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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

hommage à Rino Della Negra et César Luccarini

23 Février 2016, 18:25pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 hommage à Rino Della Negra et César Luccarini
 hommage à Rino Della Negra et César Luccarini

Les militants communistes rendaient hommage hier à Rino Della Negra et César Luccarini, deux des martyrs du groupe Manouchian natifs de Vimy et Pont-à-Vendin fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. 

En présence d'Hervé Poly, secrétaire de la fédération communiste du Pas-de-Calais et de plusieurs élus et militants des sections d'Arras, Avion, Lens, Grenay, Courrières et Hénin-Beaumont, les communistes ont rendu hommage aux FTP-MOI du groupe Manouchian en déposant des gerbes de fleurs au pied des plaques rendant hommage à Rino Della Negra et César Luccarini. 

Je mets en ligne ci-dessous le texte de mon intervention prononcée lors de l'hommage à Rino Della Negra, à Vimy. 

 

Il y a 72 ans, le 21 février 1944, 22 résistants étaient fusillés au Mont-Valérien. La 23ème était une femme, la Roumaine Olga Bancic. Torturée, elle est envoyée en Allemagne où elle est décapitée à la hache dans la cour de la prison de Stuttgart.

Ces 23 résistants étaient membres d’un des plus célèbres groupes de résistance, le groupe FTP-MOI « Manouchian ».

Avant la guerre, la MOI, Main d’Œuvre Immigrée, auparavant appelée Main d’Œuvre Etrangère, rassemblait les travailleurs immigrés syndiqués à la CGTU. A la pointe de la lutte contre les expulsions de travailleurs étrangers avec quelqu’un comme Thomas Olszanski, déchu de sa nationalité pour fait de grève et expulsé en 1934, la section Main d’Œuvre Immigrée joue un rôle important pendant la guerre d’Espagne pour soutenir les Républicains espagnols et s’engage très tôt dans la Résistance.

En 1943, sous la direction de Joseph Epstein et du poète arménien Missak Manouchian, les FTP-MOI mènent une véritable guérilla urbaine avec 92 attentats à Paris pour les six premiers mois de 1943.
 
Sur ces 92 attentats, 31 sont à mettre à l’actif du 3ème détachement FTP-MOI de la région parisienne, le « détachement italien », qui comptait de nombreux militants dont les familles avaient fui le fascisme, comme Rino Della Negra.

Rino Della Negra est né à Vimy en 1923 de parents italiens qui ont ensuite déménagé en 1926 à Argenteuil en région parisienne où Rino Della Negra a travaillé en usine. Passionné de football, Rino Della Negra jouait au Red Star Olympique.

Réquisitionné pour le STO en 1942, il s'est engagé dans la clandestinité au sein du groupe FTP-MOI dirigé par Missak Manouchian et a participé à de nombreuses attaques contre l'occupant allemand.
Le 7 juin 1943, Rino Della Negra participe à l’exécution du général Von Apt. Le 10 juin 1943, il participe à l’attaque du siège central du parti fasciste italien. Le 23 juin 1943, il participe à l’attaque de la caserne Guynemer à Rueil-Malmaison. Le 12 novembre 1943, il est blessé lors d’une attaque visant des convoyeurs de fonds allemands.

A la mi-novembre 1943, 68 membres des FTP-MOI de la région parisienne sont arrêtés à la suite de l’enquête menée par la brigade spéciale n°2 des Renseignements Généraux.

Le tribunal militaire allemand du Grand-Paris juge 24 des résistants arrêtés, dont Manouchian, en présence des journalistes de la presse collaborationniste qui dénoncent le    « cynisme » des accusés, c'est-à-dire le fait qu'ils assument pleinement les attentats qu'ils ont commis. Parmi eux, 10 sont sélectionnés pour la composition de l'Affiche rouge, où apparaît l'expression « l'armée du crime ». Le tribunal prononce 23 condamnations à mort.

Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo de Manouchian, avec cette inscription :           « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés ».
Conçue pour convaincre l'opinion publique que les résistants étaient de dangereux terroristes étrangers, l'affiche rouge a complètement manqué son but : en ce début de 1944, alors que le sort de la guerre tournait partout en faveur des Alliés, l'Affiche rouge était la preuve que des jeunes, des ouvriers, des étrangers étaient prêts à sacrifier leur vie pour délivrer la patrie de la tyrannie nazie.
La nuit, comme l'écrit Aragon dans son poème mis en musique par Léo Ferré, à côté de l'Affiche rouge, fleurissaient des inscriptions « Mort pour la France ».

Dans le Pas-de-Calais, on s'en souvient !

A l’heure où l’Assemblée nationale débat de la « déchéance de nationalité », le destin des martyrs du groupe Manouchian illustre que la République n’est pas une question de nationalité, de couleur de peau ou d’ancêtres gaulois, mais de valeurs, les valeurs de travail, de solidarité, de fraternité pour lesquelles s’est battu Rino Della Negra.

A l’heure où les idées de haine se diffusent comme un poison, où l’on organise des manifestations à Calais contre les migrants, des manifestations « islamophobes » en Allemagne et qu’aux Etats-Unis, le principal candidat du parti républicain veut construire un mur infranchissable entre les Etats-Unis et le Mexique, nous sommes tentés de nous dire que notre monde devient fou.   

Plus que jamais, c’est un devoir pour nous, militants communistes, de préserver la mémoire de ces héros de l'ombre qui ont payé de leur vie leur combat pour la Liberté.
Souvenons-nous des paroles d’Aragon, souvenons-nous de Rino Della Negra :

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.

Je vous remercie de votre attention.

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