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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Articles avec #capitalisme

Les grands patrons ont déjà gagné plus que le salarié moyen en une année

8 Janvier 2017, 08:05am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Il suffit de moins de trois jours aux dirigeants des 120 plus grandes entreprises françaises (SBF 120) pour toucher près de 30.000 euros. L'an passé, leur rémunération a été en moyenne 132 fois plus importante que celle de leurs salariés.

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14/18: Question: Pourquoi et Qui sont ceux qui vous envoient tuer celui d'en face ?

12 Novembre 2014, 11:08am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La chanson de craonne-1917

Indice : avec l'€uro,ils n'ont plus de problème de change

 

En complément de l'exellent billet de Roger (Roger colombier)sur ce 100e anniversaire de ce sinistre tango des tueurs de la Villette qui pendant quatre années servira à permettre la concentration industrielle, le remodelage du monde rural par l'élimination dans les tranchées du trop plein de force de travail mais aussi l'imposition de la surexploitation au nom de la raison d'état (première version du travailler plus pour gagner moins et taisez vous) qui ensuite de Paul Raynaud, à Laval puis J Moch, Sarko et maintenant Valls sera le credo des serveurs de soupe du gratin de la corbeille.

Les Maitres de l'acier et du rail, ici groupés déjà dans le Comité des forges qui deviendra vite l'UIMM et en Prusse avec son fraternel clone germain avaient leurs députés, tels les De Dietrich, De Wendel etc, dans les deux parlements et des fils officiers- pas trouffrions- dans les deux états majors.

Donc, d'abord la lettre d'Anatole France à Marcel Cahin pour parution dans l'Humanité, suivie d'un texte de Jean Pierre Fléchard paru dans le livre noir du Capitalisme qui met en perspective implacable la lettre d'Anatole France.

Comme ce n'est pas la prose habituelle de Canaille le Rouge, cela mérite peut-être que vous les gardiez sous le coude; cela va servir durant les quatre années à venir :

Cher citoyen Cachin,

Je vous prie de signaler à vos lecteurs le récent livre de Michel Corday, les Hauts Fourneaux, qu’il importe de connaître.
On y trouvera sur les origines et la conduite de la guerre des idées que vous partagerez et qu’on connaît encore trop mal en France ; on y verra, notamment (ce dont nous avions déjà tous deux quelque soupçon) que la guerre mondiale fut essentiellement l’oeuvre des hommes d’argent ; que ce sont les hauts industriels des différents Etats de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en vie leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-mêmes et disloquèrent le monde.
Ecoutez Corday sur le sujet qu’il traite avec toute la force de sa conviction et toute la puissance de son talent. — » Ces hommes-là, ils ressemblent à leurs hauts fourneaux, à ces tours féodales dressées face à face le long des frontières, et dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles dévorantes de minerai, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée de métal. Eux aussi, leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, et toutes les richesses du sol, et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes même, par troupeaux, par armées, tous précipités pèle-mêle dans la fournaise béante, afin que s’amassent à leurs pieds les lingots, encore plus de lingots, toujours plus de lingots. Oui, voilà bien leur emblème, leurs armes parlantes, à leur image. Ce sont eux les vrais hauts fourneaux ! (page 163).
Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils moururent. Il en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.
Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines, des banques, des journaux. Michel Corday nous montre comment ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde. Il me donna, notamment, l’explication d’un phénomène qui m’avait surpris non par lui-même, mais par son excessive intensité, et dont l’histoire ne m’avait pas fourni un semblable exemple : c’est comment la haine d’un peuple, de tout un peuple, s’étendit en France avec une violence inouïe et hors de toute proportion avec les haines soulevées dans ce même pays par les guerres de la Révolution et de l’Empire. Je ne parle pas des guerres de l’ancien régime qui ne faisaient pas haïr aux Français les peuples ennemis. Ce fut cette fois, chez nous, une haine qui ne s’éteignit pas avec la paix, nous fit oublier nos propres intérêts et perdre tout sens des réalités, sans même que nous sentions cette passion qui nous possédait, sinon parfois pour la trouver trop faible.
Michel Corday montre très bien que cette haine a été forgée par les grands journaux, qui restent coupables, encore à cette heure, d’un état d’esprit qui conduit la France, avec l’Europe entière, à sa ruine totale. » L’esprit de vengeance et de haine, dit Michel Corday, est entretenu par les journaux. Et cette orthodoxie farouche ne tolère pas la dissidence ni même la tiédeur. Hors d’elle, tout est défaillance ou félonie. Ne pas la servir, c’est la trahir. «
Vers la fin de la guerre, je m’étonnais devant quelques personnes de cette haine d’un peuple entier comme d’une nouveauté qu’on trouvait naturelle et à laquelle je ne m’habituais pas. Une dame de beaucoup d’intelligence et dont les mœurs étaient droites, assura que si c’était une nouveauté, cette nouveauté était fort heureuse. » C’est, dit-elle, un signe de progrès, et la preuve que notre morale s’est perfectionnée avec les siècles. La haine est une vertu, c’est peut-être la plus noble des vertus. «
Je lui demandai timidement comment il est possible de haïr tout un peuple :
— Pensez, madame, un peuple entier, c’est grand… Quoi ? Un peuple composé de tant de millions d’individus, différents les uns des autres, dont aucun ne ressemble aux autres, dont un nombre infiniment petit a seul voulu la guerre, dont un nombre moindre encore en est responsable, et dont la masse ignorante en a souffert mort et passion. Haïr un peuple, mais c’est haïr les contraires, le bien et le mal, la beauté et la laideur. «
Quelle étrange manie ! Je ne sais pas trop si nous commençons à en guérir. Je l’espère. Il le faut. Le livre de Michel Corday vient à temps pour nous inspirer des idées salutaires. Puisse-t-il être entendu ! L’Europe n’est pas faite d’Etats isolés, indépendants les uns des autres. Elle forme un tout harmonieux. En détruire une partie, c’est offenser les autres.
Notre salut, c’est d’être bons Européens. Hors de là tout est ruine et misère.
Salut et fraternité,

