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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #edito

Bonne année, paix et santé

31 Décembre 2016, 09:32am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

2016 s’achève dans notre pays avec cette imposture gouvernementale consistant à octroyer une augmentation du SMIC de 35 centimes d’euros par jour. 11 euros par mois. Au même moment, le candidat Valls, heureux premier ministre qui a fait usage six fois du 49.3 notamment pour imposer sans débat la loi improprement baptisée « Travail », promet s’il est élu d’abroger ce symbole antidémocratique.

Le tableau serait incomplet si dans ce panorama antisocial il n’y avait les annonces du vainqueur surprise des primaires de la droite. Fillon l’homme qui promet de massacrer à la tronçonneuse la sécurité sociale, les droits sociaux, les statuts, l’emploi public et d’alléger dans un même mouvement la fiscalité sur le capital sans parler des questions sociétales vue à travers le prisme réactionnaire des manifs pour tous.

Dans sa marche à front renversé, celui qui fut cinq ans durant premier ministre de Sarkozy, veut en passer par tous les dispositifs constitutionnels pour mettre en œuvre dans les six mois consécutifs à la présidentielle son programme. Ce que son ami Guaino lui reproche en comparant la démarche à celle de Laval en 1935 lorsque ce dernier, président du Conseil de la 3ème République, demanda et obtint de la Chambre l’autorisation de légiférer par décrets-lois et ordonnances.

« La sociale » ce film de Gilles Perret, qui fait un tabac dans les salles depuis sa sortie, est d’ores et déjà un formidable antidote à la déprime que pourrait susciter la lamentable course au pouvoir à laquelle nous assistons dans ce qui est considéré par l’élite médiatique comme les principales écuries d’une alternance sans risque pour le véritable pouvoir toujours dissimulé sous les ors d’une République accaparée par des valets : celui du capitalisme financier.

Au moment où le pays sortait exsangue de la guerre, il s’est trouvé des hommes, des militants, des communistes tels qu’Ambroise Croizat, ministre du gouvernement de Gaulle, pour engager une politique de reconstruction du pays dans l’esprit du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) intitulé « Les jours heureux ». La classe ouvrière qui « dans sa grande masse était restée fidèle à la patrie profanée » fera ainsi la démonstration de sa capacité à gérer le pays dans l’intérêt bien compris de son peuple.

Ce retour sur l’histoire, sur l’intelligence collective et le dévouement du mouvement ouvrier, n’a rien de ringard comme le prétendent les chantres de la modernité à reculons qui peuplent les rédactions des moyens d’information détenus par les Bolloré, Drahi et autres Dassault… c’est précisément parce que les travailleurs n’ont aucun intérêt à accumuler des profits, à s’octroyer des salaires et des retraites chapeau aux montant faramineux, qu’ils peuvent agir en ce sens véritablement et uniquement en faveur du progrès social.

Rien à voir non plus avec l’impasse populiste et démagogique d’un FN qui prospère, en répandant sa propagande de haine et de stigmatisation des étrangers, sur le désarroi enfanté par la politique libérale d’austérité, sévère pour les petits et bienveillante pour les puissants.

« Le commun » c’est, au contraire, l’objectif des femmes et des hommes qui, depuis la création des bourses du travail en 1892, construisent la solidarité en luttant pour une juste répartition de la richesse produite par la classe ouvrière, pour l’accès de celle-ci aux savoirs, aux droits sociaux garantis à la santé pour la famille et au logement. Le syndicalisme, si décrié ce printemps quand la mobilisation impulsée par la CGT visait à préserver ces droits et à défendre l’emploi, est en cela un formidable espoir de bonheur partagé. Une idée neuve parce que en perpétuel devenir.

C’est aussi cette volonté tranquille et forte qui, sans se départir des valeurs universelles de Liberté d’Egalité de Fraternité, de la laïcité, permet et permettra de résister aux menaces barbares, au terrorisme revêtu de croyance et de fanatisme destructeur d’humanité. Dans le fracas actuel d’un monde déstabilisé par les guerres d’intérêts et de contrôle des ressources naturelles, d’une planète fragilisée par les dérèglements climatiques aux mêmes origines capitalistes, cette volonté est aussi précieuse qu’indispensable pour faire prévaloir, par un rassemblement populaire suffisamment fort, et au-delà des frontières, la diplomatie et la paix, l’humain plutôt que l’argent roi tout au long de l’année 2017.

Bonne année à tous.

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Danger y compris nucléaire ou le complexe de Samson

31 Décembre 2016, 09:12am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Maintenant que je vous ai dit -et je le pense- à quel point l’antisémitisme ordinaire qui émaille certains posts dans les réseaux sociaux est intolérable, je voudrais dire à quel point je considère que l’extrême-droite israélienne porte une lourde responsabilité dans ce qu’il adviendra, d’Israêl et au-delà d’Israël de ce qu’elle est prête à accomplir pour maintenir sa politique irresponsable .

 

Déjà aujourd’hui ce qui est en question est la survie d’Israël alors même que le vote du Conseil de sécurité ne met absolument pas en cause cette existence, simplement une occupation totalement injustifiée des territoires palestiniens et des constructions totalement illégales. Aucune nation représentée à l’ONU ne défend officiellement la fin d’Israêl, mais dans le même temps la vague des opinions publiques va déjà au-delà en délégitimant son existence ; Il n’y a pas réellement de force politique responsable, ni d’Etat pour remettre en cause cette existence,  Mieux ou pire,  personne ne propose même des sanctions et cette indulgence au niveau du droit international, loi d’être une garantie de survie,  accompagne et nourrit une campagne qui exige la fin d’Israël, nul ne peut se masquer ce fait. .Ce qui se passe dans les réseaux sociaux n’est que le reflet de cette avancée de l’opinion vers la fin de cet Etat et le recours aux vieux poncifs de l’antisémitisme, le recyclage du protocole des sages de Sion, la mise en évidence d’une hypothétique domination juive mondial qui substitue les juifs au capitalisme.

 

Dans ce cas comme dans d’autres, face à la remise en cause du droit international cautionnée par l’ hégémonie occidentale en perte de vitesse et l’injustice insupportable qui en résulte sans moyen d’imposer une solution, les monstres surgissent dans cet entre deux. Faute d’une solution politique et de forces capable de l’imposer le pire paraît l’issue inévitable et ne pas le mesurer est une folie.

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Pendant ce temps, l’extrême-droite israélienne cherche des alliés dans toutes les forces les plus réactionnaires: « nos amis les antisémites »,par exemple  l’entourage suprématiste blanc du futur président des Etats-Unis , Qu’importe si ce sont des antisémites, des nostalgiques des nazis que l’on a pour alliés, pourvu qu’ils soient les inconditionnels de la politique inique d’Israël. « Jusqu’où, comme le disait Abraham Berg, laissera-t-on Hitler déterminer notre destin ». L’extrême-droite a tranché: plutôt Hitler qu’un Etat palestinien. L’extrême-droite mais pas seulement elle, et c’est bien là ce qui a fait le lit, comme partout, de l’extrême-droite, une gauche qui allie à l’impuissance la proclamation vertueuse et les pratiques les plus contestables . .La démocratie  s’exerce dans un club des nantis et dans le mépris des ,exploités et du droit international. Il était si facile alors d’ériger Israël en incarnation de ces espoirs trahis, la deuxième guerre mondiale avait été une duperie et le nazisme jamais éradiqué. Le négationnisme n’était plus seulement dans les mots mais dans les faits.avec la victoire sur le communisme et le soviétisme. .On a interdit aux Russes de participer à la libération d’Auschwitz pour mieux défendre les suppôts de Bandera au pouvoir en Ukraine, sous la bannière étoilée déployée derrière celle de l’OTAN .

 

OUi mais voilà ce qui est programmé au Moyen orient et ailleurs, n’est pas une fin comparable à celle de l’Union soviétique, le cheval de Troie introduit de nuit dans la place dans une forêt de Biolorussie par trois ivrognes faisant aussitôr allégeance aux Etats-Unis. Le compte à rebours du plus sanglant des règlements de compte a débuté et loin de songer à arrêter le minutier des fous furieux accélèrent l’inévitable. Un jour Chomsky a parlé à propos d’Israêl du « complexe de Samson », cette figure légendaire de la bible qui meurt avec ses ennemis sous l’édifice dont sa force herculéenne a fait tomber les piliers de soutènement . Il avait mis en garde sur le fait qu’il y a dans ce mélange détonnant des gens  prêts à faire exploser une bombe atomique..

 

Il est peut-être encore temps de songer à une solution négociée, je l’ignore, mais je crains plus que tout qu’il ne reste plus que le massacre et l’arrivée d’un irresponsable à la maison blanche laisse mal augurer de l’avenir. L’aide qu’il va apporter à l’extrême-droite israëlienne, y compris en installant son ambassade à Jérusalem loin de sauver cet Etat, l’entraîne plus avant vers une explosion généralisée. Obama une fois de plus a préparé le terrain; Non  pas comme on pouvait l’espérer de celui à qui était accordé un prix Nobel anticipé vers   un règlement pacifique,  mais consistant à faire de son successeur une grenade dégoupillée jetée sur un monde malade. Obama l’a fait en se donnant des objectifs impériaux tout en sachant qu’il n’utiliserait pas la force nécessaire pour les réaliser, le discours du Caire était un coup d’épée dans l’eau., il a partout multiplié les foyers de guerre y compris nucléaire.

 

Et c’est pour cela que rien n’excuse le racisme, pas plus que Daech ne justifie la vague anti-musulmane, pas plus l’extrême-droite au pouvoir en Israël, le CRIF qui se prend pour le porte parole des juifs de France, ne justifient l’antisémitisme. qui se développe. L’antisémitisme ne concerne pas que les juifs, il est le moule dans lequel se forgent toutes les haines et leur croissance sans borne, parce qu’il est ancien, parce qu’il n’a pas apparemment aucun signe distinctif et surtout parce qu’il offre à la lutte des classes son double personnage, le révolutionnaire et le capitaliste. Partout dans le monde, faute d’être apte à défendre des solutions de paix et de progrès on assiste au même dévoiement vers la haine, la recherche de boucs émissaires. Et tous y compris ceux qui aujourd’hui croient que la haine d’Israêl est leur victoire en seront les victimes. Parce que le racisme est indivisible et que la boîte de Pandore est ouverte par des gens aux intérêts médiocres de rapaces. Des gens qui veulent qu’un système qui fait eau de toute part perdure. C’est le terrain idéologique sur lequel les extrêmes-droites sont prêtes à sacrifier l’humanité pour que survive le capitalisme.

