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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Le Front national, une usine à déchets !

28 Février 2015, 09:27am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Petit billet d’humeur avec un retour sur la littérature nauséabonde dont les candidats Front national se sont fait les esthètes ces derniers jours. Un peu partout en France, on révèle des prises de positions « what the fuck » d’une série de candidates et de candidats du rassemblement bleu marine.

Les médias de masse, BFM TV en tête, la famille Le PEN ainsi que Florian Filippot ont beau mener leur opération « ravalement de façade », les bases du parti s’effritent sous la bêtise, l’ignorance et pire que tout, sous intraveineuse de haine à haute dose. Aujourd’hui, alors même que les mots perdent désespérément leur sens, que l’indignation si chère au regretté Hessel ne semble plus être un carburant efficace pour aseptiser le débat politique, il me semblait quand même important de revenir sur un florilège de déclarations gerbantes qu’on a pu lire et entendre ces dernières heures. Le FN a changé, Marine est rayonnante dans son costume de gentille fifille à papa le borgne, les maires FN organisent des fêtes du cochon et s’interdisent de financer des associations de danse orientale … Mais vous connaissez peut être l’expression, « une gégène et ça repart ». Les crânes rasés et autres gros beaufs en carton peuvent se rassurer, il y a encore du bien lourd, du bien dégueulasse chez les fans de la pucelle de Domrémy.

Je vous livre donc quelques envolées lyriques qu’on pourrait imaginer classées dans le « top ten de Nuremberg ». On commence donc avec la charmante et rafraîchissante Chantal Clamer : « ils faut que ces abrutis comprennent que les français de souche (donc les vrais français) ne veulent pas de l’islam, ne veulent pas de musulmans. Qui voudrait habiter à côté de musulmans, vous ? Moi non merci, pas question d’entendre l’appel à la prière pour vénérer leur pédophile de Mahomet [… ] Donc il faut d’urgence se débarrasser de l’occupant musulman malfaisant. » On est dans du lourd et même du très lourd je vous l’accorde. On peut, je crois, évoquer une haine pathologique, qui relève à ce niveau du psychiatrique. Sans doute un choc émotionnel durant l’enfance, une chute dans l’escalier un peu violente, ou alors simplement un niveau de connerie cumulée rarement inégalé. Je laisse chacun opter pour sa version de la chose.

On continue avec Elie Quisefit, candidate sur le canton de Narbonne 3 : «Il y a des battues contre les sangliers, contre les loups, contre les lynx, contre les ours… Et si on organisait plutôt des battues contre les arabes, on sauverait peut-être la France». Il y a aussi le très fin Fabien Rouquette, candidat sur le canton Narbonne 2 qui lui a publié le message suivant sur sa page Facebook : «Socialistes, communistes, musulmans! Faites un geste pour la Terre, suicidez-vous.» Pas mal non plus n’est-ce pas !

(voir ci-dessous les propos du FN du canton d'Arras 2 sur les réseaux sociaux )

http://www.nordeclair.fr/info-locale/arras-derapages-racistes-au-fn-sur-les-reseaux-sociaux-jna60b0n647605​

http://www.lavenirdelartois.fr/a-la-une/arras-des-propos-racistes-sur-le-compte-facebook-d-un-ia672b0n139430

J’arrête là les citations car on pourrait en aligner des dizaines et des dizaines encore. Les appels aux ratonnades, à exterminer les juifs, les floraisons de croix gammées … Bref derrière la blondeur impeccable qui plaît tant à Roger Cukierman, le président du CRIF, il y a encore un ramassis d’illuminés en tout genre. Le FN demeure qu’on se le dise, une usine à déchets. Il est là pour polluer le débat politique, pour cristalliser la société sur de prétendues divisons ethnoculturelles. Par contre pas un mot sur les capitalistes qui se remplissent les poches, pas la moindre forme de mobilisation lorsqu’il s’agit de s’opposer au recul de l’âge de la retraite, pour la défense des droits salariés, pour les droits des femmes. Non bien au contraire, chez Le Pen & Co on s’oppose à la région par exemple à soutenir les projets de réhabilitation de l’habitat social, on s’oppose au versement de la subvention au secours populaire, on s’oppose aussi au plan contraception. C’est tellement facile de fantasmer le méchant immigré (français en réalité, ça fait mal mais c’est comme ça …) qui cumule délinquance, refus de s’intégrer (c’est quoi s’intégrer ?), l’immigré qui vole le travail des français, l’immigré fourbe qui vit des aides sociales. Bientôt on l’accusera quand une ampoule dans la rue ne s’allume pas ou quand il pleut trois jours de suite.

Alors oui, fatalement je me prépare à l’armada médiatique le soir du premier tour des élections départementales. Je vois déjà les journalistes de BFM TV ou d’I-Télé se palucher sous la table au rythme de «Un score historique », « premier parti de France », « Marine est forte et tout de suite un sondage qui annonce Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle 2017 … ». Personne n’expliquera que l’abstention record faussera totalement toute analyse objective des résultats du scrutin. C’est navrant mais c’est comme ça ! Quand j’entendrai la petite bourgeoisie sabrer le champagne et claquer les bottes sur du Wagner le 22 mars prochain, je ne pourrai pas m’empêcher d’entendre moi les propos de l’arrière garde à chemise brune qui font offense à la France, à la pensée rationnelle, à la pensée tout court, à l’intelligence.

Billet d'humeur sur le Blog de Guillaume Sayon

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Ma rencontre avec le vide

27 Février 2015, 17:18pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Ma rencontre avec le vide

Deux heures durant, à sa permanence, j’ai échangé avec ma députée socialiste, Pascale Boistard. Rarement j’ai réalisé un entretien aussi vide. Je l’ai donc oublié. Et pourtant, ai-je réfléchi, mon interview, dans sa nullité, par sa nullité, témoigne d’une maladie, collective, neurodégénérative…

« Je vais vous demander une minute de silence pour les amis décédés. Ils sont six, André, Ludovic… »
Ce samedi d’avril, à la salle municipale de Flixecourt (80), José Matos avait réuni les anciens salariés de Parisot-Siège de France, et chacun y allait de son souvenir pas franchement nostalgique : « On n’avait pas le droit de parler, pas le droit d’aller aux toilettes… C’était un climat répressionnaire… La boîte n’existe plus qu’en Roumanie… »
La députée socialiste du coin – qui est aussi la mienne – Pascale Boistard, était présente dans l’assistance. Au micro, elle assurait que « les élus ont à cœur d’être au plus près des préoccupations », que « dans la commission Goodyear elle a essayé de faire bouger les lignes », qu’« il existe aussi des fleurons industriels qui se développent ». Je ne voyais pas trop où elle voulait en venir mais bon, je trouvais sympa qu’elle soit là, aux côtés des ouvriers, à se geler les miches dans le Val-de-Nièvre.
Notre numéro « Petit bourgeois, tu sers à quoi ? », venait tout juste de paraître et dedans, je consacrais un paragraphe, sommaire, à cette députée. Alors, quand elle s’est éclipsée durant la pause café, je l’ai rattrapée en courant sur le parking :
« Madame Boistard… Madame Boistard…
– Oui ?
– Dans le dernier numéro de Fakir, on cause de vous, et comme c’est plutôt en mal, je préférais vous le donner en mains propres, pour pas me défiler…
– Et vous dites quoi, alors ?
– Bah, que vous avez un parcours quelconque… « attachée parlementaire »… une professionnelle de la politique… comme Barbara Pompili, l’autre députée… des femmes d’appareil…
– Ah mais on n’a rien à voir, j’ai un cursus complètement aty
pique », elle s’est énervée, et j’ai oublié ce qu’elle a raconté, « volonté de s’emparer de la chose publique », « trouble-fête », il ne me reste dans mon cahier que quelques bribes de notes, mais je me souviens bien, en revanche, du décor : il crachinait, on marchait entre les flaques d’eau, elle n’avait pas d’assistant ni de porteur de parapluie ni de parapluie d’ailleurs, et derrière elle, sur la colline, trônait le château des frères Saint, reliquat d’un bourg industrieux. De nous voir là, tous les deux, dans ce coin chargé de luttes, au passé, et de désespérance, au présent, ça m’inclinait à de la tendresse, presque, bizarrement, pour ma députée socialiste… alors qu’elle m’engueulait : « C’est tout à fait faux ! »
On a sorti nos agendas, et on a pris rendez-vous à sa permanence.


J’ai bossé un peu, j’ai épluché ses votes à l’Assemblée nationale : « oui » au traité Sarkozy-Merkel, « oui » à la loi de non séparation bancaire, « oui » à l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites, « oui » au Pacte de responsabilité, et un « non », à l’Ani, l’Accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurité de l’emploi.
Le jour venu, devant ma députée, dictaphone posé sur son bureau, j’ai donc passé en revue tous ces dossiers fâcheux, mais je suis tombé, non pas sur un mur (qu’il est agréable d’avoir un mur face à soi ! de s’y heurter ! le choc des convictions !), non, je suis plutôt tombé dans un marécage, comme un genre de mélasse, du fromage blanc, rien qui accrochait : « Pour le TSCG, il y avait eu une discussion sur des éléments qui faisaient que y avait un pacte de croissance avec, mais ce que j’ai dit c’est que bon il était signé mais bon y avait une exigence, je me souviens très bien, c’était la confiance que je donnais au président de la République, mais c’était une confiance ‘exigeante’. Voilà, c’est-à-dire voilà. Alors on peut dire que c’est de l’habillage, mais chez moi c’est pas de l’habillage. Moi j’ai beaucoup hésité jusqu’au dernier moment, mais si on se mettait en dehors de ce pacte, on se mettait en dehors du pacte de croissance », etc.
C’était creux, poisseux.
Sans ligne de conduite.
Sans idées claires, tout embrouillé.
Sans cohérence dans le discours, avec les actes, entre les actes.
Impossible de s’y confronter.
Après deux heures d’échanges, deux heures quand même, j’étais troublé : rarement j’avais réalisé un entretien aussi vide, a priori inintéressant. J’ai donc remisé ce fichier audio dans un coin de mon ordi. Et pourtant, cet entretien, j’y ai songé souvent, je l’ai évoqué dans des débats, ou dans des conversations : il m’avait marqué. Car ce vide, c’était celui, non pas d’une individu, mais de cent, deux cents députés socialistes comme elle, de tout un parti sans ligne de conduite, sans cohérence, d’un paquet de militants, embrouillés.
Mon interview, dans sa nullité, par sa nullité, témoignait d’une maladie, collective, neurodégénérative. Dont j’observais les symptômes.

 


Espoir zéro

Comment être de gauche sans porter un espoir ? Sans volonté de transformation ? Cette aspiration n’a pas déserté que le sommet de l’Etat, mais le député lambda également, saisi par le défaitisme, par l’abdication avant même la bataille.

