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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

"La sociale", histoire d'une conquête malmenée

16 Novembre 2016, 19:40pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

"La sociale", histoire d'une conquête malmenée

Dans LA SOCIALE Gilles Perret rend hommage au véritable créateur de la sécurité sociale appuyé sur un puissant mouvement populaire : Ambroize Croizat.

Un sort est ainsi fait à la légende selon laquelle ce serait de Gaulle qui en porterait la paternité en tirant un trait sur les ordonnances des années 60 et sur le fait que la bourgeoisie n'a jamais accepté cette conquête issue du programme du CNR et de la Résistance.

Dans lesquelles le mouvement syndical, la CGT et le PCF étaient des composantes incontournables.

Et comme l'a dit à maintes reprises Bernard FRIOT l'idée qu'il y aurait eu consensus à la Libération autour de la mise en place de la sécurité sociale est une contre-vérité.

NON; c'est au travers d'une intense lutte sur le terrain, d'initiatives de ceux d'en bas, d'une intense bataille idéologique et politique que les institutions de la sécurité sociale ont pu s'imposer.

Une leçon qui demeure d'une brûlante actualité !

Rendez-vous

Mercredi 30 novembre 2016

au cinéma Cinémovida à 20h00

débat avec le réalisateur

Gilles Perret

"La sociale", histoire d'une conquête malmenée
"La sociale", histoire d'une conquête malmenée

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Candidature communiste : les faits sont têtus !

16 Novembre 2016, 18:51pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

Depuis que la conférence nationale du PCF a placé le choix de la candidature communiste en tête, nous assistons à un sérieux enfumage par l’équipe dirigeante visant à cacher ce qui s’est vraiment passé et à décourager les partisans de la candidature communiste.

Le vote très majoritaire de la résolution est systématiquement mis en avant pour faire passer au second plan le vote de la conférence nationale qui s’est prononcée à 55,69 % pour l’option 2, malgré la prise de position de dernière heure du secrétaire national en faveur de Mélenchon. Ce résultat n’est pas rien et c’est une indication qu’il faut donner aux communistes !

De la même manière, les partisans du « tout sauf une candidature communiste » se répandent sur le caractère "retirable" de la proposition, sans expliquer que le soutien à Mélenchon est lui aussi "retirable", et bien plus facilement encore. N’ayant pas été désigné par les communistes, il s’agit non de retirer une candidature mais un simple soutien !

Enfin, les rumeurs sur les candidats possibles brouillent les cartes, notamment sur la candidature Chassaigne, comme s’il fallait absolument laisser croire qu’André Chassaigne ne serait pas le candidat de la direction nationale, alors que sa prise de position en faveur de la candidature, l’annonce de sa disponibilité pour cette bataille ont évidemment rassuré ceux qui se demandaient comment faire si aucun dirigeant ne voulait affronter une telle bataille.

Et puis, la pédagogie de la peur se met en route, sur le thème du « nous sommes trop faibles pour porter une candidature ».

Pour inacceptable que soit une telle attitude, elle traduit d’abord la déception de ceux qui ont choisi « tout sauf une candidature communiste », l’absence de dynamique du soutien à Mélenchon. Ces manœuvres en recul pour affaiblir la décision de la conférence nationale et peser par découragement sur le vote à venir des communistes ne doivent pas nous impressionner.

D’ailleurs, cette attitude révèle en creux la nature du soutien à Mélenchon pour ce qu’elle est, un choix de faiblesse, difficile à justifier. Certes des camarades défendent cette candidature pour des raisons stratégiques, et c’était déjà le cas au congrès, celle de la reconstruction d’une nouvelle force de la gauche de la gauche dans laquelle le PCF s’intègrerait, disparaissant sous la forme parti. Mais le plus grand nombre de ceux qui s’y rallient, le font faute de mieux, parce qu’ils pensent que le PCF n’a plus la force de mener sa propre bataille, idée entretenue depuis plusieurs années par nos dirigeants.

Ces camarades doivent réfléchir : notre effacement au profit de Jean Luc Mélenchon en 2012 a accéléré notre disparition du paysage politique national ; notre recul en forces organisées et électorales est depuis continu. Faut-il en rajouter en renouvelant une opération aussi néfaste ?

Le climat autour de la candidature communiste à la conférence nationale était à l’offensive et au rassemblement.

Ce n’est pas son retrait possible qui passionnait les intervenants mais plutôt la détermination à la faire avancer jusqu’au bout parce qu’elle représente une vraie chance pour l’avenir. Peut-on prétendre reconstruire la gauche sans travailler à la remontée de l’influence du PCF ? Non, et poser une candidature communiste aux présidentielles c’est affronter cette question et chercher à la résoudre. L’élection de Trump aux Etats-Unis montre qu’aucune personnalité, aussi présidentiable soit-elle, ne peut battre le FN sans que les idées et l’organisation révolutionnaire ne progressent dans le pays.

Peut on prétendre exister et nous développer comme grand parti national et passer notre tour une nouvelle fois à la présidentielle ? Les délégués ont répondu NON affirmant une candidature non pas identitaire mais existentielle pour le PCF et la gauche.

Qu’est ce qui aidera mieux nos candidats aux législatives ? Là aussi les délégués à la conférence nationale ont répondu la candidature PCF, tirant la leçon de 2012 et du caractère personnel et présidentiel de la France insoumise.

Personne n’a prétendu que la candidature communiste serait facile. Mais, c’est le seul chemin aujourd’hui qui laisse ouvert l’avenir du PCF et d’une gauche bien à gauche .

C’est aussi mettre en action la capacité de rassemblement des communistes et de leurs élus, car nous n’avons aucun complexe à avoir de ce point de vue, ni envers les partis groupusculaires d’extrême gauche, ni envers le mouvement « made in présidentielle » France insoumise, encore moins envers un parti socialiste déconsidéré par sa politique gouvernementale et les compromis locaux qui l’accompagnent.

Choisir la candidature communiste, c’est choisir de faire l’effort d’une bataille nationale, militants, candidats aux législatives et candidat à la présidentielle ensemble, c’est s’appuyer sur nos forces organisées, donc travailler à leur renforcement, c’est créer les conditions d’une bataille de masse dans la rencontre avec la population.

