Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #congres

Discours de clôture par Pierre Laurent

8 Juin 2016, 15:43pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

37e congrès du PCF

Discours de clôture de Pierre Laurent

Secrétaire national

Chers amis, chers camarades,

Quelle fierté…! Quelle fierté mes amis... A l’heure de conclure les travaux de notre 37e Congrès,je m’adresse à vous avec le sentiment du travail accompli. Quel beau visage du Parti communistefrançais nous avons donné au cours de ces 4 jours de débat. Loin des caricatures, nous avons fait la démonstration de l’incroyable modernité du combat communiste. Nous avons mené avec sérénité et responsabilité des débats de fond qui n’étaient pas faciles. Nous nous sommes écoutés, nous avons échangé avec respect et attention. Et c’est avec beaucoup d’intelligence que nous sommes parvenus à trancher les questions qui nous animaient, et à nous unir autour d'une ligne claire et offensive.

Être communiste reste décidément une belle idée pleine d'avenir. C'est pourquoi les mots d’accueil à ce congrès des jeunes et des étudiants communistes resteront gravés. Les drapeaux des JC sur toutes les photos du mouvement contre la loi travail, dans les journaux, sur les réseaux sociaux, disent mieux que tout discours combien les communistes sont en phase avec leur temps. Bravo Camille, bravo Antoine ! Bravo à tous les jeunes communistes de France !

Et puisque nous en sommes aux applaudissements, je tiens aussi à remercier l’ensemble des camarades qui ont fourni un travail considérable pour que les travaux de notre congrès puissent se tenir dans d’excellentes conditions. Merci à vous les copains ! Votre travail, votre sens de l’engagement sont notre richesse. Ici nous sommes riches d'un patrimoine qui n'est pas près d'être soumis à l'ISF ! Ce patrimoine c'est la fraternité.

Soutien et fraternité, ces mots nous les adressons à tous nos compatriotes victimes des inondations qui frappent actuellement notre pays. A toutes ces personnes qui en quelques heures ont vu le travail d’une vie, les maisons qu’ils avaient bâti, les jardins dans lesquels grandissaient leurs enfants envahis par les eaux, Nous nous devons d'être à leurs côtés. Nous saluons aussi l'engagement des élus locaux et des employés municipaux aux côtés des populations sinistrées.

Ils font la démonstration de l'efficacité et de l'utilité des services publics. Je me rendrai lundi avec une délégation du PCF à Villeneuve Saint-Georges, ville du 94 touchée par la montée des eaux.

Car chez les communistes la solidarité ne sera jamais un supplément d’âme.

La solidarité, la solidarité concrète, c'est par là que tout commence, en France et dans le monde, Et c'est pourquoi j'ai été ravi d'accueillir de nombreuses délégations internationales à notre congrès.

Parce que nous ambitionnons d'être au coeur battant du monde tourmenté, nous sommes confrontés à des questions complexes qui, naturellement, ont provoqué un débat de fond, un débat sans concession. Et nous sortons de ce débat rassemblés, ce qui était ma première préoccupation.

Rassemblés sur une démarche politique très claire : nous voulons des victoires pour notre peuple et pour le pays. Nous voulons construire une majorité victorieuse sur un projet clair, pour sortir le pays, l'Europe et le monde de la crise, des tensions et des blocages, en finir avec les guerres. Nous voulons le faire par la lutte, dans le mouvement de notre peuple, en travaillant à l’émergence d’une offre politique capable de renverser le cours de la situation. Oui nous voulons gouverner le pays. Nous voulons vaincre car notre objectif n'a jamais été de faire de la figuration ! Il est plus que temps de sortir du mauvais scenario dans lequel les 1 % tentent de nous enfermer. Sifflons la fin de la séance, le peuple réclame le premier rôle !

Chers camarades, avec ce congrès, nous honorons trois rendez-vous qui compteront. Les rendez-vous avec la France, avec le siècle et avec la jeunesse. Le rendez-vous avec la France, parce qu'elle en a assez d'être méprisée, bradée, livrée à un système capitaliste prédateur qui plonge le pays dans une dérive de régressions démocratiques et sociales, de soumissions aux puissances financières, d'abandons de sa souveraineté et de sa personnalité.

C'est ce qui arrive avec la loi El Khomri. Le Président de la République, le gouvernement, leurs soutiens comprennent mal ce qui se passe. Il ne mesurent pas la colère, ils se trompent sur l'état d'esprit des salariés et de la jeunesse. Ils sont hors sol.

Leur petite logique de compétitivité ne peut concevoir les aspirations d'aujourd'hui. Ils ne comprennent pas que les salariés refusent le travail précarisé, subit, en miettes. Les salariés aujourd'hui veulent être reconnus dans leur travail, ils veulent maîtriser les processus de production des biens et des services, ils veulent être associés aux décisions, ils veulent partager les fruits de leurs efforts.

Et que leur répond le gouvernement et le patronat ? Bosse et tais toi ! Et que font ils ? Ils font reculer les droits, tous les droits, ils aggravent les conditions de travail, renforcent l'exploitation, augmentent la pression sur les salaires, et précarisent de plus en plus. Et quand les salariés, avec leurs syndicats, refusent ces mesures d'un autre âge, alors ils sont méprisés, humiliés et réprimés. On les traite de terroristes quand ils ne font que défendre leur droit, leur travail et utilisent leur droit de grève.

Avec les salariés, avec les jeunes, tous ensemble, nous pouvons gagner sur la loi travail, nous pouvons contraindre le gouvernement à se mettre à la table des négociations et à revoir du tout au tout ses ambitions. Pourquoi faudrait-il baisser pavillon quand le pays désapprouve si massivement cette mauvaise loi ? Pour quelles raisons accepter d'abaisser les protections et les droits dont bénéficient les salariés, quand le rapport des forces avec le patronat, du fait du chômage et de la dégradation de la qualité des emplois, leur est déjà si défavorable ? Au nom de quoi ? De l'emploi ? C'est ce que prétendent El Khomri, Valls et Hollande. Mais supprimer des droits, vider l'esprit de la loi, assouplir le Code du travail, c'est supprimer la protection du plus faible. Rappelons ce que disait Henry Lacordaire au XIXe siècle : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »

La recette de ce gouvernement, de ce Président qui prétendait affronter la finance, c'est celle, absurde, de ceux qui s'y soumettent. Comme si en prétendant empêcher le renard d'entrer dans le poulailler, on en abaissait le grillage.