Fakir : Si c’est pour retirer 50 milliards aux services publics, et de l’autre donner 41 milliards aux entreprises, pourquoi on n’a pas un gouvernement de droite pour faire ça ?
Pascale Boistard : Parce que, si c’était la droite, ça serait 130 milliards et un million de fonctionnaires en moins. Copé l’a dit à la tribune, pendant le débat parlementaire : « C’est rien du tout votre truc. Nous, on a la solution, c’est 130 milliards d’économies, un million de fonctionnaires en moins. »
Fakir : C’est comme si la logique était acceptée, et qu’il n’y avait qu’une variation de degrés…
P.B. : Ah mais la logique, qu’on soit surendettés et qu’on passe notre temps à rembourser que des intérêts de la dette et qui nous plombent, bien sûr…
Fakir : D’abord, quels sont les causes réelles de cette dette ? La politique monétaire, qui refuse l’inflation, et les baisses d’impôts. Surtout, vous nous dites : « On revient sur des acquis aussi, mais un peu moins vite, un peu moins fort que les autres… » Bonjour l’espoir !
P.B. : Mais on n’est pas dans une période ordinaire. On est dans une période où la question se pose, de tout bazarder des acquis sociaux. Regardez partout ailleurs, regardez en Italie, moi j’ai de la famille là-bas : y a plus de droit du travail, y a eu la diminution des traitements des fonctionnaires, des pensions de retraite, quasi-plus de santé publique… Donc nous, on est dans cette période de préservation. Sans la croissance…
Fakir : Mais il faudrait combien de points de croissance pour des conquêtes sociales, pour des progrès environnementaux ?
P.B. : Ah non, là on n’en est pas à des conquêtes sociales. On en est à créer de l’emploi.
Fakir : Mais c’est dans ces moments-là, de remise en cause, que s’obtiennent les conquêtes sociales. Le Front populaire, 1936, c’est quoi ? C’est la réponse à la crise de 29, on prend des mesures sociales justement pour sortir du marasme…
P.B. : C’est pas ça qui a fait gagner la gauche.
Fakir : Mais ça reste comme une grande date…

Manifestement, « conquêtes sociales », « justice fiscale », « progrès environnemental » n’appartiennent pas au vocabulaire présent. Il s’agit juste d’éviter le pire, ou de l’atténuer.
Ça motive.

Une langue morte

Le discours politico-économique contemporain n’est pas athée. Il est habité par une divinité, « la croissance », qui nous adresse des signes, pour qui l’on consent des sacrifices, dont on prie pour le retour.

Pascale Boistard : C’est retrouver la croissance qu’on essaie de faire, de retrouver une dynamique économique pour trouver la croissance. Et le mécanisme aujourd’hui, c’est que si vous avez de la croissance à un certain niveau vous pouvez recréer de l’emploi.
Fakir : Je me souviens de la campagne de Ségolène Royal, en 2007, alors qu’on avait 2,1 % de croissance à l’époque, elle en réclamait encore plus, elle prononçait ce mot soixante-dix fois, elle l’invoquait…
P.B. : Je n’étais pas d’accord avec la campagne de Royal.
Fakir : Mais c’est pas le problème de Royal. Tous, Hollande, Valls, Sarkozy, Fillon, vous, tous pensent pareil. Depuis que je suis dans le ventre de ma mère, avec Barre, Balladur, Bérégovoy, j’entends causer de la crise et de son remède, la croissance.
P.B. : Moi aussi !
Fakir : Alors, comment parler encore de la croissance ? C’est une langue morte.
Long silence.

P.B. : Aujourd’hui, les mécanismes sont faits de telle façon que c’est la croissance qui vous apporte le développement économique de l’entreprise parce qu’elle est issue du développement économique de l’entreprise et donc, l’entreprise elle n’est pas philanthrope, l’entreprise quand elle a des nouveaux marchés et un surcroît de production, elle recrute, et c’est ça qui aussi apporte la croissance.
Fakir : Et donc ?
P.B. : Eh ben donc on sait bien qu’à un certain niveau de croissance, ça crée de l’emploi.

Comment mieux démontrer que cette langue est bien morte ? Le propos tourne en rond, croissance croissance croissance, avec pour but ultime l’« emploi », sans rien sur le contenu de cet emploi, sur ses conditions de production, sur le temps de travail, sur la marchandise ou le service produits, sur leur utilité, etc. Immense renoncement.

Le chemin

Admettons, encore. Admettons qu’il faille de la croissance. Comment y parvenir ? La réponse fuse : en donnant de l’argent au patronat.

Fakir : Avec le Pacte de responsabilité, que vous votez…
Pascale Boistard : Oui.
Fakir : … d’un côté, soi-disant on épargne cinquante milliards, mais de l’autre, on redonne quarante milliards aux entreprises.
P.B. : C’est pas ‘redonner’, c’est ‘réinjecter’. C’est leur permettre d’investir dans l’outil, ou alors de se développer, c’est tout ça. C’est pas juste ‘on prend le fric’…
Fakir : Mais coïncidence, cette année, le CAC 40 a justement reversé 41 milliards en dividendes, l’équivalent des aides du gouvernement… A-t-on cherché à capter une partie de ces 41 milliards ?
P.B. :
Fakir :
S’attaquer à la finance, pourtant, ç’aurait pu être ça.
P.B. : Mais moi, ça ne me dérange pas qu’il y ait des dividendes de versés s’ils continuent à développer l’entreprise, à pas licencier, vous voyez, que chacun y retrouve son compte. S’ils investissent dans l’entreprise, s’ils embauchent…
Fakir : Mais vous croyez que quand les gens sont allés voter François Hollande, ou pour vous en 2012, c’était en se disant : ‘Chouette, il va y avoir un allègement de 41 milliards sur les entreprises’ ?
P.B. : Je crois que les gens ils veulent du boulot. Je suis pas sûre qu’ils se disent : ‘Ce sont des mesures super gauches’, on est d’accord. Mais si au final ça réussit, qu’y a du boulot…
Fakir : Mais c’est certain que ça ne va pas fonctionner ! Depuis les années 80, on met en place les mêmes mesures, d’allègements des cotisations et ainsi de suite. Ça n’a jamais marché. Pourquoi ça marcherait aujourd’hui ?
P.B. : J’espère bien que ça va redémarrer, qu’ils vont embaucher. Il faut que la société fonctionne mieux, et pour qu’elle fonctionne mieux, il faut créer de l’emploi. Y a pas cinquante solutions.

« Qu’on se le dise : le retour au plein-emploi passe par la croissance. La croissance passe par l’investissement. Et l’investissement passe par la compétitivité et la confiance des entreprises et des investisseurs. » Cette équation, c’est Pierre Gattaz qui la pose, dans son livre Français, bougeons-nous. Mais rien ne le différencie, ici, de la thèse soutenue par ma députée socialiste…

 

Le marais

Comment expliquer une pareille nullité ? Une impensée aussi commune ? Un recours permanent aux clichés ? On n’accusera pas Pascale Boistard – titulaire d’un DEA de Sciences-Politiques, même si le diplôme ne dit rien – d’être « bête ». Malheureusement, le cas est plus grave, non pas personnel mais structurel : c’est que la bêtise est politiquement, collectivement, recommandée.

Fakir : Le « marais », dans la Révolution française, désignait ces députés qui fluctuaient au fil des événements, dont on ne savait pas trop ce qu’ils pensaient, voulaient, et qui faisaient tout de même pencher la balance, pour la Montagne, contre Robespierre… Là, devant moi, vous tenez un discours un peu critique, mais vous votez la confiance à Valls, le TSCG, la réforme des retraites, et je ne comprends pas ce que vous pensez. Donc moi, excusez-moi, mais je vous situe dans le marais aujourd’hui.
Pascale Boistard : Tout à fait. Et le marais, pour l’instant, il reste dans une, comment dire, il reste dans une « dynamique de groupe » entre guillemets, mais la discipline elle s’est fendillée sur beaucoup de textes. C’est un effort politique qui est demandé aux parlementaires… On peut être courageux, on peut soutenir beaucoup de choses…

Cette langue usée jusqu’à la corde, périmée, morte, « il faut de la croissance », « ça va redémarrer », ces raisonnements avariés, « c’est leur permettre d’investir dans l’outil », voire « être courageux » contre le peuple, imaginez que Pascale Boistard et ses collègues n’y croient plus, ne fassent plus semblant d’y croire. Alors, aussitôt, elle s’isolerait de « la dynamique de groupe », désobéirait à la « discipline », et subirait les sanctions en série, de son Premier secrétaire, du Premier ministre, du Président de la République, jusqu’à se voir retirer sa circonscription.
La bêtise est à l’inverse récompensée : Pascale Boistard est entrée dans le gouvernement Valls 2 comme « secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes ».

François Ruffin.

Chiche !
En juin, à une tribune, aux rencontres de Gérard Filoche, j’ai évoqué cet entretien avec ma députée, comme ça, en passant.
Et cet automne, un adhérent du Parti socialiste de la Somme m’a raconté que, pendant une réunion de la Fédération, elle avait piqué une colère contre moi, et contre les militants qui avaient assisté à ma prise de parole sans protester. Le même m’a prévenu : « Si tu fais un article, elle va te poursuivre. Tout comme elle a porté plainte contre le Téléscope » - un site amiénois qui avait révélé « la casse sociale » des salariés de sa permanence.
Nous menacer, c’était nous pousser au crime…

 

 

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Le chômage baisse en France... ou pas !

27 Février 2015, 17:02pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le chômage baisse en France... ou pas !

 

La France compte 5,89 millions de demandeurs d'emplois en janvier, un
nouveau record.

Pour tout dire, cela ressemble à une divine surprise : le chômage a baissé au mois de janvier. C’est même la baisse la plus marquée depuis l’élection de François Hollande à la présidence de la République. Historique ! Mais il suffit de regarder les chiffres d’un peu plus près pour s’apercevoir que le champagne peut rester au frais.

« Un encouragement à poursuivre », a commenté Manuel Valls, qui n’a pas fait dans le triomphalisme. Il aurait pourtant pu s’adonner à une petite déclaration plus enlevée car après tout, le chômage a baissé de 0,5% en janvier ! Mais pas pour tout le monde.

La bonne nouvelle

L’explication est simple : seule la catégorie des chômeurs n’ayant pas du tout travaillé (la catégorie A) a baissé. Ils ont été 19 100 en moins sur les registres de Pôle Emploi en France Métropolitaine, soit un total de 3 481 000 personnes en recherche d’un emploi.

La nouvelle est belle effectivement, car si on excepte le bug de SFR du mois d’août 2013, cette baisse de janvier est la plus forte depuis le début du quinquennat de François Hollande. « Cette évolution favorable résulte d’une baisse des entrées et d’une hausse des sorties vers l’emploi ou la formation. La baisse du nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A concerne plus particulièrement les jeunes (-7 600, soit -1,4 %), qui n’avaient pas connu une telle diminution depuis plus d’un an », explique le ministère du Travail.

La mauvaise nouvelle

Oui mais voilà, le diable se cache dans les détails. Toutes les catégories de chômeurs ne profitent pas de l’embellie : « Il faut toutefois rester prudent et observer dans la durée les évolutions mensuelles. La lutte contre le chômage ne faiblira pas et sera poursuivie avec détermination », comme le précise François Rebsamen. Et pour cause : si l’on prend en compte les demandeurs d’emploi des catégories B et C, ceux qui ont exercé une petite activité (temps partiel, par exemple), le chômage a… augmenté en janvier, de 0,3%.

