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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Intervention de Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach pour dire stop à la guerre

25 Juin 2014, 18:39pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

A Paris c'était dimanche :

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/22/a-12-h-le-2206-2014-a-paris-et-a-12h-a-kiev-le-meme-jour/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/23/toujours-la-manifestation-de-dimanche-un-contenu-eleve/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/23/la-voix-de-la-russie-sur-la-manifestation-a-paris-interview/

et à Lille c'était mercredi 25 juin, place de la République, à l'appel noramment de la JC.

Pourquoi c'est important:

1) des milliers de morts au centre de l'Europe, un demi-million de réfugiés

2) coup d'état fasciste à Kiev, terrorisme anticommuniste, menace d'interdiction du parti communiste d'Ukraine

3) extension de l'OTAN vers l'est, remise en cause des résultats de la seconde guerre mondiale et du rôle de l'URSS

4) confrontation USA/BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud)

5) rôle de la France comme supplétif des USA, et notre responsabilité en tant que communistes

6) ne pas laisser au FN le beau rôle soi-disant "anti-impérialiste"

... et j'ajouterai, pour ceux qui ont lu les reportages de Crimée: 100% des personnes que nous avons interrogées regrettent le temps de l'Union Soviétique, c'est aussi cela l'enjeu aujourd'hui.

Le moteur de l'histoire s'est remis en marche !

Message  De Danielle BLEITRACH  pour le rassemblement du mercredi 25 a Lille                                         
 Stoppons les bombardements au Donbass. Paix en Ukraine  18 juin 2014  > Depuis le coup d’état et l’élection de Porochenko, les violences n’ont pas stoppé en Ukraine. Aujourd’hui c’est le Donbass et sa population qui est victime de violences de la part du Gouvernement. Des civils sont tués, manquent de vivre, de médicaments, et sont harcelés par l’armée de Kiev. Pour garantir leur indépendance économique et politique, les citoyens des provinces de Donetsk et de Lougansk ont votés massivement pour leur autonomie, lors du référendum populaire du 11 mai. Le gouvernement central refuse de se soumettre à l’avis du peuple, et envoie l’armée dans les villes du Donbass qui ont fait sécession. Ces territoires ont simplement exercé l’article 1 de la charte des nations unies sur le droit des peuples à l’autodétermination. Aujourd’hui ils sont les victimes du gouvernement de Kiev : des civils sont bombardés, l’armée estutilisée contre le peuple. Nos gouvernants doivent réagir. Hollande, l’Union européenne, les Etats unis et l’OTAN ont tout mis en place pour faire s’embraser ce pays, n’hésitant pas à soutenir les partis d’extrême droite comme Svoboda ou Paviyi Sektor, qui terrorisent les opposants et les civils . Le 6 mai dernier, dans la ville d’Odessa, alors que des manifestants hostiles au nouveau gouvernement occupaient pacifiquement la place, ilsont été délogés par la force. Les manifestants se sont réfugiés dans la maison des syndicats. Les militants d’extrême-droite ont mis le feu au bâtiment, tuant sesquarante-trois occupants. Rassemblons-nous pour refuser la guerre et la barbarie.

 MERCREDI 25 JUIN, A 18h, PLACE DE LA REPUBLIQUE
 

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La privatisation de l'eau mise en échec en Grèce, un camouflet pour la multi-nationale française Suez, candidate au rachat !

25 Juin 2014, 18:31pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Article MA pourhttp://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La Grèce, laboratoire non pas de l' « austérité » mais de la liquidation pure et simple du patrimoine public au nom d'une dette fabriquée de toute pièce, profitant aux grands monopoles européens. Un processus qui n'est pas une fatalité, comme le montre le cas de l'eau.

 

Athènes, ville à vendre : les compagnies du gaz, des chemins de fer, de la poste, du pétrole mais aussi tous ses aéroports, ses ports, ses autoroutes et même jusqu'à ses monuments historiques et ses plages de rêve, c'est la grande braderie en Grèce orchestrée par le FMI et l'UE !

 

La vente des biens publics devait rapporter momentanément 50 milliards d'euros, une somme désormais revue à la baisse, à 20 milliards d'euros. Chaque année, ce seront des milliards d'euros de perdus, de quoi alimenter pour des décennies une dette bien profitable aux banques européennes.

 

Parmi ce patrimoine du peuple grec démantelé, un secteur stratégique : l'eau.

 

Si la plupart des services d'approvisionnement en eau sont municipalisés, les réseaux des deux principales villes du pays – Athènes et Salonique – sont entre les mains d'entreprises publiques, sous contrôle étatique, ce sont respectivement l'EYDAP et l'EYATH.

 

SUEZ, candidat numéro 1 au rachat des réseaux de Salonique et Athènes

 

Pour l’État grec, l'année 2014 devait être celle du transfert des parts publiques dans ces entreprises entre les mains d'un organisme public (la TAIPED/Fonds de la République hellénique pour le développement patrimonial) chargé de mener un appel d'offre pour assurer leur privatisation.

 

Dans les deux processus de privatisation, un nom commun, celui de la multi-nationale française Suez déjà fermement implantée en France bien sûr, mais aussi en Espagne où elle contrôle le réseau de Barcelone, et désormais en Italie, avec une implantation récente à Rome.

 

Suez a déclaré son intérêt pour le réseau de la capitale athénienne, mais était déjà plus loin dans le processus de rachat de l'entreprise de l'eau de Salonique, l'EYATH, où elle a pris la tête d'un consortium comptant également le grec ELLAKTOR et l'israélien MEKOROT.

 

La gestion catastrophique de SUEZ, premier groupe dans la gestion des réseaux d'eau dans le monde, a déjà suscité des vagues de désengagement : 30 villes dans le monde n'ont pas renouvelé le contrat avec le groupe français dont Johannesbourg, Thu Duc (Vietnam), Shenyang (Chine), La Paz, Buenos Aires, Milwaukee, Atlanta, Budapest, Potsdam, Bordeaux, Grenoble ou Paris.

 

Son alliance avec l'israélien MEKOROT a de quoi indigner les combattants de la cause palestinienne : l'entreprise est connue pour ses forages en territoire palestinien, elle fournit l'intégralité des ressources en eau des colonies israéliennes, et pratique la discrimination dans l'accès et la tarification pour les populations palestiniennes.

 

Il faut dire que le contrat convoité par SUEZ est plus que juteux. Le groupe EYATH a réalisé 110 millions d'€ de profits entre 2007 et 2013, alors que les prix ont triplé depuis dix ans. Or, le rachat de 51 % des parts du groupe était envisagé à hauteur de 110 millions d'€.

 

De quoi rentabiliser en quelques années l'investissement, surtout que SUEZ – outre les promesses d'investissement et de création d'emplois irréalistes (250 millions d'€ et 4 000 emplois sur 5 ans!) - a laissé entendre qu'elle envisageait de rehausser les prix, parmi les plus bas d'Europe.

 

SUEZ qui a pris à la lettre les recommandations de François Hollande qui, au début de l'année 2013, lors de sa visite en Grèce versait des larmes de crocodile sur le sort du peuple grec … tout en recommandant aux entreprises françaises de profiter du processus de privatisation pour se tailler la part du lion.

 

Un processus mis en échec par une mobilisation populaire !

 

Pourtant, SUEZ risque de ne pas profiter du pillage du peuple grec. Car le processus de privatisation est, à l'heure actuelle, mise en échec. Le résultat d'une mobilisation populaire qui a fait reculer le gouvernement.

 

Créée en mars 2013 à l'initiative des syndicats des employés de l'eau, le collectif « SOSTE to NERO » (Sauvons l'eau) a construit un mouvement liant habitants, travailleurs, élus locaux autour d'une revendication simple : rejet de la privatisation, défense de l'entreprise nationalisée.
 

Un mouvement qui a pris de l'ampleur d'abord grâce aux travailleurs de l'entreprise EYATH, à Salonique, qui depuis plusieurs années mènent la lutte contre la privatisation : de grèves de la faim en journées de grève, de sit-in en occupations de bâtiment.

 

Mais un mouvement qui s'est élargi également aux élus locaux d'Athènes et Salonique. Les 11 maires de l'agglomération de Salonique ont ainsi signé une résolution commune au début du mois de juin refusant de livrer leurs réseaux d'eau communaux à SUEZ et ses partenaires.

 

Cette prise de position fait suite au rapport de force conquis auprès des riverains qui ont pu participer, le 18 mai dernier, à un référendum local auquel 60 % des habitants ont participé et qui ont vu 98 % des votants refuser la privatisation de l'eau de Salonique.

 

C'est dans ce contexte de fronde populaire à Salonique, relayée à Athènes, que le pouvoir a dû céder, rappelé à l'ordre par le Conseil d'Etat qui a jugé fin mai la privatisation de la compagnie d'eau de Salonique comme étant inconstitutionnelle.

 

Trois arguments étaient invoqués : d'abord, le danger pour la continuité, la qualité et l'accessibilité du service public ; ensuite, la remise en cause du droit constitutionnel à la santé ; enfin, l'existence d'un monopole de fait dans le secteur de l'eau.

 

Cette décision du Conseil d'Etat devrait être confirmée dans le cas de la privatisation de l'eau à Athènes et mettre un coup d'arrêt – si ce n'est définitif, en tout cas une halte – au processus de privatisation de l'eau en Grèce.

 


Vague de dé-privatisation de l'eau : processus positif à analyser avec prudence

 

 

Il est important de rappeler que les deux plus grands opérateurs privés dans le monde sont des multi-nationales françaises, Veolia et Suez, qui à elles seules couvrent un marché de 250 millions d'usagers-clients, plus que tous ses concurrents réunis.

 

Mis en difficulté en France par le non-renouvellement des concessions sur les réseaux en France, Suez et Veolia tentent de renforcer leurs positions sur les marchés à l'étranger, bien que 90 % de l'offre mondiale soit encore en régie publique.

 

Le pillage éhonté des populations, l'exploitation implacable des personnels, le danger pour la santé humaine d'une gestion guidée par le seul profit, tous ces éléments conduisent désormais à une vague de « re-municipalisation » / « dé-privatisation » de l'eau.

 

Un processus positif en soi bien qu'il doive inciter à la prudence, au cas par cas. Il est souvent à l'origine de mouvements de protestation symbolisant le rejet du tout-privé, du règne de l'argent.

 

En Amérique du sud, en particulier en Bolivie dans le cas emblématique de Cochabamba, ce fut le point de départ d'un mouvement de transformation sociale, remettant le contrôle populaire sur l'économie au centre.

 

Ailleurs, en Europe, le processus incite à la prudence, à Naples, Berlin, Budapest comme en France à Paris, Bordeaux, Grenoble, l'eau redevient publique. Une occasion de récupérer les marges colossales réalisées par les SUEZ, Veolia ou RWE.

 

Mais peut-être une aubaine pour certains de ces groupes qui ont délibérément sous-investi dans le réseau, livrant sa rénovation – après s'être gavé de profits dûment encaissés pendant toutes ces années – aux frais du contribuable.

 

Mais si l'analyse du processus dans le détail reste à faire, c'est avec satisfaction qu'on salue la résistance des travailleurs, de la population de Salonique comme d'Athènes : pas de Suez, pas de Veolia en Grèce ni en France, re-nationalisation de ces entreprises maintenant, nationalisation des secteurs du gaz, de l'eau et de l’électricité !

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"Une société sans art et sans culture ?" MARIE JOSÉ MONDZAIN

25 Juin 2014, 18:14pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Débat organisé par Cassandre/Horschamp suite à l'appel "Impossible absence"

Réalisation Samuel Wahl
Plus d'informations sur le site www.horschamp.org

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Information de la CGT de la FERMETURE DE LA P.I.C (Plateforme Industrielle Courrier) D’ARRAS

23 Juin 2014, 19:10pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

                          Fédération des Activités Postales et de Télécommunications

 

Section ARRAS P.I.C

Rue du Dépôt – Local 1103 – 62062 Arras Cedex 9

( : 03.21.07.23.67

 

FERMETURE DE LA P.I.C D’ARRAS

DROIT DE REPONSE

La section C.G.T de la P.I.C d’Arras, tient à répondre aux explications de La Poste concernant la fermeture de ladite P.I.C.

Concernant la soi-disant amélioration de la qualité de service, il faut savoir que la P.I.C d’Arras est régulièrement classée parmi les meilleures de sa catégorie quant elle n’est pas la première ! Le directeur d’établissement l’a suffisamment glorifié par écrit dans la communication interne du centre !

Difficile dès lors d’accepter cet argument d’autant rappelons le, que l’activité que La Poste veut faire traiter dans le nord existe toujours et peut donc parfaitement être traitée sur place avec une qualité de service excellente !

Le Directeur d'établissement ne nous avait-il pas dit : « Sans les CDD (une quarantaine), le boulot ne passerait pas ». Après cela, on vient nous parler de baisse du trafic !

Nous nous retrouvons dans le même contexte que les CTE d’Annezin et Bruay ; les collègues doivent se souvenir !

Pour la C.G.T une qualité optimale pour la distribution à J+1 voir H+ passe par le maintien d’une P.I.C par département et un développement technique en continu de celle-ci.

Sur la vétusté du bâtiment, une simple visite des locaux démontrera là aussi que cet argument n’est pas recevable, ce dernier ayant fait l’objet de nombreux travaux d’amélioration (plusieurs millions d’euros), notamment depuis 2008 et la transformation du CTC d’Arras en P.I.C.

De même, les machines de tri petits formats sont les mêmes qu’à la P.I.C de Lesquin. Quant à celles des grands formats, elles ont été intégralement réajustées aux besoins actuels lors de l’ouverture de la P.I.C en 2008.

Enfin si on demande aux agents s’ils ont l’impression de travailler dans des locaux vétustes, je vous laisse deviner la réponse : NEGATIVE !

Ce n’est pas la mise en place d’une nouvelle entité avec environ 70 agents sur 300 actuellement à la P.I.C qui changera quoique ce soit !

La Poste donne également comme argument, l’explication à la mode ces derniers temps, la baisse des émissions de CO2 et de carbone ! Nombres d’agents vont voir leur trajet domicile/travail augmenter, certains vont même devoir acheter une voiture supplémentaire et on veut nous faire croire que ce sera bon pour l’écologie ! La Poste avait déjà cherché à faire « ce coup fumeux » avec la mise en place du timbre vert ! De qui se moque-t-on ?

Force est de constater que La Poste n’a aucun argument valable qui puisse justifier la fermeture de la P.I.C mais, comme dit le proverbe :

« Qui veut tuer son chien l’accuse d’avoir la rage ! »

Curieusement, la direction de La Poste, ne communique pas sur le coût financier de cette fermeture !

  • Risque à terme, de perdre 250€ de frais de nuit pour certains agents, donc baisse du pouvoir d'achat
  • Des frais de transport en augmentation par l’allongement de la distance domicile travail
  • L’achat éventuel d’un véhicule

La section C.G.T invite d’ailleurs le personnel, à estimer ces coûts !

Quant au coût humain, là aussi, silence de La Poste !

Cette dernière annonce bien 266 personnes qui seront reclassées dans le Nord/Pas de Calais (actuellement nous sommes 307) mais dans quelles conditions ?

D’après cette annonce, 100 agents à Lesquin, 70 dans la nouvelle entité, reste 96 agents ailleurs, mais où ? (sans compter le différentiel de -41 entre 266 et 307 agents)

Quant on sait que La Poste supprime nombre de tournées facteurs et d’emplois physiques aux guichets des bureaux de Poste, on peut se poser la question !

Quant aux agents ou salariés ayant des restrictions médicales, comment La Poste peut elle affirmer être sûre de pouvoir les reclasser !

Pour autant pas question de se laisser mener à l’abattoir sans réagir !

C’est pourquoi la section C.G.T a dores et déjà commencé à discuter avec le personnel et demandé par mails des rendez vous à :

  • L’ensemble des députés socialistes du département
  • L’ensemble des sénateurs toutes appartenances politiques confondues
  • Le Maire d’Arras
  • Le Président du Conseil Général

Elle propose aux autres organisations syndicales de se joindre à elle lors de ses rendez vous !

Nous appelons également le personnel à réfléchir sur toutes sortes de formes d’actions, comme à Saint Etienne, où la fermeture du C.T.C a été retardée de plusieurs semaines, sans aucune journée de grève, mais en « mouillant le maillot » notamment auprès de la population sur les marchés, car sans une réaction forte du personnel, cette fermeture, si on ne peut l’éviter, se fera à conditions minimales pour le personnel !