Choisir la candidature communiste, c’est construire en se confrontant à la réalité l’unité des communistes

Portons sans complexe la candidature communiste. La conférence nationale a entrouvert la porte, ouvrons là en grand. Plus le vote en faveur de la candidature communiste sera important, plus cette candidature sera renforcée dans le PCF comme dans le pays. Ténacité, conviction et volonté de rassembler doivent nous guider jusqu’au bout !

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Non aux fermetures des bureaux de poste, défendre les services publics

14 Novembre 2016, 19:08pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Depuis cet été, les bureaux de poste de Saint-Nicolas (4 900 habitants) et Sainte-Catherine (3 400 âmes) sont en sursis.

 L’enseigne jaune et bleu adapte sa présence sur le terrain à l’activité de ses bureaux selon la fréquentation.

La Poste a proposé d’ouvrir à Saint-Nicolas et Sainte-Catherine, des agences postales communales. Ses services seraient alors relayés soit à la mairie, par un employé embauché par la Ville, soit chez un commerçant, avec des horaires et un éventail d’opérations réduits.

C’est la Mutation d’un service public vers un service au public, donc la fin du service public de proximité.

Depuis plus de 30 ans, toutes les Lois, décrets, décisions politiques de droite et social démocrate sont de nature à nourrir ce phénomène et que l’on ne s’y trompe pas le FN a la même philosophie.

La trahison de Hollande, Valls et ses suppôts n’est pas due à un « On ne peut pas faire autrement » mais à l’abandon des valeurs sociales, sociétales et économiques qui sont propres à la gauche pour adhérer aux théories libérales les plus rétrogrades.

À la Poste, tous les clignotants sont au rouge. Les fermetures de bureaux se succèdent à un rythme effréné. Les restructurations sont continuelles.

La souffrance au travail devient endémique.

L’autoritarisme demeure méthode de gestion. 

On nous dit que certains maires s'opposent à la fermeture du seul bureau de poste restant dans leur commune, ils ne sont pas neutre de cette décision.

Lors des élections municipales d'Arras de 2014, les communistes de l'arrageois ont dénoncé avec force, une baisse drastique de la Dotation Globale de Fonctionnement aux collectivités, émanant de la réforme territoriale votée par l'ensemble des partis politique sauf du PCF. (voir ci-dessous)

Pour les communistes, il serait inacceptable de supprimer tous services publics qui éloigne les citoyens de la proximité.

Le glissement sémantique de service public à service au public révèle bien la paupérisation des moyens de la puissance publique, cette logique délétère vient concourir aux fermetures de Postes, de Trésoreries, d’Ecoles …

Ne perdons pas de vue que ces contraintes budgétaires relèvent bien d’un choix politique.

Le gouvernement sacrifie l’intérêt général et privilégie des mesures très contestables comme le CICE (Crédit d’impôt compétitivité-emploi) dont bénéficient des grands groupes qui n’hésitent pas à licencier ou supprimer des emplois (Sanofi, Auchan, La Poste, PSA).

Les communistes de l’arrageois sont parti prenante du choix lancé par 100 élus, syndicalistes et responsables associatifs, à l’Appel unitaire pour défendre le service public de La Poste et vous invitent à signer la pétition :

« Non aux fermetures des bureaux de poste défendre les services publics »

Le secrétaire de la section du PCF de l'Arrageois

René Chevalier

Non aux fermetures des bureaux de poste, défendre les services publics
Non aux fermetures des bureaux de poste, défendre les services publics
Non aux fermetures des bureaux de poste, défendre les services publics

Questions reprises par la Voix du nord

M. René CHEVALIER (liste l’HUMAIN D’ABORD pour ARRAS)

 

REPONSES (du candidat communiste René Chevalier) AUX QUESTIONS DES QUATRE AUTRES CANDIDATS

 

à M. HEUSELE

Comptez-vous rallier Hélène Flautre soutenue par le PS (un parti instaurant des politiques d'austérité) au second tour ?
Que comptez-vous faire pour redynamiser l'activité des commerces en centre-ville ?

a) Nous recherchons toujours l’union de la gauche au second tour quand il y a accord possible sur le programme municipal, sans pour autant cesser de combattre la politique d’austérité des gouvernements successifs.

.

b) C’est à pied qu’on lèche le mieux les vitrines : grâce à la gratuité des transports urbains, et au retour des piétons en centre ville, les boutiques attireront les clients, dès lors qu’ils seront dotés d’un meilleur pouvoir d’achat.

 

à M. DESMAZIERE

1) Pourquoi êtes vous défavorable au transfert des compétences culture et sport à la Communauté Urbaine d'Arras ?
2) Comment éviter que la politique devienne un métier ?

a) Les associations sportives et culturelles reposent presque toujours sur des bénévoles qui sont les mieux à même de connaître les aspirations, les besoins et les disponibilités de leur propre commune. Des communes voisines peuvent, selon leurs affinités, mener des expériences de coopération, mais il faut laisser à chaque ville, bourg et village l’entière maîtrise de ce qui peut animer la vie locale. 

 

b) Nous sommes contre le cumul des mandats dans l’espace et dans la durée, mais il y a des fonctions électives qu’on ne peut emplir qu’à plein temps. Le  vrai problème c’est l’absence de contrôle et de possibilité de révocation des  élus entre deux consultations électorales.

 

à Mme FLAUTRE

-Pendant plusieurs jours Arras a connu un pic de pollution atmosphérique classé 10/10 soit "très mauvais" en terme de microparticules. Celles ci sont classées cancérigènes certains par l'OMS.  Que proposez-vous pour limiter l’exposition des habitants aux polluants de l’air ?
- Les familles avec enfants quittent Arras au bénéfice des communes alentours. Que proposez-vous pour remédier au manque de structures d'accueil de la petite enfance et répondre aux besoins diversifiés des familles, en particulier de logements de qualité à des prix abordables ?

a) Réduire la circulation automobile par le développement des transports gratuits, et  faciliter l’usage du vélo, dans des conditions de sécurité, constituent une première réponse. Contrôler régulièrement les rejets dans l’atmosphère des entreprises

 

b) Il faut créer des crèches y compris en zones industrielles et commerciales au plus près des lieux de travail des salariés.