 

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NON au Travaille le dimanche par le PS ( oui mais ça c'était avant)

26 Février 2015, 06:00am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

NON au Travaille le dimanche par le PS ( oui mais ça c'était avant)

Après 5 années de sarkozisme qui bourdonnaient comme un début de dictature, beaucoup pensait qu’au minimum la gauche incarnée par Hollande, allait améliorer leurs conditions de vie, « ça ne pou-vait pas être pire qu’avec Sarkozy »... et après la défaite contre la réforme des retraites, malgré une longue et puissante mobilisation durant 8 mois, il avait été dit

« nous avons gagné la bataille des idées »... et il fallait mettre dehors le magyar.( hongrois)

Tout démontre que la démocratie bourgeoise n’est qu’une suite de leurres et de mensonges qui agissent comme des soporifiques sur les consciences afin de les endormir et leurs faire oublier une terrible réalité, celle de la politique politicienne au service des puissants et de cette construction européenne qui n’est rien d’autre qu’une construction impérialiste telle qu’Hitler et Napoléon en avaient rêvé...

Il suffit de lire ce tract du PS, pour comprendre l’imposture démocratique.

Valls et Macron, les ministres de la garde rapprochée, les députés aux ordres, ne sont que des pantins manipulés qui organisent la mise en place d’une dictature.

Cette dictature politique en devenir, au service d’une dictature économique, n’est pas arrivée sur le coup du hasard, tout a été orchestré au plus haut niveau depuis des années dans le Parti Socialiste qui n’en a que le nom. A partir de 2003 au congrès de Dijon, Hollande impose la gauche réformiste, première étape de la gauche libérale incarnée par la tendance droitière dirigée par Manuel Valls, le « monsieur sécurité » du PS.

12 années ont passé, aujourd’hui force est de percevoir objectivement que toutes les contestations au sein de ce parti, sont strictement interdites. Désormais, celles et ceux qui sont considérés comme des éléments perturbateurs (les frondeurs), sont menacés d’exclusion, non pas par le secrétaire élu du parti, le caudillo Cambadelis, chef d’une armée mexicaine en déroute, mais par les « chouans » de la garde rapprochée bretonne (Le Fol, Le Guen...) qui protège le roi après avoir réussi à recréer les comtés, les baronnies et les duchés qui pourront agir à leur guise, avant de rétablir la gabelle...

Mais cela ne s’arrête pas aux membres de ce parti, qui d’ailleurs se vide de jour en jour. Toutes les contestations à la mise en place de la politique ultralibérale et d’austérité (qui n’a rien à envier à la droite) qu’elles soient politiques, syndicales voire associatives, sont attaquées par le pouvoir en place. Il suffit de lire ou d’écouter les déclarations arrogantes de certains cadres de ce parti, députés et même ministres, et de comprendre le danger des lois antisociales qui s’accumulent et s’amplifient, pour évaluer l’ampleur du tremblement de terre démocratique qui se prépare dans les sous-sols des palais.

Il est certain qu’il y aura une explosion sociale, désolé nous n’avons ni la date ni l’heure. S’il y a crainte réelle de la montée de l’extrême-droite, il y a donc nécessité de créer un grand Front Populaire Antilibéral et Antifasciste, donc anti-européen EU...Mais il ne faudra pas reproduire les erreurs de nos anciens qui ont conservé cette démocratie bourgeoise au service des intérêts du capital, car rappelons-nous toujours des paroles patronales après la victoire de 1936 « plutôt Hitler que le Front Populaire »... Créons les conditions révolutionnaires vers le socialisme réel, nous n’avons pas d’autres choix, c’est une question de survie du peuple, en rappelant toujours « une barricade de classes n’a toujours que deux côtés, jamais trois », il n’y a pas de troisième voie...

Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais

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[Ségolène pire que la droite anglaise !] Le Sénat a voté le retour des coupures d’eau – avec l’accord de la ministre !

25 Février 2015, 20:15pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

Les-Crises.frOlivier Berruyer)

Nous en avions parlé la semaine passée dans ce billet, que je vous suggère de relire.

Eh bien le Sénat a voté le retour du principe des coupures d’eaux en cas de non-paiement, qui avaient été supprimées en 2013.

Rappelons bien que la loi dit qu’on ne peut plus couper l’eau en cas de non-paiement, MAIS que bien sûr on peut (et on ne se gêne pas pour) envoyer les huissiers pour recouvrer l’argent, qui est dû (et/ou on passe au tribunal).

Ce vote n’est pas définitif, mais la cerise sur le gâteau est que Ségolène Royal à donné son accord !

Rappel ! la loi actuelle depuis 2013

Article L115-3 du Code de l’action sociale et des familles

Du 1er novembre de chaque année au 15 mars de l’année suivante, les fournisseurs d’électricité, de chaleur, de gaz ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, y compris par résiliation de contrat, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’électricité, de chaleur ou de gaz aux personnes ou familles. Les fournisseurs d’électricité peuvent néanmoins procéder à une réduction de puissance, sauf pour les consommateurs mentionnés à l’article L. 337-3 du code de l’énergie. Un décret définit les modalités d’application du présent alinéa. Ces dispositions s’appliquent aux distributeurs d’eau pour la distribution d’eau tout au long de l’année.

Le projet de loi voté au Sénat

L’amendement des 7 sénateurs UMP (MM. CAMBON, REVET, P. LEROY, PIERRE et J. GAUTIER, Mme PROCACCIA et M. de NICOLAY, le premier étant proche du lobby de l’eau, tellement probe…) a été adopté :

La dernière phrase du troisième alinéa de l’article L. 115-3 du code de l’action sociale et des familles est complétée par les mots : « à la résidence principale de toute personne ou famille mentionnée au premier alinéa du présent article ».

Le fameux premier alinéa indique :

Dans les conditions fixées par la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en oeuvre du droit au logement, toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, au regard notamment de son patrimoine, de l’insuffisance de ses ressources ou de ses conditions d’existence, a droit à une aide de la collectivité pour disposer de la fourniture d’eau, d’énergie et de services téléphoniques dans son logement.

La loi n° 90-449 du 31 mai 1990 indique :

Toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la présente loi, pour accéder à un logement décent et indépendant ou s’y maintenir et pour y disposer de la fourniture d’eau, d’énergie et de services téléphoniques.

L’accord de Ségolène Royal

Magnifique, Ségolène a soutenu cet amendement (c’est le G de Gouvernement) :

Discussion

Si le texte est voté par l’Assemblée (dossier législatif ici), on passera donc d’une interdiction générale à une interdiction pour “toute personne éprouvant des difficultés particulières”.

Finalement, vu rapidement, cela peut sembler très logique – on ne pourra couper l’eau qu’au “mauvais payeur de mauvaise fois qui a plein d’argent” tant fantasmé.

Qui pourrait être contre ça ?

SAUF QUE le diable est évidemment dans l’application.

Car, primo, déjà dans le cadre actuel, beaucoup de compagnies continuaient à couper l’eau, de façon illégale !

ALORS comment diable le fournisseur d’eau pourra-il connaitre la situation de la personne ne payant pas ???

Vous êtes VEOLIA&Co, vous envoyer les factures ce mois ci, vous avez 210 000 impayés. VOus faites quoi exactement ? Vous envoyez 6 000 assistantes sociales pour connaitre la situation des gens ? Si c’est le cas, je veux bien, sinon, eh bien ils couperont l’eau à beaucoup de monde – peu probable que le sans-dents fasse un procès…

Et secundo, ça veut dire quoi “toute personne éprouvant des difficultés particulières” ??? Qui est visé ?

Tous les pauvres qui n’ont pas d’argent ? Sans doute !

Tous les déficients mentaux, Alzheimers, psychotiques et autres ministres, ayant de l’argent, mais ne comprenant pas qu’il faut payer ? Surement aussi !

MAIS ALORS, si j’enlève toutes ces personnes du nombres de clients ne payant pas leur eau, MAIS IL RESTE QUI EXACTEMENT à qui on pourra couper l’eau ?

3 millionnaires anarchistes farceurs à Neuilly ?

Il y en a combien alors des personnes de pure mauvaise foi qui décident volontairement de ne pas payer leur eau alors qu’elles ont de l’argent ? Et qui vont donc se voir poursuivies au tribunal pour non-paiement, et qui vont donc être condamnées très durement (par hypothèse vu qu’elles sont de mauvaise foi !) et qui devront au final payer l’eau + leur avocat + l’avocat de Veolia + les huissiers + les dommages et intérêts + les frais de justice ?? Parce que vu comme ça, c’est pas super rentable leur jeu…

Bref, on est comme d’habitude dans la paralysie de la solution de bon sens (vu le caractère indispensable de l’eau) et pragmatique, au profit de la solution pour combattre une narrative issue de fantasmes… Et donc qui pénéalisera des milliers de pauvres en difficulté qui se verront couper l’eau…

À suivre…

Proposition

D’abord, comme c’est comme ça chez les Anglais, testons donc ainsi pendant 3 ans, et faisons un bilan – avec des vrais statistiques venant des distributeurs d’eau…

Sinon, établissons au moins des critères objectifs, pour mettre dans la cible les 7 à 10 millions de pauvres en France (en fonction des revenus, de l’aide au logement reçue, etc). Mais bon, vu le niveau de revenu médian de la population, je persiste à penser que cela ne sert pas à grand chose… 

Les riches qui ne paient pas leur factures, c’est comme les poissons volants : ça existe mais ce n’est pas la majorité de l’espèce :) (Audiard…)

Agir

En attendant,  si vous voulez leur écrire pour qu’il ne valide pas la modification du Sénat, je vous donne le mail :

du président de la commission, qui est en plus à l’origine de la modification de 2013 :

des rapporteurs du projet de loi à l’Assemblée :

MAIS, beaucoup plus efficace, je vous conseille un rapide coup de fil rapide à leur secrétariat, via le standard de l’Assemblée : 01 40 63 60 00 

La réponse du Sénateur

Comme vous avez été nombreux à répondre à l’appel du blog, le Sénateur Cambon a posté une réponse ici, que je vous donne :

J’ai pris connaissance avec étonnement de votre interprétation de mon amendement. Je me demande si vous avez pris la peine de le lire ! En effet, cet amendement vise au contraire à protéger les personnes les plus modestes : ne risqueront les coupures d’eau les seuls consommateurs de mauvaise foi qui ont les moyens de payer et profitent d’une mauvaise rédaction de la loi. Donc, cet amendement ne concerne évidemment pas les personnes en difficultés ou relevant des dispositifs d’aides sociales pour lesquelles l’interdiction de couper l’eau est valable toute l’année (dispositif du code de l’action sociale et des familles).

