Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Les pièges du traité secret entre l’Union Européenne et les USA

22 Avril 2014, 18:36pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le traité transatlantique devant favoriser un grand marché entre l’Union Européenne et les USA est en train d’être négocié en secret. Pourquoi en secret ? Parce qu’il prévoit la fin du salaire minimum, des protections sociales, des services publics, des protections sanitaires, environnementales et alimentaires...Le sachant, seriez vous d’accord ? Non bien sur. Alors ils veulent nous l’imposer !

Le traité transatlantique, un typhon qui menace les européens

Saviez-vous que le 18 octobre dernier un accord de libre échange avait été signé entre le Canada et l’Union européenne ?
 

Savez-vous qu’un traité semblable est en train d’être négocié en secret entre les USA et l’UE ?
 

Savez-vous que le président français veut accélérer les négociations pour éviter une « accumulation de peurs » ?

Et il sait de quoi il parle, car en 1998 un accord similaire, l’AMI (Accord multilatéral sur l’Investissement) avait été bouté « cul par dessus tête »devant les très vives protestations des français et des mouvements syndicaux. Et Le Pen (père) allait être au second tour de la présidentielle suivante.

 

L’accord de partenariat transatlantique (APT) négocié depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et l’Union européenne est une version modifiée de l’AMI. Hollande souhaite donc nous refaire le coup de Lisbonne où les socialistes décidèrent de passer outre le NON français au traité européen. On savait depuis la « guerre d’Algérie » que les socialistes étaient fâchés avec la démocratie, mais on ne pouvait imaginer qu’ils puissent sans vergogne vendre leur pays au plus offrant !

 

Ce que Hollande et Valls nous préparent, c’est un monde sans salaire minimum, sans protection sociale et sans services publics.
 

Un monde où l’économie des multinationales nord américaines ferait la loi et nous obligerait à accepter ce qui se pratique déjà chez eux : le gaz de schiste, les OGM [1] , la viande additionnée de bêta-agonistes comme le chlorhydrate de ractopamine [2], les poulets nettoyés au chlore, l’interdiction des médicaments génériques, la fin des lois anti-tabac [3] et la mort du droit d’auteur.

 

Plus directement, avec cet accord il sera impossible de remunicipaliser comme à Arles, les parkings ou les cantines. Et encore moins d’envisager, pour la gestion de l’eau, un retour en régie directe ou même d’espérer choisir, pour défendre l’emploi, une entreprise locale. Et autant dire que le rachat par une collectivité comme Marseille Provence Métropole des terrains, des bâtiments et des machines de l’usine de thé Fralib équivaudrait pour eux à un crime ... communiste, une véritable abomination. Quand à la SNCM elle serait immédiatement privatisée pour le plus grand profit de Corsica ferries ou d’une entreprise nordique quelconque...

 

Ces mêmes multinationales pourraient traîner en justice le gouvernement, si d’aventure l’orientation politique de celui-ci avait pour effet d’amoindrir leurs profits. Ils pourraient même réclamer – et obtenir !- une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop ferme. [4]

La démocratie et la souveraineté nationale bafouées.

« Parce qu’elles visent à brader des pans entiers du secteur non marchand, les négociations autour du traité se déroulent derrière des portes closes. Les délégations américaines comptent plus de six cents consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Rien ne doit filtrer. Instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir...

 

 

Presque toutes les études sur l’APT ont été financées par des institutions favorables au libre-échange ou par des organisations patronales, raison pour laquelle les coûts sociaux du traité n’y apparaissent pas, pas plus que ses victimes directes, qui pourraient pourtant se compter en centaines de millions. Mais les jeux ne sont pas encore faits. Comme l’ont montré les mésaventures de l’AMI, de la ZLEA et certains cycles de négociations à l’OMC, l’utilisation du « commerce » comme cheval de Troie pour démanteler les protections sociales et instaurer la junte des chargés d’affaires a échoué à plusieurs reprises par le passé. Rien ne dit qu’il n’en sera pas de même cette fois encore. » [5]

 

Que la France et l’union européenne soient capables d’envisager un tel traité montre à quel point ils font peu de cas de nous autres, les pas riches. Que représentent-ils ? Qui représentent-ils ? Pas nous assurément. Non content de nous imposer l’austérité, les voilà qui veulent nous livrer pieds et poings liés au capital international. Sommes-nous des esclaves que l’on peut vendre ? Comme nous le disons dans l’appel (re)construire du 25 mars

 

"Si nous laissons faire c’est l’obscurantisme, la réaction et même le fascisme qui gagneront.

 

 

La transformation de la société passera par chacun de nous ou ne sera pas. Nous ne pouvons nous défiler, remettre au lendemain ou nous décourager devant l’ampleur de la tâche."

Le premier mai prochain faisons entendre notre voix et signons l’appel (re)construire

 

 

Les bonnes raisons de stopper ce traité liberticide

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE  : Nos normes plus strictes que les normes américaines et que les « normes internationales » (niveaux de pesticides, contamination bactérienne, additifs toxiques, OGM, hormones, etc.), pourraient être condamnées comme « barrières commerciales illégales ».

