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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

A Rouvroy, les communistes font rentrer les chiens à la niche !

28 Novembre 2016, 17:48pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

A Rouvroy, les communistes font rentrer les chiens à la niche !

Bravo pour cette magnifique victoire ! Valérie Cuvillier et sa liste écrasent le Front National ! Les habitants grands gagnants

Publié par Gautier Weinmann, militant rouge sur dimanche 27 novembre 2016

Lorsque vers 18h30 j’arrive à la mairie de Rouvroy où se situe le bureau centralisateur, je plonge directement dans une ambiance lourde et électrique. Il y a dans la salle un silence si éloquent. Les visages sont tirés, les yeux rivés sur les petites mains qui ouvrent une à une les enveloppes. On entend les noms des deux candidats qui mènent les listes briser ce silence de cathédrale. Alors que j’étais relégué au bout de la salle puisque les curieux venus voir le résultat s’agglutinent de plus en plus dans le petit hall de la mairie, je me faufile avec nervosité pour aller rejoindre mon maire venu soutenir les camarades. Il me fait un petit geste de la tête laissant augurer une bonne nouvelle.

Effectivement, le bulletin communiste se révèle dans une belle mécanique sur les deux tables qui dépouillent. Le rapport de force semble écrasant. Je vais saluer Valérie Cuvillier qui conduit la liste. Elle semblait partagée entre sentiment de soulagement et en même temps, tant que tous les bulletins ne seraient pas dépouillés, la nervosité ne la quitterait guère. Je vois, assis dans l’ombre, son prédécesseur, notre camarade Jean Haja. Je vais le saluer avec émotion. Malgré sa maladie et la fatigue dévorante qui lui pompe la moindre force, il est là espérant comme nous un dénouement heureux. C’est un personnage pour qui nous avons tous un immense respect. Un homme d’une grande et vive intelligence, un bâtisseur qui a fait de cette petite ville une entité qui compte sur le territoire.

La vie et les émotions semblent petit à petit reprendre leurs droits car la victoire de nos camarades ne fait plus aucun doute. La question que nous nous posons tous, c’est à quel niveau celle-ci va réussir à se hisser. Des résultats arrivent des autres bureaux venant confirmer la tendance qui se profilait sous nos yeux. Il ne s’agira pas d’une victoire mais d’un triomphe !

Rouvroy, c’est une ville de 8600 habitants limitrophe de la tristement célèbre Hénin-Beaumont. Elle a cette particularité de revêtir une identité double. On ne sait pas trop si c’est un village ou une ville à part entière. La ville est fleurie, calme. On y trouve des salles de sport, une médiathèque, un centre de loisirs moderne et remarquablement équipé, un centre ville dynamique, une zone d’activité qui s’étend de plus en plus. Depuis la libération ou presque, c’est un maire communiste qui gère les affaires de la collectivité. Le parti est parfaitement ancré dans la vie de la cité avec une grosse section militante. Les camarades ont leur journal de section qu’ils distribuent régulièrement, ils tiennent les murs ne laissant jamais les affiches du front national salir les espaces d’expression avec leurs slogans d’un autre âge. Le maire sortant Jean Haja, c’est celui que tout le monde respecte sur le territoire. Les socialistes du coin ont pourtant subi à plus d’une reprise son sens de la formule, son franc-parlé. A l’agglo, il a conduit une grande bataille avec pétition à l’appui contre la hausse historique de la fiscalité. Il réunissait dans le cadre des « lundis de la colère », les syndicalistes du territoire issus des grosses boutiques industrielles, des services publics, pour harmoniser les luttes. C’est un des rares élus du territoire qui a apporté soutien et aide logistique aux travailleurs et surtout travailleuses de Samsonite à Hénin-Beaumont lorsqu’un fond de pension américain est venu liquider la boutique et mettre tout le monde à la rue sans indemnité. Avant lui, il y avait Yves Coquelle, « le grand » comme on l’appelait affectueusement. Carreleur de profession, il avait un physique impressionnant et pourtant jamais au cours de notre existence nous avions connu un tel concentré de gentillesse. Il fallait une fois dans sa vie l’avoir accompagné dans les rues ou sur le marché de la ville. Tout le monde le connaissait et lui connaissait tout le monde. Il ne fallait pas compter son temps pour finir un porte à porte à ses côtés. Chaque fois qu’une porte s’ouvrait, on voulait qu’il entre boire un café. Il demandait avec douceur des nouvelles du mari, de l’épouse, des enfants, des pères et mères … Il a failli devenir député à une voix, tout le monde ici connaît cette histoire. Lui le prolo finira finalement par siéger au Sénat à la fin de sa carrière. Autant dire un monument pour nous autres !

Ce dimanche, notre camarade Valérie et ses colistiers vont donc perpétuer cet héritage. Avec un score de 78,59%, les camarades ont donc écrasé le Front National et démontrent qu’une gestion saine et humaine, qu’une proximité attentive, qu’une identité forte dans le combat finissent toujours par triompher. Pourtant la ville frontiste voisine espérait la défaite de nos camarades. Le maire FN et sa bande ont dirigé cette campagne, dépêchant un candidat, mettant des moyens logistiques et humains pour faire tomber la citadelle rouge. Campagne calomnieuse, propagande populiste, intimidation … Nos camarades ont du affronter le pire visage de l’extrême-droite. Tout cela dans un contexte où depuis des années le FN caracole en tête aux différents scrutins avec des scores fleuves. Alors que Marine Le Pen habite à côté, à Hénin-Beaumont, que la stratégie consiste à grignoter à partir de la ville les bourgades voisines à l’image d’une pieuvre qui déploie ses tentacules, c’est une défaire cinglante que celui-ci a été contraint d’essuyer hier soir. Les visages de leurs scrutateurs se décomposaient petit à petit, certains, ne supportant pas un tel désaveu, une telle défaite, n’attendent pas les résultats officiels et tournent les talons. Le candidat tête-de-liste lui-même s’éclipse avant la promulgation des résultats ne signant même pas le procès verbal officiel.

Valérie Cuvillier finira par monter sur une table pour annoncer les résultats. Difficile de prendre la parole car l’acclamation ne cesse pas. Les larmes coulent, l’émotion est extrêmement vive. Alors que le ciel gris s’assombrissait toujours plus avec la désignation de François Fillon à échelle nationale dans le cadre de la primaire de la droite et du centre, ici triomphait avec force et humilité la gauche combative. Après un discours d’une grande classe, appelant au rassemblement et recentrant les débats sur le seul intérêt local, l’Internationale a finalement retenti pour conclure cet épisode. Une marrée de poings levés chassera ce qu’il restait de la troupe fascisante venue faire main-basse sur la ville. Une conviction dans toutes les têtes, le PCF est bel et bien le dernier rempart à l’ascension frontiste, à l’avancée de l’extrême-droite. Un PCF organisé et authentique, ancré dans la vie des quartiers, mobilisé dans les luttes ouvrières.

Ainsi ce soir là j’ai rarement été si heureux. Nous étions tous si heureux. Quelle fierté, quel bonheur. Je suis tellement fier de mes camarades, tellement fier d’être communiste. Les grands médias n’en diront pas un mot. Les caméras préfèrent baver devant le folklore écœurant de la municipalité voisine à l’image d’un Néron, spectateur régalé par les flammes qui dévastèrent la cité de Rome. C’est une vive lueur qui étincela hier soir dans le brouillard dense du conservatisme abject et ambiant. Sans excès ni idole, simplement avec force et humilité, avec courage et abnégation, les chiens sont rentrés à la niche.

Guillaume Sayon

 

 

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