Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

FETE DE L'HUMA : plus que 14 jours pour vous inscrire

31 Août 2013, 05:17am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La fête de l'Humanité, c'est un lieu unique de fête, de musique, de culture, de politique, de convivialité et de rencontres...

Participez à une cinquantaine de concerts exceptionnels sur la grande scène, la scène Zebrock et l'espace Jazz; faites le plein de rencontres au village du livre, à l'espace théâtre et à l'exposition d'art contemporain.

Explorez les 450 stands dont une centaine venus des quatre coins du monde.
Au programme : découvertes des régions et leurs spécialités culinaires et rendez-vous citoyen avec les diverses associations présentes. Et décompression garantie aux attractions foraines!

le STAND du PAS DE CALAIS sera présent 

Cette année encore participez à l'évènement politique, culturel et populaire de la rentrée!

 

Les vignettes sont disponibles

au siège de la section PCF d'Arras.

 

Un autocar est prévu pour le samedi 14 septembre

départ du siège PCF à 9 h 00 retour vers 24h00

contact: 03/21/51/66/80

 

vignette + transport en bus = 41 €

http://www.fete.humanite.fr/

FETE DE L'HUMA : plus que 14 jours pour vous inscrire

Voir les commentaires

La section PCF de l’Arrageois opposé à toute intervention impérialiste en Syrie

31 Août 2013, 04:57am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

CONTRE TOUTE INTERVENTION MILITAIRE, 

ET TOUTE INGÉRENCE IMPÉRIALISTE EN SYRIE !

NON A LA GUERRE ! NON A L’INTERVENTION !

 

RASSEMBLEMENT LE MERCREDI 4 SEPTEMBRE Á 18H00

DEVANT LE BEFFROI D’ARRAS

 

 

Après débat, il a été considéré unanimement que cette ingérence militaire de l’Occident dans le conflit syrien est de nature impérialiste contre la souveraineté de la nation syrienne et du peuple syrien.

 

 

Même si nous condamnons l’emploi d’armes chimiques par l’un des deux camps en conflit depuis deux ans, le recours à la puissance militaire est une grave erreur lourde de conséquences pour les peuples du monde.

 

 

D’ailleurs, le recours à armes chimiques, ne doivent pas nous faire oublier les bombes au phosphate blanc employées contre Gaza ou celles à l’uranium appauvri employées en Irak et en Lybie, et nous faire rappeler l’emploi de napalm et d’agent orange lors des guerres du Vietnam et d’Algérie. Si les centaines de présumés « gazés » exposés dans les média sont terribles, il ne faut pas oublier qu’au Rwanda, près d’un million de personnes ont été massacrées à la machette, sous les yeux des mêmes puissances qui aujourd’hui crient au loup et qui ne sont jamais intervenues.

 

 

La guerre est toujours tragique, c’est la raison de notre engagement pour la Paix, car le risque d’embrasement est sérieux et la menace de guerre mondiale est réelle.

 

 

Cette guerre civile en Syrie est une création diabolique qui entre dans le cadre de la modification de la géopolitique mondiale instrumentalisée par les USA et les puissances impérialistes occidentales (des barbouses des services secrets et des militaires occidentaux sont sur place depuis des mois) , mais aussi par les états mafia du Golfe (Qatar-Arabie Saoudites-Emirats Arabes…) qui financent et arment les pseudo-rebelles dont la plus-part sont des salafistes venus combattre sur ordre des organisations terroristes religieuses, et qui sont les mêmes que la France dit avoir combattu au Mali ces derniers mois.

 

 

Le but final de l’Occident est de s’approprier le Proche et Moyen Orient en le recolonisant, et d’encercler l’Iran, l’ennemi suprême de l’occident et d’Israël, qui refuse toute compromission avec le grand capital mondial et les multinationales, et entend garder sa souveraineté et son intégrité territoriale, notamment sur le Détroit d’Ormuz, la route du pétrole et du gaz. Mais c’est aussi un test pour mesurer la Russie et la Chine, qui sont considérés comme des rivaux trop puissants et trop influents.

 

 

Pour toutes ces raisons, nous appelons l’ensemble des progressistes de l’Arrageois et au-delà, à refuser cette guerre contre la Syrie, et à être nombreux à entrer en résistance contre toute ingérence de la France et tout emploi de la force armée contre la Syrie et le peuple syrien.

 

 

Pas d’argent pour les guerres, pas d’ingérence impérialiste, pas de bombardements, stop aux mensonges, vive la Paix et le progrès social !

 

La section du PCF de l’Arrageois.

 

Voir les commentaires

Retraites : Les 43 ans, un compromis sur le dos de la jeunesse !

31 Août 2013, 04:24am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

En entérinant l'allongement de la durée de cotisation prévue par la réforme Fillon-Sarkozy et en prolongeant cette augmentation à 43 ans d'ici 2035, Jean-Marc Ayrault tourne le dos à l'attente des Français qui ont élu la gauche et s'étaient mobilisés en 2010 contre la réforme de la droite.

Cette mesure va continuer à pénaliser durement les jeunes quand ils atteindront l'âge de la retraite. Elle entraînera une baisse régulière du niveau des pensions. De plus, l'augmentation des cotisations annoncée par le Premier ministre pèsera autant sur les salaires déjà trop bas, que sur les profits.

Contrairement à ce qu'a affirmé le Premier Ministre, il y a d'autres solutions pour financer l'équilibre des régimes, notamment la mise à contribution des revenus financiers et la modulation des cotisations des entreprises en fonction de leur politique d'emploi et de salaires.Une nouvelle fois, Jean-Marc Ayrault écarte cette piste sans même l'évoquer. Nous continuerons à la porter.

Certes, les annonces du Premier Ministre portent la marque des protestations et des mobilisations sociales en préparation. Le gouvernement renonce pour le moment à une augmentation de la CSG. Nous veillerons à ce que cette annonce ne cache pas de nouvelles contreparties accordées au patronat.

Le gouvernement a toutefois pris en compte plusieurs exigences syndicales exprimées de longue date pour réduire des injustices. Pour la pénibilité, les retraites des femmes, des apprentis et jeunes en formation, des salariés aux carrières heurtées et des salariés agricoles, des mesures positives corrigent en partie les inégalités existantes. C'est la preuve que la pression sociale engagée et les mobilisations prévues sont utiles, même si ces mesures ne compensent pas les effets de l'allongement de la durée de cotisation.

Le Parti communiste français appelle à poursuivre la mobilisation jusqu'au débat législatif dans lequel les Parlementaires communistes et du Front de gauche porteront des propositions alternatives.

Retraites : Les 43 ans, un compromis sur le dos de la jeunesse !

Voir les commentaires

Taxe, impôts : ce qui attend les Français

30 Août 2013, 18:21pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

Retraites : quelle est ma durée de cotisation ?

30 Août 2013, 18:17pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

"Lecture politique d'une fiche de paie" (Scop Le Pavé)

27 Août 2013, 16:05pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

Ep. 19 - Retraitement de choc

27 Août 2013, 15:45pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voir les commentaires

ALLEMAGNE - L’État tire profit de la crise de la zone euro : 41 milliards d'euros d'économies sur les intérêts de la dette

26 Août 2013, 18:36pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

ALLEMAGNE - L’État tire profit de la crise de la zone euro : 41 milliards d'euros d'économies sur les intérêts de la dette

La nouvelle est passée relativement inaperçue dans les médias français, elle est pourtant éclairante : l’État allemand tire des profits financiers substantiels des malheurs des autres pays de la zone euro.

D'après les chiffres publiés par le Ministère des Finances allemand, la crise de la zone euro aura des effets budgétaires plus que positifs pour l'Allemagne : une économie de 41 milliards d'euros dans le paiement des intérêts de la dette, entre 2010 et 2014.

Dans le même temps, selon ce que prétend le Ministère, la crise de la zone euro aurait coûté à l'Allemagne un peu moins de 600 millions d'euros.

La raison de ces gains est simple. Avec la perte de confiance des investisseurs dans les pays de la zone euro touchés par la crise, ces derniers préfèrent s'orienter vers des « valeurs refuges », même beaucoup moins rémunératrices.

Depuis 2000, les taux d'intérêts sur les obligations allemandes ont chuté de 1%, avec un taux à la moitié de l'année 2013 de 1,8% contre 4,4% pour les obligations espagnoles, et 10,1% pour celles grecques.

En 2012, l'Allemagne avait même réussi à emprunter à taux négatif sur des emprunts de courte durée. Une situation paradoxale qui permettait à l'Allemagne de gagner de l'argent sur les prêts qu'elle sollicitait.

Le symbole est fort, il est une preuve éclatante de la domination du capital financier sur l'Union européenne actuelle, avec le rôle que joue l'Euro dans cette hégémonie, cassant les appareils productifs des pays voisins (surtout du Sud) et compressant le « coût du travail », c'est-à-dire les salaires et les droits sociaux, au Nord et surtout en Allemagne.

Des chiffres se passent de commentaires.

L'Allemagne est le seul pays à avoir connu un excédent budgétaire en 2012 : 4 milliards d'euros en 2012, soit 0,2% du PIB. A titre de comparaison, le déficit public s'élève à 4,8% du PIB en France, 10% en Grèce et en Espagne.

Ensuite, l'Allemagne est le seul pays à enregistrer des records d'excédents commerciaux : 188 milliards d'euros en 2012, le deuxième chiffre le plus élevé … depuis 1950.

L'Allemagne a même dépassé pour la première fois en 2011 la barre des 1 000 milliards d'exportations, avec une hausse de 3,7% de leur montant par rapport à l'année précédente.

Il ne convient pourtant pas, comme certains populistes, d'opposer l'Allemagne comme un bloc aux nouvelles « nations prolétaires » du Sud de l'Europe mais bien d'identifier les fractures dans chacun des pays.

En Allemagne, plusieurs millions de travailleurs subissent des formes extrêmes de précarité, celles instituées par les lois « Hartz IV », avec son cortège de « mini-jobs » et autres « jobs à 1 euro », qui ne permettent pas de vivre avec moins de 400 € par mois et maintiennent dans l'indignité sociale.

De quoi rappeler que si la crise profite au capital et à l’État allemand qui le sert, elle n'est certainement pas à l'avantage des travailleurs allemands qui en payent la facture !

Voir les commentaires

SYRIE - Armes chimiques : pourquoi les médias concluent avant même l'enquête...

26 Août 2013, 18:26pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Propagande de guerre pour légitimiser le conflit syrien

Interviewé par la chaîne Russia Today sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie (et par qui ?), Michel Collon expose brièvement les 5 principes de la propagande de guerre, qui permettent à chacun de repérer la désinformation, les intérêts cachés, la diabolisation de l'adversaire et le refus du débat public. Pourquoi, informés par les satellites russes qui montreraient que ce sont les rebelles qui ont employé ces armes, les Etats-Unis, la France et leurs alliés tirent leurs conclusions avant même toute enquête...

Le 26 août 2013

Voir les commentaires

Le chômage et la précarité tuent

26 Août 2013, 17:56pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Dire cela semble tellement une évidence que les grands médias s'en désintéressent, comme s'il ne s'agissait que de remplir la rubrique des chiens écrasés lorsqu'on a une petite place encore à noircir.

La preuve, Dominique, femme de 59 ans, employée municipale précaire, s'est donnée la mort par le feu dans le centre administratif de la mairie de Clichy. C'était le jour même de la fin de son CDD et celui-ci ne serait pas renouvelé. On ne l'apprendra que dans Le Parisien à la rubrique Hauts-de-Seine.

Ce nouveau drame du chômage et de l’emploi précaire intervient quelques mois après les immolations de chômeurs à Mantes-la-Jolie et Nantes.

Concernant la mairie de Clichy, un employé municipal s'était pendu sur son lieu de travail. Oui, le chômage et la précarité, cette intermittence dans le non-emploi, tuent.

Les personnels politiques, les administrations, le patronat, lorsqu'un tel drame intervient dans leurs locaux, parlent toujours de personnes fragiles qui ont attenté à leur vie.

 

A Clichy, tout va très bien madame la marquise.

 Le maire PS Gilles Catoire, après s’être séparé des adjoints non-PS (FDG, EELV, Lutte ouvrière) de la municipalité d’union pour les remplacer par des personnalités de droite, crée dans la ville un climat pesant qui se traduit dans ses services par des mutations et un turn-over importants.

A méditer...( décidément cela devient une habitude au PS)

Oui, la politique soutenue par l'Elysée et les mairies se réclamant du PS n'est pas une politique de justice et de progrès social.

Au contraire, elle est coupable de non-assistance à chômeur en danger.

Là et sur d'autres sujets, le constat est accablant.

Plus d'un an de hollandisme, c'est plus d'un an à gérer loyalement le capitalisme.

Qu'on me démontre le contraire, j'en ferai l'écho sur mon blog.

