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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Liberté Hebdo 1238: L'édito de Franck

1 Octobre 2016, 07:11am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 Liberté Hebdo 1238: L'édito de Franck

L’ARGENT N’EST PAS TOUT

Les hommes et les machines ne sont pas commutables à merci. La commande publique doit générer de l’emploi public ou pour le moins pérenne. Quelle cohérence à utiliser les fonds de l’Etat pour permettre à de grands groupes financiers et industriels internationaux de produire ailleurs, à bas coût, dans des conditions sociales d’un autre temps, pour le seul objectif d’augmenter encore le bénéfice des actionnaires ?

Tous derrière Alstom comme un seul homme ! Voilà ce que nous devrions entendre de tout côté. Au lieu de ça, les pleurnicheuses pythies du marché « libre et non faussé » réclament encore plus de sacrifices sur l’autel du profit.

En 2008, l’Etat a sorti les milliards nécessaires pour assurer le sauvetage des banques et du système bancaire, pourtant englué dans une course aux profits des plus affolantes. «L’Etat ne peut pas tout », aveu d’impuissance d’un Premier ministre, le futur candidat Jospin, a laissé dans l’histoire une marque de renoncement. A tout le moins, le choc électoral qui a suivi en 2002 reste à jamais dans toutes les mémoires.

Chez Michelin, Renault Vilvorde, au pied des hauts-fourneaux de Florange, chez les Goodyear, à Air France... Et tant d’autres

depuis s’accumulent comme nuées sans que la classe politique ne retienne l’amère leçon du passé. Au lieu d’ouvrir l’horizon, de chercher des perspectives, d’offrir aux citoyens l’image et la volonté de s’affranchir du monde de l’argent. Pour le cas d’Alstom, nous sommes face à une ancienne entreprise nationale. Après son dépeçage en règle, l’entreprise ne cherche plus qu’à capter le maximum de bénéfices. Les commandes de machines sont pourtant bien issues de collectivités territoriales. C’est de l’argent public qui permet d’assurer le paiement des commandes passées à Alstom.

Aujourd’hui, la preuve patente d’un abandon du service public pour en confier les missions au marché est consternante. Un exemple : la SNCF et le rail. Le transport ferroviaire, passagers ou marchandises et ferroutage sont des outils d’avenir pour le développement des territoires. Pourtant, partout dans nos campagnes nous voyons des voies abandonnées, au pire, transformées en voie verte, pour les randonneurs, au mieux. Il y a 60 ans, aucun canton n’était délaissé. Au XXIème siècle, quel progrès ! Des départements entiers ne sont plus

les trains. Les bus « Macron », précarisant le personnel, accentuant le risque d’accidents routiers, polluant l’atmosphère au diesel, se développent. Le bilan environnemental, tant vanté, est catastrophique. Et comme l’a réclamé Alain Bocquet, le 28 septembre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, l’Etat doit honorer ses commandes de TER. 1000 rames étaient prévues en 2009, 218 ont été livrées.

Alors forcément, sur ce chemin, nous avons la démonstration que l’Etat ne VEUT pas tout. Que le socle collectif de la Nation ne soit plus défendu par ses élites ressemble à une désertion.

A force de céder des pans entiers des biens collectifs, comme ce fut le cas pour France Telecom ou les rentables autoroutes, nous perdons ce qui fait notre force et notre cohésion.

Le rôle de l’Etat est de permettre à chaque citoyen de travailler, se loger, se nourrir, se soigner, se cultiver et pourvoir à l’éducation de ses enfants. L’action publique a encore du sens. Et c’est le rôle des élus, portés par les électeurs, de le dire et le redire : non, l’argent ne peut pas tout, ne décide pas de tout.

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