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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

En Bolivie, le changement continue

9 Décembre 2014, 11:09am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le 12 octobre 2014, Evo Morales a été réélu, au 1er tour et avec 61 % des voix, pour un 3e mandat à la présidence de la Bolivie. Son parti, le MAS (Mouvement vers le Socialisme), a également obtenu une large majorité dans les deux chambres du Parlement.

Il suffisait de parcourir le pays dans les jours précédant le scrutin pour réaliser que cette victoire ne faisait guère de doute. À écouter de nombreux Boliviens, deux mots caractérisent le bilan du premier président indigène : dignité et égalité. Il a rendu leur dignité aux populations indigènes, majoritaires dans le pays mais jusqu'alors marginalisées, en les réintégrant dans la vie démocratique et en reconnaissant leur culture ; ce qu'a traduit la réforme constitutionnelle de 2009 et la définition de la Bolivie comme État plurinational. Il a parallèlement mis en œuvre une politique qui traite chaque région, chaque communauté, chaque individu de la même façon. Les ressources tirées du sous-sol - la Bolivie détient les 2e réserves de gaz du sous-continent, les premières réserves de lithium du monde (35%), d’importantes ressources minières (fer, cuivre, étain, argent…) - ne profitent plus seulement à quelques régions et à une minorité. Elles sont utilisées pour construire les infrastructures permettant de désenclaver certaines régions, créer un réseau sanitaire ouvrant à tous l'accès aux soins, améliorer le système éducatif et mener une importante politique de redistribution.

C'est ce qu'a permis la réappropriation publique des ressources en hydrocarbures, dont les revenus vont désormais pour 75 % à l'État bolivien et 25 % aux multinationales, contre l'inverse auparavant. La Bolivie et l'ensemble des Boliviens ont pu ainsi profiter de la hausse des cours des matières premières. En huit ans, le PIB a triplé, favorisant une baisse du taux de chômage (3,2 %) au plus bas niveau d'Amérique latine (mais l'emploi informel reste prédominant) tandis que la distribution d'allocations ciblées à près de 40 % de la population et la hausse des salaires se traduisaient par l'augmentation du pouvoir d'achat et l'amélioration de la vie quotidienne du plus grand nombre.

Loin des catastrophes annoncées par certains, cette politique a même fait l'objet d'un satisfecit du FMI (budget équilibré, inflation modérée, balance commerciale excédentaire, faible dette publique, importantes réserves de change...) et d'une évaluation positive des agences de notation, même si la Bolivie recourt très peu aux marchés financiers, ce qui l'a d'ailleurs protégée des effets de la crise.

Bien qu'au cours des deux premiers mandats d'Evo Morales le taux de pauvreté extrême (moins de 1 dollar/jour) ait reculé de 38 % à 19 %, la Bolivie demeure un pays pauvre. Si en ville, l'émergence d'une classe moyenne peut faire illusion, la situation dans les campagnes est encore souvent misérable (40 % d'extrême pauvreté). Et surtout, le pays reste confronté à des défis majeurs.

Sur le plan économique, il lui faut mieux tirer parti de ses ressources naturelles, c'est-à-dire à la fois exploiter celles qui le sont encore peu (lithium) et surtout mieux les valoriser afin de ne pas être simplement exportateur de matières premières. Un slogan de campagne du Président était de faire de la Bolivie le centre énergétique de l'Amérique latine. Cet objectif n'est probablement pas irréaliste mais, tout comme la création d'une industrie de transformation, il suppose que la Bolivie puisse faire appel à des compétences et des financements extérieurs sans pour autant perdre la maîtrise de son développement. Le processus est amorcé : les exportations manufacturières surpassent depuis peu celles d'hydrocarbures, la Bolivie vend du gaz liquéfié et, sur un autre plan, une première usine de transformation de la quinoa, dont le pays est un des plus grands producteurs, va voir le jour. Il est d'ailleurs à noter que la Banque centrale de Bolivie intervient directement dans le financement de ces projets. Les investissements directs étrangers sont également en nette progression. Mais les multinationales ont toujours du mal à accepter les conditions imposées par le gouvernement bolivien en matière de répartition des profits notamment (Bolloré a ainsi renoncé à l'exploitation du lithium). L'impact écologique de ces projets fait également débat.

Outre la nécessité de poursuivre les efforts en matière de lutte contre la pauvreté, d'éducation et de santé, la société bolivienne est également confrontée à de douloureux problèmes récurrents : le travail des enfants qui fait débat au sein du parti au pouvoir, les violences faites au femmes contre lesquelles une campagne est en cours et le narcotrafic qui se développe aux marges de la revalorisation de la culture de la coca impulsée par Evo Morales.

Quoiqu'il en soit, un président qui tient ses promesses et met en œuvre une autre politique qui réussit, voilà qui est porteur d'espoir. D'autant que ce processus de changement s'appuie sur un mouvement syndical et associatif fort, pleinement intégré dans une démarche politique menée sous le signe du « Bien vivre ».

 

La Bolivie en quelques chiffres

Population : 10 millions d'habitants (9,1 hab/km²)

Croissance démographique : 1,7 %

Espérance de vie : 67 ans

Mortalité infantile : 39,3/1000

Taux d'alphabétisation:95 %

Taux de pauvreté (moins de 4 dollars/jour) : 43 %

Taux de croissance du PIB : 6,8 % en 2013, 5,5 % en 2014

Taux d'inflation : 5,7 %

Dette publique : 18 % du PIB

Réserves de change : 47 % du PIB

Dans une permanence électorale, sur la Place Murillo et un camarade de notre groupe sympathisant avec un vieux paysan de je ne sais plus quel village, le jour de l'élection présidentielle..
Dans une permanence électorale, sur la Place Murillo et un camarade de notre groupe sympathisant avec un vieux paysan de je ne sais plus quel village, le jour de l'élection présidentielle..
Dans une permanence électorale, sur la Place Murillo et un camarade de notre groupe sympathisant avec un vieux paysan de je ne sais plus quel village, le jour de l'élection présidentielle..

Dans une permanence électorale, sur la Place Murillo et un camarade de notre groupe sympathisant avec un vieux paysan de je ne sais plus quel village, le jour de l'élection présidentielle..

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PIERRE LAURENT AU GRAND JURY RTL

9 Décembre 2014, 10:15am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

"Manuel Valls est face à son échec", selon Pierre Laurent

Pierre Laurent dans le Grand Jury, deuxième partie

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Comment interpréter la rencontre surprise entre Hollande et Poutine?

9 Décembre 2014, 10:04am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La visite surprise et éclair en Russie de F. Hollande à V. Poutine, ou plus précisément dans le terminal gouvernemental de l'aéroport Vnukovo-2, a fait couler beaucoup d'encre, même si, en réalité, personne n'en connait la teneur réelle. Si peu de choses sont certaines en la matière, il est toutefois possible de tirer quelques conclusions logiques:
 
1. Le durcissement du ton de la Russie envers l'Occident porte ses fruits.
2. La Russie montre que les pays européens ont plus besoin d'elle, qu'elle n'a besoin d'eux (South Stream et Mistrals).
3. Changement de polarisation en Europe dans les relations avec la Russie (Allemagne/France).
 
Le 6 décembre, au retour d'une visite officielle au Kazakhstan, F. Hollande s'arrête à Moscou pour une visite éclair de 2 heures avec le Président russe V. Poutine. Cette visite est à l'initiative heureuse de la France. Et elle fut largement appréciée dans le pays, comme en est révélateur le tweet de A. Pushkov, qui dirige le comité de la Douma pour les affaires étrangères, affirmant:

 

F. Hollande s'arrête à Moscou pour une visite éclair de 2 heures avec le Président russe V. Poutine. Cette visite est à l'initiative heureuse de la France. Et elle fut largement appréciée dans le pays, comme en est révélateur le tweet de A. Pushkov, qui dirige le comité de la Douma pour les affaires étrangères,

Алексей Пушков @Alexey_Pushkov

Ф.Олланд, до сих пор державшийся в тени по Украине, из тени вышел и показал характер:он очень вовремя приехал в Москву на встречу с Путиным.

1. Le durcissement du ton de la Russie

Plusieurs événements semblent avoir favorisé la précipitation de cette rencontre. Comme le souligne par ailleurs la presse, notammentfrançaise, il ne faut négliger ni le discours de V. Poutine devant le Parlement, ni le rôle joué par le Président kazakh N. Nazarbaev.

Lors de son Message annuel au Parlement, le Président V. Poutine a fait preuve d'une subtilité politique peu commune. D'un côté, sur le plan international, il a rappelé que seule la Russie, comme pays souverain, est à même de déterminer sa politique tant extérieure, qu'intérieure. En ce sens, ce n'est pas la politique de sanctions ni de rétorsions, actuellement menées, qui la feront plier. Et rappelant que ces mesures internationales n'ont d'autres buts que, en réalité, soumettre la Russie aux nouvelles règles du jeu atlantiques, le durcissement du ton sur l'international a été compensé par un assouplissement à l'intérieur. On notera par exemple le soutien fiscal aux PME, l'allègement des contrôles sur le business, l'importance du contrôle de la société civile sur l'activité de l'Etat, etc. Autrement dit, le Président a fait passer le message selon lequel la Russie ne cherche pas à se renfermer suite aux sanctions, au contraire, elle va se renforcer, en s'appuyant sur ses forces vives. Ceux qui attendait une réaction agressive sur la défensive ou une apologie du commerce, dans l'espoir de faire diminuer les sanctions, en sont pour leurs frais. Ce fut une position d'homme d'Etat conscient des enjeux. Et cela a fait peur, car les armes employées ont aussitôt, pour une grande part, perdues de leur efficacité, même potentielle.

Ensuite, le rôle tenu par Nazarbaev est loin d'être négligeable. En affirmant qu'il ne cherche pas à se faire l'avocat de qui que ce soit, il a rappelé à F. Hollande, de manière percutante, qu'il est très dangereux de sous-estimer la puissance de la Russie, comme l'histoire l'a déjà montré.

2. L'Europe a plus besoin de la Russie, que la Russie n'a besoin de l'Europe

Comme dans toute relation internationale, il est important de déterminer le rapport de force. Or, ici, la balance penche du côté de la Russie. En suspendant unilatéralement la construction de South Stream, la Russie a montré son indépendance de l'UE et met les pays européens en difficulté, quant à leur éternelle politique de diversification. D'autant plus que le sauvetage au gaz de schiste reste très virtuel. Autrement dit, le temps est venu pour les pays européen de payer le prix de la subordination.

De la même manière, la déclaration du Président V. Poutine suite à la rencontre avec le Président F. Hollande montre que la Russie n'a pas un besoin vital de ces Mistrals. L'on espère qu'ils seront livrés, mais évidemment la question n'a pas été abordée. S'ils ne sont pas livrés, espérons que les frais seront remboursés. Dans tous les cas, le contrat devra être appliqué. Mais bon, on comprend. Cela veut-il dire que la Russie renoncerait à une action en justice en cas de défaillance de la France? Pas évident.

Et justement, que le Président russe a-t-il ouvertement compris? Cette attitude fut on ne peut plus royale, dans le sens premier du terme. C'est l'attitude d'un souverain puissant face à un petit hobereau qui viendrait lui expliquer qu'il voudrait bien, mais qu'il n'a pas vraiment le choix, qu'il fait tout ce qu'il peut et que surtout il ne faut pas se fâcher car la situation est déjà assez difficile comme ça. L'image de la France se serait bien passée de cela.

Mais il est vrai que si la France ne les livre pas, elle devra payer et ne pourra revendre ces Mistrals à personne d'autres, surtout qu'ils sont aux normes russes. Par ailleurs, la réaction du vice premier ministre, D.Rogozine, en charge de l'industrie militaire, est on ne peut plus claire: l'attitude de la France montre une chose, que la Russie a commis une énorme erreur en développant l'importation en matière militaire. Cette erreur sera réglée et nous ferons en sorte de ne plus avoir à importer dans ce domaine. Les points sont mis sur les i.

3. Changement de polarisation en Europe dans les relations avec la Russie

En revanche, sur le plan politique, l'arrivée de F. Hollande est une très bonne chose, en soi. Car F. Hollande s'est présenté comme un pacificateur, ce qui est assez rare ces derniers temps venant des membres traditionnels de l'UE. Il reprend ainsi le rôle du "gentil" dans la presse russe, rôle que l'Allemagne d'Angela Merkel a perdu avec la radicalisation atlantiste de la politique allemande. Et ce coup diplomatique monté comme une opération secrète est tout à l'honneur de la France. En se positionnant en intermédiaire pacificateur, contre les murs qui pourraient à nouveau se dresser entre nos pays, F. Hollande a repris le rôle classique de la France.

Maintenant, il reste à espérer qu'il le tienne. Car la question reste toute entière: qui représentait-il alors? Etait-il mandaté, et par qui, ou bien s'agissait-il d'une initiative personnelle? Les chances de réussite d'une désescalade en Europe, alors que le Congrès des Etats Unis est en train de voter ce qui pourrait presque ressembler à une déclaration de guerre fondée sur une propagande de bas étage, sont faibles. Mais il faut à tout prix jouer cette carte avant qu'il ne soit trop tard.

