dans notre vie. Les vies brisées des victimes, de leurs familles et de leurs proches laissent une marque indélébile dans l’histoire. Tout comme l’attentat-suicide visant un mariage en Turquie, ces effroyables et terribles procédés ne doivent pas nous éloigner de nos idéaux de paix, de solidarité et de fraternité.

Les agitateurs extrémistes secouent par de petites phrases malsaines le champ médiatique faisant émerger une vase brune.

Chaque incident est monté en épingle. Une rixe sur une plage en Corse a fait couler beaucoup d’encre, et encore trop de sang, avant que la réalité n’impose le silence à tous.

A chaque événement, ses petites phrases. Toutes plus perfides, nauséeuses et opportunistes que jamais.

L’appel à la raison doit être relayé par tous les élus de gauche, comme de droite. Que la droite républicaine prône la fermeté, l’intransigeance, c’est dans sa nature. Mais quand elle glisse ostensiblement vers des thèses sécuritaires, habituellement l’apanage des fascistes, pour des questions électoralistes, l’équilibre de notre démocratie est bien perturbé.

Nicolas Sarkozy, roi de la récupération et amnésique de ses erreurs, en profite même pour tenter de se remettre en selle. Comme si la boue pouvait lui servir de marchepied pour atteindre les étriers !

La course aux candidats pour les élections présidentielles fait rage. Alors que pour bon nombre de nos lecteurs, chaque fin de mois est synonyme de plus en plus d’ingéniosité pour faire bouillir la marmite.

Pour beaucoup, il n’a pas été question de vacances. Et dans bien des entreprises, la lutte n’a pas fait relâche non plus.

Malgré des annonces hâtives de François Hollande sur les chiffres du chômage, l’emploi est la préoccupation majeure des habitants de notre région.

L’enjeu est de bâtir le plus grand rassemblement possible pour construire la perspective d’un changement de politique.

Un changement basé sur des valeurs de paix, de progrès, d’humanité.

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Liberté Hebdo 1230: L'édito de Franck

30 Juillet 2016, 07:52am

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Liberté Hebdo 1230: L'édito de Franck

MA FRANCE SOUFFRE

Pendant la guerre des chapelles,les crimes continuent. Les polémiques stériles de Nice tournent en bouclent sur les chaînes d’infos en continu quand tombe l’information d’un nouveau crime perpétré cette fois-ci dans une église, celle de Saint-Etienne-du-Rouvray (76).

Un prêtre égorgé et un fidèle grièvement blessé. Tous les responsables religieux, toutes religions confondues, ont unanimement condamné cet acte qui n’a rien avoir avec la foi.Nous retiendrons l’image,et les paroles,dignes,humaines, d’Hubert Wulfranc, maire (PCF) et conseiller départemental.

«Soyons ensemble,les derniers à pleurer.

Soyons ensemble,debout contre la barbarie et dans le respect de tous » a-t-il demandé à la fin de sa déclaration le jour de l’assassinat .Sa voix, son visage, chargés d’émotion et de peine sont ceux d’un élu de la République,d’un homme,confronté à l’horreur. Les auteurs des faits sont morts.

Photos et noms circulent. Tous les bouts de vie de ces jeunes monstrueux sont décortiqués dans les médias sans qu’aucun de ces éléments ne servent vraiment à trouver une solution au problème.

Il semble que notre génération paie le prix fort d’un abandon politique lointain. Un abandon qui a placé tous les secteurs de la fonction publique dans une situation critique dont les conséquences sont aujourd’hui très perceptibles, à défaut d’avoir pu être prévisibles. Quoi que.... Nous sommes convaincus que la priorité est de renforcer les liens républicains. En commençant par donner aux services publics les moyens de fonctionner.

A chaque nouveau drame,un dysfonctionnement apparaît et les causes ne sont jamais examinées à la loupe.

Quand un JeanClaude Gaudin, maire de Marseille, s’en prend à Christiane Taubira sur les bracelets électroniques, il reste dans la bassesse de l’attaque politicienne et des petites phrases qui coûtent déjà bien cher à l’adjoint à la sécurité de Nice, Christian Estrosi.

