Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Michel Clouscard Lettre ouverte aux communistes français !

29 Octobre 2016, 14:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le PCF et la contre-révolution libérale.

Michel Clouscard: extrait de "Lettre ouverte aux communistes" Éditions Delga 2016

Ce texte a été rédigé à la fin des années 70, à l'aube de la catastrophe mitterandiste. Il est largement commenté dans la vidéo ci-dessous, ainsi que l'ensemble de l'ouvrage inédit de Michel Clouscard qui vient d'être publié par les éditions Delga.Ce texte a été rédigé à la fin des années 70, à l'aube de la catastrophe mitterandiste. Il est largement commenté dans la vidéo ci-dessous, ainsi que l'ensemble de l'ouvrage inédit de Michel Clouscard qui vient d'être publié par les éditions Delga.

LES CHOSES pourraient être pourtant si simples, pour les communistes; c’est le seul parti qui dispose d’un corps doctrinal pour analyser l’évolution des sociétés et leurs crises: le .
Faut-il encore l’actualiser.

La récente métamorphose de la société française peut donc être définie selon ce schéma: le passage du  monopoliste d’État de l’ascendance au  monopoliste d’État de la dégénérescence : la crise.

À l’exploitation par les cadences infernales, qui a permis la croissance, ont succédé l’austérité et le chômage massif. Comment se fait-il que le Parti communiste français n’ait pas su exploiter ces situations, pour accumuler les profits électoraux?

Pour ce faire, il aurait fallu proposer une distinction radicale, celle des nouvelles couches moyennes et celle de la classe moyenne traditionnelle. La plupart des observateurs confondent les deux en cette nébuleuse: classes moyennes. Eux, du moins, ont une excuse: ils ne sont pas marxistes. Mais il faut bien constater que la plupart des communistes identifient aussi ces contraires.

C’est que ces nouvelles couches moyennes sont très embarrassantes pour les doctrinaires marxistes. Elles vont à l’encontre du Vieux schéma qui prévoit la radicalisation des extrêmes: concentration de la grande bourgeoisie et paupérisation (absolue ou relative ?) de la classe ouvrière.

Or, dans les pays dits « post-industrialisés », c’est le contraire.

Le capitalisme monopoliste d’État a procédé a cette géniale « invention » : les nouvelles couches moyennes. 

Il faut en proposer l’élémentaire nomenclature. Ce nouveau corps social relève de l’ extraordinaire développement de trois secteurs professionnels très disparates. Celui, très traditionnel, des fonctionnaires, employés du privé, professions libérales, qui a connu un saut quantitatif et du coup une mutation qualitative. Celui des nouveaux services spécifiques du capitalisme monopoliste d’État (concessionnaires, agences de voyages…) Celui des ingénieurs, techniciens, cadres (ITC), qui rend compte du progrès technologique et de sa gestion sous tutelle capitaliste.

Ces nouvelles couches moyennes ont été le support du libéralisme, nouvelle idéologie qui s’oppose radicalement a celle de la classe moyenne traditionnelle, laquelle se caractérise par la propriété des moyens de production. La stratégie libérale consiste a s’appuyer sur ce corps des services et des fonctions. C’est toute une nouvelle culture qui dénonce même l’avoir.

Quel paradoxe: ce sont ces couches moyennes, qui ne sont pas possédantes de leurs moyens de production, qui sont le meilleur support du capitalisme! 

Il est vrai qu’elles ont été gâtées. Ce sont elles qui se sont partagé la plus grosse part du gâteau de l’ascendance. Et cela grâce a une savante redistribution du profit capitaliste par la politique des revenus de la société du salariat généralisé.

Ces nouvelles couches moyennes ne sont pas propriétaires de leurs moyens de production, elles ne sont pas – en leur majorité – des forces productives directes mais elles se trouvent au résultat du procès de production, des autres, la gueule ouverte, pour tout engloutir. Elles se paient même le luxe de dénoncer la « Société de consommation ». Cette idéologie est devenue une idéologie dominante, depuis Mai 1968, ce 14-Juillet des nouvelles couches moyennes. Elle a sécrété les nouveaux modèles de la consommation « libérale ».

Cette idéologie de la libéralisation n’est pas le seul support de la contre-révolution libérale. Le management, celui des grands monopoles, prétendra même dépasser… le marxisme. Ne dispose-t-il pas, en son sein, des techniciens supérieurs et des ingénieurs, forces productives directes ? Du coup, nous dira-t-on, la force productive traditionnelle, celle de l’ouvrier non qualifié, deviendrait un simple appoint.

Il est fondamental de comprendre que cette contre-révolution libérale est devenue l’idéologie et la réalité dominantes. Elle a fait éclater les clivages traditionnels de la droite et de la gauche. Maintenant, elle est autant à droite qu’à gauche. 

Entre le libéralisme avancé de Giscard [Sarkozy] et la social-démocratie retardée de Mitterrand [Hollande], ou est la différence ?

Le dogmatisme du PCF l’a empêché de comprendre cette métamorphose de la société française, le rôle des nouvelles couches moyennes, la nouvelle stratégie du capitalisme: la contre-révolution libérale, qui n’a pas grand-chose de commun avec la « droite » traditionnelle. Mais la crise peut lui permettre de se rattraper, et même d’inverser la tendance.

Le moment est venu pour les communistes de dire : « C’était formidable, votre combine, dommage que ça se casse la figure. Vous avez Cru que c’était arrivé, alors que vous ne faisiez que vérifier nos analyses: le capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance apporte une croissance économique fantastique dans la mesure ou celle-ci propose les conditions d’une crise non moins fantastique. Le capitalisme de l’ascendance n’est que les conditions objectives de la crise. »

C’est le moment de s’adresser a ces nouvelles couches moyennes pour leur montrer qu’elles se sont réparties selon une implacable hiérarchie sociale: grande, moyenne, petite bourgeoisie. Une énorme partie de ces couches a des intérêts de classe analogues à ceux de la classe ouvrière traditionnelle.

Pour sortir ces couches moyennes de leur engourdissement libéral, il faut les prévenir de ce qui les attend: le chômage massif. Autant le capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance a créé des emplois artificiels, non productifs, d’encadrement, de plumitifs, autant celui de la crise les liquidera sauvagement pour mettre en place, dans le tertiaire et le quaternaire, l’appareillage de l’informatique et de la robotique.

Il faut montrer aux productifs de ces couches – techniciens, ingénieurs – qu’ils participent au travailleur collectif et qu’ils sont, eux aussi, victimes du management des improductifs. La création d’emplois devrait étre au coeur du débat. Les postes d’encadrement technocratique ne sont-ils pas l’empêchement a priori de la création d’emplois productifs? Tout un cheminement vers l’autogestion est possible, de par la simple recherche des nouveaux critères de gestion.

Autant la montée hégémonique des nouvelles couches moyennes a permis la contre-révolution libérale, autant leur remise en question par la crise devrait permettre la remontée du socialisme et du Parti communiste français. Mais il faudrait alors procéder dialectiquement, se tourner aussi vers la classe moyenne traditionnelle et ne pas rater, non plus, sa « récupération » partielle. Car, que de magnifiques occasions ont été manquées aussi de ce coté-la.

C’est que cette classe sociale participe au travailleur collectif. Et à ce titre, elle a été doublement remise en question, par le capitalisme monopoliste d’État de l’ascendance. Autant celui-ci a fait la promotion des nouvelles couches moyennes, autant il a « enfoncé » une grande partie de la classe moyenne traditionnelle. Comment ne pas s’être rendu compte de ce dispositif contradictoire de la France de la modernité ?