 

Y a-t-il encore une alternative politique à opposer à ce terrible danger? Qu’en est-il du communisme, d’un veritablde rassemblement autour de la justice et de la paix? Si être communiste à un sens pour moi c’est ce cri célèbre : « Imbéciles, c’est pour vous que je meurs », cette dernière phrase de Valentin Feldman l’adressera à ses bourreaux, aux nazis qui allaient le fusiller au Mont-Valérien.

 

Il ne nous reste plus qu’à tabler   sur la capacité de négociations de puissances régionales, en Asie celles qui tout en ne dénonçant pas les alliances traditionnelles avec les USA freinent des quatre fers à l’idée d’un conflit avec la Chine. Au Moyen orient et dans l’Asie centrale, la mise en oeuvre de négociations qui mettent hors jeu les Etats-Unis et ses alliés, pour confronter des intérêts réels et pas des idéologies vides de sens… Dans quelle mesure la Russie va-t-elle pouvoir nouer un partenariat mutuellement avantageux avec le nouveau président? Toutes ces solutions sont à la fois l’amorce d’un monde nouveau, une alternative à la menace et dans le même temps elles sont doublement fragiles: parce qu’aucune de ces puissances ne peut remplacer l’hégémonie américaine, ce qui peut être une chance mais aussi quand la puissance hégémonique s’accroche à sa domination une faiblesse. Et surtout  parce que ce nouveau monde multipolaire reste celui d’Etats dominés par le capitalisme, ‘insuffisamment ancrés sur la colère des peuples, sur une perspective de progrès réel. Un monde multipolaire basé sur la négociation mais en tenant compte de quels intérêts?

 

Je voudrai enfin ajouter qu’il y a eu une autre résolution à l’ONU : elle a été adoptée par l’assemblée générale des nations Unies. Elle n’a pas opposé les camps habituels mais ceux qui détiennent l’arme nucléaire et les autres qui ont décidé d’une conférence. On n’en a pas beaucoup parlé et pourtant il y a là une prise de conscience qui mériterait une écoute. La Chine est le seul membre du Conseil de Sécurité à s’être abstenue, alors que tous les autres de la Russie aux Etats-Unis, en passant par la france et israêl, tous les pays pourvus de l’arme nucléaire se sont opposés à cette exigence de désarmement. .

 

Danielle Bleitrach

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Liberté Hebdo 1250: L'édito de Franck

16 Décembre 2016, 20:58pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1250: L'édito de Franck

L’INTERET SUPERIEUR DES POPULATIONS

 

La Syrie, meurtrie, semble loin de nous. pas un jour sans qu’un nouveau cri nous parvienne. Plus que ceux des victimes, des morts et des blessés, ce sont ceux des politiques occidentaux prodigues en solutions que nous entendons à longueur de flashs télévisés ou sur les ondes radiophoniques. Etouffés les cris des victimes par un concert de propagandes diverses et de tentatives outrées de récupérations politiciennes.

Conseils, avis, analyses... Comme au bon vieux temps, tout récent, sur les corps d’enfants frappés par les balles, des conseils du bon docteur Bernard-Henri Lévy. Toujours prêt à soigner le monde des désordres et du chaos, il est heureusement silencieux. Mais il a lancé une épidémie puissante qui fait  que n’importe quelle voix forte essaye d’imposer un point de vue dans un conflit, à nos portes, que le citoyen ne comprend plus.

D’ailleurs, les éléments pour comprendre sont peu fournis, comme si le citoyen n’était bon qu’à s’indigner.

La raison n’a plus sa place quand la guerre est installée. Et pour les Syriens, quel que soit l’horizon, la souffrance s’accumule depuis six ans.

Elle explose, cette souffrance, indifférente aux états d’âme télévisuels des candidats à la présidentielle française.  

Entre les armes françaises qui se sont retrouvées ente les mains de « rebelles », complices de Daech, les hésitations américaines qui ont retardé toutes les  tentatives d’intervention, les populations de Syrie ne verront de différence qu’avec l’arrêt des cormbats et la paix.

Les frappes russes, énormément décriées, sont-elles vraiment les seules responsables des dégâts ?

L’engrenage fatal que personne n’a su endiguer en porte les conséquences.  

Ni l’Europe, ni les Etats-Unis, n’ont su bâtir une réponse à la hauteur du danger, faute d’avoir une perception du conflit détachée de leur volonté de faire tomber coûte que coûte in fine le régime de la famille Assad.

Prenons garde que les schémas géopolitiques plaqués sur ceux de la guerre froide ne causent des dégâts irréversibles sur le plan international.

Pour nous, face à l’horreur de cette guerre, seul le message porté par le Mouvement de la Paix réclamant une trêve humanitaire à Alep nous apparaît cohérent dans la cacophonie déraisonnée du monde.

Ce qui se passe en Syrie est déterminant. En sommes- nous tous conscients ?

 

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La mélancolie du communiste sincère

14 Décembre 2016, 20:13pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La mélancolie du communiste sincère

Qui ne comprend pas que la question du travail sera centrale lors des futures échéances électorales risque de déchanter gravement. Alors que des millions de français sont privés d’emploi, que les directives européennes dans le cadre d’une économie globalisée causent une lente mais irréfutable destruction de notre industrie avec la disparition de très nombreux emplois, que la monnaie unique condamne nos échanges commerciaux et donc handicape nos perspectives de croissance, que la robotisation et l’économie numérique vont causer à moyen terme la disparition de nombreux emplois notamment dans les services, la droite et une partie de la gauche, totalement inféodées aux thèses libérales qu’elles idolâtrent aveuglement, nous entraîneront dans les abîmes de la crise économique et surtout politique. Il faut être stupide pour ne pas s’apercevoir que les théorèmes familiers des économistes libéraux ne prennent plus. La tristement célèbre et autoproclamée vertueuse destruction créatrice ne pourra cette fois-ci rien pour nous. C’est d’ailleurs, petite parenthèse, ce que nous vend Mélenchon avec la transition écologique.

Ces thèses ne peuvent plus prendre car le capitalisme a atteint le seuil maximum de son développement. Il est sauvage, dans une prédation ultime et se concentre violemment. C’est un peu comme le noyau d’uranium qui absorbe les neutrons pour finir par exploser. Il semblerait qu’en atteignant ce stade il entre dans une phase d’auto-destruction. Cela consolide globalement les travaux marxistes. Lénine définissait ce stade suprême ainsi : « L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes ». Comment ne pas lui donner totalement raison. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Sans doute faut-il s’attendre au pire, pourtant les alertes ne manquent pas. Trump, l’Autriche, le référendum italien et la forte dynamique des mouvements populistes faussement anti-systèmes à l’image du mouvement 5 étoiles qui se nourrit de la disparition de la gauche transalpine, les menaces émises contre la Chine et la Russie, l’extrême-droite au pouvoir déjà dans plusieurs pays européens comme en Pologne et en Ukraine, la colonisation de l’Europe de l’est par la puissante économie industrielle allemande, le retour fracassant de la France en Afrique avec l’intervention en Libye, au Mali, en Centrafrique …

La première évidence, c’est que l’Europe fait le le lit du fascisme. Parce qu’elle est anti-démocratique, autoritaire, qu’elle vassalise le continent aux intérêts nord-américains, qu’elle cadenasse les économies du sud avec les conséquences que l’on sait, elle plonge la continent dans une dynamique extrêmement inquiétante. C’est un clin d’œil cynique de l’histoire pourrait-on croire. Alors que les VRP sous cachet de la CIA nous vendaient dès la fin des années 1940 la coopération européenne pour définitivement proscrire la guerre et le choc impérialiste, nous voilà revenus à des temps crépusculaires. Sans doute l’URSS et la très forte influence du parti communiste dans les grandes nations européennes d’après-guerre ont-elles mis un frein durant des décennies au grand projet du capital. Mesurons les conséquences titanesques de l’absence (aujourd’hui) d’un discours de gauche sur la question européenne audible et visionnaire, sur ce qu’est le capital et jusqu’où il est prêt à aller pour assurer sa survie s’il ne trouve pas sur son chemin une force capable de le détruire, en tout cas dans un premier temps de le contraindre fermement . L’euro-communisme est un fléau dont nous aurions du, il y a déjà déjà bien longtemps, nous défaire. Mais l’Europe est devenu un mythe et nous-mêmes participons à sacraliser la sale bête. Les grecs qui décidément ont une ancestrale approche et expérience critiques avec elle, nous ont livrés lors de l’antiquité le mythe de la princesse Europe qui finira par accoucher des juges des enfers.

Aux vues des dernières et rares consultations populaires et de l’opposition farouche à l’Europe qu’elles révèlent, du funeste bilan de Tsipras, maître-d’œuvre des partisans de la refonte européenne et de la prophétique Europe sociale, il est clair que batailler pour un vrai et grand parti communiste authentique, tirant les erreurs du passé et développant une approche dialectique des événements ne relève pas d’un pur folklore propre à une petite caste, les ders des ders, nostalgiques et aigris. L’Europe est un poison et il faut d’urgence l’antidote. C’est une fois encore notre responsabilité. Oui, être communiste est théoriquement un sacerdoce… Peut-être est-il plus que venu le temps de poser le débat contradictoire, de ne plus avoir peur d’affronter en face l’histoire présente. Il est tout de même incroyable qu’à aucun moment nous n’avons pu débattre de la question européenne entre nous. La frustration n’a t-elle pas été extrêmement vive lors du dernier congrès une fois encore ? Débattre de la sorte pointerait inévitablement une série de lourdes responsabilités et ferait vaciller pour un temps le navire. Cependant, nous devrons nous résigner à nous-y plier, à assumer notre aggiornamento inversé, ou alors nous condamnerons définitivement les peuples européens au pire, à la guerre. Des pistes prometteuses sont à creuser concernant l’érection d’un nouvel espace collaboratif autour de la Méditerranée, autour d’un vaste programme axé sur la francophonie, la langue française pouvant incarner une autre vision du monde, de la culture, de la collaboration à échelle du monde. Tout cela sans parler d’un partenariat resserré avec l’axe Sino-russe. La France est grande quand elle porte un projet comme celui proposé par les frères Bocquet, une COP 21 sur l’évasion fiscale.