Et la droite, les Sarkozy, Fillon, Juppé, Copé, Kosciusko-Morizet, et les Le Pen piaffent d'achever le travail engagé par le gouvernement socialiste en allant plus loin encore après 2017. Eux ne veulent plus de code du travail, ils ne veulent plus de loi sur le temps de travail, ils ne veulent plus de lois sociale, ils ne veulent d'organisation syndicale que cantonnées à la préservation de la paix sociale. Et ils préparent, pour leur retour aux affaires, la grande fête de la vengeance patronale, sur un peuple, le peuple de France, qui a osé les défier en adoptant, au fil du temps, des décennies et des siècles des règles protectrices qui obligent les propriétaires et actionnaires au respect de droits des salariés.

Ceux qui défendent et représentent l'intérêt général, l'intérêt de la France, l'avenir de la France, sont ceux qui participent aux rassemblements, aux mobilisations, aux actions grévistes. Je veux féliciter toutes les militantes et les militants qui participent quotidiennement depuis plusieurs mois au mouvement et l'épaulent. Je veux dire que nous sommes solidaires avec les trop nombreuses et nombreux communistes victimes de la répression et des violences comme avec toutes les

victimes.

Nous refusons que la violence s'invite dans les luttes sociales et populaires, Nous savons comment la violence est le recours des pouvoirs en difficulté. Nous ne sommes pas du côté des casseurs et nombre de nos camarades ont subi leurs agressions. Mais nous savons où est le blocage. Il est au gouvernement. Certains appellent à la suspension du mouvement, nous leur répondons « suspendez le débat parlementaire ! »

Les mobilisations ont permis d'ores et déjà de premiers succès. Je pense aux acquis obtenus pour les jeunes et les étudiants. Je pense à l'accord signé pour les intermittents du spectacle et remis en cause par le Medef. Ou à des premières mesures pour le pouvoir d'achat des enseignants.

C'est la lutte, le rassemblement, l'unité qui permettent des victoires. Nous allons gagner avec les salariés, avec la CGT, avec les jeunes et étudiants. Nous allons, le 14 juin, submerger les pavés de la capitale dans une immense manifestation nationale. Je vous invite à déployer tous vos efforts, - et je sais de quoi nous sommes capables, nous les communistes, quand nous déployons tous nos efforts, - pour assurer le succès de cette manifestation nationale. Pour en faire le grand cortège de la colère et des aspirations populaires ! Et je vous appelle aussi à assurer le succès de la votation citoyenne pour dire non à la loi El Khomri. Le rassemblement des salariés et des jeunes, permettra d'empêcher le Premier ministre et le Président de la République de trouver une majorité au Parlement pour voter leur loi, même s'ils ont recours au 49-3 ! Nous montrerons comment, pour les victoires, il faut que les luttes, les mobilisations, se conjuguent avec les rassemblements politiques.

Ce que nous avons décidé aujourd'hui, c'est de reprendre et renouveler le récit émancipateur de la France des Lumières, des Révolutions des XVIIIe et XIXe siècles, de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Résistance et de la Libération.

Ce récit, c'est celui des grandes avancées sociales et démocratiques qui font de la France, encore aujourd'hui, un modèle pour les peuples et les classes ouvrières du monde entier. Ouvrons à nouveau le chemin des grandes utopies sociales, des grandes avancées : une sécurisation de tous les parcours de vie, pas un jeune qui ne sorte de l'école sans diplôme et formation, l'autonomie de la jeunesse, zéro chômage pour une société de partage, droit au logement, à un revenu décent pour tous, droit à la santé gratuite ; un nouveau pas dans la diminution du temps de travail, les 32 heures, droit à la retraite, égalité femmes-hommes, droit de vote des étrangers, accueil des migrants droits citoyens jusque dans les entreprises et partage des pouvoirs ; VIe République…

Oui, c'est le temps de nouvelles percées de civilisation. Ouvrons de nouveaux horizons pour la vie sur terre et le monde : la paix, la préservation des équilibres naturels et du climat ; le développement associé de l'industrie, l'agriculture et l'écologie… Nous avons beaucoup débattu des problématiques environnementales et beaucoup avancé. Ces avancées appellent des réflexions nouvelles de notre part, et nous allons poursuivre nos études et débats, en particulier sur les questions énergétiques. En tout cas nous faisons notre la recommandation de Claude Nougaro « Les parfums de la terre, les couleurs de l'eau, l'or de l'été On est prié de laisser les lieux dans l'état où ils étaient. »***

Et ce n'est pas Hollande, Valls et Macron, ni la direction du PS qui pourront faire se prosterner la gauche et le peuple devant la tyrannie de l'Argent. Nous ne nous laisserons pas piégés par cette fable des deux gauches irréconciliables. Nous ne les laisserons pas faire, nous travaillons à l'union pour renouer avec la France debout, la France comme on l'aime. Lors de notre congrès, nous avons aussi honoré le rendez-vous avec le siècle. Je le dis avec une très grande conviction, le communisme n'est pas l'utopie du XIXe siècle, n'est pas l'idéologie du XXe siècle, le communisme, c'est le mouvement de ce XXIe siècle. C'est le temps du commun.

La société française et au-delà le monde sont entrés dans une nouvelle ère qui révolutionne le rapport des humains aux outils qu’ils utilisent et qu’ils conçoivent, et plus profondément encore, révolutionne les rapports des humains entre eux. A l’heure où les grands médias ne cessent de nous dire, par experts interposés, ce qu’il faut que nous pensions, des millions de citoyens, ressentent la nécessité d’être partie prenante, à part entière, des décisions qui les concernent.

Pourquoi un tel mouvement ? Pourquoi partout dans le monde ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les rapports de domination, de subordination, d’aliénation peuvent être dépassés. Les frontières entre travail manuel et intellectuel s’estompent, entre exécution et conception aussi. Les organisations innovantes, celles qui gagnent, laissent de plus en plus de place à l’initiative, donnent du pouvoir à ceux qui font le travail. Chacun sent de plus en plus que ce qu’il produit, le service qu’il rend et comment il le fait, impacte son environnement, son mode de consommation, la vie en société, sa vie elle-même.

