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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

SIGNAL D'ALERTE POUR L'HOPITAL DE BAPAUME

11 Février 2010, 12:41pm

Publié par MDC

Liberte.jpgA Bapaume, la CGT santé régionale tire le signal d'alerte

Mardi, le jour même où Nicolas Sarkozy, en campagne dans le Loir-et-Cher, dissertait sur le désenclavement des zones rurales et annonçait une série de mesures en faveur de l'accès de leurs populations «à une santé de proximité», les responsables du Nord et du Pas-de-Calais de la fédération CGT de la Santé et de l'Action sociale se réunissaient, dans une salle de l'hôpital de Bapaume, pour préparer une série d'actions destinées à mobiliser les personnels et les habitants de la région pour la défense du service public de santé et convoquer une conférence de presse.

«Plus le mensonge est gros, plus il passe» a-t-on dit. La CGT ne se résout pas à ce propos. Dans les locaux flambant neufs de l'hôpital de Bapaume, à l'endroit même où les plans de sa future extension étaient exposés sur un mur - «étaient» car, opportunément, la direction du CHB les avait fait retirer pour éviter, peut-être, selon la CGT, qu'ils ne rentrent, une seconde fois, dans le cadre de la photographie de presse -, le lieu choisi se voulait un symbole dans cet hôpital situé en plein coeur d'une zone rurale et menacé de se voir transformer en une vaste maison de retraite. Car (...) c'est bien à la liquidation du CHB que sont engagés Jean-Paul Delevoye, maire UMP de la capitale du Bapalmois et André Flageolet, député UMP de la 9e circonscription du Pas-de-Calais.

La transformation du CHB en une maison de retraite est en marche

«Concernant l'avenir de l'hôpital de Bapaume, nous sommes toujours dans le flou le plus total» a expliqué Michel Carré, responsable CGT du CHB : «Ce que nous pouvons dire, c'est que tout indique que sa transformation en une maison de retraite est en marche. Aujourd'hui, suite à la suppression des gardes médicales, il ne reste qu'un médecin sur les cinq qui travaillaient ici. Quand nous l'interrogeons, le directeur nous dit que notre médecine serait transformée en service de soins de suite et de rééducation à orientation gériatrique c'est-à-dire qu'on ferait de notre hôpital un grand pavillon de convalescence pour personnes âgées. (...) En terme d'emploi, nous sommes inquiets. Ces dernières semaines, le directeur a laissé entendre qu'il fallait peut-être supprimer notre service de radiologie. A l'externalisation des services de cuisine et de lingerie s'ajouterait donc celui de la radiologie...»

L'objectif très clair de casser le service public de santé

«Nous nous sommes réunis ici à Bapaume pour dénoncer, dans cet hôpital menacé d'être transformé en maison de retraite, la loi “Hôpital, patients, santé, territoires” [HPST ndlr] a expliqué Roger Maly, responsable régional Nord-Pas-de-Calais de la CGT de la Santé et de l'Action sociale.

«C'est une loi antidémocratique qui a été élaborée sans tenir compte ni les personnels hospitaliers, ni des usagers a-t-il continué. C'est une loi qui ne tient pas compte du tout de la proximité et qui a pour objectif très clair de casser le service public de santé au profit du secteur privé et lucratif. L'idée, avec cette loi c'est de transférer le budget de la sécurité sociale sur les départements et, une fois de plus, à terme, ce sont les usagers qui vont payer par le biais des impôts. Son but aussi, c'est de supprimer des emplois de la fonction publique. Par exemple, à l'hôpital de Lens, ce sont 400 emplois qui ont été supprimés au mépris des personnels et des services. La fusion et le rattachement des hôpitaux, par exemple de l'hôpital de Bapaume à celui de Douai ou de l'hôpital de Saint-Omer avec celui de Calais vont dans le même sens.»

Alerter la population et les élus

«Notre but avec cette conférence de presse a souligné Roger Maly, c'est d'alerter la population et les élus, de tout bord, y compris Jean-Paul Delevoye, président du Conseil d'Administration du CHB, maire de Bapaume, ancien ministre, ancien député et médiateur de la République qui est en train de laisser démolir l'hôpital de Bapaume, un établissement, a priori, en excellente santé. Nous envisageons aussi d'organiser, dans les semaines qui viennent, à Bapaume, une journée d'action départementale ou régionale pour dénoncer le loi HPST et la politique gouvernementale de casse organisée du service public de santé.»

Le temps presse

Patrick Vanderpotte, secrétaire général de la fédération CGT de la Santé et de l'Action sociale du Pas-de-Calaisa, pour sa part, ajouté : «Il faut bien comprendre que ce à quoi s'attaque le gouvernement en attaquant l'hôpital public, après EDF, GDF, La Poste, et cetera, c'est un nouveau pan de la fonction publique. Ce qui est en jeu c'est l'avenir, non seulement de la fonction publique hospitalière mais de toute la fonction publique. Le «déficit» du CHB , ici, à Bapaume n'est qu'un prétexte. Il faut le comparer aux deux milliards d'euros qu'a couté aux contribuables l'affaire du vaccin contre la grippe HAN1. Plus de deux fois le montant du «déficit» de l'ensemble des hôpitaux publics de France ! L'hôpital public est fait pour soigner. On sait que le Nord-Pas-de-calais manque cruellement de lits, de services et de moyens et aujourd'hui, le gouvernement est en train de tuer encore plus l'hôpital public dans la région ! Où vont aller les gens pour se soigner ? Cela nous fait froid dans le dos. Voilà : s'il y a un accident à 500 mètres d'ici, si on n'a plus les moyens de faire rentrer un patient dans cet établissement de proximité, en combien de temps va-t-il être soigné ? Quelles conséquences graves cela aura-t-il ? Ils sont en train de tout casser. A tous ces gens qui ont mis en place ce système, je dirais : «Le seul nom qu'on va pouvoir vous donner, c'est celui d'assassins.»

A transmettre dans le Loir-et-Cher, à Bapaume ou ailleurs aux bonimenteurs de tout poil qui, selon la CGT, enfument l'opinion publique au service d'un projet politique et social au service exclusif du profit et de l'intérêt privé. Car s'il faut «sauver» l'hôpital public et l'hôpital de Bapaume en particulier, pour la CGT, c'est contre des choix politiques qu'ils ont fait ou qu'ils soutiennent. Leurs choix politiques.

Jérôme Skalski Liberté62 (11-18 février 2010)



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