Va se poser également la question de la reprise populaire du pouvoir. Un plan de vastes nationalisations pour basculer vers une maîtrise et un contrôle publics et démocratiques de l’économie et des finances, avec une véritable et révolutionnaire démocratie ouvrière. Des comités de gestion élus, le retour à une forme modernisée de planification, la renaissance d’une grande et puissante paysannerie coopérative et solidaire, respectueuse des sols et des hommes, une très importante réduction du temps de travail conjuguée à l’invention d’un tout nouveau modèle social et philosophique où l’on se partage fortement le travail et où l’on ré-apprend à avoir le contrôle du temps, l’établissement d’assemblées populaires locales pour inventer dans la proximité et la co-élaboration la politique de demain … Je rêve de faire du cinéma, de réaliser des films passionné que je suis par l’esthétique filmique, par l’incroyable beauté symbolique d’un travelling travaillé ou d’un plan en contre plongée audacieux. Ne travailler que quelques heures par semaine me permettrait de pouvoir me consacrer à cette passion. Encore faut-il pouvoir accéder à des écoles publiques et gratuites d’art, de pouvoir se former tout au long de son existence.

L’école, les Arts, les sports méritent des propositions plus qu’audacieuses. Ils doivent permettre l’émancipation et la construction de tous. Pouvoir s’émanciper de l’apparent relativisme social, de cette forme aboutie de fascisme que théorisait Pasolini qu’est la consommation frénétique et consumériste. Nous mourons aujourd’hui d’une forme de perversion métaphysique flattant les pires instincts de l’humanité. Il nous faut penser le commun, le beau, le bonheur, la paix. Parce que cette mission est hautement révolutionnaire tout en étant par ailleurs terriblement enthousiasmante, elle réclame un soucis de l’organisation vital. C’est là mon opposition la plus vive avec Mélenchon. Il faut un parti organisé, méthodique pour éduquer et pour aller solidement à la bataille. C’est le caractère providentiel de sa personne ressenti comme tel par les militants qui l’entourent qui accrédite provisoirement son hypothèse. Sans cela son mouvement végéterait, incapable qu’il serait de produire une matrice cohérente et solide.

Comme je suis finalement malheureux de ne pas pouvoir promouvoir toutes ces choses, de ne pas militer dans un parti prenant de la hauteur. Nous voilà invités à suivre un personnage avec lequel nous n’avons que quelques malheureuses convergences, inventant pour l’occasion des concepts aussi ahurissants que le ralliement critique, que la candidature rétractable. Nous voilà en train de crier avec les loups lorsque se produisent des événements comme le Brexit. Pourtant, après le résultat surprise de la conférence nationale, le parti semblait de nouveau en ébullition, de nombreux camarades se sont ouverts, ont produit des choses extrêmement intéressantes. Nous ressentions de nouveau une forme de vitalité et même de fierté. De nombreux camarades retrouvaient le goût de la lutte et comprenaient que notre parti n’est pas n’importe quel parti, qu’il possède de beaux restes capables de déplacer des montagnes si seulement il se promettait de se donner les moyens pour le faire.

Je crois que notre pire faiblesse, c’est qu’il est dirigé depuis des années par des gens qui n’y croient plus, qui ne se pensent que comme des gestionnaires de patrimoine. Combien sont-ils à croire encore que le changement ne pourra émaner que par des actes révolutionnaires et non pas au travers des institutions bourgeoises ? Combien sont-ils à ne pas oublier que notre mission première est de travailler à l’avènement du socialisme ? Un socialisme prenant les accents et les attraits de notre époque évidemment. Combien sont-ils à se dire que l’expérience cubaine mérite tout de même une approche très critique ? Combien sont incapables de penser autre chose que la petite tambouille tactique pour se partager quelques malheureux strapontins ?

Nous méritons tellement mieux, tellement plus. Cependant, cela serait une erreur de leur abandonner la maison. Je suis en profond désaccord avec ceux qui pensent qu’il suffit de construire ailleurs pour régler le problème. Le PCF est l’incarnation du communisme en France qu’on le veuille ou non et tant que nous n’arriverons pas à reprendre possession de la machine, il faudra être patient, rester droit et combatif, déterminé et rassembleur. C’est un travail de chimie fine, d’équilibriste fou. Les faits finiront, j’en suis persuadé, par nous donner raison. Le plus insupportable pour le militant communiste sincère et déterminé, est de côtoyer tous les jours cette misère, cette souffrance populaire et de mesurer que toutes ces futiles et minables tergiversations que nous nous infligeons nous font perdre un temps ô combien précieux pour pouvoir les éradiquer. Comme l’écrivait si merveilleusement bien Neruda, « Ah si seulement avec une goutte de poésie ou d’amour nous pouvions apaiser la haine du monde ! ».

G.S

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Liberté Hebdo 1249: L'édito de Franck

8 Décembre 2016, 17:12pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1249: L'édito de Franck

 

VALLS A MIS LE TEMPS

 

Le gouvernement vient de changer, imperceptiblement. Il s’agissait de combler un trou. Celui laissé par son chef, Manuel Valls, parti guerroyer, en futur champion pour la primaire de la gauche.

Un changement pour que rien ne change avant la présidentielle.

Et pour mettre tout le monde au pas, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, devient Premier ministre.

 

Une position classique, celle du démissionnaire, et le même cheminement que certains de ces prédécesseurs, jusqu’à l’Elysée pour certains. Nous noterons surtout l’arrivée à l’intérieur de Bruno Leroux, président du groupe PS à l’Assemblée, député, jusqu’en juin 2017, de Seine-Saint-Denis.

 

Les habitants de Saint- Ouen ne manqueront pas de rappeler ses promesses à celui qui a permis, grâce à une stratégie d’une extrême lucidité, à la droite de prendre la ville au détriment des communistes, qui dirigeaient la ville depuis des décennies avec les socialistes, et surtout des citoyens.

 

Nul doute qu’il va d’un coup de baguette résoudre désormais tous les problèmes de sécurité et de trafic qui corrompent les mes des cités de sa circonscription et même d’ailleurs.

Au passage, nous pensions que la phrase de Ségolène Royal concernant Cuba et Fidel Castro lui vaudrait une éviction sans pitié sous couvert de ce petit remaniement.

La raison à prévalu pour François Hollande, pardon pour le nouveau Premier ministre.

 

Et l’occasion nous est donnée de souligner combien un torrent de boue s’est déversé sur la pauvre île de Cuba. Oublié Batista, disparue la CIA, engloutie la mafia, occulté Guantanamo, prison-enclave des USA bien peu démocratiques...

 

Les commentateurs se sont déchaînés après le décès de Fidel Castro. Ségolène Royal n’a pas tenu des propos convenus, elle n'a pas voulu crier avec les loups faisant sortir de ses gonds un Bayrou effarouché.

 

C’est quand même un bel exploit dans le cacophonique concert anticastriste. De la même manière que Christiane Taubira, tant honnie par la droite et le FN, a su sauver, un peu, l’honneur des socialistes, en permettant que s’amorce un processus de réhabilitation pour les mineurs grévistes de 1948.

 

Il reste beaucoup de chemin à faire certes mais il y a une lumière désormais pour l’éclairer.

 

Pouvons-nous espérer que les femmes puissent enfin prendre plus de place en politique pour nous ramener vers la raison et nous écarter des querelles d’égaux ?

 

Ce siècle pourrait être féminin. Il ferait mentir Malraux qui le voyait religieux.

 

Pour l’instant, il a malheureusement peut-être raison tant les mystiques envahissent nos espaces.

 

Revenons sur terre et travaillons au rassemblement pour construire un monde qui se doit d’être meilleur.

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PCF : faire le choix de l’audace !

26 Novembre 2016, 09:08am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voilà nous y sommes. Ce week end de très nombreux militants communistes vont choisir la voie qu’ils veulent emprunter pour les échéances à venir. Deux choix s’offrent à nous. Le choix de soutenir Mélenchon ou le choix de construire une candidature issue de nos rangs. On pourrait discuter la formulation du bulletin de vote. On pourrait de nouveau rappeler que ce processus arrive bien trop tard. On pourrait s’insurger face aux sournoiseries en cours depuis la conférence nationale au travers du journal l’Humanité, ou même face au dernier billet de Pierre Laurent publié sur son blog qui fait comme si une importante majorité des participants de la conférence nationale n’avait pas fait un choix clair, libre, contraire à celui que ce dernier avait formulé la veille. Nous en avons vu d’autres et c’est avec la même constance que nous continuons à rester cohérent et à argumenter dans le respect et avec le soucis prioritaire de l’unité du Parti. Même si, et c’est suffisamment singulier pour le souligner, c’est une première de voir un secrétaire national désavoué à ce point.

