Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Blog des Militants Communistes de l'Arrageois

Une stratégie suicidaire de la France insoumise

22 Janvier 2017, 18:51pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Une seconde liste de candidatures de la France Insoumise est tombée. De nouvelles circonscriptions sont concernées par la présence d’un binôme ou d’un candidat simple. Dans cette liste, la France insoumise a investi des candidats contre des députés communistes sortants et dans des circonscriptions où le PCF est en mesure de gagner. C’est la stratégie non seulement de Mélenchon qui suit les traces de Mitterrand, mais pire encore celle d’une direction du PCF qui a livré le parti à de telles manoeuvres. Il est évident que le dernier congrès du PCF, la division de la direction et les atermoiements de celle-ci ne pouvaient conduire ailleurs. Le véritable problème va bien au-delà de cette attaque contre le PCF auquel la France insoumise est théoriquement allié, cette attitude ne peut que déboucher sur l’élection d’un candidat de droite ou d’extrême-droite dans la logique qui risque d’être celle de l’élection présidentielle (Note de Danielle Bleitrach).

Après André Chassaigne dans la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme et Nicolas Sansu dans la 2nde circonscription du Cher, la France insoumise vient de valider des candidatures contre des députés communistes sortants Gaby Charroux, JJ. Candelier; JJ Lecoq et Circo de Gerin-Picard et Salvodelli (94) : L’attaque contre Chassaigne avait été « justifiée » par le fait que celui-ci avait osé – crime de lèse majesté – se prononcer pour une candidature communiste, mais une nouvelle fournée de candidatures de division qui ne peuvent aboutir qu’à faire élire un candidat de droite voire d’extrême-droite est servie…
 

 13ème circonscription des Bouches du Rhône: MARTIGUE 

Frédéric Grimaud (Ensemble! – Martigues) et Stella Apeddu (Parti de gauche – Saint Mitre les Remparts) ont été investis contre le député communiste sortant Gaby Charroux qui sera en duo avec Pierre Dharréville (titulaire). En 2012, Stella Apeddu était candidate dans la 15ème circonscription (Châteaurenard, Lambesc, Saint-Rémy-de-Provence …). Frédéric Grimaud est conseiller municipal à Martigues dans la liste du Député-Maire PCF Gaby Charroux,  Cette nomination quand on connait la complaisance dont la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône a fait preuve envers les refondateurs, les liens qui unissent son dirigeant à Marie Georges Buffet est réellement la preuve de l’offensive qui est menée dans ce département contre ce qui fut jadis un des bastions communistes.

16ème circonscription du Nord

Mais on retrouve la même stratégie dans un autre bastion, le Nord Pas de calais. Marina Dabonneville (Parti de gauche – titulaire) et Raphael Brice ont été investis dans la circonscription du député communiste Jean-Jacques Candelier (qui souhaite ne pas se représenter). Ici la France insoumise se place dans l’ambition de faire perdre le Parti communiste français dans cette circonscription historiquement communiste.

Des candidatures de la France Insoumise aussi dans des circonscriptions gagnables pour le PCF (Venisieux, Ivry; LeHavre; StDenis; Rhone; Puy-Dome, Le Cher…)
La France insoumise a aussi désigné des candidatures dans des circonscriptions gagnables par le PCF (parce que perdues en 2012 du fait de la vague PS) : le fait est que ce qui a été perdu par le PCF en 2012, avec la vague qui s’est produite à la suite de l’élection de Hollande, ne doit surtout pas être regagnée par les communistes. la social-démocratie sous une forme renouvelée doit soit s’y maintenir, soit faire élire la droite, voire l’extrême-droite par la division. C’est en fait la logique du quinquennat voulue par Jospin, utiliser la vague présidentielle, le fait que les communistes sont désavantagés dans cette élection pour leur faire perdre toutes leurs positions. La France insoumise ne fait que suivre cette logique-là, celle d’une social-démocratie renouvelée quand le PS s’est mis hors course par désaveu de sa politique. En fait comme Mitterrand qui dénonçait la Constitution de la Ve république, l’appelait : le coup d’Etat permanent et s’en est mieux qu’accommodé quand il a pris le pouvoir, on voit que Mélenchon suit cet exemple et la présidentialisation est utilisée en plein pour prendre la place des communistes et des socialistes ayant fait faillite.

– Dans la 14ème circonscription du Rhône (Vénissieux, Saint Priest …), la France insoumise a investi des candidats. Benjamin Nivard et Najat Barthe seront en concurrence avec la communiste Michèle Picard, qui mène la bataille de la reconquête dans cette circonscription historiquement rouge (André Gerin étant le dernier député communiste).

– Dans la 8ème circonscription de Seine Maritime (Le Havre, Gonfreville-l’Orcher …), la France insoumise a nommé François Panchout et Johanna Castillo dans cette circonscription historiquement rouge où le PCF peut faire élire un député. Le communiste Jean-Paul Lecoq avait perdu cette circonscription en 2012 pour 83 voix.

– Dans la 10ème circonscription du Val-de-Marne (Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly Est, de Vitry-sur-Seine Nord, Ivry-sur-Seine), la France insoumise entend diviser et bloquer la reconquête de cette circonscription perdue par le PCF en 2012. La France insoumise a propulsé (pardon parachuté) Mathilde Panot (Parti de gauche de l’Essonne) et Mourad Taghzout (Parti de gauche) face à Pascal Savoldelli (PCF).

De nouveaux parachutages de cadres du Parti de gauche

Après Alexis Corbière dans la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis et Andréa Kotarac dans la 7ème circonscription du Rhône, c’est au tour d’Eric Coquerel (coordinateur du PG ) d’atterrir en Seine Saint Denis, dans la 1ère circonscription.

Rappelons que ce parachutiste professionnel, habitant à Paris, s’est retrouvé en 2012 dans la deuxième circonscription de la Corrèze, et aux élections européennes de 2014 en France, il est deuxième de la liste du Front de gauche dans la circonscription Sud-Est. En 2015 il rentre à Paris pour les élections régionales (où il est élu Conseiller régional sur la liste d’union conduite par Claude Bartolone du PS).

Des heurs et malheurs de l’anticommunisme

C’est Sartre qui affirmait : un anticommuniste est un chien et il ajoutait je n’en démords pas… ce qui est sûr c’est que l’anticommunisme est protéiforme, et il a réussi à faire passer diverses manières d’être anticommuniste sous une forme acceptable, il suffit de taxer le communiste de stalinisme ou de l’accuser de ne plus l’être pour donner le sentiment de jeter l’eau sale du bain en conservant l’enfant, cet idéal d’alternative à un capitalisme de plus en plus insupportable. Il peut même s’affirmer représenter une vision améliorée du vieux communisme dépassé. C’est sur cette base qu’un Tsipras a prétendu renouveler la vie politique en Grèce, on a vu ce qu’il en est advenu. Parce que le fait est que quand on s’attaque en priorité aux communistes quel que soit le bâton qu’ils aient donné pour se faire battre c’est qu’on a choisi de fait de ne pas rassembler ce qu’il faut pour résister au capitalisme…

On peut dire que le capital a réussi à partir de mai 68, le premier maidan à dissocier la petite bourgeoisie, diplômée mais salariée du prolétariat, ça été la grande oeuvre de Mitterrand et de ses sucesseurs, on en voit les résultats aux USA.

Dans la période de confusion dans laquelle nous sommes, l’offensive de Mélenchon et du parti de gauche est d’autant plus facile que la direction du PCF a renoncé aux fondamentaux communistes et a largement créé les conditions qui permettent aujourd’hui de prétendre achever le PCF, de lui refuser toute représentation. On pourrait en déduire que c’est une bonne œuvre révolutionnaire:  certains ne se privent pas de justifier leur adhésion à cette opération en expliquant que le PCF n’est plus communiste, et qu’il s’est lui-même suicidé. Mais il suffit de voir ce que les députés communistes – que nous n’avons pas toujours approuvés – ont été capables de faire dans l’exercice de leur mandat y compris face à la loi Khomry par exemple, pour voir à quel point cette action de la France insoumise laisse mal augurer de l’avenir de ceux qui choisissent pareille dérive. Honnêtement quand vous voyez le parcours de ceux qui se présentent, le retournement d’une telle candidature pouvez-vous avoir la moindre confiance en eux?  Pas moi et encore moins en ceux qui cautionnent de telles pratiques politiques. En disant cela je ne représente aucun courant, aucune chapelle, je dis ce que je pense en tant que communiste.

Danielle Bleitrach.

Voir les commentaires

La mondialisation capitaliste dans un monde multi-polaire, entre guerre et indépendance des peuples par Pierre-Alain Millet

22 Janvier 2017, 18:40pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Introduction sur les questions internationales de Pierre-Alain Millet

 

Afficher l'image d'origine

Mercredi 11 janvier 2017, par  pam
 

Les contradictions du capitalisme mondialisé

 

On ne peut penser d’alternative en France pour répondre aux urgences du chômage, de la précarité, de la pauvreté et de la violence sans penser la place de la France dans la mondialisation capitaliste. Car l’instabilité structurelle du capitalisme provoque des crises toujours plus violentes et le diktat imposé à la Grèce dont le peuple avait dit largement NON à l’austérité montre de quoi est capable cette mondialisation. Comment une France cherchant le chemin d’une société plus juste peut-elle construire d’autres relations avec les grandes puissances, avec les pays du Sud ?