 

Comme l’a écrit le philosophe Berthold BRECHT :

« CEUX QUI LUTTENT NE SONT PAS SURS DE GAGNER, MAIS CEUX QUI NE LUTTENT PAS, ONT DEJA PERDU »

 

Hervé LEBRUN

Secrétaire de Section

 

Lexique :

  • CTC : Centre de Tri Courrier
  • PIC : Plateforme Industrielle Courrier

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Le pacte de responsabilité aura un effet récessif sur l'économie et l'emploi

23 Juin 2014, 18:42pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Les 50 milliards de réduction de la dépense publique devraient se traduire par une baisse d’un demi-point de la croissance et une perte de 60 000 emplois en 2017, selon les estimations du ministère du budget

Quelle surprise ! Le ministère des finances vient de découvrir que le pacte de responsabilité, loin d’avoir un effet bénéfique sur la croissance, pourrait avoir un effet récessif sur l’activité économique et sur l’emploi. Selon le rapport déposé par la rapporteuse du budget, cité sur le blog du député PS Pierre-Alain Muet, les simulations faites par le Budget sur les effets apportés par les 50 milliards d’euros d’économie sont loin de répondre aux attentes promises. Les 21 milliards d'allègements supplémentaires du pacte de responsabilité augmenteraient l'emploi de 40 000 postes en 2015 et de 190 000 en 2017. L'essentiel des créations d’emploi (150 000) serait lié aux 4,5 milliards d'allègement sur les bas salaires. L'impact, selon les estimations du budget, serait très faible sur la croissance (0,25 % de croissance supplémentaire par an en moyenne). La réduction de 50 milliards des dépenses publiques sur trois ans aurait un effet fortement dépressif (0,7 % de croissance en moins chaque année) et entraînerait une destruction de 250 000 emplois à l'horizon 2017. « Au total, c'est presque un demi-point de croissance de moins chaque année et une perte de 60 000 emplois en 2017 », résume Pierre-Alain Muet, qui appelle à un rééquilibrage de l’action de l’Etat.

Cette découverte n’en est une que pour ceux qui ne voulaient rien voir. Les plans d’austérité en Europe, basés sur la compression des dépenses publiques, ont tous abouti au même résultat : la récession. En octobre 2012, le chef économiste du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard, a publié plusieurs mises en garde, soulignant la nécessité d’une révision théorique des effets de la réduction des dépenses publiques sur l’activité économique. Selon lui, les dépenses publiques ont un effet d’entraînement qui a été sous-estimé. Alors que jusqu’alors, il était estimé qu’un euro d’économie sur les dépenses publiques n’entraînait qu’une réduction de l’ordre de 50 centimes sur l’activité, Olivier Blanchard révisait les calculs et estimait que le coefficient multiplicateur était de l’ordre de 0,9 à 2. En d’autres termes, un euro d’économie des dépenses publiques se traduisait par une réduction de 90 centimes à 2 euros sur l’activité. Dans le cas de la Grèce, il évalue le coefficient multiplicateur à 1,7. Depuis 2009, le gouvernement grec a multiplié les plans d’austérité et de réduction des dépenses publiques et le PIB grec a diminué de 25 % par rapport à 2007. La commission européenne réfute les travaux du FMI, les jugeant non valables. Pour elle, les réformes structurelles et la réduction des dépenses publiques sont les seules voies possibles pour le redressement de l’Europe.

De nouveaux travaux économiques ont été publiés récemment par le Centre for Economic Policy Research, basé à Londres. Ils estiment que l’Europe, en dépit du répit de 2013, est toujours en récession au vu de la faiblesse de l’activité économique et du taux du chômage historiquement élevé.

Mediapart

 

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La Crimée observée par Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach

19 Juin 2014, 16:04pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voici une série de reportages réalisés par deux camarades:

 Danielle Bleitrach et Marianne Dunlop.

Afin de connaitre le récit du voyage : cliquez sur les adresses du blog de Danielle Bleitrach ci-dessous

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/05/la-crimee-le-donbass-et-les-deux-grand-meres/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/07/nouvelles-de-crimee/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/07/le-veritable-handicap-des-partis-communistes-de-lex-union-sovietique/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/13/introduction-a-un-voyage-en-pays-tatar-i-alexander-le-chauffeur/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/15/voyage-en-pays-tatar-bakhtchyssarai/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/14/de-la-propagande-a-la-realite-lantisemitisme-suppose-des-russes/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/08/porochenko-et-lukraine-reelle/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/07/le-flic-communiste-linsupportable-corruption/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/06/09/lhomo-sovieticus-ne-fait-plus-de-politique/

 

Voyage en pays tatar (Bakhtchyssaraï – l’érudite locale) le 15/06/2014

15JUIN

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Notre voyage en pays tatar fut relativement court, de l’aube à la nuit avec un retour sous une pluie diluvienne. Ces changements de temps sont fréquents dans cette presqu’île méditerranéenne. Mais il nous a confrontées à la rupture de la belle unanimité constatée jusqu’ici. Nous nous sommes retrouvées devant une opposition dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est travaillée politiquement par l’occident et qu’il n’y a aucune chance que cela s’arrête de sitôt, les Tatars sont pris dans le nouveau grand jeu.

Selon le guide, y a deux manières d’accéder à Bakhtchyssaraï, par Simferol (31 km) ou Sebastopol (46 km), nous y sommes parvenus par un troisième itinéraire qui traversait le Kolkhoze "La voie de Lénine". Son territoire a jadis coïncidé avec Nikolaïvka et des localités voisines… Nous commençons à être obsédées par l’éternelle question que semblent se poser tous les gens ici: mais quand et pourquoi est-ce que tout cela a-t-il disparu? Pourquoi la fin de l’Union soviétique?

Marianne me faisait remarquer que nous n’avions pas besoin de chercher à interviewer les gens, ils se présentaient à nous en files serrées, comme à confesse. Avec quelques messages simples, les médias ukrainiens mentent mais aussi en filigrane, l’incompréhension de ce qui leur arrive. Et tandis que le paysage désolé de l’ancien kolkoze défile, des souvenirs reviennent à l’esprit, des bribes de discussion. Comme avec cet ouvrier misérable, un SDF, les passagers s’écartaient de lui dans le trolleybus qui mène à Yalta. Il avait 58 ans, il venait de Lugansk pour chercher du travail. Ce n’était vraiment pas un révolutionnaire, mais il a dit deux choses: à Lugansk, les pensions n’étaient plus payées alors les mineurs sont allés en délégation réclamer à Kiev, on leur a répondu "Mangez de l’herbe!" Voilà pour la révolte du petit homme acculé à prendre les armes. A Slaviansk, il n’y a plus d’eau et les bombardements se poursuivent avec la complicité de mon pays. Mais l’homme avait aussi à nous donner son avis sur la chute de l’Union Soviétique qu’il déplorait comme tout le monde: tout avait commencé dans la deuxième partie du règne de Brejnev, quand il s’était mis à boire et qu’il avait regardé le pays sans le voir. Quand il est mort, on a beaucoup espéré dans Andropov qui était du KGB (le terme employé pour lui comme pour Poutine est un tchékiste, ce qui semble à leur yeux une valeur sûre). Mais la fille et le gendre de Brejnev (la mafia de Tachkent) convaincus de corruption l’ont fait assassiner. Comment sait-il cela? parce que cela se dit et il l’a même lu. Après c’était foutu.

Dans la campagne en jachère, des vignes abattues et repoussant d’une manière sauvage. Il ne s’agit pas seulement de la fin du kolkhoze, de sa privatisation et de la misère qui a frappé les anciens habitants incapables d’assumer dans l’isolement et le manque de moyens la mise en valeur des terres. Il y a eu aussi avant, pendant la péréstroïka, Gorbatchev dans le cadre de la lutte contre l’alcoolisme avait fait couper les vignobles de Crimée. Cela dit assez bien, la débilité gorbatchévienne dont l’occident fit son favori avant de le transformer en homme sandwich pour Pizza Hut. les temps troublés de la chute de l’URSS sont intervenus, les vacances du pouvoir, la lutte pour l’accumulation primitive… Le prélude à la chute que personne ne semble avoir vu venir.

En attendant, une tradition séculaire, celle des vignobles de Crimée, développée par les Russes depuis Catherine II, gisait là au milieu des ronces. Pour atteindre Gourzouf sur la mer, nous avons traversé le reste du pays Tatar, une station de montagne, véritable alpage où on nous a fait déguster des vins de Crimée, tellement coupés, sucrés, assortis d’arômes les plus invraisemblables qu’ils étaient imbuvables… Mais il y a nous a-t-on dit des cépages que des Français sont venus élever et il semble qu’une production de meilleure qualité soit en train de se développer, on attend aussi Gérard Depardieu.

Nous sommes donc arrivés, Alexander le chauffeur, Marianne et moi vers le pays Tatar en vivant la chute de L’URSS à travers celle du Kolkhoze "la voie de Lénine"… Il reste aujourd’hui assez de force et de conviction au villageois pour appeler les communistes de Simféropol pour leur demander de venir avec eux garder la statue de Lénine quand des bandes ont menacé de l’abattre. Les communistes ont dit à condition que tout le monde soit d’accord dans le village. Ce qui fut voté.

Donc par "la voie de Lénine", puis les routes défoncées du pays tatar. Sans transition, nous sommes passées d’un espace collectif en ruine à un autre sur le même genre de route, la voiture sautait et nous avec. Alexandre gêné devant l’état de son pays après avoir accusé les Tatars de n’avoir plus qu’une industrie, la cimenterie pour ériger des mosquées payées par l’étranger avait ajouté: Les Tatars se plaignent que l’on ne fait rien pour eux en matière de voirie et de services publics, mais ils font tout pour ne pas payer d’impôts.

Nous avions été accueillis en Crimée à notre arrivée dans une famille de communistes, moitié russe, moitié tatare, revenue d’Ouzbékistan et qui a vécu les difficultés de la réimplantation. La mère, une russe du Donbass, une vraie mère courage est une communiste orthodoxe de religion, stomatologiste de son état qui n’ayant pas trouvé de travail a dû tenter l’élevage de volailles et même de chèvres sur un terrain pentu dont personne ne voulait. Un homme qui à Nikolaïvka déplorait la prise de possession illégale des terres par les riches, nous a dit que les Tatars ne gênaient personne, ils s’installaient là où personne ne voulait aller, ceux qu’ils dénonçaient étaient ceux qui tentaient de prendre le front de mer pour y construire des palais. Donc la famille qui nous a accueillies a peu à peu construit sa maison et là aussi nous passons de pièces tapissées meublées presque richement en tous les cas confortablement à des espaces encore en construction avec les fers du béton à vif et les escaliers des échelles de bois. Le père vient de temps en temps, il est grand, roux aux yeux bleus. Il est habillé comme un saoudien. Ce n’est pas un hasard. La mère nous explique qu’il a été embrigadé par une filière turque qui menait au wahabisme. Il se rend fréquemment à la Mecque et a subi une véritable lavage de cerveau. Quand on le retrouve devant la maison, avec son turban et son chapelet, au début c’est la joie des enfants qui lui sautent dans les bras, puis c’est la tension, il commence son prêche, invitant la jeune femme et la mère à respecter les lois de la Charia, que les filles quittent l’école, à ne plus travailler dehors et à obéir à leur époux. Il fait pression pour qu’Arthur soit circoncis en menaçant chacun des flammes de l’enfer. Il reçoit un journal de Kiev, quelque chose qui ne parle que de religion, mais est très insidieux. La mère excédée finit par le renvoyer et nous dit c’est un fanatique et elle ajoute que son autre religion est le football. Quand elle l’a épousé, il était normal, plaisantait et faisait la fête et puis il a été retourné par des filières qui recrutent chez les Tatars.

Mais revenons au voyage. Tandis que nous affrontons les routes défoncées du pays Tatar, Alexander notre chauffeur commente lui aussi la spécificité tatare: "ils ont peut-être boycotté le référendum et encore, pas à Nikolaievka, mais ils ont été les premiers à réclamer un passeport russe." Alexandre énonce cela sans la moindre acrimonie comme un constat. Les Tatars, si nous en croyons nos hôtes, sont un groupe particulier au sein de la Crimée, mais il y en a d’autres et la presqu’île est une mosaïque de peuples avec des espaces de transition dans la jeunesse où les unions sont si fréquentes qu’il est parfois difficile physiquement de distinguer les uns des autres.

Nous arrivons très tôt et le palais du Khan n’est pas encore ouvert à la visite. Le guide du routard que la prévoyante Marianne a emporté avec elle fait état d’une auberge au sommet de la colline qui surplombe le palais. Là il y aurait la représentante des enseignants tatars, elle tient table d’hôte et dit le guide c’est une mine sur l’histoire des Tatars. Nous décidons d’aller la voir. Alexander suit. La femme qui a environ la cinquantaine nous accueille avec beaucoup de chaleur en apprenant que nous sommes français. Elle nous demande si nous sommes des amies de Xavier. Quelque chose se met alors en alerte chez moi, j’imagine le dit Xavier, un militant des droits de l’homme très anti-communiste sur le fond, un enseignant en tous les cas un cadre, une tenue baba cool ou au contraire le parfait petit randonneur. J’ai presque envie de dire que "OUI!" Mais cette femme a l’air si gentille, si accueillante et tout de suite, elle nous installe sur des lits autour d’une table avec un café et des douceurs. Donc, non nous ne connaissons pas Xavier. Mais rien n’y fait, nous sommes français donc occidentaux et ennemis des Russes, alors nous allons avoir droit à tout. D’abord à l’injustice subie par les tatars, les hommes étaient encore sous les drapeaux quand les femmes et les enfants ont été déportés, chassés par Staline de leur Crimée vers d’autres républiques, la moitié sont morts durant l’exode. Quand elle me dit que les hommes étaient sous les drapeaux, un démon malin me pousserait presque à demander "Sous quel drapeau, celui de l’Union soviétique ou celui des nazis?" Je suis convaincue que les Tatars dans cet exode massif ont subi une injustice que justifiaient les défenseurs de la décision en expliquant que les mettre à l’écart était les protéger du courroux du reste de la population, mais nous y reviendrons. Mais notre hôtesse poursuit son historique, quand Gorbatchev les a fait retourner en Crimée (encore lui), ils ont tout de suite été aidés par des organismes polonais proches de Solidarnosc et après par la fondation Soros. Ces charitables organisations continuent à financer les activités culturelles et accueillent des séminaires en Pologne pour la jeunesse tatare.
Marianne et moi nous sommes toute ouïe, Alexander toujours aussi poli ne pipe mot et regarde droit devant lui.
Quand nous sortons, l’hôtesse nous raccompagne sur le seuil et nous dit son désespoir devant l’annexion de la Crimée, ils ne s’attendaient pas à ça. Je me refends d’un "c’était écrit!", elle proteste que rien n’est écrit et que tout dépend de la lutte et que celle-ci continue.
Mais le palais du Khan s’ouvre aux visites et ceci est encore une autre histoire comme disait Shéhérazade à son cruel époux…

histoireetsociete

par Danielle h

La Crimée observée par Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach
La Crimée observée par Marianne Dunlop et Danielle Bleitrach

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Le rail français au privé en 2019

17 Juin 2014, 20:47pm

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La Commission de Bruxelles, qui n'est pas élue et dont les membres sont désignés par leurs pays respectifs, accélère le processus capitaliste de la concurrence libre et non faussée. Le journal de la même matière, Les Echos, révèle qu'un texte législatif au niveau de l'Union Européenne prévoit l'accès total des sociétés de voyageurs privées sur le réseau de la SNCF. Le mauvais coup est prévu pour 2019, le temps que le capital se prépare à manger tout cru un service public français. Ainsi, le texte sortire en janvier 2013.

Serait également dans le viseur de Bruxelles la gestion des gares. Et là aussi ça risque de péter. Pour que la concurrence soit loyale (dixit Bruxelles), les gares devraient être gérées par une entité indépendante, avec une possibilité pour les autres compagnies (autres que la SNCF) de s'y installer.

Pour ceux qui ne le savent, le Parlement européen a voté le "un espace unique européen"  le 16 novembre 2011. 526 députés ont voté POUR  dont tous les députés français de droite, du PS et de EELV, contre 80 (dont la gauche unitaire européenne/vert nordique).

Une nouvelle bataille du rail s'engage et qu'on ne compte donc pas pour l'Elysée socialiste pour en prendre la tête.

Ci-dessous, une image du film La Bataille du rail, réalisé en 1945 par René Clément, sur la résistance des cheminots contre l'occupant nazi et le régime de Pétain:

Le rail français au privé en 2019
Le rail français au privé en 2019

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Quelques ronds pour comprendre

17 Juin 2014, 20:38pm

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Et si vous trouvez encore que la culture coûte cher, essayez donc l’ignorance et la bêtise.

Quelques ronds pour comprendre

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ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2014 : simple rappel

17 Juin 2014, 20:21pm

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ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2014 : simple rappel

« Une situation révolutionnaire éclate lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus, et ceux du milieu basculent avec ceux d’en bas. »

Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine 

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Interviews de cheminots lillois en grève

17 Juin 2014, 20:17pm

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Soutien de la section Arrageoise aux cheminots en grève pour la sauvegarde du service public ferroviaire!

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LAURENCE BOONE, BANQUIÈRE, CHRONIQUEUSE À L'OPINION, ADMINISTRATRICE DE KERING... ...et conseillère d'un président socialiste

16 Juin 2014, 18:23pm

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A peine nommée conseillère économie de François Hollande après le départ annoncé du secrétaire général adjoint de l’Elysée Emmanuel Macron, Laurence Boone se fait tirer le portrait par l’AFP qui raconte son parcours d’économiste venue du monde des banques mais aussi de chroniqueuse à L’Opinion, aux billets pas franchement tendres pour le gouvernement. Un détail qui amuse certains sites de presse… et en désespère quelques autres.