La revendication montante dans les entreprises du « laissez-nous bien travailler » rejoint celle du bien vivre en société. Le travail et ce qu’on appelle le hors travail agissent l’un sur l’autre. La puissance des découvertes scientifiques, des révolutions technologiques, rend tout ou presque possible. Alors quand les possibles se multiplient, la question du choix devient la question cruciale.

Qui décide ? Et comment ? Pour vivre dans quelle société ? Telles sont les questions auxquelles les humains sont de plus en plus nombreux à pouvoir et à vouloir répondre. Non pas comme des spécialistes mais en citoyens informés, consultés. En citoyens responsables. La mondialisation elle-même fait découvrir à chacun que, comme le dit le chercheur Bertrand Badie, « nous ne sommes plus seuls », que le destin des uns est lié au destin des autres.

Cette formidable nouveauté, parce qu’elle devient palpable pour des milliards d’individus, se heurte à la pauvre ambition de la compétitivité économique du rendement des capitaux. La politique elle-même et la façon d’en faire sont interrogées par cette véritable révolution.

Comment, dans le monde actuel, espérer faire le bonheur des gens malgré eux ?

Le temps d’un travail libéré est venu. Le temps de la vie en société est venu. Le temps de la paix est venu. Le temps de la politique citoyenne est venue. Le temps du commun est venu. Incapable de répondre aux défis de ce XXIe siècle, défis du travail à l'heure du numérique, du dérèglement climatique, de la démocratie et de la paix, le libéralisme est frappé d'obsolescence.

Alors renvoyons le cortège des momies de tous âges, les Gattaz, les Juppé, les Woerth, les Lemaire, les Sarkozy, et les Hollande, Valls, Macron, donner leurs leçons de modernité chez les antiquaires de Neuilly. Le temps du commun est l’utopie réaliste de notre temps, il passe par le retour au peuple, à ses besoins, à ses aspirations, il passe par la démocratie.

Le temps des 1% se meurt. Celui des 99 % c’est le temps du commun, celui du coeur et de la raison de la gauche. C'est notre temps.

Nous donnons à ce congrès un troisième rendez-vous : le rendez-vous de la jeunesse. Précarisée, malmenée, rarement écoutée, la jeunesse de notre pays a la gueule de bois sans pour autant avoir le sentiment d’avoir un jour ou l’autre été à la table des festivités !

Les promesses non-tenues de François Hollande qui avait juré la main sur le coeur en faire la priorité de son quinquennat ont fait long feu. Pour beaucoup de jeunes aujourd’hui c’est pâtes au beurre le lundi, pâtes au sel le mardi, et pâte nature le mercredi ! C’est le régime Dukan t’as pas de thune !

Mais la jeunesse a fait une irruption massive dans le mouvement social, sur Internet avec le mouvement des youtubers « On vaut mieux que ça ». Il y a aussi cet étonnant mouvement des Nuits debout. Dans ces espaces, les paroles s'échangent, des idées se forgent, des échanges se nouent. Ils démontrent que la soif de démocratie de la jeunesse est loin d'être étanchée par les institutions, les organisations et les personnalités politiques.

Il est faux de dire que les jeunes n’aiment pas la politique. Ils n’aiment pas la politique telle qu’on leur propose. Et il suffit de regarder de l’autre côté de l’Atlantique avec Bernie Sanders pour se rendre compte que lorsqu’on leur offre un espace, les jeunes l’investissent.

Nous entendons cet appel et nous prêts à y répondre. Nous nous adressons à toute la jeunesse, celle des quartiers, des cités, celle des lycées, universités, des grandes écoles. Aux jeunes travailleurs précaires, souvent très diplômés. Nous disons aux jeunes « vous cherchez un lieu d'échange, des idées neuves, du travail en réseau. Vous cherchez un endroit stable où vos paroles seront entendues, attendues, écoutées, prises en considération. Vous cherchez un lieu d'actions utiles, de solidarité, de fraternité, d'inventions. Alors notre parti est le vôtre, nous vous y accueillons, vous y aurez toute votre place, vous pourrez y prendre des responsabilités ». 

Les trois grands rendez-vous avec notre peuple, nous voulons les honorer sans attendre, pour ouvrir au plus vite de nouvelles pages de l'émancipation humaine, pour soulager le quotidien de millions de concitoyens qui ne peuvent plus attendre. Le Parti communiste, a la responsabilité de tenir la gauche et l'espoir debout, quant tant de voix faiblissent, trahissent, entonnent le refrain de la résignation.

La politique, c'est le pouvoir du peuple, à condition d'investir ce pouvoir et non de le laisser entre les mains des puissants. Pour nos vies, les 1 % voudraient tout décider, à quelle heure du jour et de la nuit nous voudrions travailler, où et comment nous devrions vivre, consommer, où et quand nous aurions le droit d'aller et de venir.

Pour eux, tout est permis. Et pour nous, c'est eux qui devraient décider. Et en politique c'est pareil. Ils voudrait tout décider à notre place. Vous allez voter, nous disent-ils en 2017. Mais d'ici là, ils s'occupent de tout : les programmes, les candidats, et, avec les sondages, ils vous disent même qui va gagner. Vous n'avez même pas à vous fatiguer, ou à choisir. Ils préparent tout pour vous.

Regardez comment ils s'y prennent pour nous attraper dans leur filet, en écrivant des scénarios politiques comme de vraies séries télés. Il y a la série « Macron le moderne ». Le dernier épisode s'appelle « Macron fait du porte à porte ». Ca va être chaud bouillant, Macron au porte à porte. Parce que si le gars il s'embrouille avec tous les gars qui ont un tee shirt : « Macron au porte à porte » « ça va être embrouille à tous les étages ».

En vrai, Macron n'a jamais fait de porte à porte de sa vie, mais par la magie de la télé, on y croirait presque. La semaine dernière, les cages d'escaliers de France étaient remplies de partisans de Macron qui faisaient du porte à porte. Mais quand va-t-on arrêter de nous raconter des histoires.

Mais il y a plus grave. Il y a la série noire : « Le Pen ce n'est pas si grave que ça ». La semaine dernière encore, une réunion qui n'était qu'un ramassis d'idéologues d’extrême droite ne sont réunis à Béziers. Marion Marechal Le Pen y a fait sa diva. Et toutes les télés étaient là, nous racontant cela en directe comme si il s'agissait juste d'un épisode un peu plus croustillant que les autres du téléfilm sur le clan Le Pen.