 

Clichy, rue Martre. Une femme à l’identité mystérieuse s’est immolée par le feu vers 18 heures dans la cour intérieure de cette annexe de la mairie. C’est un fonctionnaire de police du commissariat tout proche qui a éteint les flammes. |

Voir les commentaires

2ème épisode: Du boulot pour Valls, peut-être...

26 Août 2013, 17:34pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

2ème épisode: Du boulot pour Valls, peut-être...

En effet, lors du rassemblement du PS à la Rochelle, le ministre de l'Intérieur n'a-t-il pas déclaré: "Une république intransigeante doit garantir l'ordre républicain, l'Etat doit être impitoyable". Et lui, Manuel Valls de dire qu'il se mettait aux avant-postes dans la lutte contre l'extrême droite.

Parfait camarade, il se trouve justement un maire qui ne veut pas respecter la loi de la République concernant le mariage pour tous. Dans sa commune de Bollène (Vaucluse), Marie-Claude Bompard refuse de célébrer le mariage de deux femmes qui souhaitaient s'unir le 10 septembre prochain, au nom de sa conscience.

Et son directeur de communication de déclarer à l'AFP: «Il s'agit d'un viol de conscience, les maires sont sous la contrainte, sous la menace de sanctions disproportionnées et illégitimes, A l'automne dernier François Hollande, président de la République, avait reconnu la conscience des maires sur ce sujet au congrès des maires, c'est une preuve que c'est une affaire de conscience.»

Marie-Claude Bompard refuse également d'accorder une délégation à un conseiller municipal pour célébrer le mariage et demande au préfet de désigner lui-même l'élu qui procédera à l'union civile. Son mari, Jacques Bompard, maire d'Orange, a aussi refusé de marier deux personnes de même sexe mais a délégué son pouvoir à un conseiller municipal.

De la théorie verbale à la pratique donc pour Manuel Valls qui a sous ses ordres le préfet du Vaucluse pour faire respecter la loi.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas les époux Bompard. Ils sont tous de la Ligue du sud, groupuscule d'extrême-droite détaché du Fn et fondé par Jacques Bompard, lequel fut aussi à la création du FN et auquel il adhéra durant 33 ans.

La Ligue du sud a un député: Jacques Bompard qui se dit fâché avec son ancien pote Jean-Marie de la tribu des Le Pen. En fait, le député suppléant de la député Fn du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen n'est autre que Hervé de Lépinau, vice-président de la Ligue du sud dont le président est Jacques Bompard. Comme quoi...

Allez monsieur Valls, si vos services n'ont pas un petit camp de roms à expulser ou un prélèvement d'adn sur quelqu'un de la CGT ces jours-ci, jetez un oeil sur Bollène.

Sa mairie est sise Place Reynaud de la Gardette BP 207 84505 Bollène Cedex. Si vous n'aviez pas de GPS: Jacques Bompard, député à l'Assemblée nationale à Paris, il fera suivre votre courrier.

Voir les commentaires

Valls ou le Thiers Etat

26 Août 2013, 17:15pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

 

Ce n'est qu'une petite phrase tirée d'un coup de gueule, mais une petite phrase qui vaut dix volumes d'explications théoriques sur la nature de la social-démocratie et ses choix politiques.

Une phrase qui démontre mieux qu'un édito polémique de l'Huma ...à l'époque de Cachin ou d'Andrieu.

Cette phrase la voilà :

"Une république intransigeante doit garantir l'ordre républicain, l'Etat doit être impitoyable".

Son auteur n'est ni Sarkozy .Elle n'est pas de Roger Frey ou de Ponia mais du disciple de Jules Moch, le dénommé M Valls.

Tout y est : le service de l'ordre établi qualifié de Républicain pour légitimer la chose.

L'intransigeance qui fait du CRS une valeur refuge et du juge un laxiste s'il ne distribue pas au délinquant sans cravate des semestres d'horizon tavelé de barreaux.

Intransigeance limitée dès qu'il faut aider bercy à négocier les échappatoires aux sanctions pour fraudes fiscales rarement hébergés dans les ZUP.

L'état sans regarder ce qu'il est dans sa structure (une réflexion dont le mouvement ouvrier pour réussir son émancipation devrait arréter de refuser de la regarder) "doit être impitoyable". Et là, nous ne sommes même plus dans le registre de J. Moch ou de "Mitteranad succésseur", mais dans celui de Thiers-appelation générique, Serol canal historique.

Ce n'est pas La Canaille qui polémique, c'est le commandeur de l'ordre de la chaussette à clous qui s'exprime.

S'il y avait égalité de traitement devant toute les formes de délinquance, il serait possible de tenter de débattre.

Le problème, c'est que la colère du chef planton de Beauveau  est sélective contre le dealer mais tolère les relations diplomatiques (et ses valises protégées) avec le monarque d'un pays où celui-ci est premier propriétaire des champs qui l'approvisionnent.

Si seulement, il remplissait son rôle d'auxilliaire de justice pour contraindre chacun notable d'extrême droite compris à appliquer les lois de la République, il serait crédible.

S'il portait ses coups contre prioritairement ceux qui exploitent les sans papiers plutôt que contre ceux qui arrivent ici pour ne pas crever il serait possible de tenter une reflexion.

Mais le postulat de la défense de l'Etat grave dans le granit une conception au service de la classe dominante ...qui reppelons-le à ce "socialiste" est celle du Capital.

Mais il est plus efficaces à traquer le poussin fugueur qu'à s'en prendre au renard.

C'est en cela finalement qu'il est un dirigeant socialiste.                                                     

Voir les commentaires

Stéphane Victor à la tête des JC du Pas-de-Calais

25 Août 2013, 08:40am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Stéphane Victor à la tête des JC du Pas-de-Calais

Jeune communiste de Floringhem, en recherche d’emploi, Stéphane Victor, 22 ans. a succédé, le 20 juillet dernier, à Simon Poudroux à la tête de la fédération du Pas-de-Calais (1) du Mouvement Jeunes Communistes de France.

Simon Poudroux exerçait cette responsabilité depuis cinq ans. Sous son impulsion, les JC se sont renforcés « à travers notamment la création d’unions de villes comme à Calais ». Les Jeunes communistes se sont aussi distingués par leur présence aux côtés des étudiants, des lycéens, mais aussi des travailleurs en lutte comme dernièrement à Dourlens (Bruay-la-Buissière). Ils ont aussi fait de la libération du militant communiste Georges Ibrahim Abdallah, l’un de leurs chevaux de bataille.

A l’issue de leurs travaux, les JC du Pas-de-Calais ont conclu à la nécessité « de renforcer encore l’organisation pour sortir le pays et l’Europe de la crise capitaliste et parvenir au socialisme par la lutte des classes ».

Jacques KMIECIAK

Liberté Hebdo Nord-Pas-de-Calais

  1. Outre Stéphane Victor, le Bureau se compose de Pierre Blanquart (Béthune), Adrien Deneuville (Hénin-Beaumont), Kévin Joly (Calais), Simon Poudroux (Avion) et Guillaume Sayon (Avion).

Voir les commentaires

«Ne confondons pas la colère et la radicalité avec l’invective»

25 Août 2013, 08:33am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

«Ne confondons pas la colère et la radicalité avec l’invective»

Interview Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, défend une critique du gouvernement moins frontale que celle de Jean-Luc Mélenchon.


Par LILIAN ALEMAGNA

A deux jours jours de la rentrée du Front de gauche, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, critique la politique du gouvernement et se démarque de son camarade Mélenchon.

Cet été, votre parti n’a pas lâché l’exécutif. Sur quoi l’attendez-vous ?
Puisqu’il a décidé de préparer la France de 2025, le gouvernement doit rompre avec deux grandes impasses : sa politique d’austérité qui étouffe l’activité ; le dogme de la compétitivité qui ne sert qu’à renforcer les revenus financiers des actionnaires. Si le gouvernement ne s’y attaque pas, son antidéclinisme ne sera que de belles paroles.

Votre visite à l’Elysée avant vos congés ne vous a pas rassuré ?
Le chef de l’Etat reste sur les mêmes rails. La France n’est pas un bouchon au fil de l’eau qui devrait s’adapter aux grands flots de la mondialisation. Nous sommes un grand pays capable de désarmer la finance, relancer notre économie et les services publics. Ces ambitions restent absentes.

L’été a été rythmé par Manuel Valls (lire aussi pages 2 à 5)…
L’été de Manuel Valls a été calamiteux. Que ce soit sur la sécurité, l’islam, la réforme pénale ou le regroupement familial, ses déclarations sont à l’opposé des valeurs de la gauche. Ses propositions sont aussi d’une grande pauvreté. Sur la loi pénale, Christiane Taubira a raison : il faut remettre en cause le tout-prison. C’est un échec qui nourrit la récidive. Et pour développer des peines alternatives, il faut des moyens. Preuve supplémentaire que la politique d’austérité actuelle est un obstacle à une politique de gauche ambitieuse.

Vous êtes loin du ton de Jean-Luc Mélenchon pour qui Valls a été «contaminé» par Le Pen…
Le Front de gauche a un diagnostic partagé sur l’impasse politique gouvernementale et la nécessité de construire une alternative. Mais nous avons des approches différentes sur la manière d’avancer. Pour moi, les maîtres mots doivent être «mobilisation citoyenne», «rassemblement» et «construction». Face aux échecs et au dégoût de la politique qui menace, nous devons aider au rassemblement sur des solutions de gauche. Pour convaincre, nous ne devons pas confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective.

La rentrée du PCF se fera aussi sur les retraites ?
La gauche doit avoir un autre choix de société que la droite qui s’est attaquée à notre niveau de protection sociale. Jusqu’à ses 25 ans, l’homme doit pouvoir s’éduquer, se former et avoir accès à la culture. Jusqu’à ses 60 ans, chaque individu doit pouvoir bénéficier d’un emploi de qualité, sans temps partiel contraint. Et enfin, chacun doit avoir droit à une retraite, être en bonne santé, avec un autre rythme de vie, pour être utile à la société.

Avec quel argent ?
Allonger la durée de cotisations abaissera le niveau des pensions. Ce serait une nouvelle injustice. Il nous faut trouver de nouvelles ressources, en développant l’emploi, en remettant en cause certaines exonérations de charges sociales et créer une cotisation sur les revenus financiers des entreprises. Ce serait beaucoup moins injuste qu’une augmentation de la CSG.

Le rebond de la croissance ne vous convainc pas ?
Cela reste un chiffre très faible et éphémère. Les fondamentaux de notre économie montrent que nous restons sur une mauvaise pente…

Dans un tel contexte, pourquoi cherchez-vous à faire alliance avec les socialistes aux municipales ?
L’objectif doit rester de faire élire des majorités de gauche en rassemblant communistes, Front de gauche, écologistes, socialistes et forces citoyennes pour empêcher droite et extrême droite de conquérir des villes. Nous savons que ces majorités seront traversées par des débats, c’est pourquoi cette construction d’alliances au premier ou au second tour doit passer par des projets locaux et de la place pour les élus PCF et Front de gauche.

Vos militants ne vont pas devenir schizophrènes à faire campagne avec le PS en mars puis avec Mélenchon aux européennes en mai ?
Il y a des différences d’appréciation au Front de gauche sur les municipales. Sans dramatiser, nous pensons qu’une stratégie d’union dès le premier tour est possible dans une série de communes pour créer des dynamiques. Pas le PG.

A Paris par exemple ?
A la fin de l’été, nous ferons le point. Puis à la Fête de l’Humanité, nous présenterons dix priorités pour la future mandature à Paris.

Vous demanderiez 15 sièges au PS…
S’il y a accord, il doit prendre en compte la progression du Front de gauche à Paris depuis 2008.

Mais cette différence stratégique avec le PG ne risque-t-elle pas d’affaiblir le Front de gauche ?
Nous sommes une construction politique inscrite dans la durée. Elle est traversée de débats, mais la nécessité d’une alternative aux politiques d’austérité est plus forte. Vous le verrez aux européennes. Nous travaillerons à un non massif à l’austérité et à un oui tout aussi massif à une Europe de solidarité.

Pourquoi refuser à Mélenchon la tête de liste en Ile-de-France ?
Nous n’avons pas encore entamé la discussion sur les listes. Nos députés européens sortants ont vocation à être candidats dans les circonscriptions où ils ont été élus en 2009.

Y a-t-il une chance de voir des communistes au gouvernement avant la fin du quinquennat ?
Une entrée dans un gouvernement supposerait une refonte essentielle des objectifs de la politique gouvernementale.

