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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

AUTOROUTES : c'est aux peuples de payer encore la facture !

20 Septembre 2016, 13:54pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Malgré les bénéfices engrangés depuis des années par les sociétés concessionnaires d’autoroutes, le gouvernement préfère à la nationalisation la saignée des collectivités et l’augmentation des tarifs de 0,4 % chaque année entre 2018 et 2020.

 

Usagers et collectivités devront mettre la main à la poche. C’est ainsi que le gouvernement entend financer la rénovation des infrastructures autoroutières. Pour le dixième anniversaire de la privatisation des autoroutes, les concessionnaires ont donc reçu un beau cadeau : eux n’auront rien à débourser, sous prétexte que négocier avec eux prendrait « trop de temps »...

Le plan d’un montant de 1 milliard d’euros, « validé » par le président de la République, François Hollande, et présenté ce dimanche dans le JDD par le secrétaire d’État chargé des transports, Alain Vidalies, a pour ambition de répondre aux 50 dossiers recensés à partir des demandes des collectivités locales. Autant de projets qui nécessiteront « 30 opérations routières, type échangeurs, véritablement d’intérêt pour les territoires », explique le secrétaire d’État. « S’y ajoutent la création d’aires de covoiturage et des aménagements environnementaux comme des éco-ponts, des murs antibruit, pris en charge directement par les sociétés d’autoroutes », précise-t-il. Des travaux qui s’ajoutent au précédent plan de relance autoroutier - 21 chantiers pour 3,2 milliards d’euros - lancé cette année et financé par les concessionnaires autoroutiers, moyennant un report de l’expiration des concessions de deux ans et demi en moyenne et... par des hausses de tarifs pour les usagers. Depuis l’abandon de l’écotaxe, l’État, contraint par sa.propre rigueur budgétaire, n’a, après avoir émis l’idée d’une taxe sur les carburants, pas trouvé d’autre source de financement que les Français.

Selon le gouvernement, les péages augmenteront de 0,3 % à 0,4 % par an entre 2018 et 2020. Une paille pour le secrétaire d’État, qui juge que « l’impact de l’augmentation sera faible. Par exemple, chez Cofiroute, l’augmentation prévue pour 2018 dans le contrat de concession est de 1,4 %. On passerait à 1,7%. Prévue chez d’autres à 1,1 %, elle monterait à 1,4 % ». Une nouvelle hausse après celle octroyée au 1er février de 1,2 %, alors que, en décembre 2015, la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, déclarait qu’elle excluait toute augmentation des tarifs aux péages, « car l’engagement qui avait été pris était de ne pas dépasser l’inflation et même d'être en dessous compte tenu du pactole que les compagnies autoroutières avaient déjà accumulé dans le passé ». Or, en août, l’inflation était de 0,2 %, soit au-dessous de la hausse de tarification envisagée par le secrétaire d’État aux Transports. Une promesse de plus envolée.

 

Hold-up financier

Pourtant, cette rente des autoroutes a été dénoncée par de nombreux rapports. À commencer par celui de l’Autorité de la concurrence publié en 2014. Depuis la privatisation, les sept sociétés concessionnaires d’autoroutes (SGA) << historiques », qui détiennent les trois quarts du réseau autoroutier français, et sont contrôlées par les groupes français Vinci et Eiffage et l’espagnol Abertis, ont en effet vu leur chiffre d’affaires augmenter de 26 % entre 2006 et 2013, soit une hausse de plus de 1,7 milliard d’euros. Les tarifs ont augmenté bien plus vite que l’inflation. Dans le même temps, les personnels des autoroutes ont été réduits de 17 % depuis la privatisation, et comptent 2776 agents de moins, notamment grâce à la mise en place des guichets automatiques, affirme de son côté la CGT.

Or, malgré les rapports qui ne cessent de sortir, le hold-up financier se poursuit. Ainsi, Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR), la filiale de concessions autoroutières du groupe Eiffage, a enregistré une hausse de ses profits sur les six premiers mois de l’année supérieure à 20 %. Et les tarifs, on l’a vu, progressent plus vite que l’inflation.

 

Renationalisation

Concernant la participation des collectivités, « la négociation (...) doit s’ouvrir demain (ce lundi - NDLR) », a confirmé Alain Vidalies. Le secrétaire d’État s’est déclaré confiant dans le fait d’obtenir le financement des collectivités. « Ce ne sont pas des investissements disproportionnés, dans une période où les conditions d’emprunt sont bonnes avec des taux très bas », a-1-il justifié. Et de promettre, pour mieux faire passer la pilule, que « ce milliard d’euros de travaux d’ici à 2019 devait permettre de créer 5 000 emplois ». Une maigre compensation pour des collectivités (communes, départements, régions) qui ont vu leur dotation fondre de près de 3,7 milliards d’euros en 2015 et 2016.

Plutôt que de ponctionner les automobilistes, de pénaliser les contribuables, ou de mettre un coup de frein sur les grands projets dans les transports, comme le préconisait la Cour des comptes fin août, d’autres solutions sont possibles. À commencer par la renationalisation des autoroutes. Rappelons qu’une proposition de loi pour « la nationalisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes et l’affectation des dividendes à l’Agence de financement des infrastructures de transports » a été déposée en 2014 par les parlementaires du Front de gauche. Car, « sur 100 euros de péage versés, entre 20 et 24 euros vont directement dans les poches des actionnaires », avait souligné à l’époque leur chef de file à l’Assemblée nationale, André Chassaigne. La nationalisation des autoroutes coûterait entre 20 et 30 milliards d’euros, mais rapporterait environ 40 milliards, selon les parlementaires communistes. « Si le gouvernement est capable de donner 40 milliards pour satisfaire aux appétits du Medef, il doit être capable d’investir pour les autoroutes, investissement qui, selon plusieurs études, serait vite rentabilisé », et pourrait même être financé par « un emprunt souscrit auprès de nos concitoyens », estimaient les élus. « L’argent des péages doit, selon le PCF, servir à financer la transition écologique pour améliorer les transports pour tous. » Une mesure partagée par le député socialiste Jean-Paul Chanteguet, président et rapporteur de la mission d’information parlementaire sur l’écotaxe, qui en 2014 estimait aussi qu'« une telle mesure permettrait de mettre fin à la privatisation de la rente autoroutière, de favoriser la modération des tarifs de péage et de dégager des moyens financiers pour l’Agence de financement des infrastructures de transport en France ».

 

 

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