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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

24 propositions du MEDEF pour démolir les RETRAITES

30 Juillet 2013, 14:01pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le MEDEF a publié le 25 juillet 2013 un brûlot autour de l’actuel système de retraite. Et met en évidence le non-dit des réformes : la retraite par répartition est mise en péril pour développer la capitalisation.

Dans le document de 28 pages, intitulé : « 24 propositions pour équilibrer durablement nos régimes de retraite », rendu public le 25 juillet, le nouveau patron du Medef, Pierre Gattaz, le dit sans détour :

« Il convient de développer la retraite par capitalisation de manière complémentaire au "système cœur" par répartition. En effet, même si toutes les mesures qui s’imposent sont prises pour la pérennité des régimes obligatoires par répartition, il reste que leur équilibre financier dépend pour partie de la croissance. Dans le même temps, le taux de remplacement est plus bas chez les cadres que chez les non cadres. Encourager un complément de retraite par capitalisation notamment chez les jeunes cadres permettrait donc de leur assurer un meilleur taux de remplacement et donnerait une souplesse supplémentaire pour équilibrer le régime général. »

 

Certes, rien de nouveau dans la position du Medef et dans le camp des ultralibéraux. Dès le mois de mai, le think tank ultralibéral Ifrap a publié ses « 15 clés de la réforme » et défendu une « réforme [qui] devra forcément s’accompagner d’un partage des efforts entre actifs et retraités, y compris d’un recul de l’âge de la retraite, à l’image de ce qui se pratique partout en Europe, et de l’introduction d’une part de capitalisation obligatoire ».

 

Pierre Gattaz ne fait que décrire en quelques mots la volonté, ancienne, des assureurs et des banquiers de voir se développer le très profitable marché de l’épargne retraite et des fonds de pension. Un marché financier aussi très profitable pour les épargnants les plus aisés.

 

Les 24 propositions de l’organisation patronale vont donc dans ce sens, c’est-à-dire vers cet objectif de la privatisation et de la financiarisation du système par répartition au profit des investisseurs privés et des grandes entreprises qui ont besoin d’une épargne de long terme. A nouveau réformé, le système de retraite deviendra de plus en plus inégalitaire et soumis aux aléas des marchés financiers.

Lire le dossier de Politis : « Retraites : capitalisation contre solidarité »

 

D’où vient cette inspiration très libérale ? Des recommandations de la Commission européenne, rédigées sous l’influence des industriels de la finance, validées par les conseils européens, dans lesquels les chefs d’État et de gouvernements n’ont pas opposé de veto.

drapeau-europe

 

Ainsi, les analyses du Medef rejoignent les récentes recommandations de « réformes » présentées le 29 mai à la France par la Commission européenne. Chargé d’appliquer les nouvelles procédures de contrôle budgétaire, regroupées sous le nom de « semestre européen », l’exécutif européen exige de « nouvelles mesures » qui doivent « être prises d’urgence » pour remédier aux importants déficits du système de retraite. Dans tous les cas de figure préconisés, le taux de remplacement sera faible. En clair le niveau des pensions baissera assurément.

 

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait à tout le moins l’admettre. De fait, la future entreprise de démolition des retraites par répartition sera accompagnée d’un développement de la capitalisation. Par exemple, sous Sarkozy, la réforme des retraites de 2010 a favorisé l’essor de l’épargne retraite collective (le deuxième pilier de la retraite, selon la Commission européenne, voir plus bas). Il n’est donc pas inutile de rappeler que se joue en coulisse la place laissée à la capitalisation. Le Medef ne fait que donner le coup d’envoi des grandes manœuvres. Pour le gouvernement, il s’agit de faire passer, discrètement, le diktat de la Commission, pas forcément dans la réforme des retraites, ce qui serait trop visible.

 

A la suite des recommandations de la Commission qui a fixé un délai réduit pour résorber le déficit public, le Premier ministre a estimé que les préconisations de Bruxelles sont dans « la droite ligne de ce qui avait été annoncé ». Mais les réformes seront faites « à notre manière », a-t-il ajouté. Oui à la baisse des pensions du régime général, qu’il faudra bien compenser par des mesures qui concerneront l’épargne financière (chez les socialistes, on ne dit pas épargne retraite), laquelle assure à peine 3 % des revenus des retraités français.

 

Ainsi, les « objectifs généraux » du document du Medef fixe le cap : il s’agit de « garantir la soutenabilité du système de retraite par répartition, en contribuant au rééquilibrage des finances publiques tout en assurant un bon niveau de retraite pour les jeunes générations, à conforter par une part de retraite par capitalisation ».

 

Le long chapitre du document consacré au « nécessaire développement de la retraite par capitalisation » est révélateur de la proximité de vue entre la Commission européenne et les lobbyistes patronaux. Le développement de la capitalisation passe par les trois piliers définis par la Commission européenne : des régimes obligatoire par répartition (une sorte de minima social), des régimes collectifs par capitalisation et des régimes individuels par capitalisation (la fameuse retraite « supplémentaire » pour éviter de désigner ces systèmes par leur vrai nom : les fonds de pension).

 

Le commissaire européen en charge des services et du marché intérieur, Michel Barnier, a récemment rappelé cette architecture dans une proposition de directive destinée à « améliorer la gouvernance et la supervision des fonds de pension professionnels à l’automne 2013 » (pour les généraliser), c’est-à-dire les régimes collectifs, qui constituent le deuxième pilier de la retraite.

 

Au pouvoir depuis plus d’un an, François Hollande et Jean-Marc Ayrault n’ont pas affronté la Commission européenne sur ce terrain de la réforme des retraites et de la capitalisation. Pourtant, sans la capitalisation, point de salut, défendent l’exécutif européen comme le Medef. Encore une pilule amère à faire avaler au peuple de gauche…

 

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Mobilisons-nous le 10 septembre

30 Juillet 2013, 13:47pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Inquiétudes, amertume et colère ne cessent de grandir parmi nous… salariés, jeunes, privés d’emploi, retraités.

Les salaires, les minima sociaux et les pensions stagnent ou régressent. Le chômage continue sa hausse insupportable. Nos conditions de travail se dégradent. La jeunesse galère de petits boulots en sales boulots. La perspective d’une retraite bien méritée et d’une reconnaissance de la pénibilité au travail s’éloignent... Nous vivons de plus en plus mal l’aggravation des inégalités, l’intensification de la précarité et de la misère.

Pendant que le gouvernement abdique chaque jour davantage face aux marchés financiers, le patronat en réclame toujours plus... De nouveau, c’est à nos retraites qu’il veut s’en prendre aujourd’hui pour réduire le coût du travail, faire éclater notre système de sécurité sociale fondé sur la répartition des richesses créées par le travail.

Chaque jour confirme l’urgence de notre intervention ensemble et de plus en plus nombreux pour que ça change vraiment et durablement.

Dans de nombreuses entreprises ou services, la résignation et la soumission tant espérées par le patronat et le gouvernement se traduisent, bien au contraire et avec raison, par des luttes.

La prise de conscience grandit peu à peu que, sans l’action collective, sans l’irruption du monde du travail sur la scène du social, rien ne pourra changer en positif.

La CGT, avec d’autres organisations syndicales en France et en Europe, considère qu’une rupture est nécessaire pour réorienter les politiques sociales et économiques, et renouer avec la croissance, la création de richesses pour une autre répartition.

Le travail que les salariés produisent à tous les niveaux, dans tous les secteurs et dans toute leur diversité crée des biens et produits utiles à tous. Il permet aux entreprises françaises de dégager des marges financières, qui même si elles accusent un fléchissement du fait de la crise, doivent pouvoir financer les investissements, l’augmentation des salaires, l’emploi et nos systèmes solidaires de protection sociale : la retraite, la santé, la famille, l’assurance chômage.

Aujourd’hui les moyens de relance de l’économie sont captés par les actionnaires dont les dividendes ne cessent d’augmenter au détriment de la rémunération du travail et des investissements nécessaires pour développer les entreprises. Le patronat vient d’obtenir 20 milliards de crédit d’impôts portant ainsi à 200 milliards les aides publiques aux entreprises qui font défaut au budget de l’état. Malgré cela, l’industrie continue de détruire des emplois, et les mécanismes d’exonérations de cotisations sociales entretiennent la non reconnaissance des qualifications des salariés. (Lire sur ce sujet : Et si on parlait du coût du capital ?

L’État employeur n’est pas en reste. Les services publics se dégradent et ne parviennent plus à répondre aux besoins sociaux, pendant que les personnels subissent de plein fouet les coupes sombres budgétaires depuis des années.

On ne pourra pas parler de compétitivité sans porter l’enjeu de la qualité et de l’efficacité du et au travail. Il ne peut pas y avoir ni qualité, ni efficacité sans libertés, sans démocratie au travail, sans nouveaux droits des salariés pour intervenir sur les choix de gestion et l’organisation du travail.

Pour cela, la CGT fait des propositions concrètes et les met en débat auprès de vous :

Le travail n’est pas un coût, c’est une richesse !

Exigeons une autre répartition des richesses, pour les salaires, à commencer par le Smic, pour les retraites, pour le droit à la santé et notre protection sociale.

Pour sortir de la crise, le maintien et le développement des activités et de l’emploi industriel, la reconquête des politiques publiques, des services et de l’emploi publics sont impérieux et nécessaires.

Pour sécuriser le travail et les salariés, gagnons un statut du travail salarié et une sécurité sociale professionnelle, constitués d’un socle de droits attachés à la personne, transférables et garantis collectivement.

Pour une réforme ambitieuse du système de retraite par répartition (pdf du 4 pages), avec un âge d’ouverture des droits dès 60 ans, la prise en compte de la pénibilité, un niveau de pension d’au moins 75 % du salaire, garantissons son financement solidaire fondé sur le travail.

Durant tout l’été, la CGT ira à la rencontre des salariés, sur tout le territoire (voir notre site dédié).

Pour que ça change vraiment, la CGT est disponible pour construire avec vous, la construction des mobilisations nécessaires. Pour que ça change vraiment, la seule alternative c’est d’agir tous ensemble dans l’unité et le rassemblement le plus large dès la rentrée.

C’est pourquoi, la CGT vous propose de décider très nombreux, d’une première journée d’action unitaire, de grève et de manifestations le 10 septembre 2013.
(voir le communiqué intersyndical CGT, CGT-FO, FSU, Solidaires du 8 juillet)

LA CRISE C’EST EUX ! LA SOLUTION C’EST NOUS ! TOUTES ET TOUS ENSEMBLE !

Mobilisons-nous le 10 septembre

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suppression de la taxe de 35 euros pour toute action en justice –

27 Juillet 2013, 14:37pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

                                                                                                                                                     

Le Ministère de la Justice vient de rendre publique l’annonce de suppression, à compter de 2014, de la taxe de 35 euros instaurée en 2011, et appliquée depuis aux particuliers ayant besoin de saisir la justice.

Je me félicite de la disparition de ce dispositif pour l’abandon duquel j’avais cosigné une proposition de loi, et sur lequel j’avais interpellé le précédent gouvernement dès l’automne 2011, en dénonçant « une atteinte au droit fondamental constitutionnel d’accès à la justice et au juge », et la remise en cause des principes de gratuité de la justice et d’égalité, les catégories les plus pauvres étant directement pénalisées.

Les professionnels du droit avaient contesté la création de cette taxe contre laquelle le mouvement syndical et associatif s’était largement mobilisé en recueillant des dizaines de milliers de signatures de pétitions.

Je me réjouis que l’ensemble de ces démarches ait pu aboutir à la décision prise aujourd’hui.

Question écrite N° 33038 –

franchises médicales

M. Alain Bocquet attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la participation forfaitaire de 1 euro, à la charge des patients âgés de plus de 18 ans, instaurée pour chaque consultation, examen ou analyse et qui s’applique quel que soit le médecin consulté, que le parcours de soins ait été respecté ou non. Très peu de malades en sont exonérés. Il en est de même des franchises médicales qui concernent chaque boîte ou flacon de médicaments ainsi que les actes paramédicaux et les transports sanitaires. Il alerte le ministère sur le fait que les salariés ayant subi un accident du travail, pour lesquels pourtant les frais médicaux ou chirurgicaux justifiés et nécessaires sont couverts à 100 %, doivent la régler. Il lui demande si le Gouvernement entend modifier cette disposition pour les personnes concernées par un accident du travail.

Question écrite N° 33610 –

conventionnement des services à domicile

M. Alain Bocquet attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la question du conventionnement Carsat des services d’aide à domicile agréés par la DIRECCTE. Les services d’aide à domicile répondent à un cahier des charges correspondant à l’arrêté du 26 décembre 2011 (Journal officiel du 30 décembre 2011), qui leur permet d’intervenir auprès d’un public vulnérable, en particulier les personnes âgées dépendantes ou des personnes en situation de handicap. L’agrément permet de prendre en charge des personnes dont la dépendance est très importante, c’est-à-dire classée selon la grille AGGIR, de types 1 à 4, relevant de l’APA. La Carsat participe au financement d’heures d’aide-ménagère pour les personnes en perte d’autonomie ne relevant pas de l’APA, c’est-à-dire classées selon la grille AGGIR en types 5 et 6. Alors que les associations agréées peuvent accompagner les personnes les plus dépendantes, elles ne bénéficient pas systématiquement d’un agrément de la part de la Carsat, qui semble donner la priorité aux associations les plus anciennes. Cette pratique vécue comme discriminatoire, venant d’un organisme chargé d’une mission de service public constituerait, si elle était avérée, une rupture de l’égalité devant les charges publiques. Il lui demande quelle connaissance il détient de ces difficultés et des motifs, restriction budgétaire par exemple, pouvant conduire à ces situations inacceptables tant vis-à-vis des services concernés et de leurs salariés que des populations, personnes âgées dépendantes qui, en bout de chaîne, en sont les victimes. Il lui demande également quelles dispositions le Gouvernement entend prendre pour assurer à nos aînés la qualité de service et les solidarités auxquelles ils sont en droit de prétendre.

Question écrite N° 33252 –

réorganisation de l’entreprise « Réseau de transport d’électricité »

M. Alain Bocquet attire l’attention de M. le ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur la réorganisation de l’entreprise RTE (Réseau de transport d’électricité) connu sous le vocable RTE2, qui semble vouloir se mettre en place sans attendre le projet de loi en cours de préparation sur le volet énergétique. Les représentants du Comité central d’entreprise (CCE) alertent sur le fort impact régional de la réforme qui entraînera « de fait la suppression des quatorze établissements régionaux sur le territoire national » par la verticalisation des activités et la diminution des institutions représentatives du personnel. Les conséquences sont néfastes pour les salariés, le dialogue social, la gestion des réseaux et le rendu de service au public. Le CCE précise d’ailleurs qu’ERDF qui avait engagé voici plusieurs années une démarche similaire fait « marche arrière ». L’ancrage régional de l’entreprise, qui doit rester au service du public, ouverte aux besoins de dialogue, de réactivité et d’adaptabilité locales, doit être maintenu. Il lui demande les réponses que le Gouvernement entend apporter pour pallier les inquiétudes.

Question écrite N° 33445 –

Restructuration des Finances Publiques

M. Alain Bocquet attire l’attention de Mme la ministre de la réforme de l’État, de la décentralisation et de la fonction publique sur les inquiétudes des représentants des personnels des finances publiques (DGFiP) qui constatent « la poursuite voire l’amplification des objectifs fixés dans le cadre de la RGPP sous couvert désormais du projet de modernisation de l’action publique ». Régulièrement, ils assistent à des suppressions de postes, les effectifs de la DGFiP ont en effet été réduits de plus de 10 % entre 2008 et 2012 ; au gel du point d’indice et à la réduction des moyens de fonctionnement avec les conséquences que cela implique pour les usagers. La démarche stratégique qui serait mise en place va imposer la concentration des services et la modulation des conditions d’accueil des usagers. La possibilité de spécialisations en pôles nationaux, régionaux ou départementaux facilitera les suppressions d’emplois, supprimera certains établissements souvent véritables liens de proximité notamment en territoire rural. L’avenir de cette administration, des emplois et du statut semble donc menacé ainsi que le rôle de conseil des comptables publics car après avoir confirmé le gel des dotations aux collectivités en 2013, puis une baisse en 2014 et 2015, le Gouvernement met à l’étude plusieurs hypothèses pour accompagner de nouveaux transferts de compétences. On constate au quotidien l’effet de la régionalisation dans d’autres services publics, ayant amené un éloignement des structures décisionnelles, un accompagnement diminué pour la population ; de nombreux dysfonctionnements pour les usagers, et des contraintes accrues pour les personnels. C’est pourquoi un service de pleine compétence pour tout le territoire national disposant d’emplois et de moyens est nécessaire pour la DGFiP. Il lui demande les intentions du Gouvernement en la matière.

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300 équivalent-ils 3.000 millions ?

27 Juillet 2013, 12:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Les 300 plus grandes fortunes du monde accumulent plus de richesses que les 3.000 millions de pauvres.

C’est ce que dit le professeur Jason Hickel de la London School of Economics, un conseiller de The Rules, un mouvement qui lutte contre les inégalités, et auteur d’une vidéo intitulée "Inégalité de la richesse mondiale".

"Nous citons ces chiffres, parce qu’ils offrent un comparatif clair et impressionnant, mais en réalité, la situation est bien pire :
les 200 personnes les plus riches disposent d’environ 2,7 billions de dollars.
C’est beaucoup plus que ce qu’ont 3.500 millions de personnes, qui totalisent 2,2 billions de dollars", explique l’économiste.