 

à M. LETURQUE

- Vous dites que la population se paupérise et souhaitez, comme nous tous, que le pouvoir d'achat des Arrageois augmente. Comment agirez-vous sur ce sujet en tant qu'élu municipal ?

- Vous militez, comme certains autres candidats, pour la gratuité des transports en commun. Comment comptez-vous financer ce projet sans recourir à nouveau à l'impôt et ensachant que cette compétence est communautaire et nécessite un débat avec les 38 autres communes ?

a) La gestion municipale est indissociable de la politique nationale et il est légitime d’appeler les électeurs à des choix politiques (comme le refus de l’austérité) lors d’une consultation de cette portée. Même en l’absence de sigles visibles ces choix sont d’ailleurs sous-jacents dans toutes listes en présence. Et nul n’ignore que les résultats des 23 et 30 mars influeront sur la politique nationale.

 "Les élus (communistes?) de la liste l'Humain d'abord pour Arras œuvreront dans la protection opiniâtre des services publics car ils permettent à tous d'avoir accès aux droits fondamentaux. Ils sont à préserver comme notre patrimoine commun, car ils assurent les conditions de l'égalité et de la citoyenneté.

La lutte est aussi un axe de gestion. Les citoyens et les citoyennes doivent pouvoir compter sur leurs élus pour être à leur côté dans les luttes. Ils sont des points d'appui pour aider aux rassemblements les plus larges. On peut compter sur eux contre les expulsions locatives, défendre l'emploi, intervenir pour la défense des hôpitaux, obtenir des moyens pour l'école. Leur mandat doit être utile pour soutenir et médiatiser les actions et initiatives citoyennes, élaborer des alternatives.

Pour leur part , les élus communistes inscriront leur action dans cette perspective."

b) Les 22 villes qui, en France, expérimentent depuis plusieurs années le transport public gratuit ont su en  trouver les financements en particulier par la taxe transport assumée par les employeurs publics et privés et par l’économie des lourds travaux d’infrastructure que génère la circulation abusive de l’automobile. 

Par La Voix du Nord | 

Municipales à Arras : les priorités des cinq candidats

La rédaction arrageoise de La Voix du Nord n’a pas attendu que soit officiellement lancée la campagne électorale, ni encore moins respecté le tempo qu’auraient souhaité imposer certains candidats, pour vous poser clairement et vous décrypter les enjeux de ces municipales 2014. C’est ainsi que Frédéric Leturque (UDI-UMP-Divers), Hélène Flautre (EELV-PS-MRC), François Desmazière (Les Citoyens s’engagent), René Chevalier (PC-Front de Gauche) et Alban Heusèle (FN) ont affiché leurs divergences sur les problématiques d’éducation, de santé, de sport, de culture, de commerce ou encore de mobilité. Avant, aujourd’hui, de choisir dans leur catalogue d’idées pour Arras les trois priorités qu’ils mettraient immédiatement en œuvre une fois élu(e)s. Le tout pour vous aider à faire votre choix, et en vous invitant en tout cas, quel qu’il soit, à vous rendre aux urnes dès ce dimanche.

 
René Chevalier : égalité, service public, démocratie

«  Favoriser le mieux vivre ensemble. Veiller à la cohésion entre les différents secteurs de la ville, tout en répondant aux besoins spécifiques de chacun d’eux, telle doit être la préoccupation des élus. Il est indispensable pour cela de combattre les inégalités qui se sont creusées d’un quartier à l’autre. Ce n’est que justice de consacrer plus d’efforts budgétaires et de moyens en direction des populations moins favorisées. C’est pourquoi nous gérerons la ville avec le souci permanent d’atténuer tout ce qui a pu conduire à trop différencier tel quartier à tel autre. Notre souci sera de ne laisser personne sur le chemin.

Préserver et développer les services publics. La commune est par excellence le lieu où les services publics sont dispensés au plus près des besoins des habitants. Il serait irresponsable de ne pas alerter les électeurs sur les conséquences qu’auront pour les communes les annonces nationales de réductions des dépenses publiques. Des besoins fondamentaux (éducation, santé, sécurité, culture…) sont menacés. Nous voulons au contraire restituer au service public la gestion de la distribution des eaux et de l’assainissement, et nous opposer à l’avenir à toute autre forme larvée de privatisation telles que DSP (délégation de service public) ou PPP (partenariat public privé).

Pour une gestion démocratique de la ville et de la CUA. Gérer démocratiquement la ville, c’est associer les citoyens à sa gestion, en les informant sérieusement et en les consultant régulièrement sur les problèmes en débat. Des réunions de quartiers une fois l’an et un bulletin municipal quasi muet sur les vraies questions ne sauraient faire le compte. Nous nous engageons à soumettre à discussion publique préalable toute question de fond posée au conseil municipal. L’exigence de démocratie s’exercera tout autant en direction du conseil communautaire, délibérant jusqu’alors sans consultation des populations. Nous nous opposerons à toute extension des prérogatives de la CUA et à toute nouvelle forme de structure intercommunautaire ou métropolitaine, qui éloignerait plus encore les citoyens des lieux de décision. »

 

 

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Mise au point sur les élections présidentielles Américaines.

14 Novembre 2016, 18:41pm

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Une autre vision de la victoire de Trump

14 Novembre 2016, 18:05pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Une autre vision de la victoire de Trump

Dans son ouvrage de référence De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville avait eu ce mot que j’ai retrouvé dans un corpus de citations de référence : « ce qui met en danger la société, ce n’est pas la grande corruption de quelques uns, mais le relâchement de tous ». Il y a une sorte de terrible prophétie dans ce propos et je me propose ici de m’en expliquer assez synthétiquement.