Et la presse russe s'emballe. Certains y voient l'annonce d'une prochaine remise en en cause des sanctions par l'UE, d'autres rappellent l'amitié franco-russe. En ce qui concerne la remise en cause directe et officielle des sanctions par l'UE, on peut en douter. Il en faut pas confondre l'Europe et l'UE. Les intérêts que l'UE s'est choisis, ne sont pas les intérêts européens, dans le sens des intérêts des pays de l'espace européen. La position de l'UE est défendue par Merkel, contre l'Europe. D'autre part, il faudrait cesser de chercher partout des amis et des ennemis. Chacun défend les intérêts qu'il s'est choisi à un moment donné. L'Allemagne fut l'alliée de la Russie, elle ne l'est plus. Elle le redeviendra peut-être plus tard. Idem pour la France. La Russie ne peut de toute manière être rejetée en dehors de l'Europe, car elle est européenne. Et les relations qu'elle entretient avec l'UE n'y changent rien. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises. L'UE passera, l'Europe restera. Car l'UE n'est qu'une structure, l'Europe est une culture.

Publié par Karine Bechet-Golovko

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Et si nous reparlions de politique dans la CGT?

9 Décembre 2014, 09:54am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Rédigé par Le Mantois et Partout ailleursPublié dans #CGT

Pas pour dire qu'il faille voter pour Tartempion ou docteur Jekill and mister Hyde. Mais pour désigner quels sont tous nos ennemis de classe sans exception, que l'Union européenne est une structure politique au service du capitalisme et qu'il ne faut pas pour la France des amendements parlementaires pour bouleverser la politique droitière du gouvernement actuel mais bien la prise en compte des revendications de la CGT.

Oui, si nous parlions un langage clair depuis nos organisations de base jusqu'à Montreuil, siège national de la Confédération Générale du Travail, non?

Dans la période actuelle, force m'est de constater que la CGT fléchit dans les dernières élections professionnelles, même si elle est toujours le premier syndicat, sauf à Orange où la CFDT du Medef lui passe devant comme au conseil général du Pas de Calais.

Certes, dans cette crise bouleversant notre société en pire, il n'est pas aisé de parler CGT: gouvernement, patronat et leurs laquais ne lui font pas la part belle, c'est le moins que je puisse écrire. Mais pour autant, chez nous à la CGT, si nous parlions de notre cahier revendicatf, plutôt que ne pas faire de "politique" pour ne pas froisser les électeurs ou les amis de Tartempion ou du docteur Jekill and mister Hyde?

En 1936, aucun parti politique du Front populaire n'avait dans son programme l'obtention de congés payés pour les travailleurs. Pourtant, grèves et occupations des entreprises ont poussé gouvernement et patronat à accepter cette revendication de la CGT.

Référons-nous également au livre de Georges Séguy, résistant et déporté, secrétaire général de la CGT lors des évènements de mai-juin 1968. Son livre: Résister. De Mauthausen à Mai 68 (L'Archipel).

Dans l'Express, en 2008, il avait décrypté notamment ses contacts avec les partis de gauche à cette époque. étant lui-même l'un des dirigeants du Pcf:

QUE S'EST-IL DONC PASSÉ, AU PC?

Rien: il a été complètement dépassé par les événements de Mai 68. Je le sais: j'étais moi-même membre du bureau politique du Parti. Quand, après la manifestation du 13 mai, j'ai expliqué que nous allions vers une grève générale illimitée, personne ne m'a cru. Le Parti est resté dans l'expectative pratiquement jusqu'au bout.

ET DU CÔTÉ DES SOCIALISTES?

Quelques jours avant Grenelle, j'ai rencontré une délégation socialiste conduite par François Mitterrand. Il m'a d'abord dit que notre acceptation d'une négociation avec le gouvernement risquait de redonner du crédit à ce dernier. Il a ajouté que nos revendications étaient peut-être excessives.

Oui, si nous reparlions de la CGT de masse et de classe, de son cahier revendicatif et de nos ennemis de classe partout où ils sont, pour plus de justice et de progrès social, non?

 

 

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Le PS obligé de faire appel aux CRS pour tenir ses États-Généraux

9 Décembre 2014, 09:47am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Lors d'un samedi lugubre à la porte de la Villette (XIX e arrondissement de Paris), les délégués socialistes ont acclamé leur nouvelle charte pour le progrès humain.

« PS, Medef, même combat ! » C'est sous les huées et protégés par un cordon de CRS les séparant de manifestants précaires et chômeurs, que les délégués du parti socialiste ont quitté leurs états généraux, ce samedi à Paris. Depuis le dernier conseil national du parti sous la direction de Harlem Désir, qui avait vu les salariés de PSA-Aulnay perturber les débats, toutes les réunions internes du PS s'étaient tenues à huis clos.

Sauf à La Rochelle, où les universités d'été du parti avaient aussi été sécurisées de façon similaire, pour empêcher de pourtant bien pacifiques manifestations de la CGT puis de militants de la cause palestinienne.

Et ce samedi, donc, c'est une partie de la « coordination chômeurs et précaires», rassemblée peu avant et non loin, qui a voulu faire entendre au PS son désaccord avec la prochaine loi Macron sur la réforme du marché du travail.

Que les hiérarques socialistes se rassurent, les prochaines échéances du parti vont à nouveau retrouver ce huis clos qui leur sied si bien. Peut-être n'auront-ils dès lors pas besoin de faire appel aux CRS pour protéger leurs futurs échanges...

Tenus à distance de cette tentative d'irruption de la réalité sociale dans le cénacle socialiste hors-sol, environ 500 personnes (1 500 étaient inscrites et de nombreuses chaises sont restées vides) ont écouté sans entrain de nombreux et ternes plaidoyers en faveur de l'écologie et de l'égalité des droits, dans une salle impersonnelle de la porte de la Villette mais amplement décorée d'écrans géants et d'oripeaux au poing et aux roses...

Du moment que les dirigeants du PS semblent satisfaits d'eux- mêmes, de leur aggiornamento superficiel et de sa mise en scène interne protégée par les forces de l'ordre...

Source Zebuzzeo

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Mardi 9 décembre Journée de la laïcité

9 Décembre 2014, 09:35am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

"les défis laïques sont aujourd’hui majeurs"

Aujourd'hui, mardi 9 décembre, est la journée de la laïcité.

Elle doit être l’occasion de rappeler que la laïcité est un principe politique actif de la République. Pourtant, elle est aujourd’hui bien malmenée, faisant souvent l’objet, dans le débat public, de polémiques et de crispations.

Elle est convoquée pour stigmatiser ou pour exclure, alors qu’elle appelle à établir la liberté de conscience, l’égalité des droits et le vivre ensemble fraternel.

Si sa perception est à ce point brouillée, les détournements de la droite et du Front national n’y sont pas étrangers. Mais c’est aussi l’état de la République qui doit être interrogé, tant elle a peu à peu perdu du crédit, en se contentant trop souvent de proclamer ses principes sans les mettre réellement en œuvre.

Les défis laïques sont aujourd’hui majeurs. Celui de la lutte contre l’intégrisme, celui du respect de la souveraineté populaire, celui de la lutte contre toutes les discriminations, celui de la justice sociale...

La laïcité gagne à être connue pour ce qu’elle est vraiment, un principe révolutionnaire et émancipateur.

A l’occasion de cette journée, le Parti communiste Français entend faire résonner un message de fraternité et appelle à sortir de l’affrontement identitaire qui fractionne notre peuple et fracture la société, auquel la laïcité est parfois mêlée contre nature.

Dans le respect du pluralisme et de la liberté de conscience, chacune et chacun doit pouvoir trouver sa place et participer à la construction d’une société commune et d’une République renouvelée.

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Révolutionner le travail pour s’émanciper du capital ?

9 Décembre 2014, 06:56am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Gérard Paris-Clavel, Maryse dumas et Bernard Friot participaient à la rencontre animée par Paule Masson, rédactrice en chef de l’Humanité. Photo : Pablo Chignard

Gérard Paris-Clavel, Maryse dumas et Bernard Friot participaient à la rencontre animée par Paule Masson, rédactrice en chef de l’Humanité. Photo : Pablo Chignard

débat avec Maryse Dumas syndicaliste CGT, membre du Conseil économique, social et environnemental Bernard Friot sociologue, auteur d’ Émanciper le travail, aux éditions la Dispute (août 2014, 10 euros) Gérard Paris-Clavel graphiste social, membre du collectif Ne pas plier

le contexte À l’occasion du Mois du graphisme d’Échirolles (Isère), le graphiste Gérard Paris-Clavel a installé, au musée de la Viscose, une collection d’affiches politiques présentées en regard des grands entretiens rassemblés dans l’ouvrage de cette exposition, le journal s’associe à l’événement en participant à son organisation. Le premier de ces rendez-vous a eu lieu vendredi dernier, en présence d’une cinquantaine de participants.

On évoque souvent le travail sous l’angle de la souffrance. Derrière la dégradation des conditions de travail, n’est-ce pas une manière de réduire sa portée dans la société ?

Maryse Dumas Le travail, c’est le salaire, mais c’est beaucoup plus que ça, c’est le fait d’exister, d’être indépendant, de construire une communauté de travail. C’est l’activité par laquelle on transforme la société et on se transforme soi-même. Évidemment, c’est une vision un peu idyllique, car le travail est en crise. Il faut s’interroger sur les raisons de cette crise. Certains avancent le recul du travail manuel, la dépossession induite par les nouvelles technologies dans les emplois tertiaires, administratifs ou intellectuels. Pour moi, le travail est en crise parce qu’il est de plus en plus traité comme une marchandise. Il n’est plus traité que comme facteur de production. On parle sans arrêt du « coût du travail » qu’il faudrait réduire et, dans ce cas, pour la dimension humaine, il n’y a plus beaucoup de place : que des chiffres, pas de sens ! On essaie de faire en sorte que les salariés se sentent interchangeables. On en prend un, on le vire ; le lendemain, on en prendra un autre qui fera la même chose… Tout ce que les salariés ont de spécifique, de personnel, se trouve annihilé. Ça, c’est très lié au libéralisme et à la volonté du capital de tirer le maximum des travailleurs, mais en les dépersonnalisant le plus possible. La valeur fondamentale du travail, c’est le collectif, les liens de solidarité susceptibles de se nouer parce qu’on travaille autour d’un projet commun. Dans les stratégies managériales, la notion de collectif, c’est précisément ce qu’il s’agit de casser systématiquement en mettant les salariés en concurrence les uns avec les autres. C’est criant dans les entretiens d’évaluation. La plupart du temps, les salariés sont contents d’en avoir, ils pensent pouvoir discuter du travail avec la hiérarchie – il y a toujours la volonté de s’améliorer, c’est un ressort très important ; les salariés ont la volonté de bien faire leur travail. Mais ce ressort est détourné par les stratégies managériales : chacun d’entre nous se souvient de ce qu’il a mal fait – mais pas de ce qu’il a bien fait. Et dans les entretiens d’évaluation, c’est ce levier que les managers activent : on met toujours en avant ce que vous n’avez pas su faire ou que vous avez mal fait, mais, évidemment, on passe sous silence ce que vous avez réussi. Du coup, on vous rabaisse pour vous faire accepter un salaire inférieur à celui auquel vous pourriez prétendre, des objectifs qui sont sans cesse plus élevés et moins atteignables. Pour s’en sortir, il faut redonner son véritable sens au travail. Les syndicats doivent jouer un rôle, et ils le font insuffisamment. Il faut créer de nouveaux lieux d’échange dans les entreprises, dans les ateliers, dans les bureaux, où les salariés discutent ensemble de ce qu’est leur travail et de ce qu’il devrait être. Comment eux et elles verraient les choses pour que ça aille mieux ? Pour que le travail soit bien fait ? Pour qu’il ait une vraie utilité sociale ? Si nous réussissons à recommencer à discuter collectivement dans les entreprises de comment on travaille, de pourquoi on est là, de ce que nous voudrions faire, eh bien, on créera un autre climat social !

Bernard Friot Le travail qui nous humanise est pris dans un carcan par le capitalisme, comme vient de le rappeler Maryse Dumas. Pour le desserrer, il faut préciser les institutions dont il nous faut nous débarrasser. Il y a d’abord la propriété lucrative – le fait de tirer un revenu du travail des autres parce qu’on est propriétaire de l’outil de travail. Les propriétaires vont ponctionner 35 % de ce que nous produisons, il faut quand même rappeler les chiffres : nous produisons 2 000 milliards par an, c’est la somme de toute la valeur ajoutée, dont 700 milliards vont aux profits pour les propriétaires directs, les actionnaires ou les prêteurs. C’est massif, et nous ne décidons de rien. La deuxième institution, génératrice de notre sentiment d’impuissance, c’est le marché du travail. Comme les droits ne sont pas attachés à la personne, nous allons nus sur le marché du travail comme « demandeurs d’emploi », et un représentant du propriétaire a cette fonction exorbitante d’être « employeur », c’est-à-dire qu’il a la pouvoir de faire sortir les gens qui sont nus sur le marché du travail de la logique de la valeur d’usage pour rentrer dans le champ de la valeur économique. Troisième institution qui enserre le travail dans le carcan capitaliste, c’est le crédit. Pour investir, il faut s’endetter… Mais s’endetter auprès de qui ? Auprès de ceux qui ont piqué 700 milliards sur notre travail ! C’est quand même curieux : je te pique, je te prête, tu me rembourses ! C’est pratique, le capitalisme, pour ceux qui dominent la situation. Cela n’a aucune légitimité. Les 400 milliards investis en 2014 sans que l’on nous demande notre avis, nous les produisons en 2014. Dès lors, il n’y a pas besoin de les emprunter à qui que ce soit ! Il suffit que l’on se les approprie. Dernière institution délétère, c’est la mesure de la valeur par le temps de travail. Une invention du capital totalement mortifère. Il s’agit, dans la concurrence intercapitaliste, de réduire le temps de travail par unité produite, c’est ce qui élimine du travail vivant et le rend extrêmement pénible.

