BERTHE WARRET-CARION, MARTYRE DE LA RESISTANCE
Héroïne de la Résistance, BERTHE WARRET–CARION a péri atrocement décapitée à la prison de Charlottensburg, à Berlin, le 1er septembre
1944, le jour même où la ville d’Arras était libérée du joug nazi.
C’est au bout d’une année de souffrances indicibles que ses bourreaux ont décidé de l’achever, furieux de n’avoir pu lui arracher les
secrets qu’elle détenait.
Du jour où BERTHE a été
arrêtée, le 27 août 1943, dans le baraquement qu’elle habitait, à Arras, jusqu’à celui de sa mort tragique, la police française d’abord, la gestapo ensuite, ont tout tenté en vain pour la faire parler.
Ils ignorent qu’elle est agent de liaison
des FTP et transporte pour eux des armes et de la dynamite, mais ils recherchent son mari, JULES WARRET, militant communiste connu et entré en
Résistance dès le début de l’occupation. Il est devenu le responsable FTP de tout le secteur Arras-Bapaume Hesdin et ils supposent qu’il vient de temps à autre clandestinement retrouver sa femme
et ses deux filles.
Ses tortionnaires ont infligé à BERTHE les pires atrocités dans l’espoir
qu’elle dénoncerait ses camarades résistants. Ils s’acharnent d’autant plus sur elle qu’ils croient
savoir qu’elle a aussi hébergé des communistes allemands déserteurs de la Whermacht.
Ayant arrêté également sa fille aînée, JEANNE, âgée de 20 ans, la Gestapo (dans son immeuble place de la Préfecture à Arras) va
jusqu’à torturer BERTHE face à sa fille et JEANNE face à sa mère.
Déportée ensuite sans jugement, JEANNE reviendra si affaiblie des camps de la mort, à la Libération, qu’elle ne survivra que quelques mois à son calvaire.
Enfermée à la prison St Nicaise d’Arras, isolée et interdite de colis et de
visite, BERTHE, accusée de « complicité avec la révolution bolchevique » est transférée à la prison de Saint Gilles en Belgique puis dans le bagne de Cottbus (dans le Brandebourg) le 12 juillet 1944.
Durant cent jours, les nazis la laissent croupir en cellule humide, enchaînée, affamée et à nouveau torturée, sans parvenir à la faire céder.
C’est le 31 août 1944, qu’elle est emmenée à la prison pour femmes de Berlin pour être
exécutée le lendemain.
Il n’existe aucun lieu où l’on puisse honorer la dépouille de cette jeune femme martyre, car ses bourreaux ont aussitôt livré son corps à l’institut d’anatomie de Berlin pour être «
utilisé à des recherches médicales ».
Rien ne prédestinait la jeune BERTHE
CARION au sort tragique qui fut le sien. Elle était née, le 6 juin 1904, dans le paisible village de BARLY. Bonne élève, elle aurait aimé poursuivre
des études mais le foyer était trop modeste : son père, ancien maçon, sans retraite, était devenu garde-champêtre à 65 ans.
A 19 ans BERTHE CARION épousa Jules WARRET d’Arras, ouvrier mineur et ils
élevaient leurs deux filles dans la cité des Jardins quand la guerre éclata. Le Parti communiste interdit dès 1939, Jules WARRET fut poursuivi pour avoir dénoncé cette injustice et dès l’Occupation il entra dans la clandestinité pour combattre l’occupant nazi..
C’est pour avoir rejoint son mari dans cette lutte et avoir protégé par son silence toute une organisation de la Résistance
que BERTHE est devenue la jeune femme héroïque qui sera honorée à Beaurains samedi prochain 25 avril.
Christian
Lescureux