Si ceux qui ont les moyens de payer refusent de régler leur facture d’eau, cela aura pour conséquence de renchérir le prix de l’eau pour tout le monde. Ainsi, les locataires de grands ensembles sociaux qui eux, ne reçoivent pas de facture d’eau individuelle, supporteront des charges plus élevées parce que les opérateurs d’eau répercuteront évidemment les pertes sur tous les consommateurs. Donc paradoxalement, cet amendement protège les plus modestes.

Comment aurais-je pu déposer un amendement à l’encontre des personnes en difficultés alors que je suis l’auteur d’une loi, la loi Cambon entrée en vigueur en 2012, qui a permis à plus de 20000 familles par an, soit déjà plus de 60000 familles, de bénéficier d’un dispositif d’aides financières leur permettant de s’acquitter de leurs factures d’eau…

Est-ce que les mauvais payeur qui ont des moyens financiers doivent faire supporter leurs incivilités à tous les citoyens y compris les plus modestes ? Je vous pose la question.

Christian Cambon

Ma réponse :

Merci d’intervenir ici

Oui, bien sûr qu’on l’a lu, il est dans le corps du texte – j’ai même commenté votre exposé.

“ne risqueront les coupures d’eau les seuls consommateurs de mauvaise foi qui ont les moyens de payer ”

Non, ce n’est nullement ce qui est écrit. Vous en dispensez certes les plus pauvres (merci) mais ce n’est pas le cas pour les “moins pauvres” dont beaucoup ont néanmoins des difficultés, comme indiqué dans l’article.

“Si ceux qui ont les moyens de payer refusent de régler leur facture d’eau, cela aura pour conséquence de renchérir le prix de l’eau pour tout le monde.”

Euh, seulement si les entreprises ne lancent pas de contentieux, non ? Et je vois mal pourquoi elles ne le feraient pas…

Je rappelle que, face à de telles personnes de mauvaise foi, elles obtiendront le remboursement total des frais de justice + des dommages et intérêts (très mauvaise affaire pour le “mauvais payeur” donc).

Donc plus de profits pour l’entreprise et plus de PIB au passage pour le pays, n’est ce pas miraculeux le contentieux ?

Je termine par plusieurs billets repris sur le site de http://eau-iledefrance.fr qui a alerté sur ce sujet.

Les sénateurs UMP votent la réintroduction des coupures d’eau avec le soutien du gouvernement contre les sénateurs de Gauche

Ce jeudi 19 février au soir, l’amendement présenté par M. Christian CAMBON afin de rétablir les coupures d’eau a été adopté par un recours au vote public, demandé par l’UMP. C’est donc par un vote des groupes mais dans une salle vide que cet amendement a été retenu par 196 voix pour et 138 contre.

À notre grande surprise, le groupe PS et l’ensemble des partis de gauche ont été désavoués par Madame la Ministre Ségolène Royal qui a soutenu l’amendement. Malgré les décisions de justice et contre l’avis du Ministère public, le gouvernement défend une position au profit des distributeurs d’eau qui se félicitent de cet amendement autorisant leurs pratiques illégales.

Et pourtant, les 500 témoignages reçus depuis maintenant 8 mois et les 4 jugements condamnant des opérateurs de l’eau – Suez, Veolia, Noréade et la SAUR – et les 3 en cours, auraient dû permettre au gouvernement de se rendre compte de la situation des victimes des coupures d’eau. Il est catastrophique de sanctionner des familles en précarité qui se battent pour s’en sortir et qui sont mises à mal par des distributeurs d’eau qui ne pensent qu’à leur équilibre économique et oublient l’essentiel de leur service public : l’accès à l’eau pour tous.

Une réalité fantasmée au service des puissants ! 

L’argumentaire du Sénateur Cambon est le même que celui des multinationales de l’eau qui n’appliquent pas la loi : la fin des coupures d’eau entraînerait une explosion des impayés qui mettrait en danger le service public. Sur quelle base peuvent-ils soutenir cette position ?

En Angleterre, les coupures d’eau sont interdites et les impayés sont de l’ordre de 3% ce qui est un niveau tout à fait normal. Il doit être mis en rapport avec le niveau de précarité des populations démunies anglaises beaucoup plus nombreuses qu’en France. Le gouvernement anglais de droite a récemment refusé de ré-autoriser les coupures d’eau en motivant que cette pratique était d’une autre époque.

La FNCCR s’est empressée hier soir de publier un communiqué de presse pour se féliciter de l’amendement Cambon tout en notant les dysfonctionnements des pratiques aujourd’hui. Si des dysfonctionnements existent, ils auraient dû être corrigés par la simple application de la loi Brottes. Comment des élus peuvent-ils défendre des pratiques illégales, immorales et inhumaines et se féliciter d’un changement de la loi qui va permettre de continuer les abus dont sont victimes les plus démunis ?

Nous allons continuer notre combat avec le soutien de nombreux députés de Gauche au sein de l’Assemblée nationale pour le rejet de cet amendement quel que soit l’avis du gouvernement. Nous allons continuer nos actions devant les tribunaux pour faire appliquer la loi qui est chaque jour bafouée au nom du profit.

Les mensonges du sénateur Cambon

Retrouvez ci-dessous le débat in extenso concernant l’amendement Cambon au Sénat pour réintroduire les coupures d’eau dans la loi. Il est accompagné d’une désintox permettant de mettre en lumière les erreurs ou les manipulations de certains ainsi que les risques pour les plus démunis en France.

Mme la présidente. – Amendement n°146 rectifié, présenté par MM. Cambon, Revet, P. Leroy, Pierre et J. Gautier, Mme Procaccia et M. de Nicolaÿ.

Après l’article 60

Insérer un article additionnel ainsi rédigé :

La dernière phrase du troisième alinéa de l’article L. 115-3 du code de l’action sociale et des familles est complétée par les mots : « à la résidence principale de toute personne ou famille mentionnée au premier alinéa du présent article ».

M. Christian Cambon. – Voilà un amendement de bon sens : en étendant la trêve hivernale, la loi Brottes a interdit les coupures d’eau pour tous les foyers, qu’ils soient en difficulté ou mauvais payeurs. Ce n’était pas l’intention du législateur. Rectifions cette erreur.

Faux : il ne s’agit pas d’une erreur mais de l’intention d’étendre à toute l’année l’interdiction des coupures d’eau dans le cadre de la loi Dalo de 2007. Les débats parlementaires de l’époque sont clairs. Ce n’est pas parce que les députés n’ont pas débattu de ce point en 2013 qu’il s’agit d’une erreur. La loi est claire et les juges l’ont confirmé à 4 reprises.

En Grande-Bretagne, le montant des impayés a été multiplié par cinq après l’interdiction en 1999 des coupures d’eau dans les habitations principales, ce qui a renchéri le prix de l’eau par trois.

Faux : le taux d’impayé en Angleterre est de 3%, ce qui ne correspond pas à une multiplication par 5. Le prix de l’eau en Angleterre n’a évidemment pas triplé. Il s’agit d’une jolie blague du Sénateur Cambon pour tenter de faire peur. La vérité est que le prix de l’eau en Angleterre a augmenté de 19 % en dix ans et que le Gouvernement anglais a dû intervenir auprès des distributeurs pour empêcher de nouvelles augmentations injustifiées de prix.

Cet amendement a suscité beaucoup de réactions, car il a été mal compris. Je veux dissiper tout malentendu : les plus modestes restent protégés – et le prix de l’eau aussi. Laisser le droit en l’état reviendrait à faire payer par les plus modestes les manquements de quelques-uns.

Faux : les plus modestes ne sont pas protégés. Nous avons reçu plus de 500 témoignages de victimes de coupures d’eau illégales qui touchent les plus démunis. Les distributeurs d’eau sont hors-la-loi et vont profiter de cet amendement pour faire perdurer des pratiques détestables et inhumaines.

Mme la présidente. – Veuillez conclure.

M. Christian Cambon. – On ne peut pas me suspecter… Je suis moi-même l’auteur d’une loi qui a aidé 20 000 foyers modestes à payer leur facture d’eau.

Vrai : c’est d’autant plus surprenant de la part du Sénateur Cambon de proposer un tel amendement qui laissera dans les mémoires son action contre les plus démunis.

M. Ladislas Poniatowski, au nom de la commission des affaires économiques. – Une erreur a été effectivement commise à l’article L. 115-3 du code de l’action sociale et des familles. Merci pour votre correction, avis favorable.

Mme Ségolène Royal, ministre. – Avis favorable.

M. Michel Le Scouarnec. – Le groupe CRC votera contre cet amendement. Quels sont vos chiffres sur les impayés ? Vous n’avez pas de statistiques fiables, les factures d’eau n’ont pas explosé. Tandis que votre proposition est fondée sur la défiance, nous faisons confiance à nos citoyens. Rares sont les fraudeurs. L’eau, comme l’énergie, est un bien essentiel. Chacun y a droit alors que la crise sévit. Cet amendement est synonyme de recul social. Notre modèle social va-t-il voler en éclats ?

Vrai : aucune statistique n’est disponible sur les coupures d’eau et nous le demandons instamment sans avoir de réponse à ce jour. La défiance plutôt que la confiance permet tous les abus et alimente le business des coupures d’eau de plus de 10 millions d’euros par an.

M. Roland Courteau. – Cet amendement recentre le dispositif sur les seules familles bénéficiant des tarifs sociaux. Or certains foyers refusent les aides ou ignorent qu’ils peuvent y prétendre. Quelques 30 % des personnes éligibles au RSA socle ne le demandent pas, 70 % pour les personnes au RSA activité. Et les travailleurs pauvres ? Et les personnes victimes d’un accident de la vie ? Je préfère un bouclier à une passoire.

Vrai : la grande majorité des témoignages que nous recevons concernent des familles en difficulté qui ont la volonté de payer mais se voient refuser tout échéancier par les distributeurs d’eau. Ils sont aussi confrontés à des services sociaux débordés qui n’arrivent pas à les soutenir et à traiter les dossiers avec suffisamment de rapidité. Nous aussi préférons un bouclier à une passoire.

M. Ronan Dantec. – Cet amendement a suscité beaucoup d’émoi. D’après les associations, beaucoup de personnes fragiles ne correspondent pas aux critères sociaux. Couper l’eau est d’une extrême violence. Je ne crois pas que passer par un amendement soit la solution. Le gouvernement doit engager une concertation avec les associations. Sans quoi on prend le risque de mettre des gens que les structures sociales n’ont pas repérés en grande difficulté. Ce n’est peut-être pas l’intention des auteurs de l’amendement. Le groupe écologiste votera contre.

Vrai : la concertation a commencé mais l’amendement vient contrecarrer notre travail pour convaincre les distributeurs d’améliorer les pratiques largement abusives à ce jour.

M. Ladislas Poniatowski, au nom de la commission des affaires économiques. - Vous faites une erreur d’appréciation : nous ne faisons que corriger une erreur de rédaction dans la loi Brottes. (Mme Éliane Assassi proteste) La protection des précaires demeure.

Faux : les différents jugements rendus récemment démontrent que les précaires n’étaient même pas protégé par la loi Brottes puisque les pratiques de coupures d’eau illégales n’ont jamais cessées et qu’il faut aller devant les tribunaux pour les faire respecter.