Jason Hickel note que son mouvement veut faire plus qu’illustrer cet "indice brutal d’inégalité" et démontrer que la situation empire de jour en jour. Citant une étude récente menée par l’ONG Oxfam, l’économiste a souligné que les revenus des 1% les plus riches ont augmenté de 60% au cours des 20 dernières années, avec la crise financière, en accélérant ce processus au lieu de le freiner.

Dans la vidéo "Inégalité de la richesse mondiale", ( video plus bas) le mouvement The Rules expose comment cette inégalité croît au fil du temps dans différents pays. Ainsi ; durant la période coloniale, l’écart entre pays riches et pauvres est passé ;
de 3 à 1
à 35 à 1.

Depuis lors, l’écart a augmenté jusqu’à un niveau de 80 à 1.

Selon l’économiste, la croissance de l’écart est due en partie aux politiques économiques néolibérales que les institutions internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont imposées aux pays en développement au cours des dernières décennies.

"Ces politiques ont été élaborées pour libéraliser de force les marchés, en les ouvrant aux multinationales pour leur donner un accès sans précédent à une terre bon marché, des ressources et une main-d’œuvre. Mais à un prix très élevé : c’est ainsi que les pays pauvres perdent environ 500.000 millions de dollars de leur PIB par an", explique le professeur en citant l’économiste Robert Pollin de l’Université du Massachusetts.

Selon Jason Hickel, c’est un drainage évident des richesses des régions pauvres vers les zones riches. "Les gouvernements des pays riches célèbrent en permanence combien ils dépensent pour l’aide aux pays en développement et les sociétés multinationales vérifient cela par le biais de leurs rapports annuels, mais aucun ne confesse combien il a tiré et tire des pays en développement", conclut l’économiste.

(Tiré de Russia Today)

  

1% des plus riches possèdent 43% des richesses mondiales pendant que 80% des plus pauvres en possèdent 6%.

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TUNISIE - Après Chokri, assassinat de Mohamed Brahmi

26 Juillet 2013, 13:28pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

"Il y a prés de six mois, le 06 février 2013, peu après 8 heures du matin, Chokri Belaïd est tué de quatre balles, tirées à bout portant, alors qu’il quittait son domicile à el Menzah VI. En Tunisie, les derniers assassinats politiques datent de plus de cinquante années : ceux de Salah Ben Youssef et de Farhat Hached remontent respectivement à 1961 et 1952.

Ennahdha et le Gouvernement portent une grande part de responsabilités dans l’assassinat de Chokri Belaïd

 

Les déclarations de certains responsables du parti au pouvoir et de certains de ses alliés ont pour le moins provoqué le passage à l’acte de l’assassin de Chokri Belaïd. A titre indicatif et non exhaustif nous citerons les déclarations et incidents suivants :

 

Le 12 juin 2012, lors d’une émission télé émise en direct, Mohamed Ben Salem, le ministre de l’agriculture et membre de la direction d’Ennahdha, traite Chokri Belaïd de sioniste ;

- Le lendemain, à Zarzis, en public, des fondamentalistes religieux mettent à prix la tête de Chokri Belaïd ;

 

Le 11 aout 2012, Ali Laarayedh, alors ministre de l’Intérieur, accuse nommément Chokri Belaïd d’inciter les habitants de sidi Bouzid à manifester contre le gouvernement (alors que le représentant d’Ennahdha à Sidi Bouzid s’en prend à Nidaa Tounès pour les mêmes motifs) ;

 

Le 29 novembre 2012, Ali Laarayedh, ministre de l’Intérieur, accuse de nouveau nommément Chokri Belaïd d’être derrière les agitations sociales partout en Tunisie, il déclare : « Chokri Belaïd appelle aux actes de violence. Partout où il passe, on assiste à des désordres et des destructions. Car il ne reconnait ni l’Etat ni la Loi.» Ces graves accusations sont vite reprises par d’autres cadres et sympathisants d’Ennahdha : dans la foulée, Habib Ellouze qualifie Chokri Belaïd de « vendu » à Ben Ali et qu’il n’a aucun respect pour des individus du type de Chokri Belaïd.

 

• Quelques jours après les accusations d’Ali Laarayedh et les insultes d’Habib Ellouze, le premier décembre 2012, un prédicateur wahhabite, lors du prêche du vendredi, pousse plus loin l’invective en appelant ses fidèles à « faire face à l’opposition qui est constituée de traitres et de sbires de Ben Ali. »

 

Le 02 février 2013, Rached Ghannouchi déclare qu’ils existent des incitations pour une guerre totale en Tunisie que des parties contre révolutionnaires veulent détruire ;

 

• Le même jour au Kef, Chokri Belaïd et ses compagnons son agressés lors d’une rencontre organisée par son mouvement ;

 

Le 07 décembre 2012, à Sfax, l’imam autoproclamé de la mosquée de Sidi Lakhmi, lors du prêche du vendredi, appelle ses fidèles à mourir en martyr dans le cadre de la guerre sainte contre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le Gouvernement ;

 

Le 31 décembre 2012, Chokri Belaïd est agressé par trois individus qui ont proféré des menaces de mort à son encontre. Le Front Populaire réagit et met en cause Ennahdha dans la campagne de dénigrement subie par Chokri Belaïd ;

 

Le 03 février 2013, quelques jours avant l’assassinat de Chokri Belaïd, organisation d’une rencontre au sommet de trois courants islamistes radicaux : Habib Ellouze d’Ennahdha, Ridha Belhaj du Hezb Ettahrir et du prédicateur Wahhabite Béchir Belhassen ;

 

Le 06 février 2013, Chokri Belaïd est tué de quatre balles tirées à bout portant alors qu’il quittait son domicile à el Menzah 6, peu après 8 heures du matin. Chokri Belaid n’a eu de cesse de dénoncer la violence et les menaces de mort dont il est la cible

 

Dès le 12 juin 2012, il met en garde contre le spectre du terrorisme qui commence à planer sur la Tunisie ;

 

Le 31 juillet 2012, il accuse les milices d’Ennahdha de l’agression des syndicalistes de l’hôpital Hédi Chaker à Sfax ;

 

Le 29 août 2012, il dénonce la campagne menée contre lui dans les médias et les réseaux sociaux, il accuse Ennahdha et ses alliés d’être derrière cette campagne ;

 

Le 17 septembre 2012, il accuse les courants salafistes et Ennahdha d’être responsables des agressions touchant des militants de gauche, et le ministère de l’intérieur de faire la sourde oreille ;

 

Le 20 septembre 2012, il accuse la Troïka de complicité passive face à la recrudescence de la violence ;

 

Le 06 novembre 2012, il condamne les attaques contre les locaux de son parti à Jendouba et les menaces de mort récurrentes dont lui et ses amis ont été la cible. Il dénonce le mutisme du Gouvernement et l’accuse d’être derrière les vagues de violences successives qui s’abattent sur le pays afin de détourner l’opinion publique des sujets brulants et des dossiers urgents ;

 

Le 04 décembre 2012, Chokri Belaïd déclare que la violence pratiquée en Tu-nisie profite au Gouvernement ;

 

Le 09 décembre 2012, il prévient que le Gouvernement conduira le pays vers le chaos et l’anarchie à travers les « ligues de protection de la révolution » fascisantes ;

 

Le 23 décembre 2012, il appelle à la dissolution des « ligues de protection de la révolution » criminelles et hostiles à la vie démocratique ;

 

Le 13 janvier 2013, il signale que les « ligues de protection de la révolution » ont tenté de saboter la tenue des réunions du front populaire à Médenine et à Zarzis ;

 

Le 20 janvier 2013, il accuse Ennahdha d’avoir instaurer un climat de violence afin de camoufler son incompétence. Il dénonce la vague de violence qui secoue le pays, les actes agressifs et brutaux des « ligues de protection de la révolution » et la prolifération d’armes à El Mourouj, dans le nord ouest du pays et à Médenine ;

 

Le 02 février 2013, il déclare que des groupes salafistes et des membres d’Ennahdha sont les exécuteurs des attaques dont il a été la victime lors du meeting organisé par son parti au Kef ;

 

Le 05 février 2013, Chokri Belaïd déclare que le pays est menacé par le terrorisme et qu’il y a une volonté politique claire qui vise à anéantir l’armée nationale et la sécurité républicaine. Il appelle à la tenue d’un congrès national pour lutter contre la violence auquel participeront tous les partis politiques. Il accuse Ennahdha de tenter de démanteler l’Etat et de créer des milices pour terroriser les citoyens et entrainer le pays dans une spirale de violence. Il précise que l’armée tunisienne est la seule au Monde qui ne soit pas en état de guerre tout en étant sur le terrain depuis plus de deux ans. C’est dangereux ! Les soldats sont épuisés. Il existe un complot visant l’affaiblissement de l’armée afin de faciliter le passage d’armes et de terroristes sur les frontières. Certains ont la volonté de démanteler l’Etat.

L’assassinat de Chokri Belaïd provoque une grave crise politique et un rejet quasi unanime de la violence par la société civile, les syndicats et les partis de l’opposition

 

Dés le 06 février 2013, la famille du défunt, ses camarades de lutte et la quasi-totalité de la classe politique condamne cet assassinat. Des mouvements de colère populaire éclatent dans plusieurs villes et régions de la République. La responsabilité politique de cet assassinat est imputée au parti au pouvoir En-nahdha. Les membres de la Troïka condamnent eux-mêmes cet assassinat. L’ambassadeur des USA à Tunis, condamne l’assassinat de Chokri Belaïd. D’autres messages de soutien et d’inquiétudes parviennent des représentations étrangères.

Dans la soirée, le Premier ministre annonce sa décision de former un nouveau Gouvernement restreint constitué de compétences non partisanes. Cette décision est appuyée par la plupart des partis d’opposition et par l’UGTT, elle est par contre rejetée par d’Ennahdha et par la mouvance islamiste radicale.

 

Le 07 février 2013, l’UGTT décrète une journée de grève générale nationale pour le 08 février 2013, le jour des obsèques de Chokri Belaïd. Le président de la République décide d’organiser des funérailles nationales et une sépulture dans le carré des martyrs du cimetière du Jellaz est attribuée à Chokri Belaïd ;

 

• Le lendemain, une marée humaine assiste aux funérailles de Chokri Belaïd au Jellaz. Des citoyens de tous les milieux, de tous âges, de tous bords et des deux sexes assistent à la cérémonie d’enterrement. Ceux sont, sans aucun doute, les funérailles les plus populaires, les plus imposantes que la Tunisie ai connu à ce jour. A travers tout le cimetière sont repris en chœur l’hymne national alterné par des slogans anti Gouvernement et anti Ennahdha : « Ghannouchi assassin ! » …

 

Le 19 février 2013, Hamadi Jébali, désapprouvé par son parti Ennahdha, échoue dans sa tentative de former un Gouvernement restreint non partisan. Il présente sa démission au président de la République ;

 

Le 23 février 2013, Ali Laarayedh est désigné par son parti Ennahdha pour remplacer Hamadi Jébali en tant que Premier ministre. Dans la foulée, le président de la République lui demande de former le nouveau Gouvernement.

Six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, l’assassin et ses commanditaires courent toujours

 

Dés le 06 février 2013, Besma Khalfaoui Belaïd, épouse du défunt, accuse le parti au pouvoir d’être responsable de l’assassinat de C. Belaïd. Elle précise que son époux recevait des menaces de mort depuis plusieurs mois et qu’il avait averti la police par écrit ou par téléphone pour demander sa protection ;

 

Le 26 février 2013, le ministre de l’Intérieur affirme que le principal suspect a été identifié, qu’il appartiendrait à un courant religieux extrémiste et serait encore en fuite. Que quatre de ses complices ont été arrêtés et qu’ils auraient avoués leur participation à l’opération de l’assassinat de C. Belaïd. A l’issue de cette déclaration Besma K.B. précise qu’il serait également tout aussi important d’identifier et d’arrêter les commanditaires du crime.

 

• Le 28 février 2013, Moncef Marzouki, le président de la République, est entendu par le juge d’instruction en tant que témoin. La famille du défunt avait en ef-fet déclaré que M. Marzouki aurait informé C. Belaïd d’un projet d’assassinat à son encontre.

 

Le 02 mars 2013, lors de l’émission télé « Essaraha Raha », Habib Ellouze refuse de parler du conflit qui l’avait opposé à C. Belaïd.

 

• Plus d’un mois après l’assassinat de C. Belaïd, constatant le peu de progrès de l’enquête, la famille du défunt et ses camarades de lutte évoquent l’idée d’un recours auprès de l’ONU.

 

Le 18 mars 2013, à l’occasion du 40èm jour du décès de C. Belaïd, alors qu’un hommage est rendu au défunt dans plusieurs villes et régions de la République ainsi que dans plusieurs capitales européennes, le Collectif de Défense, crée par la famille et des amis de C. Belaïd, pour connaitre le vérité sur l’assassinat du martyr, envisage de poursuivre en justice l’ancien ministre de l’Intérieur, Ali Laarayedh, et le ministre de la Justice, N. Bhiri, suite aux manquements du ministre de la justice qui n’avait pas alerté le parquet après les menaces de mort proféré contre le défunt. Les poursuites contre le ministre de l’Intérieur sont motivées par le fait que son départ n’a pas fourni la protection nécessaire à C. Belaïd malgré le message transmis par le conseil de l’ordre des avocats au ministère de l’Intérieur. Le Collectif signale plusieurs irrégularités graves dans la conduite des investigations.

 

Le 06 avril 2013, deux mois après l’assassinat de C. Belaïd, l’enquête piétine. Le ministère de l’Intérieur refuse de publier le portrait du principal suspect et de ses complices en fuite et A. Laarayedh ne répond pas aux convocations du juge d’instructions. Pour la famille et les amis de C. Belaïd, la prise en charge des investigations par la brigade criminelle comporte un certain « risque d’ingérence politique ».

 

Le 13 avril 2013, le ministère de l’Intérieur publie finalement les portraits des suspects en fuite.
 

Le 25 avril 2013, le nouveau ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, confirme que Kamel Gadhgadhi est très probablement l’assassin de Chokri Belaïd et qu’il se trouverait encore en Tunisie. B. Khalfaoui – Belaïd et huit autres personnalités de la société civile lancent l’ « Initiative pour la Recherche de la Vérité sur l’Assassinat » de Chokri Belaïd, un organisme de veille.

 

• Six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, l’assassin et ses commanditaires courent toujours !

 

Enfin, l'assassinat aujourd'hui de Mohamed Brahmi semble être un défi lancé par les assassins de C. Belaïd alors que le pouvoir s'apprête à de nouvelles révélations."

 

Merci à Mustapha El Haddad pour ce rappel salutaire. Tout ceci explique le ras-le-bol du peuple tunisien. Dans ce communiqué de presse, le Front Populaire dont était membre Mohamed Brahmi appelle pour la 1ère fois à un Gouvernement de Salut National. Il appelle à la désobéissance civile, et à la poursuite du mouvement par la grève générale jusqu'à la chute du Gouvernement de la Troika. Merci à Mouna Mathari de me l'avoir transmi

 

Biographie de Mohamed Brahmi :

 

Né(e) à Sidi Bouzid, Tunisie (58 ans)

Mohamed Brahmi, né le 15 mai 1955 dans la région de Hachena, gouvernorat de Sidi Bouzid, a effectué ses études primaires à l’école 2 mars et l’école primaire d’Erramlia, puis il a étudié à El Meknassi et au lycée secondaire de la cité des jeunes de Gafsa et a obtenu son baccalauréat au lycée technique de bizerte.

Il a rejoint par la suite l’Institut supérieur de Gestion et obtient la maîtrise en comptabilité en 1982 et a enseigné durant deux ans comme enseignant d’économie et de gestion au lycée technique de Menzel Bourguiba.

Il a travaillé par la suite à l’office des zones irriguées pendant 8 mois puis de 1985 à 1993 au sein de l’agence foncière d’habitation. Il a ensuite travaillé comme consultant à l’agence de coopération technique en Arabie Saoudite où il a été auditeur à partir de 1994. Il a occupé depuis 2004 le poste de gestionnaire général au sein de l’agence foncière d’habitation.

Pour ce qui est du parcours politique, Mohamed Brahmi était membre des étudiants arabes progressistes et unionistes. Il y était actif jusqu’en 2005 date à laquelle il a créé le mouvement unioniste nassériste, qui était un mouvement interdit, travaillant dans la clandestinité.

Après la révolution, il créa le mouvement du peuple.

Il a été arrêté deux fois en 1981 et 1986, mais un non-lieu a été prononcé suite à ces deux arrestations.

 

Il a été assassiné le 25 Juillet 2013 à sa sortie de sa maison par tirs de balles.

 

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Subvention à Wéo : intervention de Jean Haja (03-07-13)

26 Juillet 2013, 13:21pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

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Il y a 70 ans, l'Armée Rouge gagnait la plus grande bataille de l'histoire qui décida du sort de la guerre, qui permit le débarquement allié de Normandie le 6 juin 1944...

26 Juillet 2013, 12:15pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Après Koursk, l'armée allemande sera définitivement réduite à la défensive... jusqu'à Berlin

SANS LES VICTOIRES DE STALINGRAD ET DE KOURSK JAMAIS LES ALLIES N'AURAIENT PU DEBARQUER EN NORMANDIE...

La dernière offensive à l'Est de l'Armée allemande : du 5 au 23 juillet 1943

La contre-offensive soviétique du 12 juillet au 23 août 1943

SOMMAIRE

1. La Bataille de Koursk :

- Introduction et préparatif             

- L'attaque allemande

- La contre attaque soviétique

2 - Documents graphiques (cartes)

Désolé pour la longueur du post et des textes qui suit, mais vu la richesse des documents, il est impossible de les résumer, même avec la meilleure volonté du monde.