C’est sur le dos du petit et moyen commerçant, paysan, entrepreneur, que se sont édifiés les monopoles puis le capitalisme monopoliste d’Etat. Mais surtout: quelle mise en boite idéologique! Comme ces gens-la se sont fait chambrer par l’idéologie libérale de la libéralisation! Eux, qui défendent les valeurs traditionnelles du mérite, du travail, de l’économie, du réinvestissement, ont vu leur genre de vie totalement remis en question par l’extraordinaire marché du désir nécessaire a l’économie politique du libéralisme, par l’idéologie non moins nécessaire à l’écoulement de la marchandise de cette industrie du loisir, du plaisir, du divertissement, de la mode. On connaît toutes leurs conséquences : délinquance, insécurité, etc.

Alors, pourquoi ne pas avoir proposé à ces éléments du travailleur collectif les arguments théoriques et les modes d’action qui leur auraient permis de dénoncer la suffisance et l’arrivisme de la hiérarchie libérale? Lutter contre le laxisme du libéralisme, c’est programmer toute une reconquête culturelle.

La crise peut donc permettre au Parti communiste de « récupérer » une grosse partie du corps électoral, partie des nouvelles couches moyennes et de la classe moyenne traditionnelle. Il doit lutter contre les deux grands effets pervers du libéralisme, économique et culturel, pour rendre au travailleur sa dignité professionnelle et morale.

C’est d’autant plus urgent que se profile ce qui pourrait devenir un néo-fascisme qui serait la sinistre et hétéroclite collusion des privilégiés du libéralisme, qui ne veulent rien céder de leurs privilèges acquis et de la vieille droite revancharde qui, elle, veut reconquérir les siens.

Michel Clouscard Lettre ouverte aux communistes français !
Michel Clouscard Lettre ouverte aux communistes français !

Voir les commentaires

Conseil Constitutionnel: Les « Sages » ne sont pas très sages

29 Octobre 2016, 14:19pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Conseil Constitutionnel: Les « Sages » ne sont pas très sages

 

Chronique parue dans Liberté Hebdo.par Eric Bocquet

Chacun a pu entendre parler du Conseil Constitutionnel. C’est une institution française créée par la Constitution de la 5e République, son rôle principal est de veiller à la conformité des lois et règlements votés par le Parlement et l’Exécutif, il veille au grain au cas où le Parlement viendrait à dévier du droit chemin.

Le Conseil Constitutionnel est composé de neuf membres, trois sont nommés par le Président de la République, trois par le Président du Sénat et trois autres par le Président de l’Assemblée nationale. Autant dire que cette instance n’a pas de réelle assise démocratique… les anciens Présidents de la République en font partie d’office.

Ce Conseil Constitutionnel vient de décider la semaine dernière de retoquer la création, demandée par le Parlement, d’un registre public des bénéficiaires des trusts ayant des conséquences fiscales en France, les « Sages », c’est ainsi qu’on les appelle, ont estimé en effet que ce registre portait une atteinte disproportionnée au respect de la vie privée. En gros, laissez-nous frauder le fisc en paix.

Les « Sages » de la rue Montpensier ont considéré que la mention des noms dans un registre accessible au public fournit des informations sur la manière dont une personne entend disposer de son patrimoine, il en résulte une atteinte à la vie privée.

Quelques mois après les révélations fracassantes de Panama Papers, cette analyse est tout simplement hallucinante.

Je me suis donc enquis de savoir qui étaient les neuf membres de cette instance « indépendante ». Les voici : Laurent Fabius, Valéry Giscard-dEstaing, Michel Charasse (nommé par N. Sarkozy en 2010), Lionel Jospin et d’autres moins connus parmi lesquels un certain Monsieur Michel Pinault dont le parcours professionnel est somme toute assez évocateur, HEC, ENA, nommé en 2016 par le Président du Sénat, membre du Conseil d’État puis à partir de 1991 Monsieur Pinault reprend le groupe UAP et s’y occupe des affaires juridiques et fiscales. De 2005 à 2007, il est membre de la Commission des infractions fiscales, celle-là même qui instruit les dossiers de fraude fiscale avant de les transmettre éventuellement au ministre du Budget pour poursuite.

Haut fonctionnaire, responsabilités de premier plan au sein de grandes institutions financières privées : la sensibilité aux questions de la transparence sur les trusts, summum de l’opacité, ne peut être la même que celle des lanceurs d’alerte par exemple.
République, ressaisis-toi !

Voir les commentaires

Autoroutes privatisées: Quand allez-vous cesser de brader le patrimoine public au profit des actionnaires ?

29 Octobre 2016, 14:11pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Intervention de

Avec la privatisation des concessions autoroutières en 2006, l’État a perdu une importante manne financière, de l’ordre de 1,5 milliard d’euros par an.

Alors que s’engagent les discussions sur le dernier projet de loi de finances de ce quinquennat, le Gouvernement devrait, enfin, remettre en cause ce choix.

Ces contrats de concession ne sont pas immuables. L’article 38 les concernant permet de les dénoncer au motif de l’intérêt général, sans alourdir la dette au sens des critères de Maastricht.

Cette dénonciation permettrait enfin de s’engager dans la voie de la renationalisation pour retrouver la souveraineté publique sur les infrastructures et dégager des moyens financiers au service de la transition écologique et de l’aménagement du territoire. Nous le savons tous, les enjeux du ferroviaire, notamment, nécessitent de lourds investissements.

À l’opposé d’une renationalisation, le Gouvernement s’entête dans le choix de la privatisation du bien public au nom de l’emploi et de l’activité des travaux publics, laquelle n’est pas avérée, pour prétendument relancer la machine économique, relance qui n’est pas avérée non plus.

Ainsi, à la suite du premier plan de relance qui prévoit un allongement de la durée des concessions, le Gouvernement a annoncé un second plan.

Or aucun bilan n’est tiré du premier plan, très favorable aux concessionnaires puisque, là où ils investissent un euro, ils récupèrent 4,5 euros.

Ce second plan sera cette fois financé par une augmentation des péages, ainsi que par une participation des collectivités, pour un montant d’un milliard d’euros.

Non content d’utiliser l’argent public pour conforter le secteur privé, le Gouvernement en appelle maintenant au budget des collectivités pour satisfaire les actionnaires, afin, par exemple, de financer les lignes TGV et autres infrastructures.

Quand l’État cessera-t-il de brader le patrimoine public au profit des actionnaires ? Quand le Gouvernement va-t-il enfin ouvrir la voie à la reconquête des moyens publics pour financer l’intérêt général ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRC.)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement.

M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Madame Didier, vous l’avez rappelé, le capital des sociétés autoroutières a été privatisé en 2006.

La piste d’une renationalisation a été évoquée, travaillée, mais nous avons constaté que cela impliquerait une indemnisation de plusieurs dizaines de milliards d’euros et, s’agissant des investissements publics – vous parliez, par exemple, du ferroviaire –, nous ne pouvions pas nous disperser. Un tel effort n’était pas soutenable pour les finances de l’État. C’est pourquoi nous avons fait un choix différent, mais plus efficace, celui du renforcement de la régulation des concessions existantes, dans le courant de l’année 2015.

C’est ainsi que l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières, l’ARAFER, a été nouvellement chargée d’une régulation sur ces sociétés d’autoroutes. Elle a une capacité de contrôle et de sanction lorsque les éléments du plan ne sont pas appliqués.