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la fierté d’appartenir à cette grande famille communiste. Malgré toutes les tentatives successives depuis le début de l’année pour contourner l’hypothèse d’une candidature communiste, c’est en lucidité et en faisant preuve de beaucoup d’intelligence que de nombreux communistes font pourtant actuellement ce choix. Cela n’était pas évident puisque le parti est historiquement légitimiste. Des réseaux internes se sont constitués pour porter la contradiction se pliant toujours néanmoins au fait majoritaire. Cependant, très globalement, les communistes suivent la direction que nos congrès établissent et qui est déclinée dans le texte proposé par la direction sortante. C’est ainsi que la réaction à la mutation portée par Robert Hue a pris beaucoup de temps, que de trop rares camarades s’y sont opposés dès le départ. Même chose concernant Marie-George Buffet et le choix de participer aux collectifs antilibéraux. Alors que nous avions arraché une magnifique victoire en 2005 lors du référendum sur le projet de constitution pour l’Europe ouvrant un chemin intéressant, nous avons sans doute fait le pire des choix : nous engluer dans une fronde de groupuscules gauchistes qui partageaient tous un même trait de caractère, leur détestation du PCF. C’est ainsi qu’ils ont fait le choix tardif de José Bové alors que Marie-George Buffet avait été choisie par la consultation populaire. Le même José Bové et sa moustache légendaire qui siège aujourd’hui sur les bancs des Verts, à côté de Daniel Cohn-Bendit, au parlement européen. C’est ainsi qu’on peut relire avec délice Clouscard qui était sans doute le plus lucide des intellectuels sur ce qu’était mai 68 et les leaders de la trempe de Dany le rouge.

Il y avait à l’époque (déjà!) des collectifs antilibéraux, Clémentine Autain. J’ai une détestation viscérale pour ce genre de personnage. Après avoir profité d’un mandat d’adjointe à la mairie de Paris sur le contingent des communistes, elle a passé son temps ensuite dans les colonnes de son journal Regards, à cracher sur le PCF, à dire à quel point nous sommes rétrogrades, mauvais, arriérés. Elle a nourri, non sans un certain talent, les conceptions communautaristes, bras d’honneur aux dynamiques de classes qui se sont affaiblies avec les conséquences que l’on sait. Elle a pu compter et peut toujours compter sur le concours de Martelli, l’historien révisionniste, qui lui aussi ne manque jamais d’inspiration pour démolir le PCF. Les mêmes sont aujourd’hui ceux qui nous font la leçon, eux qui n’existent que grâce ou plutôt à cause du PCF. Et voilà que les « plus rouge que moi tu meurs » se rangent eux aussi derrière Mélenchon. Le PRCF, la Coordination Communiste … Pour de très nombreux membres de ces organisations j’ai du respect et de l’amitié. Mais l’enthousiasme dont ils font preuve pour s’immiscer dans nos débats internes et pour nous vendre les qualités incontestables du « Jaurès insoumis » devient délirant. Tous deviennent nerveux parce que les communistes restent insensibles à leurs manœuvres.

Dans le même temps, nous devons supporter l’insupportable. Les envolées hystériques du « fan club insoumis ». Tous répètent à la virgule près, le même prêchi-prêcha du grand chef. Nous devons subir des torrents d’insultes, des caricatures insidieuses. Pire encore, alors qu’ils pensent se draper du manteau souverain de la pureté révolutionnaire, ils ne se rendent pas compte qu’ils perpétuent la vieille tradition poujadiste, ce populisme abscons anti-parti. Beaucoup vont déchanter quand les élections de 2017 passées, la France insoumise deviendra un parti. Il arrive même parfois que le délire atteint de tels sommets qu’il nous est impossible de pouvoir y répondre avec raison. J’avoue que plus d’une fois j’étais partagé entre le fou-rire et la consternation. Et nous devrions donc donner de la force et du crédit à cette chose ?

Aucune remise en cause, aucune contradiction, aucune écoute raisonnable sur les arguments économiques ou sur le nucléaire. Dans les évangiles selon Jean-Luc c’est dit comme ça, point à la ligne. Vous leur expliquez que proposer la sortie du nucléaire demande à être discuté, que des bassins industriels entiers dépendent de l’existence de centrales, que là où on stoppe la production du nucléaire civil comme en Allemagne on finit par émettre beaucoup plus de gaz carboniques … Non Jean-Luc a dit on sort du nucléaire et c’est comme ça ! Je les invite donc à venir taper aux portes dans les quartiers avec nous, à se rendre à la sortie des entreprises et à l’expliquer aux salariés. On va rire deux secondes. Ce discours qui a sans doute une belle portée chez ceux qui n’ont jamais vu une usine ou qui se complaisent dans les discours faciles à la Al Gore, ne mesurent pas que l’urgence est à relancer la machine industrielle, seule capable de créer les millions d’emplois dont notre pays a besoin pour sortir du marasme économique dans lequel il s’enfonce toujours un peu plus. Bien évidemment il va falloir lancer d’importants programmes publics de recherche dans les énergies du futur, mettre des centaines d’ingénieurs au travail pour inventer la production énergétique de demain. Cependant, Le Pen triomphera dans l’électorat populaire si nous continuons à axer symptomatiquement notre discours là-dessus. L’édification de quelques centrales thermiques ou l’installation d’éoliennes en mer ne permettront certainement pas de répondre aux défis colossaux qui nous attendent pour éviter le pire. Des millions de français veulent pouvoir avoir la certitude de mettre quelque chose dans leur assiette et celle de leurs enfants. D’ailleurs, bien évidemment il est juste d’évoquer les problématiques des protéïnes carnées et des circuits courts. Mais combien de foyers n’ont plus la possibilité de manger de la viande ne serait-ce qu’une fois dans la semaine ?  Un peu de bon sens serait le bienvenu …

On pourrait parler également du fait que le programme proposé par la France insoumise ne propose pas de détruire les logiques systémiques qui fondent le modèle libéral. Encore moins le modèle capitaliste. Hormis la proposition du retour à l’impôt progressif et l’augmentation du Smic, rien de bien palpitant il faut le dire. Le programme de 1981 était plus révolutionnaire encore que celui de Mélenchon. Dans le projet de la France Insoumise, on propose un plan de relance via le vecteur de l’économie verte aux potentialités réelles il est vrai, mais limitées. Quid de la nationalisation bancaire ? Quid de la place des salariés dans l’entreprise et de la possibilité de prendre progressivement le pouvoir dans cette dernière ? Quid des moyens proposés pour mettre fin à l’exil fiscal ? … Mélenchon travaille à perpétuer l’héritage du réformisme social-démocrate. Par ailleurs la révolution citoyenne, la refonte institutionnelle ne peuvent pas et ne doivent pas se limiter à un bidouillage constitutionnel qui ressusciterait la quatrième République et à inscrire la règle verte dans la prochaine constitution. Règle verte qui, si nous l’avions suivie à la lettre jusqu’ici, ferait que nous vivrions encore aujourd’hui à l’âge de pierre. La démocratie elle doit avant tout exister dans les entreprises et au travers d’assemblées populaires locales.

Bref j’invite mes camarades à aller au-delà l’enrobage qui peut paraître séduisant. Voyez l’arrivée de la droite la plus réactionnaire depuis la guerre et l’urgence de porter une alternative ambitieuse, véritablement révolutionnaire. De terribles années nous attendent sûrement et il va falloir une force organisée, patiente, militante pour pouvoir y faire face. Pas une auberge espagnole où l’on apprend par cœur son catéchisme pour ensuite le répéter en boucle sur les réseaux sociaux. Il faut des militants qui se forgent une conscience reposant sur une matrice philosophique solide, un marxisme de notre temps, une approche dialectique et matérialiste de l’histoire. Comment un militant qui pense qu’un homme peut tout changer peut-il avoir conscience de ce que sont les rapports de classes ? Que sans luttes, le progrès démocratique n’est rien ? Que la démocratie bourgeoise ne pourra jamais aller plus loin que ce qu’elle est ? Il ne s’agit pas de problématiques anodines mais bien du cœur de notre engagement.

Ne permettons donc pas, nous communistes, à cette entreprise de s’imposer seule dans le paysage alternatif. Ne nous abandonnons pas dans cette dynamique qui s’avérerait fatale en fin de compte. Nous subissons aujourd’hui encore les errements et renoncements du rassemblement autour du programme commun, ceux qui résultent également de la gauche plurielle qui a permis à Le Pen d’accéder au second tour de la présidentielle pour la première fois. Tirons donc les enseignements de nos échecs passés.

Que deviendra la France Insoumise sans son chef ? Ces gens qui n’ont pas l’expérience du temps long, qui n’ont pas l’expérience de la force collective pour surmonter l’adversité, les défaites successives, retrouverons-nous les demain pour empêcher les plans de la bourgeoisie de se réaliser ? Après 2012, où étaient-ils tous passés ? Pourquoi nous sentions-nous finalement si seul pour continuer la bataille ? Le candidat Mélenchon dans la circonscription d’Hénin-Beaumont, pourquoi n’est-il jamais revenu ? Pourquoi n’était-il pas, il y a peu, avec nous devant le local du Secours Populaire pour s’opposer à la sale manœuvre de la mairie FN ? Pourquoi pour s’opposer aux expulsions locatives il n’y avait que les communistes ?

Toutes ces interrogations doivent guider notre choix. Ne nous laissons pas endormir par les sondages ou les discours aventureux des uns et des autres. Le PCF ne rassemble plus parce que depuis des années nous nous sommes convaincus que nous n’en avions plus la force, la capacité. Pourtant, localement, lorsque nous sommes actifs, organisés, que nous ne renions pas ce que nous sommes, nous nous renforçons, nous rassemblons. Il est clair que nos concitoyens réclament de l’authenticité, de l’audace, du courage et une force qui leur ressemble. Non pas une simple bulle médiatique. Non pas de beaux discours bien prononcés. Nos idées ont de l’avenir. Elles ne pourront survivre et grandir que si elles sont portées par une organisation capable de ne pas flancher, capable de se déployer vite et bien, d’être en prise avec le réel, dans les quartiers et les entreprises. Alors camarades, l’heure n’est pas venue d’abdiquer ou de faire un choix contraint et forcé. L’heure est venue d’exister.

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1246: L'édito de Franck

18 Novembre 2016, 17:47pm

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Liberté Hebdo 1246: L'édito de Franck

CE QUE MANU RÊVA...

 

La compétition fait passer le temps. Elle est un vrai loisir, sain, pour les sportifs le dimanche. Elle fait partie du cirque médiatique la semaine avec ses farandoles de championnats, coupes et autres challenges chèrement retransmis sur tous nos écrans afin de pouvoir aisément nous scotcher devant.