Légende photo : Pierre Laurent (au centre), en juin à Montreuil avec le dirigeant du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon (à droite). (Photo Albert Facelly)

Voir les commentaires

Le nouveau cadeau empoisonné de madame la ministre

25 Août 2013, 08:31am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le nouveau cadeau empoisonné de madame la ministre

Lundi soir, la ministre de l'enseignement supérieur a annoncé la création d'une caution locative étudiante. L’état se portera alors caution pour les étudiants qui ne peuvent pas fournir la ou les cautions demandées par le bailleur. Cette mesure s'adressera en priorité aux étudiants issus de famille monoparentale et aux étudiants étrangers. La ministre a déclarée : «Il doit s'agir d'une étudiante ou d'un étudiant qui ne peut pas produire familialement une double caution», notamment «les enfants de familles monoparentales» ainsi que «les étudiants étrangers qui ne disposent pas de beaucoup de ressources». La mise en place de cette mesure se fera progressivement. « Cette mesure se mettra en place de façon expérimentale dès cette rentrée 2013 pour environ 1 500 à 2 000 étudiants et sera généralisée en 2014, au printemps, pour toucher 14 000 à 20 000 étudiants en régime de croisière » a annoncé la ministre. Cette année la mesure sera donc expérimentale avec pour ambition de l'étendre les années suivantes.

Le ministère de l'Enseignement supérieur et la Caisse des dépôts et consignations se porteront caution à hauteur de 300.000 euros. Le Crédit coopératif, opérateur du dispositif, sera garant à hauteur de 4 millions d'euros.En contrepartie, l'étudiant bénéficiaire de cette aide versera chaque mois une somme correspondant à 1,5 % de son loyer «pour faire face à des aléas», a expliqué la ministre, selon laquelle un tel système «responsabilise l'étudiant».

En d'autres termes, il s'agit de subventionner les bailleurs privés et d'endetter les étudiants plutôt que de répondre à leurs besoins avec la construction et la réappropriation des dizaines de milliers de logements sociaux qui font aujourd'hui cruellement défaut. La ministre continue sur sa lancée ultralibérale, après avoir privatisé les universités et le CROUS, elle donne maintenant des chèques en blanc au secteur privé du logement étudiant. Cette mesure bien qu'aidant des étudiants en difficultés est profondément dangereuse pour l'ensemble du monde étudiant ! Le secteur public est en train d'être démantelé pour le plus grand plaisir des entrepreneurs privés qui récupèrent, en plus, des cautions de la part de l’État.

Pourtant la solution pour sortir les étudiants et les étudiantes dans la galère n'est pas de donner encore et toujours plus d'argent au secteur privé. Mais bel et bien de donner les moyens financiers au secteur public pour garantir à tous les étudiants un logement décent à prix abordable.

Voir les commentaires

La participation des partis communistes au gouvernement : une réflexion critique de la revue belge « Etudes marxistes »

25 Août 2013, 08:16am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La participation des partis communistes 

au gouvernement : 

une façon de sortir de la crise capitaliste?

Par Herwig Lerouge, pour le numéro 100 d'Etudes marxistes 

(revue théorique du Parti du travail de Belgique)

Au cours des dernières années, la possibilité de participation au gouvernement de certains partis communistes (ou ex-communistes) a été à l’ordre du jour. En Allemagne, Die Linke a participé à certains gouvernements régionaux et y participe d’ailleurs toujours. Le parti a débattu d’une participation possible à un gouvernement fédéral. En Grèce et aux Pays-Bas, la coalition de gauche Syriza et le Socialistische Partij ont clairement annoncé leur volonté d’entrer au gouvernement. La majorité suffisante du Parti socialiste français lors des récentes élections parlementaires de 2012 a éliminé la question d’une nouvelle participation au gouvernement du Parti communiste français. Le PCF et, en Italie, Rifondazione Comunista et le Parti des communistes italiens ont participé à plusieurs gouvernements au cours des dernières décennies.

En 2008, les succès électoraux de certains de ces partis ont amené le magazine britannique de gauche, The New Statesman, à conclure : « Le socialisme — le socialisme pur, inaltéré, une idéologie considérée comme morte par les capitalistes libéraux — effectue un retour en force. À travers le continent, on assiste à une tendance bien nette dans laquelle les partis du centre gauche établis depuis longtemps sont défiés par des partis indubitablement socialistes. Ils défient un système économique dans lequel les intérêts des simples travailleurs sont subordonnés à ceux du capital[1]. »

Malheureusement, ces visions d’un brillant avenir socialiste pour l’Europe par le moyen des élections ont été dépassées par les derniers résultats électoraux et, fait plus important encore, par l’évolution politique de ces partis.

La tragédie italienne

La plupart des ces partis ont été créés après que Gorbatchev eut réalisé sa contre-révolution de velours. En Italie, lors de son congrès de Rimini, en 1991, le Parti communiste italien historique (PCI) se transforme en un parti social-démocrate ordinaire. La même année, les communistes italiens fondent le Partito della Rifondazione Comunista (parti de la refondation communiste). Au sein de Rifondazione, le débat sur le cours stratégique du parti reste longtemps ouvert… Une fois que Bertinotti accède à la présidence, le débat s’accélère. Lors du 5e congrès de Rifondazione, en février 2002, Bertinotti présente ses 63 thèses comme une collection d’« innovations ». Il a découvert une « nouvelle classe ouvrière », née à Gênes, en 2001 ; un « nouveau concept de parti ». Il rejette le parti d’avant-garde, devenu « obsolète », et le remplace par le parti conçu comme une composante du « mouvement des mouvements ». Il découvre également une « nouvelle définition de l’impérialisme », selon laquelle le monde n’est plus divisé entre blocs capitalistes rivaux et la guerre n’est plus un moyen de le partager périodiquement. L’ancien centralisme démocratique est remplacé par le droit de tendance…[2] »

Après trente-six mois d’innovation, la direction de Rifondazione Comunista se déclare prête à participer au gouvernement, en compagnie des démocrates chrétiens de Romano Prodi et de la social-démocratie de D’Alema. Lors du 6e congrès du PRC, en mars 2005, Bertinotti affirme que son parti devrait être la force motrice d’un processus de réforme. Et la participation au gouvernement est devenue un passage nécessaire dans cette direction. Dans le discours de clôture du congrès, il dit : « Le gouvernement, même le meilleur, n’est qu’un passage, un passage de compromis. Le parti doit être placé dans une position telle qu’il pourra faire voir sa stratégie, afin de bien montrer qu’il veut aller plus loin […][3]. » Pour prévenir des critiques contre le PRC qui entre dans une coalition favorable à l’UE avec l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, Bertinotti ne trouve pas de meilleure excuse que la pirouette éculée de la social-démocratie : « Nous devons répandre l’idée que les mouvements et le parti doivent garder leur autonomie par rapport au gouvernement. Le parti ne devrait pas être identifié au gouvernement. Il devrait garder sa propre ligne et une stratégie allant bien au-delà de celle du gouvernement[4]. »

Le membre bien connu du groupe Bilderberg, Romano Prodi, était présent au congrès et il perçut très bien la volte-face du dirigeant de Rifondazione : « Voilà un parti socialiste de gauche qui accepte le défi du gouvernement[5]. »

En moins de dix ans, Bertinotti est parvenu à mettre un important potentiel révolutionnaire sous le contrôle du système. En 2007, le PRC ralliait la coalition de l’ « Olivier ». Sans opposition de gauche anticapitaliste claire à la participation à la guerre en Afghanistan et aux mesures d’austérité du gouvernement Prodi, la droite combla le vide politique et Berlusconi fut remis en selle. Le PRC perdit toute sa représentation parlementaire dans la débâcle de la gauche électorale. Il s’agit de l’expérience la plus récente des dégâts que le révisionnisme peut occasionner. Aujourd’hui, le mouvement communiste italien traverse une crise profonde.

France : des communistes au gouvernement en 1981 et 1997

Le vingtième siècle avait déjà prouvé l’échec de ceux qui prétendent modifier l’équilibre du pouvoir en faveur de la classe ouvrière par des majorités au sein des parlements bourgeois.

Dans l’euphorie de la victoire électorale de Mitterrand en 1981, le secrétaire général du PCF, Georges Marchais, envoya quatre communistes au gouvernement, afin de modifier l’ « équilibre du pouvoir ». Le dirigeant du PCF, Roland Leroy, expliqua : « Notre présence concorde bien avec notre mission et notre stratégie : utiliser chaque opportunité, même le plus petit pas en avant, pour bâtir un socialisme original par des moyens démocratiques[6]. »

Au lieu d’obtenir un socialisme original, la classe ouvrière française a dû subir un Code du travail dérégulé, une sécurité sociale réduite et des salaires déconnectés de l’index des prix. Seize ans plus tard, en juillet 1997, la direction du PCF remettait le couvert. Trois ministres communistes ralliaient le gouvernement de la « Gauche plurielle » (PS-PCF-Verts-MDC) venu au pouvoir après les grandes luttes de 1995. Le résultat ? Il y a eu plus de privatisations sous ce gouvernement que sous les administrations de droite Juppé et Balladur mises ensemble. La privatisation d’Air France fut supervisée par le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot. Thomson, Air France, France Télécom, les compagnies d’assurance GAN et CIC, la Société marseillaise de crédit, CNP, Aérospatiale ont été « ouvertes au capital ». La direction du PCF resta au gouvernement de « Jospin-la-guerre » lorsque, en 1999, la France soutint le bombardement de la Yougoslavie par l’Otan.

Bien sûr, certaines concessions ont été faites aux exigences syndicales, mais, comme ce fut le cas en 1936 avec le gouvernement de Front populaire, elles ont été en premier lieu le résultat des grandes luttes qui avaient précédé ou accompagné la victoire électorale de la gauche.

Prétendre modifier dans l’hémicycle parlementaire l’équilibre du pouvoir en faveur de la population laborieuse est absurde aux yeux de tous ceux qui observent le cirque électoral, qui voient les milliers de groupes de pression et autres commissions d’experts payés par les groupes d’affaires afin d’influencer directement les décisions politiques. Comment « la richesse exerce son pouvoir indirectement, mais avec plus d’efficacité » (pour reprendre les termes d’Engels) n’est nulle part plus évident qu’aux États-Unis. En 2000, les 429 candidats dont les finances de campagne étaient les mieux alimentées occupaient les 429 premières places au Congrès américain. Seuls les sièges 430-469 sont allés aux candidats moins « fortunés »[7].

S’il y a un seul avantage à toute la saga du néolibéralisme, c’est celui-ci : l’évidence de l’emprise des plus puissants groupes du capital sur les États nationaux, les institutions européennes et les institutions financières internationales n’a jamais été aussi ouverte et éhontée. Les décisions réelles sont la prérogative de l’exécutif depuis de nombreuses décennies et le Parlement n’est qu’une machine à ratifier les décisions déjà prises au niveau du gouvernement. De plus en plus, les lois sont préparées par des cabinets ministériels et même, aujourd’hui, par les groupes de pression des firmes importantes. Une paix durable et le progrès social requièrent une société socialiste et une transformation radicale de la société. La voie parlementaire vers le socialisme repose sur l’illusion que le grand capital va accepter de se mettre en retrait et qu’il va céder sans coup férir sa machine d’État à la classe ouvrière lorsque celle-ci sera suffisamment représentée au Parlement.

Naturellement, nous devons être conscients de ce que la majorité des gens en Europe, aujourd’hui, reconnaît l’ordre social actuel comme le seul possible.

Un processus révolutionnaire requiert de la flexibilité tactique, une adaptation à la réalité politique, une évaluation adéquate de l’objectif de chaque bataille, une connaissance exacte des contradictions de classe et des rapports de pouvoir, et de larges alliances.

Nous luttons pour des réformes, nous luttons pour renforcer la force politique et organisationnelle des travailleurs. À la population, nous ne disons pas : « Nous allons résoudre ça pour vous », mais nous leur disons : « Prenez vous-mêmes votre destinée en mains. » Dans la bataille, les travailleurs acquièrent de l’expérience et notre devoir est d’introduire la perspective socialiste à terme. Même pour les réformes, ce n’est pas le parlement ou les élections qui sont décisifs, mais les luttes. Tout ce que le mouvement ouvrier a obtenu résulte d’un combat organisé, en faisant campagne et en créant un rapport de forces dans la rue.

La Gauche européenne

Les 8 et 9 mai 2004, les deux partis susmentionnés, le PRC et le PCF, ont été parmi les fondateurs du Parti de la Gauche européenne. Bertinotti en est devenu le président.

Le Parti de la Gauche européenne est un bond qualitatif de l’évolution vers le réformisme (de gauche), a déclaré l’un de ses fondateurs, le président du Parti du socialisme démocratique (PDS), Lothar Bisky. Dans une interview réalisée par le journal Freitag, il explique : « Pour les forces politiques de l’Union européenne qui tirent leur origine du mouvement ouvrier révolutionnaire, le Parti de la Gauche européenne signifie un nouveau pas qualitatif dans le processus d’adaptation du socialisme de gauche[8]. »

Ni dans le Manifeste de la Gauche européenne ni dans ses statuts, il n’est fait référence à la propriété privée des moyens de production, aux crises économiques inhérentes au système, à la concurrence meurtrière que se livrent les sociétés monopolistes ou au partage du monde par les principales puissances impérialistes. Le Parti de la Gauche européenne promet « une alternative progressiste », la « paix », la « justice sociale », un « développement durable » et bien d’autres belles choses que personne ne songerait à rejeter[9].