 

Koursk le duel des blindés

Par le Colonel G.A.Koltounov

 

Au cours de l'été de 1943, se produisit sur le front de l'Est l'un des plus terribles chocs de blindés de toute la guerre : la bataille de Koursk. Comme pour Moscou et pour Stalingrad, ce fut un affrontement effroyable par son intensité et d'une ampleur considérable. Des armées, fortes de millions d'hommes de chaque côté, s'étaient empoignées dans une lutte sans merci qui dura quinze longues journées. Jamais, au cours de la guerre, on n'avait vu et l'on ne verrait un plus grand nombre de blindés en action. Les attaques allemandes, qui visaient à récupérer l'initiative stratégique en Russie et à modifier le cours de la guerre, furent littéralement annihilées.

 

 

Au cours de l'été de 1943, on put constater un changement d'orientation radical dans la stratégie employée sur le front de l'Est le front décisif de cette guerre. Après l'offensive qui suivit la bataille de Stalingrad, l'armée Rouge avait arraché l'initiative aux Allemands et l'avait conservée. Les attaques soviétiques avaient non seulement fait évacuer aux envahisseurs germains les territoires qu'ils avaient conquis en 1942, mais encore libérés de nombreuses villes et régions. Des millions de citoyens soviétiques avaient ainsi été délivrés de l'oppression nazie et l'armée Rouge avait commencé l'expulsion massive des envahisseurs de la totalité du territoire soviétique.

 

 

Les défaites subies à Stalingrad et pendant l'offensive d'hiver des troupes soviétiques avaient posé au grand quartier général allemand le problème de la stratégie à adopter sur le front de l'Est. Prévoyant une offensive des Russes, l'Allemagne pourrait rester sur la défensive. Mais quel effet cette attitude produirait-elle sur le moral de l'Allemagne et de ses alliés? Le fait de renoncer à prendre l'initiative ne pouvait que faire se dresser devant le monde entier - et avant tout devant l'Allemagne - le spectre d'une défaite finale admise par le Reich lui-même. Ce n'était donc qu'en prenant l'offensive que l'Axe pourrait se préserver de la désintégration, que la foi en la victoire pourrait subsister en Allemagne, que les peuples des pays envahis pourraient continuer d'être tenus en esclavage sous la menace et qu'enfin la puissance et l'invincibilité des armées germaniques pourraient continuer de représenter quelque chose aux yeux du reste du monde !

 

 

« Tigre » et « Panthère »

 

 

Et voilà pourquoi le haut commandement allemand décida de monter une puissante offensive d'été sur le front de l'Est afin de reprendre en main l'initiative stratégique. II comptait ainsi consolider le bloc et restaurer le prestige allemand, qui avait subi quelques accrocs. Le chef d'état-major de l'O.K.W., le maréchal Keitel, était tout à fait de cet avis, qu'il exprima du reste lors d'une des conférences tenues à la chancellerie du Reich « Il nous faut attaquer, c'est une nécessité politique. »

 

 

Les militaires et les dirigeants politiques allemands étaient unanimes à penser qu'un succès à l'est saperait les fondements de la coalition alliée et l'amènerait sans doute à se disloquer, provoquant ainsi le mécontentement du gouvernement soviétique et de toute la population russe à l'égard des Américains et des Anglais, qui différaient sans cesse l'ouverture d'un second front en Europe. Comme l'écrit l'historien de l'Allemagne de l'Ouest, Walter Gôrlitz, Hitler pensait que « plus tôt un nouveau coup important serait frappé en Russie, plus tôt la coalition entre l'Est et l'Ouest s'effondrerait ».

 

 

En préparant cette offensive d'été, les dirigeants allemands tenaient compte de leur potentiel économique qui se trouvait en constante progression. La production de chars moyens et lourds, qui était de 5 700 en 1942, était montée à 11 900 en 1943 et, dans le même temps, celle des avions était passée de 14 700 à 25 200. Quant aux canons et mortiers, le Reich en avait produit deux fois plus en 1943 qu'en 1942, sans compter que les derniers sortis étaient pour la plupart d'un type nouveau. Les munitions, elles, sortaient à une cadence trois fois plus rapide en 1943 qu'en 1940. Dans ces conditions, le haut commandement allemand était en mesure non seulement de combler ses pertes en armes et en matériel, mais encore d'équiper de nouvelles unités qui étaient sur le point de voir le jour.

 

 

Sur ce nouveau matériel, de nombreux espoirs étaient fondés, en particulier sur les récents chars et canons d'assaut dont la production s'était singulièrement accrue au cours de l'été de 1943. Le Pzkw-VI « Tigre », puissante machine pesant 56 tonnes, armée d'un canon de 88 ainsi que de deux mitrailleuses, bénéficiait d'un blindage frontal épais de 100 mm (150 mm pour le « Tigre Royal »).

 

 

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Le nouveau char moyen Pzkw-V « Panthère » était aussi entré en production massive et le nouveau canon automoteur « Ferdinand », avec son blindage frontal de 203 mm et son tube à tir rapide de 88 mm, sans compter sa mitrailleuse, était également inscrit sur les plannings de production.

 

 

Les Allemands avaient de plus accordé la plus grande attention au renouvellement du matériel de la Luftwaffe. Celle-ci avait déjà commencé à recevoir de nouveaux appareils, comme le Focke-Wulf-190 A, chasseur dont la vitesse maximale dépassait 680 Km/h, et le Henschel-129, employé en appui direct d'infanterie sur le champ de bataille. Tous les deux possédaient un armement important.

 

 

Tandis qu'ils dotaient leurs forces armées de nouveaux matériels, les Allemands se hâtaient de compléter leurs divisions, qui avaient subi de lourdes pertes. En juillet 1943, les effectifs des forces armées allemandes s'élevaient au total à 10 300 000 hommes, soit à peu près le même chiffre qu'en 1942. La Wehrmacht restait donc une armée puissante, bien équipée et capable d'affronter de durs combats.

 

 

Il est évident que la situation de l'Allemagne se trouvait facilitée du fait qu'aucun second front n'avait encore été ouvert en Europe et son haut commandement profita de l'avantage ainsi offert pour transférer de plus en plus d'unités et de formations sur le front de l'Est. C'est ainsi que 196 des meilleures divisions allemandes (soit les deux tiers de l'armée) purent combattre en compagnie des 32 divisions et 8 brigades fournies par les alliés du Reich, avec quelque 56 200 canons et mortiers, 5 800 chars et canons d'assaut et 3 000 avions.

 

 

« Un phare que le monde verra s'illuminer »

 

 

Le front germano-soviétique restait le plus important de la guerre, si l'on considère que, à la même époque, sept divisions et deux brigades seulement (2,7 %, des forces allemandes) se trouvaient engagées face aux Américains et aux Britanniques. Le reste (91 divisions et 3 brigades) était cantonné dans les territoires occupés.

 

 

Les Allemands décidèrent de porter leur effort sur un étroit secteur qu'on appelait le « saillant de Koursk » et qui avait été créé au cours de l'offensive soviétique de printemps en 1943. La forme même du front dans ce secteur favorisait cette décision. En effet, les forces allemandes concentrées dans les zones d'Orel et de Bielgorod menaçaient les flancs et les arrières des troupes russes placées à l'intérieur du saillant. De même, ce saillant, enfoncé profondément au cœur des défenses allemandes, était de la plus grande importance pour les Russes puisque ceux-ci, à leur tour, pouvaient l'utiliser pour frapper sur les flancs respectifs des forces allemandes d'Orel et de Bielgorod.

 

 

Dès la fin de l'hiver, les Allemands préparèrent leur plan dans le moindre détail. Hitler donna, le 15 avril 1943, l'ordre d'attaquer sur le saillant de Koursk (opération « Citadelle »). Il était précisé : « Cette offensive revêt une importance capitale. Elle doit se conclure par un succès décisif et rapide [...]. Dans la direction de l'effort principal, seront utilisés le meilleur matériel, les meilleures troupes, les meilleurs chefs et les plus grandes quantités de munitions. A chaque échelon, tour les chefs, tous les soldats devront avoir été convaincus à fond de l'importance primordiale de cette offensive. La victoire de Koursk doit être un phare que le monde entier verra s'illuminer. »

 

 

En application des plans de l'opération « Citadelle »», l'effort principal à faire porter sur les forces soviétiques devait être double et venir du sud d'Orel, avec la IXe armée du groupe d'armées Centre, en même temps que du nord de Kharkov, avec la IVe armée blindée et le groupement tactique « Kempff », du groupe d'armées Sud. En dirigeant l'action sur Koursk, le haut commandement allemand comptait encercler et détruire les forces des fronts de Voronej et du Centre qui défendaient le saillant, raccourcir le front et, si l'opération était couronnée de succès, développer leur offensive sur les arrières du front du Sud-Ouest (opération Panthère). Ils n'écartaient même pas la possibilité d'une action consécutive vers le nord-est, pour tourner Moscou et prendre à revers la totalité des forces soviétiques au centre du front.

 

 

En face des fronts de Voronej et du Centre, les Allemands avaient concentré d'énormes forces : les effectifs se montaient à 50 divisions, dont 16 étaient blindées ou motorisées, soit près de 90 0000 hommes avec quelque 10 000 canons et mortiers et 2 700 chars. Une force additionnelle de 20 divisions se trouvait sur l'aile de la force principale, prête à intervenir pour appuyer les troupes d'assaut. C’était donc 70 divisions que les Allemands avaient à leur disposition pour la mission prescrite, plus du tiers de toutes les forces allemandes du front de l'Est, et dont à peu près le quart était constitué de panzers ou de divisions motorisées. Une flotte de plus de 2 000 appareils fournirait l'appui aérien. L'élite de la Luftwaffe se trouvait sur place : le groupe de chasse 51 (« Môlders »), la légion « Condor » et bien d'autres.

 

 

Étant donné l'importance attachée à une telle opération, l’O.K.H., état-major général de l'armée de terre, étudia et modifia plusieurs fois le plan « Citadelle »», Hitler ayant dit à plusieurs reprises qu' « il ne fallait absolument pas échouer »». Les divisions qui devaient prendre part à l'offensive furent mises au repos et complétées au maximum de leurs tableaux d'effectifs en hommes et en matériel. On accorda une attention particulière au terrain et au système défensif des Soviétiques à l'intérieur du saillant. D'après le général allemand Mellenthin, chaque mètre carré en avait été photographié d'avion. Comme il l'écrit dans son livre Batailles de panzers, 1939-1945, « aucune offensive n'avait jamais été préparée avec plus de soin que celle-là ». Grâce à un excellent service de renseignements.

 

 

L'entraînement, lui, avait été rendu aussi réaliste que possible ; les tirs pratiques et les exercices tactiques s'étaient succédé régulièrement. En avril, le général Guderian, à l'époque inspecteur général des blindés, avait inspecté les unités de panzers. Ainsi que devait l'écrire plus tard l'un des membres de l'état-major de l'O.K.W., le général Erfurth, « tout le potentiel offensif que l'Allemagne avait pu rassembler fut jeté dans l'opération Citadelle ». II est bien vrai que l'impossible fut fait pour gagner la bataille de Koursk.

 

 

Après les batailles d'hiver de la saison 1942-1943, l'armée Rouge s'était, de son côté, préparée en vue d'une grande offensive d'été. Bientôt, cependant, il vint à la connaissance des Russes que les Allemands préparaient une offensive décisive sur le front de l'Est. Grâce à un excellent service de renseignements, le haut commandement soviétique fut en mesure de reconstituer non seulement la conception d'ensemble et la direction générale des efforts principaux des forces allemandes, mais encore l'exacte composition de celles-ci, leurs positions, leurs ressources, la date de leur mise en place et, ce qui en découlait naturellement, le moment où l'offensive serait déclenchée.

 

 

Quand ils eurent analysé les plans allemands, les Soviétiques décidèrent de se tenir résolument sur la défensive dans le saillant, d'épuiser l'ennemi par une succession de combats sur des positions préparées et de parachever la destruction des forces de choc de l'Axe au cours de contre-offensives dans les zones d'Orel et de Bielgorod. Si cette dernière action se déroulait de façon satisfaisante, elle se transformerait en une offensive soviétique générale sur un immense front pour bousculer le prétendu « rempart oriental » de l'Axe, tout en liquidant la tête de pont du Kouban.

 

 

La défense effective du saillant de Koursk avait été confiée au front du Centre (général Rokossovski) et au front de Voronej (général Vatoutine). Ayant bien présent à l'esprit le fait que l'ennemi préparait une offensive très importante et lourde de conséquences dans ses prolongements possibles, la STAVKA (1) rassembla de grandes réserves dans la région du saillant et les groupa en un même front de réserve (plus tard appelé front de la Steppe), dont le commandement fut attribué au général Koniev. Les forces de ce front - en fait, réserve générale de la STAVKA (1) - étaient destinées à renforcer les deux fronts, du Centre et de Voronej, dans les secteurs sur lesquels ils seraient le plus menacés, à installer un solide front défensif à l'est de Koursk, enfin à participer à la contre-offensive une fois l'ennemi repoussé et saigné à blanc.- Sur place, la coordination des fronts était à la charge du représentant du haut commandement; le maréchal Joukov, et du chef d'état-major général, le maréchal Vassilievski.

 

 

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Des mesures méticuleuses furent prises pour écarter l'éventualité d'une percée du front par l'ennemi. Les lignes furent renforcées de nombreux canons, chars et avions, les plus grandes concentrations étant effectuées sur les axes qui semblaient les plus probables pour l'attaque. C'est ainsi que, sur le secteur tenu par la XIIIe armée, qui couvrait l'axe le plus exposé, le long de la voie ferrée Orel-Koursk, la moitié presque des régiments d'artillerie de la réserve générale affectée au front furent installés. On dota encore cette armée du 4e corps d'artillerie d'assaut avec ses 484 canons, ses 216 mortiers et ses 432 lance-roquettes de campagne. On avait rassemblé là de quoi constituer une défense d'artillerie à peu près jamais réalisée auparavant : quelque 96 canons et mortiers d'un calibre supérieur à 76 par kilomètre de front, soit une fois et demi plus que la densité obtenue par les Allemands dans l'offensive qu'ils montaient.

 

 

Sur les secteurs tenus par les Vle et VIIe armées de la Garde du front de Voronej, se trouvaient 67% des canons et mortiers du front et 70% de l'artillerie de réserve du haut commandement. Le système de défense soviétique dans le saillant était puissamment articulé en profondeur, doté d'armes jusqu'à saturation, solidement installé dans des tranchées bien organisées et bénéficiait de surcroît d'un grand nombre d'obstacles artificiels (barbelés, mines, etc.).

 

 

Comme les Allemands comptaient sur l'emploi massif des chars pour enlever la décision, les commandants de front accordèrent un soin tout particulier aux défenses antichars, qu'ils conçurent sous la forme de solides nids de résistance complétés par un réseau de champs de mines. Les réserves d'artillerie avaient été affectées et entraînées en conséquence, de même que les détachements mobiles de résistance, le tout en temps voulu. D'une façon générale, les nids de résistance disposaient des dotations suivantes : de 3 à 5 canons chacun, jusqu'à 5 armes antichars, de 2 à 5 mortiers, un nombre de sapeurs oscillant entre un groupe et une section et un groupe équipé de mitraillettes. Sur les axes les plus importants, les nids de résistance antichars avaient jusqu'à 12 canons chacun. On n'avait pas lésiné sur le personnel, pas plus que sur le matériel.

 

 

L'articulation en profondeur des deux fronts du Centre et de Voronej sur les axes probables d'attaque atteignait 150 à 180 kilomètres. Si l'on compte la ligne de défense du front de la Steppe et celle bordant le Don, on arrive à 250 et même 290 kilomètres, comprenant huit lignes de positions renforcées successives qui attendaient l'ennemi. Pour donner une idée de l'étendue des travaux effectués pendant cette période préparatoire, il suffit de mentionner que, dans le secteur du seul front du Centre, plus de 4 000 kilomètres de tranchées et de boyaux de communication furent creusés, ce qui représente approximativement la distance de Moscou à Irkoutsk. Sur le même front, les sapeurs avaient posé 400 000 mines et bombes, et la densité moyenne des champs de mines sur les fronts du Centre et de Voronej atteignait 1500 mines antichars et 1680 mines antipersonnel, soit six fois plus que pour la défense de Moscou et quatre fois plus que pour celle de Stalingrad.

 

 

Les défenses antiaériennes, elles aussi, avaient été préparées avec soin. Neuf divisions d'artillerie antiaérienne, 40 régiments, 17 batteries, 10 trains blindés, 2 divisions de chasseurs de la « défense aérienne du territoire » avaient été rassemblées dans le saillant. Enfin, plus d'un quart des mitrailleuses lourdes et légères et des armes antichars de la principale ligne fortifiée et près de la moitié pour les autres lignes avaient été affectées à la D.C.A.

 

 

Une lourde responsabilité reposait sur les forces aériennes tactiques, qui avaient reçu mission de coopérer avec les unités à terre pour repousser l'attaque allemande et assurer la supériorité aérienne. Et alors même que la préparation n'était pas achevée, les flottes aériennes avaient déjà lancé une série d'attaques contre l'ennemi, sur ses aérodromes, ses nœuds ferroviaires et ses concentrations de troupes.

 

 

Tout le personnel avait reçu un entraînement intensif en vue de la bataille qui se préparait : la priorité avait été donnée à la résistance aux attaques des chars et de l'aviation, ainsi qu'aux contre-attaques à mener contre un ennemi qui aurait percé nos défenses. Les conseils militaires des groupes d'armées, le commandement aux différents échelons, les organes politiques, le parti communiste et les organisations de jeunesse entreprirent tous un effort intensif pour soutenir le moral des troupes et leur apporter de meilleures conditions matérielles. On organisa pour ces troupes des discussions sur des sujets variés, sans oublier les divers moyens de s'opposer aux nouveaux chars ennemis.