Cependant, en l’état actuel, si nous ou Mme la ministre ne payons pas notre facture d’eau, on ne pourra rien nous demander !

Faux : le recouvrement des impayés n’est en rien lié à la coupure d’eau et Mme la Ministre se retrouverait avec un huissier à sa porte si elle ne payait pas sa facture.

Mme Éliane Assassi. – Cet amendement amalgame familles modestes et mauvais payeurs.

Vrai : les clients qui ne payent pas sont tous de mauvaise foi pour les distributeurs et c’est bien le problème de départ. Aucune famille ayant témoignée auprès de France Libertés ne refuse de payer, ils veulent simplement de l’aide pour étaler la dette et un appui des services sociaux s’ils sont éligibles.

La justice a condamné la Lyonnaise des eaux dans l’Aisne, Véolia-Eau ailleurs et une régie publique dans le nord pour avoir procédé à des coupures d’eau à des personnes démunies… (MM. Christian Cambon et Rémy Pointereau protestent)

M. Christian Cambon. – En ce cas, la loi s’applique !

Vrai : mais pourquoi les distributeurs n’appliquent pas eux-mêmes la loi pour éviter d’encombrer les tribunaux ?

Mme Éliane Assassi. – … inconnues des services sociaux. Il y a d’autres moyens de lutter contre les impayés que la coupure d’eau. Par exemple, des poursuites. Cet amendement est très dangereux.

Vrai : les moyens de lutter contre les impayés sont nombreux. Le premier est de proposer un échéancier de paiement, ce qui n’est quasiment jamais fait par les distributeurs d’après les témoignages que nous recevons. Ils appliquent la loi du plus fort, c’est effectivement plus simple.

À la demande du groupe CRC, l’amendement n°146 rectifié est mis aux voix par scrutin public.

Mme la présidente - Voici le résultat du scrutin n° 105 :

Nombre de votants 334

Nombre de suffrages exprimés 334

Pour l’adoption 196

Contre 138

Le Sénat a adopté.

L’article additionnel est inséré.

Mme Éliane Assassi. – C’est bien dommage. Où est la gauche ? Vous avez donné un avis favorable madame la ministre…

Mme Ségolène Royal, ministre. – On ne supprime rien !

Faux : malheureusement si, Madame La Ministre, vous supprimez la protection que devrait recevoir toute personne démunie non connue des services sociaux et vous supprimez aussi la pression faite notamment sur les multinationales de l’eau pour qu’elles changent leurs pratiques violentes et inhumaines pour plus de 100.000 familles en France chaque année. La coupure d’eau n’est pas la solution dans une société de droit. La droite anglaise l’a bien compris, il est dommage que notre gouvernement de gauche ne le comprenne pas !

Expérience faite, les Anglais sont toujours contre les coupures d’eau

L’Angleterre, souvent utilisée comme modèle en France, a interdit il y a 16 ans les coupures d’eau pour impayés avec pour conséquence que les usagers démunis ne doivent plus se priver de nourriture pour payer leur eau dans les délais. Après 10 ans sans coupure, le gouvernement anglais a évalué les effets réels de cette décision et a conclu qu’il ne fallait pas rétablir les coupures d’eau malgré les aspects négatifs associés à leur suppression.

L’abolition des coupures d’eau est parfois présentée comme devant mener à une explosion du nombre de ménages avec des dettes d’eau. En Angleterre, cette explosion n’a pas eu lieu et le nombre de ménages endettés a peu varié. 

La suppression des coupures d’eau est une mesure à visée sociale introduite par un gouvernement soucieux de protéger les ménages des mesures trop expéditives des distributeurs d’eau. Elle a pour effet de réduire la pression sur les usagers ayant à payer leur facture d’eau, ce qui leur permet de retarder le paiement des sommes dues mais pas d’échapper au paiement. Il est faux de prétendre comme le fait le Sénateur Poniatowski que « Quiconque a les moyens de payer sa facture d’eau mais qui s’y refuse, ne pourra être inquiété. » . En réalité, les distributeurs anglais sont tellement efficaces pour inquiéter les usagers qu’ils n’ont pas subi d’augmentation sensible des créances irrécouvrables depuis qu’ ils ont perdu l’arme redoutable des coupures. En revanche, en 10 ans, ils n’ont pas hésiter à augmenter le prix réel de l’eau de 19% .

Les distributeurs anglais ont observé une croissance des délais de paiement des factures d’eau et ils ont identifié quatre causes à ce phénomène, dont une seule est liée aux coupures d’eau. Comme prévu, les retards de paiement sont dans une large mesure liés aux difficultés économiques des usagers qui doivent payer une eau de plus en plus chère alors qu’ils ont des revenus en baisse. Certains impayés sont dus au manque d’informations des distributeurs sur les usagers qui ont de l’eau sans avoir jamais signé un contrat. La loi anglaise a été finalement amendée en 2010 pour permettre les poursuites des mauvais payeurs par les voies classiques, pas par la voie des coupures.

Tout le monde souhaite lutter contre les usagers de mauvaise foi mais pas en coupant l’eau de tous les usagers qui ont un simple retard de paiement. La coupure d’eau doit rester une mesure de dernier recours à n’utiliser que sous le contrôle du juge. Cette solution qui respecte les droits de chacun, a été mise en œuvre avec succès depuis de nombreuses années en Belgique.

Puisse l’Assemblée nationale donner sa préférence au droit des usagers à l’eau plutôt qu’au droit des distributeurs à couper l’eau des ménages. La proposition du Sénat est une mesure de régression sociale tout à fait malvenue en cette période de crise.

Henri Smets

Président de l’Association pour le développement de l’économie et du droit de l’environnement (ADEDE).

Veolia condamnée à 9 620€ d’amende pour coupure d’eau illégale ! (2014)

La justice vient de condamner Veolia pour coupure d’eau illégale : le Tribunal d’Instances de Bourges donne raison à une famille privée d’eau pendant 83 jours, à Aubigny-sur-Nère. En France, il est interdit par la loi de couper l’eau pour impayé. Cette interdiction est valable pour tous et toute l’année, comme le stipule la loi Brottes n°2014-274 dont le décret d’application date de février 2014.

Dans son jugement, la juge d’instance rappelle ainsi que « ces dispositions s’appliquent à la distribution d’eau tout au long de l’année ». C’est pourquoi, dans le cas de M. Husson et Mme. Doisne et au regard de la loi Brottes, la juge déclare qu’ « une interruption de leurs fournitures en eau n’aurait jamais dû intervenir. » Veolia est condamnée à verser 6620€ au titre de préjudice moral et matériel.S’agissant du préjudice moral, le juge d’instance déclare :

« Il est manifeste que le trouble dans la vie quotidienne résultant de l’impossibilité d’accéder à l’eau potable dans les conditions habituellement pratiquées dans notre pays, est venu accroître les préoccupations d’une famille déjà éprouvée puisqu’elle se trouvait dans une situation financière précaire, génératrice d’anxiété et de difficultés sociales. »

À cela s’ajoute l’interdiction de procéder à toute « coupure du branchement en eau sous astreinte de 100€ par jour de retard en cas de violation de cette interdiction et pendant une durée de deux ans ».

Loin d’être dupes des tentatives de défense de Veolia, le juge se permet même une pointe de d’ironie :

« Quand bien même la société Veolia n’aurait pas, de mauvaise foi, interrompu les fournitures en eau de la famille Husson-Doisne, il n’en reste pas moins que ses graves négligences ont entrainé pour cette dernière un préjudice moral d’autant plus conséquent qu’il a perduré plus de deux mois »

France Libertés et la Coordination Eau – Ile-de-France reçoivent chaque jour de nombreux témoignages qui contredisent la version de Veolia, qui non content d’avoir attendu l’assignation en justice pour rouvrir l’alimentation en eau des plaignants, continuent à couper aujourd’hui encore de nombreuses familles partout en France.

France Libertés et la Coordination Eau – Ile-de-France exigent que la loi soit respectée par les distributeurs publics et privés de l’eau. Nous réclamons également une prise de conscience urgente des pouvoirs publics et des élu-e-s afin que cessent ces coupures d’eau illégales.

Notre combat pour le droit à l’accès à l’eau est long mais l’horizon s’éclaircit. Nous saluons donc ce jugement, de même que celui de Soissons, qui renforcent notre lecture de la loi. Nous restons mobilisés à Valenciennes contre Noréade et à Amiens contre la Saur dont le jugement est attendu pour le 28 novembre prochain.

Lire le jugement du tribunal d’instance de Bourges

Autres jugements

OB : comme il y en a plusieurs sur le site de la Coordination Eau Ile-de-France, voici quelques jugements.

En introduction, je précise que les marchands d’eau ont fait semblant de ne pas comprendre la modification de la loi de 2013, interdisant toute coupure d’eau.

MAIS je précise que, dans sa rédaction antérieure, la loi interdisait déjà les coupures d’eau, mais limitée aux plus pauvres :

Du 1er novembre de chaque année au 15 mars de l’année suivante, les fournisseurs d’électricité, de chaleur, de gaz ne peuvent procéder, dans une résidence principale, à l’interruption, pour non-paiement des factures, de la fourniture d’électricité, de chaleur ou de gaz aux personnes ou familles mentionnées au premier alinéa et bénéficiant ou ayant bénéficié, dans les douze derniers mois, d’une décision favorable d’attribution d’une aide du fonds de solidarité pour le logement. Un décret définit les modalités d’application du présent alinéa. Ces dispositions s’appliquent aux distributeurs d’eau pour la distribution d’eau tout au long de l’année. Article L115-3 (2007 à 2013)

Les jugements, pour bien voir qui est concerné par les coupures :

TI Soissons 09/2014

“Mauvais payeur” en situation de surendettement, dette colossale de 646 €… Divorcée avec 2 enfants à charge, ressources mensuelles de 1 690 €, charges mensuelles de 2 000 €..

La Lyonnaise des Eaux demande en plus à la justice de la condamner à 1 500 € d’indemnités - en plus de la facture….

TI Bourges 11/2014

“Mauvais payeur” en situation précaire, dette colossale de 593€… Ce couple, bénéficiaire du Fonds de Solidarité Logement, après avoir versé 200 € avait demandé à pouvoir payer en 2 fois le solde… Pas d’eau pendant 60 jours.

La Lyonnaise des Eaux demande en plus à la justice de la condamner à 1 500 € d’indemnités - en plus de la facture….

TGI Valenciennes 11/2014 

“Mauvais payeur” en situation précaire, dette colossale de 18 € + 524 €, soit 613 € avec les frais de relance… Mère divorcée avec 4 enfants à charge…

Noréade demande en plus à la justice de la condamner à 3 000 € d’indemnités – en plus de la facture….