Nous avons mis en place, le 28 juillet dernier, un nouveau plan autoroutier. Il s’agit d’autoriser les sociétés concessionnaires à contribuer de façon minoritaire au plan de financement de travaux d’échangeurs attendus sur les territoires. Ces travaux, qui sont demandés par les collectivités, étaient jusqu’à présent entièrement pris en charge par ces dernières. C’est donc un progrès important pour elles.

Un certain nombre de dossiers, dont la pertinence est avérée en termes d’opportunité pour la desserte et l’activité économique locales, sont déjà avancés. Ces plans seront mis en œuvre dans un contexte par ailleurs difficile pour les travaux publics.

Les hausses de péage concomitantes seront modérées puisqu’elles s’établiront à 0,3 %, quelques centimes d’euro, entre 2018 et 2020.

Voilà pourquoi nous pensons que la politique de relations rénovée et rééquilibrée qui a été mise en œuvre avec les sociétés d’autoroutes représente tout à la fois un progrès et une bonne dépense de l’argent public.

M. le président. La parole est à Mme Évelyne Didier, pour la réplique.

Mme Évelyne Didier. Monsieur le secrétaire d’État, pour avoir été présente lors de la concertation avec les parlementaires, je puis vous assurer que nous n’avons pas eu un éclairage suffisant sur ce sujet.

Je maintiens l’idée que l’État pouvait parfaitement emprunter, surtout au vu des taux pratiqués aujourd’hui, parce qu’on pouvait considérer qu’il s’agissait d’un service à part, hors périmètre de la dette au sens des critères de Maastricht.

En tout cas, dès 2028, l’État percevait chaque année une somme de 1,5 milliard d’euros, ce qui n’est pas négligeable, mais c’est de la maîtrise publique et c’est ce que nous souhaitions.

Voir les commentaires

Il est temps de donner à ce combat (évasion fiscale) une dimension planétaire

29 Octobre 2016, 14:00pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Intervention au Sénat 

Organisation d’une conférence internationale sur l’évasion fiscale -

 Par

 

Monsieur le président, madame la secrétaire d’État, mes chers collègues, nous voulons profiter de cette niche consacrée aux débats parlementaires pour parler de nouveau et inlassablement de ce magnifique sujet qu’est l’évasion fiscale internationale.

Certains objecteront peut-être que le groupe communiste républicain et citoyen va encore une fois dérouler son couplet habituel sur la question.

Mme Nathalie Goulet. Ce n’est pas grave !

M. Éric Bocquet. Madame la secrétaire d’État, vous me permettrez d’aborder un sujet peu habituel dans notre Haute Assemblée, à savoir le championnat de football national. (Sourires. – Mme Nathalie Goulet et M. Jacques Chiron s’exclament.) Cela peut en effet surprendre, mais je souhaite évoquer la situation d’un grand club français, l’Olympique de Marseille. Mon propos concernera non ses résultats sportifs, mais bien plutôt sa nouvelle situation administrative. Vous le savez sans doute, ce club légendaire vient d’être acheté par un milliardaire américain, M. Frank McCourt, promoteur immobilier de son état, ancien propriétaire du club de baseball des « Dodgers » de Los Angeles. Si j’en parle, c’est parce que la holding qui assurera la gestion de l’Olympique de Marseille va s’installer dans l’État américain du Delaware,... (Exclamations sur les travées du groupe CRC. – M. André Gattolin s’exclame également.)

Mme Nathalie Goulet. Ah, nos chers amis du Delaware !

M. Éric Bocquet. … qui, comme chacun le sait, héberge 50 % des entreprises cotées à la bourse de New York ! Ces pratiques se nichent partout.

Mme Annie David. Il s’agit d’évasion fiscale !

M. Éric Bocquet. Ce choix n’a rien de touristique. Il tient évidemment aux facilités juridiques offertes par l’État en question, ainsi qu’à ses vertus fiscales bien connues de toutes les femmes et tous les hommes d’affaires aux États-Unis, y compris de M. Trump et de Mme Clinton d’ailleurs ! (Sourires.) Le sujet a resurgi la semaine dernière lorsque nous avons appris que les neuf sages du Conseil constitutionnel avaient décidé de rejeter le registre public des trusts, estimant que ce registre portait « une atteinte manifestement disproportionnée » au respect de la vie privée.

Mme Nathalie Goulet. Ah ça !

M. Éric Bocquet. Les sages de la rue de Montpensier ont considéré que la mention de ces noms dans un registre accessible au public fournissait « des informations sur la manière dont une personne entend disposer de son patrimoine » et qu’il en résultait « une atteinte au droit au respect de la vie privée ». Ces propos nous laissent cois !

Chacun le sait, les trusts sont des entités juridiques qui permettent à des personnes physiques ou des sociétés de transférer des actifs à une personne de confiance qui les gère selon les consignes qui lui sont données. Ces montages permettent également de dissimuler l’identité des véritables ayants droit. Notre pays avait décidé de créer un registre listant ces structures controversées après que le scandale des Panama papers a éclaté au mois d’avril dernier. Selon nous, la décision du Conseil constitutionnel est tout à fait contraire à l’intérêt général, à l’intérêt de la République et de l’ensemble de nos concitoyens. Ces trusts sont en effet l’un des outils favorisant l’opacité. La décision du Conseil constitutionnel met en balance la protection de la vie privée et la défense de l’intérêt général. Qui parle encore aujourd’hui des révélations fracassantes des Panama papers voilà quelques mois ? Le consortium international des journalistes d’investigation avait livré des informations hallucinantes dans la presse et révélé le scandale lié à la création de sociétés offshore au Panama, entraînant la démission du Premier ministre islandais et de celle de l’un des membres du gouvernement de Mariano Rajoy en Espagne, ébranlant légèrement le Premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, dont le nom fut cité.

Ces révélations eurent également pour conséquence de pousser la commission des finances du Sénat à auditionner une nouvelle fois M. Oudéa, directeur général de la Société générale, audition qui – nous le déplorons toujours – n’eut aucune suite judiciaire.

Mme Nathalie Goulet. Absolument !

M. Éric Bocquet. Il faut donc sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier. Mes chers collègues, souvenez-vous des déclarations très volontaristes de l’ancien Président de la République au lendemain du G20 de Londres au mois avril 2009. Il déclarait alors, sur le ton très péremptoire que chacun lui connaît : « Les paradis fiscaux [...], c’est terminé !

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Ah ?

M. Éric Bocquet. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et beaucoup de milliards se sont réfugiés sous les climats fiscaux tempérés de territoires exotiques, tels que les Bahamas, les Îles Vierges britanniques ou Singapour.

M. Jean-Claude Requier. Ça fait rêver ! (Sourires.)

M. Éric Bocquet. En effet, après cette condamnation à mort de l’évasion fiscale, nous avons eu droit à une cascade de révélations plus scandaleuses les unes que les autres.

Rafraîchissons-nous un peu la mémoire : OffshoreLeaks, UBS, HSBC, Cahuzac, Luxleaks, Panama papers ou encore, au mois de septembre dernier, les BahamasLeaks avec la découverte de l’existence d’une société offshore aux Bahamas, dont la directrice n’était autre que Neelie Kroes, ancienne commissaire européenne en charge de l’économie numérique, aujourd’hui salariée du groupe Uber.

Mme Annie David. Eh oui !

M. Éric Bocquet. Trop, c’est trop ! Il est temps de passer des paroles aux actes à l’échelle internationale ! À ce stade, il n’est pas inutile de rappeler les effets de l’évasion fiscale sur les peuples et les États.