Mais en période électorale, le spectacle n’est pas cher.

Enfin pour ce qu’il coûte aux chaînes.

Par contre, pour nous citoyens, l’addition est lourde. Et nous devrons la payer, rubis sur l’ongle. Avec intérêts, et sur plusieurs générations.

 

Le grand cirque présidentiel s’est enrichi, façon de parler, d’une nouvelle attraction : la primaire.

Comme les étatsuniens, la folie du faux bipartisme est en train de corrompre nos circuits, d’amollir nos synapses et nos pauvres neurones.

 

A gauche, la valse continue. La gôche s’entiche d’une macron- primaire. Qu’Hollande y aille ou pas, le p’tit Manu ira. C’est dit, quitte à fâcher le grand, celui qui est Premier ministre.

Quelle énergie ! Macron m’agace. Toujours en marche, comme un produit commercial. Le candidat des banques, c’est lui. N’en doutons pas. Cette fausse sortie du bois était préparée, prête, attendue.

 

Mais même si Pujadas, apôtre de la parole publique au 20 h de France 2, après avoir assassiné en direct Nathalie Kosciusko- Morizet sur ordre de Nicolas Sarkozy, viens de lancer le petit dernier dans l’arène.

 

Même si la télé veut encore croire qu’elle contrôle les temps de cerveaux disponibles.

 

Même si nous continuons, contre tout bon sens, à bouffer de l’écran dès que nous nous écroulons dans un canapé, personne n’a encore perçu l’impact réel des nouveaux médias dans le périmètre politique.

 

Dans les années vingt, trente, la radio occupait tous les foyers. Tous ses membres se penchaient le soir religieusement pour coller leurs oreilles au poste. A partir des années 60 et 70, la télévision l’a progressivement supplantée avec la grande messe des informations télévisées.

 

Aujourd’hui, aucun show de téléréalité, même des plus sordides, ne capte autant les jeunes générations que les consoles vidéos et les écrans d’ordinateurs.

 

Que va-t-il advenir ?

 

Nous avons tous en tête des exemples de manipulation de masse. Surtout à la veille d’échéances électorales. Ce qui sortira du digital et du numérique ne sera pas le meilleur, à n’en pas douter.

 

Sachons garder la tête froide et faire nos choix au regard de l’état de la société, des besoins et de l’intérêt collectif.

 

Laissons Macron pour ce qu’il est, un pur produit de la bourgeoisie.

 

Ceux qui l’aiment prendront le bus.

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Une autre vision de la victoire de Trump

14 Novembre 2016, 18:05pm

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Une autre vision de la victoire de Trump

Dans son ouvrage de référence De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville avait eu ce mot que j’ai retrouvé dans un corpus de citations de référence : « ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, mais le relâchement de tous ». Il y a une sorte de terrible prophétie dans ce propos et je me propose ici de m’en expliquer assez synthétiquement.

En écoutant une remarquable conférence d’Emmanuel Todd à quelques heures des résultats du scrutin présidentiel américain et en lisant un brillant papier de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique lui aussi antérieur aux résultats, j’ai pris conscience d’un fait dont je n’envisageais jusque là que de bien timides contours. Contrairement à tout ce que l’on a pu dire, écrire et penser sur cette élection présidentielle, au travers du prisme d’une presse française et même européenne plus mauvaise que jamais, il n’est pas question d’une preuve supplémentaire du déclin inéluctable des États-Unis, comme si on ne pouvait résumer le duel Clinton-Trump que comme une vulgaire dualité entre la peste et le choléra. Au contraire, il est question d’une volonté relativement réelle et partagée des citoyens américains de reprendre la main sur le devenir commun de leur nation. De ce point de vue, nous assistons à un mouvement historique de la pensée politique, sociale, économique et culturelle américaine. Cette campagne présidentielle, elle a été le réceptacle d’une critique de plus en plus forte et acerbe du modèle libre-échangiste que le monde anglo-américain a pourtant initié à l’échelle du monde. Todd dans sa conférence, fabrique, comme on peut s’y attendre avec lui, un lien qui me semble pertinent entre ce fait historique connu et le modèle familial anglo-saxon fortement inégalitaire. C’est l’ultra-individualisme qui est d’ailleurs le fondement de la constitution américaine.

Alors pour bien comprendre ce mécanisme, il y a trois étapes, trois séquences historiques à mettre en relief. L’arrivée au pouvoir de Reagan et l’extinction violente de l’idée protectionniste et par là, de la défense de l’emploi industriel, de la protection de la production avec l’effondrement des barrières douanières. Ces dernières passent, au cours du XXème siècle, de 20 à moins de 2% avec une importante accélération dans les années 1960 et plus encore dans les années 1980. Les démocrates sont d’ailleurs balayés en 1984 lorsqu’ils défendaient un programme protectionniste. Durant cette période, on assiste à une destruction de l’emploi industriel aux États-Unis et à un creusement des inégalités. Cela, alors que dans le même temps le niveau d’éducation ne cesse de progresser. De plus en plus de jeunes américains d’une même classe d’âge accèdent aux études supérieures dans une constante évolution au cours du siècle dernier. Fait contradictoire également, le niveau de revenu médian continue malgré tout d’augmenter. C’est essentiellement du à la progression de l’emploi des femmes qui permettent donc l’entrée d’un deuxième salaire dans le foyer. La seconde période débute il y a peu avec la crise de 2007/2008 dont les États-Unis et le monde ne sont pas encore réellement remis. Les inégalités ont explosé, l’emploi industriel a prodigieusement continué à se détériorer. On voit réapparaître une baisse de l’espérance de vie au sein de la classe ouvrière mais également de la classe moyenne, c’est-à-dire aux États-Unis aujourd’hui chez celles et ceux qui ont un cursus universitaire inachevé. Ainsi commence à naître la contestation du libre échange, du néo-libéralisme dans une partie de la société américaine. On se souvient du mouvement symbolique d’occupation à Wall Street ou encore du développement et du succès d’un cinéma engagé autour de Oliver Stone, de Michael Moore ou plus récemment de l’inattendu succès de Margin Call ou encore le très bon Loup de Wall Street de Martin Scorsese. C’est là que nous entrons dans la troisième phase, celle d’aujourd’hui avec ce résultat inattendu, la victoire de Donald Trump.

C’est aussi là que je veux redire un mot sur le rôle déplorable des médias. L’analyse à tirer de ce scrutin est au demeurant assez simple. Le renforcement du niveau d’éducation jumelé aux nocives conséquences du libre-échangisme, ont causé en Amérique une fracturation à bien des égards inédite. Les éléments de cette fracturation nous donnent à voir les caractéristiques fondamentales des deux électorats bien distincts de Trump et de Clinton, mais également les raisons du succès de Bernie Sanders durant la primaire démocrate. En effet, contrairement aux portraits caricaturaux et simplistes que la presse a pu dresser, l’électorat de Trump n’est pas exclusivement un électorat analphabète, obèse, raciste et inconséquent. Les premiers à se ranger derrière Trump durant les primaires sont les blancs de la classe moyenne avec ce fameux cursus universitaire inachevé. Eux qui souffrent du déclassement, de la stagnation de l’espérance de vie, de la dégradation de leurs conditions de vie. C’est d’ailleurs, la même chose ici, chez nous en France. D’où l’importance de comprendre les mécanismes électoraux américains de cette présidentielle. Le vote front national n’est pas l’exclusivité de citoyens incultes, d’une France profonde vue par l’establishment comme misérable et à qui, d’ailleurs, il ne faut même plus parler comme le suggérait la très « propre sur elle » fondation Terra Nova. Le choix que Clinton et son staff ont fait pourtant en négligeant des États plutôt populaires et ouvriers durant la campagne. De fait, la classe ouvrière blanche a été elle aussi entraînée par la dynamique Trump. Les chiffres le montrent fort bien d’ailleurs. Les blancs représentent 70% de l’électorat aux États-Unis. Il est donc loin d’être minoritaire contrairement à ce que certains tentent de vouloir faire croire. 58 % d’entre-eux ont choisi Trump pour 37 % qui ont préféré Clinton. 67 % des blancs non diplômés ont choisi Trump, soit une progression de 14 points par rapport aux dernières présidentielles de 2012. Le vote Trump a donc été un vote de contestation face à l’idée de l’empire ouvert où règne la déréglementation ; un monde que représente parfaitement Clinton. Sans doute peut-on faire le lien avec le succès des discours anti-immigration du candidat Trump. C’est bien la sauvegarde de l’emploi et le rejet de l’idée d’une mise en concurrence avec des travailleurs moins coûteux qui a permis le succès du discours de Trump. Il serait trop simple et contre-productif de n’y voir que du racisme patenté.

La même erreur d’analyse a été faite concernant le Brexit. Oui c’est la classe ouvrière qui choisit de remettre en cause l’adhésion à l’Europe. Oui c’est la classe ouvrière qui décide de rejeter le libre-échange et un monde ouvert qui a pour conséquence directe la destruction de plusieurs milliers d’emplois. La nouvelle cheffe du gouvernement britannique Theresa May l’a parfaitement compris. De manière pragmatique elle enterre l’héritage thatcherien et promet un plan de relance inédit avec le retour de l’État dans l’économie. Sans doute que le parti Travailliste restera encore pour un moment dans l’opposition n’ayant pas voulu intégrer ce phénomène malgré l’accession de Corbyn à la tête de ce dernier. Pendant qu’il manœuvrait prudemment en interne contre les blairistes pour sauvegarder l’unité du parti, il n’a pas pu prendre ouvertement position comme il l’aurait sans doute souhaité. C’est la grande faute actuelle du PCF et même de Jean-Luc Mélenchon qui souffle le chaud et le froid sur l’Europe. C’est l’une des grandes forces du Front National alors même que ce dernier ne croit pas dans le fond à l’argument de la sortie. Il suffit de regarder les votes du clan Le Pen au parlement européen.