En écoutant une remarquable conférence d’Emmanuel Todd à quelques heures des résultats du scrutin présidentiel américain et en lisant un brillant papier de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique lui aussi antérieur aux résultats, j’ai pris conscience d’un fait dont je n’envisageais jusque là que de bien timides contours. Contrairement à tout ce que l’on a pu dire, écrire et penser sur cette élection présidentielle, au travers du prisme d’une presse française et même européenne plus mauvaise que jamais, il n’est pas question d’une preuve supplémentaire du déclin inéluctable des États-Unis, comme si on ne pouvait résumer le duel Clinton-Trump que comme une vulgaire dualité entre la peste et le choléra. Au contraire, il est question d’une volonté relativement réelle et partagée des citoyens américains de reprendre la main sur le devenir commun de leur nation. De ce point de vue, nous assistons à un mouvement historique de la pensée politique, sociale, économique et culturelle américaine. Cette campagne présidentielle, elle a été le réceptacle d’une critique de plus en plus forte et acerbe du modèle libre-échangiste que le monde anglo-américain a pourtant initié à l’échelle du monde. Todd dans sa conférence, fabrique, comme on peut s’y attendre avec lui, un lien qui me semble pertinent entre ce fait historique connu et le modèle familial anglo-saxon fortement inégalitaire. C’est l’ultra-individualisme qui est d’ailleurs le fondement de la constitution américaine.

Alors pour bien comprendre ce mécanisme, il y a trois étapes, trois séquences historiques à mettre en relief. L’arrivée au pouvoir de Reagan et l’extinction violente de l’idée protectionniste et par là, de la défense de l’emploi industriel, de la protection de la production avec l’effondrement des barrières douanières. Ces dernières passent, au cours du XXème siècle, de 20 à moins de 2% avec une importante accélération dans les années 1960 et plus encore dans les années 1980. Les démocrates sont d’ailleurs balayés en 1984 lorsqu’ils défendaient un programme protectionniste. Durant cette période, on assiste à une destruction de l’emploi industriel aux États-Unis et à un creusement des inégalités. Cela, alors que dans le même temps le niveau d’éducation ne cesse de progresser. De plus en plus de jeunes américains d’une même classe d’âge accèdent aux études supérieures dans une constante évolution au cours du siècle dernier. Fait contradictoire également, le niveau de revenu médian continue malgré tout d’augmenter. C’est essentiellement du à la progression de l’emploi des femmes qui permettent donc l’entrée d’un deuxième salaire dans le foyer. La seconde période débute il y a peu avec la crise de 2007/2008 dont les États-Unis et le monde ne sont pas encore réellement remis. Les inégalités ont explosé, l’emploi industriel a prodigieusement continué à se détériorer. On voit réapparaître une baisse de l’espérance de vie au sein de la classe ouvrière mais également de la classe moyenne, c’est-à-dire aux États-Unis aujourd’hui chez celles et ceux qui ont un cursus universitaire inachevé. Ainsi commence à naître la contestation du libre échange, du néo-libéralisme dans une partie de la société américaine. On se souvient du mouvement symbolique d’occupation à Wall Street ou encore du développement et du succès d’un cinéma engagé autour de Oliver Stone, de Michael Moore ou plus récemment de l’inattendu succès de Margin Call ou encore le très bon Loup de Wall Street de Martin Scorsese. C’est là que nous entrons dans la troisième phase, celle d’aujourd’hui avec ce résultat inattendu, la victoire de Donald Trump.

C’est aussi là que je veux redire un mot sur le rôle déplorable des médias. L’analyse à tirer de ce scrutin est au demeurant assez simple. Le renforcement du niveau d’éducation jumelé aux nocives conséquences du libre-échangisme, ont causé en Amérique une fracturation à bien des égards inédite. Les éléments de cette fracturation nous donnent à voir les caractéristiques fondamentales des deux électorats bien distincts de Trump et de Clinton, mais également les raisons du succès de Bernie Sanders durant la primaire démocrate. En effet, contrairement aux portraits caricaturaux et simplistes que la presse a pu dresser, l’électorat de Trump n’est pas exclusivement un électorat analphabète, obèse, raciste et inconséquent. Les premiers à se ranger derrière Trump durant les primaires sont les blancs de la classe moyenne avec ce fameux cursus universitaire inachevé. Eux qui souffrent du déclassement, de la stagnation de l’espérance de vie, de la dégradation de leurs conditions de vie. C’est d’ailleurs, la même chose ici, chez nous en France. D’où l’importance de comprendre les mécanismes électoraux américains de cette présidentielle. Le vote front national n’est pas l’exclusivité de citoyens incultes, d’une France profonde vue par l’establishment comme misérable et à qui, d’ailleurs, il ne faut même plus parler comme le suggérait la très « propre sur elle » fondation Terra Nova. Le choix que Clinton et son staff ont fait pourtant en négligeant des États plutôt populaires et ouvriers durant la campagne. De fait, la classe ouvrière blanche a été elle aussi entraînée par la dynamique Trump. Les chiffres le montrent fort bien d’ailleurs. Les blancs représentent 70% de l’électorat aux États-Unis. Il est donc loin d’être minoritaire contrairement à ce que certains tentent de vouloir faire croire. 58 % d’entre-eux ont choisi Trump pour 37 % qui ont préféré Clinton. 67 % des blancs non diplômés ont choisi Trump, soit une progression de 14 points par rapport aux dernières présidentielles de 2012. Le vote Trump a donc été un vote de contestation face à l’idée de l’empire ouvert où règne la déréglementation ; un monde que représente parfaitement Clinton. Sans doute peut-on faire le lien avec le succès des discours anti-immigration du candidat Trump. C’est bien la sauvegarde de l’emploi et le rejet de l’idée d’une mise en concurrence avec des travailleurs moins coûteux qui a permis le succès du discours de Trump. Il serait trop simple et contre-productif de n’y voir que du racisme patenté.

La même erreur d’analyse a été faite concernant le Brexit. Oui c’est la classe ouvrière qui choisit de remettre en cause l’adhésion à l’Europe. Oui c’est la classe ouvrière qui décide de rejeter le libre-échange et un monde ouvert qui a pour conséquence directe la destruction de plusieurs milliers d’emplois. La nouvelle cheffe du gouvernement britannique Theresa May l’a parfaitement compris. De manière pragmatique elle enterre l’héritage thatcherien et promet un plan de relance inédit avec le retour de l’État dans l’économie. Sans doute que le parti Travailliste restera encore pour un moment dans l’opposition n’ayant pas voulu intégrer ce phénomène malgré l’accession de Corbyn à la tête de ce dernier. Pendant qu’il manœuvrait prudemment en interne contre les blairistes pour sauvegarder l’unité du parti, il n’a pas pu prendre ouvertement position comme il l’aurait sans doute souhaité. C’est la grande faute actuelle du PCF et même de Jean-Luc Mélenchon qui souffle le chaud et le froid sur l’Europe. C’est l’une des grandes forces du Front National alors même que ce dernier ne croit pas dans le fond à l’argument de la sortie. Il suffit de regarder les votes du clan Le Pen au parlement européen.

