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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Les patriotes ne sont pas là où on croit !

11 Octobre 2015, 08:40am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Titre énigmatique pour ce billet mais qui va faire état d’une réalité malmenée et à juste titre. Certains historiens en mal de publication éditent souvent des petits ouvrages mystérieusement intitulés « les secrets de l’histoire ». Dans ces ouvrages on nous explique que tel roi était allergique au poivre ou quel tel chef de guerre avait en réalité peur du sang. S’il y a un véritable secret d’histoire volontairement dissimulé à la masse, qui doit se contenter de croire que Charlemagne a inventé l’école, c’est celui de la trahison systématique de la bourgeoisie. Les belles et grandes personnes qui nous chantent les refrains inspirés sur l’identité nationale, sur la défense d’une civilisation française prétendument en danger, n’en ont dans les faits que faire de ces choses-là. Ce qui les intéresse, c’est le profit. Après tout, nous sommes dans un système capitaliste et par définition, ceux qui sont propriétaires de l’outil de production, le sont pour gagner de l’argent. Alors tant que leurs intérêts ne sont pas directement menacés, tant qu’ils peuvent faire des profits, tout va bien. Pas besoin d’agiter le drapeau nationaliste pour diviser. Mieux encore, pas besoin de taper chez le voisin plus fort pour demander de remettre de l’ordre dans son propre pays. Voyez-vous, ce qui se passe à Air France ces derniers jours, cet unanimisme médiatico-politique qui consiste non pas à condamner la « violence » ouvrière, mais à l’insulter, elle est la matrice qui a toujours prévalu dans les hautes sphères de la société : on déteste les ouvriers. On les déteste d’autant plus quand ils décident de se rebeller, de se révolter contre une injustice avérée. Les deux chemises de ces deux petits DRH, le PDG d’Air France/KLM s’en moque éperdument. Ce qui l’inquiète en revanche c’est une prise de conscience collective chez les salariés de l’idée qu’ils sont en train de se faire enfler. C’est l’idée de la contagion qui l’inquiète grandement. Bref que la classe ouvrière, en l’occurrence les salariés d’Air France, devienne ce que Marx appelle une classe en soi et pour soi. Cela veut dire que les salariés ont conscience qu’ils partagent des conditions de vie et de travail similaires et surtout, qu’ils ont des intérêts en communs qui sont contraires à ceux de leur employeur. C’est là où se situe le danger pour la direction d’ Air France. Donc, les médias qui sont entre les mains de grands industriels et financiers font le sale boulot. Ils doivent diviser, car il faut diviser pour mieux régner, le patronat le sait mieux que quiconque.
 
Je m’égare un peu mais cette digression était je crois nécessaire. Je m’égare mais pas tant que ça … Vous allez comprendre. J’en reviens donc à ce titre faussement provocateur et à cette idée que je vous délivre comme ça sans précaution, cette idée d’une trahison systématique de la bourgeoisie. Alors vous n’y échapperez pas, deux exemples historiques pour étayer mon propos. Premier exemple, le plus simple mais sans doute le plus parlant, la Révolution Française. Je ne vais pas reprendre ici la chronologie des faits mais simplement rappeler une chose. Lorsque la dynamique révolutionnaire s’amorce, que les intérêts du roi sont menacés, que c’est la grande peur dans les campagnes car les paysans se rebellent contre le système d’oppression intrinsèquement lié à la nature de la société d’ordre de l’époque, le réflexe des grandes familles nobiliaires, ces militaires et grands noms du royaume de FRANCE consiste à aller toquer chez les voisins autrichiens et prussiens pour qu’ils puissent venir remettre de l’ordre. En clair et sans décodeur, on leur demande d’écraser le peuple français, leur propre peuple ! Cela donnera l’héroïque bataille de Valmy du 20 septembre 1792, où l’armée française qui s’est en fait improvisée armée, puisqu’elle n’est pas composée de militaires à proprement parlé mais majoritairement de citoyens, plus précisément de gardes nationaux totalement inexpérimentés, vaincra les armées prussiennes conduites par le duc de Brunswick. 
 
