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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!

10 Décembre 2016, 09:45am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!
Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!
Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!

Pour le sociologue J-Louis Schlegel, directeur de la rédaction de la revue «Esprit» nier le multi-culturalisme de la société française pousse la droite à prôner un retour à un passé fantasmé. « Les catholiques issus de la frange identitaire et racines chrétiennes instrumentalisées contre l’islam »

C’est une des questions qui a agité la primaire de la droite et du centre conservatrice ont-ils pesé dans la   « flambée » Fillon ? Ces troupes se reconnaissent dans une thématique apparue depuis une dizaine d’années : les racines chrétiennes de la France. Une notion qui révèle des peurs et un malaise identitaire, selon Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions et philosophe,directeur de la rédaction de la revue "Esprit"

Y a-t-il un retour des catholiques en politique ?  
 Je ne le crois pas. Mais François Fillon, a su capter à la fois le catholicisme tranquille, plutôt bourgeois, de province, qui parle volontiers du « naufrage de toutes les valeurs », et le catholicisme activiste, jeune et aisé lui aussi, sorti de la Manif pour tous, rassemblé dans la mouvance politique Sens commun. Mais ces derniers ont été agonis d’injures pendant la campagne par les cathos partisans de Poisson, seul vrai candidat catholique selon eux…
Pourquoi parle-t-on autant des racines Chrétiennes ? 
Pour souligner que quelque chose, considéré comme essentiel dans l’identité française, a été perdu. Et on politise cette perte comme s’il y avait derrière une volonté maléfique, antichrétienne, on en fait un combat. Mais c’est oublier, ou feindre d’oublier, que même s’il y a une part de laïcisation volontaire, la sécularisation et la déchristianisation sont le lot commun des sociétés modernes. Et cette «perte» va bien au-delà des racines chrétiennes.                                                
Comment apparaît le thème des racines chrétiennes ?    
 Au début des années 80, Jean Paul II lance cette thématique des racines chrétiennes de l’Europe. En Pologne, il avait un adversaire ouvert : le pouvoir communiste. Lorsque Karol Wojtyla est devenu pape, il a réalisé que l’individualisme et le libéralisme moral - des ennemis insaisissables ! - régnaient en Europe occidentale. Dans plusieurs pays, des législations qu’il considérait comme permissives s’étaient mises ou se mettaient en place : l’IVG, des droits pour les homosexuels et les femmes, des législations qui facilitaient le divorce. Le combat contre l’avortement a été un thème central, je dirais même une obsession, du pontificat de Jean Paul II. Il parlait, au sujet de l’IVG, d’une «culture de mort».                            Selon lui, la liberté était mal utilisée en Europe de l’Ouest. Il voulait que l’Europe retrouve ses racines chrétiennes, et que les gouvernements résistent à la vague libérale-libertaire.
Etait-ce une entreprise de reconquête ?                    
   Ni Jean Paul II ni Benoît XVI n’étaient dupes : on n’allait pas rebâtir une chrétienté européenne. Ils avaient l’idée d’une société imprégnée des valeurs chrétiennes, d’une démocratie s’inspirant de la doctrine sociale de l’Eglise.
Au début des années 2000, ce thème se politise.  La rédaction du projet de traité constitutionnel européen provoque la polémique, avec une intervention du Vatican. Pourquoi ?

A l’initiative de parlementaires allemands, émerge une version qui fait mention de Dieu et du christianisme dans le préambule du traité. Jacques Chirac demande à Lionel Jospin, alors Premier ministre, de s’y opposer au nom de la laïcité. Les laïques français ont en effet vu là - à tort - une volonté de « rechristianiser l’Europe ». Je ne dis pas qu’il n’y avait pas d’arrière-pensées, mais c’était surtout un rappel historique, factuel. La polémique n’a d’ailleurs pris qu’en France, où la crainte était que d’un préambule, on tire des conclusions normatives inacceptables.