Mais a-t-on bien conscience du poison de haine que chaque jour on distille un peu plus parmi les peuples européens, tout ça pour les empêcher de s'unir contre le pouvoir de la finance et ceux qui le servent et des conséquences dramatiques que cela peut avoir ?

Ne les laissons pas faire. Ne les laissons pas diviser notre peuple. Montrer du doigt une partie croissante de la jeunesse française au nom de sa couleur de peau ou de ses croyances religieuses. Ne les laissons pas casser la République française, la République sociale et laïque, celle de l'égalité et de la fraternité. Ici comme partout dans le monde, le capitalisme décadent et en crise réinvente la guerre des religions. Attention au feu qui couve !

Il y a 80 ans, Maurice Thorez a tendu la main aux croyants. Aujourd'hui je la tends à tous les croyants de France, catholiques, juifs, musulmans pour leur dire : refusons ensemble tous les discours de haine,, de division. Je dis à la jeunesse des quartiers populaires vous êtes la jeunesse de France, vous êtes les couleurs de la France. Permettez moi de faire miennes les paroles du Pape François, tenues le 17 mai dans « La Croix » il faut parler des racines de l'Europe au pluriel. Quand j'entends parler des racines chrétiennes de l'Europe, j'en redoute la tonalité qui peut être triomphante ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme… Un État doit être laïc les États confessionnels finissent mal. »

Mais finissons avec les films qu'ils veulent nous imposer en invoquant un autre de leurs récits favoris : » deux gauches inconciliables ». Il y aurait donc la gauche moderne, réformiste, celle qui veut avancer, la gauche de Valls et de Hollande. Et il y aurait la gauche qui s'accroche, celle du passé, la gauche sectaire, crispée, et même violente, la nôtre !

Ce scénario, ils nous l'imposent en boucle tous les soirs. Et c'est vrai, que ce n'est pas toujours facile pour nos compatriotes pour les 11 millions d'électeurs que François Hollande a trahi de s'y retrouver.

Mais je le dis, ne cédons pas à ces sirènes de la division. Non, la gauche ce n'est pas la loi travail, la loi travail c'est la loi du Medef. La gauche, ce n'est pas la déchéance de nationalité, l’État d'urgence, la casse des communes et des services publics, ces poumons de la République.

En vérité, leur thèse n'est pas celle des gauches, leur thèse c'est de tuer la gauche, de tuer tous espoir de rendre à nouveau majoritaire une perspective de transformation et de progrès social.

Alors, je lance à nouveau un appel à toutes les femmes et les hommes de gauche de ce pays, à tous les électeurs socialistes, à tous les socialistes : je leur dis : rendez-vous à l'évidence. Après tout ce qui s'est passé. François Hollande ne peut pas être votre candidat, il ne peut plus être le nôtre, il ne peut plus être en 2017 le candidat qui fait gagner la gauche. Et ensemble, c'est un autre scénario qu'il nous faut écrire : celui d'une candidature qui porterait à nouveau l'espoir de remettre la France sur les rails du progrès social. Alors, nous voilà tous au pied du mur.

J'entends déjà tous les sceptiques me dire : « Mais c'est trop tard. Cette idée, elle est bonne mais on n'y arrivera pas ».

Je sais aussi les obstacles réels qui existent. Jean-Luc Mélenchon va dire cet après-midi qu'il avance, quoi qu'il arrive, qu'il n'a pas de temps à perdre avec toutes ces discussions. Arnaud Montebourg prépare aussi son retour. Les écologistes se demandent comment faire entendre leur voix. Et beaucoup d'autres rêvent de concourir au moins dans une primaire.

Moi, à tous, à tous ceux qui sont venus ce week-end en répondant à notre invitation, je dis : « arrêtons le gâchis. Non il n'est pas trop tard ».

Soyons conscients de nos responsabilités. La droite et l'extrême droite menacent, l'affaire est grave. La France que nous aimons peut le payer très cher. François Hollande et Manuel Valls emmènent la gauche au suicide. Tout ça ne peut pas attendre l'après 2017.

C'est maintenant qu'il faut relever le défi. Maintenant, parce que demain, ça commence maintenant !

Alors, comment s'y prendre pour lever tous les obstacles ?

Nous les communistes, et je suis fier de mon parti, nous avons décidé ce week-end d'une méthode. Elle est claire et nous allons nous retrousser les manches pour la faire réussir.

La clef, nous le disons tous les jours, elle est dans les mains du peuple. Alors, c'est à lui qu'il faut donner la parole.

Nous proposons d'écrire dans tous le pays à mille mains, avec les citoyens, avec toutes les forces, les personnalités, les candidats déclarés ou putatifs disponibles le pacte des engagements communs sur lequel pourrait se construire une candidature à gauche.

Le Parti communiste va encourager toutes les initiatives nécessaires pour cela. Il favorisera toutes les initiatives citoyennes comme l'appel des 100. Nous lancerons des débats nationaux sur le travail le 20 juin au Havre, sur la République le 23 juin à Marseille. Fin août, nous donnons rendez-vous à toutes les forces disponibles à notre université d'été d'insérer une formule tété à Angers.

Et surtout, partout, nous donnerons une ampleur inégalée à la grande consultation citoyenne que nous avons engagée (montrer le questionnaire).

Nous l'avons annoncé. Ce n'est pas une forfanterie, un coup de com'. Nous voulons que 500 000 personnes le remplissent.

Au fur et à mesure, dans chaque commune, chaque quartier, chaque entreprise où nous irons, nous rendrons compte des résultats. Et à la Fête de l'Humanité, tout convergera pour montrer avec éclat la force et la portée de cette grande écriture citoyenne.

Nous nous y engageons. En octobre, ce pacte d'engagements communs sera écrit. Nous voulons un pacte simple, lisible, facile à comprendre, qui éclaire sur les attentes cruciales du pays et les moyens de les satisfaire.

Nous le savons, le peuple de France veut la refondation de la République.

Il souhaite l’éradication du chômage et la sécurisation de la vie, de l'emploi et des revenus. Il veut la réduction du temps de travail à 32 heures, un plan national pour le logement, un plan d'urgence de lutte contre l'exclusion et la grande pauvreté, la relance des services publics et de la protection

sociale.

