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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Des communistes toujours plus unitaires

13 Décembre 2006, 11:00am

Publié par Marc Delgrange

 

Ce texte nous a été envoyé par un camarade de Villeneuve d'Ascq (59), Marc Delgrande, membre du collectif unitaire de Lille. Il sera publié dans le prochain numéro de "Liberté Hebdo"

 

 

Rassemblement Antilibéral : des communistes toujours plus unitaires

La réunion nationale des Collectifs Unitaires des 9 et 10 décembre, à laquelle j’ai participé, n’a pas permis de dégager un accord sur le nom du candidat " anti-libéral " pour les élections présidentielles à venir. Certes, cela fait souci : l’énergie investie par les collectifs dans la résolution de ce problème que chacun décrit comme secondaire serait bien mieux utilisée sur le terrain. Mais n’en faisons pas un drame : les succès énormes des meetings qui se sont tenus récemment montrent que les citoyens qui aspirent à un véritable changement se mobilisent sur des idées, voire sur un idéal, pas sur un nom. Sur l’idéal et les idées, l’accord, non seulement demeure mais ce ciment est tellement fort qu’il a su dissuader tout le monde, ce week-end, de baisser les bras ou de claquer la porte.

Je n’ai pas été surpris par les difficultés rencontrées dans la désignation du candidat Celles-ci ont, outre les questions politiques, une double origine structurelle:

  • D’une part, contrairement à toutes les déclarations, une surestimation qui n’a cessé de monter de l’enjeu que représente le nom qui figurera sur le bulletin de vote. Une dédramatisation de ce point est, aujourd’hui, une clé de la réussite.

  • D’autre part, un choix de procédures complexes et bancales, qui ne pouvaient que nous conduire à l’inverse du consensus recherché, à l’affrontement et à l’impasse.

J’ai en revanche été choqué par la montée progressive, autour des deux jours, d’attitudes et de propos intolérants, contradictoires avec la démarche unitaire. Certes, ceux-ci restèrent le fait d’une minorité, certes il y avait de la tension et de la fatigue, certes encore on a pu en entendre de tous côtés, mais il m’a bien semblé que, de ces manifestations d’hostilités, les communistes étaient plus souvent victimes qu’auteurs. Je n’ai aucune naïveté à l’égard des manipulations. Je n’ignore pas non plus, comme origine un anti-communisme, ancré dans les représentations et donc qui ne s’estompe que lentement. Mais l’intérêt du moment est d’en mesurer aussi les ressorts, et notamment à quel point il peut être très rapidement réactivé par les moindres maladresses.

En attendant, la situation impose de garder la tête froide.

→ Garder la tête froide, c’est d’abord considérer que les intérêts du Parti et du rassemblement antilibéral sont une seule et même chose. Parce qu’il a su s’impliquer pleinement dans ce mouvement, parce qu’il en est la force principale, notre Parti est, plus que d’autres, associé à ses résultats.

→ C’est aussi mesurer les difficultés qui découlent inévitablement d’un tel rassemblement. Certaines cultures militantes se sont construites historiquement, non seulement en dehors, mais parfois contre le Parti Communiste. C’est le cas, bien sûr, des trotskistes, mais aussi de militances " alter " dans lesquelles figurent nombre d’hommes et de femmes qui ont été communistes et qui ont eu des désaccords suffisamment forts pour nous quitter. Mais si l’on veut regarder le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, relativisons les défiances résiduelles, et portons attention au climat de confiance mutuelle qui se recrée – même avec la fragilité évoquée plus haut – dans les collectifs.

→ C’est enfin regarder tous les efforts que le Parti fait sur l’autel de l’unité, non comme des concessions ou des renoncements mais comme des signes de force. Certains, parmi nous, ont pu craindre que, dans cette démarche, le Parti ne soit dessaisi de sa capacité de décision. A l’évidence, aujourd’hui, les évènements nous mettent en situation – et en responsabilité – d’être l’élément décisif. Certains, hors de nous, ont pu espérer que le Parti se retrouverait, dans cette démarche, mis en minorité, voire isolé. A l’évidence, aujourd’hui, au-delà des feux croisés de quelques militants de " micro appareils " il n’en est rien dans l’opinion, et même dans beaucoup de médias. Le fait que le Parti ait été le seul à réaffirmer clairement qu’il s’engageait d’avance à soutenir le candidat finalement retenu quelqu’il soit n’a pas échappé aux observateurs. La proposition de Patrice Cohen-Seat et Marie George Buffet de redonner la parole aux collectifs est perçue comme un signe de maturité et d’ouverture.

L’enjeu d’aujourd’hui reste cet isolement. L’agressivité de quelques uns naît sans doute de leur agacement aux vues des expressions des collectifs. Mais cette offensive s’appuie sur une question réelle, que le Parti, d’ailleurs, non seulement ne nie pas, mais à laquelle il travaille, et pour laquelle il fait des propositions : Le candidat qui a, dans cette démarche, une fonction de trait d’union d’une campagne collective, doit éviter de générer du risque de confusion avec sa composante d’origine. Tous les efforts qu’a déjà faits le parti dans ce sens, tous ceux qu’il continuera à faire ne sont pas des reculs mais des avancées.

Il a été proposé de rechercher un candidat du Parti Communiste plus connu pour son " militantisme social " que politique. On peut dérisioner à l’infini sur l’étrangeté de la formule. J’en retiens que nos partenaires, dont plusieurs ont repris cette proposition dimanche matin à la tribune, d’une part admettent l’idée que nous jouons un rôle décisif dans la résolution de cette crise, d’autre part sont, pour ceux qui en étaient encore là, en recul sur un anti-communisme que notre attitude ouverte rend de plus en plus inargumentable.

Esquivons les quelques sectaires et manœuvriers (dont certains, peut être, espéraient secrètement nous voir passer en force). Dépassons même l’assemblée de ce week-end qui ne reflétait que très imparfaitement ce qui se vit dans les comités. Intéressons nous plutôt à cette dynamique de base qui réclame avec sincérité et passion l’unité.

Dans les collectifs qui se re-réuniront, les militants communistes reviennent grandis. La question est donc : comment renforcer ce statut de rassembleur responsable que la situation et notre attitude nous confèrent ?

Marc DELGRANGE

Villeneuve d’Ascq (59)

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