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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

La bataille de l'énergie est celle de l'intérêt général des citoyens

23 Janvier 2007, 14:49pm

Publié par Xavier

En préparation de notre prochaine réunion publique sur le thème de l'énergie,  nous avons reçu le syndicaliste Henry Tobo ce vendredi 19 janvier. Il nous a fait un exposé de grande qualité sur la privatisation d' EDF/GDF.

Je vous en propose le compte-rendu...

 

D’où vient la particularité française ?

Avant guerre, la France comptait 1500 sociétés de gaz et d’électricité. Leur seul but  : un maximum de profits pour un minimum d’investissements. Exactement comme pour l’eau aujourd’hui, leurs politiques de tarifs étaient décidées localement. Il n’y a pas aujourd’hui de secteur public de l’eau, c’est une délégation de service public entre les mains de quelques multinationales comme Vivendi, Véolia…

Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR).

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, il n’est plus possible de continuer comme avant en matière d’énergie. Le ministre de l’industrie d’alors, Marcel Paul, ancien secrétaire général de la CGT est chargé de travailler sur un projet de nationalisation. Celle-ci est effectuée in extremis le 8 avril 1946. Ce sera la dernière nationalisation après la Libération.

L’opposition au projet était importante, les socialistes étaient uniquement favorables à la nationalisation du transport de l’énergie mais non à sa distribution. Les propriétaires des réseaux de gaz et d’électricité sont les communes, par contrat de concession. Cette question de la mainmise politique est toujours d’actualité.C’est donc à l’arrachée que Marcel Paul obtient cette Nationalisation. Nationalisation, certes, mais sans y associer les travailleurs. Il n’a pas réussi non plus à imposer une nationalisation globale du secteur énergétique. C’est ainsi que EDF et GDF sont deux organisations distinctes. Leur fusion faisait craindre la création d’un géant dominé par la CGT et le PCF.

Qu’est-ce qu’une " nationalisation " ?

Pour un " service public généralisé ", on parle " d ’usagers" et pas de " clients. "

Le mot " nation " signifie que l’entreprise appartient à l’ensemble des gens qui la compose. Tous sont traités sur un même pied d’égalité.

C’est " l’unicité de traitement " : en milieu rural ou urbain, les usagers sont sur le même pieds d’égalité et soumis au même tarif même si les coûts sont différents.

Quels Coûts ?

Le but n’est pas de tout vendre mais de vendre au prix de reviens.

L’électricité ne se stocke pas, donc la production et la distribution se fait simultanément.

Il faut donc : produire, transporter, distribuer. A ce coût s’ajoute la main d’œuvre et l’investissement. Au total, le prix de revient est réglementé.

Attention : l’Etat cherche de plus en plus à tirer des bénéfices pour les récupérer à son profit. Etatiser, c’est différent de nationaliser ! On cherche alors à diminuer le coût du service.

La dégradation du service s’en ressent. Si une panne est signalée à 18h, les électriciens ont désormais pour consigne de ne s’en charger que le lendemain !

La privatisation.

L’origine du processus date de l’Europe de Maastricht en 1987. Au nom de la " Loi de la concurrence ", on estime alors que le client en sera bénéficiaire. Les directives prévoient la privatisation pour 2008 mais la France traîne. Elle se fait progressivement : en 2000 ouverture à la concurrence pour les industries, en 2004 pour les artisans et les PME, elle prévue pour tous en juillet 2007.

toute personne qui quitte le tarif réglementé n’a pas la possibilité de faire machine arrière.

L’électricité au tarif réglementé est jusqu’ici la moins chère d’Europe.

Combien paye-t-on  de taxes? Pas moins de 30%. Répartie entre la TVA 20.6%, 4% pour le Conseil Général, 8% pour la commune. Au total, c’est 12% pour les pouvoirs locaux.

En réalité, il n’y a pas un pays au monde où la concurrence s’est traduite par une baisse du prix . Au contraire, les prix flambes et beaucoup d’industriels, comme Stora, en pâtissent.

En août 2004 déjà, l’Assemblée générale de la Chambre de commerce sonnait l’alarme.

Que font les gouvernements ?

Sarkozy profite de l’occasion pour transformer EDF/GDF en Société Anonyme. EDF et GDF seront alors misent en concurrence l’une contre l’autre, ce qui représente un gaspillage énorme.

Rappel : Sarkozy s’était engagé à ne pas baisser les capitaux publics en dessous de 70%. Depuis l’action se porte bien.

En juillet 2007, si nous ne sommes pas capable de porter un coup d’arrêt à la privatisation, le gaz et l’électricité seront considérés comme des produits comme les autres, côtés en bourse. Les prix seront alors complètement aléatoires, pour l’augmenter, il suffira d’organiser la rareté.

Prenons l’exemple du mois de canicule d’août 2003. La demande Allemande était forte, les centrales françaises rencontraient des problèmes de refroidissement. Les producteurs espagnols n’ont pas hésités à mettre dans le noir les habitations pour fournir en Allemagne !

Les réseaux sont interconnectés, il suffit de payer une taxe pour avoir le marché.

Le prix du Mégawatt était alors passé de 45 euros à 1000 euros. Le calcul est simple.

La priorité va à la recherche du profit.

De plus, il n’y a pas de politique européenne d’investissement. La consommation se développe sans adéquation avec les moyens de production. Quand la demande est supérieure à l’offre, c’est la " responsabilité du marché "…

Pour ce qui est du gaz, il y a des possibilités de stockage mais il est indexé sur le prix du pétrole. Pourquoi ? C'est une réponse à l'exigence des pétroliers sous Valéry Giscard s’Estaing en 1974, qui ne repose pas sur les besoins économiques. Auparavant, les coûts étaient négociés d’Etat à Etat sur des contrats à long termes et pas indexés eu jour le jour sur le pétrole.

De Villepin souhaite un mariage d’intérêt économique avec Suez. Le problème, c’est qu’un mariage public/privé n’est pas possible. Il faut donc privatiser. La loi a été voté mais le Conseil Constitutionnel a décidé qu’elle ne serait pas applicable avant juillet 2007, ce qui concorde avec l’ouverture des marchés…

Si nous ne réagissons pas, les conséquences de la privatisation aura d’énormes conséquences sur les prix, sur la qualité du service, plus grave encore sur la gestion des risques… Enfin, ne plus se chauffer à l’électricité, c’est choisir des combustibles plus polluants (feu à pétroles, charbon…)

 

Pour toutes ces raisons, nous réclamons un " Pôle Public de l’Energie " EDF/GDF, 100% Public !

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