Gérard Paris-Clavel L’emploi a pris le pas sur le travail. Je le vois, par exemple, avec les camarades de l’Apeis, dans les comités de chômeurs : c’est la perte de leur emploi qui permet de s’interroger sur le sens de leur travail. Je comprends bien les enjeux économiques. Mais on ne va pas assez loin dans notre réflexion sociale sur le travail. Avec un groupe de militants, le compositeur Nicolas Frize recueille des paroles ouvrières, des interventions sur le travail, son sens, ses gestes, sa langue, etc. Et avec tout ça, on fait un petit journal qui s’intitule Travails. Toutes ces paroles échangées, ça permet de commencer à redonner du sens. Dès qu’on entre dans une dimension politique, on comprend les limites des discours convenus sur le travail : il n’y a pas de « souffrance au travail », il y a de l’exploitation. Comment réinventer un nouvel imaginaire social, un désir de transformation dans le travail ? On peut améliorer parfois les conditions de travail, mais qu’est-ce qu’on améliore de notre vie sociale ? Qu’est-ce qu’on change dans le partage, non seulement avec les camarades de travail, mais avec la société ?

Comment desserrer l’étau autour de ce travail-marchandise ?

Bernard Friot Ce qui est central, ce n’est pas de ressasser à propos de ce carcan car ça peut avoir un côté démobilisateur, c’est plutôt de montrer comment la classe ouvrière a été en mesure de desserrer l’étau. Car cet étau a déjà été considérablement desserré par le salaire à vie. Le salaire à vie, c’est en fait le cœur de ce que propose la CGT dans son nouveau statut du salarié, c’est-à-dire attribuer les droits à la personne. Le premier droit fondamental, c’est la qualification, donc le salaire. Le salaire devient un attribut de la personne et non plus du poste de travail. C’est le cœur de toute démarche d’émancipation. Et ce qu’il faut dire et redire, c’est que c’est déjà acquis. Si nous n’avons pas de lieux à partir desquels nous pouvons généraliser, ces lieux vont devenir les lieux de ce qui sera considéré comme des privilèges. Et ceux qui occupent ces lieux vont finir par se considérer eux-mêmes comme des privilégiés et par faire le dos rond… Je pense aux intermittents, aux retraités, mais aussi aux fonctionnaires, bien sûr. Les fonctionnaires d’État sont payés pour leur grade, donc pour quelque chose qui est attribué à leur personne. Ils ne passent jamais par la case chômage. Parce que ce n’est pas leur poste qui est rémunéré, c’est leur grade. Le salaire à vie des fonctionnaires, il ne tient qu’à nous de le proposer à tous, de dix-huit ans à la mort. On peut en finir avec la subordination capitaliste, nous devons avoir un salaire à vie parce que nous sommes les seuls producteurs de la valeur économique.

Maryse Dumas À la CGT, nous avons fait des propositions, en effet, qui ne recoupent pas totalement celles de Bernard Friot, même si nous partons de préoccupations similaires. Pour nous, il faut créer un nouveau statut du salarié. Conquête du syndicalisme, le Code du travail repose néanmoins sur la reconnaissance du lien de subordination entre l’employeur et le salarié. C’est l’employeur qui décide de l’organisation du travail, du sens et de la finalité de l’entreprise. Mais il décide aussi de ce qu’est le statut du salarié : selon que l’employeur est privé ou public, selon que c’est une grande ou une petite entreprise, selon que c’est du textile, du commerce ou de la métallurgie, vous n’avez pas les mêmes droits. À la CGT, on veut renverser cette logique : pour nous, les droits doivent appartenir à la personne et ces droits garantis doivent progresser depuis l’entrée dans la vie active jusqu’à la retraite et au-delà… C’est un projet très émancipateur. Bien sûr, il n’arrivera pas en un jour. Nous l’accompagnons d’une démarche syndicale progressive pour le conquérir. Nous considérons que c’est notre devoir d’organisation syndicale que de rendre au travail sa dimension humaine et fondamentale. Mais, au-delà de notre projet syndical, le travail, c’est un problème qui concerne toute la société. Au fond, il s’agit d’imaginer une transformation fondamentale de la société à partir d’un changement par rapport au travail, un changement dans la façon dont on conçoit le rapport entre relation de travail et politique. Il faut que le politique, au sens noble, traite du travail.

Gérard Paris-Clavel Pour moi, il est urgent de redéfinir le projet de société. Car ça n’est pas le syndicat qui va faire le projet de société, c’est le projet de société qui va faire les formes d’organisation et de luttes syndicales ! Attention, n’inversons pas les choses ! Le syndicat est essentiel, mais dans le cadre d’un projet de société qui permet aussi de faire aboutir les luttes et les revendications ! Actuellement, on est résistant à tout, mais on est partisan de rien. L’imaginaire du bonheur, clés en main, s’est estompé, on est dans la résistance quotidienne aux malheurs. Mais si on ne fait que dénoncer le malheur, sans montrer la part de bonheur perdu, on ne fait rien qu’entériner le malheur, en quelque sorte. On est au Mois du graphisme d’Échirolles : c’est un bon endroit pour réfléchir sur comment exprimer nos idées et les faire passer à l’action ! Bernard Friot J’ai le bonheur d’être souvent invité par des collectifs de trentenaires, souvent éduqués, qui récusent les injonctions de l’employabilité. Ils ne veulent pas produire au sens où le capitalisme l’entend, ils ne veulent pas être subordonnés à un employeur. Je constate que, s’ils ne peuvent pas se raccrocher pour pouvoir vivre leur fierté du travail au possible qu’offrent les conquêtes ouvrières, ils vont être tentés de rallier la fausse piste du revenu de base. Au moins, ils auraient 500 ou 600 euros par mois, plutôt que de bricoler avec le RSA et subir les tracas des indus. Nous devons être capables de leur dire que nous avons conquis à travers la socialisation de la valeur dans l’Unedic, dans les caisses de la Sécurité sociale, de quoi assurer un salaire à vie. Nous devons leur raconter qu’avec la mutualisation de la valeur économique, nous avons pu financer la santé jusqu’à la fin des années 1990. Il faut assumer une alternative de mutualisation, c’est un moyen puissant et déjà là pour faire cesser la logique de subordination à un employeur. Au nom de la fierté du travail, il faut déplacer l’accent de la défense de victimes vers la revendication du pouvoir. C’est tout l’objet de ma proposition de salaire à vie.

 

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Repas des Vétérants du PCF à Grenay

8 Décembre 2014, 18:33pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Ils étaient une bonne centaine à avoir répondu samedi, à l’invitation du repas des vétérans du Parti communiste français, en la salle des fêtes de Grenay.

 La section de l’Arrageois était largement représentée par bon nombre de camarades.

L’ambiance était de mise, les mélodies a la demande, interprétée par de remarquables chanteuses,un repas sucré/salé succulent très copieux, bref un repas fraternel débordant d’amitié et d’anecdote sur les luttes et des nombreux combats.

À l’entrée, une exposition retraçant la vie bien remplie du remarquable camarade Maurice Thorez était très appréciée par tous les convives, tout cela sous le chant de l'international et du chiffon rouge.

Nous nous sommes quittés enchantés, vers 20h  en songeant à la reconduite pour l’année prochaine d’un repas  fraternel des vétérans plus nombreux encore

Repas des Vétérants du PCF à Grenay
Repas des Vétérants du PCF à Grenay
Repas des Vétérants du PCF à Grenay
Repas des Vétérants du PCF à Grenay
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Discours de Vladimir POUTINE à l’Assemblée fédérale le 4 décembre 2014

8 Décembre 2014, 17:19pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 Discours de Vladimir POUTINE à l’Assemblée fédérale le 4 décembre 2014

Le Kremlin, Moscou, le 4 décembre 2014 - Président de la Russie, Vladimir POUTINE:

« Chers membres du Conseil de la Fédération, Députés de la Douma, Citoyens de Russie !

Le discours d’aujourd’hui sera consacré, bien entendu, à la situation et aux conditions actuelles du monde dans lequel nous vivons, ainsi qu’aux défis auxquels nous sommes confrontés. Mais je tiens tout d’abord à vous remercier tous pour le soutien, l’unité et la solidarité dont vous avez fait preuve au cours des récents événements historiques et cruciaux qui vont sérieusement influencer l’avenir de notre pays.

 

Cette année, nous avons été confrontés à des épreuves auxquelles seule une nation unie et mature et un Etat véritablement souverain et fort peuvent résister. La Russie a prouvé qu’elle peut protéger ses compatriotes et défendre l’honneur, la vérité et la justice.

 

La Russie a pu accomplir cela grâce à ses citoyens, grâce à votre travail et aux résultats que nous avons obtenus ensemble, et grâce à notre profonde compréhension de l’essence et de l’importance des intérêts nationaux. Nous avons pris conscience de l’indivisibilité et de l’intégrité de la longue histoire millénaire de notre patrie. Nous sommes venus à croire en nous-mêmes, à croire que nous pouvions faire beaucoup de choses et atteindre tous nos objectifs.

 

Aujourd’hui, nous ne pouvons bien évidemment pas ne pas évoquer les événements historiques qui ont eu lieu cette année. Comme vous le savez, un référendum a été organisé en Crimée en mars, dans lequel les habitants de la péninsule ont clairement exprimé leur désir de rejoindre la Russie. Après cela, le Parlement de Crimée – il convient de souligner que c’était un parlement tout à fait légitime, qui avait été élu en 2010 – a adopté une résolution d’indépendance. Et enfin, nous avons assisté à la réunification historique de la Crimée et de Sébastopol avec la Russie.

 

Ce fut un événement d’une importance particulière pour notre pays et notre peuple, parce que la Crimée est une terre où vivent nos compatriotes, et que son territoire est d’une importance stratégique pour la Russie car c’est là que se trouvent les racines spirituelles de la Nation russe, diverse mais solidement unie, et de l’Etat russe centralisé. C’est en Crimée, dans l’ancienne ville de Chersonèse ou Korsun, comme les anciens chroniqueurs russes appelaient, que le Grand Prince Vladimir a été baptisé avant d’apporter le christianisme au Rus.

 

En plus de la similitude ethnique, de la langue commune, des éléments communs de leur culture matérielle, d’un territoire commun – même si ses frontières n’étaient pas tracées et stables –, d’échanges économiques émergents et d’un gouvernement naissant, le christianisme fut une puissante force unificatrice spirituelle qui a contribué à impliquer dans la création de la Nation russe et de l’Etat russe les diverses tribus et alliances tribales du vaste monde slave oriental. C’est grâce à cette unité spirituelle que nos ancêtres, pour la première fois et pour toujours, se considérèrent comme une nation unie. Tout cela nous amène à affirmer que la Crimée, l’ancienne Korsun ou Chersonèse, et Sébastopol, ont une importance civilisationnelle et même sacrée inestimable pour la Russie, comme le Mont du Temple à Jérusalem pour les adeptes de l’Islam et du Judaïsme.

Et c’est ainsi que nous les considèrerons toujours.

 

Chers amis,

Aujourd’hui, il est impossible de ne pas revenir sur notre point de vue au sujet des développements en Ukraine et de la façon dont nous avons l’intention de travailler avec nos partenaires à travers le monde.

 

Il est bien connu que la Russie a non seulement soutenu l’Ukraine et d’autres républiques frères de l’ancienne Union soviétique dans leurs aspirations à la souveraineté, mais qu’elle a aussi grandement facilité ce processus dans les années 1990. Depuis lors, notre position n’a pas changé. Chaque nation a le droit souverain et inaliénable de déterminer sa propre voie de développement, de choisir ses alliés, son régime politique et la forme d’organisation de sa société, de créer une économie et d’assurer sa sécurité. La Russie a toujours respecté ces droits et les respectera toujours. Ils s’appliquent pleinement à l’Ukraine et au peuple ukrainien frère.

 

Il est vrai que nous avons condamné le coup d’Etat et la prise violente du pouvoir à Kiev en février dernier. Les développements auxquels nous assistons actuellement en Ukraine et la tragédie qui se déroule dans le sud-est du pays confirment pleinement la justesse de notre position.

 

Comment tout cela a-t-il commencé ? Je vais devoir vous rappeler ce qui s’est alors passé. Il est difficile de croire que tout a commencé avec la décision technique par le président Ianoukovitch de reporter la signature de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Ne vous méprenez pas sur ce point, il n’a pas refusé de signer le document, mais il a seulement reporté la finalisation de cet accord en vue d’y faire quelques ajustements. Comme vous le savez, cette décision a été prise en pleine conformité avec le mandat constitutionnel d’un chef d’Etat tout à fait légitime et internationalement reconnu.

 

Dans un tel contexte, il n’était pas question pour nous de soutenir le coup de force, la violence et les meurtres.

 

Il suffit de considérer les événements sanglants à Odessa, où des gens ont été brûlés vifs. Comment les tentatives ultérieures de répression des populations du sud de l’Ukraine, qui s’opposent à ce carnage, pourraient-elles être soutenues ? Je répète qu’il nous était absolument impossible de cautionner ces développements. Qui plus est, ils ont été suivis par des déclarations hypocrites sur la protection du droit international et des droits humains. C’est du cynisme à l’état pur. Je crois fermement que le temps viendra où le peuple ukrainien fera une juste évaluation de ces événements.

 

Comment le dialogue sur cette question a-t-il commencé entre la Russie et ses partenaires américains et européens ? Je mentionne nos amis américains à dessein, car ils influencent continuellement les relations de la Russie avec ses voisins, ouvertement ou en coulisses. Parfois, nous ne savons pas même avec qui parler : avec les gouvernements de certains pays ou directement avec leurs mécènes et sponsors américains ?