Il me semblait important de revenir sur ces quelques éléments d’analyse bien loin des élucubrations idiotes d’une classe dominante vexée d’être désavouée de la sorte par le suffrage universel. Malgré toute la campagne de dénigrement du candidat Trump, malgré une allégeance absolue à Clinton et à la vision du monde qu’elle porte de la part des médias, des économistes, de nombreux intellectuels, le peuple américain comprend que ses intérêts sont ailleurs. Trump a su parfaitement les incarner durant la campagne au-delà de l’excentricité, du populisme vulgaire qu’on lui a attribué non sans raisons il faut le dire.

Alors, lorsque l’on voit les débats de la primaire de la droite en France on se dit que le pire peut advenir. Les 7 candidats n’ont rien compris du mouvement de l’histoire actuel. Alors qu’il faudrait un discours économique volontaire et apaisé, se proposant de protéger l’emploi, de sécuriser les parcours professionnels et sociaux, ils promettent plus de casse, plus de déréglementation, plus de libre-échange. C’est là où le danger est réel. C’est là où l’immense responsabilité de nos élites est en jeu. Car il faudrait être d’une bêtise sans nom et d’une irresponsabilité folle pour prédire l’inéluctable défaite du FN dans 6 mois.

Guillaume Sayon

 

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Hommage: Ce Soir Nous Irons Au Bal

14 Novembre 2016, 17:39pm

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Un an, jour pour jour, après les attaques du 13 novembre 2015, des plaques en mémoire des 130 victimes ont été dévoilées à Saint-Denis et à Paris. Des commémorations empreintes de sobriété « pour ne pas oublier » les attentats les plus meurtriers qu’ait connus le pays.

Se souvenir du traumatisme, pour soutenir les victimes, leurs proches, et se tenir chaud. Mais pour réparer, aussi, ce qui peut l’être dans notre société. C’était, hier, au petit matin, la tonalité du premier hommage aux victimes du 13 novembre2015, devant le Stade de France, à moitié perdu dans la brume hivernale. Le président de la République, François Hollande, a dévoilé une plaque au nom de Manuel Dias, ce chauffeur de car fauché par la bombe d’un des kamikazes devant la porte D du Stade pendant le match France-Allemagne

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Dossier de l'huma : La MANIFESTATION étudiante du 11 NOVEMBRE 1940

12 Novembre 2016, 09:17am

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PASSERA-T-ON L'HIVER ?

12 Novembre 2016, 09:11am

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PASSERA-T-ON L'HIVER ?
 

Le 20 octobre 2016, la FNME CGT a fourni par communiqué une analyse précise sur la situation énergétique du pays.

Les politiques de démantèlement du secteur énergétique, engagées depuis la fin des années 90, conduisent à une désorganisation qui risque de mettre en péril notre capacité de produire l'électricité nécessaire pour répondre aux besoins du pays.

La FNME CGT alerte depuis longtemps sur les conséquences de ces politiques en France et en Europe... Compter sur les pays voisins se justifie en termes de coopérations et de complémentarité mais non en substitution comme cela est envisagé aujourd'hui.

En cela, la FNME s'était adressée, le 16 juillet 2015, à l'OPESCT pour demander une étude parlementaire concernant les moyens de production et de réseau nécessaires à la sécurité d'approvisionnement du pays

Pour exemple, alors que la France produit un des kWh les moins chers et les moins polluants d'Europe, elle a acheté, hier, à ses voisins Suisse et Allemand de l'électricité beaucoup plus émettrice de gaz à effet de serre à… 900 euros le MWh.

Aujourd'hui, RTE annonce que le risque de coupure est bien réel... quelle régression !

L'exemple d'hier, où les températures ont été de 5 degrés en dessous de la moyenne, montre qu'il y a de quoi se préoccuper.

Il n'est pas satisfaisant d'envisager des scénarios de délestage !

Les réponses ubuesques de la Ministre sur l'occasion de faire des économies d'énergie sont inconcevables et irresponsables !

Nous rappelons à Ségolène Royal que l'énergie n'est pas une marchandise, c'est un bien vital pour les citoyens.

Les foyers qui risquent d'être coupés, ainsi que les citoyens en précarité énergétique, apprécieront ces paroles politiciennes.

Le gouvernement doit faire le choix de reprendre la main sur un secteur autant stratégique que l'énergie. Il est plus que temps de stopper toutes les « réorganisations » en cours et de faire un bilan des politiques de déréglementation du secteur qui envoient la France et l'Europe dans le mur.

La FNME CGT met en débat sa proposition d'une loi qui permettrait de créer un pôle public de l'énergie avec un véritable service public répondant à l'intérêt général de la nation.

 

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Conférence nationale du PCF: Intervention d'André Chassaigne

9 Novembre 2016, 20:01pm

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Liberté Hebdo 1245: L'édito de Franck

9 Novembre 2016, 18:50pm

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Liberté Hebdo 1245: L'édito de Franck

J’AI FAIT UN CAUCHEMAR

 

Le monde entier s'est réveillé avec une horrible migraine jeudi matin.

Les citoyens américains ont élu leur président pas leur présidente. Il n'y aura pas de femme à la tête des États-Unis. Pas cette fois-ci.

Comme si les citoyens avaient décidé de choisir le pire, rien que pour faire taire les pronostics de la presse.

Et personne ne peut dire comment l'incontrôlable Donald Trump va gouverner le pays. Ce n'est en tout cas pas une victoire pour le peuple américain. Ni pour tous ceux dans le monde qui subissent aujourd'hui la loi d'airain des armes et des bombes américaines.

Au pays de Mickey, Donald est roi.

Le 45ème président est un homme d'affaires qui fit fortune dans la spéculation immobilière.

Quel avenir pour les États-Unis d'Amérique ?

On a tous dans le cœur une Amérique rêvée. Le nouveau président a déjà exprimé sa volonté de restaurer SON rêve de l'Amérique.

La première personnalité politique française qui l'a félicité pour son élection est Marine Le Pen. Rien détonnant à cela. Tellement les points communs sont grands dans leur façon de manipuler l'opinion.

