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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

La faillite du « modèle espagnol » social-libéral: 9 millions d'Espagnols sous le seuil de pauvreté

31 Janvier 2011, 17:16pm

Publié par -BLOG-PCF-ARRAS

La faillite du « modèle espagnol » social-libéral: 9 millions d'Espagnols sous le seuil de pauvreté, avec comme seule alternative la misère ou l'exil

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La crise capitaliste de 2009-2010 a contribué à faire éclater la bulle économique mais aussi médiatique autour du « modèle espagnol » comme cela a été de même pour les autres modèles: « Irlandais », « Britannique » etc.

La fin des illusions autour des bienfaits de la casse de l'industrie naissante et de la privatisation précoce des services publics pour prendre le pari d'une croissance économique dans des secteurs n'offrant pas de réel développement pour le pays (tourisme, immobilier, finance).

Avec comme conséquences sociales, pour le Capital, des droits : des licenciement facilités, une main d'œuvre précarisée, des cadeaux fiscaux sans celle renouvelés ; pour le Travail des devoirs, avec des droits sociaux a minima, la peur du lendemain sans emplois stables, une fiscalité des plus injustes etc.

La tristement célèbre théorie du « trickle-down » (ruissellement) devait permettre aux Espagnols de s'enrichir en récoltant les miettes tombant de la table des riches. Trente ans de libéralisme après, dont plus de seize ans portés par la gauche socialiste de Gonzalez et Zapatero, le désastre est patent.

Nous savions que plus de 20% de la population active espagnole était au chômage, approchant la barre symbolique des 5 millions de chômeurs.

11% de pauvres en plus en deux ans, 9 millions d'espagnols sous le seuil de pauvreté

Une nouvelle étude de la fondation FOESSA-Caritas révèle un chiffre encore plus dramatique: plus d'un espagnol sur cinq, soit près de 9 millions de personnes résidant dans la péninsule se situent sous le seuil de pauvreté.

Si la situation était déjà préoccupante avant la crise, la période 2007-2009 a vu le nombre de résidents espagnols en situation de pauvreté grimper de 11%, soit 1 million de personnes en plus sous le seuil de pauvreté.

Les auteurs de l'enquête ont également pu constater une progression du phénomène des « pauvres honteux ». Cas particulier de travailleurs qui bénéficiaient auparavant d'un revenu décent et qui, avec la crise, ont soit perdu leur emploi soit une partie importante de leurs revenus et vivent désormais dans une situation de pauvreté.

Au drame social se superpose un drame psychologique, puisque ces « nouveaux pauvres », n'acceptant pas cette condition, la cachent tant à l'entourage qu'à eux-mêmes. Ce qui rend par ailleurs difficiles les enquêtes sur la pauvreté en Espagne, notamment pour ce qui est de la pauvreté « relative » qui suppose aussi la prise en compte de la pauvreté ressentie et des privations de biens et de services que doit avouer la personne interrogée.

La jeunesse espagnole sacrifiée : la misère ou l'exil

La situation est encore plus catastrophique pour la jeunesse espagnole : 40% des jeunes (moins de 25 ans) espagnols sont au chômage. Parmi ces jeunes en situation de pauvreté, six sur dix sont en situation de pauvreté extrême.

Face à l'impasse proposée aux jeunes sur le marché du travail en Espagne: la précarité avec des bas salaires ou le chômage et la misère, les jeunes ne voient qu'une seule issue indiquée dans ce rapport : « émigrer à l'étranger ».

Les immigrés, de la constitution d'une main d'oeuvre sur-exploitée au bouc-émissaire idéal

Autre secteur de la société frappé de plein fouet par la crise, les travailleurs immigrés, sur-représentés dans les statistiques de la pauvreté.

Souvent présentée comme un modèle pour sa gestion de la question de l'immigration, la politique du PSOE et de son secrétaire actuel José Luis Zapatero a en réalité constitué une gigantesque main d'œuvre sur-exploitée taillable et corvéable à merci pour le capital espagnol.

En période de crise, les immigrés sont devenus les boucs-émissaires idéaux. Ils sont victimes de menaces et d'agressions croissantes, ainsi que d'un ressentiment massif de la part de la population Espagnole.

Au moment où les immigrés d'Espagne auraient besoin d'un geste politique courageux, et non de démagogie de la part du gouvernement, ce dernier les lâche pour des raisons électoralistes. Comme le remarquent les responsables de l'enquête, pour eux comme pour les jeunes, la seule perspective offerte est l'exil, ou plus exactement le retour au pays, encouragé par le gouvernement.

Pourquoi les Espagnols ne se révoltent pas?

Les responsables de l'enquête terminent leur travail sur une question de bon sens : pourquoi les Espagnols, au vu de leur situation, ne se révoltent pas?

Ces derniers proposent un syllogisme tombant sous le « bon sens »: les Espagnols sont des Latins et puisque les Latins sont culturellement résignés et soumis, donc les Espagnols sont résignés et soumis.

Cette explication « culturaliste » tombe d'elle-même si on compare simplement la situation à celle en Grèce ou au Portugal où des Latins, ou au sens large des Méditerranéens avec les Grecs, sont à l'avant-garde du mouvement des luttes en Europe.

Quelle est la différence fondamentale entre la Grèce, le Portugal d'un côté et l'Espagne de l'autre ?

 Elle est politique. D'un côté, deux pays où les Partis communistes n'ont pas abandonné leur raison d'être, et continuent à jouer un rôle moteur dans la lutte de classe. De l'autre côté, un Parti communiste qui a fait le choix du renoncement à jouer son rôle dans la lutte de classe, qui a préféré effacer son identité et ses positions et les diluer dans une « Gauche unie » qui a privé la classe ouvrière espagnole de son outil indispensable pour faire triompher ses luttes.

Car si aujourd'hui l'Espagne est un pays sans avenir, si le « social-libéralisme » zapateriste – autrefois pris comme modèle non seulement par les socialistes français et européens, mais également par des liquidateurs du mouvement communiste comme l'Italien Vendola ou l'Espagnol Llamazares – a mené ce pays au bord de l'abîme, les liquidateurs communistes espagnols ont aussi une lourde responsabilité.

En faisant le choix d'Izquierda Unida, ils ont non seulement privé le mouvement des luttes de toute perspective révolutionnaire mais ils ont également apporté une caution de gauche à la politique libérale la plus favorable aux intérêts du capital qui soit.

Ce sont ceux qui devraient aujourd'hui alimenter la classe ouvrière espagnole, mais aussi la jeunesse et les travailleurs immigrés qui ne voient de perspective que dans l'exil, de perspectives d'espoir et de luttes.

Au lieu de cela, ils ont contribué à cette pédagogie politique « du renoncement et de la soumission ».

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