Le peuple de France veut une lutte réelle contre la finance et pour une autre répartition des richesses. Il appelle de ses voeux un nouveau modèle de développement et que la France s'engage dans une refondation démocratique et sociale de l'Europe. Ce mandat populaire, nous allons aider le peuple à le coucher noir sur blanc.

 

Et, en octobre, avec toutes les forces qui se seront engagées dans sa rédaction, nous allons le soumettre à une votation citoyenne nationale.

Partout, dans le pays, nous installerons des bureaux de vote, des milliers d'urnes à la disposition  -) de la parole citoyenne.Et à l'issue de cette votation, le pacte d'engagements communs sera notre notre mandat à tous.

Tout le monde nous dit : « oui, mais d'ici là, rien ne m'arrêtera, mois j'avance ».

Eh bien, nous, nous disons : « Nous, rien ne nous arrêtera. On avance ». En avant vers la votation citoyenne nationale du mois d'octobre qui remettra en selle le peuple pour de vrai dans l'élection présidentielle.

Alors, les forces engagées dans cette construction auraient la responsabilité de désigner une candidature commune. Et si plusieurs candidats sont disponibles, nous sommes ouverts à toutes les formes de désignation citoyenne, primaire citoyenne ou tout autre processus collectif. Et nous sommes prêts à engager un candidat au service de cette démarche.

Mais l'essentiel pour nous est clair. D'ici octobre, une seule feuille de route : faire entrer en grand la voix du peuple, son aspiration au changement et à l'unité, sur la scène politique. Ce processus, nous le mettons au service d'un double objectif : l'élection présidentielle et les élections législatives.

Les élections législatives pour nous, ce n''est pas un marchandage entre partis. Pour nous, c'est une grande question démocratique. Pour changer de politique, pour redonner du pouvoir au peuple, la France ne doit pas seulement changer de Président, elle doit changer de majorité. Elle doit compter sur des députés qui rendent des comptes au peuple, pas à un Président, quel qu'il soit.

La démocratie, c'est le pouvoir à un Parlement sous le contrôle des citoyens, ce n'est pas la monarchie présidentielle !

Chers camarades, c'est le moment d'oser, c'est le moment de l'audace, c'est le moment de faire vivre, pour nous, les vers du poète William Blake, « ce qui est maintenant prouvé, ne fut jadis qu'imaginé ».

 

Voir les commentaires

37e congrès - paroles de délégué-e-s - Damien Ch (Pas-de-Calais)

7 Juin 2016, 15:59pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

Intervention de notre secrétaire fédéral (62) Hervé Poly au 37 eme congres du parti communiste français

7 Juin 2016, 15:56pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

Un petit congrès pour une petite perspective …

6 Juin 2016, 16:09pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Aubervilliers, cette grande et belle ville populaire où se mêlent et s’entremêlent le monde, les civilisations et les cultures fût la témoin d’un petit congrès accouchant d’une petite perspective. Les mots sont durs parce que la colère est grande ! Alors que la classe ouvrière relève la tête, combat avec une détermination sans faille un pouvoir sombrant dans la noirceur du fascisme républicain, sorte de monstruosité institutionnelle moribonde entre les mains d’une oligarchie déterminée à en découdre pour servir ses petits intérêts égoïstes, les congressistes du PCF se sont englués dans de vulgaires pratiques d’appareil. L’avez-vous noté mes camarades qui avaient participé ou suivi les débats, cet écart terrible entre l’enthousiasme populaire qui anime les cortèges ou les barricades dans les usines et les dépôts contre la loi travail, et les échanges faussement dialectiques autour d’une virgule ou d’un mot de textes qui nous engagent dans une aventure ronronnante, dans des pratiques que nous disons pourtant vouloir combattre. J’ai souffert de subir ce triste spectacle. Ce congrès, il était celui du reniement, des petits compromis.

Je salue tout de même, les offensives de quelques camarades qui par la proposition de certains amendements ont réussi à rougir un peu notre texte d’orientation. Je salue les camarades qui n’ont pas eu peur de dire notre erreur et notre faute de ne pas ouvrir un véritable débat sur l’Europe, qui ont su dénoncer les impostures et les trahisons en Grèce ou ailleurs. Je salue avec émotion et fraternité notre camarade portugais qui nous a livré une véritable leçon politique. C’était beau, c’était grand. En réalité je vous le dis, nous avons refusé par entêtement et par bêtise, de nous hisser au niveau d’exigence que réclame la gravité de la situation. Une lutte des classes qui explose au cœur d’un capitalisme entré pour de bon dans le stade de l’impérialisme, le danger de la guerre, du fascisme qui gangrène cette Europe des traités, de l’euro, des pactes budgétaires qui détruisent nos écoles, nos hôpitaux, nos conquis sociaux et salariaux. Le chemin serait donc de construire des rassemblements boiteux avec les résistants de la dernière heure ? Notre ambition serait donc de proposer aux français un Syriza à la française ? Thorez, Duclos revenez, ils sont devenus fous !

Un incommensurable gâchis, une tromperie historique et une façade lézardée de l’unité à calcul. Ce congrès, c’était aussi celui des petits arrangements de couloir pour garder sa précieuse place au Conseil National, c’était le compromis permanent. On nous a fait voté le texte par petits bouts pour ne pas pouvoir discuter sa philosophie générale, nous n’avons pas eu de véritable échange ouvert et sérieux sur les questions tactiques, nous n’avons que peu laissé la parole au monde du travail en lutte. Une pâleur qui tranchait avec le bouillonnement des camarades que je rencontre dans les luttes locales, dans nos cellules et nos sections. Voyez ce décalage spectaculaire entre le vote de mai dernier où seuls 14 000 communistes disaient leur confiance pour le texte le «temps du commun » et la reconduction à 80% de la direction sortante, de celles et ceux qui nous ont livré à la farce tragique des collectifs antilibéraux et les 1,93% de Marie-George Buffet, au Front de gauche dont une fois encore nous n’avons tiré aucun enseignement avec Jean-Luc Mélenchon, moqué et caricaturé durant tout le week-end alors qu’il y a 5 ans ils et elles ne trouvaient pas assez de mots pour décrire leur amour et leur passion pour le tribun doué. Une fois encore, nous voulons créer les conditions de notre assujettissement au rassemblement électoral. Ne pas affirmer ce que nous sommes pour ne pas mettre dans l’embarras les petits albatros réformistes, si gauches et veules, avec qui nous voulons embarquer sur les gouffres amers.