 

 

Les tranchées des ménagères

 

 

La population civile des régions intéressées de Koursk, Orel, Voronej et Kharkov apporta son active contribution aux forces armées dans la préparation de la bataille. Dès avril 1943, quelque 105 000 personnes de la région de Koursk - travailleurs agricoles des fermes collectives, employés de bureau, ménagères - étaient déjà réquisitionnées pour la, construction des travaux de défense; au mois de juin, elles étaient 300 000. Des travailleurs des régions libérées fournirent une aide inestimable en construisant une voie ferrée, de Stary Oskol à Rjava, dont la nécessité était vitale pour le ravitaillement du front de Voronej.

 

 

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Au cours des trois mois que dura la préparation, les travailleurs des régions proches des lignes creusèrent des milliers de kilomètres de tranchées dans le saillant, et c'est avec leur aide que 250 ponts et plus de 2 500 kilomètres de routes et de pistes purent être remis en état.

 

 

Au moment du déclenchement des opérations, une imposante force soviétique était en place dans le saillant. Sur un secteur long de 550 kilomètres (13 % de la totalité du front de l'Est), l'armée Rouge avait concentré plus de 20 % de ses forces, près de 20 % de son artillerie, environ 36 % de ses chars et canons automoteurs et plus de 27 % de ses avions.

 

 

Contrairement à ce qui s'était passé à Stalingrad et à Moscou, les forces soviétiques, dans le saillant de Koursk, disposaient d'une légère supériorité numérique dans la proportion de 7 contre 5 pour les hommes, de presque 2 contre 1 pour les canons et les mortiers et de 4 contre 3 pour les chars et canons automoteurs; quant aux avions, le rapport était de 6 contre 5. Néanmoins, comme les Allemands escomptaient une rapide percée, ils avaient concentré la plus grande partie de leurs panzers et de leurs divisions motorisées sur les premières lignes, si bien que si l'on considère le seul secteur du front où devait se produire l'effort principal, ils étaient un peu plus nombreux que les Soviétiques : plus de 2 contre 1 en chars, presque autant en hommes. Sur le secteur de la VIe armée de la Garde (front de Voronej), la supériorité allemande était de presque 2 contre 1 en hommes et de 6 contre 1 en chars. Le haut commandement allemand s'attendait donc à enfoncer facilement la défense soviétique dès le premier coup porté par les panzers dotés d'un puissant appui aérien.

 

 

La nuit qui précéda l'attaque, sur tout le front, une proclamation de Hitler fut lue aux troupes : « Demain, disait-il, vous allez participer à de grandes batailles offensives dont l'issue doit décider du sort de la guerre. Par votre victoire, vous prouverez au reste du monde que, plus que jamais, toute résistance aux armées allemandes est vouée, inévitablement, à l'échec. »

 

 

Mais l'offensive allemande ne s'est pas déroulée de la façon dont les dirigeants du Reich l'avaient escompté. Leurs prévisions n'étaient pas fondées et, surtout, ils avaient été loin de surprendre les Russes. Déjà, dès le 2 juillet 1943, la STAVKA (1), informée par les services de renseignements soviétiques, avait été en mesure d'avertir le commandant du front de Voronej et celui du front du Centre que l'offensive ennemie serait vraisemblablement lancée entre le 3 et le 6 juillet, et avait recommandé vigilance et promptitude dans la riposte. De plus, il faut bien le dire, des prisonniers faits le 4 juillet avaient dévoilé que l'offensive des groupes de choc avait été fixée à l'aube du 5 et que les unités avaient déjà pris place sur leurs lignes de départ.

 

 

Une tempête de feu

 

 

Le commandement soviétique décida donc de lancer une puissante contre-préparation d'artillerie et d'aviation. Le principal objectif du gros de l'artillerie du front du Centre était naturellement constitué par les batteries ennemies. Le front de Voronej, pour sa part, s'en prit également aux batteries qui lui faisaient face et manifestaient de l'activité, mais il dirigea aussi son tir contre les chars et l'infanterie qui se préparaient à l'attaque.

 

 

Le 5 juillet, à 2 h 20, des centaines de canons soviétiques lancèrent une tempête de feu sur les positions ennemies. Le calme des premiers jours de juillet était maintenant bien fini.

 

 

Provoquant des pertes en hommes et en matériel, le contre bombardement affecta aussi le moral des Allemands. Ils commencèrent à comprendre que leurs plans étaient connus, qu'il n'était plus question d'effet de surprise et que les Russes les attendaient de pied ferme. II fallut retarder l'offensive d'une heure et demie à deux heures afin de réorganiser les unités. En fait, le contre bombardement ne pouvait pas, à lui seul, disloquer l'attaque, ni au nord ni au sud du saillant. Voici donc comment les événements se succédèrent :

 

 

Sur la ligne Orel-Koursk, la IXe armée allemande (général Model) commença sa préparation d'artillerie à 4 h 30, avec 90 minutes de retard sur l'horaire prévu, puis de nombreux bombardiers décollèrent à 5 h 10. Sous cette couverture d'artillerie et d'aviation, les chars et l'infanterie passèrent à l'attaque sur un front de 40 kilomètres. Il était 5 h 30. L'action principale était dirigée contre la Xllle armée russe général Poukhov) et les XLVIIIe et LXXe armées à droite et à gauche de la précédente. Trois divisions de panzers et cinq d'infanterie furent alors jetées dans la bataille, tandis que la plus forte poussée avait lieu contre le flanc gauche de la XIIIe armée, en direction d'Olkhovatka, où la défense était assurée par les 15e (colonel Djangava) et 81e (général Barinov) divisions de fusiliers.

 

 

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Quelque 500 chars allemands attaquèrent sur l'axe de l'effort principal : des « Tigre » et des « Ferdinand », par groupe de dix à quinze pour le premier échelon, des chars moyens en deuxième échelon, par groupes de cinquante à cent. L'infanterie suivait. Dans les airs, près de 300 bombardiers, par groupes de cinquante à cent, s'acharnaient en même temps sur la XIIIe armée.

 

 

Le commandement soviétique affecta le gros de la XVIe armée aérienne (général Roudenko) à l'appui de la XIIIe armée. Ce fut, aussi bien au sol que dans les airs, une terrible bataille. Quatre fois les Allemands tentèrent de percer au cours de 1a journée. Quatre fois ils échouèrent. Les Russes se battaient avec une farouche résolution, s'accrochaient à chaque parcelle de terrain, tenaient le plus longtemps possible et passaient ensuite à leur tour à la contre-attaque. Au prix d'efforts démesurés et de très lourdes pertes, les Allemands parvinrent à enfoncer la ligne de défense principale de la XIIIe armée.


Au cours des combats des 5 et 6 juillet, ils avancèrent de dix kilomètres, mais ils avaient laissé sur le terrain 2 500 tués et blessés, 200 chars et canons automoteurs, plus de 200 avions et une bonne partie de leur artillerie et de leur matériel. De plus, presque tous les régiments allemands perdirent une grande partie de leurs officiers. Par exemple, le 195e régiment de la 78e division d'infanterie (23e corps) eut tous ses commandants de compagnie hors de combat en deux jours.

 

 

Les chars allemands ne sont pas passés

 

 

Après leur échec sur Olkhovatka, les Allemands décidèrent que leur objectif principal, le 7 juillet, serait constitué par Ponyri, à la jonction des voies ferrées de Koursk et d'Orel, et de durs combats ensanglantèrent le secteur. Les troupes soviétiques qui tenaient cette zone purent porter de rudes coups à l'ennemi au cours de son avance. Ce jour-là, les Allemands se lancèrent cinq fois à l'attaque et chaque fois furent repoussés par les troupes du général Yenchine (307e division de fusiliers) qui défendirent Ponyri avec un héroïsme comparable à celui dont firent preuve les équipages de chars, les artilleurs et les sapeurs qui minaient les routes au fur et à mesure de l'avance des blindés allemands. Au matin du 8 juillet, 300 chars ennemis environ, appuyés par des fantassins armés de mitraillettes, attaquèrent les positions tenues par le colonel Roukossouiev (3e brigade antichars).

 

 

Les artilleurs soviétiques n'ouvrirent le feu que lorsque les blindés ennemis furent à 700 mètres environ et en détruisirent dix-sept. Mais il ne restait plus qu'un seul canon et trois servants. Les Allemands accentuèrent leur pression ; bientôt, ils eurent perdu deux chars de plus et furent forcés de se retirer. Mais il n'y avait plus de batterie : les derniers survivants avaient été tués par un coup direct.

 

 

Trois heures plus tard, les Allemands revenaient à l'assaut.


La situation était devenue si critique que le commandant de la brigade envoya ce message à l'armée : « 1re et 7e batterie anéanties. Je fais donner mes dernières réserves (la 2e batterie). Demande instamment munitions. Nous tiendrons ou nous mourrons. » Dans cet engagement inégal, presque tout un régiment fut détruit, mais les chars allemands n'étaient pas passés !

 

 

Le 10 juillet, les Allemands avaient engagé la quasi-totalité de leur force d'attaque mais avaient échoué dans leur mission d'enfoncer le front soviétique et d'anéantir l'armée Rouge au nord de Koursk. Les chars et l'infanterie ennemis marquaient le pas et, ce faisant, subissaient des pertes considérables. Sur l'axe principal de leur attaque, ils n'avaient avancé que de dix kilomètres, et la IXe armée, ayant perdu près des deux tiers de ses chars, fut contrainte de passer à la défensive. Pendant ce temps, le front soviétique du Centre, une fois l'assaut ennemi brisé et Koursk dégagé par le nord, se préparait à la contre-attaque.

 

 

Au sud, les Allemands n'eurent guère plus de succès. Là encore, ils lancèrent à l'attaque d'importantes forces le premier jour: quatorze divisions (5 d'infanterie, 8 de panzers et une motorisée) du groupe d'armées Sud du maréchal von Manstein. L'effort principal était dirigé contre le secteur tenu par la VIe armée de la Garde (général Tchistiakov) et mené par la IVe armée blindée commandée par le général Hoth. Il visait Oboïan. De son côté, le 3e corps blindé du groupe « Kempff » procédait à une attaque secondaire en direction de Korotcha, contre la VIIe armée de la Garde, aux ordres du général Choumilov. On comptait à peu près 700 chars dans l'attaque principale du premier jour de l'offensive, les divisions étant fortement appuyées par l'aviation (on a pu observer environ 2 000 sorties sur le front de Voronej).

 

 

Les 52e et 67e divisions de fusiliers de la VIe armée de la Garde eurent à soutenir un choc d'une violence inouïe et leur résistance, tout comme celle de la VIIe armée de la Garde, fut si opiniâtre que l'ennemi se vit dans l'obligation d'engager toutes les réserves de la IVe armée blindée et du groupe tactique Kempff » au cours du premier jour.

 

 

Le commandement du front de Voronej décida de protéger au maximum Oboïan et, dans la nuit du 5 au 6, des unités de la 1re armée blindée (général Katoukov) et des 2e et 5e corps blindés de la Garde (du front de réserve) vinrent prendre position sur la deuxième ligne défensive, tandis que la VIe armée de la Garde était renforcée en artillerie antichar.

 

 

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Au matin du 6, ce fut une nouvelle attaque allemande qui déclencha des combats très meurtriers. Le général Popel, membre du conseil militaire de la 1re armée de la Garde, devait écrire par la suite dans ses Mémoires : « Je pense que ni moi ni aucun des autres officiers présents n'avions vu tant de chars ennemis réunis pour une seule action. On aurait dit une charge de cavalerie sur laquelle Hoth aurait tout misé. Pour chacune de nos compagnies, forte de 10 chars, les Allemands alignaient 30 à 40 blindés. Hoth savait bien que rien n'était trop cher, quels que fussent les pertes et les sacrifices, pour s'ouvrir la route de Koursk. »

 

 

Au soir de la deuxième journée, l'attaque ennemie en direction d'Oboïan avait enfoncé la ligne principale de défense au centre du front tenu par la VIe armée de la Garde et s'était approchée de la deuxième ligne, sur laquelle les divisions soviétiques s'étaient repliées. Là, les Allemands furent arrêtés par les corps blindés. La plupart des chars avaient été enterrés et constituaient maintenant autant de nids dont fantassins et artilleurs se servaient comme de remparts pour bâtir une impressionnante barrière de feu. L'attaque allemande sur Korotcha ne fut pas plus payante que les autres.

 

 

Les avions soviétiques apportèrent un soutien efficace aux défenseurs, tant en s'attaquant aux chars et à l'infanterie de l'ennemi qu'en disputant la maîtrise du ciel à la Luftwaffe. Le lieutenant Gorovets établit une sorte de record en abattant neuf avions ennemis au cours du même engagement, mais lui-même fut tué.

 

 

La fine fleur des S.S.

 

 

N'ayant pas réussi à emporter la décision dans le secteur d'Oboïan, les Allemands firent alors porter leur effort principal sur Prokhorovka, afin de tourner Koursk par le sud-est. Là, ils jetèrent dans la bagarre la fine fleur de la Waffen S.S. des panzers conduite par les généraux les plus expérimentés. Ils pensaient qu'ils finiraient par trouver la victoire. Ils avaient rassemblé dans ce secteur 700 chars et canons d'assaut, dont une centaine étaient des « Tigre », tandis que le groupe tactique a Kempff », avec ses 300 chars, montait une attaque secondaire également sur Prokhorovka, mais venant du sud.


Le commandant du front de Voronej, en accord avec la STAVKA, décida de monter une contre-offensive d'envergure contre le coin enfoncé par les Allemands. Le rôle principal dans l'opération fut confié aux deux armées qui provenaient de la réserve de la STAVKA, la Ve de la Garde (général Jadov) et la Ve blindée de la Garde (général Rotmistrov), appuyées par la IIe armée aérienne (général Krassovski), une partie de la XVIIe (général Soudets) et des unités de la force aérienne de bombardement à long rayon d'action.

 

 

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Le 12 juillet, dans la plaine de Prokhorovka, se déroula la plus grande bataille de chars de ta guerre. Au petit matin, dans un espace relativement restreint, au milieu de noirs nuages de poussière et de fumée, deux masses impressionnantes de blindés - au total 1 500 engins s'avancèrent l'une vers l'autre pour s'affronter. Le général Rotmistrov, en rappelant l'histoire de cette bataille, fait remarquer que c'est l'avant-garde de la Ve armée blindée de la Garde, son armée, qui enfonça les lignes allemandes à toute vitesse.

 

 

Ce fut une belle mêlée. Au milieu de cet enchevêtrement de chars, les canonniers des engins soviétiques tiraient à bout portant sur les « Tigre ». Du champ de bataille s'élevait un fracas assourdissant de moteurs qui rugissaient, de métal qui s'entrechoquait et de canons qui crachaient, tandis que cette scène dantesque se trouvait éclairée par les flammes qui dévoraient chars et canons automoteurs. L'affrontement se poursuivit, impitoyable, tard dans la soirée. Les Russes avaient fait preuve d'un courage extraordinaire. Une fois de plus, l'ennemi n'avait pas pu s'ouvrir la route de Koursk.

 

 

Au cours de cette seule journée, les Allemands avaient perdu plus de 350 chars, plus de 10 000 officiers et soldats, pour une progression de 30 à 40 kilomètres. Cette journée du 12 juillet marque d'ailleurs un tournant dans la guerre, car c'est ce jour-là que les fronts soviétiques de Briansk et de l'Ouest déclenchèrent leur offensive contre les troupes ennemies de la région d'Orel. Les forces allemandes connurent alors des heures critiques car elles furent contraintes de passer à la défensive au sud de Koursk et de commencer à décrocher vers leurs positions de départ. Le 16, le gros des unités de la Wehrmacht entama sa retraite, protégé par une forte arrière-garde, tandis que les troupes du front de Voronej se lançaient à leur poursuite, suivies, le 19, par celles du front de la Steppe. Au 23 juillet, les Allemands se retrouvèrent sur les positions mêmes qu'ils avaient quittées le 4. Leur troisième grande offensive à l'est se soldait par un échec.

 

 

En résumé, à l'issue de cette offensive, on peut dire que les troupes soviétiques avaient magnifiquement rempli la mission qui leur avait été assignée. Pour les Allemands, épuisés, saignés à blanc, la roue de la Fortune avait tourné : l'armée Rouge venait de prendre l'avantage. L'opération « Citadelle », préparée avec tant de minutie et de patience, et sur laquelle les nazis comptaient pour reprendre l'initiative, avait abouti finalement à un revers cuisant.

 

 

260 canons au kilomètre

 

 

Déjà, au cours de la bataille, les Soviétiques s'étaient penchés sur le problème du déroulement de la contre-offensive qui allait suivre. L'idée générale de l'opération d'Orel avait été arrêtée : il s'agissait de désarticuler les défenses ennemies au moyen d'un certain nombre d'actions convergentes, puis d'anéantir, une par une, les unités isolées. Les actions envisagées étaient au nombre de quatre

 

 

• Par le front de l'Ouest (général Sokolovski), en direction de Bolkhov et de Khotinetz, de façon à couper l'ennemi dans le saillant d'Orel;

 

 

• Par le front du Centre, en direction de Kromy, afin d'opérer la jonction avec le front de l'Ouest;

 

 

• Par le front de Briansk (général Popov), double action en direction de la région de Novossil, pour déborder Orel à la fois par le nord et par le sud.