 

Comme je l’ai mentionné, dans le cas de l’accord d’association UE-Ukraine, il n’y eut absolument pas de dialogue. On nous a dit que ce n’était pas notre affaire, ou, pour le dire simplement, on nous a dit « où » aller.

 

Tous les arguments rappelant que la Russie et l’Ukraine sont des membres de la zone de libre-échange de la CEI, que nous avons historiquement établi une coopération profonde dans l’industrie et l’agriculture, et que nous partageons essentiellement la même infrastructure – personne ne voulait entendre ces arguments, et encore moins en tenir compte.

 

Notre réponse a été de dire : très bien, si vous ne voulez pas avoir de dialogue avec nous, nous allons devoir protéger nos intérêts légitimes unilatéralement et nous ne paierons pas pour ce que nous considérons comme une politique erronée.

 

Quel a donc été le résultat de tout cela ? L’accord entre l’Ukraine et l’Union européenne a été signé et ratifié, mais la mise en œuvre des dispositions concernant le commerce et l’économie a été reportée jusqu’à la fin de l’année prochaine. Cela ne prouve-t-il pas que c’est nous qui avions raison ?

 

Il faut aussi poser la question des raisons pour lesquelles tout cela a été fait en Ukraine. Quel était le but du coup d’Etat contre le gouvernement ? Pourquoi tirer et continuer à tirer et à tuer des gens ? De fait, l’économie, la finance et le secteur social ont été détruits et le pays a été ravagé et ruiné.

 

Ce dont l’Ukraine a besoin actuellement est d’une aide économique pour mener des réformes, pas de politique de bas étage et de promesses pompeuses mais vides. Toutefois, nos collègues occidentaux ne semblent pas désireux de fournir une telle assistance, tandis que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes à relever les défis auxquels leurs citoyens sont confrontés.A ce propos, la Russie a déjà apporté une contribution énorme en aide à l’Ukraine. Permettez-moi de rappeler que les banques russes ont déjà investi 25 milliards de dollars en Ukraine. L’année dernière, le ministère russe des Finances a accordé un prêt de 3 milliards de dollars. Gazprom a encore fourni 5,5 milliards de dollars à l’Ukraine et a même offert un rabais qui n’était pas prévu, en exigeant du pays qu’il ne rembourse que 4,5 milliards. Additionnez le tout et vous obtenez de 32,5 à 33,5 milliards de dollars récemment fournis.

 

Bien sûr, nous avons le droit de poser des questions. Pour quelles raisons cette tragédie a-t-elle été menée en Ukraine ? N’était-il pas possible de régler toutes les questions, même les questions litigieuses, par le dialogue, dans un cadre légal et légitime ?

Mais maintenant, on nous dit qu’il s’agissait de mesures politiques équilibrées et compétentes auxquelles nous devrions nous soumettre sans discussion et les yeux bandés.

Cela n’arrivera jamais.

Si pour certains pays européens, la fierté nationale est un concept oublié depuis longtemps et que la souveraineté est trop de luxe, pour la Russie, une véritable souveraineté est absolument nécessaire pour la survie. Principalement, nous devrions prendre conscience de cela en tant que nation. Je tiens à souligner ceci : soit nous restons une nation souveraine, soit nous nous dissolvons sans laisser de trace et perdons notre identité.

 

Bien sûr, d’autres pays doivent comprendre cela aussi. Tous les acteurs de la vie internationale doivent être conscients de cela. Et ils devraient utiliser cette compréhension pour renforcer le rôle et l’importance du droit international, dont nous avons tellement parlé ces derniers temps, plutôt que d’en plier les normes en fonction d’intérêts stratégiques tiers contraires aux principes fondamentaux du droit et au bon sens, considérant tout le monde comme des gens peu instruits qui ne savent ni lire ni écrire.

 

Il est impératif de respecter les intérêts légitimes de tous les participants au dialogue international. Alors seulement, non pas avec des mitraillettes, des missiles ou des avions de combat, mais précisément avec la primauté du droit pourrons-nous efficacement protéger le monde d’un conflit sanglant. Alors seulement, il n’y aura pas besoin d’essayer d’effrayer quiconque avec la menace d’un isolement imaginaire et trompeur, ou de sanctions qui sont, bien sûr, dommageables, mais dommageables pour tout le monde, y compris ceux qui les initient.

 

En parlant des sanctions, elles ne sont pas seulement une réaction impulsive de la part des États-Unis ou de leurs alliés à notre position concernant le coup d’Etat ou les événements en Ukraine, ou même au soi-disant «printemps de Crimée ». Je suis sûr que si ces événements ne s’étaient pas produits – je tiens à le souligner spécialement pour vous, politiciens, présents dans cet auditorium –, même si rien de tout cela ne s’était passé, ils auraient trouvé une autre excuse pour tenter d’endiguer les capacités croissantes de la Russie, de nuire à notre pays d’une quelconque manière, ou d’en tirer quelque avantage ou profit.

La politique d’endiguement n’a pas été inventée hier. Elle a été menée contre notre pays depuis de nombreuses années, toujours, depuis des décennies, sinon des siècles. En bref, chaque fois que quelqu’un pense que la Russie est devenue trop forte ou indépendante, ces mesures sont immédiatement déployées contre elle.

Cependant, parler à la Russie d’une position de force est un exercice futile, même quand elle est confrontée à des difficultés internes, comme ce fut le cas dans les années 1990 et au début des années 2000.

Nous nous souvenons bien de l’identité et de procédés de ceux qui, presque ouvertement, ont à l’époque soutenu le séparatisme et même le terrorisme pur et simple en Russie, et ont désigné des meurtriers, dont les mains étaient tachées de sang, comme des « rebelles », et ont organisé des réceptions de haut niveau pour eux.

Ces « rebelles » se sont encore manifestés en Tchétchénie. Je suis sûr que les gens sur place, les forces de l’ordre locales, s’en occuperont de la manière appropriée. Ils œuvrent en ce moment même à stopper un autre raid de terroristes et à les éliminer. Donnons-leur tout notre soutien.Permettez-moi de le répéter, nous nous souvenons des réceptions de haut niveau organisées pour des terroristes présentés comme des combattants pour la liberté et la démocratie. Nous avons alors réalisé que plus nous cédions du terrain, plus nos adversaires devenaient impudents et leur comportement se faisait de plus en plus cynique et agressif.

 

Malgré notre ouverture sans précédent alors, et notre volonté de coopérer sur tous les points, même sur les questions les plus sensibles, malgré le fait que nous considérions – et vous êtes tous conscients de cela, vous en avez tous le souvenir – nos anciens adversaires comme des amis proches et même des alliés, le soutien occidental au séparatisme en Russie, incluant un soutien informationnel, politique et financier, en plus du soutien des services spéciaux, était absolument évident et ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils seraient heureux de laisser la Russie suivre le scénario yougoslave de désintégration et de démantèlement, avec toutes les retombées tragiques que cela entraînerait pour le peuple russe.

Cela n’a pas fonctionné. Nous n’avons pas permis que cela se produise.

Tout comme cela n’a pas fonctionné pour Hitler avec ses idées de haine des peuples, qui a entrepris de détruire la Russie et de nous repousser au-delà de l’Oural. Tout le monde devrait se rappeler comment cela a fini.

L’année prochaine, nous allons marquer le 70e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.

Notre armée a écrasé l’ennemi et a libéré l’Europe. Cependant, nous ne devons pas oublier les défaites amères en 1941 et 1942 afin de ne pas répéter les erreurs à l’avenir.

Dans ce contexte, je vais aborder une question de sécurité internationale. Il y a beaucoup de questions liées à ce sujet. Elles incluent notamment la lutte contre le terrorisme. Nous assistons encore à ses manifestations, et bien sûr, nous participerons aux efforts conjoints pour lutter contre le terrorisme sur le plan international. Bien sûr, nous allons travailler ensemble pour faire face à d’autres défis, tels que la propagation des maladies infectieuses.

 

Cependant, à ce propos, j’aimerais parler de la question la plus grave et la plus sensible question : la sécurité internationale. Depuis 2002, après que les États-Unis se soient unilatéralement retirés du Traité ABM, qui était une pierre angulaire absolue de la sécurité internationale, un équilibre stratégique des forces et de la stabilité, les États-Unis ont travaillé sans relâche à la création d’un système planétaire de défense antimissile, y compris en Europe. Ceci constitue une menace non seulement pour la sécurité de la Russie, mais pour le monde dans son ensemble – précisément en raison de la perturbation possible de l’équilibre stratégique des forces.

 

Je considère que ce projet est également mauvais pour les Etats-Unis, car il crée une dangereuse illusion d’invulnérabilité. Il renforce la tension vers des décisions qui sont souvent, comme nous pouvons le constater, irréfléchies et unilatérales, et amène des risques supplémentaires.

 

Nous avons beaucoup parlé de cela. Je ne vais pas entrer dans les détails maintenant. Je dirai seulement ceci – peut-être que je me répète : nous n’avons nullement l’intention de nous engager dans une course aux armements coûteuse, mais en même temps, nous allons garantir de manière fiable et efficace la défense de notre pays dans ces nouvelles conditions. Il n’y a absolument aucun doute à ce sujet. Cela sera fait. La Russie a à la fois la capacité et les solutions innovantes pour cela.

 

Personne ne pourra jamais parvenir à une supériorité militaire sur la Russie. Nous avons une armée moderne et prête au combat. Comme on dit actuellement, une armée courtoise, mais redoutable. Nous avons la force, la volonté et le courage de protéger notre liberté.

 

Nous allons protéger la diversité du monde. Nous dirons la vérité aux peuples à l’étranger, de sorte que tout le monde puisse voir l’image réelle et non déformée et fausse de la Russie. Nous allons promouvoir activement les affaires et les échanges humanitaires, ainsi que les relations scientifiques, éducatives et culturelles. Nous le ferons même si certains gouvernements tentent de créer un nouveau rideau de fer autour de la Russie.Nous n’entrerons jamais dans la voie de l’auto-isolement, de la xénophobie, de la suspicion et de la recherche d’ennemis.

 

Ce sont là des manifestations de faiblesse, alors que nous sommes forts et confiants.

 

Notre objectif est d’avoir autant de partenaires égaux que possible, à la fois dans l’Ouest et à l’Est. Nous allons étendre notre présence dans ces régions où l’intégration est à la hausse, où la politique n’est pas mélangée avec l’économie (et vice versa), et où les obstacles au commerce, à l’échange de technologie et de l’investissement et à la libre circulation des personnes sont levés.

 

En aucun cas, nous n’allons limiter nos relations avec l’Europe ou l’Amérique. Dans le même temps, nous allons restaurer et étendre nos liens traditionnels avec l’Amérique du Sud. Nous allons poursuivre notre coopération avec l’Afrique et le Moyen-Orient.

Nous voyons à quelle vitesse l’Asie-Pacifique s’est développé au cours des dernières décennies. En tant que puissance du Pacifique, la Russie tirera pleinement parti de de potentiel énorme.

Tout le monde connaît les dirigeants et les « locomotives » du développement économique mondial. Beaucoup d’entre eux sont nos amis sincères et des partenaires stratégiques.

L’Union économique eurasienne va commencer à être pleinement opérationnelle le 1er Janvier 2015.

J’aimerais vous rappeler ses principes fondamentaux. Les principes majeurs sont l’égalité, le pragmatisme et le respect mutuel, ainsi que la préservation de l’identité nationale et de la souveraineté de l’Etat de tous les pays membres. Je suis convaincu qu’une coopération étroite sera une puissante source de développement pour tous les membres de l’Union économique eurasienne.

 

Pour conclure cette partie de mon discours, j’aimerais dire encore une fois que nos priorités sont d’avoir des familles saines et une nation saine, ce sont les valeurs traditionnelles que nous avons héritées de nos ancêtres,

combinées avec un accent sur l’avenir, la stabilité comme une condition essentielle du développement et du progrès, le respect des autres nations et États, et la sécurité garantie de la Russie et la protection de ses intérêts légitimes. »

Le Kremlin, Moscou, le 4 décembre 2014 - Président de la Russie, Vladimir POUTINE:

 

« Chers membres du Conseil de la Fédération, Députés de la Douma, Citoyens de Russie !

Le discours d’aujourd’hui sera consacré, bien entendu, à la situation et aux conditions actuelles du monde dans lequel nous vivons, ainsi qu’aux défis auxquels nous sommes confrontés. Mais je tiens tout d’abord à vous remercier tous pour le soutien, l’unité et la solidarité dont vous avez fait preuve au cours des récents événements historiques et cruciaux qui vont sérieusement influencer l’avenir de notre pays.

 

Cette année, nous avons été confrontés à des épreuves auxquelles seule une nation unie et mature et un Etat véritablement souverain et fort peuvent résister. La Russie a prouvé qu’elle peut protéger ses compatriotes et défendre l’honneur, la vérité et la justice.

La Russie a pu accomplir cela grâce à ses citoyens, grâce à votre travail et aux résultats que nous avons obtenus ensemble, et grâce à notre profonde compréhension de l’essence et de l’importance des intérêts nationaux. Nous avons pris conscience de l’indivisibilité et de l’intégrité de la longue histoire millénaire de notre patrie. Nous sommes venus à croire en nous-mêmes, à croire que nous pouvions faire beaucoup de choses et atteindre tous nos objectifs.