Ces élus de droite pensent récupérer sur ces drames les voix qu’ils ont perdues.

Ils comptent déjà 2017.

Il existe une jeunesse en France sensible aux sirènes nauséabondes. Parce que les liens sont rompus avec la nation. Parceque l’accumulation de « réformes », de baisse de budgets, laisse des gens démunis face à la crise et à la misère.

Voilà l’ennemi, la misère.

Celle qu’on a laissé se développer et qui sert de terreauaux opportunistes de tout poil, du fascisme au radicalisme religieux, qui se fournit parfois en armes grâce aux mêmes réseaux. Aujourd’hui, l’urgence pour tous les citoyens est celle du retour de la sécurité.

Mais ça ne suffira pas. La disparition du service national, supprimé par Jacques Chirac, la réforme des services de police, puis de services de renseignements, menée parNicolas Sarkozy,la réforme du système de justice menée tambour battant sur ordre de Sarkozy, par Rachida Dati, la révision générale des politiques publiques lancée en 2007 par Nicolas Sarkozy, avec le non-remplacement des départs en retraite,…

La liste est longue des effractions commises dans notre belle République ,fragilisant dans de multiples secteurs le fonctionnement des services publics. Les privatisations des grands secteurs comme la télécommunication, la poste, l’énergie, Air France, ... ont bouleversé l’équilibre social bien plus sournoisement que nous le déplorions.

Tout comme notre politique extérieure, qui nous fait passer aux yeux des habitants de Syrie et d’Irak pour des agresseurs. Tant que nous ne traiterons pas les blessures de notre société, nous aurons des difficultés à contenir les haines que Daech veut faire s’exprimer sur notre territoire.

N’oublions pas que chaque attentat révèle une faille de notre société. Un nouvel empilement de textes sécuritaires ne résoudrait rien. La priorité est de redonner à la République toute sa capacité d’action pour tous les citoyens,ruraux ou urbains, jeunes ou vieux, sans distinction de religion, ni d’origine.

Chaque Français doit pouvoir sentir la force du collectif. Ensemble, pour la paix.

 

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Liberté Hebdo 1229: L'édito de Franck

22 Juillet 2016, 17:57pm

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Liberté Hebdo 1229: L'édito de Franck

L’EFFROI ET LA COLÈRE

En pleine fête nationale, la mort a pris le volant d’un camion pour faire un maximum de victimes innocentes au moment le plus inattendu.

Après Paris, Bruxelles, voilà Nice qui rejoint la triste liste des villes européennes touchées par le terrorisme issu de l’islamisme radical. Un terrorisme vil, sournois, corrompu, aux formes de plus en plus floues.

A chaque fois, les porteurs de morts sont de jeunes hommes déclassés, peu scrupuleux dans leur vie et sur lesquelles une conversion brutale, tombée du ciel, entraîne une issue fatale, redoutablement destructrice pour les autres. Comment connaître les motivations profondes qui poussent les auteurs de ces crimes au passage à l’acte ? La religion n’est qu’un prétexte, un exutoire.

Les croyants, toutes religions confondues, sont extrêmement choqués.

Dans le tonnerre de déclarations qui a suivi ces crimes atroces, on relèvera, car il est tombé bien bas, le cas Estrosi. L’actuel président du Conseil régional PACA a oublié ses déclarations de maire et s’est vautré le soir-même dans une tentative de récupération politique de la plus basse manière. Des centaines de caméras de surveillance équipent la ville de Nice. Après les meurtres de masse commis par les frères Kouachi en janvier 2015, l’édile niçois prétendait qu’avec ses caméras, un tel attentat ne pouvait avoir lieu dans sa ville.

On se demande encore pourquoi les habitants lui en ont donné les clés…

Dans le même temps, en Turquie, Le président Erdogan a engagé une répression effroyable envers tous ses opposants à la suite de l’échec du coup d’État mené par les militaires.