Ils se présentent d'ailleurs comme candidats « anti-système > tous les deux.

Ils font appel aux plus bas instints pour dresser les catégories de population contre les autres, cultivant le venin de la peur comme ferment de la victoire.

Et sur l'immigration, leurs propositions font autant froid dans le dos.

La semaine avait déjà démarré en cauchemar avec l'arrestation en Turquie dans la nuit du 3 au 4 novembre de 13 parlementaires du Parti Démocratique des peuples (HDP) dont le prédisent du groupe Idris Baluken et les deux co-présidents du parti Selahattin Démirtas et Figen Yùksekdag. Le président-dictateur Erdogan se drapant dans la lutte « anti-terroriste » pour justifier cet acte anti-démocratique.

Ces deux états et alliés, membres de l'Otan. n'ont pas fini de nous inquiéter. Le conflit syrien et la lutte contre Daech vont prendre une autre dimension.

Il n'y a qu'une alternative à ces flots de haine.

Progrès et justice sociale, égalité et solidarité sont les conditions indispensables pour l'édification d'un monde de paix.

Les forces progressistes doivent s'unir pour affronter les échéances à venir.

 Ce qui vient de se passer en Turquie et en Amérique doit nous maintenir éveillé. L'Europe est entre les mâchoires de l'obscurantisme.

La France et l'Europe auront de grandes responsabilités dans les mois à venir.

 La première urgence est de juguler, stopper l'évolution de l'extrême-droite.

Les citoyens ne doivent plus souffrir les politiques d'austérité que les libéraux nous imposent.

L’heure est au rassemblement de tous ceux qui souhaitent vraiment changer la société. Construisons le changement partout où c'est possible.

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De la "démocratie" selon le PCF, et du "mouvement" selon Mélenchon

7 Novembre 2016, 21:31pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Pour commencer ce papier, je dois dire combien, en suivant sur la toile les débats de la Conférence nationale du PCF du 5 novembre j’ai senti la fierté d’avoir été adhérent du Parti, fier de venir de cette tradition, d’y avoir été formé. On peut être en désaccord avec l’orientation actuelle du PCF, on peut critiquer la médiocrité de sa direction, le pouvoir excessif des « notables », et je ne m’en suis pas privé ces dernières années. Mais il faut reconnaître qu’avec ses immenses défauts, le PCF reste une organisation politique où l’on trouve une véritable fraternité entre les militants ; où le débat rationnel, sérieux, transparent et franc reste possible ; où les questions d’égos et d’ambitions personnelles – qui existent, comme dans n’importe quelle autre communauté humaine – restent  au second plan ; où les procédures sont connues et respectées par tous – direction incluse ; où les directions se soumettent au vote et restent légitimes même si leurs propositions sont battues ; ou les vote ne fait ni vainqueurs, ni vaincus. Combien de partis politiques, combien d’organisations peuvent aujourd’hui en dire autant ?

 

Oui, ce fut un beau débat, et j’encourage ceux qui s’y intéressent à regarder les enregistrements mis en ligne sur le site du PCF. Contrairement à ce que retiennent beaucoup de commentateurs, ce débat ne s’est pas limité à un choix « Mélenchon or not Mélenchon ». Car si sur ce point la Conférence était clairement divisée, sur beaucoup d’autres points elle était quasi unanime, et ces points méritent autant d’être signalés que la division finale.

 

D’abord, et c’est je pense très important, il y a eu consensus pour rejeter les choix politiques faits par Mélenchon. Ceux qui plaidaient pour le soutien comme leurs adversaires étaient au moins d’accord sur ce point : le soutien à la « France Insoumise » n’est pas une perspective enthousiasmante, tout au plus un pis-aller. Même les défenseurs de l’option « soutien à Mélenchon » ne trouvaient guère d’autre argument que négatif : « si nous refusons notre soutien, nos électeurs ne comprendront pas notre choix » ; « si nous ne participons pas, ça se fera contre nous », et ainsi de suite. De toute évidence, la perspective de s’embarquer avec Mélenchon n’enthousiasme personne.

 

Ensuite, et c’est là encore important, il y eut unanimité pour rejeter la « Charte » que la « France Insoumise » - c'est-à-dire Mélenchon, ne nous voilons pas la face – veut imposer aux candidats aux législatives comme condition d’investiture. Le PCF se met donc en ordre de bataille pour initier dès maintenant le processus de sélection des candidats qu’il soutiendra en dehors de la « France Insoumise » et en pleine conscience que celle-ci pourrait leur opposer ses propres candidats.

 

Enfin, un large consensus se fait sur l’analyse de la posture de Mélenchon lui-même, de sa volonté de faire table rase dans la gauche radicale et de détruire le PCF. Je pense que les propos de Mélenchon lui-même et de ses porte-flingue, mais aussi ceux qu’il permet ses partisans de tenir sur son blog sans réagir ont fini par ouvrir les yeux de pas mal de communistes. Par ses diatribes, Mélenchon a réussi à grouper autour de lui l’extrême gauche la plus anticommuniste. Ca risque de lui coûter très cher.

 

Mais venons maintenant au point de désaccord. Je ne suis pas suspect d’avoir une quelconque mansuétude pour Pierre Laurent, mais dans la circonstance on doit le féliciter : il aurait pu « faire pèter le galon », user de son autorité, dramatiser le débat. Il ne l’a pas fait, présentant sa position avec une parfaite honnêteté et créant les conditions d’un débat ouvert. Et le débat eut lieu. D’un côté, le plaidoyer de ceux favorables au soutien à Mélenchon – qu’il serait inexact de qualifier de « pro-Mélenchon » comme le font certains commentateurs, puisque leur soutien était souvent très critique – fondé sur la difficulté d’expliquer à l’opinion une posture de division de contrer la « dynamique » de la « France Insoumise », et sur l’utilité de mener de l’intérieur une campagne « indépendante » plutôt que de chercher à agir de l’extérieur. D’un autre côté, la position contraire, fondée grosso modo sur les arguments que j’avais explicité dans ma « lettre ouverte à mes anciens camarades » sur ce blog : l’inutilité d’une organisation qui n’aurait rien à dire ni sur le choix du candidat, ni sur le programme, ni sur les thèmes de campagne. Le refus par Mélenchon de toute discussion, de toute négociation, de toute procédure démocratique a été signalé, tout comme sa volonté de mettre sous contrôle les élus parlementaires. On a pu aussi entendre des arguments courageux réfutant l’idée que puisque l’électorat communiste allait plutôt vers Mélenchon il faillait le suivre, et soulignant le fait qu’un parti communiste doit éduquer son électorat, et non le suivre.