Tout cela reste vague et entièrement dans les limites du système et de ses rapports de propriété. L’on cherchera en vain la moindre référence à une stratégie de la révolution sociale. Au contraire, le Parti se concentre entièrement sur la « réforme en profondeur » des institutions du système. « Nous voulons faire en sorte que les institutions élues — le Parlement européen et les parlements nationaux — aient plus de pouvoir et de possibilités de contrôle[10]. »

Die Linke

Un parti important au sein de la Gauche européenne est le parti allemand de la gauche, Die Linke. Il résulte de l’unification, en 2007, du Parti du socialisme démocratique (PDS, le parti qui a succédé au principal parti en RDA, le SED) et le WASG (des sociaux-démocrates de gauche déçus, des responsables de syndicats et des groupes trotskistes de l’Allemagne de l’Ouest).

Le WASG est né en 2005 des protestations suscitées par le gouvernement de Gehrard Schröder composé du Parti social-démocrate (SPD) et des Verts. Sa réforme Hartz IV, qui supprimait aux chômeurs leurs allocations au bout d’un an et les plongeait dans un système d’assistance sociale, avait créé un énorme secteur à bas salaires. Les conséquences de la réforme Hartz IV ont été désastreuses. Un rapport des Nations unies[11] sur la situation sociale en Allemagne explique qu’aujourd’hui, 13 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et que 1,3 million de personnes, bien qu’ayant du travail, ont besoin d’une aide supplémentaire parce que leurs revenus ne leur suffisent pas pour subsister. La pauvreté infantile affecte 2,5 millions d’enfants. Des études ont montré que 25 % des écoliers se rendent en classe sans avoir eu un petit déjeuner.

On constate une pauvreté en hausse parmi les personnes âgées en raison des pensions très modestes et revues à la baisse avec les réductions de salaire. Aujourd’hui, 8,2 millions de personnes ont des emplois temporaires ou des « mini-jobs » — à moins de 400 euros par mois. 75 % de tous les nouveaux emplois sont précaires. Tout ceci fait les choux gras des super-riches. En Allemagne, en 2010, il y avait 924 000 millionnaires, soit une augmentation de 7,2 % en trois ans.

Cette « réforme » divisa le parti social-démocrate et poussa l’ancien ministre social-démocrate Lafontaine à claquer la porte du parti. Il fut suivi par des sections entières du mouvement syndical allemand. Ces transfuges allaient créer le WASG. Le parti unifié WASG-PDS devenait « Die Linke » et, en 2009, il remportait 11,9 % des suffrages aux élections fédérales, gagnant ainsi 78 sièges. Son nombre de membres frisait les 80 000.

Mais, trois ans plus tard, selon les sondages les plus récents, Die Linke a des problèmes pour franchir l’antidémocratique seuil de 5 %, qui s’applique à toutes les élections, tant nationales que régionales. En mai 2012, il perdait ses sièges dans les deux Parlements régionaux allemands du Schleswig-Holstein (de 6 %, les votes retombaient à 2,2 %) et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (de 5,6 %, à 2,5 %). Le nombre de ses membres est redescendu à moins de 70 000.

La nouvelle social-démocratie

Die Linke a adopté un programme lors de son congrès d’Erfurt, en 2011. Il est présenté comme une synthèse entre les tendances marxistes et les réalistes très réformistes[12].

« Die Linke, en tant que parti socialiste, est pour des alternatives, pour un avenir meilleur (p. 4). » Cet avenir englobe très justement « une existence dans la sécurité sociale, avec un revenu minimal garanti exempt de sanctions et à l’abri de la pauvreté, ainsi qu’une protection totale contre la dépendance, avec une pension statutaire pour tous, s’appuyant sur la solidarité à l’abri de la pauvreté, avec une assurance santé et des soins pour tous les citoyens et reposant sur la solidarité, avec un enseignement convenable, gratuit, accessible à tous, avec une diversité culturelle et la participation de tous à la richesse culturelle de la société, avec un système de taxation juste réduisant les charges imposées aux bas et moyens revenus, les augmentant pour les hauts revenus et tirant substantiellement plus des grosses fortunes pour réaliser la démocratie et faire régner la loi contre le pouvoir exorbitant des grosses sociétés, avec l’abolition de toute forme de discrimination basée sur le sexe, l’âge, le statut social, la philosophie, la religion, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle et l’identité ou basée sur des incapacités en tous genres ». 

Mais on ne sait pas avec certitude si ces bonnes intentions seront concrétisées dans ce système capitaliste ou si ce système devra être aboli. À un endroit, on peut lire : « Nous avons besoin d’un système économique et social différent : le socialisme démocratique (p. 4). » L’ « économie sociale de marché » est critiquée comme « un compromis entre le travail salarial et le capital qui n’a jamais éliminé ni l’exploitation prédatrice de la nature ni les relations patriarcales dans les sphères publiques et privées ». Dans d’autres passages, le problème n’est pas le système, mais le « capitalisme sans restriction » (p. 58), le « modèle politique néolibéral » (p. 56) et les « marchés financiers dérégulés » (p. 15).

Le texte évoque un « long processus d’émancipation dans lequel la dominance du capital est renversée par le biais des forces démocratiques, sociales et écologiques », menant à une « société de socialisme démocratique (p. 5) ». À un autre endroit, la question décisive du changement social est la question de la propriété. « Aussi longtemps que les décisions prises par les grosses sociétés seront orientées vers les rendements désirés plutôt que vers le bien public, la politique sera sujette au chantage et la démocratie s’en trouvera minée. »

Ailleurs, « la propriété publique » est limitée « aux services d’intérêt général, d’infrastructure sociale, aux industries de l’énergie et au secteur financier » (p. 5). Et le programme copie la vieille thèse sociale-démocrate de « la démocratie qui s’étend à la prise des décisions économiques et soumet toutes les formes de propriété aux normes émancipatrices, sociales et écologiques. Sans la démocratie dans l’économie, la démocratie demeure imparfaite […]. » Ainsi, là, cet « ordre économique démocratique différent » sera donc une économie de marché régulée. Nous « soumettrons la régulation du marché de la production et de la distribution à un encadrement et à un contrôle démocratique, social et écologique ». « Le monde des affaires doit être soumis à un sévère contrôle de la concurrence (p. 5). »

La classe ouvrière n’a aucun rôle dans la conquête du pouvoir politique. Il est question de « majorités gagnantes (p. 20) » et le « socialisme démocratique » pourra être réalisé au sein des structures « démocratiques » de la constitution allemande et d’un « État social de droit ».

Les services de renseignement devraient être abolis, mais un « contrôle démocratique » de l’armée et de la police sera suffisant pour les transformer en outils du socialisme.

La participation au gouvernement

Selon le programme, la participation au gouvernement n’a de sens que si elle s’appuie sur un « rejet du modèle néolibéral de politique », si elle entraîne un changement « socio-écologique » et si elle peut réaliser une amélioration du niveau de vie de la population. Si tel est le cas, le « pouvoir politique de Die Linke et des mouvements sociaux peut être renforcé » et « le sentiment d’impuissance politique qui existe chez de nombreuses personnes peut être refoulé (p. 56) ».

On se demande comment cette position a pu être adoptée quelque temps seulement après la débâcle de ce qui avait toujours été présenté comme un exemple d’avant-garde de la stratégie du parti : le désastre de Berlin. En août 2010, Die Linke s’est effondré aux élections du Sénat de Berlin. En dix ans de participation au gouvernement de Berlin, le parti chuta, passant de 22,3 % à 11,5 %.

Pendant dix longues années, une coalition gouvernementale SPD-Die Linke géra la capitale allemande. Elle ferma de nombreuses crèches, sabra les indemnités sociales et privatisa 122 000 appartements sociaux. Die Linke vota la privatisation partielle du système berlinois de tramways, fit campagne contre la parité nationale des salaires pour les travailleurs du secteur public (qui gagnent toujours considérablement moins à l’est) et s’exprima contre les efforts pour ramener à la propriété publique la société approvisionnant Berlin en eau. Elle contribua également à privatiser une partie du principal hôpital de Berlin — ce qui allait se traduire par une dégradation des conditions de travail et une diminution des salaires.

Mathias Behnis, politologue et porte-parole du Front de résistance contre la privatisation de la société berlinoise de distribution d’eau, et Benedict Ugarte Chacón, politologue et porte-parole de l’Initiative berlinoise contre le scandale bancaire, établirent un bilan particulièrement noir dans le journal Junge Welt du 20 août 2011[13]. La coalition SPD-PDS (à l’époque, il s’agissait encore du PDS qui, plus tard, allait participer à la création de Die Linke) fit savoir clairement dès le début en 2002 quelle voie elle emprunterait, en approuvant une garantie de risque pour la Bankgesellschaft Berlin. Elle reprit les risques d’un fonds immobilier créé par la banque pour un montant de 21,6 milliards d’euros. Depuis, la Région de Berlin gère les pertes annuelles de cette banque. Le PDS était d’accord pour garantir les gains des actionnaires de ce fonds à l’aide d’argent public.

Dans un même temps, il mena une politique budgétaire stricte au détriment, par exemple, des allocations aux aveugles en 2003, ou du billet social pour les transports publics urbains en 2004, après que le gouvernement fédéral eut supprimé les subsides. D’énormes protestations sociales furent nécessaires pour réintroduire ce billet social, mais à un prix bien plus élevé.

Les crèches et les universités ne furent pas épargnées. Ceci déclencha de véhémentes protestations parmi les étudiants et le congrès de parti du PDS, le 6 décembre 2003, dans le luxueux hôtel Maritim dans le centre de Berlin, dut être protégé des étudiants par la police anti-émeute, qui fit évacuer la rue avec brutalité.

En mai 2003, les parents furent obligés de participer jusqu’à concurrence de 100 euros dans l’achat des manuels scolaires.

Die Linke à Berlin est également responsable de la détérioration de la situation de milliers de locataires. En mai 2004, le gouvernement régional de Berlin a vendu, au prix avantageux de 405 millions d’euros, 65 700 maisons de la société publique de logement GSW à un consortium auquel appartenaient le Whitehall-Fund de la banque d’investissement Goldman Sachs et la société d’investissement Cerberus. En 2010, il permit à ces sociétés d’entrer en Bourse et de transformer des milliers de logements berlinois en objets de spéculation.

Il supprima également les allocations aux propriétaires qui louaient leur maison à un loyer social, sans se soucier le moins du monde de ce qui allait advenir des locataires. Dans les anciens appartements naguère bon marché, occupés surtout par des travailleurs à bas salaires et des chômeurs, les loyers augmentèrent de 17 %.

L’eau se mue en marchandise

En 1999, l’ancien gouvernement avait vendu 49,9 % de l’ancienne société de distribution d’eau berlinoise à RWE et à Vivendi (Veolia). Le PDS obtint le poste de ministre de l’Économie en 2002, mais n’apporta aucun changement. Le prix de l’eau augmenta de 33 %. Sous l’ancien gouvernement, le PDS avait fait campagne contre la privatisation partielle de l’eau. Mais le ministre PDS, Wolf, fit exactement ce contre quoi il s’était battu : il garantit les bénéfices des actionnaires privés et tira lui-même profit des prix élevés de l’eau.

Dans l’accord de coalition de 2006, Die Linke et le SPD avaient parlé de s’atteler au retour de la société de distribution d’eau à l’autorité municipale. Mais rien ne fut fait. Pire encore, ils s’opposèrent par tous les moyens à un large mouvement extraparlementaire en faveur de la publication de l’accord secret de privatisation de la société de distribution d’eau. Plus de 666 000 personnes réclamèrent que cela fasse l’objet d’un référendum. La coalition fit campagne contre ce référendum. Le référendum obtenu, force leur fut de l’accepter, mais ils continuèrent à s’opposer à toute initiative légale de la population.

Tout ce qu’ils purent dire pour leur défense, ce fut l’éternelle rengaine des sociaux-démocrates : « Sans nous, c’eût été pire. » Non, cela aurait été exactement pareil, ou même mieux, parce que leur participation paralysa une partie du potentiel de résistance.

Après avoir été évincés aux élections, ils se plaignirent de n’avoir pas été en mesure d’imposer leurs points de vue au SPD. Il y eut des « restrictions à la liberté de mouvement », dit le dirigeant du parti, Klaus Lederer. Naturellement, mais quand vous promettez d’entrer dans un gouvernement pour changer les choses, vous ne devez pas être surpris si les gens vous demandent ce que vous avez changé, en fin de compte.