Les commissions d’enquête du Sénat et de l’Assemblée nationale sur cette question ont montré que les pertes fiscales pour le budget de la République étaient comprises entre 60 milliards d’euros et 80 milliards d’euros chaque année. Rappelons que le déficit pour 2016 est estimé à 74 milliards d’euros !

Pour l’ensemble de l’Union européenne, les pertes s’élèvent à 1 000 milliards d’euros chaque année, soit l’équivalent de six fois le budget de l’Union européenne. Tous les États membres sont donc concernés.

Enfin, selon une étude sérieuse conduite par l’économiste Gabriel Zucman, 8 % de la richesse mondiale serait gérée dans les paradis fiscaux, soit environ 5 800 milliards de dollars.

Mme Annie David. C’est monumental !

M. Éric Bocquet. Les conséquences pour les peuples sont connues : ces pertes fiscales considérables se traduisent par la mise en œuvre de politiques d’austérité et de réduction de la dépense publique qui aggravent les conditions de vie d’une part croissante de nos concitoyens. Afin d’illustrer mon propos, madame la secrétaire d’État, je prendrai l’exemple récent de la multinationale américaine Apple qui, au-delà de sa production de téléphones dits « intelligents », a fait la démonstration de sa capacité à mettre en œuvre une fiscalité très intelligente en Irlande. Rappelons les chiffres : ce ne sont pas moins de 13 milliards d’euros qui ont manqué au budget de la République d’Irlande en quelques années ; 13 milliards d’euros, cela représente 20 % des recettes fiscales de ce pays.

Pourtant, l’Irlande dispose déjà d’un taux d’impôt sur les sociétés très faible en Europe, de l’ordre de 12,5 %. Or nous apprenons que le groupe Apple a bénéficié d’un taux d’imposition effectif de 0,005 % ! (Exclamations ironiques sur les travées du groupe CRC.) Pendant ce temps-là, le peuple irlandais s’est vu imposer une austérité draconienne !

À l’époque, je lisais des articles dans la presse irlandaise qui posaient la question de ce qu’aurait pu faire l’Irlande avec ces 13 milliards d’euros. Première suggestion : cette somme aurait pu servir à construire vingt hôpitaux représentant un coût de 650 millions d’euros chacun. Autre suggestion : cette somme aurait permis de tripler les crédits consacrés à la construction de logements sociaux. Avec cet exemple, le lien entre les conséquences de l’évasion fiscale et les conditions de vie de nos concitoyens est ainsi clairement établi.

Ces pratiques intolérables indignent l’opinion à juste titre et semblent avoir déclenché une prise de conscience du problème. L’impôt, c’est la loi. L’impôt, c’est aussi le prix à payer pour vivre dans une société civilisée, comme le déclarait Henry Morgenthau, secrétaire américain au Trésor du président Roosevelt dans les années trente, au plus fort de la crise.

Oui, il est temps de donner à ce combat indispensable pour l’avenir du monde une dimension planétaire !

L’an dernier, la France a accueilli une Conférence des parties climatique, la COP21, qui a rassemblé tous les pays du monde. L’évasion fiscale et la finance dérégulée depuis plusieurs décennies créent, elles aussi, des trous, non dans la couche d’ozone, mais dans les budgets des États, ceux dits « développés » comme ceux du sud de la planète !

Aussi proposons-nous de mettre en place au plus vite une COP21 de la grande finance internationale et de la fiscalité. Cet événement rassemblerait tous les États du monde, bien au-delà des pays du G20, les ONG, les élus, les lanceurs d’alerte, les journalistes, les représentants syndicaux, toutes celles et tous ceux qui combattent ce fléau planétaire depuis des années et formulent des propositions concrètes.

Cette COP21 financière et fiscale fixerait alors une feuille de route dont les principaux objectifs consisteraient à ouvrir d’abord le chantier de l’harmonisation fiscale,…

Mme Brigitte Gonthier-Maurin. Absolument !

M. Éric Bocquet. ... à créer ensuite les conditions d’une véritable transparence publique des grands groupes et des grandes banques du monde, y compris des banques françaises, à réaffirmer enfin le primat du politique qui, seul, peut garantir l’égalité et créer les conditions du développement de tous.

La première session de cette COP financière et fiscale pourrait se tenir de manière symbolique, non pas à Londres, New York ou Paris, mais à Bujumbura, capitale du Burundi, l’État le plus pauvre du monde avec un PIB de 315 dollars par habitant. (M. André Gattolin s’exclame.) Madame la secrétaire d’État, mes chers collègues, la France seule ne peut pas relever ce défi. En revanche, elle peut jouer un rôle moteur, décisif pour soutenir cette initiative. Il est temps de changer de braquet et d’avoir de l’ambition ! Il y va aussi du développement humain, de la démocratie et des libertés. Ce travail de lutte contre l’évasion fiscale se fera peut-être à l’horizon d’une génération, on le sait, mais l’enjeu est de taille et exige l’implication de tous les citoyens, ici et ailleurs ! Il est urgent de redonner à toutes ces multinationales un « domicile fisc » !

 
 

Voir les commentaires

Liberté Hebdo est votre journal, nous faisons appel à vous :

28 Octobre 2016, 18:51pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 
Vous connaissez le principe ? Non ?
Presse et Pluralisme nous permet de percevoir des dons tout en vous assurant une réduction d'impôts de 66 % .
Il vous suffit d'envoyer à l'association votre chèque libellé à "Presse et Pluralisme/Opération Liberté-Hebdo" comme indiqué avec le document joint.
Vous recevrez le reçu fiscal correspondant.
Lisez-le attentivement et respectez bien la procédure.
Une belle occasion d'apporter votre soutien à votre canard rouge préféré !
Liberté Hebdo est votre journal, nous faisons appel à vous :

Voir les commentaires

Le cercle Aragon de l'Arrageois: Film Débat, une jeunesse Parisienne en Résistance

28 Octobre 2016, 16:57pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le cercle Aragon de l'Arrageois: Film Débat, une jeunesse Parisienne en Résistance
Le cercle Aragon de l'Arrageois: Film Débat, une jeunesse Parisienne en Résistance

Voir les commentaires

CETA : le PTB appelle les parlementaires à rejeter l’ultimatum

28 Octobre 2016, 15:43pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Il y a un projet d’accord intra-belge afin de permettre au gouvernement fédéral de signer le traité de libre-échange avec le Canada, le fameux CETA. Tout d’abord, ce projet d’accord doit encore être approuvé dans les différents Parlements. Tant que ce ne sera pas le cas, ce projet d’accord n’a aucune valeur. Un nouvel ultimatum y est attaché : il doit être signé dans les 48 heures à venir.

« L’accord sur le CETA est un mauvais accord. Aucune virgule ne change au niveau du texte même du traité. Les tribunaux d'exception pour les multinationales restent maintenus. Les clauses environnementales et sociales ne sont pas contraignantes », a expliqué Raoul Hedebouw au Parlement. Le député du PTB a remercié le Parlement wallon pour le débat qu'il a amorcé et a dénoncé la pression exercée sur la Wallonie pour qu’elle accepte cet accord désastreux : « On peut s'exprimer sur le CETA à condition qu'on dise oui. Sinon, on ne peut pas. »

Voir les commentaires

Chômage : "L'idée d'une baisse du chômage est une imposture"

28 Octobre 2016, 15:10pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Chômage : "L'idée d'une baisse du chômage est une imposture"

L'idée selon laquelle les derniers chiffres de Pôle Emploi prouveraient que François Hollande est en train de vaincre le chômage est une imposture.