 

Et après le débat, un vote sans cris et sans larmes, et un secrétaire national qui annonce en toute tranquillité l’adoption d’une position qui n’était pas la sienne sans que cela soit vécu comme un affront. Le contraste est d’autant plus cruel que le débat portait sur le soutien ou non à un mouvement qui est, lui, d’une verticalité absolue et où il est impossible et même impensable que le leader – autoproclamé, bien entendu – puisse être contredit par une procédure démocratique…

 

Ce caractère « vertical » vient de recevoir un cadre théorique qui permet peut-être mieux de comprendre sa logique, et donne raison à ceux qui pensent que le PCF n’a rien à faire dans cette galère. Je ne peux que conseiller la lecture du papier publié par Jean-Luc Mélenchon sur son blog sous le titre « Le Peuple et le « mouvement » » (1). Dans ce texte, par ailleurs très confus, on trouve un éclairage de la conception que Mélenchon peut avoir de l’action et de l’organisation politique. Cet éclairage permet de comprendre que le caractère « vertical » de la « France Insoumise » ne tient pas à une nécessité temporaire, mais que c’est au contraire un élément essentiel de la vision politique de son créateur.

 

Pour commencer, Mélenchon élimine l’idée même de « classe sociale », qu’il juge dépassée :

 

« Au siècle où les humains n’étaient « que » deux milliards, il y avait le « parti de classe ». Il était nécessairement aussi délimité que l’était « la classe » elle-même dans une société où elle n’était nullement hégémonique. En fait, les ouvriers constituaient une sorte d’archipel dans un océan de paysannerie et de travailleurs indépendants de la boutique et de l’artisanat. Sa verticalité correspondait à une organisation du travail lui-même. La centralisation découlait des moyens de transports et de communication autant que comme reflet de la centralisation de son adversaire. Bref, le « parti de classe » correspondait à une réalité sociale et matérielle qui s’est elle-même dépassée de toutes les façons possibles. L’émergence du « peuple » comme catégorie sociale protagoniste face à l’oligarchie de la période du capitalisme financiarisé dominant appelle sa forme spécifique d’organisation. »

 

Exit donc la « classe » - c'est-à-dire le groupe humain occupant une même position dans le mode de production et donc ayant de ce fait un intérêt commun qui pousse ses membres à des comportements homogènes sans que soit besoin une coordination – et place au « peuple ». Mais comment définir ce « peuple » qui fait face à « l’oligarchie » ? Est-ce sur un critère de revenu ? De patrimoine ? De sociologie ? De modes de consommation ?

 

Le concept de « classe » - qui est l’une des contributions essentielles du marxisme à la pensée politique du XIXème siècle – a l’avantage de constituer une catégorie sociale comme acteur à la fois économique, social et politique en faisant le lien entre la position économique et le système de représentation – c'est-à-dire l’idéologie – et donc les comportements. Le « peuple », qui pour Mélenchon inclut le soudeur et l’avocat, la caissière et le professeur, le petit patron et l’ouvrier agricole, n’a aucune raison de constituer un groupe homogène du point de vue des comportements, puisqu’il est constitué de gens qui ont des intérêts différents et souvent antagoniques. Ce discours a en fait un autre but : le « peuple » façon Mélenchon incarne le rêve des « classes moyennes » d’une alliance avec les couches populaires dont elle prendrait, bien évidement, la tête. Le « protagonisme » de la classe ouvrière cantonnait les « classes moyennes » au mieux dans les seconds rôles, au pire dans le camp des exploiteurs. Le « peuple » permet au contraire aux « classes moyennes » d’évacuer le rôle singulier de la classe ouvrière pour se l’approprier…

 

Cette « evacuation » de la classe ouvrière n’est pas nouvelle. Cela fait trente ans que les « classes moyennes » ont essayé différents substituts : immigrés, SDF, « minorités »… Toute sorte de groupes qui avaient un point en commun : n’ayant pas de représentation politique pour faire entendre leur voix, il était facile pour les classes moyennes de parler en leur nom et à leur place. Mélenchon, va un pas plus loin. Plutôt que de chercher un substitut pour parler à sa place, il fabrique au contraire un substitut englobant. Plus besoin de parler « au nom » de l’opprimé puisqu’on s’insère soi-même dans le groupe opprimé. Mais le but est le même, et maintenant il est même théorisé : la « classe » est morte, vive le « peuple ». Bobos germanopratins et chômeurs d’Hénin-Beaumont, tous unis contre « l’oligarchie »…

 

Mais poursuivons. Puisque la « classe » n’est plus, place à une nouvelle forme d’organisation correspondant à « l’ère du peuple » :

 

« Cette forme, c’est le « mouvement ». Il peut disposer des moyens d’être représentatif de cet ensemble globalisant qu’est le peuple en réseau de notre époque. Et cela, sur le plan matériel et concret grâce aux moyens techniques des plateformes numérisées internet. (…) De la sorte, on trouve trois niveaux de définition du peuple. D’abord la multitude, homo urbanus, c’est-à-dire la population vaquant à ses mille et une occupations diverses et parfois opposées. Ensuite le peuple se mettant en mouvement sur ses revendications. Enfin le réseau qu’il constitue dans, par et pour l’action. Ces trois mots désignent trois états d’une même réalité. »

 

Laissons de côté cette énigmatique « population vaquant à ses mille et une occupation diverses et parfois opposées » (c’est quoi, des « occupations opposées » ?) et allons au fond : On voit à quel point la définition du « peuple » est vague. Mais surtout, le peuple « se met en mouvement » pour ses revendications. Il « se constitue » des réseaux dans, par et pour l’action. Le « mouvement » est donc un processus spontané, qui surgit du « peuple » sans médiation. Mais comment se déclenche-t-il ? C’est là que ça devient intéressant :

 