 

Tout confirme que les prochaines crises seront plus violentes encore que celle de 2008. Un expert du Fmi déclare « nous ne sommes pas en état d’alarme, mais en état d’alerte », « la croissance mondiale continue, mais à un rythme de plus en plus décevant qui expose l’économie mondiale à des menaces. La croissance a été trop faible depuis trop longtemps ». Le président du comité d’examen de l’OCDE considère que la situation « est pire que ce qu’elle était en 2007 » et que « nous avons épuisé toutes les munitions macroéconomiques dont nous disposons pour faire face aux retournements de conjoncture ». La raison en est l’amoncellement des dettes propulsées notamment par les politiques monétaires : « il a toujours été dangereux de confier aux banques centrales la tâche de régler un problème de solvabilité (…) Cela ne peut conduire qu’au désordre, et aujourd’hui nous atteignons la limite ». The Economist se demande s’il n’y a pas « trop de profit ». Hillary Clinton poussée sans doute par Bernie Sanders dit que l’économie est « truquée » (rigged) car des profits trop élevés « peuvent signaler l’existence d’entreprises plus aptes à siphonner la richesse que d’en créer ».

 

Les échanges mondiaux ont explosés. Ils ne représentaient que 10 % du PIB des USA en 1950 (62G$) et représentent désormais plus que le PIB des USA (19.000 G$). Or, si la mondialisation augmentait entre 1995 et 2008 de près de 7 % par an, le rythme s’est ralenti depuis 2010 (3%), et l’OMC prévoit 2,8% pour 2016.

 

Ce ralentissement révèle peut-être une nouvelle phase de cette mondialisation qui est à la source des chocs politiques du Brexit et et l’élection de Tump. On peut le comprendre mieux en la replaçant dans l’histoire longue.

 

Le capitalisme va toujours de crise en crise en cherchant comment garantir le revenu de la classe dirigeante. Après 1945, la longue phase de reconstruction dans la concurrence avec le socialisme soviétique, s’est faite dans un modèle Keynésien de développement de la consommation. Les communistes Français avaient identifié dès la fin des années 60 les premières difficultés de productivité en même temps que le développement de besoins sociaux nouveaux que symbolisent les luttes des années 60. Le capitalisme dont il ne faut pas oublier qu’il restait largement dominant, mais apeuré par les révoltes de 68, comme par son échec au Vietnam a longuement construit une contre-offensive multi-forme ; alliance avec la chine pour fractionner le camp socialiste, guerre du pétrole à bas prix pour affaiblir l’URSS, remise en cause progressive puis brutale du compromis social au Nord, utilisation de l’islamisme pour mettre en cause les indépendances nationales, guerre idéologique contre le progrès et la croissance, utilisation des questions sociétales pour diviser les peuples et dissocier couches moyennes urbaines et couches populaires. Cette contre-offensive s’est accélérée avec la révolution technologique du numérique, conduite par l’impérialisme dominant.

 

Elle a connu sa grande victoire contre l’URSS et organisé son pillage mafieux. Puis, le choix du développement chinois inséré dans le marché mondial a boosté la mondialisation pendant deux décennies, transformant radicalement le contexte mondial avec un recul du poids des impérialismes dominants… jusqu’à la crise de 2008 qui rappelé à tous ceux qui croyaient en la fin de l’histoire la nature instable du capitalisme.

 

En 2007, l’Institut McKinsey constate que les marchés financiers des économies émergentes ont représenté la moitié de la croissance des actifs financiers totaux. Cette part augmente toujours et les prévisions pour 2050 placent le PIB de sept pays émergents (BRICS + Indonésie, Mexique et Turquie) à 25% au dessus de celui des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la France et du Canada réunis. D’ici 2030, la Chine sera leader mondial en PIB et dépenses militaires et technologiques. Elle représentera 30% des investissements mondiaux.

 

Ainsi, la mondialisation ralentit, les pays émergents pèsent d’un poids qui devient déterminant, et d’immenses capitaux cherchent désespérément comment se reproduire. Les grandes bourgeoisies doivent être de plus en plus violentes pour prélever dans les circuits financiers la plus-value extraite du travail globalisé qui leur assure leur niveau de vie, ce qui implique une exploitation toujours plus forte et injuste. Mais cette violence de plus en plus visible ne résout en rien la contradiction. Le capital accumulé est obèse et ne trouve plus à se nourrir. Un développement africain à la chinoise pourrait sans doute lui apporter une ou deux décennies de plus, mais en reproduisant à plus large échelle encontre la contradiction principale. Tant qu’une classe sociale vit de sa possession du capital, elle devient inévitablement vampire, et destructrice pour l’humanité.

 

Vers un monde multipolaire, les risques et les opportunités

 

Le monde apparaît ainsi très loin de la fin de l’histoire annoncée après la chute de l’URSS, un monde multi-polaire dans lequel la domination US rencontre des limites, comme l’illustrent les décisions récentes de la Turquie ou des Philippines contre l’OTAN, le refus des Philippines de laisser les USA organiser leurs manœuvres militaires à partir de leurs bases locales, la mise en cause de ces bases, et surtout l’accord entre la Russie, la Turquie et l’Iran pour la Syrie. Pour la première fois, les USA sont rejetés au second plan dans un conflit militaire, et la place prépondérante prise par la Russie dans ce conflit la conduit à organiser la solution politique, ridiculisant la France et sa diplomatie continuant à chercher les « amis de la Syrie » contre le régime syrien.

 

Le conseil d’intelligence nationale US écrit dans ses scénarios mondiaux d’après 2008 « Les Etats-Unis ne seront plus qu’un parmi un certain nombre d’acteurs importants sur la scène internationale, bien que le plus puissant. » Un économiste cubain analysant les rapports USA, UE et Russie note que si « la Banque mondiale, l’OMC et le FMI sont des institutions à travers lesquelles les États-Unis et l’UE ont tendance à mettre en œuvre de nouvelles formes d’ingérence et de surveillance à l’échelle mondiale ; à l’intérieur, ils ne fonctionnent pas toujours comme un bloc homogène de la puissance. Dans la pratique, ce sont des domaines où la corrélation des forces entre les acteurs a un poids essentiel, et le plus souvent fait pencher la balance en faveur des États-Unis »

 

C’est une caractéristique nouvelle de la mondialisation des années 2000 comparée à celle des années 1900. A l’époque de Lénine, le monde est dominé par le colonialisme de quelques puissances qui extraient de pays sous-développés les richesses naturelles. Mais le « siècle soviétique » a créé les indépendances nationales, le développement d’économies nationales, de bourgeoisies qui ne sont plus seulement « compradores ». Les contradictions ne sont plus entre quelques grandes puissances se (re)partageant le monde, mais plus complexes et plus variées, avec plus d’acteurs significatifs. Et ce siècle a produit la chine, pays d’une NEP généralisée devenue une puissance mondiale incontournable qui investit sur toute la planète sans avoir un seul soldat d’occupation.

 

Ce monde multi-polaire porte les traces profondes d’un socialisme qui a transformé l’histoire, prouvé sa capacité de développement, sa pertinence comme modèle concurrent du capitalisme, sa diversité aussi et sa capacité à s’inscrire dans des histoires nationales, jusqu’à parfois hériter des conflits nationaux historiques. La guerre idéologique de la diabolisation soviétique est d’abord une guerre pour masquer cette actualité du socialisme dont tout indique qu’il reste présent dans les consciences populaires, notamment dans les ex-pays soviétiques.

 

Ce monde multi-polaire est donc très différent de celui qui a vu naître la première guerre mondiale. Mais les risques de conflit majeur sont peut-être plus importants encore, car aux risques liés à la crise capitaliste, aux tensions entre des puissances économiques plus nombreuses, s’ajoutent justement ceux liés à la crise de la domination impérialiste, rapprochant le bloc des puissances historiques face aux puissances émergentes. Cependant les opportunités d’empêcher le recours à la guerre sont sans doute plus fortes elles aussi. Si la guerre est inévitable du point de vue impérialiste, le développement économique au Sud est marqué par les indépendances nationales et les traces du socialisme et n’a pas le caractère colonial du développement occidental. On critique souvent le rôle économique de la Chine en Afrique sans jamais le comparer au rôle que jouait la France il y a un siècle et quelques. La Chine construit des infrastructures, l’accès à des ressources et bien entendu en profite, mais elle n’impose rien militairement, et partout cherchent des accords avec des pays qu’elle traite en pays indépendants.