Mais j’ai la certitude que la force des événements ramènera tout le monde à la raison. Une fois encore nous aurons perdu du temps et de l’énergie mais qu’importe … Nous resterons à bord et prendrons nos responsabilités nous qui avons ce triste tort, celui d’avoir eu raison les premiers.

Guillaume Sayon

Voir les commentaires

37ème congrès du PCF

3 Juin 2016, 20:04pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Pertes importantes d'élus, de cantons, de villes, d'adhérents, etc. Le PCF doit remonter la pente, or je pense, qu'en réalité notre parti est en dessous de tout et que la situation continuera à s’aggraver, sans que rien ne change. Les enjeux de ce congrès ont été sous estimés

 

  37ème congrès du PCF

Lu dans l'Humanité : "Quant au renouvellement de la direction du PCF, malgré un fort débat sur les questions stratégiques, Pierre Laurent s’est montré confiant dans la possibilité de constituer pour l’élection du Conseil national prévue dimanche « une liste unique respectueuse de la diversité du parti et des débats tels qu’ils se sont exprimés »." 

La réalité : 
On prend les mêmes et on recommence et le Pas-de-Calais, (la 4ème fédération de France) n'est même pas représenté ... et je parle même pas de la diversité. 

L'autre réalité c'est 46.294 inscrits (cotisants) en moins depuis 2006

  37ème congrès du PCF

Voir les commentaires

37ème congrès du PCF : la motion adoptée par la conférence fédérale du Pas-de-Calais

3 Juin 2016, 19:59pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

37ème congrès du PCF : la motion adoptée par la conférence fédérale du Pas-de-Calais
37ème congrès du PCF : la motion adoptée par la conférence fédérale du Pas-de-Calais

Voir les commentaires

Intervention de Guillaume Sayon à la Conférence départementale du PCF du Pas-de-Calais (mai 2016)

31 Mai 2016, 16:18pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

Une conférence départementale du PCF du 62 sereine dans l'unisson à Sallaumines

30 Mai 2016, 16:36pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La conférence départementale de la fédération PCF 62 s'est achevée samedi après-midi avec une ligne claire. Les débats ont été très riches.

Dans le consensus : rupture avec le capitalisme, rejet des primaires avec le PS, engagement vers le socialisme, débat sur la question de l’euro, de l’Union européenne, sortie de l’OTAN et combat pour la paix, priorité donnée aux luttes du monde du travail, etc. Une motion sera défendue au congrès national en ce sens.

Une grande majorité des communistes du Pas-de-Calais refuse le scénario des primaires dans lequel la direction du PCF a engagé notre parti.

Hervé Poly est réélu secrétaire fédéral pour un troisième mandat à la tête de notre fédération. Il mènera la délégation qui se rendra la semaine prochaine au 37e Congrès national d'Aubervilliers, porteur d'une motion adoptée par les délégués de notre fédération demandant que le PCF se remette autour de la table avec toutes les organisations du Front de Gauche pour aboutir à une candidature unique de notre camp aux élections présidentielles afin de préparer dans l'unité les élections législatives.

Dans le même temps, les délégués du Pas-de-Calais souhaitent un débat sans tabou sur le PGE, l'euro et la question européenne et réaffirment la nécessiter de renforcer le Parti communiste en tant qu'organisation de lutte des classes.


Pour notre part, pour la section d'Arras, les différents amendements proposés et votés lors de notre conférence de section ont était entendu, sachant que la liste alternative " Unir les communistes" furent votées majoritairement par les communistes de l'Arrageois.


La section d'Arras avait délégué 4 camarades, Marianne et René sont intervenus afin d'argumenter les amendements proposés, qui ont été pris en compte par la conférence fédérale.

La conférence s'est terminée vers 13h30 sous le chant de l'international.

Une conférence départementale du PCF du 62 sereine dans l'unisson à Sallaumines
Une conférence départementale du PCF du 62 sereine dans l'unisson à Sallaumines

Voir les commentaires

Les raisons du vote pour unir les communistes

2 Mai 2016, 17:44pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Du 2 au 5 mai, les communistes doivent choisir entre 5 textes proposés comme base commune de discussion pour leur 37ème congrès. Le texte adopté par le conseil national n’a pas convaincu. Plus de 1500 communistes dans toute la France ont décidé de soutenir un texte alternatif, dont une partie de la direction nationale qui veut relancer le Front de Gauche comme un mouvement politique dont le PCF serait un des courants.

 

Cet émiettement révèle l’échec des stratégies suivies dans les derniers congrès qui n’ont pas freiné l’affaiblissement électoral et militant, et n’ont pas apporté des réponses essentielles aux communistes et au mouvement social : comment unir des couches sociales meurtries et divisées par la crise, comment résister au Front National sur des bases sociales, quelle projet de société peut nous sortir de la violence capitaliste, comment retrouver notre souveraineté face aux diktats de l’Union Européenne comme celui imposé à la Grèce...

 

Le texte 3 "Unir les communistes, relever le défi du parti communiste" est un outil pour répondre à ce double enjeu auquel la direction nationale n’arrive pas à répondre : l’unité des communistes et leur utilité pour ouvrir une issue politique.


C’est le seul texte qui affirme clairement qu’il faut sortir de ce fonctionnement en tendance, et "unir les communistes". Cela ne peut pas se décréter, mais cela doit se construire patiemment dans le dialogue avec tous les communistes, y compris ceux, nombreux, qui ont quitté le parti.


Il est construit autour de 6 questions qui sont présentes dans les débats des communistes comme du mouvement social. Il peut permettre un débat ouvert sans préjugés au congrès pour affirmer des repères clairs et lisibles à l’échelle nationale.


Il affirme que nous sommes porteur d’un projet de société socialiste, qui doit tirer les leçons du siècle dernier, mais en assumant notre héritage communiste, en assumant le choix de 1920 !