Malaise chez Veolia après l’interdiction des coupures d’eau pour impayés

Le directeur adjoint de Veolia Eau IDF, justifie les coupures : « la coupure est l’unique arme dont nous disposions contre les mauvais payeurs. Si elle est utilisée à mauvais escient, contre des usagers en difficulté sociale, cette arme est mauvaise et se retourne contre l’entreprise. Il convient de distinguer les différentes situations. Nous souhaitons conserver cette arme, qui est la seule efficace contre les mauvais payeurs. Si l’interdiction de coupure se confirme, nous en souffrirons (…) Nous n’abandonnerons pas l’unique arme efficace contre les mauvais payeurs sans nous défendre.»

Tous les cas que nous avons collectés, montrent qu’il ne s’agit pas de « mauvais payeurs » mais de personnes en grande difficulté pour régler leur facture. Nous avons des témoignages de personnes handicapées, de familles monoparentales, de familles nombreuses comprenant des bébés, de personnes âgées isolées, etc. Toutes ont subi des coupures d’eau sans considération pour leur situation et souvent sans avertissement préalable. Nous avons même eu le cas d’une femme qui a retrouvé son domicile sans eau, en revenant chez elle après un accouchement ! Les litiges (causés par une fuite d’eau, un changement de compteur, etc.) sont aussi « résolus » par Veolia au moyen d’une coupure d’eau. L’entreprise utilise cet argument choc pour éviter toute discussion et toute négociation avec l’usager.

La DRH de Veolia Eau pour tout le Nord de la France,  reconnaît que le groupe Veolia a monté « une opération de lobbying » pour éviter que la loi Brottes ne soit appliquée.

Le sénateur Cambon

Christian Cambon est le plus ancien vice-président du SEDIF où il a assuré, aux côtés de M Santini, le renouvellement du contrat de délégation au bénéfice de Veolia ; il est maire de Saint Maurice ; son adjoint aux finances appelé à lui succéder, Igor Semo est directeur des relations extérieures de la Lyonnaise des Eaux (Suez) et trésorier de Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E). (Source)

Pour les Nations Unies, couper l’eau en cas d’impayés est une violation des droits de l’homme

En juin 2014, les experts des Nations Unies pour l’eau et l’assainissement, pour le logement et pour la pauvreté extrême ont exprimé leur préoccupation concernant les coupures d’eau pour impayés, pratiquées sur une grande échelle à Détroit aux Etats-Unis dans une ville touchée par le chômage et la pauvreté. Ils ont officiellement déclaré que « les coupures d’eau pour impayés causés par un manque de ressources constituent une violation du droit de l’homme à l’eau et d’autres droits de l’homme ».

Selon Catarina de Albuquerque, l’Experte des Nations Unies pour l’eau et l’assainissement, « de telles coupures ne sont tolérables que si l’usager est en mesure de payer l’eau mais ne la paye pas. Dès lors qu’il a une réelle impossibilité de payer l’eau, les droits de l’homme interdisent toute coupure d’eau ». Selon les experts des Nations Unies, si une coupure injustifiée a eu lieu, l’alimentation en eau doit être rétablie sans délai.

Les coupures d’eau que pratiquent encore certains distributeurs français constituent donc à la fois une violation des engagements internationaux de la France et une violation d’une disposition nouvelle du droit français (CASF L 115-3, loi Brottes). De telles coupures affectant des personnes en situation de précarité apportent la preuve que certains distributeurs français se moquent de la loi qu’ils ont pourtant mission de respecter.

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Au Royaume-Uni, la loi interdit les coupures d’eau pour impayés depuis 1999. En France, la loi Brottes (avril 2013) a introduit la même interdiction. Il en est de même en Ecosse, Irlande, Russie et Suisse. En France1, en Belgique2 et aux Pays-Bas3,  les tribunaux se sont prononcés contre les coupures d’eau.

Les tribunaux français ont condamné les coupures avant même qu’elle soient interdites. Voir Henri Smets : La prise en charge des dettes d’eau des usagers démunis en France, Johanet, Paris, 2008, p. 185.

2 En Belgique, avant une coupure, il faut une autorisation préalable d’un Tribunal En 2009, il y a eu 1 712 coupures pour impayés en Belgique, soit moins de 1.5 pour dix mille habitants.

3 Voir « Le droit à l’eau potable et à l’assainissement en Europe », Johanet, Paris, 2012, étude de JP. Haumont, p. 233 étude de H. Smets, p 383, de M. van Rijswick, p.566.

Coupure d’eau à La Réunion : le témoignage d’une jeune citoyenne française indignée

Nous avons reçu récemment le témoignage saisissant de Mme A qui signale la coupure d’eau intervenue chez sa sœur, habitante de Saint Leu à l’île de La Réunion, desservie en eau par la Cise, filiale de la Saur (témoignage ci-bas).

Pour aider sa sœur, Mme A contacte la presse locale et voici l’article publié >>> ici. On y apprend que la Cise prend l’initiative de conditionner l’application de la loi à l’ouverture d’un dossier auprès des services sociaux ! Et comme les autres fournisseurs qui enfreignent la loi Brottes, elle facture des frais de fermeture et d’ouverture des compteurs très élevés.

Le témoignage de Mme A :

« Chère Fondation, Bonjour,

Merci à vous pour tout ce que vous faites pour les petits êtres humains que nous sommes. C’est grâce à votre site que j’ai eu connaissance de la loi Brottes. Il faut dire qu’à la Réunion les médias et associations de consommateurs n’ont pas diffusé la promulgation de cette loi. Je tenais à vous informer du cas de ma sœur. Je prends la parole à sa place car je suis révoltée du comportement de son distributeur d’eau. Elle m’a donnée son accord pour cette démarche.

Ma sœur, mère célibataire de deux enfants (1 et 5 ans) et en situation de précarité, a des difficultés pour payer ses factures comme pas mal de monde en France. Depuis la sortie de la loi Brottes, son distributeur a interrompu la distribution en eau chez elle au moins 4 fois. A chaque fois elle devait payer l’intégralité de la facture pour avoir de nouveau de l’eau. Une des coupures a même duré plus d’un mois. La 4ème fois c’était le 3 février 2015. Étant au courant de la loi, j’ai décidé de contacter la Cise pour elle. Dans mon imaginaire, je croyais en la bonne foi des gens qui y travaillent. Et ce fut la désillusion totale. J’ai pris contact par téléphone avec M. C du service recouvrement pour défendre le cas de ma sœur, et lui rappeler que nul n’est censé ignorer la loi. Au départ l’échange s’est bien passé mais dès que j’ai commencé à citer la loi, il m’a interrompu pour me dire que les gens lisent parfois n’importe quoi sur Internet. Pendant tout le reste de l’échange, il a été hostile et à la limite du grossier, m’interrompant sans cesse lorsque je voulais lui parler des dispositions de la loi. Je vais vous résumer à peu près ce que M. C m’a dit:

-La Cise est autorisée a couper l’eau chez une personne sauf quand cette personne a sollicité une aide spéciale auprès des services sociaux.
-Il s’est lui même renseigné sur cette loi et les « gens » croient ce qui les arrange.
-Aucune réouverture ne sera effectuée tant que m’a sœur n’aura pas payé l’intégralité de sa facture.
-Les gens font appel à cette loi alors qu’ils n’y connaissent rien. S’ils avaient lu l’intégralité de la loi, ils se rendraient comptent que la loi n’interdit pas les coupures d’eau en cas d’impayés.
-Cette loi ne concerne pas les fournisseurs d’eau mais uniquement les distributeurs de gaz, de chaleur et d’électricité.
-Le service juridique de la société s’est intéressé à cette loi. Selon ce service, la Cise a le droit d’interrompre la fourniture en eau chez les gens en cas d’impayés.

Voilà le compte rendu de ce que Mr C m’a dit. A la suite de notre échange, j’ai été sidérée d’une telle mauvaise foi. Je lui ai dit que moi aussi je me suis renseignée. J’ai cité « France libertés ». J’avais déjà contacté Energie info, allo service public, un avocat, une association de consommateurs pour me confirmer la promulgation de la loi. Ils m’ont tous confirmé que les coupures d’eau pour impayés sont illégales. Rien à faire, il m’a superbement ignorée et a été désagréable.

J’ai été moi même dans le même cas que ma sœur en août 2014. J’ai été privée d’eau pendant 5 semaines, jusqu’à ce que je tombe par hasard sur votre site. J’ai suivi les démarches. J’ai écris à mon fournisseur (Veolia) et au maire comme indiqué dans l’Aide mémoire. Veolia m’a appelé dès le lendemain et ma fourniture en eau a été rétablie. Le maire de ma commune lui ne m’a jamais répondu. Au vue du succès de ma démarche, j’ai voulu la réitérer pour aider ma sœur. Vu l’urgence de sa situation, j’ai décidé d’appeler directement la Cise pour faire avancer les choses. Ça n’a pas marché. A ce jour, ma sœur et ses enfants se retrouvent sans eau pour une facture de plus de 200 euros. Facture d’ailleurs qui présente des irrégularités. Les services sociaux refusent de l’aider car elle a déjà bénéficié d’une aide.

Les demandes d’aide ne sont pas renouvelables autant que l’on veut.

Ma sœur le vit très mal et n’en peut plus de toutes ces coupures. C’est dans le but de faire avancer les choses en France que je vous écris.
A l’île de la Réunion, les coupures pour impayés sont courantes, il est dommage que les distributeurs ne respectent pas la loi par pure cupidité et nous privent d’une vie digne.

En espérant que mon témoignage pourra faire avancer votre combat,
je vous souhaite une bonne continuation pour les actions que vous entreprenez à travers le monde entier.

Bien cordialement

A, une jeune citoyenne française indignée.

 
 

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167 ans et toujours d'actualité

25 Février 2015, 19:54pm

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Il y a aujourd'hui 167 ans, le 24 février 1848, paraissait un des livres les plus importants de la pensée matérialiste du communisme

« Le Manifeste du Parti Communiste ».

Ecrit par Karl Marx et Friedrich Engels, il est la base de l'engagement communiste contre le capitalisme par l'unité des travailleurs exploités : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous »

Marx et Engels ont rédigé cet ouvrage sur la base de textes préparatoires et discussions collectives au sein de ce qui s'appelait « la ligue des communistes » qui n'a strictement rien à voir avec « la ligue communiste ».

Une autre phrase résonne toujours aussi fort et justement 167 années plus tard « La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n 'a pas abolies antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de
nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois »

Aussi à l'heure de l'impérialisme dévastateur où les travailleurs sont humiliés et mis en concurrence dans un monde ouvert au commerce sans limite, une phrase de ce livre continue à résonner pour lutter contre cette mainmise économique sur la vie des travailleurs :

« À la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Marx et Engels ont rédigé cet ouvrage sur la base de textes préparatoires et discussions collectives au sein de ce qui s'appelait « la ligue des communistes » qui n’a strictement rien à voir avec « la ligue communiste ».

Une autre phrase résonne toujours aussi fort et justement 167 années plus tard « La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n ’a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n ’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois »

A lire et à relire toujours !

