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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

D’un PCF nouvelle génération à un nouveau PCF !

13 Juin 2016, 18:56pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Voilà maintenant une semaine que le congrès des communistes est passé. Chacun a regagné ses contrées et reprend son activité militante. Les batailles locales pour la défense du service public, la préparation de la grosse journée d’action du 14 juin contre la loi travail, un appui politique à l’action de la CGT dans l’industrie et les transports.

Heureusement d’ailleurs qu’il y a ce mouvement social qui perdure malgré les menaces gouvernementales et la propagande digne des pires régimes du 20ème siècle d’une presse bourgeoise militante et de fait particulièrement virulente. Elle perpétue la tradition historique de la haine de l’ouvrier, un homme sauvage, excessif et violent qui ne comprend rien à rien. C’est ainsi que nous avons le droit aux poncifs ridicules qui ponctuent l’ancestrale lutte des classes. Je vous renvoie aux écrits de George Sand ou de Théophile Gautier durant la Commune de Paris.Un paternalisme écœurant et sa pédagogie bourgeoise, une utilisation méthodique de l’image et de la sémantique. Certains des plus enragés n’arrivent pas à canaliser leur haine de classe. Ainsi Franz Olivier Giesberg, le patron du Point, a t-il été jusqu’à mettre sur un même plan la CGT et Daesh. Rien de vraiment étonnant en réalité. Pour ceux qui n’ont pas oublié la base, le matérialisme historique et l’approche dialectique des événements, tout ce petit monde, presse, leaders d’opinion, cadres universitaires, responsables politiques … sont le revers d’une même médaille. Ils sont la bourgeoisie au sens de classe sociale. Ils partagent un même habitus, des intérêts communs et sont les garants du maintien du système capitaliste. Ils militent main dans la main pour écraser toute forme de lutte organisée qui viendrait remettre en cause lesdits intérêts. Et nous y sommes, la CGT joue de nouveau et, je dois le dire, admirablement bien, son rôle de syndicat de classe. Pas encore de masse malheureusement et c’est là la limite du mouvement actuel mais ne désespérons pas !

C’est justement l’absence de rappel de ce cadre, de cette réalité profonde qui nous a fait rater ce congrès. Voilà maintenant des années que le PCF, pour s’assurer une image moderne et pouvoir répondre aux impératifs du rassemblement électoral, tourne le dos à cette analyse qui pose, pourtant, les fondements même du mouvement communiste. Sans doute faut-il remonter à la période de l’abandon de la dictature du prolétariat, de la notion d’avant-garde puis du centralisme démocratique pour dater le tournant de l’affaiblissement des communistes dans la société. Et puis, les communistes se sont fait les relais prolifiques de l’école historique anticommuniste en menant un thérapie radicale afin d’oublier qu’un jour nous avons su jouer un rôle central dans le renforcement du rapport de force qu’imposait la puissante Union Soviétique face à l’impérialisme belliciste des États-Unis et de leurs satellites atlantistes. Je resterai pour ma part, un fervent opposant aux Furet et consorts et je ne réhabiliterai pas la mémoire de Soljenitsyne. Freud ne nous rappelait-il pas que « la civilisation est quelque chose d’imposé à une majorité récalcitrante par une minorité ayant compris comment s’approprier les moyens de puissance et de coercition ». Ainsi Lénine et Staline sont-ils devenus des monstres pour la grande majorité des communistes actuels. Je vous invite à lire la déclaration publiée sur son blog de l’historienne marxiste Annie Lacroix-Riz qui revient sur la malhonnêteté de la saga télévisuelle Apocalypse consacrée à Staline. Une manipulation idéologique et politique de bout en bout …

Le congrès, lors des discussions sur l’international, oublie Cuba, nos camarades communistes en Ukraine à la pointe de la lutte antifasciste, nos camarades communiste en Grèce et notamment du syndicat Pame qui maintiennent un haut niveau de résistance chez une grande part des travailleurs grecs. Pas un mot ou le début d’une analyse sur la Chine … Non on met à l’honneur les fossoyeurs de Syriza ou encore Podemos érigé en modèle.Voilà ici un des innombrables exemples des renoncements actés par les communistes. Nous voici pris dans nos propres contradictions. Pierre Laurent est certes le secrétaire national du PCF, mais il est aussi (et il aime le rappeler) le patron du Parti de la Gauche Européenne qui refuse de condamner fermement l’euro et qui interdit le débat sur une éventuelle sortie maîtrisée de l’Union Européenne qui impose la loi travail dans tous les États membres. Soyons précis pour éviter la levée de boucliers, nous faisons l’hypothèse de la construction d’un euro de gauche. C’est le même genre de construction absurde que celle de l’historien Jean-Pierre Azema, qui n’a jamais ouvert une archive, et qui a réussi à inventer le concept ahurissant de Vichysto résistant.

Sur le plan intérieur, alors que nous devrions suivre l’exemple de la CGT et nous nourrir du mouvement social pour proposer le programme d’une rupture ambitieuse, nous voilà repeints en sondeurs sur les marchés avec un questionnaire totalement inepte pour savoir ce que veulent les français. Ensuite nous allons rédiger un pacte d’engagement pour finir par bâtir une alliance opportuniste à l’automne derrière un frondeur. Bref, nous serons les plus acharnés acteurs des manœuvres dont les français ne veulent plus entendre parler. L’immense masse des ouvriers décidera donc de rester chez elle une fois de plus lorsque le tocsin présidentiel sonnera pour désigner le futur monarque élyséen. Il faudra aller chercher de courageux camarades qui voudront bien partir à la bataille des législatives dans un tel contexte. Là où je suis véritablement furieux, c’est que le congrès de la semaine dernière a fait fi de cette grande part des communistes qui a refusé le texte de base commune notamment sur la base de leur opposition à la primaire devenue votation citoyenne. Les communistes, au contact de la population et des travailleurs via le mouvement contre la loi travail, ont bien senti qu’une telle proposition consistait à jouer petits bras, que nous prenions le parfait contre-pied de ce qu’il faut réussir à construire pour véritablement aller vers une alternative dont peut se saisir la classe ouvrière dans toutes ses composantes. J’aurai le droit au rappel à l’ordre. J’y ai déjà eu droit d’ailleurs ! Le congrès a tranché alors pourquoi continuer la bataille interne. Ce qui me rend hilare, c’est que ces injonctions viendront de ceux qui ont été à la manœuvre pour mettre fin au centralisme démocratique.

Finalement, comme l’a très bien dit mon ami et camarade Hervé Poly, secrétaire de la fédération du Pas-de-Calais dans son intervention, nous assistons à la fin et au début de quelque chose. Le PCF est en train de terminer sa mue réformiste et ainsi de pourrir sur pied alors que la jeune génération qui s’apprête à prendre le relais se réconcilie elle avec les fondamentaux que leurs aînés ont tenté d’enterrer pour le plus grand malheur des exploités. Il n’y a donc finalement pas lieu de désespérer.

Guillaume Sayon

 

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