 

Il faudra plus d’un congrès pour reconstruire les bases théoriques et militantes d’un grand parti communiste. Mais le texte 3 permet d’ouvrir cette période de reconstruction avec tous les communistes, dans la poursuite du choix de l’assemblée des secrétaires de section de 2007 de maintenir le PCF.

 

Quelques grandes raisons de voter pour ce texte :

Il faut un grand parti communiste pour permettre un rassemblement populaire majoritaire !

 

La base commune votée par le conseil national s’inscrit dans la continuité des stratégies d’alliance poursuivies depuis la mutation, avec les collectifs anti-libéraux puis le Front de Gauche. Elle affirme ainsi que "pour changer le rapport de forces, la construction de majorités populaires est la clé. Les échéances de 2017 sont une étape incontournable pour réaliser ces changements.". Alors que de plus en plus de communistes mesurent l’impasse dans laquelle est la gauche, avec un parti socialiste à droite, et un Front de Gauche émietté, mesurent le piège de l’électoralisme qui conduit à subordonner le mouvement social aux alliances électorales, cette orientation est une impasse. Il est urgent de renverser nos priorités politiques, en travaillant d’abord à ce qui fait grandir le rassemblement populaire en nombre, en conscience, en efficacité. On ne le fait pas par assemblages de forces organisées, mais en lui permettant de grandir dans les entreprises et les quartiers. Pour cela, il faut un parti communiste portant une orientation nationale cohérente et lisible, aidant les mobilisations à s’inscrire dans la perspective du changement de société, et donc dans l’unité la plus large du peuple. Les fronts et les alliances électorales ne peuvent être qu’un moment et un moyen au service de ce qui fait un peuple uni, conscient et organisé.

 

Nous proposons une formule courte qui résume une alternative à l’orientation de la base commune : "Le parti sans rassemblement est impuissant, le rassemblement sans parti est inconscient".

 

Que demande le peuple ? Une autre société !"

 

La base commune proposée par le conseil national, s’inscrit dans la rupture théorique et idéologique avec ce dont a été porteur le parti communiste de 1920 aux années 1990. Cela se traduit par un vocabulaire nouveau qui souvent ne résiste pas au réel. Ainsi le parti s’est mis à dire "libéralisme" à la place de "capitalisme", avant que le mouvement social lui-même ne réintroduise le mot. "Lutte de classes" a disparu des textes depuis le 33ème congrès, avant de réapparaitre devant la violence capitaliste ces derniers temps. Nous pensons aujourd’hui que parler de "l’humain durable" ou de "temps en commun" pour ne pas parler de société socialiste, est une impasse illisible et inefficace. Un grand questionnaire pour savoir ce que demande le peuple nous enferme dans l’inutilité de la perte de repères, de références.

 

Oui nous avons un projet de société ! Et si nous tirons des leçons des expériences passées, nous devons dire à notre peuple "il faut une autre société, une société socialiste réduisant, par de larges nationalisations des grands moyens de production et d’échange, le pouvoir de la bourgeoisie, recherchant des coopérations internationales libérées de la domination des règles des marchés, rompant radicalement avec les règles de la concurrence et de la spécialisation, pour imposer la planification en réponse aux besoins, le pouvoir des travailleurs dans une république sociale".

 

Accélérer la métamorphose du PCF ou relever le défi d’un grand parti communiste

 

Le texte "ambition communiste" constate que le PCF a beaucoup changé, mais affirme "qu’il faut aller plus loin". Or le parti communiste a beaucoup changé dans la stratégie d’union de la gauche depuis les années 60. Il a progressivement privilégié les batailles électorales à l’effort d’organisation militant, la recherche du compromis à l’affirmation d’un projet révolutionnaire... Et les changements accélérés depuis la mutation de Robert Hue ont comme résultat l’affaiblissement militant sur le terrain, la disparition des cellules d’entreprises, l’organisation en quasi-tendance, et de lourdes pertes d’élus et de points d’appuis du "communisme municipal".

 

Non seulement, nous ne pensons pas qu’il faut aller plus loin, mais nous affirmons que malgré les difficultés et le rapport de force défavorable, il faut d’urgence relever le défi de l’existence d’un grand parti communiste !

 

Sortir de l’impasse de l’union de la gauche, comme de la gauche de la gauche...

 

Depuis des années, nous payons lourdement notre participation aux gouvernements de gauche qui ont mené des politiques de privatisations, d’austérité, de désindustrialisation, de guerres... Mais nous continuons à chercher une nouvelle forme d’union électorale, avec un parti socialiste qui retrouverait la gauche, ce que propose Pierre Laurent, ou avec une gauche de gauche qui renverrait le parti socialiste au centre, ce que propose Marie-Georges Buffet depuis des années.

 

C’est ce que portent les deux textes issus de la direction nationale, "le temps du commun" et "l’ambition communiste" qui ne veulent pas tirer les leçons des dernières décennies pour sortir enfin de l’électoralisme qui réduit la construction politique aux batailles électorales. Nous devons retrouver ce que le 25ème congrès du PCF avait tenté de définir comme un "rassemblement populaire majoritaire", et situer nos stratégies électorales au seul service de ce rassemblement. Toute alliance ou formule d’appareil, quelles que soient son nom, front, mouvement ne fait toujours que renvoyer l’action nécessaire à la prochaine échéance. L’expérience des grands meetings des présidentielles de 2012 nous montre à quel point ces mobilisations se sont évanouies sur le terrain dès les législatives, n’ayant que faiblement et momentanément renforcé le parti.

 

Au contraire, nous avons l’expérience dans de nombreuses élections locales de notre capacité à construire de larges rassemblements autour de nos candidats, en assumant pleinement le rôle du parti communiste comme aux municipales de Vénissieux et Gardanne, ou aux régionales en Rhône-Alpes.

 

Cessons de cacher le parti communiste derrière des alliances !

 

C’est dans le monde du travail et les quartiers populaires que se joue l’avenir du PCF !

 

Le discours des 99%, malheureusement repris en titre par Pierre Laurent est totalement déconnecté des réalités vécues par le peuple. La situation du Brésil, comme d’autres expériences progressistes d’Amérique Latine, montre au contraire à quel point les peuples peuvent être divisés dans des contradictions sociales qui ne se limitent pas à leur opposition aux grandes oligarchies !