 

Cela dit, les risques de guerre sont bien réels, et l’accumulation des dépenses militaires le montre. Elles ne concernent pas que les USA. L’OTAN hors Amérique du nord, a été le deuxième plus grand importateur d’armes dans le monde en 2009-2014. Les pays membres de l’UE occupent le second rang dans la production d’armes. Parmi les 10 premiers exportateurs d’armes dans le monde il y a sept membres de l’Union européenne. Il n’y a pas du tout opposition entre l’OTAN et la politique de défense européenne, mais bien complémentarité. Parmi les 20 grandes entreprises de l’industrie militaire, 6 sont de pays membres de l’Union européenne, toutes avec une base commune américaine. Le capital étasunien domine par ses actions dans BAE, EADS et Eurocopter. Il faut noter que cet accroissement des dépenses militaires concerne aussi la chine, même si elle reste encore très loin du niveau de dépenses US.

 

Les risques sont aussi le développement de l’extrême-droite, notamment en Europe, et même de nouveaux fascismes, en Grèce, Ukraine… et les stratégies géopolitiques seront de plus en plus influencées par les nationalismes conservateurs, comme le montre le Brexit. En Ukraine, l’UE a mis en place un pouvoir fascisant, mobilisant des milices nazis au service des oligarques pour lesquels la guerre avec la Russie est vitale pour justifier la catastrophe pour le peuple.

 

Dans ce contexte, l’existence d’un mouvement communiste international est essentiel pour comprendre le monde et agir, connaître les situations nationales indépendamment des médias dominants, identifier les contradictions internes aux impérialismes, mesurer le contenu populaire et/ou bourgeois d’un nationalisme et les liens entre luttes de classes et luttes nationales.

 

La reconstruction du mouvement communiste international

 

La 18° Rencontre Internationale des Partis communistes et ouvriers s’est tenue du 28 au 30 Octobre 2016 à Hanoi, capitale de la République Socialiste du Vietnam, sur le thème ’La crise capitaliste et l’offensive impérialiste- Stratégie et tactiques des Partis communistes et ouvriers dans la lutte pour la paix, les droits des peuples et le socialisme’. Il serait utile de traduire les contributions de nombreux partis. Le PCF était présent, assumant totalement sa position réformiste en expliquant qu’il faut « unir la gauche » quand d’autres partis insistent sur la nécessité de faire la clarté sur le réformisme et le révisionnisme.

 

Fidel Castro disait que les divisions du mouvement communiste international dont la pire a été la querelle sino-soviétique, ont été à l’origine de la crise profonde de ce mouvement et que cela s’est traduit par la chute de l’Union soviétique. Les divisions sont nées des histoires nationales, notamment dans les pays socialistes dont les intérêts propres pesaient sur les stratégies des partis communistes qui les dirigeaient. Les rapports entre PC russe et chinois sont donc une bonne chose, comme la récente délégation du KPFR en Chine pour un long séjour d’étude du socialisme chinois. Il y a un enjeu premier de tirer les leçons du socialisme réel, en URSS, en Chine, à Cuba, au Vietnam, des luttes nationales et des rapports entre forces communistes et forces nationales, pour faire émerger un mouvement communiste international divers mais uni pour l’affrontement avec le capitalisme et la perspective du socialisme et du communisme. De ce point de vue, la position internationale du PCF qui privilégie les relations avec les forces de gauche, c’est à dire les forces réformistes est une catastrophe.

 

Aujourd’hui, l’agressivité des impérialismes et les risques de guerre exigent de remettre au cœur de l’internationalisme l’action pour la paix et l’indépendance nationale. L’appel de la 18eme rencontre internationale porte sur 7 points

 

- Travail théorique et pratique sur la construction du socialisme dans le 21ème siècle.

 

- Commémoration du 100ème anniversaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre

 

- Commémoration du 150ème anniversaire de la publication de ’Das Capital’ par Karl Marx.

 

- Promotion des échanges entre partis sur les stratégies et expériences pour renforcer le combat contre le capitalisme

 

- Défendre les libertés et les droits démocratiques, contre l’anticommunisme, le fascisme et le néo-nazisme, notamment pour l’anniversaire de la victoire du 9/5/1945

 

- Front anti-impérialiste pour la paix, contre l’OTAN, les armes nucléaires…

 

- Demander la cessation du blocus US contre Cuba, soutenir le droit du peuple Palestinien 

  •  
    •  

      Nos rencontres internationalistes de Vénissieux sont une contribution, modeste à l’échelle des enjeux, mais essentielle dans l’état d’abandon par la direction du PCF de l’internationalisme communiste. J’en profite pour vous montrer le cadeau de l’ambassadeur cubain à la section PCF Vénissieux, deux numéros historiques de Gramma, qui est encore l’organe du comité central du parti communiste, ceux de la disparition de Fidel. Il nous les a remis lors de la soirée organisée à Vénissieux en hommage à Fidel, ce grand dirigeant communiste aimé des peuples et craints de ses ennemis, et c’est une grande fierté pour nous.

    •  

La France dans le monde

 

Cet état du monde rapidement brossé est le contexte dans lequel toute transformation politique en France doit s’inscrire. Elle ne peut le faire qu’en sortant des impérialismes dominants, en contribuant à ce monde multi-polaire pour la paix, l’indépendance des peuples, le développement. On ne peut pas ouvrir une perspective politique en France sans un discours clair sur les relations de la France dans le monde.

 

D’abord au plan économique, car tous les Français savent que les conditions des échanges avec les autres pays impactent les prix, les salaires, les emplois, les investissements. L’expérience grecque a ouvert les yeux de beaucoup de communistes, de militants. Pour refuser l’austérité, la casse des services publics, du droit du travail, il faut désobéir à l’Union Européenne. Pour investir là ou c’est nécessaire, sortir de la paupérisation et des inégalités, il faut sortir de la domination monétaire de l’Euro qui ne peut être que la monnaie allemande. Il faut donc sortir de l’Union Européenne, de l’Euro et de l’OTAN. Mais il faut faire attention au fétichisme des mots. Pour aider notre peuple à penser une sortie « par la gauche » du carcan européen, il faut faire vivre une alternative de coopérations et de développement. Refuser la guerre économique que nous impose la mondialisation, c’est refuser aussi la dévaluation compétitive comme arme pour prendre des marchés aux autres. C’est ce que proposent les nationalismes dont celui du FN, non pas se libérer du carcan capitaliste, mais le renforcer, aggraver encore la concurrence de tous contre tous, en cherchant des boucs émissaires pour diviser le peuple face au capitalisme.

 

Non, nous ne proposons pas un isolationnisme. Cuba résistant au blocus, isolée après la chute de l’URSS a tout fait pour développer ses relations avec l’Amérique du Sud, l’Espagne, l’Afrique, la Chine, tout en défendant toujours son indépendance et ses intérêts propres.

 

Notre ami Hervé a publié plusieurs articles détaillés sur l’idée d’un autre modèle de coopération qu’il appelle FRA//BRICS et propose d’étendre à toute la CELAC de l’Amérique Latine. Peu importe le sigle, c’est l’idée d’affirmer qu’une France retrouvant sa souveraineté pourrait contribuer à renforcer et rendre irrésistible ce monde multi-polaire dans lequel l’impérialisme US ne serait plus dominant, en imposant une mondialisation de coopérations au service du développement pour les peuples. Cette France et sa première république sociale chercherait de nouveaux échanges avec ses voisins européens, mais aussi avec ses voisins du Sud, avec cette Afrique dont l’histoire nous rapproche, avec tous les pays qui choisiraient de se dégager des contraintes du FMI pour inventer d’autres outils de coopérations.

 

Cette France devrait rompre au plan politique avec les institutions capitalistes de la mondialisation, et en premier lieu sortir de l’OTAN, rappeler nos armées dans le monde, ouvrir les nombreux dossiers des crimes de guerre occidentaux, et affirmer partout le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle devrait porter avec force l’exigence de paix, le désarmement nucléaire, la fin des bases militaires étrangères partout sur la planète.

 

Les 8eme rencontres internationalistes de Vénissieux

 

Les prochains rencontres internationalistes de Vénissieux se tiendront le 25/11/2017, trois semaines après le centième anniversaire de la révolution d’Octobre. Nous proposons d’en faire un événement national sur le premier siècle du socialisme en invitant les partis communistes russes, chinois, cubains, vietnamien…

 

Nous proposons de les préparer en organisant une délégation forte à Moscou autour du 7/11 avec un programme discuté avec le parti communiste russe. Les rencontres du 25/11 seraient alors le premier compte-rendu de cette délégation.

 

Pour conclure, permettez-moi cette citation de Christopher Hill, historien marxistes anglais dans le débat sur la nature de la révolution bolchévique « En 1917, c’est la maîtrise des faits de la part des Bolcheviks qui a été décisive ». « Le parti savait exactement ce qu’il voulait, quelles concessions faire aux différents groupes sociaux à tous les échelons, comment convaincre les masses du bien fondé de l’action, de l’action du parti et de leur propre action. »

Voir les commentaires

Ecopla : Qui ment ? Macron ou moi ( Fakir)?

22 Janvier 2017, 18:36pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Ecopla : Qui ment ? Macron ou moi ?

« Où étiez-vous, Monsieur Ruffin, quand le cabinet du ministre a reçu les salariés d’Ecopla ? » Il m’a scotché, Christophe Castaner, porte-parole de Macron, député socialiste, dimanche dernier, à C Polémique. Mais qui ment ?