Zone de texte: 24/02/15Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais

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A Aubagne, ville dirigée par le PCF, la gratuité des transports est devenue rentable

25 Février 2015, 19:50pm

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Le 8 mars, la rame du tramway fera son entrée dans la ville pour réaliser ses premiers essais. Elle sera tractée du centre de dépôt et de maintenance jusqu’au Pôle d’échanges pour y être exposée jusqu’au samedi 15 mars

La 1re rame du tramway d'Aubagne a été livrée jeudi soir. Construite à la Rochelle et décorée par l'artiste Hervé Di Rosa, elle va être testée avant d'être mise en service à la rentrée. Ce tram fait partie d'une refonte globale des transports en commun entamée en 2009.

Cette année-là, l'agglomération est passée à la gratuité pour tous. «L'objectif était d'agir sur la pollution et de rendre tout le monde égal devant ce service», explique le maire d'Aubagne, Daniel Fontaine (PCF). Cinq ans après, le nombre de voyages est passé de 1, 9 million à 4, 7 millions, et plus de 1 200 trajets en voiture sont économisés chaque jour. «La mesure est financée par le» versement transport «versée par toutes les entreprises de plus de 9 salariés et qui rapporte plus de 2, 2 millions d'euros par an.»

Quand la ville a dépassé 100 000 habitants, le taux de cette taxe est passé de 0, 8 à 1, 8 %, ce qui permet de couvrir largement la perte des recettes «, explique Fontaine. Selon le maire, la gratuité n'a qu'un seul effet pervers : « A la sortie des écoles, il y a trop de mamans avec des poussettes pour pouvoir entrer dans les bus. »

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Le Maire de Kiev, Vitaly Klitschko, remis à sa place par les Komsomols

25 Février 2015, 19:36pm

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Vitaly Klitschko, Maire de Kiev et leader du Bloc Porochenko, se souviendra de sa rencontre avec les Komsomols et de sa discussion avec Mikhail Kononovich (Premier secrétaire des Komsomols d'Ukraine- LKSMU) - 

Les jeunes communistes de Kiev peuvent être satisfait de cette rencontre avec l'ancien champion de boxe devenu leader du mouvement EuroMaïdan, Maire de Kiev et dirigeant du bloc Porochenko. Ce matin les Komsomols parlaient d'un "knock-out" (KO) infligé à Vitaly Klitschko. Mais que c'est-il passé hier à Kiev ? 

Le Premier secrétaire du Comité central du LKSMU (Komsomol d'Ukraine) Mikhail Kononovich et des militants du Komsomol de Kiev revenaient d'une cérémonie pour la "Journée des défenseurs de la Patrie" qui célèbre la création de "l'armée rouge des ouvriers et paysans" quant ils tombèrent sur Vitaly Klitschko à la station de métro "Arsenal". Une discussion musclée s'engagea. 

Le jeune communiste engage la conversation:  "Citoyen maire, vous êtes un ancien soldat de l'armée soviétique, avez vous célébré la journée du 23 Février ?" A cette question Klitschko, surpris, répond: "Non, je célèbre cette fête un autre jour." "Pourquoi?" demande le jeune communiste, mais Klitschko élude la question car il sait très bien que Porochenko a le 14 Octobre jour "des défenseurs de la patrie", une journée qui célèbre la fondation de l'UPA "l'Armée insurrectionnelle ukrainienne", l'armée des nationalistes ukrainien Roman Choukhevytch et Stepan Bandera, qui collaborera avec l'armée nazi et sera responsable de massacre de nombreux juifs et polonais en Galicie.

Le jeune communiste lança sa seconde question "Pourquoi vous battez-contre les gens avec des méthodes barbares (parlant des vendeurs de rue de plus en plus nombreux avec la crise causée par EuroMaïdan) ? N'ont-ils pas le droit de vendre toutes sortes de choses dans la rue ?" Klitschko laisse échapper qu'il était maire de la ville et qu'il n'était pas responsable de la situation économique dans le pays. A cette réponse Kononovich lui rappelle qu'il n'est pas que le maire de Kiev, il est aussi le leader du Bloc Porochenko, qu'il c'est battu pour gagner les élections et qu'il porte aussi "une pleine responsabilité dans la situation de toute l'Ukraine, y compris pour son économie". 

Klitschko, sonné, tente de provoquer le jeune leader des komsomols : "Êtes-vous un patriote? Si vous êtes un patriote, pourquoi n'êtes vous pas engagé dans l'ATO(opération "anti-terroriste contre le Donbass - ndlr) ?" et, du tac au tac, Kononovich lui répond "je suis un patriote pour mon pays, et donc je n'ai pas rejoins l'ATO, parce qu'être un patriote ne signifie pas aller tuer nos concitoyens". 

"Et je ai une autre question, vous qui vous dites patriote" reprend le leader des komsomols "pourquoi n'êtes vous pas engagé dans l'ATO ? Votre élection en tant que maire ne vous dispense pas de mobilisation !""Je vous somme, moi le citoyen Kononovich, à vous le maire Klitschko, a venir demain matin, à neuf heures vous engager dans l'armée pour servir sous Mariupol. Vous, en tant que maire, vous avez une bonne équipe et des députés, qui peuvent vous remplacer, ne est-ce pas ? C'est bon alors ! ils pourront diriger Kiev sans vous, le citoyen, le patriote, Klitschko." Le maire répondit: "C'est à cause de Poutine et des armes russes. Il faut blâmer la Russie ... ". 

Kononovich interrompant Klitschko: "comment justifier le doublement du tarif du métro ? est aussi la faute de Poutine ? Ces marchants (ambulants) tous illégaux avec Tchebourek (tourte des Tatars de Crimée) et légumes sont-ils aussi envoyés personnellement par Poutine ? Les impôts communaux ont triplés à cause de la Russie ? J'ai servi pendant dix ans dans l'armée et je déclare avec confiance que se sont les gens comme vous, et non la Russie ou Poutine qui détruisaient notre pays ! Vous et votre pouvoir, êtes le plus grand mal dans notre pays". 

Les komsomols de Kiev, et Mikhail Kononovich, ont donné rendez-vous au "patriote" Vitaly Klitschko, le lendemain pour accompagner ce dernier devant le bureau d'enrôlement de l'armée afin qu'ils s'engage dans l'ATO pour servir à Mariupol puisqu'il est si inquiet de la situation là bas. Mais, il n'est pas venu !

 

article et traduction Nico Maury

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Intervention d'André Chassaigne (PCF-FdG): Motion de censure (projet de loi Macron)

25 Février 2015, 19:34pm

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La CFDT met sous tutelle un de ses syndicats opposé à la loi Macron

25 Février 2015, 19:23pm

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La CFDT a mis sous tutelle son syndicat commerce Ile-de-France, en raison de problèmes liés à la gestion interne, a indiqué aujourd'hui la centrale alors que, selon le Canard Enchaîné, qui a révélé l'information, il s'agit d'une sanction contre ce syndicat très actif contre le projet Macron.
Le bureau national (direction de la CFDT) a décidé de mettre "sous administration provisoire" ce syndicat, qui était déjà "en conflit" depuis près d'un an avec la Fédération des services, "sans rapport avec le projet de loi Macron", a déclaré Thierry Cadart, responsable de la politique organisationnelle à la CFDT. 
"Ce syndicat avait été déjà mis sous administration provisoire par la Fédération des services en mars-avril 2014" et le conflit portait sur "la gestion des cotisations et des questions de fonctionnement interne", a précisé Thierry Cadart.
La question n'étant pas réglée, la confédération a mis ce syndicat sous tutelle pour un an, dans le but de clarifier la situation en termes "d'adhérents, d'attributions des cotisations, etc" et d'organiser d'ici décembre 2015 un "congrès" de ce syndicat qui soit "inattaquable", a-t-il ajouté.
Thierry Cadart reconnaît qu'il peut y avoir des divergences entre le syndicat, la Fédération et la confédération, mais "les problèmes liés à la politique revendicative ne se règlent pas chez nous par la mise sous administration, mais par le débat", affirme-t-il. Selon le Canard Enchaîné, cette mise sous tutelle intervient après l'envoi d'une lettre de l'organisation patronale des grands magasins parisiens au ministre de l'Economie Emmanuel Macron.
Dans cette missive, le patronat souligne que l'ouverture dominicale dans les grands magasins des zones touristiques nécessite l'accord syndical, qui ne peut être obtenu compte tenu de la position dominante de la CFDT et de la CGT. Ces deux syndicats sont des cofondateurs du "Clic P", une intersyndicale très active dans la lutte contre le travail dominical.

 

 

 

 

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Loi MACRON : Ils sont tous d’accord

25 Février 2015, 18:37pm

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Le gouvernement socialiste a utilisé le 49-3 pour faire adopter sans vote la loi MACRON par l’Assemblée Nationale. Dans notre article du 28 janvier « La vérité sur la loi Macron » nous avions déjà montré qu’il s’agissait d’une loi de régression sociale qui répond aux exigences du capital et que, des socialistes à l’UMP, tous étaient d’accord avec.

Ce qui se passe le confirme, même si les uns et les autres multiplient les manœuvres pour tenter de prouver le contraire. Si l’UMP et l’UDI (parti de Bayrou) qui ont déposé la motion de censure contre le gouvernement, ce n’est pas parce qu’ils sont contre cette loi qu’au fond ils approuvent. Rappelons ce qu’a dit l’ex. conseiller de SARKOZY : « la loi Macron sur beaucoup de sujets aurait pu être préparée par l’UMP ». C’est clair !

UMP, UDI et d’autres voteront pour la motion, tout simplement parce qu’ils savent que quel que soit leur vote, le même article 49-3 imposera cette loi si nécessaire lors de son retour à l’Assemblée Nationale après que le Sénat en ait discuté.

Le Front National ne condamne pas les mesures de la loi Macron qui vont « dans le bon sens », même si Marine Le Pen est contre l’ensemble d’un texte qui est pour elle « la démonstration de la soumission aux exigences européennes ». Les exigences européennes ne sont rien d’autre que les exigences du capital, c’est démontré depuis longtemps. Le Front national ne veut pas le savoir, il n’utilise jamais de tels mots.

« Le 49-3 met le PS à feu et à sang » titre le « Figaro » qui souligne l’existence d’un fossé entre les « frondeurs » et les autres socialistes. Tous s’apprêtent à voter contre la censure, pour soutenir le gouvernement de leur parti. A. CHASSAIGNE dirigeant du PCF, député Front de Gauche avait indiqué que les 15 députés de son groupe la voteraient. Décision vivement critiquée par MELENCHON ! Tous ne seront pas sur la même ligne, 4 ou 5 de ces députés ne voteraient pas la censure. Les 17 députés écologistes et les radicaux de gauche eux non plus ne la voteront pas. La loi MACRON sera adoptée de toute façon.

Seule la lutte, contre le capital et le gouvernement qui le sert peut les faire reculer.

 

° ° °

A propos du contenu de la loi Macron, ajoutons :

-Les prud’hommes ne seront plus maîtres de leurs jugements. Cette loi porte un nouveau mauvais coup à cette institution. Une première dans la justice : la victime ne sera plus indemnisée en fonction du dommage qu’elle aura subi mais en fonction d’un barème établi par l’administration.