Il me semblait important de revenir sur ces quelques éléments d’analyse bien loin des élucubrations idiotes d’une classe dominante vexée d’être désavouée de la sorte par le suffrage universel. Malgré toute la campagne de dénigrement du candidat Trump, malgré une allégeance absolue à Clinton et à la vision du monde qu’elle porte de la part des médias, des économistes, de nombreux intellectuels, le peuple américain comprend que ses intérêts sont ailleurs. Trump a su parfaitement les incarner durant la campagne au-delà de l’excentricité, du populisme vulgaire qu’on lui a attribué non sans raisons il faut le dire.

Alors, lorsque l’on voit les débats de la primaire de la droite en France on se dit que le pire peut advenir. Les 7 candidats n’ont rien compris du mouvement de l’histoire actuel. Alors qu’il faudrait un discours économique volontaire et apaisé, se proposant de protéger l’emploi, de sécuriser les parcours professionnels et sociaux, ils promettent plus de casse, plus de déréglementation, plus de libre-échange. C’est là où le danger est réel. C’est là où l’immense responsabilité de nos élites est en jeu. Car il faudrait être d’une bêtise sans nom et d’une irresponsabilité folle pour prédire l’inéluctable défaite du FN dans 6 mois.

Guillaume Sayon

 

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Liberté Hebdo 1245: L'édito de Franck

9 Novembre 2016, 18:50pm

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Liberté Hebdo 1245: L'édito de Franck

J’AI FAIT UN CAUCHEMAR

 

Le monde entier s'est réveillé avec une horrible migraine jeudi matin.

Les citoyens américains ont élu leur président pas leur présidente. Il n'y aura pas de femme à la tête des États-Unis. Pas cette fois-ci.

Comme si les citoyens avaient décidé de choisir le pire, rien que pour faire taire les pronostics de la presse.

Et personne ne peut dire comment l'incontrôlable Donald Trump va gouverner le pays. Ce n'est en tout cas pas une victoire pour le peuple américain. Ni pour tous ceux dans le monde qui subissent aujourd'hui la loi d'airain des armes et des bombes américaines.

Au pays de Mickey, Donald est roi.

Le 45ème président est un homme d'affaires qui fit fortune dans la spéculation immobilière.

Quel avenir pour les États-Unis d'Amérique ?

On a tous dans le cœur une Amérique rêvée. Le nouveau président a déjà exprimé sa volonté de restaurer SON rêve de l'Amérique.

La première personnalité politique française qui l'a félicité pour son élection est Marine Le Pen. Rien détonnant à cela. Tellement les points communs sont grands dans leur façon de manipuler l'opinion.

Ils se présentent d'ailleurs comme candidats « anti-système > tous les deux.

Ils font appel aux plus bas instints pour dresser les catégories de population contre les autres, cultivant le venin de la peur comme ferment de la victoire.

Et sur l'immigration, leurs propositions font autant froid dans le dos.

La semaine avait déjà démarré en cauchemar avec l'arrestation en Turquie dans la nuit du 3 au 4 novembre de 13 parlementaires du Parti Démocratique des peuples (HDP) dont le prédisent du groupe Idris Baluken et les deux co-présidents du parti Selahattin Démirtas et Figen Yùksekdag. Le président-dictateur Erdogan se drapant dans la lutte « anti-terroriste » pour justifier cet acte anti-démocratique.

Ces deux états et alliés, membres de l'Otan. n'ont pas fini de nous inquiéter. Le conflit syrien et la lutte contre Daech vont prendre une autre dimension.

Il n'y a qu'une alternative à ces flots de haine.

Progrès et justice sociale, égalité et solidarité sont les conditions indispensables pour l'édification d'un monde de paix.

Les forces progressistes doivent s'unir pour affronter les échéances à venir.

 Ce qui vient de se passer en Turquie et en Amérique doit nous maintenir éveillé. L'Europe est entre les mâchoires de l'obscurantisme.

La France et l'Europe auront de grandes responsabilités dans les mois à venir.

 La première urgence est de juguler, stopper l'évolution de l'extrême-droite.

Les citoyens ne doivent plus souffrir les politiques d'austérité que les libéraux nous imposent.

L’heure est au rassemblement de tous ceux qui souhaitent vraiment changer la société. Construisons le changement partout où c'est possible.

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Liberté Hebdo 1244: L'édito de Franck

4 Novembre 2016, 18:12pm

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Liberté Hebdo 1244: L'édito de Franck

LE DEVOIR DÉMOCRATIQUE

 

Loin dos réseaux sociaux et de son flux d'interpellations et d'invectives, d'analyses en trois lignes, de fausses déclarations des uns et des autres repris opportunément par une certaine presse détermi- ée à faire élire un candidat de droite ou d'extrême-droite comme président de la République, un travail de fond est mené vec abnégation, ténacité et détermination par un groupe de éputés souvent boudé par les télévisions et les radios, le groupe est celui des députés du ftont de Gauche.

Il est présidé par André Chassaigne, député (PCF) de la 5ème circonsription du Puy-de-Dôme. Dans ce  groupe constitué de 10 élus, y a trois députés nordistes, Alain Bocquet et Jean-Jacques Candelier, tous deux communistes et Marc Dolez ancien membre du Parti de Gauche, dont il fut le cofondateur.

Dans la grande nouvelle région des Hauts-de-France, l’Oise compte un élu communiste avec Patrice Carvalho.

Avec leurs collègues de la Région parisienne. Mario-Georges Buffet, Jacqueline Fraysse et François Asensi, des Bouches-du-Rhône,  Guy Charroux et du Cher. Nicolas Sansu. depuis leur élection le 17 juin 2012.

ils ont été au cœur de tous les combats tant à l'Assemblée, dans leurs circonscriptions ou au niveau national. Élus du peuple, pour le peuple.

Ils sont parmi les seuls à l'Assemblée Nationale à avoir défendu arec constance le point de vue des salariés, des demandeurs l'emploi, des retraités... Ils ont présenté des motions de censure. pas assez soutenues par les autres députés, contre la loi « Macron »  et 1a loi « Travail ».

Ils ont défendu de multiples projets et propositions de lois, dont une sur l’amnistie sociale, rejetée. « Le dogmatisme de l'exécutif l'a coupé du peuple et des progressistes qui l'ont mené au pouvoir.

Face à ses dévoiements et à sa dérive idéologique, nous sommes restés fidèles à nos engagements, ceux d'une gauche mue par les valeurs de justice sociale, le développement durable et la solidarité internationale. ». rappelle André Chassaigne dans le préambule au rapport d'activités que le groupe Front de Gauche a mis à la disposition du public*. Ils ont accompli énormément. Mais s'ils avaient pu être plus nombreux, plus soutenus, imaginons ce que nous aurions pu obtenir.

N'oublions pas qu’au-delà de l'élection présidentielle, ce sont les députés élus qui forgeront les lois et notre avenir.

 

Cliquez sur le lien ci-dessous

 

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Cette présidentielle qui rend fou

2 Novembre 2016, 11:31am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Nous connaissons tous parfaitement la maxime devenue populaire de Talleyrand, « tout ce qui est excessif est insignifiant ». La connaissance ne nous met pourtant pas à l’abri de l’épouvantable excessivité, ennemie naturelle de la raison. Quel doux euphémisme que de constater que cette période de pré-campagne présidentielle est un concentré puissant en la matière. Celles et ceux qui en usent pour servir une ambitieuse destinée ou tout simplement pour promouvoir des intérêts particuliers sont tellement aveuglés par leur vile entreprise qu’ils ou elles ne mesurent pas les conséquences dramatiques et désastreuses qu’ils ou elles sèment dans le peuple. La politique, cet art noble de la conduite raisonnable et organisée des affaires communes, celles qui nous concernent toutes et tous au quotidien et qui font que la Nation existe, laisse place au népotisme, à la tyrannie des puissants, à une farce cynique et froide obscurcissant dangereusement l’avenir.

Pourtant le peuple est bien plus averti et sensible aux dangers qui pèsent sur lui et son bonheur que ce que beaucoup en pensent et en disent. Sans doute est-ce là un héritage plus que positif de l’âge d’or de la pensée et du mouvement communiste.Les journalistes, prélats du grand capital, les politiques, investissements pratiques de ce dernier et même de nombreux intellectuels qui, au lieu de se consacrer de manière désintéressée au progrès de la connaissance, se fourvoient dans des manœuvres politiques avec quelques réjouissances pécuniaires à la clé, grossissent l’essentiel des rangs de ceux qui soufflent sur les braises, faisant abstraction de la responsabilité qui serait la leur dans l’hypothétique avènement du pire. C’est ce qui par définition accrédite l’idée que le capital n’est par essence pas moral ou immoral. Il est amoral et il est fondamental de s’organiser pour réussir à le détruire. Il en va de la survie même de notre civilisation. Qui peut encore le nier hormis Sarkozy et quelques bougres cornus possédés totalement par l’appât du gain.

Pour ne pas m’être éloigné du peuple et de la réalité, condition sine qua non à mon sens pour avoir droit de s’exprimer en son nom, je sais que nombreux sont ceux qui ont conscience de l’éminence d’une guerre générale. Nombreux sont ceux qui savent, sans d’ailleurs conceptualiser quoi-que-ce-soit, que la spoliation des richesses par le capital, c’est-à-dire par la classe possédante, est l’origine de tous les maux. Beaucoup savent qu’il ne pourra advenir un changement brutal et salutaire que par l’exercice révolutionnaire. Certains ont même conscience du degré de violence que cela pourrait même constituer. Ce qu’il manque en fait cruellement au peuple aujourd’hui, ça n’est donc pas la conscience que ses croyances faussement instinctives sont vraies -l’appauvrissement généralisé des travailleurs et l’expérience des mêmes conditions de subsistance les valident- c’est l’outil qui permettrait de leur donner sens, un discours clair et sans ambages qui les formalise et leur donne de l’épaisseur. Des outils de lutte quotidienne composant une démarche complexe mais maîtrisée pour créer un rapport de force capable d’avoir une prise et un poids sur les événements. Des raisonnements, des arguments, des œuvres littéraires, culturelles et artistiques qui permettraient à la fois de consolider les croyances et de convaincre de l’utilité de ne pas accepter les choses avec fatalité. La lutte appelle la lutte, le combat appelle l’espoir et l’espoir est un moteur puissant. C’est sans doute actuellement l’ingrédient essentiel de la popularité et de la réussite provisoire de Mélenchon. Une courte parenthèse sur le rôle social et politique de l’art. Il existe aujourd’hui de nombreuses œuvres critiques du capitalisme et de ses logiques. Il serait faux et injuste de dire que certains artistes ne travaillent pas ces questions. Par ailleurs, certains artistes arrivent à teinter la production mainstream de quelques fulgurances esthétiques, poétiques et politiques qui pourraient servir la cause. Je pense surtout au cinéma et aux séries que des millions de jeunes (et même de moins jeunes) consomment goulûment aujourd’hui. Pourtant, chaque fois ou presque, elles ne peuvent s’empêcher de se vautrer dans un nihilisme sombre et froid et ainsi toute l’entreprise espérée par le spectateur averti s’effondre âprement. Parenthèse clause.