Publié par Fakir sur samedi 14 janvier 2017

« Où étiez-vous, Monsieur Ruffin, quand le cabinet du ministre a reçu les salariés d’Ecopla ? » Il m’a scotché, Christophe Castaner, porte-parole de Macron, député socialiste, dimanche dernier, à C Polémique. Mais qui ment ?

Voir les commentaires

Travailleurs : aucune autre issue que la lutte

22 Janvier 2017, 18:14pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Travailleurs : aucune autre issue que la lutte  Travailleurs : aucune autre issue que la lutte

Le froid qui touche la France n'a rien d'exceptionnel même si les médias semblent découvrir que l'hiver, il peut faire...froid ! Cela leur permet simplement de faire croire que l'insupportable situation des usagers et des personnels des hôpitaux est exceptionnelle.

 

Mais pour le peuple, pour les 20 % de la population en état de « précarité énergétique » et qui ne peuvent se chauffer, pour ceux dont l'accès aux soins passe par des urgences hospitalières asphyxiées par des années de rigueur budgétaires et de fermetures de services et de lits, pour ceux qui meurent de froid dans les rues, pour les agents des services publics qui par exemple se dévouent pour rétablir l'électricité alors que les équipes ont été réduites drastiquement, le froid saisonnier ne faire que rendre plus insupportable encore l'état d'urgence sociale dans lequel « ils » ont mis le pays.

 

« Ils », ce sont tous les représentants de la classe dominante, les 300 familles qui dirigent l'économie et le pays, les barons du Medef, les politiques de droite comme de « gauche » qui se succèdent au gouvernement, les « journalistes » et autres « experts » de tous poils grassement payés pour expliquer au peuple qu'il doit en finir avec ses privilèges et se serrer toujours davantage la ceinture... Bref, tous ceux qui depuis des années appliquent et justifient les politiques de guerre sociale définies au niveau européen et par le Medef dans le seul but de favoriser le profit maximum (68 milliards de dividendes versés en 2016 pour les gros actionnaires du CAC 40, un record depuis 2008 !) et de casser les solidarités que les travailleurs avaient su construire dans la lutte et le rapport de forces (Sécu, retraites, conventions collectives et droit du travail...).

Et nos services publics, du fait de leur casse systématique sous l'impulsion des directives européennes, ne peuvent plus répondre aux besoins vitaux de toute la population dont le niveau de vie régresse de jour en jour, ce qui mène notre pays dans une paupérisation toujours plus importante ouvrant une voie à l'extrême-droite et/ou au repli sur soi même. Le silence sur la politique néfaste européenne par la Confédération Européenne des Syndicats est une fois de plus déplorable.

 

Dans le même temps, les syndicalistes sont poursuivis partout dans le pays surtout s'ils sont à la CGT (Chérèque lui ayant eu droit à des hommages appuyés de la part des chiens de garde médiatiques pour services rendus à la cause patronale) et les blanchiments judiciaires se succèdent dans les affaires de corruption ou de délinquance financière tandis que rien de sérieux n'est entrepris pour lutter contre les 80 milliards annuels d'évasion fiscale qui permettent aux puissants d'éviter l'impôt grâce aux paradis fiscaux qu'ils ont créés tout en affirmant vouloir les combattre !

 

Oui, il y a quelque chose de pourri dans la République de France et ce quelque chose, c'est le pouvoir des riches qui dissout le pays dans l'empire européen en formation, qui étrangle le peuple et prétend le tenir en laisse, reniant les promesses du Conseil National de la Résistance de construire une société de fraternité débarrassée du pouvoir des féodalités financières.

 

Alors que les médias nous vendent du Fillon, du Macron, du Le Pen, ou du Valls tous au service des intérêt dominants (n'oublions pas Montebourg, Peillon, Hamon eux aussi anciens ministres de Hollande), l'espoir ne peut renaître que de la mobilisation populaire, de la mobilisation des travailleurs et de la classe ouvrière pour la défense de la Sécu, de la Santé publique, des services publics, du droit du travail, des emplois, des libertés syndicales, des retraites…

 

Pour cela, soutenons et participons aux nombreuses luttes qui se développent dans le pays, organisons la solidarité autour de nos camarades poursuivis en justice, faisons monter la nécessité de la convergence des luttes et inscrivons d’ores et déjà sur nos agendas l'importante journée du 7 mars 2017 de Grève nationale de la santé et de l’action sociale avec manifestation nationale à Paris.

Front Syndical de Classe

Voir les commentaires

SANTE : MANIFESTATION NATIONALE le 7 MARS à PARIS!

22 Janvier 2017, 18:08pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le 7 Mars, des organisations syndicales nationales du secteur de la santé et du médico-social appellent à une journée nationale de grève et de manifestation, comme cela a été le cas en novembre dernier.

Les hôpitaux, pressurés, soumis à des restrictions budgétaires toujours plus drastiques, contraints à des fermetures de lits -16 000 dans la période récente d’après la FHF- ne peuvent faire face à l’épidémie de grippe.

Les conditions d’accueil et la qualité des soins se dégradent.
La dernière période a été marquée par une aggravation de la situation dans les hôpitaux ; la logique de la loi Touraine est en marche et conduit à une aggravation des conditions d’accueil des malades.

Fermeture de la maternité de Decazeville, difficultés dans les services d’urgences, une centaine de postes supprimés à l’hôpital de Châtellerault, 70 postes supprimés à Romans sur Isère en 2 ans, nouvelles menaces sur la chirurgie cardiaque de l’hôpital Mondor…. …. Voici quelques exemples de la traduction au quotidien de la mise en œuvre du Plan de Financement de la Sécurité Sociale 2017 qui a décidé de 4 milliards d’économies sur notre santé dont 800 millions pour l’hôpital.

Le personnel est épuisé, des cas importants de burn-out se font jour dans les équipes pouvant conduire quelquefois à des suicides.

La Sécurité sociale est menacée.

Cela a des conséquences dramatiques pour l’accueil des malades.

Déjà le 8 novembre la mobilisation des hospitaliers, soutenue par la Coordination Nationale avait montré une forte résistance à cette politique.

Il nous faut continuer à nous mobiliser pour refuser cette logique austéritaire.

Les dernières études de l’OCDE montrent que notre pays régresse dans la prise en charge de la santé : près d’un quart de la population renonce à se soigner totalement ou partiellement pour des raisons financières.

Des mesures urgentes sont indispensable pour donner les moyens aux hôpitaux de fonctionner et plus globalement pour faire face aux problèmes de la désertification médicale et paramédicale.
Notre santé c’est notre affaire

La Coordination nationale des Comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité soutient les grèves et manifestations du 7 Mars à l’appel de CGT, FO, Sud santé et sera présente, avec ses comités, aux côtés des personnels notamment pour :

• L’abrogation de la Loi HPST
• L’abandon des néfastes regroupements hospitaliers (GHT) et des restructurations
• L’arrêt des fermetures de lits et de services et des suppressions de postes
• La fin des enveloppes limitatives et abandon du plan ONDAM triennal de 3,5 milliards d’économies sur les hôpitaux
• L’octroi des moyens budgétaires permettant aux établissements sanitaires et médico-sociaux d’assurer leur mission de service public
• Des politiques sanitaires et sociales à la hauteur des besoins de la population, quel que soit le lieu d’habitation
• La remise en cause du numérus clausus et de la liberté d’installation
• La réappropriation de la Sécurité Sociale et le respect du principe : chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins

Elle demande à ses comités de préparer dès maintenant la mobilisation dans leur territoire et la présence de délégations
à la manifestation nationale du 7 mars à Paris.

Citoyen(nes), professionnel(les) tous unis pour un service de santé de proximité et de qualité répondant aux besoins de la population 

 

Voir les commentaires

Partisanes, sur Leonard Cohen

22 Janvier 2017, 18:00pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

The Partisan

When they poured across the border
I was cautioned to surrender,
this I could not do;
I took my gun and vanished.

I have changed my name so often,
I've lost my wife and children
but I have many friends,
and some of them are with me.

An old woman gave us shelter,
kept us hidden in the garret,
then the soldiers came;
she died without a whisper.

There were three of us this morning
I'm the only one this evening
but I must go on;
the frontiers are my prison.

Oh, the wind, the wind is blowing,
through the graves the wind is blowing,
freedom soon will come;
then we'll come from the shadows.


Les Allemands e'taient chez moi,
ils me dirent, "Signe toi,"
mais je n'ai pas peur;
j'ai repris mon arme.

J'ai change' cent fois de nom,
j'ai perdu femme et enfants
mais j'ai tant d'amis;
j'ai la France entie`re.

Un vieil homme dans un grenier
pour la nuit nous a cache',
les Allemands l'ont pris;
il est mort sans surprise.

[The Germans were at my home
They said, "Sign yourself,"
But I am not afraid
I have retaken my weapon.

