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Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

FSGT, quatre-vingts ans et des clubs pleins de vie

26 Décembre 2014, 15:06pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La Fédération sportive et gymnique du travail fête son quatre-vingtième anniversaire. Et continue de promouvoir une certaine conception du vivre-ensemble. Le but : rendre le sport accessible à tous pour que les pratiquants deviennent des sportifs émancipés et citoyens.

FSGT, quatre-vingts ans et des clubs pleins de vie

En ce 24 décembre 1934, l’émotion est palpable au 33, rue de la Grange-aux-Belles (11e arrondissement). Devant la montée du fascisme en Europe, la FST (Fédération sportive du travail, communiste) et l’USSGT (Union des sociétés sportives et gymniques du travail, socialiste) sont réunis en congrès. À l’unanimité, les délégués décident de fusionner et donnent naissance à la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail). Quatre-vingts ans plus tard, cette fédération qui, depuis le Front populaire, a toujours exprimé des revendications pour le sport français, continue de promouvoir une certaine conception du vivre-ensemble avec une volonté de rendre le sport accessible à tous pour que les pratiquants deviennent des sportifs émancipés et citoyens. Avec 270 000 pratiquants aujourd’hui, pas moins de 4 700 associations sportives et d’entreprises qui organisent une centaine d’activités sportives dans 70 départements, la FSGT ne connaît pas les outrages du temps.

Le temps, lui, n’est pas de la partie en ce lundi de décembre. Une pluie à ne pas mettre un sportif dehors. Ça tombe bien, la section « plus de cinquante ans » de l’AS Drancy (Seine-Saint-Denis) organise, tous les lundis après-midi, un atelier travaux manuels. Autour d’une grande table, une vingtaine de personnes confectionnent des lapins en feutrine ou des cartes de vœux en relief. « Tout sera vendu lors d’expo-ventes à Noël et à la Fête des mères », explique Sylvie Joly, secrétaire de la section. Dans l’autre pièce, c’est tricot et broderie. « On vient pour la convivialité, explique Brigitte, cinquante-sept ans, retraitée. Et puis, il y a le goûter à 16 heures. »

« Sortir les gens de l’isolement, de nouer du lien social »

C’est aussi cela la FSGT, une fédération sportive qui mêle vie associative et solidarité. D’ailleurs, l’ASD, créé en 1939, signifie Arts et Sports de Drancy. « Le but est de sortir les gens de l’isolement, de nouer du lien social », glisse Sylvie Joly. Avec 850 adhérents sur les 3 000 que compte l’ASD, cette section est la plus importante. Une fois réglée la cotisation annuelle de 57 euros, les 60 activités (aquagym, cuisine, balades…) sont gratuites. Au même moment, dans un autre quartier de Drancy, le cours de danse country bat son plein, salle Paul-Éluard. « Il faut mémoriser les enchaînements car en country chaque musique a sa chorégraphie », glisse Gisèle, soixante-trois ans, responsable bénévole de l’atelier. « À la FSGT, il n’y a pas de prof, explique Memed Debbouza, responsable de la section adulte omnisports. C’est un adhérent qui enseigne aux autres. La première compétence ici, c’est la motivation. » L’autogestion est une des particularités de la FSGT. À Paris, dans le 14e arrondissement, le club FSGT d’escalade Roc 14, lié par une convention d’utilisation à la Ville de Paris, est un bel exemple. Créé il y a dix ans, ce club de 800 adhérents connaît un succès ascendant. « On refuse 500 candidatures par an », explique Philippe Segrestan, cinquante-neuf ans, secrétaire du club. La cotisation annuelle (90 euros contre 450 euros en moyenne en club privé) est attractive. Mais pas seulement. Aux cours enfants du mercredi soir, des parents et des bénévoles encadrent les bambins le long des 45 lignes d’escalade réparties sur les 800 mètres carrés de mur. « Quand j’ai débuté, je ne connaissais pas la FSGT, confie Benoît, cinquante-deux ans. Puis j’ai suivi une formation gratuite FSGT d’animateur de structure artificielle d’escalade. Dans les clubs privés, les grimpeurs sont des consommateurs. Ici, on est acteurs. »

Le bénévolat prévaut aussi pour organiser les activités, les sorties en falaises ou le nettoyage du mur. De même, la responsabilisation est privilégiée dans la pratique avec la technique dite de la « grimpe en tête » où le grimpeur s’assure lui-même et équipe la paroi au fur et à mesure de sa progression. Car l’innovation et l’adaptation des règles sont des valeurs constitutives de la FSGT. Sur le terrain synthétique du parc des sports de La Courneuve, plusieurs équipes de foot à sept, auto-arbitrées, se rencontrent pour la dernière journée, avant la trêve de Noël, du championnat A FSGT du comité de Paris. Ce soir-là, le leader, l’association Le 26, joue contre la lanterne rouge, Double Dribble. Le résultat est sans appel : 12-2. Mais l’important est ailleurs. « On a tous joué en club à onze avec trois entraînements par semaine et le match le week-end, mais c’est trop axé sur le physique », précise Loïc Destouches, trente-trois ans, instituteur, président du 26, dont le nom n’est autre que l’adresse de la cité à Ivry, rue Henri-Martin, dans le Val-de-Marne, où tous les membres de l’équipe ont grandi. « À sept, on touche le ballon, on se fait plaisir alors qu’à onze on ne veut surtout pas prendre de buts. » Joué sur une moitié de terrain, sans tacle ni hors-jeu, avec des touches effectuées au pied et des entrées et des sorties à volonté, le foot à sept, auto-arbitré, inventé par la FSGT, fait l’unanimité. « L’absence d’arbitre ne pose pas de problème », assure Nicolas, défenseur du 26. « Si on traite cinq litiges par an, c’est le maximum, confirme Michel Fuchs, du comité de Paris. On fait confiance à la responsabilité des joueurs alors qu’avec un arbitre, ils en sont dépossédés. » Avec près de 25 000 licenciés dans toute la France, dont 8 000 en région parisienne, le foot à sept auto-arbitré ne cesse de gagner du terrain. « C’est simple, pas cher (70 euros la saison) et ils fournissent le terrain, lance Loïc. Un championnat de cette qualité aussi peu onéreux, ça n’existe nulle part ailleurs. »

 

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