 

Amateurs d’émissions sur l’économie, vous l’avez forcément croisée : Laurence Boone est régulièrement sollicitée par les médias, dans la catégorie économiste de gauche. Elle rejoint aujourd’hui l’équipe de conseillers de la présidence suite au départ annoncé d’Emmanuel Macron, futur-ex secrétaire général adjoint de l’Elysée. L’occasion pour l’AFP de déplier un CV redoutable : directrice depuis 2011 de la recherche économique sur l'Europe de la Bank of America Merrill Lynch, elle a occupé ce poste au sein de la banque Barclays après avoir travaillé six ans au département des affaires économiques de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Autrement dit, selon l’AFP, elle dispose d’une formation d’économiste "«matheuse», rompue aux modèles complexes, publiant aussi bien en anglais qu'en français". L’agence note par ailleurs qu’elle siège au conseil d’administration de Kering, société dirigée par François-Henri Pinault. Polémique en germe sur un éventuel conflit d'intérêt ? Sur le site de la société de luxe, il est indiqué, sans plus de précision de date, que "son mandat prend fin lors de l'Assemblée générale appelée à statuer sur les comptes clos le 31 décembre 2013".

 

Mais Laurence Boone est aussi chroniqueuse pour le journal de droite libérale L’Opinion. Et l'économiste a parfois eu la dent dure contre le gouvernement comme l’ont rappelé dans l’après-midi les sites d’Europe 1, d’Atlantico, du Point mais aussi… de L’Opinion qui republie pour l’occasion la dernière chronique de la nouvelle conseillère. Dans ce billet en date du 26 mai, intitulé Arrêtons le massacre, Boone fustigeait"l’absence totale de politique économique" et prédisait que "sans présentation d'une stratégie économique crédible (...) la France dans trois ans, c'est 3 millions de chômeurs, 3-4% de déficit, une dette à 100% du Produit intérieur brut (PIB), des jeunes très diplômés qui continuent de s'installer à l'étranger". Ces sites railleurs ont ainsi fêté l’arrivée d’une économiste qui a – au choix – dézingué / allumé / critiqué le gouvernement.

 

Cette prise de position a été reprise dans la dépêche l’AFP qui cite également une chronique dans laquelle Boone estime qu'"en Europe, les Etats surendettés qui ont mal géré leurs finances devraient être sanctionnés en faisant faillite". On a tenu discours plus solidaire. Mais au jeu des chroniques déterrées, Sébastien Fontenelle, journaliste deBakchich, va plus loin en citant sur son compte twitter un billet de Boone, daté du 14 avril dernier. L'économiste croit savoir ce qu’attendent les marchés : "un plan d’ajustement budgétaire qui viserait à corriger les travers de notre système social, son inefficacité. […] Les investisseurs attendent aussi une réforme du marché du travail qui viserait à accroître l’employabilité plutôt qu’à protéger à l’extrême ceux qui ont déjà un emploi". Question de Fontenelle : "est-ce que la radicalité échevelée de la nouvelle conseillère de Hollande ne risque pas d'effrayer le patronat ?"

 

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Pour la défense du chemin de fer français et la réunification du monopole public

16 Juin 2014, 17:06pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Depuis le 10 juin, les cheminots français sont en grève pour que la société nationale des chemins de fer français ne deviennent pas la société nationale du Casch et de la finance. Ils rejoignent de ce point de vue, les cheminots suédois qui sont en grève depuis quinze jours contre l’opérateur français Véolia devenu leur employeur après s’être saisi des opportunités que lui donnait une loi obéissant aux mêmes mécanismes que celle qui va être proposée au parlement français, et contre laquelle le conflit prend position. La simultanéité de ces deux conflits pourrait presque représenter un anachronisme édifiant, une de ces distorsion du temps qui permet cependant de voir par une sorte de procédé de zapping, ailleurs, mais ici en somme, les effets aujourd’hui, de ce que porte la loi que le gouvernement veut imposer. Les effets, les dangers pour les usagers et les menaces pour les travailleurs, tout cela est inscrit dans la situation suédoise, s’inscrivant en creux des propositions françaises.

Depuis le 10 juin, les cheminots reconduisent leur mouvement démocratiquement en assemblée générale, chaque jour. Ils ne le font pas pour le plaisir du baroud, ou pour satisfaire une esthétique citoyenne interne à leur corporation, ni parce que poussé par leur égoïsme de travailleurs privilégiés, ils ont décidé de glisser une peau de banane sous les pas d’un gouvernement vertueux mis en difficulté qui cherche courageusement a rétablir la justice et les équilibres. Ils le font pour défendre le service public et l’intérêt général, il le font pour garder au pays une de ses dernières institution nationale, après avoir maintes fois cherché le dialogue avec un exécutif qui les traite avec mépris et refuse de les entendre.

Depuis le 10 juin, le gouvernement et les médias qui lui servent de caisse de résonance, ignorent leurs propositions, tout en prétendant le contraire. Ils organisent provocation sur provocation pour détourner l’attention des véritables motifs qui font ce conflit, dénaturent le mouvement et cherchent à le rendre impopulaire dans la population en utilisant des procédés infâmes. Tout est bon pour y arriver, depuis l’utilisation de 36 et de Thorez jusqu’à cette information qui depuis deux jour tourne en boucle, des enfants empêchés de Bac. Le tandem de l’état sort des rails de la convenance sociale, Hollande et Valls dignes représentant du capital européen et américain, jouent une fois de plus sur les peurs pour ne pas satisfaire les exigences sociales. En l’occurrence, présenter les travailleurs en fossoyeurs de la réussite scolaire, ne manque pas d’aplomb quand, l’état qu’ils représentent, réduit chaque année, suivant une logique identique à la politique menée à la SNCF, les crédits et les postes.

Vendredi 13 juin, au troisième jour de la lutte, François Hollande, qui décidément ne recule devant aucune bassesse, détourne la phrase devenue célèbre de Thorez, « il faut savoir arrêter une grève », en la transformant pour la circonstance par une interprétation à sa manière, en lançant bonasse : « Il y a des moments ou il faut savoir arrêter un mouvement et être conscient de l’intérêt de tous ». Il est soutenu dans ce prodigieux effort de pédagogie par "Le Monde", le journal de référence des classes moyennes supérieures, des modernes et des enfants bien pensant du siècle, qui pour faire sérieux et ne pas donner l’impression de la travestir, reprend l’intégralité de la phrase de Thorez : « Il faut savoir terminer une grève disait-il, dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir un compromis si toutes les revendications n’ont pas été acceptées mais que l’on a obtenue satisfaction », et Le Monde de poursuivre fielleux « compromis, intérêt de tous, voilà des mots que les grévistes n’entendent pas ». Évidement ce sont toujours les grévistes qui n’entendent pas. D’ailleurs qu’est-ce que les mots pour des gens qui veulent empêcher le BAC ?

Apres Sarko qui avait enrôlé Guy Moquet pour vendre son paquet de réforme libérale, voilà Hollande qui sort de sa manche les œuvres de Thorez pour enjoindre de manière subliminale les cheminots à remonter dans leur machines après de substantielles avancée qu’il est seul à connaître. Les grévistes doivent accepter les compromis avec des illusionnistes qui ne concèdent que du vent tout en cherchant à convaincre l’opinion de leur sens du dialogue et de l’intérêt général. L’intérêt général, serait-il, de livrer comme dans la région de Marseille le réseau de nos chemins de fer à Véolia où à quelques autres Chargeurs Réunis ?

En fait le gouvernement a du mal à masquer l’ampleur de la mobilisation qu’il n’a de cesse de vouloir minoritaire. Il cherche à enfermer avec l’aide des médias, l’opinion publique dans de faux débats, au moment où le scandale des rames de TER trop larges pour les quais de nos gares éclate, mettant en lumière l’incurie de bureaucraties concurrentes, incapables de se concerter et d’agir de concert dans le souci du bien commun. Tout en se disant ouvert côté cour, il prépare son passage en force côté jardin, dans l’intimité, avec ses conseillers et les lobbyistes des multinationales. Après avoir scandaleusement ignoré les 22.000 cheminots qui en mai avaient manifesté, il fait mine de découvrir un conflit quand celui-ci éclate après des semaines d’actions revendicatives contre les dégradations du service. Il cherche depuis un ans à gagner du temps avec la seule préoccupation de rendre applicable une directive de 1991 dont le dernier avenant, nommé "paquet ferroviaire", a été adopté par le parlement européen en février pour organiser la privatisation...

Fallacieusement il prétend revenir à l’organisation d’une société unifié avec la création d’une entité unique appelé "EPIC de tête", alors qu’il s’agit d’une création provisoire destinée à masquer le futur éclatement de l’entreprise. De fait, contrairement à ce qui est avancé et martelé, le gestionnaire du réseau et le transporteur, sont toujours séparés dans le projet. Resteraient deux entreprises distinctes ayant leur propre conseil d’administration, qui passeraient des contrats eux aussi distincts avec l’état, pour une production séparée. N’en déplaise à la main invisible qui pilote les médias, il y aura toujours plusieurs employeurs, plusieurs directions indépendantes et donc, mécontentement et dysfonctionnement continueront. Les cheminots le savent, ils sont payés pour le savoir. Les usagers peuvent aussi le comprendre, c’est le cas de ceux regroupés dans l’association "Rail-Convergence nationale", qui reconnaissent dans la grève, le seul moyen démocratique pour lutter contre les appétits du vampire capitaliste et soutiennent les cheminots en lutte.

Le gouvernement devrait prendre garde à ce qu’il fait. Les élections qui viennent de se dérouler lui ont envoyé un avertissement qu’il ne veut pas entendre, pourtant le peuple s’est exprimé ; comme les cheminots, il pourrait perdre patience. Une grève peut en cacher une autre, lance une affiche de la CGT, or seule la lutte paye, c’est la légende des siècles et les Fralibs en sont un exemple confirmé. Cheminots-usagers, unissons-nous pour la défense du chemin de fer français et la réunification du monopole public.

Gilbert Rémond

Références :

- Grève SNCF : Hollande et Valls déraillent sur le BAC 
- Sécurité pendant la grève SNCF : des cadres non-grévistes formés dans l’urgence pour conduire les trains ? 
- Grève SNCF : Thierry Le Paon et Gilbert Garrel écrivent au Président de la République 
- [Grève à la SNCF : Infos aux usagers [CGT Cheminots] ->http://www.communcommune.com/articl...
- Communiqué de l’association d’usagers : Convergence Nationale RAIL 
- Cheminots : Halte aux manipulations médiatiques ! 
- Suède : Les cheminots entament leur deuxième semaine de grève... contre l’opérateur français Veolia ! 
- Où nous mène la "réforme ferroviaire" ? Retour sur les effets désastreux de la privatisation du rail britannique

http://lepcf.fr/Le-rail-francais-au-prive-en-2019

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Sauvons le climat : L'incidence des gaz à effet de serre sur le changement climatique - L'"éco-cohérence" énergétique avec les énergies renouvelables, l'électricité nucléaire et l'efficacité énergétique - Qui a rédigé le rapport du Groupe 3 du GIEC ?

14 Juin 2014, 15:42pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le GIEC comporte trois groupes :

·        le GRI décrit Les éléments scientifiques  concernant l’évolution du climat.

·        Le GRII évalue les Impacts, adaptation, vulnérabilités de cette évolution.

·        Le GR III étudie les stratégies permettant  l’atténuation du changement climatique.

 Le Groupe III a publié son rapport  en Avril 2014. Ce rapport est important puisqu’il influera sur les états lorsqu’il s’agira de définir leur politique énergétique, aussi bien en ce qui concerne l’efficacité énergétique que  la définition d’un mix électrique.  En ce qui concerne ce dernier, il existe actuellement des différences de stratégies importantes entre pays, selon qu’ils envisagent ou non de sortir du nucléaire en recourant plus longtemps à l’usage de combustibles fossiles pour la production  d’électricité. Les deux stratégies sont illustrées par celles de la France et de l’Allemagne.  On pouvait donc espérer que les deux choix possibles seraient exprimés de façon équitable au sein du GRIII.

Il y a 3 co-présidents dans le GR3, un Cubain, un Allemand (Ottmar Edenhofer), un malien. Parmi les 6 vice-présidents il y a un Britannique, un Italien mais aucun Français.

Le rapport du GRIII contient évidemment  la liste des auteurs. On peut alors juger  du « rapport des forces ».   Et la surprise est amère. Pour  les 16 chapitres du rapport on compte 8 auteurs travaillant dans des institutions ou universités françaises  à comparer à 73 auteurs allemands !  Si on limite le décompte aux auteurs principaux  on trouve 5 français travaillant dans des institutions ou universités françaises à comparer à 27 allemands. La contribution allemande n’est dépassée que par celle des USA avec 49 auteurs. Le Royaume Uni  en compte 14, les Pays Bas et l’Italie 9 chacun.

Certains chapitres sont particulièrement importants.

Le chapitre 6 traite de l’évaluation des trajectoires de transformation  (Assesment of Transformation Pathways). Pour 1 français (Jean Charles Hourcade), on compte 13 allemands.

Le chapitre 7 traite des systèmes énergétiques : aucun français (où est passé EDF ?) , 8 allemands.

Le chapitre 16 traite des questions de coûts  d’investissement et de finances : aucun français, 3 allemands.

L’annexe 3 traite des coûts spécifiques des technologies et des performances : pas de français, 5 allemands.

Parmi les rédacteurs du résumé pour décideurs (SPM) on compte un français travaillant pour l’OCDE et un autre travaillant à l’université de Princeton, pour 16 allemands. Aucun français travaillant dans une institution française.

Pour le Groupe I les auteurs français du résumé pour décideurs étaient au nombre de 4  pour 6 allemands.

La faible représentation de la France dans le Groupe III était-elle délibérée ?  Ou bien résulte-t-elle d’un dysfonctionnement du Ministère de l’Ecologie (en 2008-2009) chargé de fournir une liste d’auteurs possibles au GIEC ?

Quoiqu’il en soit, cette faiblesse de la contribution française est un scandale et exige que la lumière soit faite pour comprendre comment elle a pu être possible.

Compte tenu de la composition du GR3 il ne faut pas s’étonner d’une tonalité anti-nucléaire du résumé pour décideur (SPM)  avec  l’évaluation suivante[1] :

L’énergie nucléaire est une méthode mature de production  d’électricité de base et à faible émission de CO2, mais sa part dans la production mondiale d’électricité décline depuis 1993. Elle pourrait fournir une contribution bas carbone croissante à la production, mais plusieurs barrières et risques s’opposent à son développement(évidence robuste, haut niveau d’accord).

Sont inclus les risques opérationnels et les préoccupations associées, les risques de l’extraction minière de l’uranium, les risques financiers et réglementaires, les problèmes non résolus de la gestion des déchets, la prolifération des armements nucléaires et une opinion publique hostile (évidence robuste, haut niveau d’accord)

De nouvelles technologies pour le cycle des combustibles et les réacteurs qui permettraient de surmonter ces obstacles sont l’objet de recherches développement et des progrès ont été faits concernant la sûreté et le stockage des déchets.


Cette phrase contredit la politique du gouvernement français qui propose de garder un haut niveau  (50%) de nucléaire dans le mix électrique français. Même en passant de 75 à 50%, la France restera le pays le plus "nucléarisé" du monde et, par voie de conséquence, un de ceux dont le secteur électrique est le moins émetteur de CO2..

Dans le SPM, seul le nucléaire voit égrener ses défauts.

Par ailleurs, cette façon de présenter le nucléaire est outrageusement partiale :

·        Comment peut-on dénoncer les risques des mines d’uranium et ne pas dire un mot sur ceux des mines de charbon ?

·        Comment parler de risques opérationnels du nucléaire sans dire un mot de ceux des industries du gaz, des barrages hydroélectriques, de l’exploitation de la biomasse etc.

·        Pourquoi taire que jamais un programme militaire n’a été la conséquence d’un programme civil préexistant.

·        Les déchets nucléaires sont contrôlés et confinés contrairement aux gaz, poussières et déchets solides produits par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

 

Le tableau ci-dessous établie  par le magazine Forbes (http://www.forbes.com/sites/jamesconca/2012/06/10/energys-deathprint-a-price-always-paid/) montre à quel point il est malintentionné de ne citer que les risques liés au nucléaire.

 

Technique

Décès  pour 1000 TWh

Charbon (monde)

170000

   

Charbon (USA)

15000

Pétrole

36000

Gaz naturel

4000

Biomasse

24000

Photovoltaïque

440

Eolien

150

Hydroelectricité

1400

Nucléaire

90

 

Nombre de décès par 1000 TWh d’énergie finale pour   différentes techniques.
 La table tient compte des victimes de Tchernobyl and Fukushima.


Les représentants des gouvernements, réunis à Berlin du 7 au 12 avril 2014 ont approuvé le Résumé pour Décideurs du  Group III (AR5)  et accepté ses évaluations scientifiques et techniques.

 Comment se fait-il que le Gouvernement Français ait accepté un tel résumé contraire à sa politique de maintien d’un haut niveau de contribution du nucléaire à sa production d’électricité ?


[1]Traduction SLC du texte anglais :

 Nuclear energy is a mature low-GHG emission source of baseload power, but its share of global electricity generation has been declining (since 1993). Nuclear energy could make an increasing contribution to low carbon energy supply, but a variety of barriers and risks exist (robust evidence, high agreement).
Those include:
operational risks, and the associated concerns, uranium mining risks, financial and regulatory risks, unresolved waste management issues, nuclear weapon proliferation concerns, and adverse public opinion (robust evidence, high agreement). New fuel cycles and reactor technologies addressing some of these issues are being investigated and progress in research and development has been made concerning safety and waste disposal.