Dans les gouvernements régionaux du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et du Brandebourg, tout comme à Berlin, le parti participa aux restrictions et aux fermetures.

Néanmoins, le congrès d’Erfurt conclut que la participation au gouvernement avait du sens.

C’est à peine si la participation à des gouvernements locaux et même fédéraux est encore aujourd’hui mise en question au sein du parti. L’aile droite de la direction a même tiré parti des mauvais résultats récents pour réclamer que le parti renonce à son « désir de rester dans l’opposition ». Il devrait déclarer ouvertement son intention de chercher à participer à tous les niveaux de gouvernement, particulièrement avec son « partenaire naturel de coalition », le SPD. Dietmar Bartsch, l’un de ses principaux porte-parole, est soutenu par le parti dans la totalité des cinq Länder de l’est, où l’organisation a beaucoup plus de membres. À l’Est, la participation au gouvernement est aujourd’hui devenue la norme.

Oskar Lafontaine, qui est considéré comme représentant la gauche du parti, ne s’est jamais opposé à ce que le parti s’embarque dans des coalitions au pouvoir — que du contraire. C’est un keynésien et il rêve d’un genre d’État providence socialement limité au niveau national. Retour aux années 70. Lui et ses partisans ne cessent de formuler les « principes » ou des « conditions » qu’il faudrait remplir pour participer au gouvernement.

 « Nous ne pouvons laisser le SPD et les Verts gouverner seuls. Le social n’est possible qu’avec nous », tel était l’intitulé du principal texte de la direction du parti lors de son congrès de Rostock en 2010. « Die Linke peut gouverner, même mieux que les autres. Et nous, dans le Mecklenburg-Vorpommern, nous avons des idées très claires sur ce qui devrait s’améliorer et comment le réaliser », a déclaré Steffen Bockhahn, président régional de Die Linke dans le Land Mecklenburg-Vorpommern, à ce congrès[14]. « Nous devons avoir des alternatives à la coalition CDU-FDP », ont dit les dirigeants du parti. Comme si le SPD et les Verts n’étaient pas d’accord pour faire payer la crise aux travailleurs ! Il n’y a plus aujourd’hui de critique acerbe à l’encontre de ces partis.

Die Linke affirme qu’elle combine les protestations sociales et politiques, élaborant des alternatives possibles et des réalisations politiques dans le cadre du gouvernement. Mais il est clair qu’il n’y a pas aujourd’hui de rapport de forces rendant possible d’exercer sur les gouvernements une pression telle qu’ils seraient forcés de réaliser d’importantes réformes en faveur du peuple. La seule conséquence de la participation gouvernementale, c’est qu’elle paralyse les mouvements de masse et qu’elle les intègre au système, comme nous l’avons vu à Berlin.

Les expériences de la participation communiste dans les gouvernements européens ont prouvé que cette participation n’arrêtait pas les privatisations, la régression sociale, ni même la participation à des guerres impérialistes. Ces expériences ont ébranlé la confiance dans les partis qui ont participé à ces gouvernements et elles les ont amenés à montrer qu’ils n’étaient guère différents de n’importe quel autre parti. La participation à un gouvernement bourgeois où les monopoles capitalistes dominent affaiblit les forces anticapitalistes.

En Grèce

Néanmoins, certains partis refusent de tirer les leçons de telles expériences. Ils prouvent qu’ils sont devenus de véritables partis sociaux-démocrates, prêts à remplacer les anciens, aujourd’hui discrédités.

En Grèce, plus la possibilité d’une victoire électorale semblait réaliste, plus la section locale du Parti de la Gauche européenne, Syriza, a rendu son programme le plus acceptable possible pour la direction de l’UE et la bourgeoisie grecque. Son programme gouvernemental[15] fut présenté comme un « plan pour mettre fin à la crise ». « Il s’agit d’unir le peuple autour du programme gouvernemental de Syriza visant à libérer la Grèce de la crise, de la pauvreté et de sa mauvaise réputation. » Nulle part, le système capitaliste n’est mentionné comme cause de la crise : il n’est fait état que de la gestion « néolibérale ». Le programme est présenté comme socialement et fiscalement équitable. Il promet l’annulation des mesures les plus insupportables et antisociales, la hausse du salaire minimal, la restauration de l’ancien niveau de protection contre le chômage et la maladie. Il promet de supprimer les taxes spéciales sur les bas et moyens revenus. Mais ce plan n’appelle qu’à la « stabilisation des dépenses primaires autour d’un minimum de 43 % du PIB, contre les 36 % du mémorandum, et d’un maximum de 46 % du PIB ». Ceci ne fera que ramener la Grèce dans « l’actuelle moyenne au sein de la zone euro ». C’est un programme qui ne va jamais au-delà du cadre capitaliste. « Nous organiserons la relance de la production du pays avec d’importantes impulsions visant à soutenir le développement d’industries compétitives. » Il ne promet que de geler la privatisation des entités publiques d’importance stratégique qui étaient encore publiques en 2010, quand la crise a éclaté. Sur la question de la dette, le programme cherche un compromis avec la bourgeoisie de l’UE au pouvoir. Il est loin en dessous du programme en dix points de Syriza pour les élections du 6 mai, qui appelait à « un moratoire sur le service de la dette, des négociations en vue d’annuler certaines dettes (pas la dette, comme le KKE le demandait) et la régulation de la dette restante pour inclure des provisions pour le développement économique et l’emploi[16] ». Le 8 mai, après les premières élections, Alexis Tsipras, le dirigeant de Syriza, a présenté un programme en cinq points comme base pour la formation d’un « gouvernement de gauche ». Là nous ne trouvons plus que « la création d’une commission d’audit internationale pour enquêter sur les causes du déficit en Grèce, avec un moratoire sur le service de la dette en attente de la publication des résultats de l’audit »[17].

Avant les nouvelles élections du 17 juin, son « programme de gouvernement » se limite à dénoncer des emprunts (négociés avec la Troïka) afin de remplacer leurs conditions par « d’autres qui ne mettront pas en question la souveraineté nationale de la Grèce et la survie économique de notre pays. Des conditions telles que la priorité dans le remboursement des prêts ou la saisie de la propriété de l’État, accordée aux créditeurs par le mémorandum, ne seront pas acceptées sans condition… » Il n’y a pas de revendication radicale visant à faire payer les responsables de la crise (les bourgeois grecs et européens et autres banques…), ni de moyen d’imposer ces mesures. Tout sera négocié. Le programme n’entend pas imposer « l’annulation du régime fiscal zéro pour les armateurs et l’Église », mais « chercher un accord » avec le secteur de l’industrie maritime afin de supprimer les 58 exemptions. Rien n’est dit sur la création d’un gouvernement capable d’imposer ces mêmes mesures. Il veut « amener le niveau des taxes au niveau du reste de l’UE », où la totalité du fardeau repose sur les épaules de la population laborieuse. Nulle part il n’est question du contrôle de l’administration ou du système économique par les travailleurs. Qui va contrôler les patrons, les banquiers ? Rien sur la police, sur l’armée. Syriza reste au sein de l’Otan, de l’UE.

Les dures leçons du passé

Les expériences confirment les positions de Marx, de Lénine et de la Troisième Internationale à ce propos. Ils rejettent tous la participation, à l’exception d’une situation où le fascisme constitue une réelle menace, dans le cas d’une situation où il peut s’agir d’une transition vers un gouvernement réellement révolutionnaire, c’est-à-dire dans des situations prérévolutionnaires avec de très importantes luttes de classe et un équilibre du pouvoir favorable (comme le Chili au début des années 1970, le Portugal en 1975…). Dans ces situations, il est possible que nous devions sceller des alliances avec des forces qui représentent les couches non prolétariennes, mais qui sont également opprimées par les monopoles ou menacées par le fascisme ou des belligérants extérieurs. Mais cela uniquement à condition que ce pouvoir évolue ou veuille évoluer vers la démocratie populaire et le socialisme, vers un État différent contrôlé par les travailleurs. Ce n’était pas le cas au Chili, où la réaction massacra socialistes et communistes en les mettant dans le même sac.

Le gouvernement des travailleurs, tel qu’il est proposé par la Troisième Internationale, est compris comme « le front uni de tous les travailleurs et une coalition de tous les partis des travailleurs, tant dans l’arène économique que politique, pour lutter contre le pouvoir de la bourgeoisie et, finalement, pour la renverser ». « Les tâches les plus fondamentales d’un tel gouvernement de travailleurs doivent consister à armer les travailleurs, à désarmer les organisations contre-révolutionnaires bourgeoises, à introduire le contrôle de la production (par les travailleurs), à faire passer le principal fardeau de la taxation sur les épaules des riches, et à briser la résistance de la bourgeoisie contre-révolutionnaire[18]. »

Un tel gouvernement des travailleurs n’est possible que s’il naît des luttes des masses elles-mêmes et s’il est soutenu par les organisations militantes des travailleurs[19].

Ceux qui justifient une coalition avec les partis politiques bourgeois dans les institutions parlementaires utilisent souvent les écrits de Dimitrov sur le front uni contre le fascisme. Il est vrai que Dimitrov critiqua les gens qui refusaient la politique de front uni contre le fascisme, mais selon Dimitrov, le front populaire antifasciste doit se créer sur base d’un front uni des travailleurs. Il demande qu’un gouvernement de front populaire prenne des mesures révolutionnaires, anticapitalistes : il peut surgir « une situation telle que la formation d’un gouvernement de front unique prolétarien ou de front populaire antifasciste devienne non seulement possible, mais indispensable dans l’intérêt du prolétariat. […] Nous exigeons de lui qu’il mette en pratique des revendications révolutionnaires radicales, déterminées, répondant à la situation. Par exemple, le contrôle de la production, le contrôle des banques, la dissolution de la police, son remplacement par la milice ouvrière armée, etc.[20] »

Dimitrov mettait en garde contre le fait que « maintenir un front populaire en France ne signifie pas, et de loin, que la classe ouvrière va soutenir l’actuel gouvernement[21] à tout prix […]. Si, pour une raison ou une autre, le gouvernement existant se montre incapable de faire passer le programme du Front populaire, s’il adopte la ligne de la retraite devant l’ennemi, chez soi et à l’étranger, si sa politique affaiblit la résistance à l’offensive fasciste, alors, la classe ouvrière, tout en continuant à resserrer les liens du Front populaire, tendra à provoquer la substitution d’un autre gouvernement à l’actuel […][22]. »

C’est ce qui arriva, et le PCF mit trop de temps à le comprendre. En 1936, après une victoire électorale des partis de gauche, le gouvernement Blum des socialistes et des radicaux fut formé, soutenu de l’extérieur par le PCF. Une énorme vague de grèves exerça une pression sur le gouvernement afin de le forcer à satisfaire les revendications que l’on retrouvait dans le programme du Front populaire. Mais, pour reprendre les termes de son chef, ce gouvernement ne se fixa comme objectif que de trouver une façon de « procurer un soulagement suffisant à ceux qui souffrent » dans le cadre de la société telle qu’elle existait. Pour Blum, la mission du Front populaire consistait à « ménager la société bourgeoise » et d’en extraire « un maximum d’ordre, de bien-être, de sécurité et de justice ». Dans ces conditions, l’impact négatif de la participation au gouvernement a considérablement augmenté. Les administrations « de gauche » présidant au système capitaliste ont historiquement démoralisé et démobilisé la classe ouvrière, et ouvert la voie à des partis et des gouvernements conservateurs et même d’extrême droite.

Le gouvernement Blum fut déboulonné deux ans après et deux ans supplémentaires allaient suffire pour que les capitalistes français prennent leur revanche et reviennent sur les concessions qu’ils avaient faites. À l’initiative du Parti socialiste, le gouvernement dirigé par le leader du Parti radical, Daladier, déclara le PC illégal le 21 novembre 1939 et les représentants de ce dernier passèrent en jugement. Le 7 juillet 1940, les mêmes représentants radicaux et socialistes votèrent la confiance au gouvernement traître de Pétain.

Même dans les périodes où une participation au gouvernement peut mener à la phase de la lutte ouverte pour le socialisme, la plus grande vigilance est de mise.

En septembre 1947, lors d’une réunion où étaient présents des membres du nouvel organe de coordination des partis communistes après la Seconde Guerre mondiale — le Kominform[23] — les participants critiquèrent la ligne opportuniste du PCF et du PCI dans leur politique de front uni durant l’occupation et leur participation au gouvernement par la suite.

Il était dans l’intérêt de la bourgeoisie de coopérer avec les communistes pendant et après la guerre, parce qu’elle était faible. Les communistes auraient dû tirer avantage de cette situation pour occuper des positions clés, mais ils ne le firent pas. Au lieu de conquérir un soutien de masse afin de prendre le pouvoir, ils désarmèrent les masses et semèrent des illusions à propos de la démocratie bourgeoise et du parlementarisme.