 

Aujourd’hui, nous ne pouvons bien évidemment pas ne pas évoquer les événements historiques qui ont eu lieu cette année. Comme vous le savez, un référendum a été organisé en Crimée en mars, dans lequel les habitants de la péninsule ont clairement exprimé leur désir de rejoindre la Russie. Après cela, le Parlement de Crimée – il convient de souligner que c’était un parlement tout à fait légitime, qui avait été élu en 2010 – a adopté une résolution d’indépendance. Et enfin, nous avons assisté à la réunification historique de la Crimée et de Sébastopol avec la Russie.

 

Ce fut un événement d’une importance particulière pour notre pays et notre peuple, parce que la Crimée est une terre où vivent nos compatriotes, et que son territoire est d’une importance stratégique pour la Russie car c’est là que se trouvent les racines spirituelles de la Nation russe, diverse mais solidement unie, et de l’Etat russe centralisé. C’est en Crimée, dans l’ancienne ville de Chersonèse ou Korsun, comme les anciens chroniqueurs russes appelaient, que le Grand Prince Vladimir a été baptisé avant d’apporter le christianisme au Rus.

 

En plus de la similitude ethnique, de la langue commune, des éléments communs de leur culture matérielle, d’un territoire commun – même si ses frontières n’étaient pas tracées et stables –, d’échanges économiques émergents et d’un gouvernement naissant, le christianisme fut une puissante force unificatrice spirituelle qui a contribué à impliquer dans la création de la Nation russe et de l’Etat russe les diverses tribus et alliances tribales du vaste monde slave oriental. C’est grâce à cette unité spirituelle que nos ancêtres, pour la première fois et pour toujours, se considérèrent comme une nation unie. Tout cela nous amène à affirmer que la Crimée, l’ancienne Korsun ou Chersonèse, et Sébastopol, ont une importance civilisationnelle et même sacrée inestimable pour la Russie, comme le Mont du Temple à Jérusalem pour les adeptes de l’Islam et du Judaïsme.

 

Et c’est ainsi que nous les considèrerons toujours.

 

Chers amis,

Aujourd’hui, il est impossible de ne pas revenir sur notre point de vue au sujet des développements en Ukraine et de la façon dont nous avons l’intention de travailler avec nos partenaires à travers le monde.

 

Il est bien connu que la Russie a non seulement soutenu l’Ukraine et d’autres républiques frères de l’ancienne Union soviétique dans leurs aspirations à la souveraineté, mais qu’elle a aussi grandement facilité ce processus dans les années 1990. Depuis lors, notre position n’a pas changé. Chaque nation a le droit souverain et inaliénable de déterminer sa propre voie de développement, de choisir ses alliés, son régime politique et la forme d’organisation de sa société, de créer une économie et d’assurer sa sécurité. La Russie a toujours respecté ces droits et les respectera toujours. Ils s’appliquent pleinement à l’Ukraine et au peuple ukrainien frère.

 

Il est vrai que nous avons condamné le coup d’Etat et la prise violente du pouvoir à Kiev en février dernier. Les développements auxquels nous assistons actuellement en Ukraine et la tragédie qui se déroule dans le sud-est du pays confirment pleinement la justesse de notre position.

 

Comment tout cela a-t-il commencé ? Je vais devoir vous rappeler ce qui s’est alors passé. Il est difficile de croire que tout a commencé avec la décision technique par le président Ianoukovitch de reporter la signature de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Ne vous méprenez pas sur ce point, il n’a pas refusé de signer le document, mais il a seulement reporté la finalisation de cet accord en vue d’y faire quelques ajustements. Comme vous le savez, cette décision a été prise en pleine conformité avec le mandat constitutionnel d’un chef d’Etat tout à fait légitime et internationalement reconnu.

 

Dans un tel contexte, il n’était pas question pour nous de soutenir le coup de force, la violence et les meurtres.

 

Il suffit de considérer les événements sanglants à Odessa, où des gens ont été brûlés vifs. Comment les tentatives ultérieures de répression des populations du sud de l’Ukraine, qui s’opposent à ce carnage, pourraient-elles être soutenues ? Je répète qu’il nous était absolument impossible de cautionner ces développements. Qui plus est, ils ont été suivis par des déclarations hypocrites sur la protection du droit international et des droits humains. C’est du cynisme à l’état pur. Je crois fermement que le temps viendra où le peuple ukrainien fera une juste évaluation de ces événements.

 

Comment le dialogue sur cette question a-t-il commencé entre la Russie et ses partenaires américains et européens ? Je mentionne nos amis américains à dessein, car ils influencent continuellement les relations de la Russie avec ses voisins, ouvertement ou en coulisses. Parfois, nous ne savons pas même avec qui parler : avec les gouvernements de certains pays ou directement avec leurs mécènes et sponsors américains ?

 

Comme je l’ai mentionné, dans le cas de l’accord d’association UE-Ukraine, il n’y eut absolument pas de dialogue. On nous a dit que ce n’était pas notre affaire, ou, pour le dire simplement, on nous a dit « où » aller.

 

Tous les arguments rappelant que la Russie et l’Ukraine sont des membres de la zone de libre-échange de la CEI, que nous avons historiquement établi une coopération profonde dans l’industrie et l’agriculture, et que nous partageons essentiellement la même infrastructure – personne ne voulait entendre ces arguments, et encore moins en tenir compte.

 

Notre réponse a été de dire : très bien, si vous ne voulez pas avoir de dialogue avec nous, nous allons devoir protéger nos intérêts légitimes unilatéralement et nous ne paierons pas pour ce que nous considérons comme une politique erronée.

 

Quel a donc été le résultat de tout cela ? L’accord entre l’Ukraine et l’Union européenne a été signé et ratifié, mais la mise en œuvre des dispositions concernant le commerce et l’économie a été reportée jusqu’à la fin de l’année prochaine. Cela ne prouve-t-il pas que c’est nous qui avions raison ?

 

Il faut aussi poser la question des raisons pour lesquelles tout cela a été fait en Ukraine. Quel était le but du coup d’Etat contre le gouvernement ? Pourquoi tirer et continuer à tirer et à tuer des gens ? De fait, l’économie, la finance et le secteur social ont été détruits et le pays a été ravagé et ruiné.

 

Ce dont l’Ukraine a besoin actuellement est d’une aide économique pour mener des réformes, pas de politique de bas étage et de promesses pompeuses mais vides. Toutefois, nos collègues occidentaux ne semblent pas désireux de fournir une telle assistance, tandis que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes à relever les défis auxquels leurs citoyens sont confrontés.A ce propos, la Russie a déjà apporté une contribution énorme en aide à l’Ukraine. Permettez-moi de rappeler que les banques russes ont déjà investi 25 milliards de dollars en Ukraine. L’année dernière, le ministère russe des Finances a accordé un prêt de 3 milliards de dollars. Gazprom a encore fourni 5,5 milliards de dollars à l’Ukraine et a même offert un rabais qui n’était pas prévu, en exigeant du pays qu’il ne rembourse que 4,5 milliards. Additionnez le tout et vous obtenez de 32,5 à 33,5 milliards de dollars récemment fournis.

 

Bien sûr, nous avons le droit de poser des questions. Pour quelles raisons cette tragédie a-t-elle été menée en Ukraine ? N’était-il pas possible de régler toutes les questions, même les questions litigieuses, par le dialogue, dans un cadre légal et légitime ?

 

Mais maintenant, on nous dit qu’il s’agissait de mesures politiques équilibrées et compétentes auxquelles nous devrions nous soumettre sans discussion et les yeux bandés.

 

Cela n’arrivera jamais.

 

Si pour certains pays européens, la fierté nationale est un concept oublié depuis longtemps et que la souveraineté est trop de luxe, pour la Russie, une véritable souveraineté est absolument nécessaire pour la survie. Principalement, nous devrions prendre conscience de cela en tant que nation. Je tiens à souligner ceci : soit nous restons une nation souveraine, soit nous nous dissolvons sans laisser de trace et perdons notre identité.

 

Bien sûr, d’autres pays doivent comprendre cela aussi. Tous les acteurs de la vie internationale doivent être conscients de cela. Et ils devraient utiliser cette compréhension pour renforcer le rôle et l’importance du droit international, dont nous avons tellement parlé ces derniers temps, plutôt que d’en plier les normes en fonction d’intérêts stratégiques tiers contraires aux principes fondamentaux du droit et au bon sens, considérant tout le monde comme des gens peu instruits qui ne savent ni lire ni écrire.

 

Il est impératif de respecter les intérêts légitimes de tous les participants au dialogue international. Alors seulement, non pas avec des mitraillettes, des missiles ou des avions de combat, mais précisément avec la primauté du droit pourrons-nous efficacement protéger le monde d’un conflit sanglant. Alors seulement, il n’y aura pas besoin d’essayer d’effrayer quiconque avec la menace d’un isolement imaginaire et trompeur, ou de sanctions qui sont, bien sûr, dommageables, mais dommageables pour tout le monde, y compris ceux qui les initient.

 

 

En parlant des sanctions, elles ne sont pas seulement une réaction impulsive de la part des États-Unis ou de leurs alliés à notre position concernant le coup d’Etat ou les événements en Ukraine, ou même au soi-disant «printemps de Crimée ». Je suis sûr que si ces événements ne s’étaient pas produits – je tiens à le souligner spécialement pour vous, politiciens, présents dans cet auditorium –, même si rien de tout cela ne s’était passé, ils auraient trouvé une autre excuse pour tenter d’endiguer les capacités croissantes de la Russie, de nuire à notre pays d’une quelconque manière, ou d’en tirer quelque avantage ou profit.

 

La politique d’endiguement n’a pas été inventée hier. Elle a été menée contre notre pays depuis de nombreuses années, toujours, depuis des décennies, sinon des siècles. En bref, chaque fois que quelqu’un pense que la Russie est devenue trop forte ou indépendante, ces mesures sont immédiatement déployées contre elle.

 

Cependant, parler à la Russie d’une position de force est un exercice futile, même quand elle est confrontée à des difficultés internes, comme ce fut le cas dans les années 1990 et au début des années 2000.

 

Nous nous souvenons bien de l’identité et de procédés de ceux qui, presque ouvertement, ont à l’époque soutenu le séparatisme et même le terrorisme pur et simple en Russie, et ont désigné des meurtriers, dont les mains étaient tachées de sang, comme des « rebelles », et ont organisé des réceptions de haut niveau pour eux.

 

 

Ces « rebelles » se sont encore manifestés en Tchétchénie. Je suis sûr que les gens sur place, les forces de l’ordre locales, s’en occuperont de la manière appropriée. Ils œuvrent en ce moment même à stopper un autre raid de terroristes et à les éliminer. Donnons-leur tout notre soutien.Permettez-moi de le répéter, nous nous souvenons des réceptions de haut niveau organisées pour des terroristes présentés comme des combattants pour la liberté et la démocratie. Nous avons alors réalisé que plus nous cédions du terrain, plus nos adversaires devenaient impudents et leur comportement se faisait de plus en plus cynique et agressif.

 

Malgré notre ouverture sans précédent alors, et notre volonté de coopérer sur tous les points, même sur les questions les plus sensibles, malgré le fait que nous considérions – et vous êtes tous conscients de cela, vous en avez tous le souvenir – nos anciens adversaires comme des amis proches et même des alliés, le soutien occidental au séparatisme en Russie, incluant un soutien informationnel, politique et financier, en plus du soutien des services spéciaux, était absolument évident et ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils seraient heureux de laisser la Russie suivre le scénario yougoslave de désintégration et de démantèlement, avec toutes les retombées tragiques que cela entraînerait pour le peuple russe.

Cela n’a pas fonctionné. Nous n’avons pas permis que cela se produise.

Tout comme cela n’a pas fonctionné pour Hitler avec ses idées de haine des peuples, qui a entrepris de détruire la Russie et de nous repousser au-delà de l’Oural. Tout le monde devrait se rappeler comment cela a fini.

 

L’année prochaine, nous allons marquer le 70e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.

 

Notre armée a écrasé l’ennemi et a libéré l’Europe. Cependant, nous ne devons pas oublier les défaites amères en 1941 et 1942 afin de ne pas répéter les erreurs à l’avenir.

 

Dans ce contexte, je vais aborder une question de sécurité internationale. Il y a beaucoup de questions liées à ce sujet. Elles incluent notamment la lutte contre le terrorisme. Nous assistons encore à ses manifestations, et bien sûr, nous participerons aux efforts conjoints pour lutter contre le terrorisme sur le plan international. Bien sûr, nous allons travailler ensemble pour faire face à d’autres défis, tels que la propagation des maladies infectieuses.

 

Cependant, à ce propos, j’aimerais parler de la question la plus grave et la plus sensible question : la sécurité internationale. Depuis 2002, après que les États-Unis se soient unilatéralement retirés du Traité ABM, qui était une pierre angulaire absolue de la sécurité internationale, un équilibre stratégique des forces et de la stabilité, les États-Unis ont travaillé sans relâche à la création d’un système planétaire de défense antimissile, y compris en Europe. Ceci constitue une menace non seulement pour la sécurité de la Russie, mais pour le monde dans son ensemble – précisément en raison de la perturbation possible de l’équilibre stratégique des forces.

 

Je considère que ce projet est également mauvais pour les Etats-Unis, car il crée une dangereuse illusion d’invulnérabilité. Il renforce la tension vers des décisions qui sont souvent, comme nous pouvons le constater, irréfléchies et unilatérales, et amène des risques supplémentaires.

 

Nous avons beaucoup parlé de cela. Je ne vais pas entrer dans les détails maintenant. Je dirai seulement ceci – peut-être que je me répète : nous n’avons nullement l’intention de nous engager dans une course aux armements coûteuse, mais en même temps, nous allons garantir de manière fiable et efficace la défense de notre pays dans ces nouvelles conditions. Il n’y a absolument aucun doute à ce sujet. Cela sera fait. La Russie a à la fois la capacité et les solutions innovantes pour cela.