Certes, le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A a baissé en septembre mais le nombre total des demandeurs d'emploi, y compris ceux qui ont travaillé quelques heures au cours du mois, est en augmentation : + 1 % sur un an, le chiffre officiel atteint 5,78 millions.

En effet, les "petits boulots" en CDD explosent, de même que le nombre de chômeurs qui n'entrent pas dans ces statistiques parce que, découragés, ils ne s'inscrivent même plus à Pôle emploi, comme le montrent les enquêtes de l'INSEE sur le "halo" du chômage. 

Contrairement à ce que prétendent le gouvernement et le MEDEF, les politiques de baisse du coût du travail ne font pas baisser le chômage, elles approfondissent la crise du marché du travail.

C'est au coût du capital qu'il faut s'attaquer. Tandis que les PME qui pourraient embaucher n'osent même plus demander un crédit à leur banque de peur de se voir fermer la porte au nez, l'argent des marchés financiers et de la BCE coule à flot pour les multinationales comme Danone à qui les banques ont prêté cet été de quoi racheter, pour 12,5 milliards d'euros, le "roi du bio" sur le marché américain. 

Faire reculer vraiment chômage et précarité, jusqu'à les éradiquer, est urgent, c'est ce que demandent les français.

Le PCF propose une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation.

Tout de suite, des moyens concrets pour conquérir des pouvoirs dans les entreprises, dans les bassins d'emplois, les régions, et mettre ainsi l'argent des entreprises, l'argent des banques et l'argent public au service de la création d'emplois, de la formation des travailleurs, de la création de richesses dans les territoires, du développement des services publics.

Voir les commentaires

L'urgence de Ré-humaniser la vie au travail des postiers

28 Octobre 2016, 14:51pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

La dégradation des conditions de travail à la Poste est une réalité vécue au quotidien par les postiers confrontés à une politique de management et des organisations du travail de plus en plus incohérentes.

 

Les réorganisations incessantes et souvent menées à la Hussarde dans tous les services, au nom de la sacro sainte rentabilité financière et la recherche absolue du profit immédiat n'ont fait que dégrader les conditions de travail des postières et postiers, supprimer des milliers d'emplois et mettre à mal le service public postal.

 

Une situation qui percute de plein fouet la conscience professionnelle des postiers attachés au travail bien fait dans le cadre du service public postal, lequel vient à nouveau d'être plébiscité par la population dans un récent sondage.

Les luttes multiples qui aujourd'hui touchent l'ensemble des départements et de nombreux métiers sont l'expression du ras le bol, d'une souffrance au travail généralisée aux conséquences pouvant être dramatiques et d'une exigence de changement de la vie au travail.

 

La direction de La Poste doit sortir d'urgence d'une communication interne et externe de déni, faite d'éléments de langage et déconnectée de la réalité d'un climat délétère qui chaque jour qui passe éclate au grand jour.

La CGT prend acte de la décision d'ouvrir sans attendre les négociations sur les métiers et les conditions de travail des facteurs et de leurs encadrants. Une décision imposée par les luttes actuelles.

 

La CGT a bien l'intention de placer ces négociations sous le contrôle permanent des personnels concernés et de permettre que les revendications qui s'expriment dans les luttes soient au cœur des discussions.

 

Organisation et conditions de travail, recrutements d'emplois stables au regard des besoins exprimés par les postiers, formation, augmentation des salaires, la CGT mettra tous les sujets sur la table et elle appelle les postiers à en faire de même localement pour peser sur les discussions qui démarrent le 26 Octobre.

 

La CGT réitère son invitation à l'ensemble des organisations syndicales de se rencontrer afin de créer les conditions de l'action des postiers dans l'unité pour porter ensemble les revendications, être plus fort et gagner des avancées.

La CGT considère que le mal être au travail est aujourd'hui une réalité qui touche l'ensemble des postiers et leur encadrant.

 

La CGT revendique donc l'ouverture de négociations du même ordre pour tous les métiers du Groupe.

 

L'urgence de Ré-humaniser la vie au travail des postiers

Voir les commentaires

Liberté Hebdo 1243: L'édito de Franck

28 Octobre 2016, 14:25pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1243: L'édito de Franck

BAS LES MASQUES CITOYENS POLICIERS

La souffrance des policiers est-elle bien entendue ?

Coincés qu’ils sont entre leurs consciences, les moyens concédés pour leurs missions, et les enjeux politiques, les fonctionnaires en charge de notre sécurité ont besoin d’être écoutés.

 

Mais comment comprendre la rencontre qu’il y a eu mercredi soir entre les syndicats et leur ministre, sachant que la CGT n’était pas invitée car non représentative dans la profession ?

 

Car, il y a bien un paradoxe syndical dans la police. Malgré un taux de syndicalisation élevé dans la profession, les fonctionnaires de police s’estiment mal représentés.

Mais quel rôle joue les syndicats majoritaires vis-à-vis de leur ministre de tutelle ?

 

C’est la question que posent nombre d’observateurs. Mutations, promotions et primes sont au centre des préoccupations des réunions paritaires menées dans le cadre institutionnel.

Résultat, les revendications ne sont pas entendues. Les conflits liés aux conditions de travail et aux relations avec la hiérarchie, comme dans tous les métiers, sont-ils moins traités qu’ailleurs ?

 

Sans aucun doute.

 

Des heures supplémentaires non payées, des lieux de travail en mauvais état, des véhicules ou du matériel défectueux, des ordres mal compris…

La grogne exprimée par les fonctionnaires d’État doit inquiéter tous les républicains de ce pays.

Le Front National, visiblement absent des débats sur la loi travail, se dépêche d’apporter son soutien au mouvement. Quand en plus, le premier secrétaire du PS, Cambadélis, crie à la manipulation frontiste….

Gardons-nous de cet amalgame grossier !

 

Réclamons surtout que tombent les cagoules des manifestants et que leurs armes restent au vestiaire.

Quel spectacle pour les citoyens que nous sommes !

 

Il y a visiblement une perte de sens dans l’évolution actuelle de la société. La formation des agents, nous l’avons déjà dit, doit changer. Les 250 millions concédés mercredi soir par le ministère de l’Intérieur ne résolvent pas tout.

13000 fonctionnaires de police manquent à l’appel depuis les réductions d’effectifs imposées par Nicolas Sarkozy, qui supprima aussi la police de proximité.

 

Comme la santé ou la justice, la sécurité publique doit être la même pour tous. Au-delà des questions d’intégrité, de sens du service public, du sacrifice, les fonctionnaires de police rencontrent les mêmes difficultés que tout un chacun pour la scolarisation de leurs enfants, leur logement…

Confrontés, comme les médecins ou les pompiers, aux plus durs aspects du quotidien, ils sont souvent, comme l’enseignant face à sa classe, le seul exemple de service public dans certains territoires privés de CAF, de bureaux de poste…

La délinquance se nourrit des publics en détresse de plus en plus fragilisés par l’abandon par l 'État des missions de service public.

La France ne peut pas laisser détruire son système social.

Au regard des échéances électorales de 2017, il est nécessaire que se rassemblent au plus vite toutes les forces progressistes pour reconstruire et bâtir une République basée sur l’Humain d’abord.

Voir les commentaires

Mélenchon pape ?

26 Octobre 2016, 10:57am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

cet article de Descartes à le mérite de "démystifier" la candidature solitaire de Jean Luc Mélenchon et de mettre à jour l'opacité de la structure dite "France (in)soumise". 

le sujet mérite débat:

Quand un ami m’a proposé d’assister à « l’assemblée générale des Insoumis » des Bouches du Rhône le 8 octobre dernier, j’ai sauté sur l’occasion d’observer ces « insoumis » dans leur sauce. Je dois avouer en effet que depuis que j’ai quitté la région pour aller travailler ailleurs, je n’y fais que des sauts occasionnels et je ne garde que de loin un œil sur l’évolution de la situation politique locale.