I have changed names a hundred times
I have lost wife and children
But I have so many friends
I have all of France

An old man, in an attic
Hid us for the night
The Germans captured him
He died without surprise.]

Oh, the wind, the wind is blowing,
through the graves the wind is blowing,
freedom soon will come;
then we'll come from the shadows.

Voir les commentaires

Gloire à la jeunesse !

22 Janvier 2017, 17:34pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

« Le monde marche, pourquoi ne tournerait-il pas ? ». Le jeune prodige Arthur Rimbaud, dans une Saison en enfer, écrivait ces mots. Il a piétiné la vieille tradition classique de la poésie française avec sa fraîcheur, sa folie, sa désinvolture légendaire, sa détestation de l’ordre, ecclésiastique ou moral. « Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie modernes ». En un sens, il a mené une révolution et aujourd’hui encore nous sommes des millions à le lire. Comme Verlaine, nous nous sentons fascinés par cet ange tombé du ciel, sculptant le beau pour penser la maladie de vivre une vie si tragiquement grise et ennuyeuse.

Ce billet ne prendra pas les traits d’une critique abondée de chiffres, ou encore d’une tribune enflammée contre le renoncement des hommes et des femmes qui font la politique pour et surtout contre nous. Non j’avais envie de rendre hommage à la jeunesse, à ses imperfections, à son sens de la provocation, à l’ennui que lui inspire ce monde. Ce monde qu’elle rejette sans toujours prendre la peine de comprendre ou de dire pourquoi. Sans doute que la perspective de suivre une formation dans le commerce, dans le management, dans la vente n’est guère enthousiasmante à ses yeux. Sans doute que la mise en concurrence dès le plus jeune âge pour ensuite mourir au travail sous les coups de bâtons d’un patron boudiné, rouge d’avidité et laid comme le profit n’éveille pas en elle de stimulation particulière. Sans doute aussi que de devoir se vendre une cravate nouée au cou ou un tailleur serrant, gris terne, pour gagner tout juste le SMIC n’inspire pas chez elle l’épanouissement. Chômage, petit contrat, stage … « Ce peuple est inspiré par la fièvre et le cancer » … Voilà je crois, tout comme l’impétueux Rimbaud, comment la jeunesse décrypte le monde dans lequel elle est condamnée à l’existence.

Contrairement à l’idée trop répandue, la jeunesse n’a jamais été si éduquée. Elle l’est tellement, qu’elle refuse de lire nos journaux, à se plier servilement aux petites règles de la domination. Elle est ultra connectée et crée, dans des endroits où elle est chez elle, d’incroyables choses. Elle maîtrise la vidéo, le code informatique, des sous-cultures extrêmement riches et originales. Pour une part, elle connaît le cinéma, la musique. Elle dessine, joue d’un instrument, écrit. Elle est imaginative, se délivre à elle même des savoirs fondamentaux via la vulgarisation. Oui elle se trompe parfois, oui elle ne lutte pas comme on pourrait l’attendre. Oui elle rejette trop durement les partis, les syndicats, le vieux monde. Mais chaque jour, elle est une source d’inspiration. Chaque jour elle m’étonne et je découvre chez elle de belles et grandes choses. Il lui manque des repères, la perception de jalons susceptibles de lui donner de la force et de pouvoir briser les chaînes qui nous retiennent tous au sol.

Il serait pourtant temps de dialoguer avec elle, d’essayer de la comprendre. De lui laisser de vastes espaces d’expression sans lui souffler à l’oreille ce qu’elle peut ou ne peut pas dire ou faire. Elle déborde d’imagination et je la sais capable d’ériger des ponts vers un autre monde, une autre civilisation débarrassée des fantasmes de la vieille garde bourgeoise. Elle envahit des places, ressuscite l’utopie, se débrouille parfois pour échapper à l’emploi organisant des systèmes de solidarité capables de financer ses projets.

Elle n’a pas lu Marx et souvent même n’a lu que très peu d’auteurs classiques. Elle a inventé une nouvelle science-fiction où tout est possible. Des univers codifiés qui incarnent la douleur de vivre cette vie mais qui disent son aspiration à vivre autre chose. Elle se plonge parfois trop facilement dans une forme de nihilisme légitimement critiquable. Mais être jeune c’est aussi cela. C’est être en perpétuelle recherche d’un chemin, c’est tâtonner, expérimenter, se tromper, tomber même. Mais une fougue, une énergie, une soif de s’éveiller font qu’elle ne renonce que rarement. Ce qui est certain, c’est qu’elle ne veut pas du monde qu’on est en train de lui léguer, de lui imposer. Elle marche à reculons pour ne pas sombrer trop vite dans le tourbillon de l’habitude, en un sens donc de l’absurde comme pourrait le soutenir Camus.

Globalement elle ne vote pas même si elle pense, à sa façon, la politique. Comment pouvoir lui reprocher de ne pas prendre part au débat politique quand les seules perspectives qu’on lui propose de discuter sont l’austérité, la nécessité de travailler plus et mal pour des salaires toujours plus bas. Le choix entre Macron ou Fillon … Comment, finalement, lui reprocher de ne pas participer à l’élaboration des plans de sa lugubre prison ? D’ailleurs pendant la bataille contre la loi travail, le slogan de sa mobilisation n’était-il pas « on vaut mieux que ça ». Je l’avais trouvé tellement fort et beau ce cri de ralliement.

Notre responsabilité est claire. Il nous faut trouver le moyen d’établir une connexion entre elle et nous. Nous qui avons des structures intellectuelles précises, une expérience de la lutte, un héritage presque génétique du combat, nous sommes capables de mettre des mots et des concepts sur les aspirations de cette dernière. Comme le soulignait Friot, si la vieille garde communiste trouve le moyen de s’ouvrir à cette jeunesse intérieurement révoltée, le capitalisme tremblera si fort qu’il risquerait de s’effondrer pour de bon. Alors nous ne devons pas avoir peur d’exiger l’impossible. Nous devons cesser de ne penser le bonheur que de manière ratatinée, meurtris que nous sommes par nos renoncements en cascade. Alors la jeunesse grimpera les barricades à nos côtés et plus rien n’empêchera l’avènement de la lumineuse aurore. Mais disons lui d’abord et simplement, avec la force et l’honnêteté que cela réclame, comme l’a fait si magistralement Jaurès aux lycéens d’Albi dans son mythique discours à la jeunesse, « vous avez le droit d’être exigeants ».

Guillaume Sayon

 

Voir les commentaires

Résistance ou Collaboration linguistique ?

21 Janvier 2017, 10:47am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

C’est l’heure du choix pour les candidats et les électeurs français : face à MM. Macron et Gattaz, chevaux de Troie du tout-anglais en France et en Europe,

REPRENONS LANGUE !

Prenant la parole à Berlin dans le cadre de sa candidature à la présidence de la République… française, Emmanuel Macron a prononcé son discours en anglais « pour être compris de tous » (sic).

Le 11 janvier, s’exprimant sur France-Info dans l’émission de J.-M. Aphatie, le chef de file du MEDEF, Pierre Gattaz, a salué ce reniement macronien de la langue française en expliquant laborieusement que l’avenir de la Francophonie passe par l’anglais (M. Aphatie a relevé l’ « oxymore »), « langue universelle des affaires » : une assertion à la fois fausse et hors-sujet, sauf à réduire l’activité à venir d’un futur chef de l’Etat à une forme d’affairisme international. Le patron des patrons a même précisé que les jeunes Français devaient apprendre à « lire, écrire, compter » en anglais, même s’il a ajouté, pour adoucir l’énormité de son propos, que bien sûr ils devaient aussi maîtriser le français (on respire !).

Dans cette même émission, M. Gattaz a aussi expliqué que pour « gagner », la France devait accepter les délocalisations industrielles, limiter les droits sociaux et les garanties du code du travail qui freinent, selon lui, les entreprises. La question est de savoir si cette prétendue « France qui gagne » à l’international serait autre chose, une fois privée de sa langue et de ses acquis sociaux, qu’un « couteau sans manche dont on a perdu la lame »… Bref, une « France » dénaturée dont ne bénéficierait qu’une minorité de privilégiés.

De plus en plus il apparaît qu’une part croissante de nos « élites » (?) économiques et politiques est déterminée à liquider notre langue au niveau international comme au niveau national, quitte à violer grossièrement l’article II de la Constitution, lequel dispose que « la langue de la République est le français ». Déjà l’ex-président du MEDEF et du syndicat patronal européen Ernest-Antoine Seillière avait déclaré en 2004 qu’il n’officierait plus, en tant que patron deBusinesseurope, qu’ « en anglais, la langue de l’entreprise et des affaires ». Déjà M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères de N. Sarkozy, affirmait lui aussi cyniquement que « l’avenir de la Francophonie passe par l’anglais » (sic). Déjà, Mme Fioraso, ministre de F. Hollande, a fait de l’anglais une langue universitaire en France au mépris de la loi Toubon qui institue notre langue en « langue de l’enseignement ». Déjà de grandes entreprises comme Renault ou PSA basculent toute leur documentation interne à l’anglais en France même, sans parler de la grande distribution qui privilégie l’anglais (Carrefour City, Simply Market, etc.), des « services publics » et des ex-services publics (SNCF, EDF, Orange…) qui affichent trop souvent leur publicité et leurs enseignes en frenglish ou en mauvais anglais ; ni de la « France » qui chante en anglais à l’Eurovision, des films tournés en anglais en France sur subvention de l’Etat, des émissions intitulées en anglais sur des chaînes publiques, etc.