« C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre une bonne partie de ce qui nous oppose à d’autres composantes en ce moment. « La France insoumise » n’est pas un parti parmi les autres. C’est un label commun pour une action commune. (…). Par exemple certains font des « appels » (par exemple « l’appel des cents ») qui portent un nom de référence que chacun cite chaque fois quels que soient son origine politique ou ses raisons d’être là quand il veut se référer à l’action. Il en va de même avec « La France insoumise ». Évidemment, ce label désigne l’action commune sur un objectif très ample : porter une candidature à l’élection présidentielle et avec elle un programme pour transformer le pays. »

 

Historiquement, les partis politiques ouvriers ont été d’abord des structures d’éducation et d’élaboration. Car avant « d’agir », il faut savoir dans quel but on agit. Les partis ouvriers se donnaient pour objectif la prise de conscience par les masses opprimées que leur condition n’était pas fatale, et d’élaborer des politiques alternatives et des objectifs. L’action n’apparaissait que comme un outil de prise de conscience d’abord, d’avancement de ces politiques ensuite, pour atteindre ces objectifs. La vision « mouvementiste » de Mélenchon renverse les termes : l’organisation n’a plus qu’un seul but, l’action. Les objectifs de l’action ? Ils viennent d’ailleurs, par génération spontanée – ou peut être par le génie d’un homme providentiel… ?  L’exemple de la « pétition » est de ce point de vue très révélateur, parce que dans la logique de la pétition il y a une hiérarchie entre celui qui la rédige et celui qui la signe. Celui qui la rédige exprime un projet, une revendication, un objectif. Celui qui la signe n’a qu’un choix binaire : signer ou pas. Il ne peut rien négocier, rien modifier. Mélenchon projette bien cette asymétrie dans sa vision de la « France Insoumise » : l’objectif du mouvement est de porter « une candidature » - en fait sa candidature – et « un programme » - en fait, son programme. Les « insoumis » ont, comme dans le cas de la pétition, le choix de signer ou pas signer. Mais il n’y a rien à discuter.

 

La logique « mouvementiste » de Mélenchon rejoint donc ce que j’avais appelé dans un ancien papier la « logique du supermarché » : le militant d’un « mouvement » n’est plus partie d’un processus de réflexion et de construction du projet qu’il va ensuite défendre, comme c’est le cas dans un parti politique. Il est au contraire comme le client du supermarché : il peut choisir entre dix marques de bouillon qui a chacun sa recette, mais n’a aucun pouvoir sur les recettes qui lui sont offertes. Tout au plus il peut espérer que les services marketing du fabriquant soient à son écoute et daignent peut-être – à condition que cela soit profitable pour le fournisseur – de fabriquer le bouillon dont il a envie.

 

Parler de « processus démocratique » dans un « mouvement » ainsi conçu a donc autant de sens que parler de « démocratie » parmi les signataires à qui on propose une pétition ou parmi les clients du supermarché. Celui qui aime l’un des bouillons qui lui sont proposés, le prend. Celui qui n’en aime aucun, tant pis pour lui. Celui qui a envie signe, celui qui n’a pas envie ne signe pas. Et Mélenchon assume cette logique :

 

« Et de cela je ne tire encore qu’une conclusion : rien des attributions d’un parti n’a de place dans un mouvement de cette sorte. Les volontaires y entrent et sortent librement. Chaque personne définit elle-même la forme et l’intensité de son engagement dans l’action et les modalités de celle-ci. Le mouvement n’a pas à être « démocratique » au sens basiste que souvent on donne à ce mot dans les organisations politiques où l’on doit alors affronter le climat de confrontation des courants et des textes qui les fondent avec les votes contradictoires, et pour finir des gagnants et des perdants. »

 

Mais si dans un parti il y a des « affrontements de textes », des « votes » c’est parce qu’il y a un processus d’élaboration dans lequel plusieurs conceptions s’affrontent pour aboutir à un compromis qui s’imposera à tous. Et, comme le montre le vote de la Conférence nationale du PCF, il n’est pas nécessaire qu’il y ait « des perdants et des gagnants ».

 

Dans son « mouvement », Mélenchon évacue ces conflits sous une forme différente, celle de la fausse unanimité : le seul « texte », c’est lui qui l’écrit. Et celui qui n’est pas content n’a qu’à refuser de « signer la pétition », autrement dit, à partir. Les volontaires ont la liberté de « entrer et sortir librement », de définir librement la forme, les modalités et l’intensité de leur engagement. La seule chose qu’ils ne sont pas libres de définir, ce sont les objectifs de celui-ci. Ces objectifs ont été définis par quelqu’un d’autre, par l’auteur de la « pétition », par le fabriquant du bouillon. Ils ne sont pas soumis à examen, à discussion, à amendement. S’ils ne les acceptent pas, les volontaires en question n’ont qu’à aller ailleurs chercher une meilleure offre.

 

La logique que Mélenchon décrit est celle du ralliement individuel plutôt que de la discussion et du compromis collectif obtenu par le débat et les concessions réciproques. Imaginons que sa vision  « mouvementiste » devait se généraliser : au lieu d’avoir des partis politiques pour élaborer des positions communes à leurs militants, on assisterait à une multiplication de « auteurs de pétition » comme lui, chacun proposant sa vision, son projet, sa candidature au chaland, qui choisirait alors le produit qui s’ajuste le mieux à ses envies. C’est le triomphe de la logique du supermarché politique, avec des candidats et des projets vendus comme des produits.

 

Heureusement qu’il reste encore quelques villages gaulois, où l’on continue à discuter, ou l’on se fout sur la gueule… mais où in fine on trouve des compromis acceptables…

 

Descartes

 

(1) http://melenchon.fr/2016/11/02/le-peuple-et-le-mouvement/

 

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CETA : 3 minutes pour comprendre une imposture

7 Novembre 2016, 20:05pm

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Il y a urgence à stopper le CETA, accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada. Porteur des mêmes maux que son cousin le TAFTA (accord entre l’Europe et les Etats-Unis), il fait peser de graves menaces sur l’avenir de notre alimentation, de notre santé, du climat et intensifie des risques sur nos démocraties en donnant des pouvoirs démesurés aux multinationales. 
Il est temps d’agir en disant NON à ce traité, signez la pétition 
https://www.foodwatch.org/fr/s-inform...

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