C’est un nouveau sujet d’inquiétudes pour l’ensemble des minorités, principalement kurdes, du pays, mais aussi pour l’ensemble des démocraties européennes.

Quand dans notre pays se dresse tout un arsenal illusoire de mesures sécuritaires au prétexte du dernier attentat, alors le gouvernement ne résiste pas à imposer la réforme du Code du Travail à grands coups de 49-3, les citoyens que nous sommes ont toutes les raisons d’être inquiets pour l’avenir.

En tout cas, les opposants à la Loi Travail ne désarment pas.

C’est un signal encourageant pour les semaines à venir.

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Le remède à l’impuissance politique : le socialisme

20 Juillet 2016, 05:45am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Vous en conviendrez avec moi chers lecteurs, les progressistes que nous sommes attendions désespérément les premières chaleurs estivales synonymes de quelques jours de repos bien mérités. Traditionnellement l’été laisse un peu la politique tranquille et nous pouvons avec délice nous plonger dans quelques romans mis en attente depuis des mois, nous pouvons courir la route et la terre pour nous ressourcer loin du foyer, des petites habitudes si éreintantes. Pourtant, il semblerait que cette trêve ne veuille pas pointer le bout de son nez cette année. L’horrible carnage niçois, le coup d’État à Ankara, avant cela le Brexit, les ultimes mobilisations contre la loi travail avant une reprise en fanfare à la rentrée. D’autres événements sont moins connus et pourtant ils vont peser dans l’avenir, je pense au sommet de l’OTAN, le bras armé de l’imperium états-unien, qui s’est tenu à Varsovie les 8 et 9 juillet. D’ici 2020 un vaste bouclier antimissile financé à coup de centaines de millions de dollars sera opérationnel en Europe, l’installation d’un système antimissile en Corée du Sud inquiète beaucoup au Kremlin et pour cause … La Russie est de nouveau désigné comme un ennemi potentiel et les États-Unis, en accord avec Paris, Londres et Berlin s’apprête à renforcer les moyens techniques et humains pour faire la guerre. Bref l’Europe accepte servilement les délires de domination de Washington. Sans jouer les corbeaux de malheur, les conclusions de ce sommet font froid dans le dos. Sans doute faut-il lucidement s’attendre au pire. Nos États européens, si prompt à détruire leurs modèles sociaux et à pressurer les salaires, s’engagent à considérablement renforcer leurs dépenses militaires. Tout cela incarne à merveille la folie dévastatrice de ceux qui nous gouvernent. Plus encore, de ceux qui dirigent notre pauvre monde, héritiers des bourreaux du siècle dernier.

C’est justement pour cette raison que le communisme doit plus que jamais refaire surface. Il ne s’agit pas de simples délires ou d’une passion malsaine de la bourgeoisie pour le sang et les charniers. Les quelques maîtres de ce capitalisme enraciné aujourd’hui dans les logiques impérialistes se mènent une guerre qui ne connaîtra pas de fin, sauf si les peuples les dépossèdent de leurs outils. Il est aujourd’hui criminel de vouloir faire muter le mouvement révolutionnaire en une risible et fade copie de lui-même. Hier nous nous inspirions de nos camarades cubains, à la fois héroïques et constants dans leur combat contre le belliciste voisin américain. Hier nous dénoncions la trahison d’une vaste partie du mouvement socialise allemand, l’erreur historique du PCI qui s’est fourvoyé dans le fantasme du réformisme. Aujourd’hui nous voilà les amis de Tsipras qui, il y a tout juste un an, trahissait en 24 heures le peuple qu’il avait pourtant appelé à la résistance via un référendum historique.