 

Personne ne pourra jamais parvenir à une supériorité militaire sur la Russie. Nous avons une armée moderne et prête au combat. Comme on dit actuellement, une armée courtoise, mais redoutable. Nous avons la force, la volonté et le courage de protéger notre liberté.

 

Nous allons protéger la diversité du monde. Nous dirons la vérité aux peuples à l’étranger, de sorte que tout le monde puisse voir l’image réelle et non déformée et fausse de la Russie. Nous allons promouvoir activement les affaires et les échanges humanitaires, ainsi que les relations scientifiques, éducatives et culturelles. Nous le ferons même si certains gouvernements tentent de créer un nouveau rideau de fer autour de la Russie.Nous n’entrerons jamais dans la voie de l’auto-isolement, de la xénophobie, de la suspicion et de la recherche d’ennemis.

 

Ce sont là des manifestations de faiblesse, alors que nous sommes forts et confiants.

 

Notre objectif est d’avoir autant de partenaires égaux que possible, à la fois dans l’Ouest et à l’Est. Nous allons étendre notre présence dans ces régions où l’intégration est à la hausse, où la politique n’est pas mélangée avec l’économie (et vice versa), et où les obstacles au commerce, à l’échange de technologie et de l’investissement et à la libre circulation des personnes sont levés.

 

En aucun cas, nous n’allons limiter nos relations avec l’Europe ou l’Amérique. Dans le même temps, nous allons restaurer et étendre nos liens traditionnels avec l’Amérique du Sud. Nous allons poursuivre notre coopération avec l’Afrique et le Moyen-Orient.

 

Nous voyons à quelle vitesse l’Asie-Pacifique s’est développé au cours des dernières décennies. En tant que puissance du Pacifique, la Russie tirera pleinement parti de de potentiel énorme.

 

Tout le monde connaît les dirigeants et les « locomotives » du développement économique mondial. Beaucoup d’entre eux sont nos amis sincères et des partenaires stratégiques.

 

L’Union économique eurasienne va commencer à être pleinement opérationnelle le 1er Janvier 2015.

 

J’aimerais vous rappeler ses principes fondamentaux. Les principes majeurs sont l’égalité, le pragmatisme et le respect mutuel, ainsi que la préservation de l’identité nationale et de la souveraineté de l’Etat de tous les pays membres. Je suis convaincu qu’une coopération étroite sera une puissante source de développement pour tous les membres de l’Union économique eurasienne.

 

 

Pour conclure cette partie de mon discours, j’aimerais dire encore une fois que nos priorités sont d’avoir des familles saines et une nation saine, ce sont les valeurs traditionnelles que nous avons héritées de nos ancêtres,

combinées avec un accent sur l’avenir, la stabilité comme une condition essentielle du développement et du progrès, le respect des autres nations et États, et la sécurité garantie de la Russie et la protection de ses intérêts légitimes. »

Le Kremlin, Moscou, le 4 décembre 2014 - Président de la Russie, Vladimir POUTINE:

 

« Chers membres du Conseil de la Fédération, Députés de la Douma, Citoyens de Russie !

Le discours d’aujourd’hui sera consacré, bien entendu, à la situation et aux conditions actuelles du monde dans lequel nous vivons, ainsi qu’aux défis auxquels nous sommes confrontés. Mais je tiens tout d’abord à vous remercier tous pour le soutien, l’unité et la solidarité dont vous avez fait preuve au cours des récents événements historiques et cruciaux qui vont sérieusement influencer l’avenir de notre pays.

 

 

Cette année, nous avons été confrontés à des épreuves auxquelles seule une nation unie et mature et un Etat véritablement souverain et fort peuvent résister. La Russie a prouvé qu’elle peut protéger ses compatriotes et défendre l’honneur, la vérité et la justice.

 

La Russie a pu accomplir cela grâce à ses citoyens, grâce à votre travail et aux résultats que nous avons obtenus ensemble, et grâce à notre profonde compréhension de l’essence et de l’importance des intérêts nationaux. Nous avons pris conscience de l’indivisibilité et de l’intégrité de la longue histoire millénaire de notre patrie. Nous sommes venus à croire en nous-mêmes, à croire que nous pouvions faire beaucoup de choses et atteindre tous nos objectifs.

 

Aujourd’hui, nous ne pouvons bien évidemment pas ne pas évoquer les événements historiques qui ont eu lieu cette année. Comme vous le savez, un référendum a été organisé en Crimée en mars, dans lequel les habitants de la péninsule ont clairement exprimé leur désir de rejoindre la Russie. Après cela, le Parlement de Crimée – il convient de souligner que c’était un parlement tout à fait légitime, qui avait été élu en 2010 – a adopté une résolution d’indépendance. Et enfin, nous avons assisté à la réunification historique de la Crimée et de Sébastopol avec la Russie.

 

 

Ce fut un événement d’une importance particulière pour notre pays et notre peuple, parce que la Crimée est une terre où vivent nos compatriotes, et que son territoire est d’une importance stratégique pour la Russie car c’est là que se trouvent les racines spirituelles de la Nation russe, diverse mais solidement unie, et de l’Etat russe centralisé. C’est en Crimée, dans l’ancienne ville de Chersonèse ou Korsun, comme les anciens chroniqueurs russes appelaient, que le Grand Prince Vladimir a été baptisé avant d’apporter le christianisme au Rus.

 

En plus de la similitude ethnique, de la langue commune, des éléments communs de leur culture matérielle, d’un territoire commun – même si ses frontières n’étaient pas tracées et stables –, d’échanges économiques émergents et d’un gouvernement naissant, le christianisme fut une puissante force unificatrice spirituelle qui a contribué à impliquer dans la création de la Nation russe et de l’Etat russe les diverses tribus et alliances tribales du vaste monde slave oriental. C’est grâce à cette unité spirituelle que nos ancêtres, pour la première fois et pour toujours, se considérèrent comme une nation unie. Tout cela nous amène à affirmer que la Crimée, l’ancienne Korsun ou Chersonèse, et Sébastopol, ont une importance civilisationnelle et même sacrée inestimable pour la Russie, comme le Mont du Temple à Jérusalem pour les adeptes de l’Islam et du Judaïsme.

 

Et c’est ainsi que nous les considèrerons toujours.

 

Chers amis,

 

Aujourd’hui, il est impossible de ne pas revenir sur notre point de vue au sujet des développements en Ukraine et de la façon dont nous avons l’intention de travailler avec nos partenaires à travers le monde.

 

 

Il est bien connu que la Russie a non seulement soutenu l’Ukraine et d’autres républiques frères de l’ancienne Union soviétique dans leurs aspirations à la souveraineté, mais qu’elle a aussi grandement facilité ce processus dans les années 1990. Depuis lors, notre position n’a pas changé. Chaque nation a le droit souverain et inaliénable de déterminer sa propre voie de développement, de choisir ses alliés, son régime politique et la forme d’organisation de sa société, de créer une économie et d’assurer sa sécurité. La Russie a toujours respecté ces droits et les respectera toujours. Ils s’appliquent pleinement à l’Ukraine et au peuple ukrainien frère.

 

 

Il est vrai que nous avons condamné le coup d’Etat et la prise violente du pouvoir à Kiev en février dernier. Les développements auxquels nous assistons actuellement en Ukraine et la tragédie qui se déroule dans le sud-est du pays confirment pleinement la justesse de notre position.

 

 

Comment tout cela a-t-il commencé ? Je vais devoir vous rappeler ce qui s’est alors passé. Il est difficile de croire que tout a commencé avec la décision technique par le président Ianoukovitch de reporter la signature de l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne. Ne vous méprenez pas sur ce point, il n’a pas refusé de signer le document, mais il a seulement reporté la finalisation de cet accord en vue d’y faire quelques ajustements. Comme vous le savez, cette décision a été prise en pleine conformité avec le mandat constitutionnel d’un chef d’Etat tout à fait légitime et internationalement reconnu.

 

 

Dans un tel contexte, il n’était pas question pour nous de soutenir le coup de force, la violence et les meurtres.

 

 

Il suffit de considérer les événements sanglants à Odessa, où des gens ont été brûlés vifs. Comment les tentatives ultérieures de répression des populations du sud de l’Ukraine, qui s’opposent à ce carnage, pourraient-elles être soutenues ? Je répète qu’il nous était absolument impossible de cautionner ces développements. Qui plus est, ils ont été suivis par des déclarations hypocrites sur la protection du droit international et des droits humains. C’est du cynisme à l’état pur. Je crois fermement que le temps viendra où le peuple ukrainien fera une juste évaluation de ces événements.

 

 

Comment le dialogue sur cette question a-t-il commencé entre la Russie et ses partenaires américains et européens ? Je mentionne nos amis américains à dessein, car ils influencent continuellement les relations de la Russie avec ses voisins, ouvertement ou en coulisses. Parfois, nous ne savons pas même avec qui parler : avec les gouvernements de certains pays ou directement avec leurs mécènes et sponsors américains ?

 

Comme je l’ai mentionné, dans le cas de l’accord d’association UE-Ukraine, il n’y eut absolument pas de dialogue. On nous a dit que ce n’était pas notre affaire, ou, pour le dire simplement, on nous a dit « où » aller.

 

 

Tous les arguments rappelant que la Russie et l’Ukraine sont des membres de la zone de libre-échange de la CEI, que nous avons historiquement établi une coopération profonde dans l’industrie et l’agriculture, et que nous partageons essentiellement la même infrastructure – personne ne voulait entendre ces arguments, et encore moins en tenir compte.

 

 

Notre réponse a été de dire : très bien, si vous ne voulez pas avoir de dialogue avec nous, nous allons devoir protéger nos intérêts légitimes unilatéralement et nous ne paierons pas pour ce que nous considérons comme une politique erronée.

 

Quel a donc été le résultat de tout cela ? L’accord entre l’Ukraine et l’Union européenne a été signé et ratifié, mais la mise en œuvre des dispositions concernant le commerce et l’économie a été reportée jusqu’à la fin de l’année prochaine. Cela ne prouve-t-il pas que c’est nous qui avions raison ?

 

 

Il faut aussi poser la question des raisons pour lesquelles tout cela a été fait en Ukraine. Quel était le but du coup d’Etat contre le gouvernement ? Pourquoi tirer et continuer à tirer et à tuer des gens ? De fait, l’économie, la finance et le secteur social ont été détruits et le pays a été ravagé et ruiné.

 

 

Ce dont l’Ukraine a besoin actuellement est d’une aide économique pour mener des réformes, pas de politique de bas étage et de promesses pompeuses mais vides. Toutefois, nos collègues occidentaux ne semblent pas désireux de fournir une telle assistance, tandis que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes à relever les défis auxquels leurs citoyens sont confrontés.A ce propos, la Russie a déjà apporté une contribution énorme en aide à l’Ukraine. Permettez-moi de rappeler que les banques russes ont déjà investi 25 milliards de dollars en Ukraine. L’année dernière, le ministère russe des Finances a accordé un prêt de 3 milliards de dollars. Gazprom a encore fourni 5,5 milliards de dollars à l’Ukraine et a même offert un rabais qui n’était pas prévu, en exigeant du pays qu’il ne rembourse que 4,5 milliards. Additionnez le tout et vous obtenez de 32,5 à 33,5 milliards de dollars récemment fournis.

 

Bien sûr, nous avons le droit de poser des questions. Pour quelles raisons cette tragédie a-t-elle été menée en Ukraine ? N’était-il pas possible de régler toutes les questions, même les questions litigieuses, par le dialogue, dans un cadre légal et légitime ?

 

Mais maintenant, on nous dit qu’il s’agissait de mesures politiques équilibrées et compétentes auxquelles nous devrions nous soumettre sans discussion et les yeux bandés.

 

Cela n’arrivera jamais.

 

Si pour certains pays européens, la fierté nationale est un concept oublié depuis longtemps et que la souveraineté est trop de luxe, pour la Russie, une véritable souveraineté est absolument nécessaire pour la survie. Principalement, nous devrions prendre conscience de cela en tant que nation. Je tiens à souligner ceci : soit nous restons une nation souveraine, soit nous nous dissolvons sans laisser de trace et perdons notre identité.

 

Bien sûr, d’autres pays doivent comprendre cela aussi. Tous les acteurs de la vie internationale doivent être conscients de cela. Et ils devraient utiliser cette compréhension pour renforcer le rôle et l’importance du droit international, dont nous avons tellement parlé ces derniers temps, plutôt que d’en plier les normes en fonction d’intérêts stratégiques tiers contraires aux principes fondamentaux du droit et au bon sens, considérant tout le monde comme des gens peu instruits qui ne savent ni lire ni écrire.

 

Il est impératif de respecter les intérêts légitimes de tous les participants au dialogue international. Alors seulement, non pas avec des mitraillettes, des missiles ou des avions de combat, mais précisément avec la primauté du droit pourrons-nous efficacement protéger le monde d’un conflit sanglant. Alors seulement, il n’y aura pas besoin d’essayer d’effrayer quiconque avec la menace d’un isolement imaginaire et trompeur, ou de sanctions qui sont, bien sûr, dommageables, mais dommageables pour tout le monde, y compris ceux qui les initient.

