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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

L'Université d'Arras dans l'oeil de l'austérité

29 Avril 2015, 07:03am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 L'Université d'Arras dans l'oeil de l'austérité

 Le gouvernement ponctionne les universités pour boucler le budget

Le gouvernement a officialisé, vendredi 24 avril, une ponction de 100 millions d'euros sur les réserves de près d'une cinquantaine d'universités et écoles, afin de boucler le financement des dotations 2015.

Au total, 11 des 76 universités, 25 des 36 écoles d'ingénieurs et une dizaine de grands établissements verront leurs fonds de roulement mis à contribution, indique le ministère de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur.

Pour le Nord-Pas-de-Calais c’est -35 %. Face à ce coup dur pour les universités les élus régionaux crient à l’injustice, pour sa part le groupe communiste et unitaire n’a pas manqué de crier au scandale.

Les dotations de l’Etat en 2015 seront en hausse, pour répondre à l’augmentation du nombre d’étudiants. Mais dans un contexte budgétaire austère, le ministère a décidé de prendre l’argent là où il estime qu’il ne sert à rien (hic), c’est-à-dire dans les réserves des établissements.

Attention :
seules les plus grosses réserves, correspondant à des fonds de roulement de plus de 65 jours, seront ponctionnées ; et le niveau de la ponction sera adaptée, selon que l’université a projeté de faire ou non des investissements, afin d’encourager une "culture de l'investissement" dans l'enseignement supérieur.

l’université d’Artois (Arras, Pas-de-Calais) fournira un quart de la somme ponctionnée, soit plus de 24 millions d'euros. L'Université d'Artois affichait un fonds de roulement de 161 jours et "n'avait pas de projet d'investissement qui lui permettrait d'utiliser cette ressource", fait-on valoir au ministère. L’Université de Lille 2 devra quant à elle verser 8,75 millions d'euros, Paris II (7,66 millions d’euros) et Grenoble II (6,68 millions d’euros).

Qu’en disent les universités ? "On leur dit que c'est inepte", déplore Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d'université (CPU), pour qui on ponctionne "les universités les plus vertueuses". "L'année prochaine, c'est 300 millions qu'il va falloir trouver, on ne sait pas comment". De plus, la notification des dotations de l’Etat a plusieurs mois de retard. "Ça nous enlève une visibilité, ça nous empêche de faire un budget sincère", estime le président de la CPU.

En s’informant sur ladite mesure, Sophie Changeur, première vice-présidente de l’Université Picardie Jules Verne, en a découvert une autre.

Selon elle, la "mise en réserve" va être doublée en 2015 pour tous les établissements d’enseignement supérieur, sans exception.

Il s’agit d’une somme d’argent qui est comptée dans le budget des établissements mais bloquée par le ministère. A l’UPJV, elle passera de 200.000 à 400.000 euros. Une goute d’eau dans le budget (190 millions d’euros).

Mais "la partie fonctionnement-investissement de notre budget diminue depuis quelques années, souligne la vice-présidente. Alors 400.000 euros… ça finit par peser."

Le président de l’université Lille II, Xavier Vandendriessche s’inquiète. “La solidarité, très bien, j’y suis très attaché. Mais j’y participe déjà à hauteur de 8 millions par an, somme qui devrait nous revenir, à en croire l’Etat lui-même, mais qu’il ne nous verse pas ! et puis “nous essayons d’être efficaces en utilisant le moins d’argent possible. Aujourd’hui, le plafond de la fac de médecine fuit et l’IUT de Roubaix s’effondre. Si on me prend mes fonds de roulement, comment je fais les réparations ?”.

Reste un point : l’opération sera-t-elle reconduite en 2016 ?

Au ministère, l’idée ne choque pas.

 

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