 

 

Dans la tête de pont d'Orel, les forces allemandes comprenaient 27 divisions d'infanterie, 8 de panzers et deux divisions motorisées des lie et IXe armées du groupe d'armées Centre, au total 600 000 hommes, 6 000 canons et mortiers, environ 1 000 chars et canons automoteurs. Enfin plus de 1 000 avions de combat étaient disponibles pour les appuyer. Le secteur était bien fortifié et c'est seulement le long de l'étroite bande de terrain par laquelle ils avaient lancé leur attaque et pénétré dans les lignes soviétiques que les forces de première ligne allemandes n'avaient pas préparé de position. Sur le secteur face à l'aile gauche du front de l'Ouest et à la droite et au centre du front de Briansk, jusqu'à la région de Novossil, la construction de positions défensives avait été commencée plus d'un an auparavant, en mars 1942. Plus au sud, en face de l'aile gauche du front de Briansk et du milieu du front du Centre, les travaux avaient été entrepris à la fin de mars 1943.

 

 

En raison de l'importance qu'ils accordaient à Orel, les Allemands avaient installé dans cette ville un solide réseau de défenses avec un système très développé de fortifications protégées par des obstacles. En profondeur du système défensif se trouvaient de nombreuses lignes successives avec secteurs fortifiés, principalement le long des cours d'eau. La plupart des villages avaient été installés en hérissons. Les lignes de défense établies à l'avance et le grand nombre de cours d'eau qui les doublaient constituaient de sérieux obstacles pour l'offensive soviétique. C'était du reste la première fois que les troupes russes se trouvaient en présence d'une organisation défensive aussi perfectionnée et aussi puissante. L'enfoncer allait exiger une grande habileté, un moral solide et beaucoup de mordant. Le commandement soviétique décida donc d'attaquer en profondeur et fournit aux troupes chargées de cette mission de puissants moyens en artillerie. II est intéressant de remarquer ici que, pour la première fois depuis le début de la guerre, une densité d'artillerie de 260 canons et mortiers au kilomètre avait été atteinte dans le secteur de la XIe armée de la Garde du front de l'Ouest (général Bagramian).

 

 

La préparation de la contre-offensive exigea de prêter la plus grande attention au ravitaillement en munitions et en carburant, de même qu'à l'entraînement des troupes en vue d'enfoncer des positions défensives permanentes. Les chefs d'unité et les dirigeants politiques avaient veillé à ce que chaque soldat fût bien conscient de la mission particulière dont était chargée son unité. Dans les batteries, dans les compagnies, sur le front, de très nombreuses réunions avaient été organisées à cet effet par le parti et les Komsomols.

 

 

Au début des opérations dans le secteur d'Orel, la supériorité soviétique était de l'ordre de 2 contre 1 pour les hommes, de 3 contre 1 pour les canons, de 7 contre 3 pour les chars et de 3 contre 1 pour les avions. En manœuvrant avec audace, cette supériorité fut encore accrue dans les secteurs prévus pour la percée.

 

 

Le 12 juillet, à la suite d'une intense préparation d'artillerie et de bombardement aérien, l'aile gauche du front de l'Ouest et ta totalité des forces du front de Briansk se mirent en marche tandis que les Allemands, dans le secteur Bielgorod-Kharkov, tentaient encore de percer la face sud du saillant et que la IXe armée se préparait à reprendre son action sur Koursk par le nord.

 

 

Au soir du 13, la XIe armée de la Garde avait enfoncé les positions ennemies, à la suite d'un combat acharné, sur un front de 20 kilomètres. De leur côté, les troupes d'assaut du front de Briansk, avec la LXIe armée (général Belov) en avait fait de même sur un front de 10 kilomètres.

 

 

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Quant à la Ille armée (général Gorbatov) et à la LXIIIe armée (général Kolpaktchi), elles s'étaient enfoncées dans les lignes sur une quinzaine de kilomètres. Mais les troupes soviétiques se trouvaient encore en face d'une défense organisée et avaient de durs combats en perspective pour venir à bout des innombrables nids de résistance qui s'échelonnaient en profondeur dans le système défensif ennemi.

 

 

Le « lion de la défense » rugit

 

 

L'offensive de la IIe armée blindée avait forcé les Allemands, dès le premier jour, à rameuter des réserves vers les secteurs menacés. En même temps, les commandements des 1er armée blindée et IXe armée avaient été réunis et placés entre les mains d'un seul responsable, le général Model, connu dans l'armée allemande sous le nom de « Lion de la défense ». En prenant son commandement, le 14 juillet, il envoya aussitôt une instruction à la lie armée blindée, instruction dans laquelle il disait : - « L'armée Rouge vient de lancer une offensive sur l'ensemble du saillant d'Orel. Nous allons engager une bataille qui peut décider de tout. A cette heure, qui exige de chacun le plus grand des efforts, je viens de prendre le commandement de votre armée qui a fait ses preuves au combat. » D'autres ordres suivirent, impératifs : les troupes devaient absolument arrêter les formations soviétiques et tenir jusqu'au dernier homme, quoi qu'il arriva.

 

 

Mais les instructions d'un général ne pouvaient suffire à enrayer l'offensive victorieuse de l'armée Rouge, pas plus que de simples ordres n'étaient capables de maintenir au cœur des soldats allemands la foi en la victoire du IIIe Reich.

 

 

Ceux-ci ne pouvaient s'empêcher d'évoquer la mémoire de leurs compatriotes tombés à Moscou, à Stalingrad, à Ponyri, à Prokhorovka. Ainsi, en dépit des renforts considérables venus de tous les autres secteurs du front pour soutenir le saillant d'Orel, la contre-offensive soviétique se poursuivit.

 

 

Le 19 juillet, la XIe armée de la Garde qui avait maintenant pris l'initiative - avait percé le front sur une profondeur de 70 kilomètres et le gros de ses forces poussait au sud en direction de Khotinetz. Les forces du front de Briansk, elles, avaient triomphé de la résistance allemande, enfoncé plusieurs lignes de défense intermédiaires et, le 17 juillet, elles ouvrirent une brèche de 30 kilomètres de large et de 20 kilomètres de profondeur. La Luftwaffe redoublait d'activité pour arrêter l'armée Rouge, mais les pilotes soviétiques leur rendaient la pareille.

 

 

L'escadrille française « Normandie » combattait au coude à coude avec les aviateurs soviétiques et ses pilotes montraient les plus belles qualités de courage, d'adresse et de détermination dans la lutte qui les opposait à la Luftwaffe.

 

 

En attirant de nombreuses forces allemandes de la région d'Orel loin du saillant de Koursk, l'offensive des fronts de Briansk et de l'Ouest avait créé une situation des plus favorables pour le front du Centre. Celui-ci en avait terminé avec ses concentrations de troupes le 14 juillet et passait à l'attaque le 15. Le 18 juillet, son aile droite avait complètement liquidé le coin allemand enfoncé dans les défenses soviétiques en direction de Koursk, réoccupé son front précédent et elle était prête à attaquer Kromy.

 

 

Les combats devenaient de plus en plus âpres et la STAVKA décida d'accentuer la supériorité des forces soviétiques. Le front de l'Ouest reçut ainsi l'ordre d'engager dans la bataille la IVe armée blindée (général Badanov), la XIe armée (général Fediouninski) et le 2e corps de cavalerie de la Garde, qui étaient en réserve, et le front de Briansk d'y lancer la Ille armée blindée de la Garde (général Ribalko).

 

 

Ces réserves se trouvaient loin en arrière. Pour les amener sur les lieux des combats, il fallut surmonter de nombreux obstacles auxquels vint encore s'ajouter une pluie torrentielle qui inonda les routes. La LXIe armée (front de Briansk) et les XIe armée de la Garde et IVe armée blindée (front de l'Ouest) libérèrent Bolkhov, le 29 juillet, et continuèrent leur avance vers Orel par le nord, menaçant les communications de l'ennemi entre Orel et Briansk. Au même moment, les forces du front de Briansk débordèrent largement le flanc ennemi dans la région de Mtsensk, le forçant à se replier. Le front de Briansk, cependant, n'avait pas interrompu sa progression sur Orel, qu'il abordait de l'est. De jour en jour, la situation de l'ennemi s'aggravait et le général Model demanda à Hitler la permission de se retirer de la tête de pont d'Orel, lui annonçant, assez mal à l'aise, qu'il fallait éviter « un autre Stalingrad ».

 

 

En raison de la gravité de la situation sur l'ensemble du front de l'Est et en particulier du danger mortel menaçant ses forces à Orel, le haut commandement allemand s'était déjà résigné, dès le 26 juillet, à abandonner toute la zone d'Orel et à ramener ses troupes sur la ligne Hagen » (positions défensives installées à l'est de Briansk) au cours d'une retraite organisée, utilisant des positions intermédiaires, entre le 31 juillet et le 17 août. C'est sur une profondeur de près de 100 kilomètres que le terrain avait été dégagé, permettant ainsi à plus de vingt divisions de renforcer le front et de s'opposer aux offensives soviétiques en s'accrochant sur la nouvelle ligne de défense, considérablement réduite.

 

 

Les Allemands, soucieux d'assurer un repli méthodique depuis la pointe de leur saillant d'Orel, avaient pris toutes les précautions voulues pour en protéger les flancs, mais leurs plans furent déjoués par les attaques soviétiques. Le maréchal von Kluge, commandant du groupe d'armées Centre, dans l'estimation des forces en présence dans ce secteur, écrivait : « L'état-major du groupe d'armées est pleinement conscient du fait que ses intentions premières de harceler l'ennemi le plus souvent possible au cours du repli sont aujourd'hui irréalisables en raison de l'état d'extrême fatigue de nos troupes et de la réduction sensible de leur potentiel de combat. Le problème, maintenant, c'est de décrocher vite du saillant d'Orel, le plus vite possible. » Dans la nuit du 3 au 4 août, les unités de tête des IIIe et LXIIIe armées soviétiques s'étaient ruées sur Orel et, le 5, la ville avait été complètement débarrassée des Allemands.

 

 

Salves pour l'armée Rouge

 

 

Les 5e, 129e et 380e divisions de fusiliers, la 17e brigade blindée de la Garde et un certain nombre d'unités des forces aériennes, qui s'étaient spécialement distinguées au cours des combats pour Orel, furent autorisées à porter le nom de la bataille à titre de récompense. A Moscou, le 5 août au soir, des salves d'honneur furent tirées pour la première fois, pour célébrer les combattants qui avaient libéré Orel et Bielgorod. De ce jour date la coutume de saluer à Moscou par des salves les victoires de l'armée Rouge.

 

 

Au 5 août, les forces du front du Centre approchaient de l'important nœud routier de Kromy, où se trouvait la base de ravitaillement de l'ennemi. Au 18 août, le front de Briansk et l'aile droite du front du Centre étaient arrivés au contact de la ligne de défense allemande où l'ennemi s'était retranché. Le saillant d'Orel était nettoyé et les forces allemandes qui s'y trouvaient, au lieu de partir à la conquête de Koursk comme prévu, avaient subi une défaite totale.

 

 

L'activité des partisans russes avait contribué au succès d'Orel. Entre le 21 juin et le 3 août seulement, ceux de la région d'Orel avaient fait sauter plus de 10 000 rails, et paralysé ainsi les embranchements et les gares remplis de trains allemands, proies de choix que les bombardiers soviétiques attaquèrent systématiquement.

 

 

Le « choc en retour » des Soviétiques s'étendit sur trente-sept jours, au cours desquels l'armée Rouge progressa vers l'ouest sur 150 kilomètres, environ, brisant les plans d'attaque des Allemands sur Koursk par le nord, repoussant sur Briansk une importante force ennemie, anéantissant une quinzaine de divisions allemandes et créant ainsi des conditions favorables pour la poursuite de l'offensive vers l'ouest.


Les forces des fronts de Voronej et de la Steppe, elles, avaient dû commencer la contre-offensive dans une situation difficile. Les combats défensifs, d'abord, puis la poursuite de l'ennemi leur avait coûté de lourdes pertes en hommes et en matériel. Maintenant, elles avaient en face d'elles un ennemi solidement installé sur ses positions défensives dans les régions de Bielgorod et de Kharkov.

 

 

Un ennemi harcelé et démoralisé

 

 

Les Allemands furent abusés par le calme relatif qui régna sur la face sud du saillant de Koursk du 24 juillet au 2 août. Comme ils restaient dans l'ignorance de ce que les Soviétiques préparaient et que leur propre estimation des forces ennemies et de leur déploiement dans le secteur était erronée, ils étaient loin de s'attendre à une grande offensive de l'armée Rouge sur ce point, à si brève échéance. De plus, ils ne disposaient plus, à l'époque, que de forces très réduites dans le saillant d'Orel. Enfin, le front du Sud-Ouest devait lancer son offensive à partir de la zone d'Izioum, le 17 juillet en direction de Barvenkovo, tandis que le front du Sud déclenchait la sienne sur le Mious.

 

 

Au cours de ces opérations, le front du Sud-Ouest avait franchi le Donetz septentrional en plusieurs points et menaçait de se ruer sur les arrières de l'ensemble des troupes allemandes du Donbass, tandis que le front du Sud avait enfoncé la ligne, fortement défendue, du Mious et s'était emparé d'une tête de pont, sur sa rive occidentale. Le haut commandement allemand avait, en conséquence, commencé à transférer ses troupes de la zone relativement tranquille de Bielgorod-Kharkov vers les régions d'Orel et du Donbass pour renforcer ses positions. Ainsi, le haut commandement soviétique, en organisant une coopération stratégique méticuleuse sur l'ensemble du front, avait réuni toutes les conditions favorables à une contre-attaque des fronts de Voronej et de la Steppe, en direction de Bielgorod et de Kharkov.

 

 

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Les forces principales des deux fronts se trouvaient donc maintenant rassemblées au nord de Bielgorod, bien placées pour déclencher un assaut frontal sur le point de suture de la IVe armée blindée et du groupement tactique « Kempff », contre un ennemi épuisé et démoralisé par l'échec de son offensive sur Koursk. Toutes ces données ayant été prises en considération et afin de réduire au minimum les délais de préparation de l'opération, il fut décidé de ne pas essayer de procéder à une concentration compliquée et de frapper immédiatement un grand coup avec les forces des deux fronts vers le sud-ouest en direction de Bogodoukhov, Balka et Novaia Vodolaga, de façon à couper la IVe armée blindée du groupement tactique « Kempff » et de les détruire tous les deux.

 

 

Dans cette phase de l'opération, le front de Voronej devait affronter plus particulièrement la IVe armée blindée, en l'attaquant par l'est sur Akhtyrka, tandis que le front de la Steppe obliquerait au sud, vers Kharkov, en bousculant au passage les défenses allemandes de la rive droite du Donetz septentrional. Au moment où le front de la Steppe approchait de Kharkov, la LVIIe armée du général Malinovski (front du Sud-Ouest) frapperait à l'ouest, de façon à tourner Kharkov par le sud. Cette opération avait été préparée très rapidement et avait demandé de gros efforts de la part du commandement, des états-majors et des organismes politiques.

 

 

Les forces allemandes, en face, se composaient de 18 divisions, dont 4 de panzers - au total quelque 300 000 hommes - avec plus de 3 500 canons et mortiers et 600 chars, environ, appuyés par les 900 avions de la IVe flotte aérienne. Elles occupaient des positions bien installées comportant un grand nombre d'ouvrages défensifs.

 

 

La défense tactique de la zone était constituée par deux ceintures qui s'étendaient en profondeur sur une vingtaine de kilomètres. La ligne principale de défense était articulée elle-même en deux positions, chacune d'elles comportant une série de points d'appui et de nids de résistance que reliaient entre eux de profondes tranchées, elles-mêmes dotées de boyaux de communication. Tous les villages avaient été équipés de façon à assurer une défense prolongée tous azimuts; quant aux villes de Kharkov et de Bielgorod, elles avaient été entourées d'efficaces ouvrages en bois ou en béton puissamment armés.

 

 

Au moment où l'opération allait se déclencher, les forces soviétiques disposaient d'une supériorité de 3 contre 1 en effectifs, de 4 contre 1 en chars et en artillerie et de 3 contre 2 en aviation. L'habileté du commandement avait encore accru cette supériorité dans les secteurs où devaient s'effectuer les percées.

 

 

La force de frappe principale du front de Voronej devait être constituée de formations des Ve et Vle armées ainsi que de la 1re armée blindée et de la Ve armée blindée de la Garde. Une concentration massive d'artillerie et de chars assurerait une pénétration rapide des défenses allemandes échelonnées en profondeur. A titre d'exemple, le secteur de la Ve armée de la Garde comptait 230 canons et mortiers et 70 chars au kilomètre. Une disposition particulière du plan d'opérations prévoyait que le front de Voronej lancerait les deux armées blindées dans la brèche faite par les deux armées d'infanterie, de façon à réaliser une pénétration profonde et rapide.

 

 

La contre-offensive fut déclenchée dans la matinée du 3 août, après trois heures de bombardement par l'artillerie et l'aviation. A 13 heures, dès que l'infanterie eut entamé la position principale de l'ennemi, avec la Ve armée de la Garde, les blindés entrèrent en action. Les brigades de tête tirèrent parti des trouées pratiquées dans les ceintures défensives et poussèrent en profondeur. Le 4 août, dans cette région, les groupes de choc soviétiques livrèrent de durs combats et poursuivirent leur progression au sud sans s'occuper des nids de résistance. Ils avancèrent ainsi de vingt kilomètres, et, le 5, le 270e régiment du colonel Seriougine, de la 89e brigade de fusiliers de la Garde, les avait conduits dans Bielgorod.

 

 

Ce coup puissant et inattendu des Soviétiques avait considérablement détérioré la situation des Allemands dans le Sud. Les divisions de panzers, fraîchement arrivées d'Izioum, de Barvenkovo et du Mious, battirent hâtivement en retraite non sans être malmenées par une série d'attaques aériennes.