Manifestement, l’aile marchante de l’oligarchie politico-financière « française » a décidé, à l’occasion des présidentielles, de franchir un seuil décisif dans l’assassinat programmé de la langue nationale, qui est aussi, rappelons-le, la langue officielle de dizaines de pays dans le monde : après la loi du silence qui, depuis des années, interdit de fait aux grands médias de mettre en débat le basculement linguistique insidieusement en cours en France, voici que certains milieux – dont MM. Macron et Gattaz sont l’avant-garde – passent à l’arrachage officiel, quitte à tenir à mi-voix à l’égard du français d’hypocrites propos élogieux en forme de soins palliatifs…

Nous refusons et refuserons avec acharnement cet attentat cynique contre le peuple français et les autres peuples de la Francophonie. C’est le moment ou jamais pour les amis du français et de la Francophonie d’interpeller vigoureusement les candidats aux prochaines élections, présidentielle et législatives :

- oui ou non, condamnez-vous l’attitude anti-francophone caractérisée de M. Macron et de ses « hampers » (ainsi se nomment ses partisans) ?

- oui ou non, ferez-vous enfin respecter et renforcerez-vous la loi Toubon, y compris en sanctionnant les « collabos de la pub et du fric » (dixit Michel Serres) qui ne recourent au français dans leur « com » que pour mieux le polluer et introduire le « Globish Business » ?

La résistance et le civisme linguistique sont décisifs pour sauver notre langue, premier service public de France et socle du lien social, pour imposer le respect dû à tous les Francophones de France et d’ailleurs, pour sauvegarder l’égalité entre les citoyens français dont l’écrasante majorité n’est pas « English Mother Tongue »*. Cette résistance est également vitale pour préserver la diversité des langues qui n’importe pas moins à la culture mondiale que la diversité des espèces n’importe aux défenseurs de la nature.

Au demeurant, Macron n’a pas seulement piétiné le français en parlant anglais à Berlin, il a aussi humilié les germanophones, qui ne sont pas tous censés parler la langue du « business » macronien ! Il est vrai qu’en Allemagne aussi la trahison linguistique fait rage à l’initiative du haut patronat : la société Volkswagen ne vient-elle pas de passer toute sa communication d’entreprise à l’anglais au mépris des ouvriers et des consommateurs allemands ? Assez de ce totalitarisme linguistique, d’autant plus odieux et ridicule que l’Angleterre est en passe de quitter l’U.E., si bien que légalement, l’anglais ne peut plus être la langue officieuse, et encore moins, la langue officielle, des institutions européennes !

Macron se donne des airs de « transgresseur » et de « moderniste » en humiliant sa langue maternelle à l’international. Or il n’y a rien de moins moderne que cet assassinat de la diversité culturelle, rien de plus conformiste que cette allégeance au tout-anglais et à ce qu’il signifie de soumission à l’Empire néolibéral anglo-saxon…

Résistance ou collaboration linguistique, l’heure du choix est venue pour tous les citoyens épris de dignité. Ensemble, sauvons notre langue, et avec elle, la diversité linguistique mondiale, de l’oppression du tout-anglais porté par le monde de la finance.

*= « langue maternelle anglais » : nombre d’offres d’emploi de postes de hauts cadres réservées aux anglophones, ce qui revient à introduire indirectement une préférence nationale à l’envers qui n’est pas moins douteuse que son inverse.

Signataires (11.01.2017). Pour se joindre à cet appel, écrire àgastaudcrovisier2@wanadoo.fr

Georges Gastaud, philosophe, président exécutif de l’Association CO.U.R.R.I.E.L. (COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques)

Stéphane Sirot, historien du syndicalisme

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-VII

Bernard Guillaumin, trésorier national de l’Association CO.U.R.R.I.E.L.

Philippe Loubière, docteur ès lettres

Matthieu Varnier, secrétaire général de l’Association CO.U.R.R.I.E.L., roboticien

Philippe de Saint-Robert, ancien Commissaire général à la langue française, président de l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF)

Guy Chausson, Association Lotoise des Amis de la langue française

Francis Combes, poète

Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien ambassadeur, président d’association pour le français et la Francophonie

Pierre Pranchère, ancien Franc Tireur et Partisan de France, ancien député de Corrèze

Aurélien Djament, mathématicien, CNRS

Rose-Marie Serrano, traductrice d’espagnol

Patricia Latour, journaliste

Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain

Benoît Foucambert, syndicaliste (81)

Christophe Pouzat, neurobiologiste

Christian Darlot, chercheur CNRS

André Tosel, professeur émérite de philosophie, Université de Nice

Marcel Girardin, administrateur de Défense de la langue française en Pays de Savoie

Anna Persichini, secrétaire, militante syndicale CGT (06)

Jean-Luc Pujo, président des Clubs Penser la France

Denis Foucambert, professeur de psycholinguistique, Université du Québec (Montréal)

Alain Fleury, auteur, comédien, metteur en scène (76)

Aymeric Monville, éditeur

Daniel Dubois, syndicaliste, libre-penseur, élu (Adjoint au Maire, 59).

Giovanni Di Mino, professeur de langue vivante (13)

Christian Champiré, maire de Grenay (62)

Joël Mayet, ingénieur, délégué régional Nord-Pas-de-Calais du CO.U.R.R.I.E.L.

André Prone, environnementaliste, poète et essayiste

Marceau Déchamps, vice-président d’honneur de Défense de la Langue Française, secrétaire général adjoint.

Régis Ravat, délégué CGT Carrefour-Nîmes Sud

Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de Lettres

Georges Aimé, vice-président de l’Académie du gaullisme

Gautier Weinmann, fonctionnaire territorial (62)

Claude Gaucherand, contre-amiral et écrivain

Dominique Watrin, sénateur du Pas-de-Calais

Bernard Genet, militant anti-impérialiste (13)

Annette Mateu-Casado, documentaliste retraitée (66)

Geneviève Blache, militante gaullienne pour le Frexit (06)

Dominique Mutel, agrégé d’anglais (62)

Léon Landini, ancien officier des Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée, Médaille de la Résistance, officier de la Légion d’honneur, président d’honneur du CO.U.R.R.I.E.L.

Laurent Lafforgue, mathématicien, professeur à l’IHES

Barbara Flamand, poétesse (Belgique) - Commentaire de B. Flamand (Bruxelles) : « Cette attaque contre la langue est à la fois culturelle, politique, historique. Contre une telle attaque il faut soulever un mouvement de masse. En gommant leur langue, les Français vont-ils lire Montaigne en anglais ? Chanter la Marseillaise en anglais ? Et apprendre dans cette langue comment les versaillais ont écrasé La Commune ? La langue est le patrimoine collectif en même temps qu'individuel. Le peuple ne peut pas laisser les décideurs souiller la France de Ferrat et de bien d'autres ».

 

 

Voir les commentaires

Gifle à Valls : Martinez évoque "une justice accélérée pour certains"

21 Janvier 2017, 10:35am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a estimé jeudi sur RTL qu’il y avait "une justice accélérée pour certains", après la condamnation mercredi d’un jeune homme à trois mois de prison avec sursis pour avoir giflé Manuel Valls la veille.

La procédure juridique "me semble rapide, d’autres attendent beaucoup plus longtemps pour être jugés, certains depuis des années", a observé le leader syndical.

"Pour certains ça va très vite, et pour d’autres ça va plus lentement", relève-t-il.

"On le voit aussi pour les militants de la CGT, qui passent toutes les semaines devant des tribunaux pour des affaires soi-disant de violences", a-t-il évoqué.

"Il y a parfois une justice accélérée pour certains".

"Je connais quelques puissants (...), M. Dassault par exemple, ça fait des années qu’il a des procédures de tout ordre et je trouve que la justice va beaucoup moins vite pour lui", a poursuivi M. Martinez.

Interrogé pour savoir s’il condamnait cette gifle, il a répondu : "oui, je pense qu’il y a des façons plus efficaces d’exprimer son mécontentement".

Alors que Manuel Valls, candidat à la primaire initiée par le PS, serrait des mains à Lamballe, près de Saint-Brieuc, un jeune homme lui avait tendu la main, une invitation qu’il avait soudain transformée en gifle, tout en criant : "Ici, c’est la Bretagne." L’ancien Premier ministre avait tenté d’esquiver et son agresseur n’avait pu que le toucher légèrement au visage.

Dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), le parquet a proposé une peine de trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général (TIG) au jeune homme de 18 ans, qui l’a acceptée.

Voir les commentaires

8 personnes = 50 % de la population mondiale

21 Janvier 2017, 10:32am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

Voir les commentaires

FN et extrême droite, des partis comme les autres: l'analyse des données tend à prouver le contraire.