 

Le fait est que la grande bourgeoisie construit en permanence ses alliances et se préoccupe de ne pas se limiter aux "1%" des plus riches. Nous avons tous fait l’expérience de cette droite populiste qui venait dans nos villes défendre les pauvres et les chômeurs, pleine de haine et de mensonges, mais marquant souvent des points contre nous.

 

Non, nous ne rassemblerons par les 99% sans avoir d’abord reconstruit nos forces là ou nous sommes indispensables pour contrer le Front National, faire grandir les résistances et les solidarités !

 

Oui, nous devons de nouveau être le parti des ouvriers, des paysans, des employés, des infirmières, des vendeuses, des agents de services... bref, de tous ces métiers qui font une large part du peuple, potentiellement majoritaires, mais qui savent qu’il y a d’autres couches sociales dans la société, qui sont de fait "supérieures" dans les institutions, les directions d’entreprises, les médias, le système financier. C’est la condition pour faire grandir la conscience de ce que le parti communiste et appelait les "200 grandes familles", et donc les possibilités de rassemblement majoritaire.

 

C’est d’abord à cela que doit servir un parti communiste. Permettre au peuple travailleur de se sentir capable d’être la force sociale dirigeante.

 

Voir les commentaires

Unir les communistes, c’est le moment de le dire !

2 Mai 2016, 17:19pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

Du 2 au 5 mai, je, tu, nous votons... parce que cela va mieux en le disant !

2 Mai 2016, 17:12pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Du 2 au 5 mai, les communistes choisissent le texte qui deviendra la base commune de discussion pour le congrès !

Ce vote sera déterminant pour le contenu du débat du congrès !

Le refus des débats, leur remise à plus tard, les auto-censures n’ont jamais favorisé l’unité du PCF. Au contraire, ils créent des conflits et des divisions qui découragent les communistes et les mettent sur la touche !

La primaire ne disparaîtra pas du paysage politique de la direction sans que les communistes l’exigent fortement. Et le débat de notre positionnement sur l’Union européenne ne s’ouvrira que si les communistes forcent la porte d’un tabou politique jusque là intouchable. Enfin, notre engagement dans les luttes et pour reconstruire nos lien avec la classe ouvrière doit aussi être poussé pour que le travail s’engage au congrès.
Cela fait trop longtemps que le débat stratégique est repoussé par la direction et nous en voyons le résultat : un affaiblissement continu du PCF jusqu’à menacer son existence.

Nous constatons dans plusieurs réunions nationales ou départementales, que des dirigeants font tout pour minimiser le vote des textes, donner le sentiment que les choses sont jouées d’avance ou que tout cela ne compte pour rien.

Et ce d’autant que la direction est divisée sur la tactique présidentielle entre d’un coté la primaire et la soumission au parti socialiste avec le texte de "La France en commun", et de l’autre la fuite en avant dans un Front de gauche devenu force politique s’imposant contre l’autonomie du PCF avec le texte "Ambition communiste". Mais ces textes conduisent tous deux à l’effacement du PCF comme grande force politique populaire !

Plus que jamais, il y a deux textes pour défaire et un pour construire !

Notre texte "Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF" affiche la couleur : refuser la primaire, continuer le PCF, porter une transformation révolutionnaire, reconstruire l’organisation communiste dans la classe ouvrière et les milieux populaires.

Un bon résultat du texte 3 pèsera dans tous les cas pour ouvrir les débats nécessaires dans la fraternité, continuer le PCF, le faire vivre et le renforcer !

Voir les commentaires

Congrès du PCF : fuite en avant d’une direction divisée et l’urgence d’agir et de signer le texte unir les communistes

21 Mars 2016, 20:24pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Je suis, sans doute comme beaucoup, éberlué par ce qui se passe dans mon parti. Une fraction de la direction propose désormais un texte alternatif dans la veine de la liquidation portée en son temps par Patrice Cohen-Seat. Une liquidation appelée hier métamorphose et rejetée par une majorité de communistes en 2007.

Quasiment les mêmes portent aujourd’hui sur la base du rejet des primaires, l’idée de rallumer le front de gauche pour nous mener en fait vers un mouvement de type Podemos. Des primaires qui font grincer les dents des communistes mais pas au point, je l’espère, de les entraîner dans ce piège subtil de la liquidation de l’organisation communiste.

Nous en sommes là ! Rien n’est fait encore et avec d’autres je milite pour préserver le PCF de son démantèlement, de nouveau à l’ordre du jour pour certains.

La question qui se pose désormais concrètement est bien celle de faire vivre un texte alternatif qui soulève la question de fond « pas de gauche de changement réel en France sans un puissant parti communiste ». Tout le reste est illusoire ! Cette question est centrale et ne doit surtout pas nous cantonner à chacun dans son coin pour sauver les meubles. Ce repli dans nos fédérations, sections, cellules n’est pas la bonne solution, c’est une impasse.

L’heure est grave et tout silence devient désormais mortifère au regard des enjeux qui pèsent sur notre parti. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.Je le dis avec toute la sincérité qui me pousse depuis des années à combattre les dérives portées par les directions successives et cela depuis près de 20 ans. J’avoue que comme beaucoup parfois je désespère. Ce sont sans doute des jeunes militants communistes qui m’aident à continuer le combat. Depuis Martigues, j’en ai vu des congrès. J’ai même vécu celui de l’abandon du centralisme démocratique … Un crève-cœur à l'époque pour une poignée de communistes dont je faisais partie. Pour autant, j’ai toujours respecté, malgré mes désaccords profonds et sévères, la diversité dans notre parti et cela dans un respect de clarté politique basée sur la fraternité.

Aujourd’hui il faut prendre la dimension des enjeux, c’est pourquoi je donne ce point de vue avant le dépôt des signatures pour notre texte alternatif. Avec ce texte nous prenons date et nous portons une lourde responsabilité. Celle de tenter d’empêcher ce scénario funeste. Certes je pourrais vous dire que j’en ai marre d’avoir raison trop tôt. Mais non je continue à agir pour mon parti, pour l'intérêt de la classe laborieuse qui doit pouvoir trouver dans notre organisation les débouchés politiques et organisationnels vitaux à son émancipation.

Nous avons besoin de vous, besoin que notre texte existe dans le débat. Voilà ce que je voulais vous dire simplement. Ne laissez pas faire, aidez-nous ! Ne vous taisez plus !

Hervé POLY

Voir les commentaires