 


L'action des partisans ukrainiens contre les voies ferrées à l'arrière des lignes allemandes fournit une aide efficace aux troupes soviétiques : ils avaient fait dérailler plus de 1 000 trains de ravitaillement et de renforts au cours des mois de juillet et d'août.

 

 

Une lettre du front

 

 

Les brèches pratiquées dans leur système défensif et les pertes subies dans les premiers jours- de la bataille avaient complètement démoralisé les Allemands. Dans une lettre adressée à son frère, un sous-officier, Otto Richter, dit :

 

 

« Mon cher Kürchen. Tu me connais. Je ne suis pas de ceux gui perdent la tête et qui s'affolent. J'ai toujours cru en notre mission et en la victoire. Mais aujourd'hui, ce seront mes adieux. Que cela ne te surprenne pas, je dis bien mes adieux. A jamais. Il y a peu de temps, nous partions à l'attaque. Tu ne peux pas te faire une idée de l'horreur et de l'accablement qui nous attendait. Nos soldats s'avançaient bravement, mais les Russes, de vrais démons, ne voulaient pas céder d'une semelle : chaque mètre nous coûtait la vie de plusieurs camarades. Et quand, à leur tour, ces excités nous foncèrent dessus, nous autres qui essayions de nous sauver, on peut dire qu'ils nous ont sonné les cloches! Nous avons abandonné Bielgorod hier. Nous ne sommes plus beaucoup... Dix-huit seulement, sur toute la compagnie. Et encore, nous n'avons pas trop à nous plaindre : à la 1e, ils ne sont plus que neuf!... Mon Dieu! Comment tout cela va-t-il finir ? »

 

 

Revenons aux troupes des fronts de Voronej et de la Steppe. Elles poursuivaient toujours l'ennemi. Des éléments de la 1er armée blindée et de la VIe armée de la Garde, après avoir progressé de près de 100 kilomètres en cinq jours de combats ininterrompus, s'étaient emparés, le 8 août, de l'un des centres de résistance les plus importants de l'ennemi, la ville de Bogodoukhov, coupant ainsi en deux les forces allemandes de la zone Bielgorod-Kharkov.

 

 

Le 11 août au soir, les troupes du front de Voronej avaient considérablement élargi la trouée vers l'ouest et le sud-ouest, et leur aile droite avait atteint les points d'appui de l'ennemi à Boromlia, Akhtyrka et Kotelva, tandis que leur aile gauche avait coupé la voie ferrée Kharkov-Poltava au sud de Bogodoukhov et dépassé Kharkov à l'ouest, créant ainsi une sérieuse menace pour les forces allemandes qui s'acharnaient encore à défendre la région de Kharkov. L'offensive du front de la Steppe, de son côté, avait également progressé entre le 8 et le 11 août et atteint le périmètre extérieur des défenses de Kharkov. La LVIIe armée soviétique (général Gagen), qui avait franchi le Donetz septentrional et s'était emparée de l'important centre ennemi de Tchougouiev, s'approchait, elle aussi, de Kharkov, mais par l'est et le sud-est.

 

 

Les Allemands faisaient maintenant des efforts désespérés pour entraver la progression soviétique et essayer de conserver Kharkov, dont la perte ouvrirait aux Russes la porte de l'Ukraine. C'étaient spécialement les unités qui s'avançaient au sud de Bogodoukhov qui les inquiétaient car elles laissaient prévoir leur encerclement dans Kharkov par l'ouest et le sud. Le haut commandement allemand décida alors de jeter dans la balance le gros des forces qu'il avait fait venir du Donbass. C'est ainsi que, le 11 août, se trouvaient rassemblées dans la région trois divisions de panzers des Waffen S.S., reconstituées après avoir beaucoup souffert : les divisions a « Das Reich », « Totenkopf » (Tête de mort) et « Viking ». On les lança contre la IIe armée blindée et sur une partie du flanc gauche de la VIe armée de la Garde.

 

 

De sanglants combats se déroulèrent au sud de Bogodoukhov, entre le 11 et le 17 août. Les Allemands avaient réussi à reprendre la supériorité en chars, grâce à l'appoint des divisions de Waffen S.S., ils purent ainsi repousser les Russes de 20 kilomètres vers le nord. Mais, le commandement soviétique ayant immédiatement envoyé sur ce point critique la Ve armée blindée de la Garde, l'ennemi ne put parvenir à percer le front pour prendre à revers la force de frappe du front de Voronej. Le 17 août, les pertes subies par lui le contraignirent à la défensive.

 

 

A la suite de cet échec, le haut commandement allemand prépara, vers le milieu du mois d'août, une offensive contre Bogodoukhov à partir de l'ouest (région d'Akhtyrka). Son intention était de couper le saillant au sud d'Akhtyrka, de pousser sur Bogodoukhov et de détruire le gros de la masse de manœuvre du front de Voronej. Mais, de son côté, te haut commandement soviétique, devinant cette manœuvre, concentra dans le secteur des forces fraîches prêtes à réagir. En trois jours de combats intenses, du 18 au 20 août, le front de Voronej fit échouer cette nouvelle tentative ennemie, d'abord en arrêtant l'avance allemande, puis en la rejetant sur sa ligne de départ.

 

 

La front de la Steppe, lui, avait enfoncé, le 13 août, la ceinture extérieure des défenses ennemies disposées autour de Kharkov, mais les Allemands continuaient à mener un wombat retardateur acharné en s'appuyant sur un système défensif bien articulé. Ils savaient que si Kharkov tombait, c'étaient toutes leurs troupes du Donbass q ui seraient en danger, aussi avaient-ils décidé de stabiliser le front et de conserver entre leurs mains la région industrielle de Kharkov, à quelque prix que ce frit. Von Manstein avait reçu des ordres en conséquence.

 

 

Du 18 au 22 août, les combats furent particulièrement farouches sur les flancs du front de la Steppe. Finalement, au soir du 22, la Ve armée de la Garde et la LIIIe armée avaient dépassé Kharkov à l'ouest et au sud-ouest, cependant que la VIIe armée de la Garde et la LVII° armée en avaient fait autant au sud-est et à l'est. Les Allemands étaient donc presque complètement encerclés. Ils ne contrôlaient plus que la route et la voie ferrée de Kharkov à Merefa et à Krasnograd, bien que cet étroit couloir fût constamment soumis aux attaques aériennes des Russes.

 

 

Le commandant du front de la Steppe, le maréchal Koniev, écrit:

 

 

« Quelle solution adopter, tel était le problème. Nous pouvions, bien sûr, engager la totalité des moyens qui nous étaient nécessaires pour couper _ ce couloir, encercler l'ennemi dans la ville et l'y achever. Mais détruire une force aussi importante dans une ville aussi fortifiée nous aurait pris beaucoup de temps et causé beaucoup de pertes. Il y avait une autre solution prendre la ville d'assaut, en chasser l'ennemi et réduire à néant, en rase campagne, ce qui lui restait déforces. »

 

 

Dans l'après-midi du 22 août, les Allemands commencèrent leur évacuation. Afin de leur interdire une retraite en bon ordre, de récupérer ce qui aurait été pillé et d'éviter la destruction de la ville, le commandant du front de la Steppe ordonna un assaut dans la nuit. La charge de s'emparer de la ville elle-même fut confiée à la LXIXe armée (général Krioutchenkine) et à la VIIe armée de la Garde. Toute la nuit, ce furent des combats de rue extrêmement violents. Les Allemands avaient transformé les immeubles en autant de blockhaus en installant de l'artillerie de moyen calibre aux étages inférieurs et des tireurs munis d'armes automatiques aux étages supérieurs. Enfin, toutes les voies qui menaient à la ville avaient été soigneusement minées et barricadées. Mais les troupes soviétiques, ayant contourné les fortifications de l'ennemi avec adresse, s'infiltrèrent au milieu de ses défenses et attaquèrent sa garnison avec audace et détermination. A midi, le 23, à l'issue de ce combat acharné, la ville, qui avait eu tant à souffrir des Allemands, était complètement débarrassée d'eux. La plupart des unités ennemies avaient été écrasées et les quelques survivants s'enfuyaient le long de la Merefa et de la Mja, avec l'armée Rouge à leurs trousses, laquelle récupérait des quantités de matériel abandonné.

 

 

Les forces soviétiques avaient détruit environ 15 divisions ennemies. Elles menaçaient maintenant toute l'aile sud du front allemand et disposaient d'une excellente position favorable à une offensive qui libérerait l’Ukraine « de la rive ouest » et atteindrait le Dniepr.

 

 

Dernière bataille pour la victoire

 

 

La bataille de Koursk s'était terminée par une brillante victoire des Soviétiques sur un ennemi habile et encore dangereux. C'est - avec Stalingrad - un des événements les plus importants de toute la guerre ; l'un des plus décisifs. Elle avait commencé au moment où l'équilibre des forces penchait en faveur de l'armée Rouge, dont le commandement, à tous les échelons, marquait également de grands progrès.

 

 

Elle avait vu ensuite l'armée Rouge repousser la dernière tentative d'offensive d'été sur laquelle les Allemands comptaient pour retourner la situation, préserver l'Axe de la dislocation et réduire les conséquences politiques de la défaite de Stalingrad.

 

 

La « dernière bataille de l'Allemagne pour la victoire » - ainsi s'exprimaient les Allemands eux-mêmes en parlant d'elle - avait été perdue. Le Reich nazi et la Wehrmacht voyaient maintenant se dresser devant eux le spectre redoutable de la catastrophe. Keitel, le chef d'état-major de l'O.K.W., devait plus tard déclarer qu'après la défaite subie par les forces allemandes au cours de l'été de 1943 le haut commandement allemand savait que la guerre ne pouvait plus être gagnée par les armes.

 

 

Le prestige de l'Allemagne venait de subir une irréparable atteinte.

 

 

Sur les 70 divisions engagées dans la zone de Koursk, 30 avaient été détruites, dont sept de panzers.

 

En cinquante jours de combats, les Allemands, de leur propre aveu, avaient eu plus de 500 000 hommes tués, grièvement blessés ou disparus. L'armée Rouge avait fermement repris l'initiative stratégique et elle devait la conserver pendant tout le reste de la guerre. En un mot, Koursk était véritablement le point extrême du tournant décisif qui avait été amorcé à Stalingrad.

 

 

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L'échec de l'offensive allemande sur Koursk devait porter le coup de grâce à toute la propagande allemande bâtie autour du mythe de la « nature saisonnière » de la stratégie soviétique, qui voulait que l'armée Rouge ne fût en mesure de partir à l'attaque que pendant les mois d'hiver. Les faits avaient montré qu'elle était capable, été comme hiver, de se battre. Une fois de plus, le haut commandement allemand avait mésestimé la puissance de l'armée Rouge et surestimé sa propre puissance et ses moyens. Parlant des batailles de l'été, Churchill a écrit

 

 

« Les trois immenses batailles de Koursk d’Orel et de Kharkov, qui se sont toutes trois déroulées dans l'espace de deux mois, avaient sonné le glas de l'armée allemande sur le front de l'Est. »

 

 

Le groupe de dirigeants allemands qui se partageait le pouvoir comprit que le moment était venu d'imaginer de nouvelles méthodes de faire la guerre. Il fut donc décidé de rester sur la défensive sur la totalité du front germano-soviétique, d'imposer à l'armée Rouge une guerre de positions et de gagner ainsi le temps nécessaire pour tenter de convaincre Américains et Anglais qu'on était arrivé à la « mi-temps » et qu'il convenait maintenant de profiter du rempart de l'Allemagne hitlérienne si l'on voulait préserver l'Europe du « péril rouge ». L'armée Rouge n'en laissa pas l'occasion. Elle continua de plus belle à frapper, sans interruption, tandis que le gouvernement soviétique mettait tout en œuvre pour que fussent appliquées les décisions prises d'un commun accord par les Alliés.

 

 

La troisième contre-offensive (après Moscou et Stalingrad) conduite avec brio par les Soviétiques avait amené les Allemands à jeter sur le front de l'Est tout ce qui leur restait comme forces importantes. C'est ainsi que de nombreuses formations de chasseurs et de bombardiers, de même qu'une grande quantité d'unités et de groupes des autres armes, durent être prélevées sur le théâtre d'opérations de la Méditerranée. Cette ponction facilita grandement le débarquement des Alliés en Italie.

 

 

Quant aux relations de l'Allemagne avec les autres pays de l'Axe, elles devinrent nettement plus délicates. A l'annonce de la défaite de Koursk, les dirigeants de Finlande, de Hongrie et de Roumanie multiplièrent les efforts entrepris depuis Stalingrad pour trouver une solution à leur situation, qui devenait de plus en plus difficile. La victoire de l'armée Rouge, d'un autre côté, avait insufflé une vigueur nouvelle à la lutte que les différents pays occupés menaient dans l'ombre contre l'« ordre nouveau » que Hitler entendait instaurer en Europe.

 

 

Cette victoire de Koursk avait eu, d'autre part les plus heureux effets chez les Alliés ; elle renforça les sentiments de solidarité des différents peuples avec l'Union soviétique. Le président Roosevelt, lui-même dans un discours aux Américains, le 28 juillet, s'était exprimé ainsi : « L'offensive allemande - qui maintenant a vécu - lancée au début de ce mois n'était que la dernière tentative désespérée du Reich pour relever le moral de son peuple. Mais les Russes ne se sont pas laissé surprendre... Jamais il n'a été donné au monde entier d'assister à la démonstration de tant de dévouement, de tant de détermination, de tant d'esprit de sacrifice [...] que ceux manifestés par le peuple et les armées russes. »

 

 

La cause principale de l'échec de la stratégie des offensives de la Wehrmacht était la croissance constante, tout au long de la guerre, de la puissance de l'État soviétique et de ses forces armées, et la bataille de Koursk n'a fait qu'apporter un nouveau témoignage des talents militaires soviétiques. Enfin, la défaite des Allemands à Koursk était à peine consommée que, déjà, se préparait une grande offensive pour les mois à venir.

 

 

L'armée Rouge allait attaquer sur un front de 2 000 kilomètres, de Velikié Louki à la presqu'île de Taman.

 

 

PARTIE 2 :   CARTES

 

 

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Carte détaillant l'offensive allemande « Zitadelle » : Période du 5 au 23 juillet 1943.

 

 

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Carte de la contre-offensive russe : du 12 juillet au 23 août 1943.

 

Notes :

1 -  StavkaLe 23 juin 1941, au lendemain de l'invasion allemande de l'URSS pendant la Seconde Guerre mondiale (la Grande Guerre patriotique), la Stavka est constituée par un décret top secret signé par Staline en sa qualité de chef du gouvernement et du Parti communiste de l'Union soviétique pour diriger l'Armée rouge. Selon ce décret, la Stavka est comp

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26 JUILLET 1953 – 26 JUILLET 2013 : 60 ANS DE LUTTE POUR LA LIBERTÉ BONNE FÊTE NATIONALE Á CUBA SOCIALISTA !

26 Juillet 2013, 10:29am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le

Le Mouvement du 26 Juillet, dit M-26-7, a été créé à l’initiative de Fidel Castro qui voulait regrouper les camarades survivants de l'attaque de la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba, le 26 juillet 1953.

 

Il y a donc aujourd’hui, juste 60 ans qu’a eu lieu cet événement historique qui allait changer la vie de millions de cubains… et c’est la Fête à Cuba pour marquer cet anniversaire.

 

Cette attaque menée par 123 jeunes cubains contre le régime dictatorial de Fulgencio Batista, le caniche des USA, est dirigée par un jeune avocat de 26 ans, Fidel Castro, elle est l’un des plus grands actes de résistance contre l’Empire et ses mafieux qui avaient fait de

Cuba, un lieu de trafics, de débauche, de corruptions, de blanchiments, et de décadence… sans oublier l’exploitation des travailleurs. 

 

En 1953, la caserne de la Moncada est une garnison de 400 hommes, elle est la place forte de la région de Santiago de Cuba, où des propriétaires terriens exploitent et spolient des milliers d’immigrés haïtiens dans des conditions de travail et de vie déplorables. 

 

Alors même si, par manque de pratique et de stratégie militaire, l'attaque de la caserne de la Moncada fût un échec militaire, elle aura des conséquences directes sur la révolution et certainement l’acte fondateur qui a conduit au socialisme réel. 

 

Cette attaque du 26 juillet 1956 à Santiago sonnera donc, sans le savoir, la naissance de la révolution cubaine et le glas de Batista et de la présence des USA sur l’île. Ce n’est que 30 mois plus tard que débutera réellement la Grande Révolution Cubaine qui a fait rêver

des générations de progressistes et de révolutionnaires, quand  le 2 décembre 1956, 82 (12 survivront aux tirs des soldats de la junte pour se  réfugier dans  la Sierra Maestra)  camarades  guérilleros du M-26 débarqueront de  la Granma  sur  la plage de  Las Coloradas,  avec l’intention de renverser Batista et de prendre le pouvoir, elle se terminera le 1er janvier 1959 à La Havane, voilà pourquoi le 26 juillet est la Fête Nationale Cubaine. 

 

Cette attaque dans la soirée du 26 juillet 1956 aura un effet de surprise, mais   les soldats professionnels de Batista se montreront d'une sauvagerie sans pitié pour les survivants capturés qui seront interrogés à mort ou assassinés à coup de crosse, plus de 60 assaillants seront ainsi tués.

Quant à Fidel Castro, il sera arrêté 5 jours plus tard, le 1er  août et condamné à une peine de 15 ans de prison, puis forcé à l’exil en 1955, c’est cette année-là qu’il rencontrera, un certain Ernesto Guevara…l’histoire fera le reste !

 

Aujourd’hui encore des politiciens, des historiens ou des journalistes se demandent toujours pourquoi à l’issue de la révolution, des milliers de militaires ont été fusillés après avoir été jugés pour assassinats. Que tous  ces pseudos intellectuels,  se rendre dans la caserne de la Moncada, devenue un musée national, pour se rendre compte des supplices infligés et des tortures subies par ceux qui voulaient la liberté et la dignité pour Cuba.