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LE GOUVERNEMENT MADURO ACCÉLÈRE LA RÉVOLUTION CITOYENNE DU LOGEMENT

14 Juin 2014, 15:35pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Loin des violences de l’extrême droite nostalgique de l’apartheid des Leopoldo López ou María Corina Machado, la stratégie du gouvernement présidé par Nicolas Maduro est de poursuivre le travail, de concrétiser les promesses électorales de 2013, qu’il s’agisse de l’État communal, de l’alimentation et de l’agriculture, ou encore du logement et de la ville en général, secteurs sur lesquels la mafia a longtemps régné. L’idée est toujours la même : construire une économie libérée des spéculateurs, qui part des besoins fondamentaux pour produire sur place le nécessaire et resserre les liens entre producteurs et usagers. ¨Il y a tout un réseau de mafieux qui se consacrent à construire des baraques pour les vendre, il faut les arrêter et les passer en jugement¨ dénonce le président au sujet de ceux qui spéculent sur la détresse des sans–logis.

Depuis sa création par Hugo Chavez en 2011 pour résoudre le déficit de logements et venir en aide aux victimes des inondations de 2010, la Grande Mission Logement Venezuela (GMVV) a remis plus de 560.000 logements aux secteurs populaires. Le Ministre concerné, Ricardo Molina, en annonce ¨600.000 pour bientôt″. Nicolas Maduro a décidé de faire de cette mission un moteur de l’économie, en passant du rythme actuel de construction de 2000 logements par semaine à 4000. Le mandataire veut aussi améliorer l’accès de la population aux matériels de construction grâce à la réactivation intégrale de la filière – toits, charpente, céramique, plastique, matériel électrique, ciment (la nouvelle usine de Cerro Azul, dans l’État de Monagas, produira un million de tonnes de ciment par an). Dans de nombreuses communautés, à travers les conseils communaux notamment, la population participe activement à la construction de ses propres logements.

img_20140611_1949411402533033Lors de sa visite à laFoire Internationale du Logement qui a réuni au début de juin 251 entreprises publiques ou privées vénézuéliennes et les représentants de 17 pays (Colombie, Espagne, Turquie, Chine, Mexique, Brésil, Cuba, Portugal, Equateur, Royaume-Uni, Granada, Iran, Italie, Panama, République Dominicaine, Russie et Allemagne), le président bolivarien a expliqué : “cette foire revêt une grande importance car elle articule deux axes fondamentaux de notre travail : d’une part la Grande Mission Logement, d’autre part la Grande Mission Barrio Nuevo, Barrio Tricolor (mission de rénovation intégrale des logements et services des quartiers populaires), qui sont nos deux axes pour réurbaniser et reconstruire le Venezuela”. L’accord passé avec le Portugal prévoit ainsi la construction de 50.000 logements. L’objectif général étant d’octroyer un logement à trois millions de familles en 2019.

T.D., Caracas, 13 juin 2014.

Nouveaux logements populaires récemment construits au coeur de Caracas (métro Bellas Artes).

Logements populaires récemment construits au coeur de Caracas (métro Bellas Artes).

La Grande Mission Vivienda Venezuela : l’espérance d’une vie meilleure pour la population.

Depuis le 30 avril 2011, la Grande Mission Vivienda Venezuela (GMVV) a changé la vie de plus de 558 000 familles. « On peut espérer accéder à une vie meilleure, voir tous ses enfants grandir dans une ambiance plus sereine, avoir le sentiment d’appartenir à une communauté, de progresser en famille », précise Carlos Carabal. Ce dernier, son épouse et leurs 5 enfants habitent dans l’immeuble Teatros, qui se situe sur l’avenue Lecuna (Caracas). La famille de ce moniteur de foot-ball fut l’une des 29 000 victimes des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays, à la fin de l’année 2010. C’est la raison pour laquelle ils se sont tournés dans un premier temps, du côté de foyers provisoires habilités par l’Etat, pour y attendre dans de bonnes conditions, le parachèvement du programme gouvernemental destiné à leur attribuer un lieu de vie définitif.

« Nous avons été confrontés à des temps difficiles. Nous avons tout perdu, exception faite des quelques vêtements que nous avons pu sauver. Mais l’épreuve nous a rendus plus forts. Aujourd’hui, grâce aux bons offices de cette Mission créée par notre président Hugo Chavez, nous jouissons d’un logement qui nous appartient réellement ». Carlos se souvient qu’il n’a jamais perdu courage, convaincu que le président Chavez tiendrait la promesse formulée le 13 février 2011. Au moment où ce dernier avait déclaré qu’il « était en train de monter la grande Mission Vivienda Venezuela ». C’est aussi à cette date que le mandataire avait assuré que dorénavant, « il n’y aurait plus une seule famille dans le pays, qui ne bénéficierait pas de son propre appartement. D’un lieu de vie digne de ce nom ».

Logement CCS 2

Partout dans la cité, des logements dignes de ce nom.

Durant les 3 dernières années, la Mission Logement (Misión Vivienda) aura su occuper à bon escient les terrains vagues des centres urbains du pays et redefinir les plans d’urbanisme. On a ainsi pu contrecarrer le déficit chronique en matière d’habitations auquel le pays était aux prises depuis longtemps déjà. Un déficit qui atteignait le chiffre de 2,7 millions.

Rien que sur Caracas, pas moins de 27 000 logements ont vu le jour. Chiffre auquel il faut ajouter 14 000 autres en cours d’édification. Il est commun d’observer nombre de d’édifices et de constructions récents, occuper des lieux autrefois à l’abandon.

Pour Carabal, « Hugo Chavez a, en toutes circonstances, donné la priorité à l’humain. A son épanouissement. C’est pourquoi il a réfléchi à la manière dont il serait possible d’apporter une solution au déficit chronique d’habitations auquel le peuple vénézuélien était confronté. Plus que cela, il aura oeuvré à l’amélioration de notre vie. En réunissant les conditions d’une intégration de tous ceux d’entre nous, aux origines plus que modestes, qui vivaient au sein de communautés de vie isolées de tout. De ceux qui ne pouvaient accéder aux modes de transport trop onéreux, et aux services, pour des raisons analogues ».

« Je donnerai un exemple. Teatros, la plus proche des stations de métro, se situe à l’angle de notre immeuble. Cet état de fait facilite grandement les allées et venues de nos enfants qui fréquentent l’école et le lycée. Comment aurais-je pu imaginer qu’un jour, l’opportunité me serait offerte de vivre avec ma famille en plein centre de Caracas. En un lieu central comme celui-ci, qui nous permet d’accéder à toutes les commodités que cela implique ? ».

Logements du projet La Ladera remis en 2013 à 600 familles de Los Teques, en présence du président Maduro.

Logements du projet La Ladera remis en 2013 à 600 familles de Los Teques en présence du président Maduro.

Un plan massif de construction.

Pour les Vénézuéliens qui ont vécu sous les gouvernements néo-libéraux de la IVè République, il était tout bonnement inimaginable d’espérer accéder à des appartements de qualité. Pour s’en convaincre, il suffit simplement de se pencher sur les statistiques officielles. Entre 1985 et 1998, c’est-à-dire durant les 14 années qui ont précédé la Révolution, 891 000 appartements ont été construits. Alors que depuis 1999 et jusqu’à l’an passé, 1 million 43 000 de ces derniers ont été mis à la disposition de ceux qui en avaient besoin.

« Aucun de ces gouvernements de droite ne songeaient à nous. Sans la révolution bolivarienne, nous serions encore sur nos collines, taraudés par la peur de voir nos baraques détruites à tout moment ou de ne plus avoir de toit au-dessus de nos têtes. L’action des gouvernements de la I Vè République se bornait à nous fournir des plaques de zinc, pour que les familles concernées bricolent un nouveau toit s’il s’était écroulé. Telle était leur façon de régler la question du logement » se souvient Marilyn Suarez.

Accompagnée de son époux, de leurs 4 enfants, et d’un frère handicapé, cette habitante de Caracas s’est vu attribuer un appartement au sein de la barre d’habitation Santa Rosa (Avenue Libertador). C’est ainsi que depuis février 2014r, date à laquelle ils ont pu intégrer leur nouveau lieu de vie, les conditions de vie de cette famille se sont fortement améliorées.

« Quand on nous a averti du fait que l’on allait nous remettre les clés de notre nouvel appartement, nous ne pouvions pas le croire. Notre rêve de toujours devenait enfin réalité. Avant cela, nous vivions à San Agustin del Sur. C’était une maison que l’on partageait avec d’autres familles. Alors qu’aujourd’hui, grâce à la révolution, nous occupons un appartement – pourvu d’une salle de bain, d’une cuisine et d’un réfrigérateur- que l’on a pu aménager avec nos propres meubles ».

Marilyn Suarez précise qu’auparavant, tous les membres de sa famille étaient contraints de se partager une seule et unique pièce. Le nouvel appartement dont ils bénéficient a une surface de 73 m2 : 3 pièces, 2 salles de bain, une salle à manger, une cuisine, une buanderie et un balcon. Marilyn assure que dans de telles conditions, ses enfants pourront enfin jouir d’un cadre de vie rassurant, sécurisant ; qu’ils auront également accès à des espaces récréatifs. « Ici même, alors que les terrains vagues étaient notre seul horizon, un boulevard, une place, des espaces de jeux et divers locaux socio-productifs vont voir le jour. Et ce, afin que nos enfants bénéficient d’une enfance meilleure que celle que nous avons vécue ».

Logement CCS 4

Veiller sur son habitat, l’aimer.

Lisbeth Cardenas est la voisine de Marilyn. Elle manifeste un souhait : que tous les vénézuéliens jouissent d’un logement digne de ce nom, grâce à l’action de la GMVV, et prennent soin de veiller sur ces espaces de vie. De les conserver en l’état.

« Je ne pouvais en aucune manière compter sur mes revenus pour envisager de faire l’achat d’un appartement. C’est pourquoi j’apprécie à leur juste valeur chacun des jours qui me voient vivre ici, en compagnie des membres de ma famille. Je suis par ailleurs absolument convaincue que c’est à nous tous que revient la tâche de conserver en bon état notre immeuble; de faire en sorte que chacun de nos appartements soient accueillants et propres. Car veiller sur son habitat, c’est l’aimer ».

Marilyn considère qu’il incombe à l’ensemble des Venezueliens bénéficiaires du programme GMVV, de s’acquitter d’une manière juste – compte tenu de la prise en considération des revenus de chacun d’entre eux- du paiement du logement attribué. Un tableau de financement accompagne la réalisation de ce programme social, avec une prise en compte fine des revenus de chacun ; ce qui facilite la mise en œuvre des facilités de paiement. « Si je prends soin de payer mon appartement, la Mission continuera et d’autres pourront aussi jouir d’un mode vie qui est désormais le mien. C’est de cette façon que cette grande mission (GMVV) répondra aux aspirations qui se manifestent partout dans le pays ».

Logement CCS 5

Espaces de convivialité.

Nicolas Maduro rappelle l’importance du volet social : par-delà sa fonction initiale de création de logements, la Grande Mission Vivienda peut se résumer en ces termes : « une nouvelle organisation sociale basée sur la convivialité ».

En décembre 2012, accompagnée de ses 3 petits-enfants, Ingrid Aguado a reçu les clés d’un appartement (OPPE 12) se situant à Bellas Artes. Depuis cette date, elle est le témoin de la manière dont une organisation appropriée, facilitera un travail en commun ( de nature sociale) entre voisins.

« Dès que nous nous sommes installés ici, les 144 familles habitant cette barre d’immeuble se sont investies dans l’élaboration d’un mode d’organisation qui nous aura permis de mettre en place un comité inter-familial de gestion. (1 par immeuble). Le Conseil communal qui en résulte est constitué de l’ensemble de ces comités inter-familiaux. A l’heure actuelle, nous nous fixons ce but : nous rapprocher des autres expériences de ce type, pour déboucher sur la création d’une Commune ».

Ingrid ajoute que l’une des tâches que s’est assignée la communauté de vie dont désormais elle dépend, consiste à identifier l’ensemble des potentialités qu’elle recèle : « Nous nous situons dans le centre de Caracas. Nous avons par conséquent décidé de constituer le fer de lance d’un engagement collectif en faveur de la convivialité. Nous veillons aussi à préserver nos traditions, notre culture. ».

Sources : Ciudad CCS et l’article de Leonardo Buitrago pour AVN :http://www.avn.info.ve/contenido/gran-misi%C3%B3n-vivienda-venezuela-esperanza-del-vivir-bien-para-pueblo

Traduction : Jean-Marc del Percio

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De la propagande à la réalité: l’antisémitisme supposé des russe

14 Juin 2014, 15:09pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

C’est peu de dire que les nouvelles ont ici un tout autre impact que celles que l’on surprend en passant à la télévision française, ou dans les forums sur internet. Chacun y raconte n’importa quoi sans mesurer les conséquences. Ici c’est différent on s’en doute.

Aujourd’hui la télévision russe, on annonce que deux avions militaires ukrainiens ont bombardé la direction de l’Intérieur de Gorlovka (région de Donetsk) où se trouve à présent l’état-major des forces d’autodéfense, il y a un mort et six blessés. Nous venons de quitter l’auberge de jeunesse de Nicolaïev et avons laissé Constantin, l’homo-sovieticus comme nous l’avions baptisé dans l’article sous le même titre. Marianne avait bien traduit son propos sur Gorlovka indiquant qu’il s’agissait du "fief des séparatistes", mais comme dans le même temps il insistait sur le calme, l’absence de combat dans cette ville nous en étions restées là et ne l’avions pas noté dans l’interview.

Peu à peu nous nous étions convaincues que Constantin en savait plus qu’il ne le disait et qu’il avait participé au combat, mais cette nouvelle nous fait revoir l’ensemble de ses propos et donner encore un autre sens à sa colère, à la tension qui l’habitait, à sa dernière phrase "Tout va bien, tout est sou contrôle". Voilà, face à l’horreur de cette guerre civile à laquelle mon pays, la France, participe chaque visage bouleversé, chaque pleur nous atteint presque autant qu’eux qui n’ont pas un mot de reproche contre nous Français et nous accueillent avec cette tendresse timide des Russes. Nous n’y sommes pour rien, nous venons là pour aider et ils veulent que nous disions la vérité… mais comment rétablir le flot de mensonge…

Un exemple, le faux tract antisémite, la rumeur des réseaux sociaux… 
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Des souvenirs passent dans mon esprit… Celui d’ un faux tract antisémite s’adressant à la communauté juive de Donetsk, c’était le 17 avril 2014. Il les invitait à se faire inscrire sur une liste spéciale en vue d’un impôt.

http://www.leparisien.fr/international/ukraine-un-tract-visant-les-juifs-seme-la-panique-a-donetsk-17-04-2014-3776053.php

Instinctivement j’ai su que ce truc était un faux et je l’ai dénoncé. Avant même l’assaut, le crime de masse on en créait les conditions, la justification… Très rapidement d’ailleurs, le faux a été démonté. Malgré ce j’ai surpris des Israéliens, des "amis de la paix" en train de continuer à diffuser ce faux avec tous les commentaires que l’on peut imaginer sur l’antisémitisme russe.

Ces gens savaient ce qu’ils faisaient et sous couvert de leur amour de la paix, ils relayaient les conditions de la guerre. Il leur fallait inventer un antisémitisme russe pour faire oublier celui bien réel de ceux qui se revendiquent de Bander et qu’ils avaient choisi comme alliés par pur soutien à l’agression d’ Obama.

Mais il a fallu venir ici pour mesurer l’injustice terrible d’un tel comportement, parce que le faux est un fusil pointé sur de pauvres gens qui se battent le dos au mur dans le Donbass et tout le sud-est en général.

Voilà sur les réseaux sociaux, dans la presse française, il y a des gens qui parlent, qui écrivent en se contentant de répéter le mensonge qui accompagne le meurtre… Le Russe serait antisémite, homophobe et terroriste… Que des juifs cautionnent le meurtre de ceux qui ont donné tant de morts à leurs côtés face au nazisme. Je n’arrive pas à comprendre, tout en moi se révulse devant le mensonge, l’ingratitude, l’utilisation d’un drame terrible… Je ne supporte pas le négationnisme, cela veut dire que l’on a la permission de remettre ça?

L’exemple de l’ignoble Kolomoiski

Avant de venir ici, je détestais déjà cet oligarque jouissant d’un passeport israélien et ukrainien, Kolomoiski. Ceux qui ont suivi ses turpitudes sur ce blog me comprendront, mais c’est encore autre chose de découvrir dans le pays ce dont ce type est capable. Chaque fois qu’il était question de lui ici, je rentrais la tête dans les épaules, m’attendant à voir déferler des injures antisémites. Le seul qui a fait allusion à la qualité de juif de ce salaud – je pèse mes mots- a été le responsable espérantiste de Yalta qui se définit lui même comme mathématicien, juif, patriote russe, ami d’Israël. Nous avons rêvé ensemble de tuer Kolomoiski, et il m’a dit que nombreux étaient les juifs du sud-est de l’Ukraine, de Crimée et d’ailleurs qui y pensaient sérieusement. Mais aucun autre interlocuteur n’a jamais fait allusion à son judaïsme…

Mieux, avant hier, Marianne va écouter les nouvelles à la télé dans la salle collective. Elle revient et me me dit: "ton oligarque favori a encore fait des siennes, il a déclaré qu’il fallait entourer le sud est de fils de fer barbelés et bruler au lance flamme ses habitants. Ce que par parenthèse on le soupçonne d’avoir financé à Odessa.