 

Nous nous sommes donc retrouvés à 250 dans une salle municipale de la banlieue de Marseille, avec la disposition « en cercle » devenue classique dans ce genre de réunion depuis que la « gauche radicale », se laissant aller à ses penchants gauchistes, a décidé qu’il n’y aurait plus d’estrade, de tribune, ni rien qui puisse établir une séparation entre « dirigeants » et « dirigés ». Oh, je vous rassure, la séparation est toujours là, plus forte que jamais, et c’est pourquoi il ne faut pas qu’elle soit visible. J’y reviendrai.

 

Après la disposition, le public. Je n’ai bien entendu aucun moyen de faire une statistique, mais sur les 250 personnes présentes, une très grande majorité de têtes blanches. En fait, cela avait un petit côté « minuit à Paris » : on se serait cru revenus aux « collectifs antilibéraux » de 2007. Etaient présentes le ban et l’arrière ban des vieilles gloires gauchistes locales que j’ai connues autrefois. Essentiellement des enseignants ou des professions libérales, abonnés permanents à tous les « forums », « collectifs » et autres causes perdues qui vont de la lutte contre un contournement routier aux campagnes contre « l’islamophobie ». Quelques jeunes, essentiellement des étudiants. Un ou deux syndicalistes. On notait la présence de beaucoup d’ex militants du PCF, et l’absence de tout dirigeant local de cette formation.

 

La réunion était structurée en trois temps : une intervention d’introduction confiée à Alexis Corbière en tant que porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, un débat de politique générale, et un deuxième débat sur l’organisation de la campagne. Pour ce qui concerne le débat de politique générale, c’était là encore un retour nostalgique vers le passé, qui m’a renforcé dans la conviction que ces gens n’ont rien oublié, et rien appris. On a entendu les mêmes discours devenus à force de répétition quasi-rituels. Il y eut le « jeune » qui intervient « en tant que jeune » et qui explique que les jeunes sont une « catégorie sociale » - comme si les intérêts du jeune ouvrier était plus proche du jeune bourgeois que de l’ouvrier adulte. Il y eut la militante « contre l’islamophobie » pour appeler les femmes présentes à « se baigner en burkini » en solidarité avec leurs sœurs musulmanes. Il y eut le traditionnel appel à « ne pas relativiser la question sociale » suivie d’une avalanche de questionnements sociétaux. Seule dissonance, venue d’anciens militants du PCF : la demande d’une position plus claire et plus ferme vis-à-vis de la sortie de l’Euro et de l’UE. Clairement, ceux qui militent dans les quartiers sentent combien il est difficile de contrer l’argumentaire du FN avec des logiques du type « plan A/plan B ».

 

Pour ce qui concerne le débat sur la campagne, ce fut là bien plus intéressant pour l’observateur dans la mesure où le sujet qui semble obséder les dirigeants « insoumis » est la cueillette des 500 parrainages. Le discours à tenir aux élus qu’on démarche semble d’ailleurs assez honnête : « on ne vous demande pas d’être d’accord avec nous, mais de permettre à un candidat soutenu par quelque 10% de l’électorat de se présenter ». C’était drôle d’entendre cela dans la bouche de ceux qui en d’autres circonstances se sont battus pour que Jean Marie Le Pen – qui à l’époque avait lui aussi le soutien de 10% de l’électorat – n’ait pas les parrainages pour se présenter, mais bon, s’il n’y avait que ça… Le principal problème est qu’on passe assez vite de cette noble position à la question des pressions qu’on peut exercer sur des élus – et surtout ceux du PCF – pour obtenir leur parrainage. Et très vite – chassez le nature, il revient au galop – une partie de l’audience perd de vue l’objectif stratégique pour voir dans cette affaire une opportunité de régler les comptes avec les communistes. Il faut « leur mettre la pression », les « menacer de mettre des candidats contre eux ». Ca promet pour la campagne…

 

Et finalement, le discours de Corbière. Au départ, un discours assez classique, répétant les différents arguments qu’on a entendu mille fois dans la bouche de Mélenchon – y compris les absurdités comme la « règle verte » (1). Mais le plus intéressant ne se trouvait pas là, mais dans la justification de l’organisation adoptée par – ou plutôt pour –  les « Insoumis ». Car si tous les « Insoumis » sont égaux, il apparaît clairement qu’à l’heure de participer aux décisions, certains sont bien plus égaux que les autres. Il y a « l’insoumis de base », qui écoute assis sur sa chaise et à qui on donne de temps en temps la parole, « l’insoumis intermédiaire », qui organise les réunions, distribue les tracts et colle les affiches. Et en haut de l’échelle, il y a « l’insoumis d’élite » qui fait partie du cercle étroit de ceux qui ont accès à Mélenchon en personne et qui participe aux décisions. Et cette division est subtilement dissimulée par le langage. Prenons par exemple l’usage du pronom « nous ». En général, il est utilisé par Corbière pour désigner l’ensemble des « insoumis ». Mais plus tard, ayant entendu des remarques et des critiques, il promet : « nous tiendrons compte de vos remarques ». Qui est ce « nous » particulier qui écoute ce que le « nous » général a à dire ? Georges Marchais avait pour habitude de dire « nous les communistes » où « nous au bureau politique », pour distinguer les deux cas. Chez les « insoumis », on ne prend pas de pareilles précautions.

 

Mais si je vous parle de tout ça, c’est qu’en écoutant Corbière j’ai vraiment pris conscience de quelque chose qui me tarabustait depuis longtemps dans l’organisation du mouvement mélenchonien. Et j’ai pu confirmer mon analyse en regardant la « convention de la France insoumise » de Lille la semaine suivante. Nous sommes devant un phénomène rare à gauche : celui d’un mouvement totalement vertical, où la souveraineté réside en une seule personne. Tous ceux qui chez les « insoumis » exercent une fonction, une autorité, le font au nom du Chef et investis par lui. Qui a décidé de faire d’Alexis Corbière un porte-parole ? De Manuel Bompard un directeur de campagne ? De confier à Jacques Généreux et Charlotte Girard la rédaction du programme ? Et cela ne concerne pas seulement les nominations. Qui décide en dernier ressort du contenu du programme ? Qui a décidé d’organiser la « convention » et fixé sa forme et son ordre du jour ? Qui choisit les candidats pour les législatives – ou ce qui revient au même, la commission chargée de les sélectionner ?

 

Ces questions ont une double réponse. La première est qu’on ne sait pas. Les processus de décision à l’intérieur du « mouvement des insoumis » sont totalement opaques. Celui-ci n’a  pas de statuts, pas de dirigeants connus (2), pas d’instances constituées. On ne connaît les processus de décision que par des confidences ou des lapsus de ses dirigeants. La deuxième, c’est que cette opacité a pour fonction – ou du moins pour effet –  d’occulter la toute-puissance du Petit Timonier, toute-puissance qu’il ne partage qu’avec quelques fidèles choisis par lui. Au PG, Mélenchon faisait déjà la pluie et le beau temps et se réservait le droit de décider en dehors de toute procédure et de toute instance – on l’a vu lors de l’adhésion au PG de Martine Billard et de ses amis, lorsqu’il fut annoncé que Martine Billard avait « accepté de co-organiser le congrès du PG » sans qu’on sache très bien qui lui avait proposé ni dans quel cadre statutaire se plaçait cette « co-organisation ». Mais même au PG la dictature de Mélenchon avait été occultée derrière les apparences de la démocratie, avec des comités nationaux et des bureaux exécutifs élus en théorie par les militants et des statuts votés par un congrès et rendus publics, même si in fine on n’en tenait aucun compte. Chez les « insoumis », on ne s’encombre plus de telles précautions.