Si vous avez la curiosité -et il faut l'avoir- de vous plonger dans le "Livre noir du capitalisme (1ere edit : le temps des cerises, 2002, il est cher mais se trouve en Brocante et dans les Bibiothèques) vous pourrez lire ceci :

 

Les marchands de canons, dont les principaux étaient Schneider en France et
Krupp en Allemagne, étaient étroitement unis en une sorte de trust
international dont le but était d’accroître l’immense fortune de ses membres
en augmentant la production de guerre, de part et d’autre de la frontiè
re.

A cet effet, ils disposaient de moyens puissants pour semer la panique parmi
la population des deux pays, afin de persuader chacune que l’autre n’avait
qu’un but : l’attaque
r.

De nombreux journalistes, des parlementaires,
étaient grassement rétribués par eux pour remplir ce rôle. D’ailleurs un
important munitionnaire français, de Wendel, député de surcroît, avait pour
cousin un autre munitionnaire allemand, Von Wendel, siégeant au Reichstag.
Ils étaient aux premières loges, dans chaque pays, pour acheter les
consciences et faire entendre leurs cris d’alarme patrioti
ques.

Tout ce joli monde - marchands de canons, journalistes, parlementaires-
parvint aisément à lancer les deux peuples dans une folle course aux
armements que rien ne devait plus arrêter, jusqu’à la guerre.
Leurs chefs d’État respectifs, loin de les freiner, les encourageaient. Et
notamment notre président de la République, Raymond Poincaré, un Lorrain,
élevé dans l’idée de revanche et prêt à n’importe quel mensonge, à n’importe
quel forfait, pour reconquérir l’Alsace et la Lorraine.
C’est pour ces différents motifs que les soldats allemands et français
allaient s’entre-
égorger.

On leur avait appris à se haïr, alors que les munitionnaires et les
états-majors, fraternellement unis, suivaient avec satisfaction, à
l’arrière, les déroulements du drame qu’ils avaient conjointement déclench
é.

Pour bien approfondir cette immense duperie et montrer que le patriotisme et
la défense du territoire ne sont que des mots creux servant à couvrir les
plus abominables tripotages, il convient de raconter l’histoire du bassin de
Briey, car elle est caractéristique, symptomatique et, à elle seule, devrait
dégoûter les peuples de prendre les ar
mes.