Quand on imagine que les gens qui écoutaient étaient eux-mêmes de ce sud-est, avaient le coeur déchiré d’angoisse pour un proche, un ami ou un parent… que de surcroît cette ordure avait vidé tous les comptes de dépôt avant de fermer sa banque en Crimée, on conçoit sa popularité… J’ai interrogé Marianne sur ce qu’avaient dit les gens:" est-ce qu’il y avait eu des allusions au fait qu’il était juif? -Pas la moindre!" m’a-t-elle répondu, il a été traité de tous les noms, ils se sont moqués de son allure de clochard, mais pas un mot sur le fait qu’il était juif.

Le maire de Karkhov

Autre exemple, les deux femmes de Kharkov qui n’avaient rien vu ni manifestation, ni désordre dans leur ville, disant que c’était des points particuliers de la ville, mais que le reste était calme. Elles l’attribuaient à leur maire qui avait déclaré qu’il ferait tout pour que Kharkov soit épargné par les désordres. Elles avaient une confiance totale en lui, il avait rendu la ville propre et tranquille. Je leur ai demandé si elles avaient su que leur bon maire avait été atteint d’une balle dans le dos en faisant du jogging, en profitant d’un match où les hooligans du club de foot de Dnipropetrovsk, appartenant encore à Kolomoiski, avaient semé un désordre propice à ce genre d’attentat. Elles ont dit qu’elles l’avaient su mais ignoraient qui était coupable, l’affaire avait été étouffée.

Leur bon maire se soignait en Israël, mais il gérait la ville par skipe en communication directe avec ses adjoints, elles l’avaient vu sur son lit d’hopital. Elles n’ont même pas parlé du fait qu’il était juif et elles étaient bien contentes qu’il jouisse de bons soins en Israël.

J’ai repensé au journal de Goebbels qui déplore que même dans la Galicie ukrainienne, les gens protestent contre l’extermination des juifs et il ajoutait que le bolchevisme avait émoussé le bel antisémitisme de ces populations.

En revanche, il est des choses dont on devrait bien se préoccuper c’est l’offensive menée par Marine Le Pen vers la Russie. Hier un de nos interlocuteurs nous a dit: "Cette femme dit des choses justes, à savoir que l’Ukraine n’a rien à espérer de l’UE !" Je lui ai répondu qu’Hitler aussi disait parfois des choses justes, cela n’empêchait pas qu’il soit quelqu’un dont il fallait se méfier… Il a argumenté: il avait vu une émission à la télé russe qui expliquait que son père était un fasciste qui était pour les nazis, antisémites, colonialiste.. Mais elle repoussait les idées de son père…" Bien évidemment j’ai répliqué qu’elle était tellement éloignée des idées de son père que celui-ci était tête de liste aux Européennes. Tout cela lui a paru trop compliqué et puis de toute façon, la pièce clé n’est pas la France qui est le caniche des Américains, mais l’Allemagne et il s’est intéressé aux incohérences de Merkel.

Mais tout cela me confirme dans l’idée des deux fers au feu du capital, apparaître comme le progressiste dans les moeurs alors même que dans le même temps il donne de la force à l’extrême-droite, à la manière dont l’oligarque,Kolomoiski, encourage la propagande sur l’antisémitisme supposé des Russes et des séparatistes avec les faux les plus grossiers tout en finançant et armant de vrais néo-nazis.

Danielle Bleitrach

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L’oligarchie des riches, des médias et des politiques

13 Juin 2014, 21:39pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Rencontre avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, auteurs de La violence des riches

 

Le conflit des intermittents est révélateur de la soumission de l’État à la violence des riches : un rapport de la Cour des comptes a construit un déficit exorbitant, monté de toutes pièces afin d’attaquer la protection sociale de la précarité. Le commissaire à la Cour des comptes en charge de ce rapport sur les intermittents est Michel de Virville, dirigeant du Medef, mis en examen dans une escroquerie de plusieurs dizaines de millions d’euros…

Dans La violence des riches Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon identifient cette violence et les conflits d’intérêt entre Hollande et les milieux d’affaire. Rencontre.

Zibeline : L’État français devient selon vous «une société de service pour les dominants». Comment se fait-il que l’opinion en soit inconsciente, et que persiste l’idée qu’on s’en prend aux riches ?

Michel Pinçon : Le discours dominant est très fort, d’une intense duperie idéologique. Pour la réforme des retraites par exemple, la réalité a été étouffée. Les gens se sont dit : on vit plus longtemps, il est donc normal que l’on travaille plus. Alors que le coût de l’espérance de vie supplémentaire est largement compensé par les gains de productivité. Le calcul sur la retraite n’inclut pas la croissance des richesses produites ! Cette croissance se fait toujours au profit du capital, jamais du travail, volontiers considéré comme un coût, une charge.

Monique Pinçon-Charlot : En ce moment, après les échecs électoraux du Parti socialiste, tous les gens que j’ai interviewés depuis 15 jours disent la même chose : le mille-feuille administratif ça coûte trop cher, il faut simplifier. Alors que la réalité de la réforme territoriale, c’est la libéralisation des territoires : il s’agit d’inoculer la notion de compétitivité, qui est une notion issue de l’entreprise, à tous les échelons de la vie économique et sociale, y compris géographique. Mais les gens n’en ont pas conscience, ils ont intégré l’argument libéral.

Jamais la barbarie financière et économique n’a été aussi forte, jamais aussi elle n’a été si bien mise à jour aussi ; comment se fait-il que les contre-vérités du discours dominant soient pourtant admises ?

M.P.-C. : C’est quelque chose qui nous tétanise tous. Cette situation est le résultat de multiples processus qu’on décrit dans La violence des riches. La violence économique, d’abord : on casse les emplois, on casse le système productif français ; puis les 5 millions de chômeurs deviennent une arme de chantage pour le Medef.

Et puis on trafique nos pensées, notre langage. Tous les patrons du CAC 40 sont propriétaires des médias, ils achètent même des maisons d’édition : Denis Kessler vient de s’offrir les Presses Universitaires de France !

Cette violence si forte devrait conduire à un soulèvement, à un rejet !

M.P.-C. : C’est une violence perverse qui avance sous le masque de la démocratie, de la liberté, des droits de l’homme. Ils sont parvenus à se servir de la défense de la liberté pour dominer ! Nous, intellectuels de mai 68, en sommes, bien malgré nous, responsables. Mai 68 a permis d’instaurer le néolibéralisme dans nos pays, en confondant liberté et liberté d’échange…

Comment parviennent-ils à mystifier nos esprits ? Vous décrivez dans votre livre une rencontre avec Antoine Seillière, qui vous avait en quelque sorte cloué le bec !

M.P. : On a expérimenté le pouvoir symbolique de ces milieux dirigeants lors de nos entretiens. On était dans des situations où nous étions dominés, malgré nos études : les habitants des beaux quartiers ont une assurance personnelle fantastique, ils sont sûrs de la justesse de leur combat, qui est de s’enrichir, et de faire que ça dure : c’est légitime, puisqu’ils sont les meilleurs ! La reproduction de génération en génération de leur conscience d’appartenir à une élite, et d’avoir droit à plus que le commun, leur donne une force inouïe.

M.P.-C. : C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a guère d’autres sociologues qui travaillent sur ce milieu : cette violence symbolique est difficile à vivre. Les riches en imposent par leur courtoisie, ils ont de «la classe», à savoir que leur seule apparence physique indique leur appartenance à l’aristocratie de l’argent. Et ils ne sont pas simplement riches parce qu’ils ont beaucoup d’argent. Ils sont riches aussi par leur capital culturel et leur capital social, c’est-à-dire leurs relations, leurs réseaux, qui se situent toujours au sommet de la société.

M.P. : Oui, ce sont des gens qui cumulent toutes les formes de richesse.

M.P.-C. : Les intellectuels négligent d’analyser les dominants ; ils s’intéressent aux dominés, et à leurs très nombreux problèmes. Pourtant il faut comprendre la cause de ces problèmes. Quant aux journalistes, nombreux sont ceux qui ont intérêt à adopter les codes et à se soumettre à cette classe bourgeoise qu’ils interrogent.

M.P. : Il y a des financements pour aller voir la misère sociale, pas pour aller voir chez les bourgeois comment ça se passe.

On vous a reproché votre proximité avec les riches que vous étudiiez…

M.P.-C. : Oui, on revendique l’empathie avec les gens avec lesquels on travaille. Mais on ne s’est jamais cachés, on a toujours écrit dans L’Humanité et ceux que nous interrogions le savaient très bien.

M.P. : Le capital de séduction des riches leur permet de tout présenter comme naturel.

M.P.-C. : Oui, le système néolibéral est naturel, comme le soleil. Les déficits publics, le «trou» de la sécurité sociale, les inégalités, les paradis fiscaux et l’État sont admis comme allant de soi. Or ce sont des constructions sociales de la classe dominante. Parvenir à casser la machine idéologique qui est derrière est très difficile.

Naturalisation des inégalités sociales et discours dominant ou idéologique : tout ceci n’est pas neuf…

M.P. : Mais avant il y avait un patron dans l’usine et des ouvriers, ce qui rendait les rapports de classe visibles ; aujourd’hui ce sont des fonds de pension qui dépècent les usines. Alors les entreprises sont devenues des biens sur lesquelles on spécule.

M.P.-C. : La financiarisation de l’économie, qui s’appuie sur une révolution technologique avec l’informatique qui a permis la mondialisation, repose sur un système théorique mis au point dès les années 40, par Friedman et Hayek. Ce système néolibéral qui a été mis en œuvre par Pinochet, Reagan puis Thatcher.

C’est une révolution incroyable, que nous n’avons pas l’impression de vivre. Le changement s’est fait par la capacité de la classe des riches à intégrer le marxisme, c’est-à-dire à intégrer la lutte des classes pour la renverser en sa faveur. De sorte que les riches apparaissent comme des créateurs de richesses, des bienfaiteurs, et non pas comme des délinquants en col blanc.

M.P. : Et de sorte que les ouvriers apparaissent comme des coûts et des charges. Avec ce processus, la classe ouvrière a été coupée de son histoire, le travail, précaire et parcellisé, n’est plus perçu comme source de fierté : «surtout mon fils ne sois pas ouvrier».

Le massacre social n’est pas de la seule responsabilité anglo-saxonne. Dans votre livre vous montrez bien la participation active des dirigeants français à cette financiarisation néolibérale.

M.P.-C. : C’est plus qu’une participation ! Les politiques, y compris de la gauche socialiste, les journalistes, sont happés voire intégrés à l’oligarchie dominante ; c’est une oligarchie qui est politique, financière, économique et médiatique. Et c’est ce qui a changé dans cette révolution : les médias sont au cœur de l’oligarchie ; ce qui n’était pas encore le cas en 1986 quand on a commencé à travailler sur les riches.

La vraie question est celle-là : ces dirigeants socialistes pouvaient-il faire une politique de gauche ? Avaient-ils le choix ?

M.P.-C. : Oui

Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?

M.P.-C. : Les élites du Parti socialiste sortent de l’ENA, de polytechnique ou de HEC ; c’est-à-dire de machines qui sont faites pour réaliser la mayonnaise oligarchique entre les différents pôles de la classe dominante : la noblesse, la bourgeoisie et le pôle libertaire. Bourdieu l’a très bien décrit dans La noblesse d’État ; et Boltanski dans Le nouvel esprit du capitalisme. Ces grands bourgeois ont eu l’intelligence d’intégrer les critiques hédonistes de Mai 68, à un moment où le capital avait besoin de toujours plus de libre-échange. Ce qui s’est traduit par la liberté du capital, la suppression des frontières et à terme des nations ; ainsi les multinationales dictent leur loi.

M.P. : Quand on lit La gauche bouge de François Hollande coécrit en 1983 avec de futurs oligarques de ses amis, on voit qu’il y adhère pleinement au néolibéralisme.

Tout choix alternatif au néolibéralisme est aujourd’hui taxé de populisme.

M.P.-C. : Ces choix ont toujours été violemment attaqués. Nous aussi nous vivons personnellement cette opération de décrédibilisation ; quand je suis invitée sur un plateau de télévision on me renvoie l’image de la sociologue engagée, militante, alors qu’en face de moi j’ai trois militants, mais à fond, du néolibéralisme ! Mais pour eux c’est naturel, ce n’est pas du militantisme.

S’agit-il, comme le décrit Foucault lorsqu’il parle de la reproduction de la délinquance, d’une stratégie sans stratège ?

M.P.-C. : Notre travail décortique la bourgeoisie en tant que classe sociale au sens marxiste du terme, une classe en soi, avec des positions dans la société relativement proches, et une classe pour soi, consciente d’elle-même. C’est-à-dire consciente de ses intérêts.

Sa mobilisation est intense sur le front économique, mais aussi culturel et social.

Terminons sur le score du Front national aux dernières élections européennes…

M.P. : Le Front national tient un discours au plus près des aspirations du peuple mais dans un mensonge terrible…

M.P.-C. : Une véritable imposture ! Le Front national est mis en place par la classe dominante pour éliminer la gauche radicale. Regardez le temps de parole entre le Front de Gauche et le Front national dans les médias : c’est un rapport de un à vingt ! Les statistiques du CSA sont accablantes.

Comment en est-il arrivé là ?

M.P.-C. : Le Front national est largement une création des socialistes, notamment depuis Mitterrand ; et la politique au service du Medef de François Hollande n’a rien arrangé. L’intérêt des socialistes consiste à faire monter le Front national pour ensuite le diaboliser dans une stratégie de front républicain. Leur ennemi n’est pas le Front national, qui compte beaucoup de bourgeois comme eux ; on en a même parmi nos interviewés. Leur ennemi c’est la gauche radicale.

Situation désespérante alors !

M.P.-C. : Il y a des solutions, comme celle de rendre le vote obligatoire avec comptabilisation des votes blancs. De nombreux électeurs ne votent plus parce qu’ils ne se sentent pas représentés, qu’ils ne veulent plus voter PS ou UMP. Le vote obligatoire avec comptabilisation des votes blancs est une réformette facile à mettre en place. Pourquoi les socialistes ne le font pas ? Parce que c’est une mesure démocratique, mais qui détruirait leur système de domination politique aujourd’hui illégitime.

Entretien réalisé par RÉGIS VLACHOS
Juin 2014

La-Violence-des-riches

Photo : Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon-c-Régis Vlachos

Zibeline

L’oligarchie des riches, des médias et des politiques

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Pourquoi De Gaulle refusa-t-il toujours de commémorer le débarquement du 6 juin ?

9 Juin 2014, 10:19am

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Extraits de l’excellent livre C’était de Gaulle d’Alain Peyrefitte

C’était de Gaulle, Tome 2 (Édition de Fallois Fayard 1997), pages 84 à 87

 

  • Palais de l’Élysée, 30 octobre 1963

En nommant Jean Sainteny ministre des Anciens combattants en décembre 1962, le Général lui avait demandé de consacrer son énergie à l’année 1964. Elle était propice à raviver le souvenir de deux des années glorieuses : cinquantenaire de 1914 et vingtième anniversaire de 1944.

À la fin du Conseil du 30 octobre 1963 , Jean Sainteny a évoqué les cérémonies prévues pour la commémoration de la libération, Pompidou me prend à part : « Tâchez de faire revenir le Général sur son refus d’aller sur les plages de Normandie… » Je suis stupéfait et de l’information et de la demande. « Enfin, reprend Pompidou, prenez des précautions… Je m’y suis cassé les dents. »

Sainteny m’apprend ensuite qu’il se les était déjà lui-même cassées. Naturellement, je vais me les casser aussi.

de gaulle Churchill france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  • « La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. » 

Alain Peyrefitte (l’air candide) : « Croyez-vous, mon Général, que les Français comprendront que vous ne soyez pas présents aux cérémonies de Normandie ?

Charles-de-Gaulle (sévèrement) : – C’est Pompidou qui vous a demandé de revenir à la charge ? (Je ne cille pas). Eh bien, non ! Ma décision est prise ! La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement.

Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne(il appuie).

Il m’a crié de toute la force de ses poumons : « De Gaulle, dites-vous bien que quand j’aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt ! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains ! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ! » (Il me l’a déjà dit. Ce souvenir est indélébile.)

Winston Churchill choisir entre francaise et americain de gaulle Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

 « De Gaulle, dites-vous bien que quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains ! »  (Winston Churchill)

  • « Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! »

Charles-de-Gaulle : « Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne !

Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis.

NOTE : AMGOT = « Allied  military government for occupied territories », gouvernement militaire allié pour les territoires occupés

billets americains france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

billets americains france 2 Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Comme le révèlent leurs coloris et leur graphisme – très voisins de ceux du dollar – ces billets libellés en francs furent imprimés aux États-Unis, de février à mai 1944, par le Bureau of Engraving and Printing, qui est normalement chargé d’imprimer les dollars américains et les autres documents officiels du gouvernement fédéral. Étant fabriqués aux États-Unis, c’est le papier, l’encre, la matière, la présentation et le format des dollars américains qui servirent de référence.