 

Certains trouveront que je pinaille. Je ne le pense pas : la démocratie repose en dernière instance sur l’existence de procédures formalisées et transparentes de décision. Ce sont elles qui garantissent que les décisions reflètent la volonté des citoyens, et non celle d’un homme ou d’un groupe. Dès lors que le dirigeant peut les adapter ou les redéfinir à sa convenance sans avoir à rendre des comptes, il n’y a plus de démocratie. A cela, les partisans de Mélenchon répondent qu’on n’avait pas le temps de constituer des procédures car « il fallait agir vite ». Une sorte de « état d’urgence politique ». Or si l’argument de l’urgence est traditionnellement invoqué – et pas forcément à tort – pour justifier toutes sortes de violations des règles et des procédures démocratiques,  l’expérience fait que dans ce cas particulier la  justification paraît douteuse. Après tout, Mélenchon a eu huit ans pour donner au PG un véritable fonctionnement démocratique. Il ne semble pas qu’il se soit empressé de le faire. On est conduit à conclure donc que loin d’être une question d’urgence, la structuration du « mouvement des insoumis » en pontificat absolu de son leader obéit à un choix politique mûrement réfléchi, et non à une quelconque urgence.

 

Mais le plus surprenant, ce n’est pas tant que Mélenchon veuille devenir pontife. Après tout, sa trajectoire et ses affinités sont toujours allées dans ce sens. Ce n’est pas par hasard s’il y a toujours une place dans son autel intime pour Mitterrand. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’il y ait autant de gens dans la « gauche radicale » pour le laisser faire. C’est d’autant plus surprenant lorsqu’on songe au fait que cette gauche a une vieille tradition de méfiance envers les sauveurs suprêmes et autres hommes providentiels, bref, envers tout ce qui sent de près ou de loin le pouvoir personnel. Ceux qui ont fréquenté cette gauche n’ont pu qu’être frappés par l’importance donnée aux procédures démocratiques formelles et aux instances délibératives, à la méfiance presque instinctive vers toute tentative d’accaparation du pouvoir par une personne ou un groupe. Et voilà que tout à coup, ces gens si sourcilleux de délibération collective et de démocratie participative – et croyez-moi, à Marseille ce jour-là j’ai vu des gens qui dans d’autres circonstances auraient crié à la manipulation – sont ravis, extatiques de se voir annoncer par le porte-parole du Chef des décisions prises en dehors d’eux et par une structure totalement opaque. Avouez qu’il y a de quoi perdre son latin…

 

Comment comprendre cette abdication ? Et bien, je ne vois une explication : lorsqu’on observe les choses, on s’aperçoit que le fonctionnement du « mouvement des insoumis » tient plus du mouvement religieux que du politique. La vision « insoumise » évacue le propre du politique – c'est-à-dire, le conflit entre des conceptions et des intérêts différents – pour se placer dans une logique de communion entre des gens qui partagent un projet « naturel » qui n’admet aucune discussion. Le mouvement se conçoit plus comme une élite d’illuminés qui, ayant vu la Vérité, vont porter la bonne parole au monde. Et bien entendu, une fois confronté à cette Vérité qui relève de l’évidence, l’homme de bonne foi ne pourra que l’admettre. Seuls la refuseront ceux qui ont partie liée avec Satan, les suppôts du « 1% » et du Grand Kapital. Cette Vérité est de l’ordre de la morale transcendante, et non politique. Ecoutez Mélenchon parlant à Toulouse en septembre dernier : vous entendrez un prêche – avec ses « Hypocrites ! » lancés à la volée –  pas un discours politique. C’est d’ailleurs pourquoi le « projet » n’est pour les « insoumis » qu’un exercice secondaire, qui n’intéresse personne. Au point qu’on adhère aux « insoumis » avant de connaître le projet, et même avant qu’il y ait un projet à connaître. 

 

Ce penchant religieux concerne autant le fond que la forme. Les discours « déambulatoires » qui sont devenus la règle dans les rassemblements mélenchoniens rappellent curieusement les techniques des évangelistes américains. Le « défilé des insoumis » qui ressemblait drôlement à une procession, présenté par une Charlotte Girard aux accents de télé-évangeliste. Ajoutez à cela la rupture totale avec la symbolique traditionnelle du mouvement ouvrier français (la couleur rouge, l’Internationale…) qui permet de fabriquer un langage symbolique autoréférent (la couleur bleu ciel, le « phi »…), et vous retrouverez des éléments qui sont d’habitude l’apanage des églises et des sectes.

 

Mélenchon tire en fait profit de la demande de « religio » qui affecte notre société, et qui est particulièrement forte chez les  « classes moyennes » qui voient des catastrophes se profiler à l’horizon et que trente ans de matérialisme forcené ont laissée sans références transcendante. La Vérité qui fait les « insoumis » n’est pas si différente que celle qui fait Daesh : dans les deux cas, on rejette un monde perçu comme corrompu au nom d’un idéal de pureté. Il y a à gauche un public qui a besoin de croire, et ce public est prêt à tout abdiquer au bénéfice de celui qui répondra à ce besoin. Et ce besoin de croire s’impose à toutes les contradictions : on peut tonner contre la « monarchie présidentielle » et diriger son propre mouvement comme un monarque, et personne ne trouve rien la chose bizarre…

 

Le « mouvement des insoumis » n’est pas un parti politique, c’est une église. Une église avec un dieu – le « peuple » - qui comme sied à un dieu reste silencieux mais nous envoie un messie pour parler en son nom. Un messie qui tient son autorité non de l’investiture de ses camarades, non d’un projet, non d’une théorie politique, non d’une élection, mais qui s’autorise de lui-même. Et qui par conséquent ne saurait être contredit, ou voir son autorité contestée.

 

Le mérite de Mélenchon – dont on ne saurait trop dire que c’est un tacticien hors pair – est d’avoir compris avant tous les autres ce besoin de croire et de l’avoir exploité. Cependant, si Mélenchon est un grand tacticien il s’est révélé ces dernières années un piètre stratège, et on peut se demander jusqu’où le « mouvement des insoumis » peut survivre l’élection présidentielle. En effet, le contexte de l’élection présidentielle se prête particulièrement aux débordements messianiques. Mais une fois l’élection passée, la politique ne peut plus se faire d’une manière aussi centralisée. Rien que pour les législatives, la désignation des candidats implique rentrer dans des logiques locales complexes qu’il est difficile de piloter depuis un centre. Et une fois désignés, il sera difficile d’éviter que ces candidats deviennent autonomes, agissant en fonction de leurs propres idées – et leurs propres intérêts – plutôt que des directives venues du centre. On a vu les difficultés que la faiblesse de ses institutions internes a posé au PG lorsqu’il s’est agi de négocier des positions locales. Le refus de toute institutionnalisation chez les « insoumis » risque de poser des problèmes encore plus sérieux.

Descartes

(1) La règle verte formulée par Mélenchon « consistant à ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu'elle peut reconstituer » est en effet une absurdité. Si elle était appliquée – et l’ambition de Mélenchon est de l’inscrire dans la constitution – elle aboutirait à interdire tout prélèvement minéral, car les dépôts de fer, de cuivre, de pierre de construction, de sable, etc. ne se reconstituent jamais. Mais aussi tout prélèvement fossile, puisque les fossiles – charbon, gaz, pétrole – se reconstituent avec une extrême lenteur. Imagine-t-on une société qui à une échéance de quelques années voire de quelques décennies pourrait se passer de tout prélèvement sur les ressources minérales ou fossiles ?

