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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Faire disparaître la sécurité sociale : mode d'emploi !

12 Décembre 2016, 19:44pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Discours sur la méthode 

par Fabien Rives

 

Méthode 1 : l'approche du Docteur Fillon

Il s'agit de pointer les petites maladies (les « bobos ») du quotidien et d'en délester la sécurité sociale. L'approche du Docteur Fillon, inventeur de la « bobologie », vous conviendra si :

  • vous êtes à la recherche d'une solution rapide et efficace,

  • vous souhaitez voir les assurances privées (destinées à la rentabilité) remplacer le système public (à but non lucratif) pour couvrir les frais de santé des Français,

  • vous ne craignez pas les petits bobos du quotidien,

  • vous tenez pour responsables du « trou de la sécu», les hypocondriaques qui consultent sans compter !

La formule est foudroyante et la démarche est franche : par ordonnance du docteur Fillon, s'engager AU PLUS VITE à confier aux complémentaires santé tous les soins relevant de la « bobologie ». Pour optimiser la sélection, on imagine donc la création d'une commission chargée de lister les « bobos » : la petite égratignure, le nez qui coule ou encore la grippe...

Vous apprécierez d'autant plus cette option si vous avez une vue de Lynx, un sourire colgate et une excellente audition ! En effet, comme il le propose pour la prise en charge des « petits bobos », F. Fillon promet également de délester l'assurance-maladie des fardeaux que sont l'optique, les soins dentaires et les prothèses audio : Docteur Fillon propose donc de catégoriser tous les soins relevant du « confort »...

En plus de son efficacité, l'option Fillon saura calmer les inquiétudes de ceux qui craignent la disparition de l'assurance-maladie : de fait, une fois débarrassée de cette multitude de charges, la sécurité sociale pourra enfin respirer pendant que... vous mettrez la main à la poche en cas de narines bouchées ou d'encombrements bronchiques...

On accordera à cette formule radicale une franchise sans précédent : il le dit lui même, pour réaliser la coupe budgétaire de 20 milliards d'euros dans la santé, il s'agit de faire un blitzkrieg social ! (voir la vidéo ci-dessous)

https://www.youtube.com/watch?v=s4Z2ahTnReg

Cependant, en politique, la franchise est parfois à double tranchant... surtout quand l'on sait que François Fillon pourrait choisir comme Premier ministre, Henri de Castries, PDG du groupe d'assurance Axa jusqu'en août 2016.

L'ex patron d'une assurance privée deviendrait le chef du gouvernement qui remplacera la protection publique par la protection privée... Conflit d'intérêt ou bénéfice de l'expérience ? A chacun d'en juger.

 

Méthode 2 : l'approche du renard Macron

L'intention est similaire mais le procédé diffère. Il s'agit, à travers une offre « alléchante », d'en finir avec l'assurance-maladie... en deux temps.

Lors de son meeting à Versailles, Macron a rappelé être le « candidat du travail » ! Pour cela, il souhaite faire entendre aux travailleurs comment il compte les récompenser... le renard de commencer :« que vous êtes jolis, que vous me semblez beaux » et les 15 000 « travailleurs » présents, incontestablement perchés, « ne se sentant pas de joie, et pour montrer leur belle voix... » de l'acclamer en lâchant leur fromage à l'unisson !

 

Penchons-nous donc sur cette offre « alléchante » : réduire l'écart entre le salaire brut et le salaire net ! Pour ce faire, E. Macron, veut « supprimer toutes les cotisations maladie et chômage payées par les salariés ».

En proposant de remplacer ces cotisations par la CSG (Contribution Sociale Généralisée), sans toucher à l'assurance-maladie, il affirme être en mesure d'augmenter le pouvoir d'achat des Français : un couple au SMIC y gagnerait 500 € sur l'année ou sur le mois... le candidat se montre imprécis (comme vous pourrez le constater dans la vidéo ci-dessous, à regarder à partir de 15 min 25 sec)

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/emmanuel-macron-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-892819.html

 

Aussi attirante qu'elle soit, cette proposition pose tout d'abord un problème de fond. En remplaçant des cotisations, payées proportionnellement au salaire perçu, par une contribution qui relève de l'impôt, l'aspect responsable du salarié (mettre de côté pour faire face aux aléas de la vie : maladie, chômage) disparaît au profit d'une redevance payée à l'État, qui décidera lui seul de la part à attribuer au chômage, à la maladie, à l'assurance familiale, etc.

En ôtant aux salariés cette responsabilité, il y aura dorénavant tout à craindre de l'orientation politique du gouvernement du moment. Dans un contexte de crise (souvent mis en avant pour justifier l'austérité, la flexibilité, etc.) rien n'empêchera le gouvernement de diminuer (voire supprimer) la part de la CSG allouée à la maladie et au chômage, et d'y privilégier une orientation politique opposée.

Voilà pourquoi E. Macron voudrait que les salariés « confient » leur fromage au « renard » !

 

L'enjeu est donc de retirer la gestion du système de protection aux salariés (qui l'ont historiquement mis en place), puis de le faire disparaître avec une politique gouvernementale libérale.

Dans cette deuxième phase, les masques pourraient tomber sans surprise : la couverture sociale (concernant la maladie et le chômage) n'aurait aucune chance de survie entre les mains de l'Etat Français soumis aux directives de Bruxelles. En effet, l'essence même de l'UE est d'exhorter les pays membres à libéraliser leur économie au nom de la concurrence libre et non faussée.

Le projet Macron accentue par ailleurs la remise en cause d'un fondement de la sécurité sociale. Les caisses de l'assurance-maladie furent mises en place PAR les travailleurs POUR les travailleurs : une auto-gestion qui a longtemps permis une prise de décision, sans avoir à subir l'alternance des forces politiques qui gouvernent tour à tour le pays.

Rappelons qu'actuellement, la gestion des cotisations sociales est effectuée conjointement par les syndicats, représentants légitimes des salariés et des patrons : un tel fonctionnement est censé optimiser la protection salariale (proportionnellement, il y a plus de salariés que de patrons).

 

Sous couvert de vouloir revaloriser le travail, le renard Macron valorise son exploitation maximale par « les chefs d'entreprise ».

La même augmentation de la CSG pour remplacer les cotisations sociales avait été proposée par Jean Marie Le Pen lors de son programme en 2007...

Enfin, les belles paroles sur la taxation des revenus liés au jeu ou encore la proposition d'« offrir » le chômage à l'employé qui décide de démissionner, ne devraient pas occulter la vision d'Emmanuel Macron : son orientation ultra-libérale, son rôle majeur dans l'élaboration de la « loi travail », ses coups portés au transport ferroviaire avec les « bus Macron » (projet qui se s'est avéré être un fiasco), sa condescendance à l'égard de la classe ouvrière, etc. etc.

 

L'ex banquier de la maison Rothschild (une des plus importantes banques de l'oligarchie mondiale, dédiée aux fusions et opérations financières pour multinationales) prétend donc à la présidence de la république... Encore une fois : conflit d'intérêt ou bénéfice de l’expérience ? A chacun d'en juger. Indice : parmi ceux qui soutiennent Macron en haut lieu, on retrouve les soutiens de... Fillon !

 

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