21 Janvier 2017, 09:57am

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Le Front national fait de sa différence avec les partis politiques dits "traditionnels" un argument majeur de campagne en vue de la présidentielle. Pourtant, l'analyse des données tend à prouver le contraire. 

Le Front national est-il un parti différent des autres? Plusieurs signes vont en ce sens. C'est le seul à avoir une femme à sa tête depuis plusieurs années, Marine Le PenMarion Maréchal-Le Pen est la plus jeune députée de l'Assemblée nationale et Florian Philippot, vice-président et tête d'affiche médiatique du parti est à la fois jeune (35 ans) et homosexuel.  

A l'étranger, l'extrême droite se distingue aussi. La maire de Rome, Virginia Raggi, du mouvement cinq étoiles, est une femme, élue à 37 ans. A Turin, l'élue 5 étoile est plus jeune encore, 31 ans. On serait tenté d'en conclure que l'extrême droite est effectivement différente des autres partis: plus jeune, plus ouverte et plus diverse. 

 

La preuve par les données

Ce serait oublier l'heuristique de disponibilité. Ce "truc" de notre cerveau nous permet d'arriver à des conclusions sur la base d'exemples marquants. C'est la raison pour laquelle, à partir des souvenirs de catastrophes aériennes, on peut avoir peur de l'avion. Pour passer outre l'heuristique de disponibilité, il faut prendre un peu de recul et observer le phénomène dans son ensemble. Pour cela, les données sont nos alliées. 

Des données sur les caractéristiques des politiciens, nous en avons collecté quelques dizaines de milliers, avec l'aide de 318 étudiants de 14 écoles de journalisme en Europe [voir "méthodologie et données" ci-dessous]. Nous avons analysé des données au niveau national, régional et communal, en France et en Europe, depuis les années 1990. 

En élargissant la perspective, on voit que l'extrême droite est différente sur un point: l'âge de ses élus. Pour ce qui est des métiers, des études ou du genre, les élus d'extrême-droite sont comme les autres. Quand ils ne sont pas plus proches encore de l'élite. 

Des petits jeunes... de 48 ans 

En France, les élus d'extrême droite ont en moyenne 48 ans lors de leur élection. Quatre ans de moins que la moyenne des élus, mais pas vraiment des petits jeunes non plus. Pour une Marion Maréchal-Le Pen encore à l'université, on trouve des élus qui ont largement dépassé l'âge de la retraite. Jean-Marie Le Pen (élu à 86 ans), Jean-Michel Dubois (71 ans) ou Jean-Yves Waquet (70 ans) montrent que les seniors ont toute leur place à l'extrême droite. 

Le premier parti... des cadres du secteur privé

Le Front national affirme parler au nom du peuple. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le peuple n'y est pas représenté dans toute sa diversité. A en juger par la profession de ses élus, l'extrême-droite en France rassemble surtout les cadres du secteur privé. Comme dans les partis dits "traditionnels", travailleurs manuels et agriculteurs ne sont pas placés en tête des listes électorales. 

La parité en trompe l'oeil

L'extrême droite compte presque autant d'élus que d'élues. C'est même la deuxième tendance la plus paritaire après les écologistes. Les conservateurs (Les Républicains) sont bons derniers, avec trois élues pour sept élus. 

On pourrait y voir la détermination du Front national à donner aux femmes les mêmes chances qu'aux hommes. La réalité est tout autre. Si la parité est obligatoire depuis 2003, les partis peuvent tricher plus facilement sur certains scrutins. Pour les législatives, les candidates sont souvent parachutées dans des circonscriptions difficiles à prendre. Sur les scrutins de liste (élections régionales, où le FN est très fort), les partis doivent alterner entre hommes et femmes. Si l'on ne regarde que les assemblées régionales, le FN est en fait le parti qui compte le moins d'élues

Il aurait été étonnant qu'un parti qui s'oppose à la parité (le programme du FN appelle cela un "racisme inversé") veuille faire élire des femmes. On le voit bien au niveau européen, où les partis d'extrême droite comptent plus d'élus qu'en France: l'extrême-droite compte une élue femme pour deux élus hommes, quasiment le plus faible ratio parmi les six tendances. 

 
Le parti de l'élite
Nous avons retracé le parcours scolaire de près de 500 élus français et les avons séparé en deux groupes: ceux qui sont passé par Sciences-Po (Paris ou autre), l'ENA et HEC, que l'on peut considérer comme des formations d'élite, et les autres. Si Les Républicains arrivent en tête de ce classement, avec un élu sur sept issu de l'élite, la deuxième tendance est... l'extrême-droite, avec un élu sur dix. 

Les jeunes ambitieux sentent la direction du vent. S'ils veulent un jour être ministres, il vaut mieux pour eux choisir un parti à fort potentiel de croissance. David Masson-Weyl en est un bon exemple. Encore étudiant à Sciences-Po, ce "social-souverainiste" a été élu à 22 ans dans la région Grand Est. Mathilde Palix-Androuet, 30 ans, Science-Po, ne s'y est pas trompée non plus. Anciennement proche du PS, elle s'est faite élire au conseil régional d'Île-de-France sur la liste FN quelques mois à peine après son entrée au parti.  

Le FN, "parti du peuple" ? Pas vraiment, c'est même plutôt un parti de notables. On y trouve plus de jeunes qu'ailleurs, c'est vrai. Mais ce sont - au moins en partie - de jeunes gens des grandes écoles qui ont bien compris qu'ils arriveront plus vite au pouvoir en passant par l'extrême droite. 

> Méthodologie et données 

Les données utilisées pour cette analyse proviennent de la plate-forme pédagogique jQuest. Elles ont été collectées par 318 étudiants inscrits dans 14 écoles de journalisme en Europe, dont, en France, l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, l'Ecole de Journalisme et de Communication d'Aix-Marseille et le Master Journalisme et Médias Numériques de l'Université de Lorraine. 

Les élus y sont classés par tendance plutôt que par parti afin de permettre des analyses dans l'espace (entre pays) et dans le temps (en 20 ans, les conservateurs français sont passés du RPR à l'UMP puis aux Républicains, sans compter les partis de second rang). Les tendances sont déterminées par le rattachement du parti auquel est inscrit un élu au Parlement Européen (un parti rattaché au Parti Populaire Européen, comme Les Républicains, est classé comme conservateur, par exemple). 

En France, le registre national des élus (RNE), maintenu par le ministère de l'intérieur, contient des données similaires mais collectées par les préfectures (les catégories y sont déterminées par le préfet en toute opacité). Notre analyse permet de s'émanciper de ces données gouvernementales et de porter un autre regard sur les élus. Le RNE a néanmoins été utilisé pour valider nos conclusions. 

Les données sont disponibles sur cette feuille de calcul ci-dessous

  •  
  •  
  •  
 

Voir les commentaires

Philippe MARTINEZ (secrétaire général de la CGT) : « Valls, Hamon, Macron, Mélenchon... tous sont loin de la réalité du monde du travail »

19 Janvier 2017, 21:07pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

INTERVIEW - Le leader de la CGT juge sévèrement les politiques, tous « loin de la réalité du monde du travail ». Il pense « plus que jamais » nécessaire de mener une « campagne d’explication sur le vrai visage du parti de Marine Le Pen ».

Les deux premiers débats de la primaire du PS ont eu lieu. Que pensez-vous des programmes des candidats?

Ils ne sont pas à la hauteur car ils ne partent pas assez de la réalité du travail. C'est un problème que ne concerne pas qu'eux, d'ailleurs. Prenez la santé. Les politiques en général devraient aller sur le terrain discuter avec les soignants pour prendre la mesure du manque d'effectifs et de moyens. Ils auraient dû aller à Tarbes à la polyclinique de l'Ormeau où nous avons réussi à arracher une belle victoire après 64 jours de conflit. Ils auraient pu rencontrer de jeunes infirmières qui leur auraient expliqué leurs difficultés à faire leur métier dans l'intérêt des malades et non pour faire gagner de l'argent aux actionnaires (…)

LIEN VERS LA SUITE DE L’INTERVIEW CI-DESSOUS :

Voir les commentaires

Liberté Hebdo 1255: L'édito de Robert (DE VILLE)

19 Janvier 2017, 20:36pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

 

EN AVOIR OU PAS

 

II y a, en politique. des posture qui sont sans équivoque des impostures. Il nous faut sons cesse dessiller les paupières, ouvrir les yeux, dégager les Œillères. Quand la droite elle-même crie a l'imposture a gauche, là nous sommes en plein rêve, ou cauchemar, c'est selon.

 

François Fillon veut supprimer les fonctionnaires par centaine de milliers et Gérard Larcher crie qu'il faut des emplois pour sauver le pays, que ce n est pas possible d'avoir autant de pauvres dans le pays. Et baisser les « charges» sur les salaires, bien sûr. Tout en augmentant la TVA. c’est sûr. Bref, ne soyons pas stupides. Reconnaissons que ces hommes sont habiles a présenter le monde tel qu'ils veulent que nous le percevions.