Ceux qui ont la chance de visiter la Moncada ressortent différents.

 

Mais de ce fait, cet événement historique du 26 juillet 1953 allait changer la vie de millions de Cubains…  

 Ce sera la pierre angulaire de la Révolution cubaine qui prit fin avec la prise du pouvoir le 1er janvier 1959...

Depuis c'est le socialisme qui fait le bonheur des Cubains, même si les mafieux ou les vieilles familles expropriées (ex les rhums Bacardi) montrent une terrible hostilité, et malgré des difficultés dues à plus de 50 ans d'embargo étasunien compensé 30 ans par l'URSS puis désormais par la Chine, la Corée du Nord, l'Iran et le Venezuela et les pays de l'Alba.

 

C'est le socialisme malgré toutes les rumeurs fomentées par les anticommunistes qui martèlent qu’à Cuba le peuple serait en prise à une dictature policière (les prisons seraient pleines d'opposants politiques)... et pourtant, les élections à tous les niveaux sont véritablement démocratiques « malgré » ou grâce au parti unique... et les recordmen du monde en termes de prisonniers politiques, sont les USA suivis par Israël... (rapport ONU et AI)

 

C'est le socialisme, car le club des centenaires s'agrandit d'année en année grâce à la médecine, à la recherche, au respect des anciens, à la culture biologique pratiquée sur l’île, et à une mortalité infantile qui est au même niveau que la France (puissance n° 5) et inférieure aux USA (puissance n° 1)

 

C'est le socialisme, car personne ne souffre de la faim grâce aux 15 jours d'aliments de base gratuits par mois et par Cubain, personne ne meurt dans la rue, car tout le monde veille sur tout le monde (le système policier c'est cela), personne n'est dehors sans toit, car le logement est un droit constitutionnel et gratuit,

 

C'est l'organisation socialiste qui fait que Cuba est l'endroit du monde où malgré les violents ouragans, il y a le moins de morts lors des tempêtes tropicales,

 

C'est le socialisme, car les enfants cubains ont l'un des meilleurs systèmes éducatifs, scolaires et universitaires du monde et c'est gratuit de la maternelle à Bac +10,

 

C'est le socialisme, car chaque Cubain a accès à l'un des plus performants systèmes de santé du monde et là aussi c'est complètement gratuit.

 

Quant à ceux qui n'ont plus d'emplois, ils sont pris en charge et formés dans des centres de formations pour adultes, le temps nécessaire à leur reconversion dans un autre métier.

 

Aussi n'écoutez pas le chant des sirènes, capitaliste et de ses valets de pied, qui vous trompent et vous emmènent dans les abîmes de la misère et de l'exploitation de l'homme par les profits jusqu'à l'épuisement.

Car si à Cuba les salaires sont bas, c'est que tout est presque gratuit, tandis qu'en France.

 Le pouvoir d’achat est en berne, la paupérisation est en recrudescence, la misère fait rage, les chômeurs désœuvrés battent le trottoir en quête d’emploi, les grévistes de plus en plus nombreux, à résister aux délocalisations et aux fermetures d’usines.

 Les SDF au bord des routes, qui insistent pour quémander de quoi manger, mais pas de quoi se loger, ce serait trop demander.

Les immigrants balayant les rues, ramassant les ordures, affairés à mille et un boulots, toujours menacés d’être déportés.

Et tous ceux d’une infinie misère qui se terre et parfois surgit de sous terre et fixe du regard sur le devant des étalages de la surabondance hors de prix.

 

VIVE LE PEUPLE CUBAIN ET SA RÉVOLUTION ! VIVE LE M-26, GLOIRE À SES COMBATTANTS ET À SON CHEF FIDEL CASTRO !

 

 

26 JUILLET 1953 – 26 JUILLET 2013 :  60 ANS DE LUTTE POUR LA LIBERTÉ BONNE FÊTE NATIONALE Á CUBA SOCIALISTA !

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« Un jour comme un autre, dans une agence bancaire.. ». Témoignage

25 Juillet 2013, 15:22pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

« Moi, conseiller dans une agence bancaire... »

 

 

 

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Moi, conseiller dans une agence bancaire, je travaille dans l’une des grandes banques françaises, comme conseiller aux particuliers. Le poste est accessible dès Bac+2.

Je précise que je ne me destinais pas à cette branche, ayant un diplôme en gestion de patrimoine, mais comme tant d’autres jeunes j’ai pris ce qu’il y avait à prendre.

L’année de travail est rythmée par des challenges commerciaux. Avant mon arrivée, jusqu’au milieu des années 2000, ils duraient 2 mois ; et étaient entrecoupés de 15 jours off. Aujourd’hui, ils durent 4 mois, et ne s’arrêtent qu’entre fin juillet et début septembre.

L’année, donc le temps, sont constamment rythmés par cette course aux résultats, qui met chacun en concurrence avec ses voisins. Et maximise le résultat global en maintenant perpétuellement les moins bien classés sous pression. Cela ne crée certes pas de Troubles musculo-squelettiques, mais c’est usant à la longue.

La quasi-totalité des produit sont quantifiés, sur un objectif final à réaliser à terme, et un plan de marche quotidien à respecter pour l’atteindre : épargne logement, assurance vie, collecte (faire entrer plus d’argent qu’il n’en sort), prévoyance, assurances, comptes courants,…

La course ne s’arrête jamais. Et maintient l’espace-temps dans un court termisme absolu.

Parce qu’il faut non seulement réussir l’objectif final, mais aussi être « dans le vert » (respecter le plan de marche au jour le jour), sur le fichier Excel de votre n+1/n+2. Et ça sur tous les compteurs comme ils disent, idéalement.

Je suppose que les objectifs annuels sont tout bonnement divisés par le nombre conseillers, et « saisonnalisés » selon les priorités du moment.

« Conseiller » est d’ailleurs un terme plutôt destiné à la communication externe. En interne, nous sommes appelés « vendeurs ».

Quoi qu’il en soit, l’obtention de bons résultats pour chaque supérieur hiérarchique, du sommet à la base, dépend de l’atteinte de leurs objectifs par ses subordonnés directs.

Pas forcément révolutionnaire cette organisation. Mais insidieuse, car la pression s’accroît plus on descend dans la hiérarchie. D’autant qu’à chaque échelon les collaborateurs sont également en concurrence entre-eux. Ce qui incite mécaniquement à des comportements peu vertueux vis-à-vis du public, voire même dangereux pour l’entreprise elle-même.

Car seule l’obtention de (très) bons résultats dans la durée peut vous permettre d’accéder à l’échelon suivant. Pour un conseiller, cela signifie être régulièrement aperçu dans les 15/20 premières places sur au moins 12 à 18 mois. Et produire un chiffre d’affaires considérable.

Nous sommes ainsi par exemple lourdement incités à « compléter » l’ouverture d’un compte courant ou un changement de carte bleue par la vente d’assurances additionnelles. Celles-ci ne sont pas intégrées au package de base, et donc non obligatoires. Mais la consigne est répétée lors des réunions commerciales.

Curieux, quand dans le même temps une des devises commerciales de l’établissement indique que l’intérêt de la banque passe après celui du client.

Concrètement, il s’agit d’annoncer au client le prix assurance incluse, à charge pour lui de comprendre qu’elle n’est dans les faits qu’optionnelle… Pas mal.

Concernant la bourse, les dirigeants ont bien compris l’aversion au risque intrinsèque à l’épargnant « moyen » français, ainsi que son potentiel manque de réactivité face à la volatilité des indices. Surtout depuis que la maison a eu quelques démêlés judiciaires dans ce domaine

Dorénavant, il sort en moyenne chaque année un ou deux produits de type : fonds à promesse.

Le capital y est garanti à une échéance qui varie de 4 à 8 ans quoi qu’il arrive. La performance dépend des résultats sur la période, de l’indice de référence. Qui peut être un indice (Cac 40), ou un panier d’indices. Si l’indice de référence est positif à terme, le rendement le sera aussi, mais dans une fourchette déterminée à l’avance. Le rendement est nul ou quasi si l’indice est stable ou négatif. Mais si l’épargnant a besoin de tout ou partie de la somme avant échéance, il sort au cours du jour (donc potentiellement en perte), et perds de facto 4% de pénalité sur le capital investi.

Si comme moi vous lisez régulièrement avec plaisir Olivier, ou d’autres (Paul Jorion par exemple), vous savez que mettre en quarantaine plusieurs milliers d’euros sur le marché action à l’heure actuelle est probablement sensiblement téméraire.

Et ce d’autant plus si le client investisseur n’a que pas ou peu d’épargne facilement disponible par ailleurs. Mais si la direction a décidé de mettre l’accent sur ce produit (ou que le n+2 a décidé de “se montrer” pour consolider son évolution future), il va bien falloir « produire ». Tant pis pour ceux qui auront besoin de leur argent en cours de route. Ou qui s’apercevront dans 6 ans que, compte tenu de la chute de l’indice, ils y ont gagné moins que rendement d’un livret A…soit moins que l’inflation!!

Les reportings sont un bon moyen de coercition. Comme dans beaucoup d’entreprises, les managers sont debriefés chaque semaine, et font de même avec leurs subordonnés.

Mais quand les choses vont mal au classement, les choses s’intensifient. On peut vous appeler/convoquer tous les jours pour savoir où vous en êtes. Vous envoyez en session de rattrapage accélérée, pour vous remettre sur les rails. Vous imposez des séances de phoning, pour avoir plus de grain à moudre ensuite ; et vous y superviser physiquement. Parce qu’il y a évidemment un nombre minimal de rdv à effectuer sur la semaine.

Normal me direz-vous, qu’on ne soit pas payé à rien faire. Sauf qu’il ne s’agit pas selon moi de conseil tel qu’on pourrait le concevoir naïvement. C’est simplement statistique. Plus vous avez d’opportunités, plus vous produirez. Régulièrement en retrait commercialement, vous pouvez faire une croix sur toute forme d’évolution. Mais à terme, c’est votre place même qui peut être en danger.

Alors oui, les résultats sont globalement obtenus. De toutes les façons si vous n’êtes pas content, vue la situation du marché de l’emploi vous n’êtes pas franchement en position de vous rebeller ; ce qu’ils ont bien compris croyez-moi. Et, entre-nous soit dit, ça semble être peu ou prou la même chose ailleurs.

Mais si vraiment l’effondrement final doit avoir lieu, avec le cataclysme boursier qu’on peut imaginer, ou seront les managers qui ont préconisés ce fonds dans 4/5 ans ? Promus, soit sur un meilleur emplacement au même grade, soit dans les hautes sphères de la banque. Les conseillers eux seront passés directeurs d’agences, ou conseiller pro. Chacun aura (selon son grade) tiré profit financièrement/professionnellement de l’opération.

Simplement, la vraie gestion de portefeuille nécessite un suivi long terme; d’autant plus si le produit ne permet de sortie qu’à 4, 6, ou 8 ans. Mais la multiplication des objectifs et autres campagnes commerciales, le volume d’activité et les contraintes administratives (reporting) peuvent rendre ce suivi délicat.

L’obsession du court terme, encore et toujours

Et la mobilité (interne ou externe) inhérente à notre marché du travail actuel.

J’ai vu des clients littéralement s’effondrer dans mon bureau. Les autres, la majorité, sont à la fois résignés et pleins de colère, presque épidermique chez certains, dès que le sujet est abordé.

Ils ont pour la plupart investis en haut de la désormais fameuse bulle Internet du début des années 2000. Ou au milieu des années 2000, peu avant le début du grand chambardement actuel. Bien garnis leurs PEA et comptes-titres, encouragés par leurs conseillers de l’époque, eux-mêmes largement poussés à faire “profiter de rendements intéressants” à leur client. Aujourd’hui, les clients pleurent quand je leur annonce qu’ils n’ont que deux solutions:

 

faire le dos rond en attendant une hypothétique remontée (de l’inflation?? Ça oui peut-être..)

basculer en fonds euros, pour regagner sa mise, déduction faite des droits d’entrées, en disons…12 ans?? (“Bah oui Mme, c’est du 3% par an…”)

 

Mais en réalité, je ne suis moi-même là que pour leur vendre le dernier rejeton du produit en question!!

Ou autre chose. Tout ce que je pourrai en fait.

Ici aussi, rien n’a changé.

Les stratégies du top management ces derniers mois m’ont également mis la puce à l’oreille.

Les lecteurs assidus que nous sommes de ce blog savons qu’en réalité l’édifice financier entier est moribond depuis 2008. Donc eux le savent aussi, énarques de leur état.

Comment un tel fiasco a-t-il bien pu se produire?? Quid de la suite sur cette branche d’activité?

Je suis comme vous, informé par le web… Là-dessus, no comment.

Ça laisse le sentiment diffus d’une grande précipitation, voire d’un aveuglement financier bien connu.

Plus récemment, il a été décidé d’appliquer une tarification forfaitaire aux comptes courants dits inactifs, c’est-à dire sans opération sur au moins 12 moins consécutifs. La modification, applicable quelques mois plus tard, a été imposée aux clients via l’envoi d’un simple courrier, et n’a même pas été concertée avec la base. C’était soit ça soit clôturer volontairement son compte. Sympa! Comme souvent dans ce cas de figure, nous recevons (après coup) un argumentaire type à rétorquer en cas de contestation. Nous l’avons donc découvert sur le tas.

Pour information, il s’agit d’une multiplication unilatérale du prix annuel par 10…

L’affaire a évidemment fait du bruit. Le bouche à oreille, avec les réseaux sociaux et autres associations de consommateurs, ça peut aller si vite. A tel point que la banque a dû se dédire publiquement, allant même jusqu’à remettre en cause le tarif initialement imposé, et l’importance même du courrier. (!)

Personnellement j’ai « perdu » 50 000€ d’objectifs sur mon portefeuille dans cette histoire.

Si la même mésaventure est arrivée à plusieurs collègues face à des clients mécontents, ce sont facilement des sommes astronomiques qui s’évaporent instantanément du bilan de la banque.

Et rendent aussitôt la réalisation des objectifs (de collecte) hypothétique. Si vous connaissez beaucoup de commerçants capables de faire passer une aussi grosse pilule facilement, appelez-moi.

Qui a décidé des objectifs ?

Le board.
Qui a décidé d’augmenter si soudainement les tarifs?

Le board.
Qui viendra me tancer si jamais je ne réalise pas mes objectifs?

Le même board.

Résultat des courses : l’augmentation tarifaire (donc le gain escompté) s’éloigne, au moins temporairement, mais commercialement/médiatiquement le mal est bel et bien fait.

On dit merci qui

Ce même board accueille depuis quelques temps l’un des ex-dirigeants d’une des plus prestigieuses banques étrangères.

Ici aussi, on voit que « rien n’a changé ».

En faillite en 2008 à cause des prêts toxiques, la valeur de l’action de cette banque s’est effondrée à ce jour de plus de 95% sur les 5 dernières années.

Si le Pdg de l’époque est bien parti avec environ 700k€ de primes, il y a aussi eu 9000 postes détruits. Tout ceci a bien évidemment coûté des dizaines de milliards au contribuable local ; puisque la banque a été nationalisée. Et là aussi, soit dit en passant, on a socialisé les pertes (après avoir privatisé les profits pendant les belles années).

Du coup, je suis devenu plus ou moins imperméable à ces discours moralisateurs parlant d’efforts, de courage, de mérite ou encore de responsabilité.. Qu’ils me soient appliqués individuellement dans mon travail, ou qu’ils concernent plus généralement la sévère dérégulation (accélérée) en cours sous nos yeux un peu partout, d’ailleurs.

Car ici aussi il faut « réduire les coûts ».

Mon agence a perdu deux postes de conseillers en seulement quelques années. Dans les grandes agglomérations, les agences ont été fusionnées deux par deux. Cela permet d’économiser sur les doublons ; notamment de ne payer qu’un seul directeur plutôt que deux.

Le “survivant”, sera secondé sur le terrain par un collaborateur non cadre, chargé en clair de faire tourner la boutique quand le directeur est absent. Pratique le collaborateur, il assure et, même légèrement promu, coûte deux fois moins à l’entreprise.

De très nombreux départs ne sont pas remplacés. Des services externalisés. Ce qui altère mécaniquement, soit la qualité du service, soit le bien-être des collaborateurs.

Sur la partie non bancaire, le guichet public a été refait 3 fois sur les dernières années. De 5 positions de travail, il est passé à 4, puis 2, puis 1. En tout juste 6 ans ! Chapeau.

J’appellerais cela l’allégorie de la grenouille pour ceux qui connaissent. Ce guichet dorénavant unique est de plus en plus intermittent. Régulièrement fermé une voire deux heures avant l’heure officielle. Nous disons « panne informatique » là où il faudrait dire : pas de personnel. Ou plus exactement: pas de volontaires pour assumer, à ses frais, les conséquences d’une réorganisation dont il sort individuellement plus perdant que bénéficiaire. Un guichetier non bancaire est embauché au Smic.

Certains clients mécontents nous traitent alors de nantis, feignants, etc.  Comique, alors que leur inconfort a pour cause une vision rationnelle des coûts.

Toujours sur le non bancaire, le samedi est devenu le jour de l’étudiant. Ils sont de plus en plus à venir en extra, faire le travail. Ils sont aux côtés de stagiaires et intérimaires, eux aussi en expansion. Parfois 3 ou plus simultanément ! Pratique, la boutique tourne avec des stagiaires qui coûtent entre 400 et 500 euros par mois. Les intérimaires eux sont renouvelables au mois.