 
Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!
Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!
Comment la thématique des racines chrétiennes s’inscrit-elle désormais dans le débat public ?                         
C’est devenu un thème identitaire, souvent instrumentalisée contre l’islam, explicitement ou implicitement. Mais cette évolution est assez récente. Cela commence, me semble-t-il, au cours des «années Sarko». En 2004, Nicolas Sarkozy avait valorisé le rôle positif des religions dans la vie et l’espace publics. Il lance en 2009 le débat sur l’identité. Politiquement, quand il rend visite au pape en décembre 2007, il reprend à son compte la thématique de la foi chrétienne qui apporte une «espérance» supérieure à la laïcité. Il verse volontiers dans la nostalgie d’une identité chrétienne perdue. Il suffit de relire le discours du 3 mars 2011 au Puy-en-Velay, où il loue l’héritage chrétien de la France. Au même moment, le rapport à l’islam et aux Français musulmans se tend.
Pourquoi mobiliser la thématique des racines chrétiennes ?
 Nicolas Sarkozy l’a intégrée dans son affaire d’identité française. En 2011, il affirme que le multiculturalisme est un échec en France. Pourquoi a-t-il mêlé la religion à tout ça ? Il n’a jamais fait preuve d’une piété catholique excessive ou convaincue (il le reconnaît) et sa vie privée ne correspond pas vraiment aux standards de l’Eglise. La nouvelle cristallisation catholique s’est faite au moment de la contestation du projet de loi Taubira par la Manif pour tous, et elle est venue de la base. Il a fallu ce combat pour voir surgir une population qui n’était sans doute pas toute catholique pratiquante mais se reconnaissait dans des valeurs perçues comme chrétiennes.
Lorsque la droite s'associe avec l'intégrisme catholique, l’extrémisme identitaire et le Fn!
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Où se situe le Front national ?                              

Marine Le Pen ne reprend pas ce langage. Mais c’était avant l’émergence de François Fillon ! En fait, le Front national, aux alentours de 2010, sous l’égide de Marine Le Pen, se veut le vrai champion de la laïcité républicaine, face à une droite trop compréhensive, trop prête aux accommodements raisonnables. Les prières de rue, les repas halal, les femmes voilées, tout devient l’occasion de stigmatiser la visibilité supposée arrogante des musulmans, leur non-respect de la laïcité française, les faveurs que la République leur accorde. C’est Marion Maréchal-Le Pen qui va incarner le thème des racines chrétiennes, reprenant l’héritage de son grand-père, Jean-Marie Le Pen.

Des crèches dans les mairies, est-ce revendiquer ces racines chrétiennes ?

Les crèches dans l’espace public (hors des églises) font partie du folklore et de l’ambiance du temps de Noël. Beaucoup d’ailleurs ne connaissent que vaguement leur origine religieuse : c’est du folklore chrétien. Dans le contexte de crispation actuel, leur origine chrétienne a été rappelée par des militants de la laïcité, qui ont demandé leur interdiction dans les bâtiments publics, et par des maires qui ont politisé la question comme Robert Ménard à Béziers. Ces maires ont instrumentalisé les crèches pour marquer qu’on était en terre chrétienne, contre les musulmans et l’islam, mais aussi contre une laïcité présentée comme antichrétienne et intolérante.

Fillon est-il le héraut des racines chrétiennes ?      

Catholique pratiquant, il incarne une bourgeoisie aisée de province où le catholicisme fait partie des meubles. Il a pris la peine de répondre au texte des évêques sur la politique, parvenant à démontrer qu’il est en accord avec tout. Il a terminé un débat par un «n’ayez pas peur…» une injonction célèbre de Jean Paul II au début de son pontificat. Il rejoint cette culture qui se lève contre les «bobos» urbains, contre l’idéologie libérale-libertaire de Mai 68. Il surfe sur la thématique des racines chrétiennes, sans les mettre au centre de son discours. Contrairement à Alain Juppé, il a bien senti l’évolution de la droite française.

Il affirme qu’il ne veut pas d’une France multiculturelle…   On ne sait si c’est du discours de campagne ou une conviction profonde. Mais à droite, ce discours est très partagé. Le fait multiculturel est une réalité, mais à droite, on fait comme si c’était une politique voulue, programmée, une idéologie de gauche, qui piétine «nos valeurs».

Comment réagit l’épiscopat face à ce discours ?                    

La majorité des évêques français perçoit l’instrumentalisation politique. Ils voient et entendent les groupes qui «surfent» sur ce thème. Le texte sur la politique qu’ils ont publié à la mi-octobre ne va pas dans ce sens et, sans surprise, ils ont mis en rogne la droite la plus libérale sur le plan économique et la plus «tradi».

Bernadette Sauvaget

Ci-dessous le cas d'Hénin Beaumont, mairie FN:

Annulation de la crèche de Noël d'Hénin-Beaumont : le reportag...

La chaîne d'info locale Grand Lille TV a consacré hier soir un reportage à l'annulation de la crèche de Noël d'Hénin-Beaumont suite à mon recours au Tribunal Administratif de Lille.

Publié par David Noël, conseiller municipal PCF d'Hénin-Beaumont sur samedi 3 décembre 2016
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