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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Liberté Hebdo 1204 : L'édito de Franck

28 Janvier 2016, 17:37pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Liberté Hebdo 1204 : L'édito de Franck

 

LES CONVICTIONS CONTRARIÉES

 

La République est bien fragile. Ne l’oublions pas. Deux exemples cette semaine frappent tous les esprits.

 

D’abord, monsieur Robert Badinter, gloire nationale qui mena la bataille victorieuse contre la peine de mort. Ce qui lui confère une aura que MM. Valls et Hollande ont détournée en le faisant plancher sur la « réforme » du code du travail. L’homme de conviction devient alors le faire-valoir d’un acte régressif redoutable pour le monde du travail. Il a beau s’en défendre comme il l’a fait sur France Inter cette semaine en présence de la ministre du Travail Myriam El Khomri, qui a pu paisiblement dérouler une belle langue de bois.

 

Le fondement du droit du travail, n’en déplaise au Medef, grand vainqueur dans l’affaire, est principalement issu des revendications, des luttes, de l’action menée par les salariés et les syndicats pour l’amélioration des conditions de travail, la protection des salariés.

Il faut du temps pour qu’une loi vienne apporter, de façon générale, les garanties nécessaires à ce que le droit existe dans l’entreprise. Et même, il faut que les délégués syndicaux, les délégués du personnel, les salariés, se défendent sans cesse pour qu’il soit appliqué.

Les (mauvais) exemples récents, à Air France, Goodyear ou ailleurs montrent qu’en France la justice ne s’applique pas de la même manière selon que Ton soit d’un côté ou de l’autre de la barrière. Dommage vraiment qu’un grand homme comme Badinter se soit laissé entraîner dans ce jeu de massacre.

 

Deuxième point, et pas des moindres, la démission forcée de Madame Christiane Taubira. Nous retiendrons ici l’engagement dont elle a fait montre sur la question des mineurs sanctionnés injustement lors des grèves de 1948.

Le gouvernement lui confia la lourde mission du mariage pour tous. Ce qui lui valut une campagne atroce, abjecte, de la part de Textrême-droite et des conservateurs de tout poil.

Son départ, attendu, est aujourd’hui présenté par les grands médias nationaux comme un espoir pour la gauche de la gauche. Voilà qui s’appelle aller un peu vite en besogne.

 

D’abord, Christiane Taubira a déjà été candidate à l’élection présidentielle en 2002.

Candidature qui avait permis à certains  caciques socialistes de lui faire porter la responsabilité de l’échec de Lionel Jospin.

 

Ensuite, c’est un fait patent depuis 2005 : les médias dominants usent de leur influence pour « choisir » leur candidat idéal à la place des électeurs, et surtout, des militants. Pour nous l’heure n’est pas encore à déterminer qui est le plus à même de défendre les idées de la gauche de combat et de transformation sociale. L’heure est surtout à redéfinir un programme, un socle commun, au plus près des attentes des citoyens et de la préservation des libertés publiques.

 

Le départ de Christiane Taubira du ministère de la Justice ne stoppe pas les réformes en cours, au contraire. Les abus liés à l’état d’urgence et la déchéance de nationalité restent dangereusement d’actualité. L’urgence est d’abord sociale, démocratique et citoyenne.

C’est le sens du soutien qu’apporte le Parti Communiste Français aux manifestations et rassemblements du 30 janvier dans toute la France.

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