Depuis nous réitérons les erreurs d’analyse et vendons notre amitié à la social-traîtrise. Peu importe que l’on me pense fiévreux ou nostalgique, les siècles passent, les technologies progressent mais les logiques qui guident le monde demeurent irrémédiablement les mêmes. C’est la nature du capitalisme qui est ainsi faite. Le jeune philosophe marxiste italien Diego Fusaro, le rappelle dans une courte vidéo que je vous conseille grandement (ici). Le capitalisme comme métaphysique de l’illimité. C’est là la clé de compréhension essentielle à avoir à l’esprit. L’humanité court à sa propre perte pour cette raison. Dans « Le Capital », Marx a eu cette formule limpide : « Rien qui ne devienne vénal, qui ne se fasse vendre et acheter ! La circulation devient la grande cornue sociale où tout se précipite pour en sortir transformé en cristal monnaie. Rien ne résiste à cette alchimie, pas même les os des saints et encore moins des choses sacro-saintes, plus délicates ». C’est bel et bien le cœur du problème. L’instinct de prédation, de captation, d’accumulation du capital. Cela en totale contradiction avec l’aspiration de l’immense masse de ceux qui n’ont pas droit au partage, la classe laborieuse.

Mon inquiétude est que cette base philosophique, qui devrait être le cœur de notre pensée comme le noyau l’est pour l’atome, semble totalement proscrite et oubliée. Nous sommes tombés dans le piège qui consiste à penser le capitalisme comme un horizon indépassable, la fameuse théorie de la fin de l’histoire. C’est aussi, et pardon de devoir de nouveau égratigner les mélenchonistes chevronnés, la limite du très vendeur éco-socialisme. Oui la planète est en danger et notre civilisation avec. Les signes de l’extinction de notre ère commencent à se faire sentir. L’illimité c’est vouloir tout transformer, produire à grande échelle et ce à n’importe quel prix. Raréfaction des ressources, destruction de l’écosystème, pollutions de l’air et de l’eau. Cependant, ne pas poser comme règle imprescriptible la transformation de l’outil de production dans l’optique d’ériger le socialisme consiste, une nouvelle fois encore, à tromper le peuple. C’est pourtant, n’ayons pas peur de le dire, la survie de l’humanité qui est en jeu. Derrière la rhétorique et les formules clinquantes, Mélenchon ne propose rien d’autre que quelques ajustements. C’est dans la même verve que l’hérésie Piketty. On ne peut combattre le capitalisme avec ses propres armes, c’est au moins un enseignement positif que l’histoire nous lègue. Si le PCF était à la hauteur de la mission qu’on est en droit d’attendre de lui dans ce clair-obscur gramscien, Mélenchon passerait en réalité pour ce qu’il est, un honnête et tranquille keynésien, pas si féroce que cela pour les puissants. Ils ont été utiles en leur temps les keynésiens. Assurer la paix sociale dans un intervalle de grande prospérité et alors que le mouvement ouvrier était fortement organisé. Cependant, je doute que l’heure est à imaginer avoir recours à cette douce et cruelle illusion dans les années à venir. Pour autant, quelques heures d’audimat permettent de neutraliser toute tentative d’organisation de ce qui reste du mouvement communiste en France.

C’est une lutte de chaque instant pour ne pas céder au chant des sirènes du fatalisme, pour ne pas désespérer de notre temps. Cependant, même si l’on déteste la tragédie et sa pompeuse destinée, force est de constater que l’on se sent presque investi d’une mission. Faire vivre ou plutôt survivre l’essence de la seule et possible alternative à tout cela, le socialisme. C’est beaucoup de travail et d’abnégation. C’est avoir un sens aigu du sacrifice. Mais comme l’écrivait si merveilleusement bien Aragon, « s’il donne sa vie, comme soixante-quinze mille des nôtres l’ont fait devant les fusils des pelotons d’exécution allemands, et de bien d’autres manières, sa récompense est que les siens, que les Français, les hommes de son peuple, de sa nation, grâce à ce sacrifice, seront un tout petit peu plus près du bonheur que s’il n’avait pas accepté le martyre. La récompense pour le communiste est affaire de l’espèce humaine et non de l’individu. La croyance au progrès, au progrès indéfini et infini de l’homme, en la montée de l’humanité vers un soleil que, lui, ne verra point mais dont il aura préparé obscurément l’aurore, voilà ce qui anime et soutient le communiste, voilà l’idéal du communiste ».

Guillaume Sayon

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