 

(2) Dans les « mentions légales » du site internet JLM2017 on peut lire que l’éditeur responsable du site est une association, « l’Ere du peuple », dont il est impossible de se procurer les statuts ou la liste des dirigeants. Le JO nous dit que l’association a été dûment déclarée le 9 janvier 2016. La date n’est pas innocente, parce qu’elle montre que l’équipe Mélenchon songeait à partir en campagne en solo bien avant que le PCF se prononce pour une participation à une primaire de gauche…

Voir les commentaires

«Sans évasion fiscale, il n'y aurait plus de dette publique»

26 Octobre 2016, 10:42am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Les parlementaires é ric et Alain Bocquet seront à Toulouse mercredi 26 octobre à 20 h 30 où ils présenteront leur livre «Sans domicile fisc» à la librairie de la Renaissance./ Photo reproduction DDM

Les parlementaires é ric et Alain Bocquet seront à Toulouse mercredi 26 octobre à 20 h 30 où ils présenteront leur livre «Sans domicile fisc» à la librairie de la Renaissance./ Photo reproduction DDM

Le sénateur Éric Bocquet et son frère Alain, député duNord présenteront leur livre «Sans domicile Fisc» le 26 octobre à Toulouse : une analyse pédagogique et implacable des mécanismes de l'évasion et de la fraude fiscale.

Vous affirmez que sans évasion fiscale, il n'y aurait plus de dette publique en France ?

Alain Bocquet : «Ce ne sont pas que des mots. La dette en France s'élève à 71 milliards d'euros. Le montant de l'évasion fiscale est estimé à 60 à 80 milliards d'euros par an. Elle s'élève à environ 1 000 milliards d'euros pour l'ensemble de l'Union Européenne. Si l'argent planqué dans les paradis fiscaux ou qui échappe au fisc, grâce aux méthodes d'optimisation fiscale illégale revenait à l'État, il n'y aurait plus de dette».

Votre livre pointe les pratiques généralisées des multinationales ?

«Le nœud du problème aujourd'hui se situe au niveau des multinationales de la finance et du numérique. L'exemple d'Apple est à cet égard éloquent. À la suite d'un arrangement fiscal passé avec le gouvernement irlandais, la firme n'a payé que 0,01 % d'impôt alors que le taux légal est de 12 %. Résultat : un manque à gagner de 13 milliards d'euros pour l'État irlandais dont le budget est de 60 milliards d'euros. Plusieurs centaines de multinationales ont bénéficié d'avantages fiscaux au Luxembourg entre 1995 et 2013. À l'époque, Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne en était le premier ministre...

La complicité des États est indispensable ?

Effectivement, en France, Mac Donald doit 1,3 milliard à l'État. Mais une négociation est en cours qui pourrait aboutir à un compromis autour de 300 millions. En France, la poursuite des délits fiscaux est réservée au ministère des Finances. C'est ce qu'on appelle «le verrou de Bercy». L'affaire Cahuzac nous a montré toutes les limites de ce système, puisque seul le ministre du budget, Jérôme Cahuzac était autorisé à poursuivre le fraudeur fiscal… Jérôme Cahuzac.

Comment s'organise la fraude au niveau mondial ?

Il ne faut pas perdre de vue que la City de Londres est la capitale mondiale de l'évasion et de la fraude fiscale. Elle draine également l'argent du crime et des trafics qui transite par une soixantaine de paradis fiscaux et de places off shore. Les grandes places financières comme New York et Singapour jouent le même e rôle de mise en circuit de l'argent détourné.

Mais la fraude et l'évasion fiscales sont aussi vieilles que le capitalisme ?

C'est vrai, mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras. Éva Joly qui est pessimiste explique qu'il est minuit moins cinq. Nous, nous disons qu'il faut utiliser les cinq dernières minutes pour se battre. Nous proposons la tenue d'une conférence mondiale qui aboutirait à terme à une gouvernance financière mondiale.


La gangrène des pays du sud

En Europe et dans les pays développé, le poids de l'évasion et de la fraude fiscale pèse notamment sur une moindre capacité des États à financer les équipements publics et à lutter contre la détresse sociale et économique. Mais dans les pays du sud l'évasion des capitaux et le manque à gagner fiscal obèrent les politiques de développement et alourdissent la dépendance des États vis-à-vis des pays occidentaux. En 2008, le montant de l'argent évaporé des caisses des États du sud était estimé à 800 milliards et le manque à gagner induit par la fraude fiscale à 250 milliards. En Grèce, l'église orthodoxe premier propriétaire immobilier du pays n'est pas imposable. Près de 200 milliards d'euros appartenant à des armateurs seraient stockés en Suisse.

Voir les commentaires

MAIS QUI SONT CES GENS?

26 Octobre 2016, 10:34am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

MAIS QUI SONT CES GENS?

Voir les commentaires

Croisilles près d'Arras: Ils sont les premiers migrants de Calais accueillis dans le département

26 Octobre 2016, 10:14am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Une trentaine de migrants de Calais applaudis à leur arrivée à Croisilles

Croisilles, ce lundi après-midi les migrants applaudis à leur arrivée

Le centre de Croisilles a été aménagé par La Vie active dans l’ancienne maison de retraite de la commune. C'est le seul du département du Pas-de-Calais. "Je vais rester ici, dit l'un de ces migrants à la descente du bus. J'ai plein de projets pour l'avenir mais coyez-moi, je suis déjà très heureux d'être ici." A ceux qui craignent leur arrivée, il lance : "Nous ne voulons de mal à personne. Nous venons ici en paix. On veut simplement vivre." 

HOSTILITÉ, PEUR

Le conseil municipal de Croisilles, 1900 habitants, a voté pour ce projet d'accueil il y a une dizaine de jours. Mais plusieurs manifestations de protestation ont également eu lieu. Une réunion publique a été organisée dans l'urgence pour débattre avec la population. Les mots entendus ce jour-là étaient très hostiles «  Et qu’est-ce qu’on fera quand nos enfants seront blessés et qu’il y aura des viols ?  » ; «  Ils profitent du système, c’est tout ce qu’ils font !  ".

"Ces gens ont le choix entre une balle dans la tête et une bombe. Faut s'occuper de ces gens. C'est aussi un acte citoyen. On fait partie d'une république, il faut bien prendre sa part", avait indiqué Gérard Dué, le maire de Croisilles, le jour de l'annonce de son choix. 

Ce mercredi, aucune manifestation hostile n'a eu lieu au moment de l'arrivée des migrants dans le village. "Ces gens ont le choix entre une balle dans la tête et une bombe. Faut s'occuper de ces gens. C'est aussi un acte citoyen. On fait partie d'une république, il faut bien prendre sa part", avait indiqué Gérard Dué, le maire de Croisilles, le jour de l'annonce de son choix.Ce mercredi, aucune manifestation hostile n'a eu lieu au moment de l'arrivée des migrants dans le village. 

Voir les commentaires

CETA: 3 minutes pour comprendre l'imposture !

26 Octobre 2016, 09:59am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Tous les médias parlent en ce moment du CETA, l'accord ultra libéral entre le Canada et l'Union Européenne. Mais au fait c'est quoi le CETA ?

3 minutes pour comprendre une imposture !
 

Voir les commentaires

1 2 3 4 > >>