Au lieu de créer une unité antifasciste à partir de la base, avec la création d’instruments émanant des masses, rassemblant toutes les tendances qui étaient réellement prêtes à suivre la voie de la lutte pour un pouvoir révolutionnaire, les dirigeants du PCF et du PCI ont commis l’erreur de construire un front au sommet, sur la base d’une représentation égale de différents partis, alors que l’objectif des partis bourgeois était d’empêcher la transformation réelle du pays. Pour mener cette politique, les dirigeants du PCF et du PCI ont prétexté que toute revendication autre que celle de la libération nationale, toute revendication de changements démocratiques radicaux et révolutionnaires aliènerait au front antifasciste un certain nombre de groupes sociaux et de forces politiques.

La réunion critiqua le PCF pour avoir permis et même facilité le désarmement et la dissolution des forces de la Résistance sous le prétexte que la guerre n’était pas terminée et qu’une action contre la politique de De Gaulle aurait abouti à une confrontation avec les Alliés. Cette conception facilita la tâche des impérialistes soucieux de reconquérir leurs positions d’avant la guerre. Cela créa des illusions à propos de la « démocratie » des impérialistes et de leur capacité à aider à la reconstruction, sans autres objectifs, des nations qui avaient été libérées du fascisme.

Globalement, les délégués à la Conférence leur reprochèrent de persévérer dans les illusions d’une voie parlementaire vers le socialisme et de les propager parmi les masses au lieu de mobiliser ces dernières contre la politique proaméricaine de leurs gouvernements et pour une alternative vraiment révolutionnaire[24].

Aujourd’hui moins que jamais

La première question reste : quel est le caractère de la société dans laquelle un parti communiste veut participer à un gouvernement ? C’est un État capitaliste. Sa base économique est le capitalisme et sa tâche est par conséquent de gérer le capitalisme, de protéger et de créer des conditions favorables à la réussite du développement du capitalisme. Cet État a adopté une constitution et des lois, des règles et des réglementations qui servent l’objectif qui vise à garantir l’ordre constitutionnel, à créer les conditions pour le développement du capital et pour empêcher les conflits au sein même de la société.

La politique hostile aux travailleurs dans ces États ne relève pas de mauvais politiciens ni de mauvais partis avec de mauvais programmes. Aussi longtemps que la propriété privée des moyens de production règnera, que les entreprises devront se faire concurrence pour survivre, elles vont devoir accumuler, accroître leurs bénéfices, réduire les salaires, refuser les revendications sociales. À cette loi ne peuvent s’opposer de « bons » politiciens au gouvernement avec des idées et des programmes « corrects ».

Le capitalisme d’aujourd’hui ne peut plus, comme l’espère Lafontaine, revenir à l’époque de ce qu’on a appelé l’« économie sociale de marché » avec partenariat social. Ce fut un épisode qui doit être replacé dans le contexte de la rivalité idéologique entre le socialisme et le capitalisme, de la force des partis communistes après la période de la Résistance, quand les revendications pouvaient être prises en compte à partir des profits de la phase de reconstruction de l’après-guerre.

Cela n’est plus possible et cela n’est d’ailleurs plus nécessaire dans la logique capitaliste. Les vingt-cinq millions de chômeurs officiels dans l’UE qui exercent une pression sur les salaires et les marchés de l’emploi aujourd’hui mondialement accessibles réduisent le prix de la main-d’œuvre. Le chômage de masse grève deux fois le budget social : les salaires en baisse apportent moins de rentrées dans les caisses de l’assurance sociale alors qu’il y a davantage de bénéficiaires à satisfaire à partir de ces fonds. L’effondrement du système de sécurité sociale n’est qu’une question de temps s’il n’y a pas un large combat visant à faire payer le capital. En outre, les rentrées des impôts en provenance des entreprises sont en baisse malgré les profits à la hausse ; des réductions d’impôt supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les capitalistes nationaux sur les marchés internationaux.

L’État capitaliste est là pour créer les conditions favorables à l’accroissement de la rentabilité des entreprises, pour créer pour elles de nouveaux marchés grâce à la privatisation et à la redistribution du revenu national en faveur des détenteurs de capitaux. Il est là pour faire taire ou réprimer la classe ouvrière nationale et pour garantir les intérêts du capital dans d’autres régions.

Ainsi, la participation à des gouvernements dans de telles conditions signifie uniquement la participation à la régression sociale, même si elle peut s’en trouver quelque peu ralentie. Cela signifie désarmer la résistance en donnant de faux espoirs au mouvement ouvrier.

D’anciens partis communistes ont choisi de participer au pouvoir, sachant souvent que cela signifiait gouverner dans l’intérêt du capital et prendre part à la destruction des acquis sociaux obtenus de haute lutte par le mouvement ouvrier.

La participation au gouvernement a contribué à démobiliser la résistance pourtant si nécessaire et le développement d’un contre-pouvoir. Aujourd’hui, pour modifier l’équilibre des forces de classe, nous devons nous unir pour une série de combats défensifs contre la régression sociale, afin de créer un mouvement politique indépendant des travailleurs et de ceux qui sont empêchés de travailler, et diffuser une conscience anticapitaliste croissante au sein du mouvement ouvrier.

La faiblesse de l’opposition communiste et de syndicats avec une claire orientation anticapitaliste est la principale cause de la domination agressive du capital dans la plupart des pays capitalistes.

Nous avons besoin d’un programme politique alternatif et nous devons nous battre pour ce programme. Il comprend des revendications immédiates, mais aussi le mot d’ordre l’abolition des rapports capitalistes de propriété. Ces revendications ne devraient pas être adressées à des partenaires potentiels au sein d’un gouvernement de gauche (qui n’existe pas), mais au mouvement ouvrier organisé et aux autres couches exploitées de la société. Elles devraient être adressées aux syndicats, à toutes sortes d’organisations populaires actives dans tous les domaines de la lutte sociale, démocratique, anti-impérialiste et culturelle.

La véritable question est de savoir comment les partis communistes vont se préparer aux batailles à venir, comment ils vont s’organiser pour être en mesure d’assumer efficacement la charge des nouvelles luttes de la classe ouvrière et de la population laborieuse au sens large. La crise pousse de larges couches de travailleurs à tourner le dos à la social-démocratie. Nous ne devons pas leur proposer une nouvelle social-démocratie rénovée. Ce qui est nécessaire, c’est un parti révolutionnaire qui prend en compte l’actuel niveau de conscientisation, qui fait siens les problèmes des petites gens, qui parle un langage accessible, qui cherche l’unité avec le groupe le plus large possible dans la lutte. Mais qui ne déroge pas à ses principes, qui maintient le cap vers une société où il n’y aura pas d’exploitation de l’homme par l’homme, une société sans propriété privée des moyens de production de base, une société dans laquelle les travailleurs seront réellement libres et avec un État qui protègera la liberté de la vaste majorité contre l’oppression par la minorité.

Herwig Lerouge (herwig.lerouge(at)teledisnet.be) est rédacteur en chef d’Études marxistes.


[1] « Socialism’s comeback », The New Statesman, décembre 2008,http://www.newstatesman.com/europe/2008/12/socialist-party-socialism?page=5.

[2] Fausto Bertinotti e.a., Tesi maggioranza (thèses de la majorité), V Congresso Nazionale, 2002, Partito della Rifondazione Comunista. Toutes les citations sur le PRCI proviennent de l’ouvrage « La classe ouvrière à l’ère des entreprises transnationales » de Peter Mertens, Études marxistesnuméro 72 (2005). (Ces thèses en italien : http://www.d-meeus.be/marxisme/modernes/Bertinotti63Tesi.html.)

[3] Partito della Rifondazione Communista. VI Congresso Nazionale. Relazione introduttiva del segretario Fausto Bertinotti.

[4] Partito della Rifondazione Comunista. VI Congresso Nazionale. Conclusioni del segretario Fausto Bertinotti.

[5] La Stampa, 4 mars 2005, p. 7, http://www.archiviolastampa.it/.

[6] Le Nouvel Observateur, 10 février 1984.

[7] Michael Scherer, Amy Paris e.a., « Campaign inflation », dans Mother Jones 400, mars 2001,http://www.motherjones.com/news/special_reports/mojo_400/index.html.

[8] Junge Welt, 8 avril 2004, http://www.jungewelt.de/2004/04-08/004.php.

[9] Parti de la Gauche européenne, « Manifeste du Parti de la Gauche européenne », 10 mai 2004.

[10] Ibid.

[11] United Nations Economic and Social Council, 20 May 2011. Concluding Observations of the Committee on Economic, Social and Cultural Rights. Germany. http://www.ag-friedensforschung.de/themen/Menschenrechte/deutsch-un.pdf

[13] Mathias Behnis et Benedict Ugarte Chacón, « Die Überflüssigen : Hintergrund. Harmlos, farblos und immer treu zur SPD. Zehn Jahre Regierungsbeteiligung der Linkspartei in Berlin — eine unvollständige Bilanz des Scheiterns », https://www.jungewelt.de/loginFailed.php?ref=/2011/08-20/024.php.

[14] Disput, juin 2010.

[20] Georgi Dimitrov, L’Offensive du fascisme et les tâches de l’Internationale communiste dans la lutte pour l’unité de la classe ouvrière contre le fascisme,http://actionantifasciste.fr/documents/analyses/28.html.

[21] Le gouvernement du Front populaire de socialistes et radicaux dirigé par Léon Blum, voir plus loin.

[22] Georgi Dimitrov, Œuvres choisies, t. 2, p. 160, Sofia Presse.

[23] C’est en 1943 que fut dissoute la Troisième Internationale. Après la défaite du fascisme, elle fut restaurée sous l’appellation de Kominform. Ce dernier ne s’est réuni qu’à trois reprises. Lors des sessions qui se tinrent du 23 au 26 septembre 1947 inclus, il fut discuté en détail de la situation en France et en Italie.

[24] Intervention de Djilas du 25 septembre 1947. Giuliano Procacci (red.), The Cominform : Minutes of the Three Conferences 1947/1948/1949, Milan, Fondazione Giangiacomo Feltrinelli & Russian Centre of Conservation and Study of Records for Modern History (RTsKhIDNI), 1994, pp 255-257. Cité dans Peter Mertens, « La classe ouvrière à l’ère des entreprises transnationales »,Études marxistes 72 (2005).

 

Voir les commentaires

« L’Occident joue avec le feu en Syrie »

25 Août 2013, 08:08am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Raimundo Kabchi est avocat et un bon connaisseur des questions internationales. Libanais de par sa naissance, depuis 52 ans sa patrie est le Venezuela, comme il le fait remarquer. Durant de nombreuses années, Kabchi a exercé en tant que conseiller du président Hugo Chavez pour les sujets liés au Proche Orient, ce qui fait de lui une référence pour se renseigner sur cette région du monde qui demeure agitée depuis assez longtemps.

 

Photo : Veronica Canino

Au cours de cette conversation avec Resumen Latinoamericano, Kabchi met en évidence la complexité des problèmes liés au Proche Orient. Mais il a le mérite d’analyser le monde arabe suivant une approche de gauche et anti-impérialiste, et en même temps d’expliquer ce qui se passe de façon simple et toujours en pointant du doigt le pays qui génère les conflits dans cette partie du monde : les Etats-Unis.

La crise interne qui dure depuis plus de deux ans en Syrie sera l’une des questions principales durant cette interview. Kabchi parlera aussi de la situation au Liban, pays dans lequel il existe un réel danger de contagion du conflit syrien, provoqué notamment par des groupes terroristes financés par Washington et ses alliés afin de renverser le gouvernement du président Bachar Al Assad. L’attitude de l’organisation politico-militaire Hezbollah, la réalité de l’Egypte, et les différences entre la Lybie et la Syrie seront aussi présentes dans ce dialogue éclairant.

 

 Quelle analyse peut-on faire sur la situation en Syrie, après plus de deux années d’agressions contre ce pays ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale. Premièrement : face aux plans impérial-sionistes et de la droite arabe, la Syrie fait partie d’un système que nous, au Moyen Orient, appelons un système de résistance. C'est-à-dire, elle résiste aux plans impérialistes, sionistes et de la droite arabe dans la région. Comment détruire ce pays pour ensuite s’occuper d’un autre maillon de la chaîne, formée par l’Iran, l’Irak après le départ des américains, le Liban, la Palestine, etc.

Deuxièmement, il y a un objectif constant pour l’Occident au Moyen Orient : l’existence, la sécurité et l’expansion de l’Etat d’Israël. La Syrie, comme l’Iran, s’avère être un obstacle pour atteindre ce but.