Quelle est donc notre responsabilité aujourd’hui sans sombrer dans les vieilles querelles pas tout à fait enterrées entre nous ? Comment ne pas être injustement catalogué aujourd’hui lorsque l’on trouve des vertus incontestables à l’idée d’avant-garde ? D’ailleurs, ne peut-on pas voir une corrélation entre l’abandon de cette conception et les reculs et revers successifs de nos organisations et des idées qu’elles portent depuis lors ?

C’est à ce titre que je m’engage fortement dans les débats qui traversent le parti communiste, que je prends la lourde décision de soutenir des textes alternatifs, à me montrer parfois vindicatif et sans état d’âme avec certains de nos camarades qui ont en charge la direction du parti. C’est pour cela que je n’avale pas servilement le catéchisme simpliste qui nous invite à rejoindre sans trop poser de questions et avec un enthousiasme candide Mélenchon et sa démarche. J’ai la conviction que Mélenchon ne fait pas avec le peuple mais à côté du peuple, la nuance n’est pas accessoire vous en conviendrez. C’est pour cela que j’avais émis l’idée de la candidature de Mickael Wamen, le syndicaliste des Goodyear qui en quelques temps sortit de l’anonymat et du brouillard la classe ouvrière combative, fière de ce qu’elle est, déterminée et charismatique. Il aurait pu être une sorte de catharsis. Voyons la solidarité dans la France entière pour son combat. Cet ouvrier qui a réussi à remplir des amphithéâtres dans les universités et des salles des fêtes dans les cités ouvrières. Construire une telle candidature pourrait être le début d’une nouvelle phase de reconquête politique. Une parole forte, honnête et désintéressée qui pourrait raisonner dans bien des esprits aujourd’hui en proie à la colère sombre, à la fatalité et à l’abdication. Bien évidemment, je ne me laisse pas gagner par l’utopie. La bataille demeurerait tout aussi difficile, le capital mettrait tout en place pour briser notre stratégie, mais au moins nous pourrions bâtir de nouveau sur des bases saines et prometteuses.

Voilà donc quelques considérations lancées en vrac pour nourrir les réflexions que je sais profondes et complexes de bien des camarades et de nombreux travailleurs. Il faut dire, sans polémique, que la clarté semble pour l’heure loin d’être évidente chez les communistes. Pis, la confiance se rompt et plus le temps passe plus les communistes se sentent orphelins et désabusés. On finit même par imaginer le pire, le pire étant une sordide tactique politique qui consisterait à se ranger derrière un socialiste un peu moins corrompu politiquement. Si sagesse il faudrait convoquer dans ces conditions, je rappellerais simplement à mes amis et camarades ce mot de Spinoza que nombreux comprendront sans effort, « la sagesse n’est pas la méditation de la mort, mais la méditation de la vie ».

Guillaume Sayon

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Liberté Hebdo 1243: L'édito de Franck

28 Octobre 2016, 14:25pm

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Liberté Hebdo 1243: L'édito de Franck

BAS LES MASQUES CITOYENS POLICIERS

La souffrance des policiers est-elle bien entendue ?

Coincés qu’ils sont entre leurs consciences, les moyens concédés pour leurs missions, et les enjeux politiques, les fonctionnaires en charge de notre sécurité ont besoin d’être écoutés.

 

Mais comment comprendre la rencontre qu’il y a eu mercredi soir entre les syndicats et leur ministre, sachant que la CGT n’était pas invitée car non représentative dans la profession ?

 

Car, il y a bien un paradoxe syndical dans la police. Malgré un taux de syndicalisation élevé dans la profession, les fonctionnaires de police s’estiment mal représentés.

Mais quel rôle joue les syndicats majoritaires vis-à-vis de leur ministre de tutelle ?

 

C’est la question que posent nombre d’observateurs. Mutations, promotions et primes sont au centre des préoccupations des réunions paritaires menées dans le cadre institutionnel.

Résultat, les revendications ne sont pas entendues. Les conflits liés aux conditions de travail et aux relations avec la hiérarchie, comme dans tous les métiers, sont-ils moins traités qu’ailleurs ?

 

Sans aucun doute.

 

Des heures supplémentaires non payées, des lieux de travail en mauvais état, des véhicules ou du matériel défectueux, des ordres mal compris…

La grogne exprimée par les fonctionnaires d’État doit inquiéter tous les républicains de ce pays.

Le Front National, visiblement absent des débats sur la loi travail, se dépêche d’apporter son soutien au mouvement. Quand en plus, le premier secrétaire du PS, Cambadélis, crie à la manipulation frontiste….

Gardons-nous de cet amalgame grossier !

 

Réclamons surtout que tombent les cagoules des manifestants et que leurs armes restent au vestiaire.

Quel spectacle pour les citoyens que nous sommes !

 

Il y a visiblement une perte de sens dans l’évolution actuelle de la société. La formation des agents, nous l’avons déjà dit, doit changer. Les 250 millions concédés mercredi soir par le ministère de l’Intérieur ne résolvent pas tout.

13000 fonctionnaires de police manquent à l’appel depuis les réductions d’effectifs imposées par Nicolas Sarkozy, qui supprima aussi la police de proximité.

 

Comme la santé ou la justice, la sécurité publique doit être la même pour tous. Au-delà des questions d’intégrité, de sens du service public, du sacrifice, les fonctionnaires de police rencontrent les mêmes difficultés que tout un chacun pour la scolarisation de leurs enfants, leur logement…

Confrontés, comme les médecins ou les pompiers, aux plus durs aspects du quotidien, ils sont souvent, comme l’enseignant face à sa classe, le seul exemple de service public dans certains territoires privés de CAF, de bureaux de poste…

La délinquance se nourrit des publics en détresse de plus en plus fragilisés par l’abandon par l 'État des missions de service public.

La France ne peut pas laisser détruire son système social.

Au regard des échéances électorales de 2017, il est nécessaire que se rassemblent au plus vite toutes les forces progressistes pour reconstruire et bâtir une République basée sur l’Humain d’abord.

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Liberté Hebdo 1242: L'édito de Franck

20 Octobre 2016, 20:08pm

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Liberté Hebdo 1242: L'édito de Franck

LE SPECTACLE AMERICAIN

 

Il n’y a plus de mythologie qui vaille aux Etats-Unis. Comme le vieux monde, le nouveau s’écroule sous la bêtise.

Le feuilleton du duel télévisuel Clinton versus Trump n’amuse que les téléspectateurs. Il navre les citoyens, démocrates ou républicains. La démocratie américaine est à l’image du cirque spectaculaire.

 

L’image est plus forte que les mots, même les plus gros. La bataille électorale tourne au grand Guignol. Avec un véritable danger pour tous ceux qui croient encore en l’Amérique et son marketing de la vertu.

 

Pour les populations dans le monde arabe et au Proche-Orient, en Irak ou en Syrie, la puissance américaine se mesure en tonnes de bombes et litres de sang. Pour les progressistes d’Amérique du Sud, les fureurs anti-communistes des gardiens de la toute puissance des USA sont les responsables de ravages commis par des dictateurs fascistes et de milliers de disparus.

 

La folie des hommes forge ses armes pour l’or des puissants.

 

Le rêve américain est un cauchemar pour ceux qui ne sont ni blancs, ni riches, ni libéraux.

Bernie Sanders portait l’espoir d’une jeunesse qui veut encore changer le monde. Le choix des démocrates s’est porté sur Hillary Clinton, plus conforme aux traditions de ce parti. Aujourd’hui, face à Trump, la voilà femme-candidate, rempart contre la brutalité, la testostérone d’un vieux mâle décomplexé. Et tout devient caricature.

 

Les idées refluent des plateaux télés sous le coup des injures et des flèches. Les Américains n’ont plus à choisir entre politique ou une autre, entre deux projets. L’un fait le sauvage sur le plateau, l’autre se montre civilisée.

Tous les excès sont permis, coups bas compris.

Ce qui ne rassure personne, c’est aussi l’incapacité à prendre en compte les événements qui nous frappent.

Quelles réponses face à Daech en Syrie ?

 

La paix passe par de longues discussions mais aussi par des décisions fermes, sans

ambigüité.. Nous le devons aux millions de réfugiés frappant désespérément à nos portes, assommés par le chaos.

Nous voyons bien en France le mal que nous aurons à faire notre marché dans la pléthore de candidats qui s’annoncent. Le rassemblement nécessaire implique quelques renoncements. A condition que les exigences soient à la hauteur des attentes citoyennes.

Prenons garde à ne pas laisser sombrer notre démocratie dans l’anti-modèle américain. Réduire le choix du président à deux adversaires revient à anéantir toute idée de changement.

La volonté populaire doit s’exprimer dans le vote. Un scrutin ne peut se réduire à un choix par défaut ou, pire, contre la sauvagerie.

Après le triste spectacle américain, la France se doit de porter un autre message au monde.

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Mélenchon, son destin … et la France insoumise !

19 Octobre 2016, 18:01pm

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Mélenchon, son destin … et la France insoumise !