 Dès les premiers jours suivant le débarquement du 6 juin 1944, les armées américaines commencèrent à distribuer ces billets de banque pour remplacer les billets français émis durant l’Occupation.

Dès le 14 juin 1944, le Commissaire de la République François Coulet, présent en Normandie, fut confronté à cette circulation de monnaie, qui était d’ailleurs mal accueillie par la population. Il recommanda aux banques de les encaisser et de ne pas les remettre en circulation.   

Dès le 27 juin 1944, le général de Gaulle – arrivé entretemps sur le sol français – tapa du poing sur la table en dénonçant cette « fausse monnaie », et en en interdisant la circulation, dès son installation au pouvoir au sein du Gouvernement provisoire de la République française. Cette interdiction alla de pair avec l’effondrement du projet de commandement militaire imposé à la France(AMGOT).

Charles-de-Gaulle : « C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération !

Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là !

« Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux Américains. Ça reviendrait à tenir la Résistance pour nulle et non avenue. Notre défaitisme naturel n’a que trop tendance à adopter ces vues. Il ne faut pas y céder !

  • « M’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non ! »

Charles-de-Gaulle : « En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 août, puisque les troupes françaises ont été prépondérantes dans le débarquement en Provence, que notre première armée y a été associée dès la première minute, que sa remontée fulgurante par la vallée du Rhône a obligé les Allemands à évacuer tout le midi et tout le Massif central sous la pression de la Résistance.

charles de gaulle débarquement de Provence Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

Charles de Gaulle commémore le débarquement de Provence le 15 août 1964 : cf. extrait d’actualités disponible sur le site de l’INA :http://www.ina.fr/video/CAF94058797

Charles-de-Gaulle : – Et je commémorerai la libération de Paris, puis celle de Strasbourg, puisque ce sont des prouesses françaises, puisque les Français de l’intérieur et de l’extérieur s’y sont unis, autour de leur drapeau, de leurs hymnes, de leur patrie ! Mais m’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non !

« Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes !

Allons, allons, Peyrefitte ! Il faut avoir plus de mémoire que ça ! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons ! Je n’ai aucune raison de célébrer ça avec éclat. Dites-le à vos journalistes. »

Il reprend : « Ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre, les Anglais, les Canadiens, les Américains, les Polonais, Sainteny et Triboulet seront là pour les honorer dignement. »

NOTE : Sainteny et Triboulet étaient respectivement Ministre des anciens combattants et Ministre de la coopération en 1964.

  • 13 mai 1964

Espérant que le général aura oublié sa vive réplique, ou en tout cas aura oublié que c’est à moi qu’il l’a adressée, je remets la question sur le tapis, 10 mois et demi plus tard, le 13 mai 1964.

  • « Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Alain Peyrefitte : « Ne craignez-vous pas, si nous ne devons pas du moins quelques explications, que votre absence du 6 juin en Normandie soit mal interprétée ?

Charles-de-Gaulle : – Mais je vous l’ai déjà dit ! Il n’a jamais été question que j’y aille ! Je ne suis pas allé pour le cinquième anniversaire ; ni pour le dixième ; ni pour le quinzième. Pourquoi voulez-vous que j’y aille pour le vingtième ? Et j’ai demandé au Premier ministre de ne pas y aller non plus. D’ailleurs, le Premier ministre anglais n’y va pas. Johnson ira pas non plus. Pourquoi irions-nous ?

(Évidemment, Wilson et Johnson n’y vont pas, parce que De Gaulle n’y va pas.)

Alain Peyrefitte : – Eisenhower et Montgomery doivent y aller.

Charles-de-Gaulle : – Ce sont des acteurs, qui se font payer cher à la télévision. »

Finalement, Eisenhower et Montgomery, après avoir annoncé leur participation, ne sont pas venus.

  • 10 juin 1964

Après le Conseil du 10 juin 1964, le Général laisse percer encore son agacement :

« Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? S’étaient-ils battus pour que la France recouvre sa liberté, pour qu’elle contribue à sa délivrance ? Que faisaient-ils pendant la guerre ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Et lui, il a dû se battre pour que le débarquement ne se passe pas complètement de la France libre. S’il a prononcé son discours de Bayeux le 16 juin 1946, ce ne fut pas pour commémorer le débarquement du 6 juin, mais son débarquement sur les talons des Américains, le 16 juin 1944 à Bayeux.

Il recule son fauteuil, cale son dos. Il a envie de parler.

Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  • « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? »

Charles-de-Gaulle : « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu’ils voulaient, c’était glisser vers le nord le long de la mer, pour détruire les bases des V1 et des V2, prendre Anvers et, de là, donner l’assaut à l’Allemagne. Paris et la France ne les intéressaient pas. Leur stratégie, c’était d’atteindre la Ruhr, qui était l’arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin.

Churchill avait demandé à Eisenhower d’essayer de libérer Paris pour Noël. Il lui avait dit : « Personne ne pourra vous en demander davantage. »

Eh bien si, nous étions décidés à demander davantage ! Le peuple de Paris s’est soulevé spontanément et il aurait été probablement écrasé sous les décombres, comme le peuple de Varsovie, s’il n’avait pas été soutenu. Mais il y avait des hommes qui, trois ans plus tôt, à Koufra, s’étaient juré de libérer Paris, puis Strasbourg. Ce sont eux qui ont libéré Paris avec son peuple.

NOTE  : Leclerc et sa colonne, qui venaient du Tchad pour rejoindre la Tunisie en guerroyant, avaient fait, dans l’oasis de Koufra, le serment de ne pas déposer les armes avant d’avoir libéré Paris et Strasbourg.

  • « Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. »

Charles-de-Gaulle : « Mais nous n’avions pas l’accord des Américains. Quand j’ai vu que l’insurrection parisienne allait être écrasée par une division allemande intacte qui arrivait de Boulogne-sur-Mer, j’ai donné l’ordre à Leclerc de foncer. C’est ainsi que nous avons évité à Paris le sort de Varsovie. Nous avons obligé les Anglo-Saxons à changer de stratégie. Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. Ce qu’ils voulaient, c’était en finir avec Hitler, en essuyant le moins de pertes possibles. Ce qu’ils voulaient épargner, c’était le sang des boys, ce n’était pas le sang, les souffrances et l’honneur des Français.

« Effectivement, si les Anglo-Saxons avaient pu mener leur stratégie jusqu’au bout, ils auraient peut-être réussi à frapper l’Allemagne au cœur plus vite. De toute façon, Hitler aurait fini par être battu, et la France aurait fini par être libérée. Mais si les Français étaient restés passifs, et si nous n’avions pas eu de part à la défaite d’Hitler, c’est au bout du compte lui qui aurait vaincu la France. »


Ce que Roosevelt et les américains voulaient vraiment faire de la France en 1944

de gaulle ROOSEVELT Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  •  « Bien entendu, je traite avec Darlan, puisque Darlan me donne Alger ! Demain, je traiterai avec Laval si Laval me donne Paris ! »

(Franklin Roosevelt, Président des États-Unis, le 23 novembre 1942, devant les émissaires de Charles de Gaulle à la Maison Blanche)

NOTE : Pour comprendre quels étaient les objectifs de Franklin Roosevelt, et des cercles dirigeants américains, quant à l’avenir de la France après le débarquement, il est utile de relire un passage essentiel des Mémoires de Guerre.

Nous sommes en novembre 1942. Les Anglo-Américains viennent de réaliser le débarquement en Afrique du nord française (Opération Torch), d’ailleurs sans en avoir prévenu le chef de la France Libre. L’affaire a été un succès militaire éclatant puisque les troupes françaises (pétainistes) d’Afrique du nord se sont rendues au bout de 48 heures, après avoir fait seulement semblant de se battre.

En revanche, une décision fait scandale, aussi bien au sein des Français Libres réfugiés à Londres que parmi l’opinion publique britannique : le général américain Eisenhower, bien entendu avec le plein accord du président Roosevelt, a décidé de maintenir l’Amiral Darlan, l’un des dauphins de Pétain, au pouvoir à Alger. En somme, Darlan a retourné sa veste et les Américains l’en récompensent en le maintenant dans ses fonctions à la tête de l’Afrique du nord française !

Sitôt la nouvelle connue, Charles de Gaulle décide d’envoyer deux émissaires à Washington pour protester avec la dernière énergie auprès du président Rososevelt. Lequel les reçoit et leur livre une vision de la France d’après-guerre proprement scandaleuse. C’est ce célèbre passage des Mémoires de Guerre :

Il n’en faut pas davantage pour que le Président Roosevelt surmonte, à l’égard de Darlan, les scrupules démocratiques et juridiques que, depuis plus de deux années, il opposait au général de Gaulle. Par son ordre, Clark reconnaît le haut-commissaire et entame avec lui des négociations qui aboutissent, le 22 novembre, à un accord en vertu duquel Darlan gouverne et commande, pourvu qu’il donne satisfaction à ses vainqueurs anglo-saxons.

Sans doute, le Président fait-il publier une déclaration affirmant que les arrangements politiques conclus entre Eisenhower et Darlan ne sont « qu’un expédient temporaire. » Mais recevant, le 23, André Philip et Tixier et s’irritant de leurs protestations, il leur crie : « Bien entendu, je traite avec Darlan, puisque Darlan me donne Alger ! Demain, je traiterai avec Laval si Laval me donne Paris ! »

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Tome 2, l’Unité, 1942-1944, chapitre « Tragédie »  Page 48 (édition Plon)

On voit donc bien la collusion qu’il y avait entre les autorités américaines et les autorités du régime de Vichy. Le président Roosevelt et les cercles dirigeants américains voulaient disposer, au sortir de la guerre, d’une France domestiquée. C’était finalement un conflit d’impérialisme entre les Américains et les Allemands, rien d’autre.

Et Roosevelt souhaitait promouvoir les pétainistes contre de Gaulle parce qu’il savait parfaitement qu’ils seraient infiniment plus dociles, pour obéir à Washington comme ils obéissaient à Berlin, plutôt que le Fondateur de la France Libre, dont l’intransigeance sur l’indépendance de la France était déjà légendaire.

Cette vision stratégique de ce que devait devenir la France d’après-guerre selon Washington a été confirmée et précisée par Charles de Gaulle, vingt ans après les événements. Toujours à Alain Peyrefitte, dans un autre passage capital de l’ouvrage C’était de Gaulle. Passage que voici  :


C’était de Gaulle, Tome 2 (Édition de Fallois Fayard 1997), page 52


  • Palais de l’Élysée, 17 juin 1964

de gaulle roosevelt était un type qui voulait dominer univers Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  • « Roosevelt était un type qui voulait dominer l’univers et, bien entendu, décider du sort de la France. Alors, de Gaulle, ça l’embêtait ; il ne le trouvait pas assez souple. »

Charles-de-Gaulle : « Roosevelt était un type qui voulait dominer l’univers et, bien entendu, décider du sort de la France. Alors, de Gaulle, ça l’embêtait ; il ne le trouvait pas assez souple. Il pensait que le jour où les Américains auraient débarqué en France, si le Maréchal était encore là, il n’aurait rien à leur refuser ; ce qui était bien vrai.

Ensuite, Vichy étant devenu vraiment impossible, il a laissé tomber Vichy. Il a essayé de se rattraper sur Giraud.

Puis, voyant que ça ne donnait rien, il a essayé de se rabattre sur Herriot. Il a même tenté de fabriquer un gouvernement à Paris au moment où j’allais y entrer, avec Laval, Herriot. Tout ça été manigancé avec Otto Abetz [Représentant de Hitler à Paris sous l’Occupation] et avec Allen Dulles, qui était à Genève pour le compte de la CIA. »

Alain Peyrefitte : – Allen Dulles

Charles de Gaulle : – Oui, c’est ça. D’abord moi, en arrivant à Paris, j’aurais foutu ce gouvernement au [trou][...]. Vous pensez, à l’époque, Herriot, Laval et Abetz ça ne pesait pas lourd. Mais Roosevelt se figurait qu’Herriot assurerait la continuité avec la IIIe et Laval avec Vichy, et que tout ça allait apparaître comme la République.

Seulement, Hitler, ça l’a exaspéré quand il a su ça. Il a dit : « De quoi, de quoi ? Laval, Herriot, et tout ceux-là ? » Alors, il a fait savoir à Laval de s’en aller à Sigmaringen, il l’a fait dire aussi au Maréchal, il a désavoué Abetz, il a fait remettre Herriot dans sa prison. Il a tout nettoyé.

Roosevelt voulait imposer aux Français Pierre Laval et Édouard Herriot Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

Le gouvernement que Roosevelt (ci-dessus) voulait imposer aux Français en 1944 : Pierre Laval et Édouard Herriot (ci-dessous)  !

L’opération avait été préparée en concertation avec le chef de la CIA Allen Dulles et l’ambassadeur d’Hitler à Paris Otto Abetz…  

CIA Allen Dulles et lambassadeur dHitler à Paris Otto Abetz Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Le Président Roosevelt refusa toujours de reconnaître la légitimité de la France Libre, préférant maintenir une ambassade auprès de Pétain et du régime de Vichy jusqu’en novembre 1942, puis usant des manœuvres les plus tortueuses pour tenter d’écarter Charles de Gaulle du pouvoir et installer, à sa place, des dirigeants plus malléables.

Ainsi, en août 1944, soit plus de deux mois après le débarquement de Normandie, le Président Roosevelt espérait encore installer au pouvoir à Paris Édouard Herriot – homme politique radical de la IIIe République – et Pierre Laval – la figure la plus honnie de la Collaboration, avec lequel il avait d’ailleurs des liens de parenté par alliance. Ce projet scandaleux, minutieusement décrit par de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, avait été ourdi par une étroite concertation entre le chef de la CIA Allen Dulles, l’ambassadeur d’Hitler à Paris Otto Abetz et le dauphin de Pétain.

Allen Dulles (1893 – 1969) fut le premier directeur civil de la Central Intelligence Agency (CIA), du 26 février 1953 au 29 novembre 1961, et l’un des sept membres de la commission Warren chargée d’enquêter sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

Il était également le frère cadet de John Foster Dulles, Secrétaire d’État des États-Unis du gouvernement Dwight Eisenhower, de 1953 à 1959, et actionnaire principal de la United Fruit Company, société bananière influente dans les républiques bananières d’Amérique latine.

Allen Dulles est un personnage des plus controversés : sa carrière au sein de l’État américain ne cessant d’être émaillée de conflits d’intérêts personnels et familiaux plus ou moins importants, dus à sa participation à la vie de grands groupes industriels internationaux ainsi qu’à la carrière de son frère John Foster Dulles qui travailla lui aussi pour ces grands groupes.

Otto Abetz (1903 – 1958), francophone et francophile, représenta l’Allemagne en France en 1938 et en 1939, d’où il fut expulsé le 30 juin 1939 comme présumé espion. Le 8 juillet 1940, à la suite de l’armistice entre la France et l’Allemagne, il fut de nouveau envoyé en France. Nommé ambassadeur de l’Allemagne le 3 août 1940, il conserva ce poste jusqu’en 1944 et travailla à mettre en place une politique de collaboration. En juillet 1949, le tribunal militaire de Paris le condamna à 20 ans de travaux forcés pour crimes de guerre, en particulier pour son rôle dans l’organisation de la déportation des juifs de France vers les camps de la mort. Il fut libéré en avril 1954.

Charles de Gaulle : « Bohlen [L’ambassadeur des États-Unis en France] se comporte envers moi comme Roosevelt il y a vingt ans. Il reçoit en permanence des députés, des sénateurs, des journalistes, et il les monte contre nous. Je n’en ignore rien. Ils font tous ça, les Américains.

Bohlen ambassadeur des États Unis en France Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Charles E. Bohlen (1904 – 1974) fut ambassadeur des États-Unis en France de 1962 à 1968. Très hostile à de Gaulle, Charles E. Bohlen avait des liens de parenté proches avec Alfried Krupp von Bohlen und Halbach, héritier des aciéries Krupp, l’un des principaux fabricants d’armes de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, criminel nazi reconnu coupable de pillage et de crime contre l’humanité le 31 juillet 1948, et condamné à douze ans d’emprisonnement et à la confiscation de ses biens.

Charles de Gaulle : « Roosevelt, c’était pareil, il ne traitait qu’avec des gens qui étaient mes ennemis. Il avait autour de lui, à Washington, des types comme Chautemps.

Alain Peyrefitte : – Et Saint John Perse.

Charles-de-Gaulle : – Oui, Léger qui avait été limogé par Paul Reynaud. Et d’autres du même tonneau, avec qui Roosevelt prenait le thé. Ils le montaient contre moi, en remâchant leurs échecs. Seulement, ça continue. Alors, Bohlen ne voit que nos adversaires, les Mitterrand et les Maurice Faure.

Camille Chautemps ministre dÉtat du Front populaire successeur de Léon Blum Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

 NOTE : Camille Chautemps, ministre d’État du Front populaire, successeur de Léon Blum de juin 1937 à mars 1938 à la tête du gouvernement, fut vice-président du Conseil des gouvernements Édouard Daladier, puis du gouvernement Paul Reynaud. Ardent partisan de l’Armistice et très hostile à de Gaulle, il fit partie du gouvernement de Philippe Pétain jusqu’au 12 juillet 1940. En novembre 1940, chargé d’une mission officieuse, il partit pour Washington, et choisit d’y demeurer jusqu’en 1944.

