Lundi matin vers 8 h. Le vent est vif et fait claquer les bannières syndicales.
Ils sont une dizaine à battre la semelle devant l'entreprise Akebono (fabrication de plaquettes de frein) sur le site d'Artoipole.
C'est que depuis mardi 12 mai, 90 % du personnel (hors cadres et maintenance) sont en grève.
Ici aussi, CGT, FO, CFDT se sont unis dans la lutte car la direction a décidé autoritairement une réorganisation qui va, à partir du 1er juin, amputer le salaire d'environ 300 € : 2 équipes au lieu des 3x8 (- 110 €) + chômage partiel 2 jours par mois (- 150 à 160 €).
Sans compter que la 3e équipe étant re-dispatchée, on peut craindre des licenciements.
"Un salaire de 1100 € pour nourrir une famille de 5 personnes, ce n'est pas possible, nous déclare le délégué CGT Alain Dubois, et beaucoup n'habitent pas sur place, ils viennent du bassin minier, de Béthune, de Cambrai : on paye 100 € par mois pour venir travailler !"
Les grévistes demandent modestement une compensation de 100 € et l'indemnisation du chômage partiel à 75 %. Refus de la direction qui ne propose qu'une miette : reporter le chômage technique de 3 mois ! D'ailleurs, la Direction refuse la signature d'une convention pour se réserver la faculté de licencier plus facilement !
Devant un tel mépris, la réaction a été puissante : "C'est la première fois qu'un tel mouvement éclate ici." assure l'un des grévistes présents.
Il paraît que le groupe Akebono subit des pertes au niveau mondial. Mais depuis des décennies, l'argent entre à flots ! A qui a-t-il profité ? Où vont les milliards qui ont été attribués aux constructeurs automobiles et pris dans la poche des contribuables ? On garantit les revenus des actionnaires et on fait payer la crise aux travailleurs !
"On me propose au 1er juin un salaire semblable à mon salaire d'embauche de 2001, soit une perte de 10 à 12 %, alors que tout augmente. Comme toujours, les gros s'enrichissent sur le dos des petits !" conclut Alain Dubois.
MDC








Alain Bocquet : Il faut mettre les dividendes à contribution !
LE PRIX DU BLÉ CHUTE, PAS CELUI DU PAIN

En d'autres termes, le gouvernement craint une dévalorisation de
l'action Gaz de France car celle-ci pourrait conduire soit à une remise en cause de la fusion avec Suez soit ouvrir la porte à de nouvelles exigences des actionnaires du groupe présidé par
Gérard Mestrallet. En tout cas, une chose est sûre : GDF est une entreprise en très bonne santé financière. Comme le rappelle la CGT « ses résultats sont en forte croissance.
Ils sont passés de 1,15 milliard d'euros en 2004, à 1,75 milliard en 2005 et à 2,6 milliards en 2006 ». Les bénéfices versés aux actionnaires vont également croissant, passant de 420 millions
d'euros en 2004 à 1,1 milliard en 2006. La CGT qui rappelle que GDF a annoncé, le 15 octobre dernier, dans un communiqué commun avec Suez, leur augmentation de 50 % sur trois ans,
soutient que la hausse des tarifs est « le seul moyen de tenir les promesses faites aux actionnaires ».