Ah, le coût du travail

Symboliquement, et très visuellement, la vente y est devenue l’essentiel de l’activité, au détriment du service d’intérêt général. Ces derniers temps je constate que ma propre rémunération variable semble se corréler inversement à la pression subie.

L’endroit où se créée facilement le précédent, la brèche, qui sera ensuite généralisée à toutes les catégories (cf les retraites).

Non, pas de quatorzième mois. Le treizième? J’aurais bien aimé.. 200€ d’intéressement et puis s’en va…

Ma banque ne fonctionne pas différemment du modèle que la finance généralise dans toute la société. Dérégulation pour tout horizon. Course à la performance individuelle, soi-disant synonyme


d’enrichissement futur. Cet enrichissement ne concerne en réalité que le dernier décile.

Nous autres ne sommes qu’un indispensable marchepied. Joli jeu de dupes.

Signé : un lecteur du blog sur le blog d'Olivier Berruyer

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Patrick Artus, directeur des études à la banque Natixis, vient de comprendre

25 Juillet 2013, 15:10pm

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« Un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro »

 

L’éditorialiste du journal « LES ECHOS », Jean-Marc Vittori, vient de comprendre que plusieurs pays de la zone euro vont faire défaut.

Et maintenant, dans le journal « LA TRIBUNE », c’est Patrick Artus.

Ils commencent à comprendre !!

A propos des défauts de paiement des pays de la zone euro, Patrick Artus écrit :

 

« Un défaut est inévitable pour les pays les plus vulnérables de la zone euro »

 

La Tribune : Mais n’y a-t-il pas un danger d’une réaction en chaîne si l’un des pays de la zone euro fait défaut ?

Patrick Artus : Le problème, c’est que l’on n’a pas mis en place les institutions nécessaires pour permettre d’éviter la contagion. Par exemple, si demain le Portugal fait défaut, nous n’avons rien pour empêcher les marchés d’attaquer les autres dettes européennes. Quant à l’OMT, il est inefficace parce qu’il ne peut être déclenché que si un pays demande à être placé sous-programme d’aide. Il n’intervient qu’après le désastre, alors que ce mécanisme devrait être préventif. Mais il n’y a pas que cela. Il faut aussi prendre en compte le fait que les banques sont d’énormes détenteurs de dette publique. Pour qu’il y ait un défaut organisé, il faut prévoir avant une recapitalisation des banques. Or, le MES n’est pas prêt. Donc pour l’heure, un défaut signifierait automatiquement une crise bancaire.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130723trib000777111/patrick-artus-un-defaut-est-inevitable-pour-les-pays-les-plus-vulnerables-de-la-zone-euro.html

Les pays européens qui vont faire défaut sont les suivants :

Grèce, Italie, Portugal, Irlande, Belgique, France, Espagne, Royaume-Uni, Chypre, et plus si affinités.

1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 305,291 milliards d’euros, soit 160,5 % du PIB.

2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2034,763 milliards d’euros, soit 130,3 % du PIB.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 208,284 milliards d’euros, soit 127,2 % du PIB.

4- Irlande : dette publique de 204,054 milliards d’euros, soit 125,1 % du PIB.

5- Belgique : dette publique de 394,220 milliards d’euros, soit 104,5 % du PIB.

6- France : dette publique de 1870,294 milliards d’euros, soit 91,9 % du PIB.

7- Espagne : dette publique de 922,828 milliards d’euros, soit 88,2 % du PIB.

8- Royaume-Uni : dette publique de 1385,701 milliards de livres sterling, soit 88,2 % du PIB.

9- Chypre : dette publique de 15,342 milliards d’euros, soit 86,9 % du PIB.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-22072013-AP/FR/2-22072013-AP-FR.PDF

 

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Mon adversaire, c'est le monde de la finance ou l’art d’embobiner les naïfs

25 Juillet 2013, 14:58pm

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L’Assemblée nationale adopte le projet de loi d’"affirmation des métropoles" contre la "libre volonté des communes"

25 Juillet 2013, 12:15pm

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L’Assemblée nationale a adopté mardi en première lecture le premier projet de loi de l’acte III de la décentralisation du gouvernement Ayrault, créant des métropoles dont celle de Paris.

Ce  projet de loi, avait été voté en première lecture au Sénat dans des termes très différents.

Il a  été adopté par 294 voix contre 235. Au sein de la majorité, les écologistes et les radicaux de gauche ont joint leurs voix à celles du PS.

le Front de Gauche a voté contre.

A droite, UMP et UDI ont voté contre.

258 membres du groupe socialiste sur 292 ont voté pour.

Trois  ont voté contre : MM Burroni,  Ciot et  Maggi des Bouches du Rhône.

Ces trois députés avaient publié un communiqué le 16 juillet précisant qu’ils mandataient l’un d’entre eux pour « amender le texte proposé afin de le faire évoluer vers un projet plus consensuel et plus pertinent; c’est-à-dire un pôle métropolitain voulu et soutenu par 109 des 119 Maires, par 5 des 6 Présidents d’EPCI et par 6 des 8 Sénateurs des Bouches-du-Rhône ». 

7 autres députés du groupe socialiste républicain et citoyen se sont abstenus dont Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne, maire du Kremlin-Bicêtre et président du MRC.

Les dix députés du groupe du front de gauche ont voté contre.

G. Charroux,  député (GDR) des Bouches du Rhône, a résumé à sa façon le débat :

La coopération intercommunale "se fonde sur la libre volonté des communes d’élaborer des projets communs de développement au sein de périmètres de solidarité"  Cette définition est issue de notre droit à l’article L-5211-1 du code général des collectivités territoriales. Il s’agit bien d’un  fondement basé sur la libre volonté des communes (…) le projet de loi que nous examinons est bien loin de cette théorie. Il faut donc trouver une nouvelle définition qui serait désormais : « La coopération intercommunale, avec la création des métropoles, se fonde sur l’obligation pour les communes d’élaborer des projets définis par une structure centralisée imposée par l’Etat. »

 Le projet de loi sera discuté en seconde lecture au Sénat à la rentrée de septembre.

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Renflouement d'Adevia : le groupe communiste refuse de prendre part au vote (03-07-13)

25 Juillet 2013, 12:12pm

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Avenir de la Française de Mécanique : Bertrand Péricaud défend une motion d'urgence (03-07-13)

25 Juillet 2013, 12:05pm

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L'ANI est a peine promulgué que les licenciements commencent grâce à la procédure allégée de licenciements... Merci Hollande et le PS

23 Juillet 2013, 10:53am

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Extrait de Médiapart.fr : Article complet ICI

 
 
L'ANI est a peine promulgué que les licenciements commencent grâce à la procédure allégée de licenciements... Merci Hollande et le PS
 
Dans le Puy-de-Dôme, une salariée explique : « Si on m'avait expliqué ce que signifiait l'Ani, j'aurais été de toutes les manifestations comme pour les retraites en 2010. » Marie pleure en se mordant les doigts. Elle ne connaît « rien au droit du travail », n'a pas fait d'études. Lorsqu'au printemps dernier, les détracteurs de l'accord national interprofessionnel dit de « sécurisation de l'emploi » ont appelé les salariés à manifester dans toute la France contre ce texte qualifié de « casse sociale », cette ouvrière de la papeterie Elba à la Monnerie-Le-Montel dans le Puy-de-Dôme, ne s'est pas sentie « concernée ». Non syndiquée, en CDI depuis trente ans dans une entreprise en bonne santé, elle n'a pas jugé bon d'aller protester contre « ce cadeau de la gauche au Medef »...

...Ce n'est que ce lundi 8 juillet qu'elle a réalisé « la tragédie » que représente pour elle ce texte devenu loi le 14 juin dernier, après le feu vert du Conseil constitutionnel. Et notamment le décret qui bouleverse la donne en matière de licenciements économiques collectifs. Lorsque son patron, le groupe Hamelin, leader de la papeterie de qualité, a annoncé, à quinze jours des vacances, qu'il allait rayer de la carte dès le mois d'octobre leur usine ainsi que deux autres sites en France, à Troyes dans l'Aube et Villeurbanne dans le Rhône, soit deux cents emplois sacrifiés.

Hamelin n'a pas perdu de temps pour profiter des outils que lui confère désormais la nouvelle législation. Il n'a même pas attendu que les cadres hiérarchiques de l'administration du travail (les Direccte) soient, le 5 juillet, formés par leur ministère à ce Code du travail revisité par pans entiers. Dès le 2 juillet, soit au lendemain de l'entrée en vigueur de la mesure concernant les licenciements collectifs, il a déroulé en comité européen d'entreprise son plan de restructuration, invoquant la crise du secteur. Le 8, il en informait les salariés.

Et la première réunion de négociation du plan social, prévue ce 25 juillet, intervient étonnamment à la veille de la date où l'usine ferme pour congés durant trois semaines, réduisant un peu plus le délai de deux mois déjà très court durant lequel le comité d'entreprise peut se retourner.

S'il voulait tuer toute velléité de lutte, Hamelin ne pouvait pas mieux s'y prendre. D’autant qu'en supprimant la possibilité d’intervention du juge des référés durant la procédure, la nouvelle loi désarme les représentants des salariés. Exit l'avocat qui pouvait suspendre en amont le plan, jouer la montre, gagner jusqu'à un an de répit. Quant au délai de deux mois, il ne permet plus à l’expert, éventuellement désigné par le comité d’entreprise, d’analyser sérieusement la validité du motif économique des licenciements comme par le passé. Désormais, seule l’administration du travail donnera un avis, lequel se limitera à juger la qualité des reclassements des salariés, sans aucune possibilité de contester le bien-fondé du motif économique...unilatérale de l'employeur –, elle aura 21 jours à compter du 25 septembre pour homologuer ou non le plan.

En Auvergne, c'est le premier PSE qui découle de l'Ani qui a tant fracturé la gauche. Et c'est aussi un premier cas d'école en France pour l'administration de Michel Sapin. Car la méthode comme le calendrier du groupe Hamelin, 454e fortune de France selon le magazine Challenges, 3 000 salariés dans 21 pays, 700 millions d'euros de chiffre d'affaires, plus connue pour ses marques Oxford, Canson, Bantex, Super Conquérant, interrogent. Jusque dans les étages de la Direccte Auvergne où un proche du dossier reconnaît en “off” « un comportement de voyou où le minimum a été prévu en matière de congés de reclassement (4 mois au lieu de douze mois), d'indemnités supra-légales ». Ira-t-elle jusqu'à l'invalider ?...

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"La politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité" (Pierre Laurent)

23 Juillet 2013, 10:30am

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"La politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité, c'est bien le problème". Tel est le constat de Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, reprochant ce lundi 22 juillet, à François Hollande et Jean-Marc Ayrault une politique d'austérité

 
"La politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité" (Pierre Laurent)
 
Une invitation quelques heures avant le dîner des chefs de partis de gauche à l'Elysée. Seront autour de la table, invités par François Hollande : Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Michel Baylet; président du PRG, Pascal Durand secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts d'EELV, Robert Hue, président du Mouvement unitaire progressiste, et Jean-Luc Laurent, président du MRC, chevènementiste.

Mais pas Pierre Laurent, ce que l'intéressé explique par le fait que Jean-Marc Ayrault n'a aucun ministre communiste : Nous ne sommes pas au gouvernement donc nous ne sommes pas invités à la table des partis gouvernementaux. Rien d'étonnant.

Et quand on lui demande s'il fait partie de la majorité présidentielle, le secrétaire national du PCF répond...qu'il n'existe plus, selon lui, de majorité.
La majorité des Français qui ont voulu le changement, j'en fait partie puisque j'ai voté François Hollande au deuxième tour. Mais la politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité. C'est bien le problème.

"Le gouvernement mène une politique d'austérité qui n'a pas de majorité", martèle le sénateur de Paris qui sera reçu à l'Elysée ce mardi 23 juillet, à 19heures, et compte bien dire "ce qu'il pense de la politique menée".

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Projet de loi métropoles : intervention générale d'A. Chassaigne

23 Juillet 2013, 10:26am

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Grand Paris : Sarkozy en rêvait, les socialistes l'ont fait

23 Juillet 2013, 10:15am

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L'Assemblée nationale a adopté vendredi la création d'une super-métropole qui pourrait englober, à terme, les compétences des communes et des conseils généraux de la petite couronne

 
Grand Paris : Sarkozy en rêvait, les socialistes l'ont fait
 
Les socialistes ont gagné leur Grand Paris. Vendredi, les députés de la majorité ont mis en orbite le Grand Paris, super-métropole qui englobe la capitale et les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne). Formellement, il s'agit d'une intercommunalité aux compétences élargies au logement et à l'aménagement.

En 2016, 6,5 millions d'habitants seront regroupés sous une même entité et, cinq ans plus tard, ils pourront même élire un président pour cette nouvelle couche du millefeuille territorial.
D'ici à 2020, l'instance devrait logiquement être dirigée par un socialiste. "Un cadeau de Hollande pour Anne Hidalgo, au cas où elle perdrait Paris en 2014", persifle l'UMP Patrick Devedjian, président des Hauts-de-Seine. Jean-Christophe Fromantin, l'édile de Neuilly (Hauts-de-Seine), ne décolère pas : "Les communes seront réduites au rang de mairies d'arrondissement."

La droite n'est pas la seule à condamner cette décentralisation à l'envers. Elle est soutenue par les communistes, qui défendent leur dernier bastion : le conseil général du Val-de-Marne. Son président, Christian Favier (PCF), s'alarme : "On supprime les intercommunalités, on affaiblit les communes, cela ouvre forcément la voie à la fusion des quatre départements de la petite couronne."

Le nouveau projet du gouvernement concernant la métropole du Grand Paris s'apparente à un "déni de démocratie" qui relègue les maires "au rang de simples exécutants", selon trois maires PCF du Val-de-Marne.

"Ce projet nous ramène 50 ans en arrière : les communes sont le terreau de la démocratie française, supprimer leurs compétences est un déni de démocratie", écrivent dans un communiqué commun Daniel Davisse, maire de Choisy-le-Roi et président de la communauté d'agglomération Seine-Amont, Alain Audoubert, maire de Vitry, ainsi que le maire d'Ivry Pierre Gosnat.

Selon eux, cette nouvelle métropole transformera les communes de la Petite Couronne en "mairies d'arrondissements sans pouvoir de décision" en matière d'habitat, de logement, d'aménagement ou d'environnement. "A terme, les maires seront relégués au rang de simples exécutants de décisions prises bien trop loin des enjeux et problématiques locales", estiment-ils. "Pour nous, élus locaux, comment imaginer qu'une politique conduite depuis Paris, loin de nos populations, de leurs besoins, puisse répondre aux enjeux de nos territoires si divers", ajoutent les trois élus, exigeant un "débat populaire dans la perspective d'un référendum sur ces questions".

La commission des lois de l'Assemblée a adopté des amendements du gouvernement portant sur la création d'une métropole du Grand Paris, qui regrouperait les communes de Paris ainsi que celles des départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Le texte prévoit la mise en place à partir du 1er janvier 2015 d'un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre et disposant d'un statut particulier.

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Un maire UDI trouve qu'"Hitler n'a peut-être pas assez tué" de gens du voyage

23 Juillet 2013, 10:11am

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Lagarde (député-maire de Drancy) commandite des agressions contre les communistes et maintenant c'est le Maire UDI de Cholet, Gilles Bourdouleix de sortir cette horreur

 
 
Un maire UDI trouve qu'"Hitler n'a peut-être pas assez tué" de gens du voyage
 
Alors que des gens du voyage occupent un champ de sa commune du Maine-et-Loire, le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a lâché : "Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez." C'est un journaliste du Courrier de l'Ouest, qui suivait le déplacement de l'élu centriste dimanche 21 juillet, qui l'a entendu marmonner cette phrase après un accueil particulièrement houleux.

"Excédé par les saluts nazis et les accusations de racisme des gens du voyage, le député-maire a évoqué l’extermination nazie, avant d'assurer qu'il démissionnerait ce lundi soir si le préfet refusait de faire évacuer le terrain par les forces de l'ordre", explique le quotidien régional. Selon Le Lab, qui a repéré l'information, Gilles Bourdouleix, contacté par Le Courrier de l'Ouest, n'a pas démenti avoir tenu ces propos.

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"La politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité" (Pierre Laurent)

23 Juillet 2013, 09:51am

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"La politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité, c'est bien le problème". Tel est le constat de Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, reprochant ce lundi 22 juillet, à François Hollande et Jean-Marc Ayrault une politique d'austérité

 
 
"La politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité" (Pierre Laurent)
 
Une invitation quelques heures avant le dîner des chefs de partis de gauche à l'Elysée. Seront autour de la table, invités par François Hollande : Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Michel Baylet; président du PRG, Pascal Durand secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts d'EELV, Robert Hue, président du Mouvement unitaire progressiste, et Jean-Luc Laurent, président du MRC, chevènementiste.

Mais pas Pierre Laurent, ce que l'intéressé explique par le fait que Jean-Marc Ayrault n'a aucun ministre communiste : Nous ne sommes pas au gouvernement donc nous ne sommes pas invités à la table des partis gouvernementaux. Rien d'étonnant.

Et quand on lui demande s'il fait partie de la majorité présidentielle, le secrétaire national du PCF répond...qu'il n'existe plus, selon lui, de majorité.
La majorité des Français qui ont voulu le changement, j'en fait partie puisque j'ai voté François Hollande au deuxième tour. Mais la politique du gouvernement actuel n'a pas de majorité. C'est bien le problème.

"Le gouvernement mène une politique d'austérité qui n'a pas de majorité", martèle le sénateur de Paris qui sera reçu à l'Elysée ce mardi 23 juillet, à 19heures, et compte bien dire "ce qu'il pense de la politique menée".

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