 

GAZ DE SCHISTE  : Les gouvernements européens ne réglementeraient plus les exportations de gaz naturel vers les nations signataires du traité. La fracturation hydraulique pourrait devenir un droit pour les sociétés qui pourraient exiger des dommages et intérêts auprès des nations qui s’y opposent.

 

EMPLOI  : Les entreprises souhaitant délocaliser dans les états concernés par le projet où les salaires sont inférieurs, seraient protégées. L’Inspection et le code du travail devenant illégaux, plus de préavis de licenciement. Pôle emploi devrait être privatisé ou serait attaqué en justice par les sociétés d’intérim pour concurrence déloyale. Les conséquences du traité sur le taux de chômage en Europe ne seraient que néfastes.

 

SANTÉ & RETRAITES  : Les médicaments pourraient être brevetés plus longtemps, les groupes pharmaceutiques pourraient bloquer la distribution des génériques. Les services d’urgence pourraient être privatisés. Les Assurances privées pourraient attaquer en justice les CPAM pour concurrence déloyale. Les retraites par répartition pourraient être démantelées, les compagnies d’assurances se substitueraient aux CRAM,ARRCO, AGIRC…

 

EAU & ÉNERGIE : Ces biens seraient privatisables. Toute municipalité s’y opposant pourrait être accusée d’entrave à la liberté du commerce, idem pour l’énergie, qu’elle soit fossile, nucléaire ou renouvelable. La sécurité nucléaire serait réduite. Le prix du gaz et du kW seraient libres.

 

LIBERTÉ & VIE PRIVÉE : Grâce à la révolte publique, les sociétés espérant enfermer et monopoliser l’Internet ont échoué l’année dernière à faire adopter leur ACTA répressif ; des textes plus pernicieux sont dans le ce nouveau traité.

 

SERVICES PUBLICS  : Le traité limiterait le pouvoir des États à réglementer les services publics tels que : services à la personne, transports routiers, ferroviaires, etc. et réduiraient les principes d’accès universel et large à ces besoins essentiels.

 

CULTURE & PRODUCTION ARTISTIQUE : Les gros producteurs d’audiovisuel pourraient interdire les productions privées ou professionnelles à faible budget comme youtube, vimeo, dailymotion, les financements collaboratifs seraient rendus illégaux. Les musées nationaux perdraient leur droit de préemption sur les trésors artistiques nationaux au profit de collectionneurs privés.

 

ENSEIGNEMENT  : Les universités privées pourraient attaquer en justice l’Éducation nationale pour concurrence déloyale. De la maternelle au doctorat, les sociétés privées contesteraient aux écoles, cantines scolaires et resto U, toutes subventions municipales, régionales ou nationales.

Source :

http://stoptafta.wordpress.com/stopper-tafta-pourquoi/

 

Même le Figaro n’est pas persuadé du bien fondé de ce traité. Il faut dire que son propriétaire, Serge Dassault, grand fabricant d’avions de guerre, ne voit pas d’un très bon œil les avionneurs américains venir piétiner ses plates bandes.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/10/31001-20140410ARTFIG00323-jean-arthuis-7-bonnes-raisons-de-s-opposer-au-traite-de-libre-echange-transatlantique.php

Pour savoir plus : lire Le Ravi du mois d’avril.

 

[1] Monsanto et ses amis ne cachent pas leur espoir que la zone de libre-échange transatlantique permette d’imposer enfin aux Européens leur « catalogue foisonnant de produits OGM en attente d’approbation et d’utilisation. « EU-US high level working group on jobs and growth. Response to consultation by EuropaBio and BIO » (PDF), http://ec.europa.eu

[2] La ractopamine est un médicament utilisé pour gonfler la teneur en viande maigre chez les porcs et les bovins. Du fait de ses risques pour la santé des bêtes et des consommateurs, elle est bannie dans cent soixante pays, parmi lesquels les Etats membres de l’Union, la Russie et la Chine. Pour la filière porcine américaine, cette mesure de protection constitue une distorsion de la libre concurrence à laquelle l’APT doit mettre fin d’urgence. Lori M.Wallach – le Monde Diplomatique – novembre 2013

[3] Au travers d’un traité bilatéral d’investissements, le géant du tabac Philip Morris poursuit en justice l’Uruguay et l’Australie sur leur lois anti-tabac. L’entreprise soutient que les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes et les emballages les empêchent d’afficher clairement le logo de leur marque, causant une perte substantielle de leur part de marché

[4] Sur la base de l’ALENA (Accord de libre-échange nord américain), la société américaine Lone Pine Ressources Inc. demande 250 millions de dollars américains de compensation au Canada. Le « crime » du Canada : la province canadienne du Québec a décrété un moratoire sur l’extraction d’huile et gaz de schiste en raison du risque environnemental de cette technologie.

[5] Lori M.Wallach – le Monde Diplomatique – novembre 2013

Commenter cet article