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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Le remède à l’impuissance politique : le socialisme

20 Juillet 2016, 05:45am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Vous en conviendrez avec moi chers lecteurs, les progressistes que nous sommes attendions désespérément les premières chaleurs estivales synonymes de quelques jours de repos bien mérités. Traditionnellement l’été laisse un peu la politique tranquille et nous pouvons avec délice nous plonger dans quelques romans mis en attente depuis des mois, nous pouvons courir la route et la terre pour nous ressourcer loin du foyer, des petites habitudes si éreintantes. Pourtant, il semblerait que cette trêve ne veuille pas pointer le bout de son nez cette année. L’horrible carnage niçois, le coup d’État à Ankara, avant cela le Brexit, les ultimes mobilisations contre la loi travail avant une reprise en fanfare à la rentrée. D’autres événements sont moins connus et pourtant ils vont peser dans l’avenir, je pense au sommet de l’OTAN, le bras armé de l’imperium états-unien, qui s’est tenu à Varsovie les 8 et 9 juillet. D’ici 2020 un vaste bouclier antimissile financé à coup de centaines de millions de dollars sera opérationnel en Europe, l’installation d’un système antimissile en Corée du Sud inquiète beaucoup au Kremlin et pour cause … La Russie est de nouveau désigné comme un ennemi potentiel et les États-Unis, en accord avec Paris, Londres et Berlin s’apprête à renforcer les moyens techniques et humains pour faire la guerre. Bref l’Europe accepte servilement les délires de domination de Washington. Sans jouer les corbeaux de malheur, les conclusions de ce sommet font froid dans le dos. Sans doute faut-il lucidement s’attendre au pire. Nos États européens, si prompt à détruire leurs modèles sociaux et à pressurer les salaires, s’engagent à considérablement renforcer leurs dépenses militaires. Tout cela incarne à merveille la folie dévastatrice de ceux qui nous gouvernent. Plus encore, de ceux qui dirigent notre pauvre monde, héritiers des bourreaux du siècle dernier.

C’est justement pour cette raison que le communisme doit plus que jamais refaire surface. Il ne s’agit pas de simples délires ou d’une passion malsaine de la bourgeoisie pour le sang et les charniers. Les quelques maîtres de ce capitalisme enraciné aujourd’hui dans les logiques impérialistes se mènent une guerre qui ne connaîtra pas de fin, sauf si les peuples les dépossèdent de leurs outils. Il est aujourd’hui criminel de vouloir faire muter le mouvement révolutionnaire en une risible et fade copie de lui-même. Hier nous nous inspirions de nos camarades cubains, à la fois héroïques et constants dans leur combat contre le belliciste voisin américain. Hier nous dénoncions la trahison d’une vaste partie du mouvement socialise allemand, l’erreur historique du PCI qui s’est fourvoyé dans le fantasme du réformisme. Aujourd’hui nous voilà les amis de Tsipras qui, il y a tout juste un an, trahissait en 24 heures le peuple qu’il avait pourtant appelé à la résistance via un référendum historique.

Depuis nous réitérons les erreurs d’analyse et vendons notre amitié à la social-traîtrise. Peu importe que l’on me pense fiévreux ou nostalgique, les siècles passent, les technologies progressent mais les logiques qui guident le monde demeurent irrémédiablement les mêmes. C’est la nature du capitalisme qui est ainsi faite. Le jeune philosophe marxiste italien Diego Fusaro, le rappelle dans une courte vidéo que je vous conseille grandement (ici). Le capitalisme comme métaphysique de l’illimité. C’est là la clé de compréhension essentielle à avoir à l’esprit. L’humanité court à sa propre perte pour cette raison. Dans « Le Capital », Marx a eu cette formule limpide : « Rien qui ne devienne vénal, qui ne se fasse vendre et acheter ! La circulation devient la grande cornue sociale où tout se précipite pour en sortir transformé en cristal monnaie. Rien ne résiste à cette alchimie, pas même les os des saints et encore moins des choses sacro-saintes, plus délicates ». C’est bel et bien le cœur du problème. L’instinct de prédation, de captation, d’accumulation du capital. Cela en totale contradiction avec l’aspiration de l’immense masse de ceux qui n’ont pas droit au partage, la classe laborieuse.

Mon inquiétude est que cette base philosophique, qui devrait être le cœur de notre pensée comme le noyau l’est pour l’atome, semble totalement proscrite et oubliée. Nous sommes tombés dans le piège qui consiste à penser le capitalisme comme un horizon indépassable, la fameuse théorie de la fin de l’histoire. C’est aussi, et pardon de devoir de nouveau égratigner les mélenchonistes chevronnés, la limite du très vendeur éco-socialisme. Oui la planète est en danger et notre civilisation avec. Les signes de l’extinction de notre ère commencent à se faire sentir. L’illimité c’est vouloir tout transformer, produire à grande échelle et ce à n’importe quel prix. Raréfaction des ressources, destruction de l’écosystème, pollutions de l’air et de l’eau. Cependant, ne pas poser comme règle imprescriptible la transformation de l’outil de production dans l’optique d’ériger le socialisme consiste, une nouvelle fois encore, à tromper le peuple. C’est pourtant, n’ayons pas peur de le dire, la survie de l’humanité qui est en jeu. Derrière la rhétorique et les formules clinquantes, Mélenchon ne propose rien d’autre que quelques ajustements. C’est dans la même verve que l’hérésie Piketty. On ne peut combattre le capitalisme avec ses propres armes, c’est au moins un enseignement positif que l’histoire nous lègue. Si le PCF était à la hauteur de la mission qu’on est en droit d’attendre de lui dans ce clair-obscur gramscien, Mélenchon passerait en réalité pour ce qu’il est, un honnête et tranquille keynésien, pas si féroce que cela pour les puissants. Ils ont été utiles en leur temps les keynésiens. Assurer la paix sociale dans un intervalle de grande prospérité et alors que le mouvement ouvrier était fortement organisé. Cependant, je doute que l’heure est à imaginer avoir recours à cette douce et cruelle illusion dans les années à venir. Pour autant, quelques heures d’audimat permettent de neutraliser toute tentative d’organisation de ce qui reste du mouvement communiste en France.

C’est une lutte de chaque instant pour ne pas céder au chant des sirènes du fatalisme, pour ne pas désespérer de notre temps. Cependant, même si l’on déteste la tragédie et sa pompeuse destinée, force est de constater que l’on se sent presque investi d’une mission. Faire vivre ou plutôt survivre l’essence de la seule et possible alternative à tout cela, le socialisme. C’est beaucoup de travail et d’abnégation. C’est avoir un sens aigu du sacrifice. Mais comme l’écrivait si merveilleusement bien Aragon, « s’il donne sa vie, comme soixante-quinze mille des nôtres l’ont fait devant les fusils des pelotons d’exécution allemands, et de bien d’autres manières, sa récompense est que les siens, que les Français, les hommes de son peuple, de sa nation, grâce à ce sacrifice, seront un tout petit peu plus près du bonheur que s’il n’avait pas accepté le martyre. La récompense pour le communiste est affaire de l’espèce humaine et non de l’individu. La croyance au progrès, au progrès indéfini et infini de l’homme, en la montée de l’humanité vers un soleil que, lui, ne verra point mais dont il aura préparé obscurément l’aurore, voilà ce qui anime et soutient le communiste, voilà l’idéal du communiste ».

Guillaume Sayon

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