 

 

En parlant des sanctions, elles ne sont pas seulement une réaction impulsive de la part des États-Unis ou de leurs alliés à notre position concernant le coup d’Etat ou les événements en Ukraine, ou même au soi-disant «printemps de Crimée ». Je suis sûr que si ces événements ne s’étaient pas produits – je tiens à le souligner spécialement pour vous, politiciens, présents dans cet auditorium –, même si rien de tout cela ne s’était passé, ils auraient trouvé une autre excuse pour tenter d’endiguer les capacités croissantes de la Russie, de nuire à notre pays d’une quelconque manière, ou d’en tirer quelque avantage ou profit.

 

La politique d’endiguement n’a pas été inventée hier. Elle a été menée contre notre pays depuis de nombreuses années, toujours, depuis des décennies, sinon des siècles. En bref, chaque fois que quelqu’un pense que la Russie est devenue trop forte ou indépendante, ces mesures sont immédiatement déployées contre elle.

 

Cependant, parler à la Russie d’une position de force est un exercice futile, même quand elle est confrontée à des difficultés internes, comme ce fut le cas dans les années 1990 et au début des années 2000.

 

Nous nous souvenons bien de l’identité et de procédés de ceux qui, presque ouvertement, ont à l’époque soutenu le séparatisme et même le terrorisme pur et simple en Russie, et ont désigné des meurtriers, dont les mains étaient tachées de sang, comme des « rebelles », et ont organisé des réceptions de haut niveau pour eux.

 

 

Ces « rebelles » se sont encore manifestés en Tchétchénie. Je suis sûr que les gens sur place, les forces de l’ordre locales, s’en occuperont de la manière appropriée. Ils œuvrent en ce moment même à stopper un autre raid de terroristes et à les éliminer. Donnons-leur tout notre soutien.Permettez-moi de le répéter, nous nous souvenons des réceptions de haut niveau organisées pour des terroristes présentés comme des combattants pour la liberté et la démocratie. Nous avons alors réalisé que plus nous cédions du terrain, plus nos adversaires devenaient impudents et leur comportement se faisait de plus en plus cynique et agressif.

 

 

Malgré notre ouverture sans précédent alors, et notre volonté de coopérer sur tous les points, même sur les questions les plus sensibles, malgré le fait que nous considérions – et vous êtes tous conscients de cela, vous en avez tous le souvenir – nos anciens adversaires comme des amis proches et même des alliés, le soutien occidental au séparatisme en Russie, incluant un soutien informationnel, politique et financier, en plus du soutien des services spéciaux, était absolument évident et ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils seraient heureux de laisser la Russie suivre le scénario yougoslave de désintégration et de démantèlement, avec toutes les retombées tragiques que cela entraînerait pour le peuple russe.

 

Cela n’a pas fonctionné. Nous n’avons pas permis que cela se produise.

 

Tout comme cela n’a pas fonctionné pour Hitler avec ses idées de haine des peuples, qui a entrepris de détruire la Russie et de nous repousser au-delà de l’Oural. Tout le monde devrait se rappeler comment cela a fini.

 

L’année prochaine, nous allons marquer le 70e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.

 

Notre armée a écrasé l’ennemi et a libéré l’Europe. Cependant, nous ne devons pas oublier les défaites amères en 1941 et 1942 afin de ne pas répéter les erreurs à l’avenir.

 

Dans ce contexte, je vais aborder une question de sécurité internationale. Il y a beaucoup de questions liées à ce sujet. Elles incluent notamment la lutte contre le terrorisme. Nous assistons encore à ses manifestations, et bien sûr, nous participerons aux efforts conjoints pour lutter contre le terrorisme sur le plan international. Bien sûr, nous allons travailler ensemble pour faire face à d’autres défis, tels que la propagation des maladies infectieuses.

 

Cependant, à ce propos, j’aimerais parler de la question la plus grave et la plus sensible question : la sécurité internationale. Depuis 2002, après que les États-Unis se soient unilatéralement retirés du Traité ABM, qui était une pierre angulaire absolue de la sécurité internationale, un équilibre stratégique des forces et de la stabilité, les États-Unis ont travaillé sans relâche à la création d’un système planétaire de défense antimissile, y compris en Europe. Ceci constitue une menace non seulement pour la sécurité de la Russie, mais pour le monde dans son ensemble – précisément en raison de la perturbation possible de l’équilibre stratégique des forces.

 

 

Je considère que ce projet est également mauvais pour les Etats-Unis, car il crée une dangereuse illusion d’invulnérabilité. Il renforce la tension vers des décisions qui sont souvent, comme nous pouvons le constater, irréfléchies et unilatérales, et amène des risques supplémentaires.

 

Nous avons beaucoup parlé de cela. Je ne vais pas entrer dans les détails maintenant. Je dirai seulement ceci – peut-être que je me répète : nous n’avons nullement l’intention de nous engager dans une course aux armements coûteuse, mais en même temps, nous allons garantir de manière fiable et efficace la défense de notre pays dans ces nouvelles conditions. Il n’y a absolument aucun doute à ce sujet. Cela sera fait. La Russie a à la fois la capacité et les solutions innovantes pour cela.

 

 

Personne ne pourra jamais parvenir à une supériorité militaire sur la Russie. Nous avons une armée moderne et prête au combat. Comme on dit actuellement, une armée courtoise, mais redoutable. Nous avons la force, la volonté et le courage de protéger notre liberté.

 

 

Nous allons protéger la diversité du monde. Nous dirons la vérité aux peuples à l’étranger, de sorte que tout le monde puisse voir l’image réelle et non déformée et fausse de la Russie. Nous allons promouvoir activement les affaires et les échanges humanitaires, ainsi que les relations scientifiques, éducatives et culturelles. Nous le ferons même si certains gouvernements tentent de créer un nouveau rideau de fer autour de la Russie.Nous n’entrerons jamais dans la voie de l’auto-isolement, de la xénophobie, de la suspicion et de la recherche d’ennemis.

 

 

Ce sont là des manifestations de faiblesse, alors que nous sommes forts et confiants.

 

 

Notre objectif est d’avoir autant de partenaires égaux que possible, à la fois dans l’Ouest et à l’Est. Nous allons étendre notre présence dans ces régions où l’intégration est à la hausse, où la politique n’est pas mélangée avec l’économie (et vice versa), et où les obstacles au commerce, à l’échange de technologie et de l’investissement et à la libre circulation des personnes sont levés.

 

 

En aucun cas, nous n’allons limiter nos relations avec l’Europe ou l’Amérique. Dans le même temps, nous allons restaurer et étendre nos liens traditionnels avec l’Amérique du Sud. Nous allons poursuivre notre coopération avec l’Afrique et le Moyen-Orient.

 

Nous voyons à quelle vitesse l’Asie-Pacifique s’est développé au cours des dernières décennies. En tant que puissance du Pacifique, la Russie tirera pleinement parti de de potentiel énorme.

 

Tout le monde connaît les dirigeants et les « locomotives » du développement économique mondial. Beaucoup d’entre eux sont nos amis sincères et des partenaires stratégiques.

 

L’Union économique eurasienne va commencer à être pleinement opérationnelle le 1er Janvier 2015.

 

J’aimerais vous rappeler ses principes fondamentaux. Les principes majeurs sont l’égalité, le pragmatisme et le respect mutuel, ainsi que la préservation de l’identité nationale et de la souveraineté de l’Etat de tous les pays membres. Je suis convaincu qu’une coopération étroite sera une puissante source de développement pour tous les membres de l’Union économique eurasienne.

 

 

Pour conclure cette partie de mon discours, j’aimerais dire encore une fois que nos priorités sont d’avoir des familles saines et une nation saine, ce sont les valeurs traditionnelles que nous avons héritées de nos ancêtres,

combinées avec un accent sur l’avenir, la stabilité comme une condition essentielle du développement et du progrès, le respect des autres nations et États, et la sécurité garantie de la Russie et la protection de ses intérêts légitimes. »

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Est-il désormais interdit dans ce pays d’évoquer la mémoire des 639 FUSILLÉS POUR L'EXEMPLE de la Première Guerre mondiale ?

8 Décembre 2014, 17:16pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le 11 novembre 2014, le Président de la République inaugurait le Mémorial Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais. Trois jeunes y prenaient la parole dont Emma Muyssen, élève de Terminale. Le 3 décembre, la Fédération nationale de la Libre Pensée cite le journal «L’Humanité» du 11 novembre où on peut lire le témoignage de cette lycéenne montrant que le discours qu’elle a prononcé lui a été imposé.

L’historien Damien Baldin (Conseiller pour l’action territoriale dans le cadre de la Mission du Centenaire 14-18) est venu préparer la cérémonie avec elle et lui a remis le discours «officiel» . La lycéenne voulait évoquer les les Fusillés pour l’exemple, dont ceux des mutineries de 1917, mais il lui a été répondu «qu’il faudra obtenir l’aval de l’Elysée» pour modifier le texte et selon lui, c’était inutile d’essayer, un tel contenu ne passerait pas.

 

Emma souhaitait dire « Les Etats menant la guerre avaient le droit de vie ou de mort sur ces hommes (…) 18,6 millions d’êtres humains furent broyés par les mâchoires d’acier de la guerre autant d’individus ont souffert du froid, de la saleté, de la faim, des bruits continus des obus, traumatisés par la vision de l’horreur, des corps déchirés et de cette mort de masse inhumaine. Des centaines d’entre eux seront fusillés, coincés entre les balles ennemies et celles de leur propre pays, pour avoir dit non à ce charnier, pour avoir tenu à leur humanité, pour avoir voulu voir l’ennemi comme un être humain, pour avoir voulu vivre. »

 

Le 11 novembre,Emma a dû prononcer le discours qui lui était imposé pour ne pas mettre son établissement scolaire dans l’embarras mais elle a tenu à porter ces faits de censure à la connaissance de tous.

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe » (Jean-Jaurès)

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Inconséquence, indécence et racisme

8 Décembre 2014, 16:43pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

François Hollande s’est rendu le vendredi 5 décembre au Kazakhstan, et il profitera de ce voyage pour rencontrer Vladimir Poutine le 6 dans l’après midi à Moscou. A cela, rien à dire, si ce n’est le commentaire de rigueur sur la nécessité de développer les relations entre la France et le Kazakhstan. Sauf qu’un premier accroc est venu se glisser sous les ors des relations diplomatiques : François Hollande a été pris en photo avec la magnifique tenue traditionnelle des tribus Kazakhs. C’est un cadeau habituel pour les chefs d’Etat. Or, voilà que François Hollande semble surpris et exprime même sur cette photographie une gêne qui fait contraste avec la mine réjouie de son hôte, Nursultan Nazerbaiev. L’inadéquation de l’attitude de François Hollande frappe, et elle est renforcée quand on apprend que l’Elysées a cherché à faire supprimer la dite photo du site Instagram de la Présidence Kazakh où elle avait été installée. D’où certaines interrogations.

François Hollande, en tenu traditionnelle, aux côtés du Président Nursultan Nazerbaiev

François Hollande était-il gêné par le vêtement ? C’est assez ridicule.

D’abord, ce vêtement est beau. Ensuite, il fait partie des coutumes d’un grand peuple. A tout prendre, c’est plutôt un honneur. Il aurait dû sourire, voir rire, ce qui est l’attitude normale d’un chef d’Etat dans ces occasions.

Une gêne est ses ressorts

Etait-il gêné parce qu’il posait aux côtés de Nazerbaiev ? Il faut savoir que ce dernier tient d’une main de fer son pays, mais qu’il est loin d’y être illégitime. L’un des derniers dirigeants du temps de l’URSS, un soutien résolu de Gorbatchev lors de la perestroïka, il fut de ceux qui protestèrent quand l’URSS fut dissoute au coin d’un bois par Eltsine et les dirigeants de l’Ukraine et du Belarus. Il est clair que sur bien des points, que ce soit la corruption, la démocratie ou encore le sort des « minorités sexuelles », le Kazakhstan est en retard sur la Russie. Mais, ce qui apparaissait comme une tache indélébile sur le costume de Vladimir Poutine semble disparaître comme par magie sur la tenue de Nazerbaiev.

Alors, oui, François Hollande a de quoi être gêné. Son voyage au Kazakhstan, que l’on peut justifier tant par un argumentaire de nature économique que géopolitique, car Nazerbaiev joue un rôle éminent parmi ses pairs en Asie Centrale, ne fait que ressortir de manière encore plus crue l’inconséquence qu’il y a à traiter Poutine en pestiféré. Et ce d’autant plus que ce traitement a commencé bien avant la crise ukrainienne. Que l’on se souvienne : l’année dernière, en décembre 2013, on annonçait à l’ambassade de France à Moscou que le Président ne viendrait pas à l’inauguration des Jeux Olympiques d’Hiver de Sotchi en raison de l’ « homophobie officielle de la Russie ». La stupidité du propos est insondable. Ce qui était reproché aux Russes était une loi punissant la pédophilie, dont on rappelle qu’elle constitue un délit en France aussi. Assurément, les peines prévues par la loi russe sont plus lourdes que ce que prévoit en ce cas la loi française. Mais est-ce bien suffisant pour parler d’une « homophobie officielle » ? L’ambassadeur de France l’a bien compris, qui corrigea le tir un mois après en précisant que François Hollande ne viendrait pas à l’inauguration car aucun Président français ne s’était déplacé pour les Jeux Olympiques d’Hiver (à l’exception notable de Charles de Gaulle, lors des jeux de 1968 à Grenoble, autre temps, autres mœurs).

