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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

EDF pillée par la concurrence privée

5 Novembre 2010, 10:05am

Publié par -BLOG-PCF-ARRAS

JCl DanglotEDF pillée par la concurrence privée

Déclaration de JEAN-CLAUDE DANGLOT, Sénateur communiste du PdeC (4 novembre 2010)

Grâce à la loi Nome – « nouvelle organisation du marché de l’électricité  » – voulue par le gouvernement et soutenue par les droites parlementaires, les concurrents privés vont pouvoir mieux dévaliser encore l’opérateur public EDF, et cela en toute légalité. À vrai dire, il n’est pas très facile, dans notre pays, d’imposer les sacro-saints dogmes libéraux inscrits dans le traité de Lisbonne. En effet, 95 % des foyers français sont restés fidèles à EDF après l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence, il y a 3 ans de cela. Seulement 4,6 % des ménages ont choisi un opérateur privé, après de fortes pressions commerciales, et côté « professionnels », seulement 7,6 % ont fait le même choix.

Petit rappel historique. En 1946, EDF et GDF naissaient. Cette victoire industrielle a rendu possible non seulement le statut national des salariés de ces entreprises mais elle offrait une indépendance énergétique et assurait un développement technologique faisant figure d’exemple dans le monde entier. Il y a 60 ans, en effet, le ministre communiste Marcel Paul défendait la nationalisation d’EDF. Il clamait devant l’Assemblée constituante qu’il s’agissait là d’un problème vital pour la nation. L’énergie n’était pas considérée comme une marchandise mais comme un bien vital pour la nation et les citoyens la composant.

L’actuel projet de loi, comme celui sur les retraites, revient sur ces avancées majeures émanant du Conseil national de la Résistance regroupant, notamment, les communistes, les gaullistes, les chrétiens et les syndicats de salariés de l’époque.

La communication du gouvernement et du Medef – certes désormais bien rodée – consiste à affirmer qu’il s’agit aujourd’hui de définir la politique énergétique de demain. Ce serait un devoir de modernité… Or, il faut bien le répéter : depuis 2000, le secteur énergétique souffre de la concurrence et de la déréglementation, et cela ne marche pas. Le projet de loi Nome vise à porter atteinte à l’indépendance énergétique de notre pays et à l’intérêt général. Au nom de la concurrence libre et non faussée, on oblige EDF à vendre un quart de sa production électrique. Le gouvernement brade ainsi une part substantielle de la production électronucléaire : c’est inacceptable sur le plan économique, sur le plan social et sur le plan de la sécurité des installations, notamment nucléaires. Ainsi, l’article premier, organise ce véritable hold-up. La commission de régulation de l’énergie l’a reconnu : « Si le prix de 42 euros est maintenu, cela représentera un coût supérieur de 36 % au coût actuel de l’électricité de base d’origine nucléaire.  » EDF va donc « mécaniquement » augmenter ses prix.

De plus, la loi Nome risque d’avoir des effets néfastes sur les capacités à investir dans le prolongement de la durée de vie des réacteurs. Il faudrait 600 millions d’euros par tranche, soit 35 milliards au total, s’ajoutant aux investissements liés à la production, mais aussi à toute la chaîne qui va de la production au consommateur. En outre, l’entreprise nationale doit revoir ses procédures d’entretien et elle en supportera seule la charge. Certes il y a de bonnes mesures, mais elles sont neutralisées par le dispositif d’ensemble qui vise à faire de l’argent à court terme sur le dos des consommateurs et à tourner le dos aux intérêts de notre nation. Par exemple, le texte vante la nécessité de la protection « indispensable » des intérêts des consommateurs mais reste dans le flou des déclarations de bonne intention. Seul l’article 10, supprimant l’habilitation donnée au gouvernement pour transposer les directives, peut trouver grâce à nos yeux, mais là encore, il nous faudra être vigilants sur la mise en œuvre de ces louables intentions. Les sénateurs CRC-SPG se sont opposés catégoriquement au texte, comme aux projets futurs de privatisation de centrales nucléaires. D’autant que le gouvernement est incapable de mettre en œuvre une politique industrielle digne de ce nom.

Jean-Claude Danglot

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