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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Quel consensus quand la préférence majoritaire est rejetée? (Liberté hebdo)

15 Décembre 2006, 14:03pm

Publié par Xavier




Alors que Marie-George Buffet a été choisie par 61,31 %
des collectifs locaux, l
a désignation par la gauche anti-libérale
de sa candidate pour 2007 freinée au sommet...


Quel “consensus”
quand la préférence majoritaire est rejetée ?


Pourquoi le nier, un vent de déception soufflait à l’issue de la rencontre nationale des collectifs anti-libéraux, le week-end dernier, à Saint-Ouen. L’attente, l’espoir sont si forts. Le but était de désigner le ou la candidat-e pour la présidentielle de 2007, et de lancer enfin la campagne. Particulièrement houleuse, pas vraiment à l’image des réunions locales, la réunion s’est soldée par un blocage. Beaucoup estimaient, en toute logique, que la candidature de Marie-George Buffet devait être entérinée, non pas parce qu’elle est communiste, mais parce qu’elle correspond au choix de 61,31 % des collectifs locaux. C’était sans compter sur le veto opposé par les représentants de certains des mouvements réunis au sein du collectif national, et aussi par les deux autres candidats : Clémentine Autain et Yves Salesse que les collectifs locaux ont placé à distance derrière Marie-George Buffet en leur accordant respectivement 16,58 % et 15,71 %. Ceci explique-t-il cela ?

Droit de veto ?

La vérité oblige à dire que beaucoup avaient vu venir cet échec. Candidat parmi les candidats, José Bové avait été le premier à s’en prendre publiquement au PCF (J. Bové a finalement été choisi par 2,59 % des collectifs locaux). Dans la foulée, une pétition avait été lancée par des membres du collectif national pour empêcher à l’avance la désignation de la responsable communiste au prétexte que son engagement politique ne lui permettait pas de faire l’unanimité, ou, pour reprendre les termes exacts, de faire consensus. Cet avis de sommet n’est pas, semble-t-il, partagé, dans les faits, par la base si l’on en juge, encore une fois, par les votes des comités locaux. Sur ce point, Marie-George Buffet avait, par ailleurs, annoncé dès le début qu’elle abandonnerait sa responsabilité de secrétaire du PCF en cas de désignation.
Nous avons rejeté l’idée d’une majorité qui l’emporterait sur une minorité, rappelait Clémentine Autain à la tribune dimanche dernier, tandis que Yves Salesse prônait le consensus comme seule solution. Mais comment espérer un consensus dès lors qu’il y a plusieurs candidats en lice ? Et surtout quand la préférence majoritaire de la base se trouve rejetée ? Les collectifs devraient-ils, dès lors, se rabattre sur le ou la candidat-e qui soulève le moins de critiques et donc… le moins d’intérêt ? La situation serait paradoxale pour ne pas dire absurde. C’est vrai que c’est compliqué comme méthode, reconnaissait dimanche, Clémentine Autain. C’est le moins que l’on puisse dire…

Le temps presse

Marie-George Buffet, elle, ne cachait pas sa déception, pas pour elle-même, mais pour la gauche anti-libérale qui a un rôle majeur à jouer pour créer une nouvelle dynamique à gauche et répondre à l’attente de changement en France. Et, de ce point de vue, le temps presse faisait remarquer la responsable communiste. En 2004, en 2005, en 2006 - déclarait-elle - les communistes ont placé leur intelligence au service du rassemblement et tous leurs actes ont témoigné qu’ils ne voulaient pas posséder ou mettre la main sur quoi que ce soit, que ce qu’ils voulaient, c’est qu’une voie nouvelle s’ouvre à gauche avec une majorité porteuse d’un programme qui soit apte à changer la vie. C’est le sens de leur bataille. M-G Buffet rappelait aussi les propositions faites pour que sa candidature ne soit pas personnelle mais collective avec des porte-parole représentant chaque sensibilité du mouvement anti-libéral. Ce n’est pas autour du PCF que les débats doivent tourner, mais autour du choix des collectifs, et ce choix des collectifs est clair, précisait la responsable communiste qui en appelait justement aux collectifs pour qu’ils se fassent entendre au lendemain de l’échec de la rencontre nationale. Seule consolation pour les 1500 délégués à la rencontre du week-end dernier, celle-ci ne s’est pas terminée par un éclatement. Le fait que Marie-George Buffet n’ait pas imposé sa candidature y aura fortement contribué.


M-G Buffet : « j’écouterai les collectifs »

Mardi soir, le collectif national, conformément au mandat reçu, a publié un communiqué fixant les conditions de la discussion qui doit maintenant se dérouler à nouveau dans les collectifs locaux et les organisations. Le collectif national ne demande pas de re-voter, mais de ré-examiner les candidatures pour choisir et construire celle la mieux à même de porter l’unité de notre diversité et qui puisse être acceptée par tous... Et de citer la candidature de Marie-George Buffet en reconnaissant qu’elle est  arrivée en tête de la consultation des collectifs, celles de Clémentine Autain et Yves Salesse, mais aussi des propositions nouvelles : Jean Luc Mélenchon et Claude Debons. Sans fermer la porte à une autre proposition…
J’écouterai ce que nous diront, à nouveau, les collectifs locaux et les militants du parti communiste. Je ne répondrai pas à une pression qui viendrait d’une organisation ou d’une autre, a déclaré Marie-George Buffet, mardi, au quotidien La Provence. Bref, la question reste posée, difficilement contournable pour un mouvement qui se veut populaire : peut-on passer par-dessus la base ?

JLB
http://www.libertehebdo.com/

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