Alexis Léger secrétaire général du Quai d’Orsay 1933 à 1940 Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Alexis Léger, secrétaire général du Quai d’Orsay 1933 à 1940, artisan de la rencontre de Munich (et grand poète sous le pseudonyme de Saint-John-Perse) avait été mis en disponibilité par Paul Reynaud, Président du Conseil, le 20 mai 1940. Il s’était ensuite réfugié aux États-Unis.

Charles de Gaulle : « Churchill, lui non plus, n’admettait pas qu’on ne plie pas. Au lieu de trouver des gens de caractère qui lui auraient tenu tête, il s’entourait de gens qui étaient couchés par terre.

« Je me rappelle un soir, quand j’ai rencontré Roosevelt pour la première fois, au Maroc. Roosevelt voulait m’obliger à me soumettre à Giraud. J’ai envoyé Roosevelt faire foutre, poliment mais fermement. Alors, Churchill m’a fait une scène invraisemblable. Je l’ai mal pris, et je lui ai dit : « Qu’est-ce que ça veut dire : On ne vous comprend pas ? Vous n’êtes pas digne de votre charge ! » Je l’ai très mal traité.

Alors, le dernier jour, on s’est réuni autour de Roosevelt pour se dire adieu. Churchill, devant tout le monde, a commencé à me refaire une scène en me disant : « Vous n’avez pas suivi le Président. » Il piquait une lèche éhontée à Roosevelt, et c’est Roosevelt qui, à la fin, a trouvé que ça suffisait et lui a imposé silence. Il a dit : « Maintenant, il faut que ces deux généraux se serrent la main devant les photographes. »

« La politique de Roosevelt, c’était exactement celle qu’ont aujourd’hui les Américains dans le Sud-Est asiatique. Ils ne peuvent pas en imaginer d’autre. Des marionnettes, c’est ça qu’ils veulent en face d’eux. »


Général Giraud promue par Roosevelt pour tenter de contrer Charles de Gaulle Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

La marionnette nommée Général Giraud, promue par Roosevelt pour tenter de contrer Charles de Gaulle. 

NOTE : Cette célèbre et hypocrite poignée de mains entre de Gaulle et le général Giraud, pétainiste passé au service des Américains, fut exigée par Roosevelt lors de l’entrevue des quatre hommes au Maroc en 1942. On distingue Roosevelt (à gauche) et Churchill (à droite) assis à l’arrière-plan, en train de contempler avec satisfaction cette scène de théâtre organisée devant les appareils photos des journalistes de la presse anglo-saxonne.

Le président américain voulait absolument promouvoir Giraud, personnage falot, peu intelligent et sans tempérament, pour empêcher Charles de Gaulle d’accéder au pouvoir. Car le patron de la Maison Blanche avait parfaitement compris que de Gaulle était le seul homme d’État français, le seul capable de faire échec au projet des États-Unis de vassaliser la France après la fin de la guerre.

Extraits sélectionnés et annotés par François Asselineau.

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Poutine invité exceptionnel de TF1 et d'Europe 1: l'interview intégrale

6 Juin 2014, 16:02pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

“Et ce qui est aussi frappant, dans la préparation de l’entretien, c’est que, autant ils ont été très regardants sur le nombre de minutes, le fait qu’ils ne voulaient pas que les réponses soient coupées – Poutine est très exigeant là-dessus, il ne veut qu’aucune réponse soit coupée, il ne veut aucun montage, il ne veut pas qu’on travestisse ses propos -, en revanche, quand on lui a dit “nous journalistes français, habitués à dire ‘Pour les thèmes, voilà comment on imagine les choses’…”, on nous a dit “Pas de problème pour les thèmes, apprenez vos dossiers, parce que lui, il les connait, donc pas la peine de nous donner les questions à l’avance, de toute façon, il saura y répondre. Ca aussi, ça nous a beaucoup étonné, par rapport à ce qu’on pouvait attendre de lui, à ce qu’on pouvait imaginer.” [Fabien Namias, Directeur général d'Europe 1]

“L’imagination” est un peu succincte en l’espèce : Poutine, depuis qu’il est président, a répondu à plus de 800 questions direct à la télévision aux questions des Russes (Emission Ligne directe)…

Poutine invité exceptionnel de TF1 et d'Europe 1: l'interview intégrale

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LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN 1944 DU MYTHE D’AUJOURD’HUI À LA RÉALITÉ HISTORIQUE

5 Juin 2014, 16:26pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris VII-Denis Diderot

juin 2014, http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-1944-du

Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57%[1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps »[2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs[3].

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” »[4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie)[5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. »[6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée[7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste[8].

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma[9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film « Il faut sauver le soldat Ryan » ni par le long documentaire « Apocalypse ».

La Pax Americana vue par Armand Bérard en juillet 1941

C’est bien avant le « tournant » de Stalingrad (janvier-février 1943) que les élites françaises saisirent les conséquences américaines de la situation militaire née de la « résistance […] farouche du soldat russe ». En témoigne le rapport daté de la mi-juillet 1941 que le général Paul Doyen, président de la délégation française à la Commission allemande d’armistice de Wiesbaden, fit rédiger par son collaborateur diplomatique Armand Bérard[10] :

1° Le Blitzkrieg était mort. « Le tour pris par les opérations » contredisait le pronostic des « dirigeants [du] IIIème Reich [qui…] n’avaient pas prévu une résistance aussi farouche du soldat russe, un fanatisme aussi passionné de la population, une guérilla aussi épuisante sur les arrières, des pertes aussi sérieuses, un vide aussi complet devant l’envahisseur, des difficultés aussi considérables de ravitaillement et de communications.

Les batailles gigantesques de tanks et d’avions, la nécessité, en l’absence de wagons à écartement convenable, d’assurer par des routes défoncées des transports de plusieurs centaines de kilomètres entraînent, pour l’Armée allemande, une usure de matériel et une dépense d’essence qui risquent de diminuer dangereusement ses stocks irremplaçables de carburants et de caoutchouc. Nous savons que l’État-Major allemand a constitué trois mois de réserves d’essence. II faut qu’une campagne de trois mois lui permette de réduire à merci le communisme soviétique, de rétablir l’ordre en Russie sous un régime nouveau, de remettre en exploitation toutes les richesses naturelles du pays et en particulier les gisements, du Caucase. Cependant, sans souci de sa nourriture de demain, le Russe incendie au lance-flamme ses récoltes, fait sauter ses villages, détruit son matériel roulant, sabote ses exploitations ».

2° Le risque d’une défaite allemande (longuement détaillé par Bérard) contraignait les maîtres de la France à rallier un autre protecteur que l’impérialisme « continental » choisi depuis la « Réconciliation » des années 1920. Un tel tournant s’avérant impossible « dans les mois à venir », on passerait avec doigté de l’hégémonie allemande à l’américaine, inéluctable. Car « déjà les États-Unis sont sortis seuls vainqueurs de la guerre de 1918 : ils en sortiront plus encore du conflit actuel. Leur puissance économique, leur haute civilisation, le chiffre de leur population, leur influence croissante sur tous les continents, l’affaiblissement des États européens qui pouvaient rivaliser avec eux font que, quoi qu’il arrive, le monde devra, dans les prochaines décades, se soumettre à la volonté des États-Unis. »[11] Bérard distinguait donc dès juillet 1941 le futur vainqueur militaire soviétique – que le Vatican identifia clairement peu après[12] ‑, que la guerre d’attrition allemande épuiserait, du « seul vainqueur », par « puissance économique », qui pratiquerait dans cette guerre comme dans la précédente la « stratégie périphérique ».

« stratégie périphérique » et Pax Americana contre l’URSS

Les États-Unis, n’ayant jamais souffert d’occupation étrangère ni d’aucune destruction depuis la soumission du Sud agricole (esclavagiste) au Nord industriel, avaient cantonné leur armée permanente à des missions aussi impitoyables qu’aisées, avant (et éventuellement depuis) l’ère impérialiste : liquidation des populations indigènes, soumission de voisins faibles (« l’arrière-cour » latino-américaine) et répression intérieure. Pour l’expansion impériale, la consigne du chantre de l’impérialisme Alfred Mahan ‑ développer indéfiniment la Marine ‑, s’était enrichie sous ses successeurs des mêmes prescriptions concernant l’aviation[13]. Mais la modestie de leurs forces armées terrestres dictait leur incapacité dans un conflit européen. Victoire une fois acquise par pays interposé, fournisseur de la « chair à canon » (« canon fodder »), des forces américaines tardivement déployées investiraient, comme à partir du printemps 1918, le territoire à contrôler : désormais, ce serait à partir de bases aéronavales étrangères, celles d’Afrique du Nord s’ajoutant depuis novembre 1942 aux britanniques[14].

L’Entente tripartite (France, Angleterre, Russie) s’était en 1914 partagé le rôle militaire, finalement dévolu, vu le retrait russe, à la France surtout. C’est l’URSS seule qui l’assumerait cette fois dans une guerre américaine qui, selon l’étude secrète de décembre 1942 du Comité des chefs d’États-majors interarmées (Joint Chiefs of Staff, JCS), se fixait pour norme d’« ignorer les considérations de souveraineté nationale » des pays étrangers. En 1942-1943, le JCS 1° tira du conflit en cours (et du précédent) la conclusion que la prochaine guerre aurait « pour épine dorsale les bombardiers stratégiques américains » et que, simple « instrument de la politique américaine, une armée internationale » chargée des tâches subalternes (terrestres) « internationaliserait et légitimerait la puissance américaine »; et 2° dressa l’interminable liste des bases d’après-guerre sillonnant l’univers, colonies des « alliés » comprises (JCS 570) : rien ne pourrait nous conduire à « tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’avion militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère », trancha le général Henry Arnold, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943[15].

La « Guerre froide » transformant l’URSS en « ogre soviétique »[16] débriderait les aveux sur la tactique subordonnant l’usage de la « chair à canon » des alliés (momentanés) aux objectifs des « bombardements stratégiques américains ». En mai 1949, Pacte atlantique signé (le 4 avril), Clarence Cannon, président de la commission des Finances de la Chambre des Représentants (House Committee on Appropriations) glorifia les fort coûteux « bombardiers terrestres de grand raid capables de transporter la bombe atomique qui “en trois semaines auraient pulvérisé tous les centres militaires soviétiques” » et se félicita de la « contribution » qu’apporteraient nos « alliés […] en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques aériennes. […] Nous avons suivi un tel plan pendant la dernière guerre »[17].

Les historiens américains Michael Sherry et Martin Sherwin l’ont montré : c’est l’URSS, instrument militaire de la victoire, qui était la cible simultanée des futures guerres de conquête – et non le Reich, officiellement désigné comme ennemi « des Nations unies »[18]. On comprend pourquoi en lisant William Appleman Williams, un des fondateurs de « l’école révisionniste » (progressiste) américaine. Sa thèse sur « les relations américano-russes de 1781 à 1947 » (1952) a démontré que l’impérialisme américain ne supportait aucune limitation à sa sphère d’influence mondiale, que la « Guerre froide », née en 1917 et non en 1945-1947, avait des fondements non idéologiques mais économiques, et que la russophobie américaine datait de l’ère impérialiste[19]. « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ». Les Soviets eurent au surplus l’audace d’exploiter eux-mêmes leur caverne d’Ali Baba, soustrayant aux capitaux américains leur immense territoire (22 millions de km2). Voilà ce qui généra « la continuité, de Theodore Roosevelt et John Hay à Franklin Roosevelt en passant par Wilson, Hugues et Hoover, de la politique américaine en Extrême-Orient »[20] ‑ mais aussi en Afrique et en Europe, autres champs privilégiés « d’un partage et d’un repartage du monde »[21] américains renouvelés sans répit depuis 1880-1890.

Washington prétendait opérer ce « partage-repartage » à son bénéfice exclusif, raison fondamentale pour laquelle Roosevelt mit son veto à toute discussion en temps de guerre avec Staline et Churchill sur la répartition des « zones d’influence ». L’arrêt des armes lui assurerait la victoire militaire à coût nul, vu l’état pitoyable de son grand rival russe, ravagé par l’assaut allemand[22]. En février-mars 1944, le milliardaire Harriman, ambassadeur à Moscou depuis 1943, s’accordait avec deux rapports des services « russes » du Département d’État (« Certains aspects de la politique soviétique actuelle » et « La Russie et l’Europe orientale ») pour penser que l’URSS, « appauvrie par la guerre et à l’affût de notre assistance économique […,] un de nos principaux leviers pour orienter une action politique compatible avec nos principes », n’aurait même pas la force d’empiéter sur l’Est de l’Europe bientôt américaine. Elle se contenterait pour l’après-guerre d’une promesse d’aide américaine, ce qui nous permettrait « d’éviter le développement d’une sphère d’influence de l’Union Soviétique sur l’Europe orientale et les Balkans »[23]. Pronostic manifestant un optimisme excessif, l’URSS n’ayant pas renoncé à s’en ménager une.

La Pax Americana dans le tronçon français de la zone d’influence

Les plans de paix synarchique…

Ce « levier » financier était, tant à l’Ouest qu’à l’Est, « une des armes les plus efficaces à notre disposition pour influer sur les événements politiques européens dans la direction que nous désirons »[24].

En vue de cette Pax Americana, la haute finance synarchique, cœur de l’impérialisme français particulièrement représenté outre-mer – Lemaigre-Dubreuil, chef des huiles Lesieur (et de sociétés pétrolières), le président de la banque d’Indochine Paul Baudouin, dernier ministre des Affaires étrangères de Reynaud et premier de Pétain, etc. –, négocia, plus activement depuis le second semestre 1941, avec le financier Robert Murphy, délégué spécial de Roosevelt en Afrique du Nord. Futur premier conseiller du gouverneur militaire de la zone d’occupation américaine en Allemagne et un des chefs des services de renseignements, de l’Office of Strategic Services (OSS) de guerre à la Central Intelligence Agency de 1947, il s’était installé à Alger en décembre 1940. Ce catholique intégriste y préparait le débarquement des États-Unis en Afrique du Nord, tremplin vers l’occupation de l’Europe qui commencerait par le territoire français quand l’URSS s’apprêterait à franchir ses frontières de 1940-1941 pour libérer les pays occupés[25]. Ces pourparlers secrets furent tenus en zone non occupée, dans « l’empire », via les « neutres », des pro-hitlériens Salazar et Franco, sensibles aux sirènes américaines, aux Suisses et aux Suédois, et via le Vatican, aussi soucieux qu’en 1917-1918 d’assurer une paix douce au Reich vaincu. Prolongés jusqu’à la fin de la guerre, ils inclurent dès 1942 des plans de « retournement des fronts », contre l’URSS, qui percèrent avant la capitulation allemande[26] mais n’eurent plein effet qu’après les 8-9 mai 1945.

Traitant d’affaires économiques immédiates (en Afrique du Nord) et futures (métropolitaines et coloniales pour l’après-Libération) avec les grands synarques, Washington comptait aussi sur eux pour évincer de Gaulle, également haï des deux parties. En aucun cas parce qu’il était une sorte de dictateur militaire insupportable, conformément à une durable légende, au grand démocrate Roosevelt. De Gaulle déplaisait seulement parce que, si réactionnaire qu’il eût été ou fût, il tirait sa popularité et sa force de la Résistance intérieure (surtout communiste) : c’est à ce titre qu’il entraverait la mainmise totale des États-Unis, alors qu’un « Vichy sans Vichy » offrirait des partenaires honnis du peuple, donc aussi dociles « perinde ac cadaver » aux injonctions américaines qu’ils l’étaient aux ordres allemands. Cette formule américaine, finalement vouée à l’échec vu le rapport de forces général et français, eut donc pour héros successifs, de 1941 à 1943, les cagoulards vichystes Weygand, Darlan puis Giraud, champions avérés de dictature militaire[27], si représentatifs du goût de Washington pour les étrangers acquis à la liberté de ses capitaux et à l’installation de ses bases aéronavales[28].

On ne s’efforçait pas d’esquiver de Gaulle pour subir les Soviets : épouvantés par l’issue de la bataille de Stalingrad, les mêmes financiers français dépêchèrent aussitôt à Rome leur tout dévoué Emmanuel Suhard, instrument depuis 1926 de leurs plans de liquidation de la République. Le cardinal-archevêque (de Reims) avait été, la Cagoule ayant opportunément en avril 1940 liquidé son prédécesseur Verdier, nommé à Paris en mai juste après l’invasion allemande (du 10 mai) : ses mandants et Paul Reynaud, complice du putsch Pétain-Laval imminent, l’envoyèrent amorcer à Madrid le 15 mai, via Franco, les tractations de « Paix » (capitulation) avec le Reich[29]. Suhard fut donc à nouveau chargé de préparer, en vue de la Pax Americana, les pourparlers avec le nouveau tuteur : il devait demander à Pie XII de poser « à Washington », via Myron Taylor, ancien président de l’US Steel et depuis l’été 1939 « représentant personnel » de Roosevelt « auprès du pape », « la question suivante : “Si les troupes américaines sont amenées à pénétrer en France, le gouvernement de Washington s’engage-t-il à ce que l’occupation américaine soit aussi totale que l’occupation allemande ?” », à l’exclusion de toute « autre occupation étrangère (soviétique). Washington a répondu que les États-Unis se désintéresseraient de la forme future du gouvernement de la France et qu’ils s’engageaient à ne pas laisser le communisme s’installer dans le pays »[30]. La bourgeoisie, nota un informateur du BCRA fin juillet 1943, « ne croyant plus à la victoire allemande, compte […] sur l’Amérique pour lui éviter le bolchevisme. Elle attend le débarquement anglo-américain avec impatience, tout retard lui apparaissant comme une sorte de trahison ». Ce refrain fut chanté jusqu’à la mise en œuvre de l’opération « Overlord »[31].