Au-delà de l’anecdote, que reproche-t-on à Vladimir Poutine que l’on tolère par ailleurs chez Nazerbaiev et plus encore chez l’Emir du Qatar ou en Arabie Saoudite ? Poser la question est y répondre. A tout prendre, Poutine est plus libéral (dans l’acception classique du terme) que Nazerbaiev, qui est cependant et il n’en faut pas douter un grand Président, et bien entendu que les dirigeants du Golfe ou de Djeddah. Alors, peut-être faut-il s’intéresser au contenu implicite de ce comportement explicite. Une possible interprétation serait que François Hollande considère que Nazerbaiev et les dirigeants de la péninsule arabique ne font pas partie de notre univers et que ce qui est bon pour nous ne l’est point pour eux. Mais, en ce cas, outre qu’il donne raison à la théorie des doits nationaux, soutenue de la Malaisie à la Chine en passant par Singapour, il fait preuve d’une condescendance insultante qui confine au racisme pour ces peuples et ces Nations. On espère que nos « grandes âmes » intellectuelles se réveilleront enfin et condamneront sur le champ un Président assez hypocrite pour tordre la bouche devant une différence de peine mais faire tout sourire à des dirigeants qui pratiquent la condamnation à mort des homosexuel(le)s. Ou alors faut-il considérer que pour François Hollande et son entourage, les Russes ne sont que des barbares, des sauvages et des brutes, bref de ces untermenschen (des « sous-hommes ») comme le disait les nazis. Bref, ce serait à un racisme anti-russes que nous serions confrontés. Quelle que soit la réponse valable, qu’elle traduise une condescendance profonde ou inconsciente ou un racisme, tout aussi profond qu’inconscient, c’est nous tous, Français de toutes origines et de toutes opinions, qui avons le droit de nous sentir gêné et humilié par la « gêne » du Président recevant le cadeau de Nursultan Nazerbaiev. Dans tout ceci se révèle l'inconséquence d'une politique, l'indécence d'un comportement personnel et le racisme sous-jacent qui transparaît à cette occasion.

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Les vies sauvées par les médecins cubains face à Ebola sont une honte pour les USA, pour le journal britannique Guardian

8 Décembre 2014, 15:51pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Les vies sauvées par les médecins cubains face à Ebola sont une honte pour les USA, pour le journal britannique Guardian

Cela fait quatre mois qu'a été déclaré l'état d'urgence contre Ebola qui a ravagé l'Afrique occidentale. Cuba mène la lutte contre l'épidémie, c'est le pays qui a apporté jusqu'alors le soutien direct le plus important.

 

Les Etats-unis et la Grande-Bretagne ont envoyé des milliers de soldats, ils ont promis – ainsi que d'autres pays – une aide qui tarde à se matérialiser. Mais, l'OMS insiste, ce dont a le plus besoin sur le terrain, ce sont des travailleurs de la santé.

 

L'île des Caraibes, avec une population d'à peine 11 million d'habitants et un revenu par tête de 4 500 € par an, a répondu à l'appel.

 

Ils étaient les premiers au front contre l'Ebola, et ont envoyé le plus large contingent de docteurs et d'infimiers – 256 sont déjà sur le terrain – 200 volontaires sont sur le départ.

 

Tandis que l'intérêt des médias occidentaux devient plus evanescent au fur et à mesure que la menace d'une infection mondiale s'éloigne, des centaines de travailleurs de la santé britannique se sont déclarés volontaires pour les rejoindre.

 

Les 30 premiers sont arrivés au Sierra Leone la semaine dernière, tandis que des soldats vont aller construire des cliniques. Mais les médecins cubains sont sur le terrain, en nombre, depuis octobre et ils sont là pour rester.

 

La situation ne peut être plus urgente. Plus de 6 000 personnes sont déjà mortes. L'opération Cubaine couvrait tellement les pays occidentaux de déshonneur que les politiciens britanniques et américains se sont sentis obligés d'envoyer leurs félicitations.

 

John Kerry a décrit la contribution de l'Etat que les Etats-unis essaient de subvertir depuis plus d'un demi-siècle d'« impressionnante ».

 

Le premier médecin cubain à contracter Ebola a été traité par les médecins britanniques, et les responsables américains ont promis qu'ils « collaboreraient » avec Cuba pour lutter contre Ebola.

 

Mais ce n'est pas la première fois que Cuba a livré la part du lion de l'aide médicale à la suite d'une catastrophe humanitaire.

 

Il y a quatre ans, après le tremblement de terre qui a ravagé un Haiti paupérisé, Cuba a envoyé le plus grand contingent médical et s'est occupé de 40 % des victimes.

 

A la suite du séisme du Cachemire en 2005, Cuba a envoyé 2 400 travailleurs médicaux au Pakistan et traité plus de 70 % de ceux touchés ; ils ont aussi laissé sur place 32 hôpitaux et donné un millier de bourses pour des études en médecine.

 

La tradition consistant à apporter une aide en situation d'urgence remonte aux premières années de la Révolution cubaine. Mais ce n'est qu'une facette de cet internationalisme médical global extraordinaire.

 

Il y a désormais 50 000 médécins et infirmiers cubains dans 60 pays en développement.

 

Comme le professeur canadien John Kirk l'explique : « L'internationalisme médical a cubain a sauvé des millions de vie ».Mais cette solidarité sans comparaison n'a trouvé que peu d'écho dans les médias occidentaux.

 

Les médecins cubains ont conduit 3 millions d'opérations des yeux dans 33 pays, principalement en Amérique latine et dans les Caraibes, et largement financés par le Vénézuela révolutionnaire.

 

Voilà comment Mario Teran, le sergent bolivien qui a tué Che Guevara, sur ordre de la CIA en 1967, a pu retrouver la vue 40 ans plus tard, grâce aux médecins cubains, dans une opération payée par le Venezuela, dans la Bolivie radicale d'Evo Morales.

 

Alors que le soutien d'urgence a souvent été financé par Cuba lui-même,les services médicaux globaux du pays sont habituellement payés par les gouvernements bénéficiaires et sont désormais devenus, de loin, le premier secteur d'exportation, liant idéaux révolutionnaires et développement économique.

 

Cela dépend en retour du rôle central de la santé et de l'éducation publiques à Cuba, puisque la Havane a construit une industrie de bio-technologie low-cost avec des infrastructures médicales et des programmes d'alphabétisation dans les pays en développement qu'il aide – plutôt que de pomper leurs médecins et infirmiers sur le modèle occidental.

 

L'internationalisme est dans l'ADN de Cuba. Comme la fille de Guevara, Aleida, elle-même médecin qui a servi en Afrique, le dit : « Nous sommes des Afro-latino américains, et nous assumons notre solidarité envers les enfants de ce continent ».

 

Mais ce qui a commencé comme une tentative de répandre la révolution cubaine dans les années 1960 et est devenu une intervention militaire décisive en soutien de l'Angola contre l'Apartheid dans les années 1980, s'est désormais transformé dans le projet de solidarité médicale le plus ambitieux du globe.

 

Son succès dépend du tournant progressiste qui s'est saisi de l'Amérique latine durant cette dernière décennie, inspiré par l'exemple socialiste de Cuba pendant les années de dictature militaire de droite.

 

Les gouvernements de gauche et de centre-gauche continuent d'être élus, ré-élus dans toute la région, permettant à Cuba de se renouer avec sa fonction de phare de l'humanitarisme international.

 

Mais l'île continue d'étouffer sous l'embargo commercial américainqui a maintenu un étau économique et politique sur le pays pendant un demi-siècle.

 

Si Barack Obama veut faire quelque chose qui en vaut la peine pendant ses dernières années comme président, il peut utiliser le rôle de Cuba dans la crise d'Ebola pour lancer le processus de levée du blocus, et pour mettre un terme à la guerre de déstabilisation américaine.

 

Cuba a le vent en poupe.

 

Dans ce qui ressemble à une tentative de forcer la main de l'administration,le New York Times a publié six éditoriaux dans les dernières semaines, en octobre et novembre, louant le bilan médical global de Cuba, demandant la fin de l'embargo, s'attaquant aux efforts visant à pousser les médecins cubains à déserter, et appelant à un échange négocié de prisonniers.

 

Cette campagne de presse a accompagné le vote à l'Assemblée générale de l'ONU qui a voté pour la 23 ème fois, par 188 voix contre 2 (États-Unis et Israël), pour exiger la levée du blocus américain, d'abord imposé en représailles à la nationalisation d'entreprises américaines, et désormais justifié sur la base des droits de l'Homme – par un Etat allié à certains des régimes les plus répressifs au monde.

 

L'embargo ne peut être abandonné que par le Congrès, ce qu'empêchent les héritiers d'une dictature soutenue par les Etats-unis, que Fidel Castro et Guevara ont renversé.

 

Mais le président américain a, dans le champ de son pouvoir exécutif, le pouvoir d'assouplir considérablement et rétablir les relations diplomatiques.

 

Il peut commencer en libérant les trois « Cinq de Miami » qui restent, des agents du renseignement cubains emprisonnés il y a 13 ans pour des opérations espionnage visant des groupes militants anti-cubains liés au terrorisme.

 

Le moment opportun pour qu'Obama mette un terme à 50 ans de campagne américaine contre l'indépendance américaine, ce serait le Sommet des Amériques d'avril prochain – que les gouvernements latino-américains ont menacé de boycotter à moins que Cuba ne soit invité.

 

La plus grande contribution que ceux qui sont vraiment préoccupés par les libertés démocratiques à Cuba puisse apporter, ce serait de laisser revenir Cuba dans cet organisme.

 

Si le blocus venait réellement à être démantelé, ce ne serait pas seulement la légitimation du bilan remarquable de Cuba en termes de justice sociale au pays et dans leur solidarité à l'étranger, soutenus par une Amérique latine indépendante, qui prend de plus en plus confiance en elle-même.

 

Ce serait aussi à l'avantage des millions de personnes à travers le monde qui profiteraient de l'émancipation de Cuba – et une preuve de ce qui peut être réalisé quand on met les peuples avant les profits des grandes entreprises.

 

 

 

 

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Résultats des élections des représentants des locataires

8 Décembre 2014, 14:27pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Les élections des représentants des locataires dans le conseil d'administration des organismes HLM et EPL sont ouverts depuis le 15 novembre et se termineront le 15 décembre.

 

Selon les derniers résultats du scrutin dans le Pas de Calais, La Confédération Nationale du Logement (CNL) est en tête de ces élections. Seuls les résultats des logements de la SOGINORPA, qui n'ont pas encore était divulgué.

 

Les administrateurs élus dans le conseil d’administration des différents bailleurs ont été élus démocratiquement par les locataires pour 4 ans.

C'est un franc succès pour la CNL qui maintient sa place de 1er syndicat des locataires (8 élus) une confédération qui fait entendre la voix des locataires et des consommateurs au sein des conseils d’administration

 

La section du PCF de l'Arrageois félicite le travail effectué par l'ensemble des militants de la CNL et aux candidats sur les listes

 

 

Inscrits

Votants

Blancs Nuls

Exprimés

CNL

CLCV

CGL

AFOC

CSF

Indécosa CGT

La vie à défendre

UDL62 et autres

UFC QUE CHOISIR

 

 

 

2014

LTO Habitat   3 sièges

9204

1690

102

1588

446

476

363

303

 

 

 

 

 

18,36 %

28,09 %

29,97 %

22,86 %

19,08 %

 

 

 

 

 

ELUS

1

1

1

0

 

 

 

 

 

SIA Habitat         3 sièges

29199

6061

146

5915

1718

1383

 

1049

728

 

1037

 

 

20,76 %

29,04 %

23,38 %

 

17,73 %

12,31 %

 

17,53 %

 

 

ELUS

1

1

 

1

0

 

0

 

 

Habitat 62/59 Picardie            3 sièges

17258

3346

168

3178

658

1181

 

602

737

 

 

 

 

19,39 %

20,70 %

37,16 %

 

18,94 %

23,19 %

 

 

 

 

ELUS

1

1

 

0

1

 

 

 

 

LOGIS 62                     3 sièges

8241

1694

33

1661

557

632

 

 

472

 

 

 

 

20,56 %

33,53 %

38,05 %

 

 

28,42 %

 

 

 

 

ELUS

1

1

 

 

1

 

 

 

 

Habitat du Littoral                  4 sièges

4293

1001

25

976

197

339

 

174

266

 

 

 

 

23,32 %

20,18 %

34,73 %

 

17,83 %

27,25 %

 

 

 

 

ELUS

1

1

 

1

1

 

 

 

 

Pas de Calais Habitat                4 sièges

36008

9123

36

9087

1416

1252

1236

535

800

 

 

687

3161

25,34 %

15,58 %

13,78 %

13,60 %

5,89 %

8,80 %

 

 

7,56 %

34,79 %

ELUS

1

1

1

0

0

 

 

0

1

OPH de CALAIS                   4 sièges

6100

995

119

876

405

154

 

165

 

 

 

152

 

16,31 %

46,23 %

17,58 %

 

18,84 %

 

 

 

17,35 %

 

ELUS

2

1

 

1

 

 

 

0

 

SOGINORPA     5 sièges

 

 

 

0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ELUS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TOTAL

110303

23910

629

23281

5397

5417

1599

2828

3003

 

1037

839

3161

21,68 %

23,18 %

23,27 %

6,87 %

12,15 %

12,90 %

 

4,45 %

3,60 %

13,58 %

Nombre d'élus

8

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NE LAISSONS PAS LA RUE AU PATRONAT

3 Décembre 2014, 16:30pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

NE LAISSONS PAS LA RUE AU PATRONAT

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Propagande xénophobe ordinaire au Petit journal

3 Décembre 2014, 12:33pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Au Petit journal de canal+: “Tiens, et si pour parler du G20, on faisait un petit reportage de qualité contre Poutine et la Russie” ?

Bref, frappe ton Russe tous les jours, si tu ne sais pas pourquoi, lui, il sait…

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