Mélenchon et ses amis ont sorti la grosse armada ce week end à Lille pour la convention de la France insoumise. Par honnêteté intellectuelle, j’ai voulu suivre par petits morceaux via la retransmission vidéo en direct les travaux de cette convention pour ainsi pouvoir un peu mieux mesurer les dynamiques qui animent ce mouvement. Dynamique, le mot est indéniablement adéquat. Que l’on soit favorable à la démarche ou un détracteur enragé de cette dernière, on ne peut décemment pas nier le fait qu’il se passe quelque chose qui prend de l’ampleur du côté de cette France insoumise. Tout est réglé au millimètre, la communication est pensée jusque dans les moindres détails et l’agenda semble soigneusement construit, ne laissant que de courtes séquences entre chaque rendez-vous. Stalingrad en juin, le pique-nique à Toulouse cet été, la fête de l’Huma et cette convention lilloise … Mélenchon et son staff savent occuper le terrain et squatter les médias. On parle sans cesse de lui ou presque jusqu’à frôler l’overdose. Il phagocyte totalement tout ce qui ondule mollement dans la mare vaseuse de la gauche du parti socialiste. Après tout, Mélenchon n’est-il pas le fils prodigue du trotskisme à la française comme il le confesse lui-même dans son dernier ouvrage d’entretien avec le journaliste Marc Endeweld ? Un sens aigu de l’organisation, un manœuvrier doué doté d’un sens de la formule unique. Et puis une stratégie irriguée par le flux mémoriel de ces années passées à la tête de la fédération socialiste de l’Essonne où pour être respecté il fallait être un fossoyeur habile des mairies communistes. La friandise ultime était de réussir à être invité dans le bureau élyséen du vieux (sic), le tonton flingueur de la gauche révolutionnaire, François Mitterrand. C’est l’itinéraire du nouveau héraut de la gauche propre sur elle. Si on s’amusait ce week end (ce que j’ai fait) à observer attentivement les plans larges de la salle, il était ardu d’y trouver des mains calleuses. Cette convention semblait être une sorte d’entre-soi sociologique assez frappant. On a l’illusion d’une thérapie de groupe de l’ex-aile gauche du PS qui se donne les moyens de tuer le père.

Pour autant, Mélenchon est une bête politique, une sorte de cyclone qui dévaste tout sur son passage. Il est en train de polariser la gauche sur son seul nom. Pour ce faire et pour prolonger ce travail, il vient de mettre sur pied une armée disciplinée signant son consentement ce week-end à Lille. Un homme, un symbole (la lettre grecque phi), un programme et des petites mains qui se plient totalement à la norme imposée. Je n’invente rien et ne grossis pas le trait par malveillance. C’est exactement ce qui a été annoncé. Le léniniste que je suis est bien évidemment sensible à l’organisation et je suis le premier à reconnaître qu’un mouvement doit savoir se discipliner. Mais il y avait au final quelque chose d’assez lugubre dans ce que je voyais. Alors que je conçois la discipline pour servir un idéal et une matrice révolutionnaire, j’ai beaucoup plus de mal quand elle sert le destin d’un personnage. Mon instinct me pousse à être de plus en plus méfiant avec Mélenchon. Bien qu’il débuta son propos hier en raillant ceux qui résument sa méthode à un gourou et ses brebis égarées, on ne peut s’empêcher de rester sur ses gardes tant le personnage est central dans l’organigramme de cette petite sauterie « insoumise ». A tel point qu’on finit par douter que ce dernier veuille réellement renverser l’institution. Il aime être un homme fort, on le sent fortement à l’aise quand sur cette petite scène circulaire il prêche son catéchisme écolo-réformiste à coup de « si je suis élu ». Il se prend totalement au jeu de ce qu’il dénonce pourtant dans ses envolées plébéiennes, l’homme providentiel, celui qui part à la rencontre avec un peuple dans le but de le transcender.

Preuve en est l’esthétique rattachée à cette pré-campagne. Fini le rouge, les symboles de la lutte ouvrière, on veut en finir avec le chant de l’Internationale. Non, maintenant c’est un bleu roi apaisant, trois initiales omniprésentes à la « JFK » rattachées à 2017, comme si cette élection présidentielle allait devenir le point d’ancrage de l’année zéro de la gauche 2.0. Bref, Mélenchon se dote d’une machine de guerre pour servir son dessein. Là où sans doute les choses deviennent dangereuses, c’est lorsqu’il annonce qu’unilatéralement ce mouvement nommera 577 candidats estampillés « France insoumise » pour les législatives quitte à faire perdre à coup sûr des concurrents sérieux au tripartisme mortifère. En effet, cela signifie qu’il présentera des candidats là où des députés communistes/front de gauche sont sortants, avec pourtant un bilan tout à fait honorable. Cette stratégie fera donc disparaître toutes possibilités de faire émerger un groupe d’opposition de gauche authentique à l’Assemblée nationale. Cela n’excuse en rien la lourde responsabilité de la direction du PCF dans l’éventualité d’un tel scénario catastrophe. Oui si Mélenchon peut aussi facilement manœuvrer, c’est aussi parce que le PCF n’a jamais été aussi faible et si malhabile stratégiquement. J’ai d’ailleurs longuement hésité à écrire sur cette présidentielle tant je ne me retrouve dans aucune des stratégies actuellement à l’œuvre. J’étais favorable à la construction d’une candidature communiste pour porter un véritable projet de rupture prenant de l’épaisseur au travers des derniers épisodes de luttes sociales. Mais aujourd’hui, comment peut-on encore croire qu’à 6 mois du scrutin il soit encore possible de le faire. Alors même que Pierre Laurent et ses porte-paroles s’évertuent avec méthode à totalement proscrire cette orientation. Je me sens finalement orphelin au milieu de toute cette agitation stérile.

Alors, comme d’autres camarades que l’on ne peut que difficilement blâmer, je pourrais par désespoir de cause me rallier à la seule dynamique en cours, celle de Mélenchon. Mais comment accepter les règles autoritaires imposées pour un tel ralliement ? Comment pouvoir défendre un projet économique qui consiste à gommer partiellement les inégalités en pariant sur un simple modèle réformiste de relance par l’économie verte, car derrière les formules chocs c’est de cela et de cela seulement dont il est question. Comment accepter de participer sans broncher à cette France insoumise mais thuriféraire ? Les manœuvres se transforment aujourd’hui en cache-misère, elles viennent maquiller l’asséchement idéologique de notre camp. Alors qu’il y a d’importants chantiers à concevoir à la base pour recréer des solidarités et mettre en branle les anonymes militants quotidiens de la dignité humaine et des luttes sociales, qu’il y a à convaincre que nous sommes en droit d’espérer autre chose qu’un rehaussement du SMIC et une baisse d’impôts, nous subissons les renoncements tragiques des porteurs d’eau tiède du communisme indolore et les rêves de gloire des Dorian Gray de l’égocentrisme politique servant leurs désirs de conquête quitte à assister presque satisfait au pourrissement inéluctable de notre temps.

Guillaume Sayon

 

 

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Liberté Hebdo 1240: L'édito de Franck

7 Octobre 2016, 20:36pm

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Liberté Hebdo 1240: L'édito de Franck

TROP DE CRIMES FAITS AUX FEMMES

Pas de place pour le doute, la cause des femmes est d’ordre mondial.

La palette de la bêtise humaine est riche, colorée, dangereuse et sans limites.

En Pologne, les tenants d’une vertu hypocrite ont une nouvelle fois tenté un retour à l’ordre ancien. Du même tonneau percé que les déclarations honteuses de la jeune, et pourtant archaïque, Marion Maréchal (nous voilà) Le Pen, vouant les femmes pécheresses aux gémonies.

Et pourtant, combien de fruits du péché aurions nous pu éviter dans les siècles précédents ?

A Alep, en Syrie, à moins de 4 h d’avion de Paris, femmes, enfants et vieillards sont la proie des bombardements.

La guerre frappe toutes les familles. Une fois de plus, les femmes, sœurs, mères ou épouses souffrent dans leurs chairs et pour les leurs.

Quand, à Gaza, elles tentent de porter par bateau des messages de paix, Israël les arraisonne.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a interpellé le gouvernement français lui demandant

« d'intervenir auprès du gouvernement israélien pour que la liberté de circulation soit respectée et que le Bateau des Femmes pour Gaza puisse porter un message d'espoir et de paix aux Palestiniens dont les droits sont quotidiennement bafoués. »

Mais pour une voix qui s’élève, combien se taisent ?

Parmi les migrants, les femmes sont les plus fragiles. Enceintes elles accouchent dans des conditions extrêmement difficiles. Seules, elles sont la proie des prédateurs les plus hideux de l’espèce humaine. Ce n’est pas pour rien qu’au lendemain du sommet sur la crise migratoire, à New York le mois dernier, le SPF a enjoint ses donateurs « à un élan de générosité afin d’amplifier les actions de solidarité aux réfugiés et aux migrants »(1).

Un seul point commun dans ces horreurs cumulées, tous ces actes, toutes ces théories n’ont pour but que d’asservir plus encore les femmes, les clouant au pilori comme victimes plutôt que leurs bourreaux.

Les météorologues ont longtemps, honteusement, donné des noms féminins aux ouragans et aux tempêtes. Pour une fois, le dernier en date porte un prénom masculin. Il n’en est pas moins redoutable. L’ouragan Matthew fait des ravages sur les côtes américaines. Le gouvernement fédéral rencontre à nouveau des difficultés pour assurer la sécurité et organiser les secours dans le pays, en théorie le plus puissant de la planète.

Haïti, île martyre, aura encore bien du mal à panser ses plaies. Cuba a été frappée de plein fouet. Des communes entières sont dévastées. De par le blocus permanent imposé par les États-Unis, les Cubains ne bénéficient pas de l’aide internationale. Là aussi, ce sont les femmes qui sont en première ligne.

L’urgence est à la solidarité.

www.leetchi.com/c/solidarite-de-cuba-si-france-94-boulevard-auguste-blanqui-75013-paris www.secourspopulaire.fr

 

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