… contre les espérances populaires

Au « bourgeois français [qui avait] toujours considéré le soldat américain ou britannique comme devant être naturellement à son service au cas d’une victoire bolchevique », les RG opposaient depuis février 1943 « le prolétariat », qui exultait: « les craintes de voir “sa” victoire escamotée par la haute finance internationale s’estompent avec la chute de Stalingrad et l’avance générale des soviets »[32]. De ce côté, à la rancœur contre l’inaction militaire des Anglo-Saxons contre l’Axe s’ajouta la colère provoquée par leur guerre aérienne contre les civils, ceux des « Nations unies » compris. Les « bombardements stratégiques américains », ininterrompus depuis 1942, frappaient les populations mais épargnaient les Konzerne partenaires, IG Farben en tête comme le rapporta en novembre « un très important industriel suédois en relations étroites avec [le géant chimique], retour d’un voyage d’affaires en Allemagne » : à Francfort, « les usines n’ont pas souffert », à Ludwigshafen, « les dégâts sont insignifiants », à Leverkusen, « les usines de l’IG Farben […] n’ont pas été bombardées »[33].

Rien ne changea jusqu’en 1944, où un long rapport de mars sur « les bombardements de l’aviation anglo-américaine et les réactions de la population française » exposa les effets de « ces raids meurtriers et inopérants » : l’indignation enflait tant depuis 1943 qu’elle ébranlait l’assise du contrôle américain imminent du territoire. Depuis septembre 1943 s’étaient intensifiées les attaques contre la banlieue de Paris, où les bombes étaient comme « jetées au hasard, sans but précis, et sans le moindre souci d’épargner des vies humaines ». Nantes avait suivi, Strasbourg, La Bocca, Annecy, puis Toulon, qui avait « mis le comble à la colère des ouvriers contre les Anglo-Saxons » : toujours les mêmes morts ouvriers et peu ou pas d’objectifs industriels touchés. Les opérations préservaient toujours l’économie de guerre allemande, comme si les Anglo-Saxons « craignaient de voir finir la guerre trop vite ». Ainsi trônaient intacts les hauts-fourneaux, dont la « destruction paralyserait immédiatement les industries de transformation, qui cesseraient de fonctionner faute de matières premières ». Se répandait « une opinion très dangereuse […] dans certaines parties de la population ouvrière qui a été durement frappée par les raids. C’est que les capitalistes anglo-saxons ne sont pas mécontents d’éliminer des concurrents commerciaux, et en même temps de décimer la classe ouvrière, de la plonger dans un état de détresse et de misère qui lui rendra plus difficile après la guerre la présentation de ses revendications sociales. Il serait vain de dissimuler que l’opinion française est, depuis quelque temps, considérablement refroidie à l’égard des Anglo-Américains », qui reculent toujours devant « le débarquement promis […]. La France souffre indiciblement […] Les forces vives du pays s’épuisent à une cadence qui s’accélère de jour en jour, et la confiance dans les alliés prend une courbe descendante. […] Instruits par la cruelle réalité des faits, la plupart des ouvriers portent désormais tous leurs espoirs vers la Russie, dont l’armée est, à leur avis, la seule qui puisse venir à bout dans un délai prochain de la résistance des Allemands »[34].

C’est donc dans une atmosphère de rancœur contre ces « alliés » aussi bienveillants pour le Reich qu’avant et après 1918 qu’eut lieu leur débarquement du 6 juin 1944. Colère et soviétophilie populaires persistèrent, donnant au PCF un écho qui inquiétait l’État gaulliste imminent : « le débarquement a enlevé à sa propagande une part de sa force de pénétration », mais « le temps assez long qu’ont mis les armées anglo-américaines à débarquer sur le sol français a été exploité pour démontrer que seule l’armée russe était en mesure de lutter efficacement contre les nazis. Les morts provoquées par les bombardements et les douleurs qu’elles suscitent servent également d’éléments favorables à une propagande qui prétend que les Russes se battent suivant les méthodes traditionnelles et ne s’en prennent point à la population civile »[35].

 

Le déficit de sympathie enregistré dans ce morceau initial de la sphère d’influence américaine se maintint entre la Libération de Paris et la fin de la guerre en Europe, comme l’attestent les sondages de l’Ifop d’après-Libération, parisien (« du 28 août au 2 septembre 1944 ») et de mai 1945, national (déjà cité)[36]. Il fut après-guerre, on l’a dit, d’abord progressivement, puis brutalement comblé. Il n’est donc plus grand monde pour rappeler qu’après la bataille des Ardennes (décembre 1944-janvier 1945), seuls combats importants livrés par les Anglo-Saxons contre des troupes allemandes (9 000 morts américains)[37], le haut-commandement de la Wehrmacht négocia fébrilement sa reddition « aux armées anglo-américaines et le report des forces à l’Est »;

que, fin mars 1945, « 26 divisions allemandes demeuraient sur le front occidental », à seule fin d’évacuation « vers l’Ouest » par les ports du Nord, « contre 170 divisions sur le front de l’Est », qui combattirent farouchement jusqu’au 9 mai (date de la libération de Prague)[38];

que le libérateur américain, qui avait doublé à la faveur de la guerre son revenu national, avait sur les fronts du Pacifique et d’Europe perdu 290 000 soldats de décembre 1941 à août 1945[39] : soit l’effectif soviétique tombé dans les dernières semaines de la chute de Berlin, et 1% du total des morts soviétiques de la « Grande guerre patriotique », près de 30 millions sur 50.

Du 6 juin 1944 au 9 mai 1945, Washington acheva de mettre en place tout ou presque pour rétablir le « cordon sanitaire » que les rivaux impérialistes anglais et français avaient édifié en 1919 ; et pour transformer en bête noire le pays le plus chéri des peuples d’Europe (français inclus). La légende de la « Guerre froide » mériterait les mêmes correctifs que celle de l’exclusive libération américaine de l’Europe[40].

 

[1] Frédéric Dabi, « 1938-1944 : Des accords de Munich à la libération de Paris ou l’aube des sondages d’opinion en France », février 2012, http://www.revuepolitique.fr/1938-1944-laube-des-sondages-dopinion-en-france/, chiffres extraits du tableau, p. 5. Total inférieur à 100 : 3 autres données : Angleterre; 3 pays; sans avis.

[2] Ibid., p. 4.

[3] Campagne si délirante qu’un journal électronique lié aux États-Unis a le 2 mai 2014 a prôné quelque pudeur sur l’équation CIA-démocratie http://www.huffingtonpost.fr/charles-grandjean/liberte-democratie-armes-desinformation-massive-ukraine_b_5252155.html

[4] Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l’Europe et le Reich 1914-1944, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition), passim.

[5] Lynn E. Davis, The Cold War begins […] 1941-1945, Princeton, Princeton UP, 1974; Lloyd Gardner, Spheres of influence […], 1938-1945, Chicago, Ivan R. Dee, 1993; Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London: Yale University Press, 2006, traduction chez Delga, septembre 2014.

[6] Tél. 1450-1467 de Bérard, Bonn, 18 février 1952, Europe généralités 1949-1955, 22, CED, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[7] Note État-major, anonyme, 15 septembre 1938 (modèle et papier des notes Gamelin), N 579, Service historique de l’armée de terre (SHAT).

[8] Moral de la région parisienne, note reçue le 22 avril 1943, F1a, 3743, Archives nationales (AN).

[9] Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2012.

[10] Revendication de paternité, t. 1 de ses mémoires, Un ambassadeur se souvient. Au temps du danger allemand, Paris, Plon, 1976, p. 458, vraisemblable, vu sa correspondance du MAE.

[11] Rapport 556/EM/S au général Koeltz, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W3, 210 (Laval), AN.

[12] Les difficultés « des Allemands » nous menacent, se lamenta fin août Tardini, troisième personnage de la secrétairerie d’État du Vatican, d’une issue « telle que Staline serait appelé à organiser la paix de concert avec Churchill et Roosevelt », entretien avec Léon Bérard, lettre Bérard, Rome-Saint-Siège, 4 septembre 1941, Vichy-Europe, 551, archives du ministère des Affaires étrangères (MAE).

[13] Michael Sherry, Preparation for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977, chap. 1, dont p. 39.

[14] Exemples français et scandinave (naguère fief britannique), Lacroix-Riz, « Le Maghreb: allusions et silences de la chronologie Chauvel », La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48; Les Protectorats d’Afrique du Nord entre la France et Washington du débarquement à l’indépendance 1942-1956, Paris, L’Harmattan, 1988, chap. 1; « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949): une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains (gmcc), 5 articles, 1988-1994, liste, http://www.historiographie.info/cv.html.

[15] Sherry, Preparation, p. 39-47 (citations éparses).

[16] Sarcasme de l’ambassadeur américain H. Freeman Matthews, ancien directeur du bureau des Affaires européennes, dépêche de Dampierre n° 1068, Stockholm, 23 novembre 1948, Europe Généralités 1944-1949, 43, MAE.

[17] Tél. Bonnet n° 944-1947, Washington, 10 mai 1949, Europe généralités 1944-1949, 27, MAE, voir Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie », gmcc, n° 173, 1994, p. 150-151 (150-168).

[18] Martin Sherwin, A world destroyed. The atomic bomb and the Grand Alliance, Alfred a Knopf, New York, 1975; Sherry Michael, Preparation; The rise of American Air Power: the creation of Armageddon, New Haven, Yale University Press, 1987; In the shadow of war : the US since the 1930’s, New Haven, Yale University Press, 1995.

[19] Williams, Ph.D., American Russian Relations1781-1947, New York, Rinehart & Co., 1952, et The Tragedy of American Diplomacy, Dell Publishing C°, New York, 1972 (2e éd).

[20] Richard W. Van Alstyne, recension d’American Russian Relations, The Journal of Asian Studies, vol. 12, n° 3, 1953, p. 311.

[21] Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Essai de vulgarisation, Paris, Le Temps des cerises, 2001 (1e édition, 1917), p. 172. Souligné dans le texte.

[22] Élément clé de l’analyse révisionniste, dont Gardner, Spheres of influence, essentiel.

[23] Tél. 861.01/2320 de Harriman, Moscou, 13 mars 1944, Foreign Relations of the United States 1944, IV, Europe, p 951 (en ligne).

[24] Ibid.

[25] Lacroix-Riz, « Politique et intérêts ultra-marins de la synarchie entre Blitzkrieg et Pax Americana, 1939-1944 », in Hubert Bonin et al., Les entreprises et l’outre-mer français pendant la Seconde Guerre mondiale, Pessac, MSHA, 2010, p. 59-77; « Le Maghreb: allusions et silences de la chronologie Chauvel », La Revue d’Histoire Maghrébine, Tunis, février 2007, p. 39-48.

[26] Dont la capitulation de l’armée Kesselring d’Italie, opération Sunrise négociée en mars-avril 1945 par Allen Dulles, chef de l’OSS-Europe en poste à Berne, avec Karl Wolff, « chef de l’état-major personnel de Himmler » responsable de « l’assassinat de 300 000 juifs », qui ulcéra Moscou. Lacroix-Riz, Le Vatican, chap. 10, dont p. 562-563, et Industriels et banquiers français sous l’Occupation, Paris, Armand Colin, 2013, chap. 9.

[27] Jean-Baptiste Duroselle, L’Abîme 1939-1945, Paris, Imprimerie nationale, 1982, passim; Lacroix-Riz, « Quand les Américains voulaient gouverner la France », Le Monde diplomatique, mai 2003, p. 19; Industriels, chap. 9.

[28] David F Schmitz, Thank God, they’re on our side. The US and right wing dictatorships, 1921-1965, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1999.

[29] Index Suhard Lacroix-Riz, Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition) et 2008.

[30] LIBE/9/14, 5 février 1943 (visite récente), F1a, 3784, AN. Taylor, Vatican, chap. 9-11 et index.

[31] Information d’octobre, reçue le 26 décembre 1943, F1a, 3958, AN, et Industriels, chap. 9.

[32] Lettre n° 740 du commissaire des RG au préfet de Melun, 13 février 1943, F7, 14904, AN.

[33] Renseignement 3271, arrivé le 17 février 1943, Alger-Londres, 278, MAE.

[34] Informations du 15 mai, diffusées les 5 et 9 juin 1944, F1a, 3864 et 3846, AN.

[35] Information du 13 juin, diffusée le 20 juillet 1944, « le PC à Grenoble », F1a, 3889, AN.

[36] M. Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop, phare de l’ignorance régnant en 2012 sur l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, déplore le résultat de 1944 : « une très nette majorité (61%) considèrent que l’URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande alors que les États-Unis et l’Angleterre, pourtant libérateurs du territoire national [fin août 1944??], ne recueillent respectivement que 29,3% et 11,5% », « 1938-1944 », p. 4, souligné par moi.

[37] Jacques Mordal, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Larousse, 1979, t. 1, p. 109-114.

[38] Gabriel Kolko, The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969, chap. 13-14.

[39] Pertes « militaires uniquement », Pieter Lagrou, « Les guerres, la mort et le deuil : bilan chiffré de la Seconde Guerre mondiale », in Stéphane Audoin-Rouzeau et al., dir., La violence de guerre 1914-1945, Bruxelles, Complexe, 2002, p. 322 (313-327).

[40] Bibliographie, Jacques Pauwels, Le Mythe de la bonne guerre : les USA et la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, Éditions Aden, 2012, 2e édition; Lacroix-Riz, Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014.

LE DÉBARQUEMENT DU 6 JUIN 1944 DU MYTHE D’AUJOURD’HUI À LA RÉALITÉ HISTORIQUE

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"Big bang territorial" un grand débat démocratique s’impose

3 Juin 2014, 16:40pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

la nouvelle carte des régions proposée par Hollande

Dans une tribune publiée sur le site de l’Elysée et reprise aujourd’hui dans la presse quotidienne régionale, François Hollande propose de ramener de 22 à 14 le nombre de régions métropolitaines. Il affirme que "la nouvelle carte sera soumise au débat parlementaire et appelle à ne pas tergiverser".

Il souhaite que les 14 nouvelles régions aient "davantage de responsabilités". "Elles seront la seule collectivité compétente pour soutenir les entreprises et porter les politiques de formation et d’emploi, pour intervenir en matière de transports, des trains régionaux aux bus en passant par les routes, les aéroports et les ports. Elles géreront les lycées et les collèges. Elles auront en charge l’aménagement et les grandes infrastructures".

"Pour remplir leur rôle, elles disposeront de moyens financiers propres et dynamiques. Et elles seront gérées par des assemblées de taille raisonnable. Ce qui veut dire moins d’élus" explique F. Hollande.

Il annonce la suppression progressive des conseils généraux, les nouvelles régions et les intercommunalités devant absorber l’essentiel des compétences des départements. A terme, une réforme constitutionnelle devrait être adoptée pour supprimer le conseil général à l’horizon 2020.

Il déclare que le département devrait cependant demeurer une circonscription de référence pour l’État autour du préfet.

François Hollande souhaite que les prochaines élections régionales se tiennent dans le cadre des nouvelles régions. Pour cela, les élections devraient être reportées à l’automne 2015 (au lieu de mars 2015). Des élections départementales devraient également être organisées à cette date.

Les régions qui restent inchangées :

Bretagne
Pays-de-la-Loire
Aquitaine
Nord-Pas-de-Calais
Corse
Ile-de-France
Provence-Alpes-Côte d’Azur

Les régions qui fusionnent :

Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon
Bourgogne et Franche-Comté
Picardie et Champagne-Ardennes
Auvergne et Rhône-Alpes
Alsace et Lorraine
Poitou-Charentes, Centre et Limousin
Basse et Haute Normandie

Dès la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre annonçant autoritairement un bouleversement territorial, une mise au standard libéral des institutions françaises, de multiples réactions ont témoigné du danger que cela représentait pour la démocratie, les services publics mais aussi pour l’emploi. 

La parution de la loi sur l’organisation territoriale est venue confirmer, dans l’esprit comme dans le texte, les objectifs poursuivis par le gouvernement.

Dans le même temps, a été annoncée une ponction de 50 milliards d’euros sur les politiques publiques dont 11 milliards sur les collectivités locales, portant un coup sérieux à leur fonctionnement et à l’investissement public.

Il convient face à ce " big bang territorial " de croiser les différentes analyses, intensifier les échanges entre élus locaux et parlementaires. Il s’agit également de dégager des pistes de solutions alternatives pour démocratiser les institutions et donner enfin aux citoyens les moyens de participer aux décisions et de se prononcer souverainement.

Il faut un référendum !

"Big bang territorial" un grand débat démocratique s’impose

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