Troisièmement, il y a l’exploitation des richesses nationales dans le monde arabe, et la Syrie est également un obstacle sur le chemin. Le pétrole, le gaz, les pétrodollars qui sont recyclés pour les sociétés occidentales, accablées par une crise économique structurelle et internationale. La Syrie représente aussi un chaînon manquant dans la chaîne que les Etats-Unis et l’Otan veulent construire face à la Russie et la Chine. Si l’on jette un coup d’œil à la carte du monde, on trouvera une chaîne de bases militaires qui s’étendent depuis la mer de Barent jusqu’à la Turquie, et ensuite elle atteint le Golfe Persique. Si l’on regarde vers l’Orient, on voit les Philippines, la Corée du Sud, Taïwan, Guam, et même le Japon. L’ensemble de la chaîne se trouve brisée, en quelque sorte, par la Syrie, le Liban, l’Iran et l’Irak. En détruisant la Syrie, on crée pratiquement un système complet de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ce n’est pas la peine d’expliquer pourquoi les Etats-Unis veulent encercler la Russie et la Chine, des pays considérés émergents dans le monde. Emergents dans un moment où l’impérialisme occidental, néolibéral et capitaliste se trouve en déclin. Ce sont quelques-unes des raisons fondamentales expliquant comment cette Syrie courageuse, avec l’unité de ses dirigeants, de l’armée et du peuple, a réussi à tenir tête à une conjuration internationale de presque trente pays du monde, et à un terrorisme international que l’Occident dit combattre, mais qu’en réalité il encourage, arme, en lui offrant une couverture et une légitimité en Syrie.

 

Comment peut-on expliquer cette unité du gouvernement, du peuple et de l’armée en Syrie ?

J’accuse l’opposition vénézuélienne d’être toujours prête à extrapoler des circonstances d’autres pays, d’autres situations spécifiques et d’autres réalités, au Venezuela et de les encourager, bien que les conditions ne soient pas les mêmes. C’est l’une des erreurs de l’Occident par rapport à la Syrie. Ils ont pensé que la Syrie et la Libye représentaient la même chose, et que la Russie et la Chine auraient une attitude faible, comme cela fut le cas en Libye. Or, Mouammar Al Kadhafi n’est pas Bachar Al Assad, la Libye n’est pas la Syrie, et la situation internationale de la Syrie est différente aussi.

Kadhafi fut la victime de ses propres erreurs, provoquées par ses fils. Les dernières années de sa vie, Kadhafi suivit une orientation politique conduite par ses fils, notamment par Saif Al Islam.

Il ouvrit les portes à l’Occident, augmenta ses échanges avec les Etats -Unis de 300 millions de dollars à presque 7 milliards de dollars, il ouvrit ses portes aux pays de l’Otan en Europe.

Pas seulement en fournissant du pétrole mais également en offrant de l’argent aux candidats présidentiels et premiers ministres européens, ce que tout le monde sait aujourd’hui.

Si cela ne suffisait pas, le pétrole que Kadhafi avait nationalisé dans les années soixante, fut mis à nouveau à la disposition des grands consortiums internationaux. Il y eut une double rupture en ce qui concerne la réalité dans ce pays. D’abord, il y eut une rupture entre le Kadhafi du vingt-et-unième siècle et celui du vingtième. Ensuite, une rupture par rapport à son parcours politique : le Kadhafi nationaliste, progressiste et rassembleur fit place à un pragmatisme en politique internationale. Et l’impérialisme ne pardonne pas, n’a pas d’amis, l’impérialisme a des vassaux ou des ennemis. Il utilise son vassal comme un objet jetable et il fait tout pour détruire son ennemi.

En Syrie, la situation est différente, en raison de sa position historique, par le parcours du parti au gouvernement, du président, de l’armée et du peuple. Vingt-huit mois de résistance à une offensive internationale des pays les plus dangereux - ainsi que des groupes terroristes - que l’histoire et le genre humain aient jamais connus, c’est la meilleure preuve qu’en Syrie il y a quelque chose de différent que l’on ne retrouve pas ailleurs.

 

Comment expliquer la position des Etats-Unis et de leurs alliés européens face à ce qui se déroule au Moyen Orient ?

Comment comprendre le fait que l’Occident partage quelque chose avec des pays qui n’ont jamais eu de Constitution fixant leurs réalités, qui n’ont pas de partis politiques d’opposition et non plus au gouvernement, n’ont pas de syndicats, où les droits de l’homme ne sont pas respectés ? Ce sont ces pays qui sont les alliés de l’Occident, du même Occident qui dit vouloir apporter la démocratie au Moyen Orient. Comment comprendre cela et comment l’expliquer ?

 

Parlez-vous des monarchies du Golfe Persique ?

Je parle d’une série de monarchies ou dictatures imposées par les Etats Unis et l’Otan au Moyen Orient durant les dernières cinquante années. Comment considérer Israël comme un modèle et un exemple de démocratie et de civilisation tandis que c’est un pays complètement agresseur, belliqueux, raciste, exclusiviste et excluant ?

Pourtant, le Palestinien qui essaie de retourner dans sa patrie et qui voudrait avoir droit à la même résolution des Nations Unies qui accorda un permis de vivre à Israël, et qui aurait dû être accordé aussi aux Palestiniens, est persécuté, traité en tant que terroriste et assassiné par Israël. Et l’Occident soutient cela.

C’est difficile à admettre, mais ces valeurs et ces principes sont complètement disparus, pas seulement dans les territoires du Moyen Orient, mais aussi dans les médias internationaux. Comment est-il possible que des gouvernements occidentaux, comme celui d’Obama, de Sarkozy à l’époque, de Cameron, de Merkel, puissent dire à un pays que son chef d’Etat, élu par le peuple, est illégitime et qu’il doit partir ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale où l’on fait appel à tout, sauf à la démocratie, aux libertés publiques et aux droits de l’homme, parce que, au cours des derniers vingt-huit mois qui se sont écoulés depuis le début de l’agression à la Syrie, l’on ne trouve pas un pays au Moyen Orient qui ait avancé autant de réformes constitutionnelles, autant de transformations en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques, comme le gouvernement syrien. Qui a eu accès à ces informations ? Qui a dit au gouvernement syrien : « C’est bien fait, c’est un geste fort pour une meilleure démocratie », celle qu’ils prétendent apporter ? Personne.

 

Les combats en Syrie peuvent-ils se déplacer au Liban ?

Depuis les premiers jours de l’agression internationale en Syrie tout le monde a prévenu l’Occident : jouer avec le feu en Syrie pourrait enflammer les pays voisins, surtout la Turquie, qui s’est embourbée dans le terrain marécageux de l’agression contre la Syrie. On nous avait prévenus : ce qu’ils essaient de mettre en place en Syrie, c’est le gouvernement des Frères Musulmans, ces islamistes récalcitrants qui ne connaissent de l’Islam que le nom, pour s’en servir dans leurs tentatives de prendre le pouvoir.

Est-ce le fruit du hasard ? Ceux qui avaient dit que le président Assad allait durer deux ou trois semaines et qu’il partirait, sont partis les premiers ? Comme Madame Clinton ? Ou comme Monsieur Sarkozy, rejeté par le peuple français ? L’Europe et la Turquie, et le problème qui existe dans ce pays, qui menace d’augmenter en proportion, dû à son importance par la proximité des centres de décision européens, peuvent également être atteints par les flammes de la guerre et de la confrontation. L’un des objectifs de la conjuration en Syrie c’est d’affaiblir l’organisation nationaliste de résistance au Liban, le Hezbollah. Une organisation qui ne commit jamais un seul acte terroriste, qui a seulement résisté à un Israël agresseur.

Pourtant, ces grands civilisateurs et démocrates de l’Occident considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste. Quelle est sa faute ? Repousser l’agression israélienne. L’agresseur devient un civilisateur démocrate et l’agressé passe pour le méchant terroriste. Voici le regard de l’Occident sur les peuples du Moyen Orient. La vérité c’est que les gouvernements qu’ils avaient imposés au Moyen Orient, comme en Egypte, sont tombés en moins d’un an. En Libye, il y a une angoisse totale, les pays du Golfe ont leurs propres problèmes, des changements structurels.

 

Pensez-vous que le Hezbollah aura un rôle décisif pour contenir l’arrivée des terroristes au Liban ?

Les problèmes au Moyen Orient sont très complexes et il faut être très familiarisé avec les sujets. Je suis Libanais chrétien et en même temps je suis du côté du Hezbollah, non pas parce qu’ils l’accusent de terrorisme, mais pour sa lutte de libération au Liban. Après avoir libéré notre territoire, nous les Libanais pouvons continuer à vivre comme nous vivons depuis des milliers d’années.

Mais il y a un danger imminent pour le Liban, venant de ceux qui disent qu’ils veulent l’apaisement et le calme au Moyen Orient. Mon pays d’origine était un exemple de démocratie au Moyen Orient et ils y apportèrent le chaos. Comment est-il possible qu’un terroriste aux Etats Unis soit un terroriste, de même que dans le Sud de la France c’est un terroriste, et au Nord du Mali c’est un terroriste, et qu’il faille le combattre en tant que tel ? Mais, dès que ces terroristes se trouvent au Liban et qu’ils sont en train de menacer, pas le Hezbollah, mais notre pays, la Syrie et d’autres nations…pourquoi les aide-t-on ?

Au nom de quels principes moraux, de quels droits, de quel humanisme les aider ? Alors, l’impérialisme nous traite comme il l’a toujours fait, pas seulement en tant que ses vassaux, mais comme des eunuques intellectuels. Alors, par l’intermédiaire de sa presse et de ses cinquièmes colonnes dans nos sociétés, l’on nous vend le noir et le blanc, ou le blanc et le noir. Au Liban, il y a un danger imminent de la part des terroristes, ces mêmes terroristes qui agissent aujourd’hui en Egypte, en Syrie, en Irak. Ils vont tenter de détruire le Liban, la Turquie, la Jordanie, ou encore beaucoup d’autres pays si l’Occident ne change pas sa stratégie et son agenda au Moyen Orient. Ces terroristes ne travaillent pas seuls. Depuis l’Afghanistan, à l’époque de l’Union soviétique, jusqu’à aujourd’hui, ces terroristes sont protégés, aidés, armés, financés et assistés médiatiquement, avec pour but de massacrer et de faire tomber des gouvernements qui ne sont pas fidèles aux intérêts de l’Occident, que ce soit au Moyen Orient, en Amérique latine, ou dans le monde entier.

 

Les Etats Unis et leurs alliés ont-ils une notion du danger réel de cette situation ? 

L’Occident, qui est dans l’erreur dans sa politique au Moyen Orient, se rend compte qu’il est en train de jouer avec le feu dans une région qui regorge de pétrole inflammable et du pétrole qui est la garantie pour résoudre les problèmes économiques de l’Occident. Aujourd’hui, plus personne ne parle du départ de Bachar Al Assad, plus personne ne parle d’une victoire de ces terroristes internationaux protégés par l’Occident. Que disent-ils, Obama et Kerry, Cameron et les autres ? Qu’est-ce ce qu’ils demandent à présent pour la Syrie ? Continuer à armer et envoyer de l’aide aux terroristes afin d’obtenir un équilibre sur le terrain, pour que ces représentants du terrorisme international aient une carte afin de peser sur la table de négociations… Revenir à ce qu’a proposé le gouvernement syrien au début du conflit. L’on ne peut faire face au problème syrien avec des armes, de la destruction et du sang. La Syrie doit trouver une solution, d’abord entre les Syriens, et ensuite, à caractère politique et pacifique.

 

Comment pourrait-on expliquer les facteurs qui interviennent aujourd’hui en Egypte ?

Aujourd’hui en Egypte, on ne retrouve pas ces facteurs. Si l’on veut une analyse sincère, profonde et objective, on doit dire qu’en Egypte il existe deux courants, comme on les retrouve dans n’importe quel pays du Proche Orient. Il existe un courant qui souhaite servir les intérêts de l’Occident, des gens qui sont présentés comme libérateurs et démocrates, ce qui est loin d’être vrai.

Et puis, il y a les forces nationalistes qui prônent la souveraineté, l’indépendance, la liberté, la revendication des richesses nationales au profit du peuple. Combien de fois a-t-on appris que ce gouvernement acquis à l’Occident, celui de Moubarak, qui dura trente années, avait laissé le pays avec plus de 50% de la population en dessous du seuil de la pauvreté ? Qui permit aux Frères Musulmans de prendre le pouvoir ? Cette organisation fut créée en Egypte en 1928. Après quatre-vingt-cinq ans d’une très mauvaise opposition partout dans le monde arabe, ils arrivent au pouvoir. Ce qu’ils avaient réussi à faire échouer durant quatre-vingt-cinq ans d’opposition, ils l’ont mis en place en douze mois : ils ont augmenté la pauvreté, l’analphabétisme, l’économie est tombée, ils se sont occupés d’éliminer l’un des revenus les plus importants de l’Egypte qui est le tourisme…Quand on lit les déclarations de Kerry, on se pose des questions. Kerry a dit que l’armée a dû intervenir afin de redresser la démocratie en Egypte.