 

Les mines de fer de Briey-Thionville étaient à cheval sur les frontières du Luxembourg, de la France et de l’Allemagne. La famille franco-allemande de Wendel en était propriétaire.

Ce bassin était d’une importance capitale pour le déroulement de la guerre.

M. Engerand*, dans un discours prononcé à la Chambre des députés, après le conflit, le 31 janvier 1919, dira : " En 1914, la seule région de Briey faisait 90% de toute notre production de minerai de fer. « Poincaré lui-même avait écrit autrefois : » L’occupation du bassin de Briey par les Allemands ne serait rien moins qu’un désastre puisqu’elle mettrait entre leurs mains d’incomparables richesses métallurgiques et minières dont l’utilité peut être immense pour celui des belligérants qui les détiendra. "

Or, il se passa un fait extraordinaire : dès le 6 août 1914, le bassin fut occupé par les Allemands sans aucune résistance.

Plus extraordinaire encore : le général de division chargé de la défense de cette région, le général Verraux, révéla par la suite que sa consigne (contenue dans une enveloppe à ouvrir en cas de mobilisation) lui prescrivait formellement d’abandonner Briey sans combat.

La vérité, connue longtemps après, était la suivante : une entente avait été passée entre certains membres de l’état-major et des munitionnaires français pour laisser le bassin aux mains des Allemands afin que la guerre se prolonge (les Allemands n’auraient pu la poursuivre sans le minerai de fer) et que les bénéfices des marchands de canons soient accrus.

" Si la région de Thionville (Briey) était occupée par nos troupes, l’Allemagne serait réduite aux quelques 7 millions de tonnes de minerais pauvres qu’elle tire de la Prusse et de divers autres États :

Toutes ses fabrications seraient arrêtées. Il semble donc qu’on puisse affirmer que l’occupation de la région de Thionville mettrait immédiatement fin à la guerre, parce qu’elle priverait l’Allemagne de la presque totalité du métal qui lui est nécessaire pour ses armements. "

L’état-major français et le président de la République furent abondamment avertis de ces faits.

Des dossiers complets sur cette affaire furent même fournis à Poincaré par le député Engerand*.

Poincaré refusa d’intervenir. L’état-major refusa toute offensive du côté de Briey.

A défaut d’offensive, de reprise du terrain, on aurait pu bombarder Briey pour rendre inutilisables les installations. Au contraire, des accords secrets furent passés entre états-majors français et allemand afin que les trains remplis de minerai se dirigeant vers l’Allemagne ne fussent, en aucun cas, bombardés.

En passant, disons que, bien entendu, ces mêmes états-majors avaient décidé également de ne pas détruire leurs quartiers généraux respectifs... Ces deux bandes de gangsters étaient « régulières ».

Des aviateurs français, néanmoins, désobéirent aux ordres reçus et lancèrent quelques bombes sur les installations de Briey. Ils furent sévèrement punis.

Par quel intermédiaire les interdictions de bombarder avaient-elles été données ? Par un certain lieutenant Lejeune - tout puissant, quoique simple lieutenant - qui, dans le civil, avant la guerre, était ingénieur attaché aux mines de Joeuf et employé de M. de Wendel.

Galtier-Boissière**, (écrivain polémiste ayant vecu les tranchées note de CleR) : " Pour ne pas léser de très puissants intérêts privés, et pour éviter d’enfreindre les accords secrets conclus entre métallurgistes français et allemands, on a sacrifié, dans des entreprises militaires inefficaces, des centaines de milliers de vies humaines, sauf sur un point : Briey-Thionville, dont, durant quatre années, l’Allemagne en toute tranquillité a tiré les moyens de continuer la lutte." Mais la famille franco-allemande de Wendel faisait des bénéfices !

Cela n’est qu’un exemple, parmi beaucoup, de la collusion des munitionnaires et des gouvernements des pays en guerre. Le bilan humain a pourtant été très lourd : 10 millions de morts avec les civils.

source : Jean-Pierre Fléchard, « Le Livre noir du capitalisme »

 

Note:  Pas exactement un pacifiste bolchevik : en 1913 partisan du surarmement, de la loi de trois ans (de service militaire), opposé à l'impôt sur le revenu, soutient de Poincaré, militant des relations avec le Vatican dans la France de la loi de 1905, 

 

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