-Une demande ancienne du patronat sera enfin satisfaite par ce gouvernement socialiste : Non seulement le patronat pourra continuer à piétiner les droits des salariés mais en plus les amendes qu’il aura à payer seront quantité négligeable… s’il est condamné.

-Les licenciements économiques vont être « assouplis » Les dispositions de la loi Macron simplifient les licenciements et diminuent les indemnités à verser aux salariés licenciés en prenant pour base l’entreprise et non le groupe à laquelle elle appartient.

-l’article 99 : Les « petits licenciements » de moins de 10 salariés dans les entreprises de plus de 50 salariés seront « simplifiés ». Leur validation ne sera plus nécessaire.

-L’article 100. L’employeur était tenu de proposer une offre de reclassement dans les entreprises du groupe. L’article 100 limite l’obligation de reclassement aux emplois disponibles en France.

-L’article 101. Les salariés ne peuvent plus invoquer les bénéfices réalisés par la maison mère pour demander (en cas de redressement ou de liquidation de l’entreprise) que le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) soit abondé. Ils devront s’en tenir « aux moyens de l’entreprise ». Une mesure qui va faciliter les licenciements boursiers protégés par les patrons voyous

-La loi Macron ne se limite pas au travail du dimanche. C’est avant tout un instrument qui satisfait les revendications patronales, qui leur donne les moyens d’une exploitation renforcée des travailleurs.

 

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Arras 3 : Des candidats de rassemblement PCF/FdG Anti Austérité

23 Février 2015, 19:16pm

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Arras 3 : Des candidats  de rassemblement PCF/FdG  Anti Austérité
Arras 3 : Des candidats  de rassemblement PCF/FdG  Anti Austérité
Arras 3 : Des candidats  de rassemblement PCF/FdG  Anti Austérité

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Arras 2: Des candidats de rassemblement présenté par le PCF-Front de Gauche

23 Février 2015, 19:04pm

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Arras 2: Des candidats de rassemblement présenté par le PCF-Front de Gauche
Arras 2: Des candidats de rassemblement présenté par le PCF-Front de Gauche
Arras 2: Des candidats de rassemblement présenté par le PCF-Front de Gauche

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Quand le milliardaire Gérard Mulliez débarque chez les communistes lillois

23 Février 2015, 17:16pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS


Samedi 21 février, en pleine réunion des jeunes communistes à l'espace Angela Davis, local du PCF lillois, les militants présents ont eu la surprise de voir entrer…Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, 3e plus grosse fortune de France.
La cause de cette visite inattendue n’était, comme on pouvait s’en douter, pas une demande d’adhésion, mais une affiche du PCF dans la vitrine du local de la rue d’Artois, qui pointait les profits indécents réalisés par le milliardaire, et les millions d’euros perçus par son groupe dans le cadre du CICE, mis en parallèle avec l’augmentation du coût de la vie pour une ouvrière dans la même période.
M. Mulliez interpelant la salle :


-"Vous avez mis une photo de moi dans la vitrine: vous n’êtes pas très gentils avec moi ! J'ai créé des emplois, j'ai travaillé toute ma vie"

"Mais Monsieur vous ne créez pas d'emplois vous exploitez desgens ce n'est pas pareil ! Ce sont vos ouvriers, vos caissières, qui créentdes richesses !" (nos jeunes camarades connaissent leurs classiques)

Et le milliardaire de sermonner les jeunes communistes leur expliquant qu’ils n’avaient rien compris à la vie, qu’il méritait bien sa fortune, avant de repartir, furibard, dans sa grosse Range Rover.

  

Au-delà du caractère surréaliste du milliardaire venant faire la leçon à de jeunes militants (dont beaucoup de travailleurs précaires ou en recherche d’emploi), qui s’engagent pour faire avancer les valeurs de solidarité et de justice sociale, il est clair que les invectives de M. Mulliez ne changeront rien à notre détermination à dénoncer les cadeaux aux plus riches et exiger une juste redistribution des richesses. Au contraire.
quand Auchan licencie tout en touchant 120 millions d’euros de CICE
http://www.liberation.fr/economie/2014/01/30/auchan-va-supprimer-300-postes-en-trois-ans_976683

Quand la famille Mulliez pratique l’évasion fiscale en se domiciliant à la frontière belge

http://www.humanite.fr/social-eco/rue-mulliez-estaimpuis-belgique-507039

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Hommage à Rino Della Negra et César Luccarini militants communistes du groupe Manouchian

22 Février 2015, 17:28pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Chaque année le 21 février les communistes du Pas de Calais rendent hommage aux fusillés de l'Affiche rouge particulièrement à  Rino della Negra né a Vimy et César Lucciarini ayant vécu à Pont a Vendin dans le Pas de Calais. Une affiche de propagande apposée sur tous les murs parisiens et de nombreuses villes françaises par le régime de Vichy et l'occupant allemand. 23 résistants composés de 20 étrangers et 3 Français  tous communistes, surnommés "du groupe Manouchian", des Francs-Tireurs et Partisans – Main-d'oeuvre immigrée (FTP-MOI), résistants de la région parisienne, condamnée à mort et 22 seront fusillée par les nazis le 21 février 1944 au fort du Mont-Valérien.

 

Hommage à Rino Della Negra à Vimy
Hommage à Rino Della Negra à Vimy
Hommage à Rino Della Negra à Vimy

Hommage à Rino Della Negra à Vimy

HOMMAGE à RINO DELLA NEGRA

En cette période d’austérité, il y a ceux qui, avide de pouvoir qui ont pour fond de commerce, le populisme et la démagogie, attise et exploite sans vergogne, la haine la xénophobie, le racisme surfant sur des idées nauséeuses et fascisantes, rappelant les années noires de l’occupation

Et il y a ceux, qui au nom de la liberté de l’égalité et de la fraternité, devisent qui furent cité la première fois en 1790 par Robespierre et qui depuis sont représenté par les trois couleurs de notre drapeau, font valeurs de résistance.

Bon nombre d’inconnu sont mort sur les champs de bataille, bon nombre d’anonymes ont laissé peu de traces dans la mémoire collective. La dette à leur égard est immense.

Parmi ces combattants exemplaires, rappelons le nom de Rino Della Negra

 

Né le 18 aout 1923 à Vimy, son père, Riziéri, est un briquetier qui trimballe sa famille au gré des chantiers. Mais en 1926, ils finissent par s'installer durablement à Argenteuil, a l’âge de 14 ans, Rino ce fils d'immigré italien travaille aux usines Chausson d’Asnières et entre au club de football du Red Star ou il s'illustre d'abord dans les rangs des clubs locaux amateurs qui constitue alors l'ossature du football parisien, sport qui encore aujourd’hui est porteur d’intégration et d’altruisme

Mais en 1940 le régime de Vichy n'aime pas ce sport de métèque et professionnalisé.

celui-ci rencontre toujours le même succès, voire davantage, auprès du bon peuple, qu'il faut bien divertir en ces temps ou les distractions se font rares (sans parler des couvre-feux)

En février 1943, sous l’occupation, comme des milliers de jeunes Français, Rino reçoit l’ordre de partir en Allemagne dans le cadre du STO (Service du Travail obligatoire).

Pour y échapper, il se cache puis s’engage dans la résistance au sein de la section Main d’œuvre immigrée des Francs Tireurs et Partisans du 3ème détachement italien des FTP-MOI, une branche de la résistance armée communiste commandée par Missak Manouchian. Aux côtés de Hongrois, d’Arméniens, espagnols, italiens et juifs d’Europe centrale et de l’est Rino Della Negra participe à plusieurs actions militaires contre l’armée occupante.

 

Ce qui prouve encore aujourd’hui que, la défense des valeurs humanistes n'est ni une question de nationalité, ni une question de couleur de peau.

 

Le groupe dirigé par Missak Manouchian devient en l’année 1943 le cauchemar des Allemands et surtout de la sinistre Brigade spéciale n°2 des Renseignements généraux, une police française spécialisée dans la traque aux « ennemis intérieurs », aux dissidents, aux prisonniers évadés, aux Juifs et réfractaire au STO, qui fera le plus grand bonheur des nazis.

Les six premiers mois de 1943, le groupe réalise 92 attentats, Rino est sur de nombreux coups.

Parmi ces attentats il y a :

Le 7 juin 1943 l’exécution du général Von Apt au 4 rue Maspéro

Le 10 juin 1943 attaque du siège central du parti fasciste italien, rue Sédillot

Le 23 juin 1943 attaque de la caserne Guynemer à Rueil-Malmaison.

Le 12 novembre 1943, au 56 rue La Fayette il attaque avec Robert Witchitz des convoyeurs de fonds allemands, mais c’est un échec, Rino blessé et Robert sont arrêtés.

À partir de ce jour, le groupe est peu à peu démantelé par les services collaborationnistes français de la Brigade spéciale 2 et la Gestapo.

Tous seront capturés peut de temps après

Au total dix-sept résistants MOI seront appréhendés par la Brigade spéciale de la police française. Après un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris du 17 au 21 février 1944.

Les 23 membres communistes du réseau Manouchian, composés de 20 étrangers et de 3 français, sont condamnés à mort.

22 seront fusillés au fort du mont Valérien le 21 février 1944 y compris Rino della Negra.

Olga Bancic, la seule femme du groupe, de nationalité Roumaine sera décapitée le 10 mai en Allemagne

 

Un des compagnons d'armes de Rino, Thomas Elek - " juif hongrois, huit déraillements " au palmarès de l'Affiche rouge - a écrit avant d'être exécutés par l'occupant allemand : " Je meurs, mais je vous demande de vivre. "

 

Avant de mourir Rino, trouve le temps de glisser une lettre à son petit frère. Les mots sont simples, émouvants, même frappés sur un clavier soixante et onze ans plus tard :

" Envoie l'adieu et le bonjour à tout le Red Star ».

Tous tombèrent pour la liberté, tous tombèrent pour la France.

Dix des fusillés figureront sur une affiche rouge réalisée par les services de propagande allemands sous le régime de Vichy .

Les 15.000 affiches seront placardées à Paris et dans certaines villes en France.

Leur combat et leur sacrifice ranimèrent l’espérance de la population de la région parisienne et firent monter l’angoisse parmi les troupes allemandes et des collabos.

Ils étaient jeunes pour la plupart, épris de liberté !, ils étaient communistes.

La Libération leur doit tant. Et dans leur legs aussi, ces phrases d’amour : « Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand », « Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant. »

Parmi ces passionnés de liberté, ce jeune fils d’ouvrier Italiens, Rino Della Negra féru de foot, a su porter haut ces valeurs.

Il est un modèle pour les jeunes de notre région, il est un exemple de courage car Une Étoile rouge ne meurt jamais

 

Les communistes de l’Arrageois sont aujourd'hui fières d'apporter leurs contributions au devoir de Mémoire qui s'impose à tous.

René Chevalier

Hommage à César Luccarini à Pont a Vendin
Hommage à César Luccarini à Pont a Vendin
Hommage à César Luccarini à Pont a Vendin

Hommage à César Luccarini à Pont a Vendin

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