Ils auraient pu empêcher leur laquais, Monsieur Morsi, de mettre en œuvre une politique complètement biaisée, avec une Constitution complètement opposée à la sensibilité de l’écrasante majorité des Egyptiens. N’oublions pas que Morsi obtint, lors du premier tour électoral cinq millions et demi de voix, sur un total de cinquante-cinq. Lors du deuxième tour, il obtint onze millions, c'est-à-dire qu’il ne représentait pas la majorité pour faire cette Constitution taillée sur mesure et au service de son parti qui est excluant, à caractère islamique, mais d’un Islam qui n’a rien à voir avec le Coran. C’est un Islam rétrograde qui ne sert qu’aux intérêts politiques d’un secteur de la population.

Kerry et son gouvernement auraient pu empêcher ces manifestations massives qui ont rempli les rues, demander à Monsieur Morsi de mettre en place un gouvernement plus large, car les autres aussi ont des droits, que ce soient les nasséristes, les socialistes, les unionistes, des autres partis. En Egypte,l ? il existe deux façons de voir la politique interne et internationale. Une façon de voir la politique comme une soumission aux intérêts de l’Occident et un autre point de vue, celui de la plupart de la population, qui veut une Egypte souveraine, indépendante, qui puisse mettre au profit ses richesses nationales et surtout, revenir à son rôle historique de leadership au Moyen Orient, et d’équilibre dans une région pleine de contradictions et de conflits locaux.

Voir les commentaires

FRANCE: les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres

25 Août 2013, 08:04am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

LE-CAPITALaffiche--R.S.F.S.R.-1919-de-Viktor-DENI.jpg

Alors que la crise frappe de plein fouet l'ensemble des salariés et particulièrement les plus pauvres, en France, les grosses fortunes ont augmenté leur richesse de 25% en un an à peine. 

Avec une production annuelle supérieure à 1900 milliards d’euros, la France, cinquième puissance mondiale, n’a jamais été aussi riche de son histoire. Pourtant, depuis 1945, le pays n’a jamais compté autant de démunis avec plus de 8,6 millions de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté, soit plus de 14% de la population. Un rapport gouvernemental dresse ce constat alarmant et reconnait « la massification d’une précarité qui touche des ménages auparavant protégés. »

Les enfants et les jeunes en général sont les premières victimes de la pauvreté.  

« De plus en plus de jeunes adultes et d’enfants ne connaissent que la pauvreté comme condition d’avenir », admet le gouvernement français de François Hollande. En effet, deux nouveaux pauvres sur trois, c’est-à-dire 65%, sont des enfants de moins de 18 ans. La pauvreté des mineurs atteint 19,6%. Au total, 2,7 millions d’enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, 21,9% des 18-24 ans, soit plus d’un million de jeunes, vivent dans le dénuement. La situation est encore plus dramatique au sein des zones urbaines sensibles (ZUS) où 49% des enfants et 42,5% des 18-24 ans vivent au sein d’un ménage pauvre.

Par ailleurs, 12% des jeunes ne disposent pas d’un diplôme et chaque année, plus de 130 000 sortent du système scolaire sans aucune qualification. Plus de 10% des jeunes âgés de 17 ans présentent des difficultés de lecture.

Les femmes âgées de plus de 75 ans sont également les plus vulnérables au dénuement matériel.

En effet, 14,1% d’entre elles vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le gouvernement reconnait que « la situation des femmes de plus de 75 ans s’[est] significativement détériorée ».

Il en est de même pour les familles monoparentales, au sein desquelles le chef de famille est majoritairement une femme. Près de 32,2% d’entre elles sont confrontés à la pauvreté, soit un total de plus de 1,8 millions de personnes.

Posséder un emploi ne constitue pas un rempart contre la pauvreté. Ainsi, près d’1,5 million d’actifs, soit 6,2% des travailleurs, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Plusieurs facteurs, tels que la précarité de l’emploi, la faiblesse du temps de travail, le niveau des salaires, expliquent cette situation.

Chez les immigrés en situation régulière, le taux de pauvreté dépasse les 40%.

Le rapport note que « les personnes immigrées restent les plus exposées au risque de pauvreté monétaire ».

A la pauvreté s’ajoute l’extrême pauvreté (moins de 40% du niveau de vie médian de 1605 euros) qui frappe 2,1 millions de personnes, soit 3,5% de la population française. Les autorités reconnaissent que « les situations d’extrême pauvreté s’étendent depuis plusieurs années ». « La hausse du taux de pauvreté à 40 % […] témoigne également d’une détérioration de la situation des plus pauvres », selon le rapport.

A la pauvreté monétaire et à l’extrême pauvreté s’ajoute la pauvreté en conditions de vie.

Près de 12,6% des Français n’ont pas accès « aux principaux droits fondamentaux, comme l’accès à un logement, au système de santé, au système bancaire, au système éducatif ou à la formation ». Ainsi, 3,5 millions de personnes déclarent souffrir du froid dans leur logement, faute de pouvoir payer leur facture énergétique, et « 15% de la population métropolitaine déclare avoir renoncé à certains soins pour des raisons financières ». La fondation Abbé Pierre note qu’il existe 3,65 millions de personnes mal logées en France. Ainsi, au total, 26,6% de la population française souffre de pauvreté monétaire ou de pauvreté en conditions de vie.

En guise de conclusion, le rapport gouvernemental note avec sobriété que « seules les catégories les plus aisées échappent à la stagnation ou à la baisse du niveau de vie ». Il ne s’étendra pas sur le sujet et il y a une raison à cela.

Les riches sont de plus en plus riches

Si la grande majorité des Français souffrent de la crise économique, les catégories les plus aisées n’ont jamais été aussi riches. En effet, les 500 premières fortunes de France ont vu leur richesse globale croitre de plus de 25% en un an. Celle-ci s’établit désormais à 330 milliards d’euros et n’a jamais été aussi élevée. Elle a même augmenté de 300% sur les dix dernières années et représente désormais plus de 15% du PIB national et 10% du patrimoine financier du pays.

Ainsi, 0,000001% de la population possède 10% de la richesse nationale.

Autrement dit, 1/10e de la richesse se trouve entre les mains d’1/100 000e de la population.

Cette oligarchie financière compte 55 milliardaires, soit 10 de plus que l’année précédente. Le plus pauvre de 445 millionnaires dispose de 64 millions d’euros de patrimoine. Le top 10 du classement a vu sa richesse augmenter de 30 milliards d’euros en à peine un an pour atteindre 135 milliards d’euros.

  • => Bernard Arnault, PDG de LVMH, dispose d’une fortune de 24,3 milliards d’euros, en hausse de 3,1 milliards par rapport à l’année précédente.
  • => Liliane Bettencourt, héritière de l’Oréal, présente un patrimoine de 23,2 milliards, en augmentation de 7,9 milliards.
  • => Gérard Mulliez du groupe Auchan avec 19 milliards,
  • => Bertrand Puech d’Hermès avec 17,4 milliards,
  • => Serge Dassault du groupe Marcel Dassault avec 12,8 milliards,
  • => François Pinault du groupe Kering avec 11 milliards,
  • => Vincent Bolloré du groupe Bolloré avec 8 milliards,
  • => Pierre Castel (bière) avec 7 milliards,
  • => Alain Wertheimer de Chanel avec 7 milliards et
  • => Xavier Niel de Free avec 5,9 milliards, complètent la liste.

 

Cette extrême concentration de richesse contraste avec l’explosion de la pauvreté et de l’extrême pauvreté en France et illustre la nécessité impérieuse d’une répartition juste et équitable des richesses. Une telle puissance financière entre les mains d’une infime minorité d’opulents lui octroie une influence considérable sur les décisions politiques prises par les gouvernants et un pouvoir démesuré sur les destinées de la nation.

 

Voir les commentaires

STOP A LA REGRESSION SOCIALE

25 Août 2013, 06:16am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La trêve estivale est en passe de se terminer pour beaucoup de nos concitoyens, certains vont regagner le chemin de l'usine, de leur administration, des établissements publics ou privés, pour d'autres, partir à la quête d'un emploi, d'un contrat, d'intérims, de petits boulots, survivre dans la précarité.

L'actualité de ces dernières semaines, n'a pas été très réjouissante, et cela continue, car la finance, elle, ne prend pas de vacances.

La rentrée sociale et politique risque d'être explosive.

La réforme annoncée des retraites proposée par le gouvernement ne fait pas la majorité dans le monde du travail, parmi les salariés, les fonctionnaires, bien au contraire.

L'argument de l'Allongement du temps de travail ou / et l'augmentation de la CSG sur les salaires ou les pensions des retraités n'est pas une solution, mais un vrai problème.

C'est un renoncement au progrès social, c'est pour cette raison que le 10 septembre, soyons nombreux pour dire


                                          Assez de régression sociale !

Tout ce qui ne contribue pas au progrès de société entraîne le recul de civilisation.

Le droit à la retraite à 60 ans à taux plein est la base, la matrice, l'ADN de la gauche « du PCF » et du mouvement ouvrier.

Journée de mobilisation pour notre retraite le 10 septembre.

Les communistes de l'Arrageois seront présents à la manifestation à Lille.

Pour des raisons d'organisation, l'Union locale CGT d'Arras prévoit un bus pour la manifestation le 10 à Lille, rendez-vous à partir de 11 h 30 pour ceux qui souhaitent manger un sandwich offert par la CGT (sur commande avec l'inscription).

Pour ceux qui souhaitent que prendre le bus pour la manif, dépars 13 h à la maison des sociétés à Arras
. pour s'inscrire tel: 03 21 71 06 14

 

  

STOP A LA REGRESSION SOCIALE

Voir les commentaires

Les vacances pour tous, ou le droit au bonheur

1 Août 2013, 13:16pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Chaque année, période récurrente  pour des millions de familles, sont dans l'attente de prendre leur congé annuel.

nombre d’entre elles (plus nombreuses d'année en année), resteront dans leurs quartiers, dans leurs HLM, non pas par envie, mais par fautes de moyens (La crise est là, elle a bon dos).

Les modestes, mettront les voiles du côté de la mer,d'autres mettront les bouts à la montagne.

Les plus aisés, « plus nombreux qu'avant » dans des iles paradisiaques ou fiscales, pour les premiers se refaire une petite santé et se regonfler les neurones, pour les autres grossir leurs bas de laine ou leurs capitaux.

s'accorder quelques jours, ou mieux quelques semaines de repos, est indispensable pour tous citoyens, dès lors que la reprise sera surement bouillonnante, voir explosive.

Dès la rentrée prochaine, le 10 septembre sera une journée de rassemblement, pour nos retraite et pensions, nos salaires, les conditions de travail, les emplois, etc. etc.

La section du PCF d'Arras sera présente à ce rassemblement, vu que le « changement » tant attendu par le peuple est loin de s'accomplir, et que la politique mise en œuvre par les socialistes, est assumée de plein grès.

Une mobilisation forte de gauche suffirait à inverser le rapport de forces.

oui !

Les socialistes ont renoncé ou se sont aplatis devant le pouvoir de la finance, pire encore, ils laissent croire à la France entière que tout continue comme avant, et qu’ils sont les continuateurs de l'UMP.

 

Votre présence, notre présence sera indispensable le 10 septembre,

Pour que ça change vraiment, la seule alternative c’est d’agir tous ensemble dans l’unité et le rassemblement le plus large dès la rentrée.

 

LA CRISE C’EST EUX !

LA SOLUTION C’EST NOUS !

TOUTES ET TOUS ENSEMBLE !

 

La section du PCF d'Arras vous souhaite à toutes et à tous de profiter au maximum de vos congés, vos vacances, et vous donne rendez-vous dans 2 semaines environ sur le blog,
    


Piqure de rappelle des congés payés :

Conseil National de la Résistance 1945 : création du régime général de la Sécurité sociale, qui instaure des retraites financées par répartition au grand regret du patronat français. La victoire du Front populaire aux élections législatives du 3 mai 1936 provoqua un élan d'espoir chez les travailleurs. Voyant que leurs revendications pouvaient être écoutées, ils lancèrent un mouvement de grève et d'occupation d'usines à travers toute la France, impliquant près de 2 millions de travailleurs. Ces grèves, paralysant tout le pays, entraînèrent l'ouverture de négociation avec le patronat sous la tutelle du nouveau gouvernement. Elles aboutirent tout d'abord aux Accords de Matignon, puis à la création des congés payés. Fixés autour de douze jours à l'origine, les congés payés n'ont cessé de s'allonger par l'action syndicale : de deux semaines en 1936 Fronts populaires, ils passent à 3 en 1956 Front populaire, puis 4 en 1969 et enfin 5 en 1982.

BONNES VACANCES !

Voir les commentaires