Comment ne pas évoquer ensuite les événements de 1870. L’empire français se fait balayer violemment par l’armée prussienne à Sedan le 2 décembre. A Paris les « Jules » (Ferry, Favre …) proclament la République sur les marches de l’hôtel de ville de Paris, le pouvoir étant vacant. Puis un homme fort, Adolphe Thiers tire son épingle du jeu. Ce représentant de la monarchie orléaniste (c’est compliqué mais tenez bon) annonce que la jeune République résistera face à l’envahisseur et défendra coûte que coûte la France. Mais dans le même temps, secrètement, il négocie avec Bismarck, avec l’ennemi. Il leur donne sans résistance l’Alsace-Lorraine, négocie quelques petites choses, essentiellement la sûreté des capitaux et des intérêts français, et il demande aux troupes allemandes de se tenir prêtes pour encercler Paris qui bouillonne et qui donnera naissance à la Commune ouvrière, une sorte de première expérience grossièrement socialiste. Encore une fois, cet éminent représentant des intérêts de la bourgeoisie, négocie avec l’ennemi contre son propre pays, contre le peuple de Paris. Finalement c’est lui-même qui écrasera la Commune durant ce qu’on appellera tristement « la semaine sanglante ». Pas besoin de vous faire un dessin, on ne se contente pas de réprimer la Commune, on massacre les communards. C’est l’armée française qui fait ça, en parfait accord avec les prussiens.
 
Alors vous me direz sans doute, ce que tu nous expliques là c’est un peu loin de nous. Très bien, alors je vous renvoie aux remarquables travaux de l’historienne Annie Lacroix-Riz qui explique comment les élites françaises font le choix volontaire de la défaite en 1940. (ici sa conférence sur le sujet). Vous pouvez aussi regarder cette très bonne émission animée par Henri Guillemin sur le personnage de Pétain (c’est ici que ça se passe). Vous aurez ainsi la démonstration parfaite que les élites économiques et politiques françaises font systématiquement le choix de la défaite, bref choisissent de trahir les intérêts de la Nation pour garantir leurs propres intérêts.
 
Tout cela pour finalement en venir au Front National. Contrairement aux apparences, le clan Le Pen et leurs amis n’en ont que faire des intérêts de la France et de son peuple. Je sais que beaucoup font le choix de voter pour eux afin de défendre des valeurs françaises, un attachement à la Nation qu’ils pensent menacée. Mais je vous le dis, c’est faire une faute terrible que de leur accorder des suffrages dans ce sens. Car les Le Pen, ou le candidat frontiste aux régionales en Île-de-France, Wallerant de Saint-Just (ça ne s’invente pas un nom pareil), ils sont les héritiers de cette élite, de Pétain, de ceux qui publiquement disent défendre la France et ses valeurs mais qui par leurs actes trahissent à la première occasion le peuple français. Renseignez-vous sur les gens qui financent le FN. Renseignez-vous sur leurs fondateurs. Tout deviendra alors limpide ! 
 
Les seuls patriotes dans l’histoire, ce sont les petites gens, c’est le peuple. C’est le peuple de Paris qui annonce qu’il se battra jusqu’au bout en 1870 pour repousser l’envahisseur prussien, qui annonce qu’il n’abandonnera pas ses frères et sœurs alsaciens et lorrains. C’est le peuple (en partie) qui s’organise clandestinement dans la résistance pour résister aux nazis et au régime pétainiste de la collaboration. C’est le peuple qui repousse l’armée prussienne à Valmy que l’aristocratie française a appelé à la rescousse. 
 
La droite et l’extrême-droite peuvent toujours clamer leur nationalisme le plus pur, c’est irrémédiablement de leurs troupes que sont venus les pires traîtres à la patrie. Il ne s’agit pas ici d’un discours de propagande, ce sont des faits historiques précis. Le père Le Pen, admirateur de Reagan, sans doute le président américain le plus libéral et le plus grand fervent de la toute puissance américaine à échelle mondiale et donc européenne, n’est certainement pas plus patriote que vous et moi, bien au contraire. Si demain par le plus grand des malheurs ils prenaient le pouvoir dans notre pays, ils feraient deux choses. La première des choses, c’est d’anéantir les syndicats et le parti communiste. C’est toujours ce que l’extrême-droite fait dans l’histoire en premier. L’objectif est simple, empêcher la moindre révolte ouvrière. Ceux qui inaugurent les camps de concentration sous le III Reich ce ne sont pas les juifs, ce sont les communistes sachez-le ! Ensuite ils collaboreront avec les puissants car c’est toujours cela qu’ils font. La raison même de leur existence elle est celle-ci. Pouvoir remettre de l’ordre quand le capitalisme est en phase de crise et que le risque est trop important qu’il implose. Cela n’est ni une prophétie, ni un délire sans fondement. Cela n’est que la plus stricte réalité ! Je n’espère qu’une chose, c’est que le futur ne nous donne pas l’occasion de vérifier ces affirmations. 
 
Guillaume .Sayon

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