 

 jamais les riches n'ont été aussi riches et  pourtant, on veut nous faire croire que les pauvres doivent se serrer la ceinture, encore, toujours.

Faut-il s'en remettre a leurs oracles pour préparer notre avenir ? Non, bien évidemment. Mais combien ces discours assénés, ressasses sans cesse sur les ondes, sur les écrans, partout, annihilent toutes les volontés, écrasent toutes les envies de changement, poussent au découragement.

En face, les socialistes du PS pensent encore faire illusion après leur désertion en rase compagne. Le panel de candidats, candidement présentés aux heures fortes de l'audimat à nos yeux avides de téléspectateurs, ne nous ravissent pourtant pas. Nous cherchons où ils étaient quand les députés du PCF appelaient à signer le texte pour la motion de censure lors du vote inique de la loi reformant le code du travail. Nous cherchons les cibles des réformistes ou des frondeurs. Et les revoilà dans le marketing politique.

Donnons leur l'occasion de se rassembler derrière Jean-Luc Melenchon pour la présidentielle. Car il ne s’agit pas de donner une leçon a François hollande ou à Manuel Valls. Mais bien de donner une chance à la gauche d'être au deuxième tour des élections présidentielles.

Mais n'en restons pas la. Eloignons-nous un peu de tout cela. Allons de l'avant !

Et regardons encore le bilan extraordinaire et les actions réalisés par la dizaine de députés communistes et républicains qui ont ouvré, toujours, dans I'intérêt collectif.

Qu'aurions-nous obtenu, réalisé, s'ils avaient été plus nombreux à I'Assemblée ?

Ne l'oublions pas.

Et au delà de la présidentielle sachons le faire valoir,  le faire savoir, à l'heure du choix.

Et l'avenir sera différent s'il y a des députés communistes en nombre, ou pas, pour la prochaine législature. 

Voir les commentaires

La direction du Louvre-Lens abhorre l'élue CGT

19 Janvier 2017, 19:49pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

La direction du Louvre Lens a décidé de ne pas renouveler le contrat de deux médiatrices dont celui de Miryam, secrétaire du syndicat CGT, élue au CT et mandatée au CHSCT. 
Cette décision est inacceptable !

La CSD vient de rédiger un communiqué de presse et une motion adressée à chaque syndicat  pour dénoncer l'attitude de la direction et pour apporter le soutien à Miryam.

Un rassemblement avec "couleurs" est organisé par la CSD au Louvre 
(entrée rue Paul-Bert) le JEUDI 19 JANVIER 2017 à 17 h 15, afin d'accueillir comme il se doit le Président M. Martinez qui vient faire une conférence sur l'exposition "patrimoines"

D'autres initiatives suivront pour maintenir la pression. Mais pour l'instant, le plus important, c'est l'envoi de la motion écrite à la main sur papier à en-tête et la participation au rassemblement.

Cliquez ci-dessous pour agrandir le comité de presse et la motion

La direction du Louvre-Lens abhorre l'élue  CGT
La direction du Louvre-Lens abhorre l'élue  CGT

Voir les commentaires

La grippe fait monter la fièvre hospitalière

19 Janvier 2017, 19:32pm

Publié par BLOG-PCF-ARRAS

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, deux hommes vont révolutionner les choses dans notre pays et ériger le plus bel héritage politique et social dont nous pouvons encore (pour combien de temps ?) jouir aujourd’hui. Le communiste Ambroise Croizat va créer la sécurité sociale qui repose sur le principe de la cotisation, patronale et salariale. Déconnecter le salaire de l’emploi pour créer un principe d’égalité et de protection de tous face aux aléas de l’existence, la maladie, le chômage … C’est une véritable révolution et un coup féroce porté au capital. Cependant le capital n’a pu que s’enfermer dans un mutisme forcé, accepter sans broncher tant il s’est vautré avec une stupéfiante facilité dans la collaboration avec l’Allemagne nazie. Ils ont été les artisans de la défaite faisant clairement le choix de déposer les armes avant même d’avoir combattu. Seuls comptaient les bénéfices que devaient continuer à dégager leurs entreprises. J’avais déjà expliqué ce principe dans un précédant billet en évoquant la Commune de Paris mais aussi l’appel de la bourgeoisie française à une coalition étrangère pour écraser la révolution française ce qui donnera l’héroïque bataille de Valmy. La bourgeoisie n’a jamais été patriote à l’inverse de la classe ouvrière. Nous ne sommes pas là dans la caricature ou le fantasme idéologique mais bien dans un constat historique établi par des faits. Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, une lecture obligatoire, l’historienne Annie Lacroix-Riz.

Le second personnage que je voulais évoquer est le communiste Maurice Thorez, lui aussi ministre dans le gouvernement provisoire d’après-guerre. Il donne naissance à la fonction publique et plus encore au statut de fonctionnaire. Là aussi on créé un modèle révolutionnaire ; le fonctionnaire est hors de l’emploi, pas de chantage à l’emploi pour lui. Il est payé pour son grade et jouit d’un salaire à vie versé donc pour son grade, pas pour son poste. C’est d’ailleurs pour cela que le chômage n’existe pas dans la fonction publique. Le brillant sociologue Bernard Friot l’explique admirablement bien car c’est le travail de sa vie. Pour les plus jeunes, le vidéaste Usul a expliqué avec pédagogie et talent la thèse de Friot sur sa chaîne youtube. Ainsi de grands et performants services publics verront le jour : l’école, l’énergie, les transports, les télécommunications ou encore la santé. La santé, l’hôpital public, que de nombreux pays nous envient.

Malheureusement, d’un plan d’austérité à un autre, l’hôpital et ses agents sont aujourd’hui en souffrance. Les moyens manquent cruellement pour pouvoir assurer comme il le faudrait le service public qu’ils sont sensés rendre à la nation. Au plus grand désespoir des personnels qui travaillent à flux-tendu, pétris par une souffrance au travail de plus en plus vive. 3 milliards d’euros d’économie exigés par le gouvernement sur le dos de l’hôpital public. C’est avant tout d’ailleurs une recommandation insistante de Bruxelles. Le service public de la santé français coûterait bien trop. Il est un frein à la concurrence et au développement du marché lucratif dans le domaine. Pourtant là où le système de soins coûte 15 % du PIB aux États-Unis, il ne coûte que 10% du PIB en France. Pour un service d’ailleurs plus performant et égalitaire chez nous.

Pour celles et ceux qui ont la possibilité d’échanger avec des agents hospitaliers, vous savez à quel point les conditions de travail sont de plus en plus laborieuses. Un manque cruel de personnel dans les services, des externalisations de services qui ont lourdement précarisé les outils de travail, des fermetures de lits qui ont causé un engorgement ingérable dans les services d’urgences … Les politiques de restriction budgétaire, le nouveau système de gestion via les ARS et l’exclusion des élus des conseils d’administration devenus conseil de surveillance, sabotent le service public de la santé. La stratégie a été la même pour les autres grands services publics ouverts aujourd’hui au privé. Dépecer pour constater avec une fausse et vicieuse incrédulité qu’il n’est plus possible d’assurer la continuité du service. Ainsi faut-il ouvrir au privé pour palier au manque de moyens. Tout cela est parfaitement ficelé et orchestré par une complicité évidente entre politiques et capital. C’est le dévouement et le sens de l’éthique des agents qui font que la machine continue malgré tout de tourner comme elle le peut.

Ainsi ce week end, une grippe particulièrement violente a suffi à mettre à jour tout cela. Beaucoup ont découvert l’état d’urgence de notre système de soins. L’hôpital est malade, frôlant presque le palliatif. Impossible de créer des zones de quarantaine aux urgences tant elles sont pleines à craquer. Des usagers ont attendu plus de 24 heures dans les couloirs avant d’être pris en charge. Les agents explosent leur temps de service pour ne pas laisser les collègues dans cette situation explosive. Les agents sont non seulement débordés, mais ils doivent gérer le mécontentement légitime des familles. Les actes de violences se multiplient envers les agents depuis quelques temps. Cette situation devient lamentablement scandaleuse. Les établissement ne peuvent concrètement déclencher le plan blanc car les moyens sont insuffisants pour l’assurer dans les faits.

Comment un pays comme le nôtre, aussi avancé, peut-il être vaincu par une pathologie aussi banale que la grippe ? Voilà le désastre que le capitalisme est capable d’enfanter. Voilà comment notre civilisation recule lorsque le peuple perd sa vigilance et décide de ne plus donner de suite et de sens à l’indignation. Pourtant, celles et ceux qui se présentent à nos suffrages cette année, du PS à la droite en passant par le FN, nous disent que nous devrons continuer à nous serrer la ceinture et à consentir à de nouveaux sacrifices. L’hémorragie doit donc continuer à l’hôpital car le marché l’exige. La crise, la dette, toutes ces constructions idéologiques du système libéral, du système capitaliste, viennent ainsi justifier le pire. Pourtant on ne cesse de le dire, mais notre pays n’a jamais été aussi riche. Il produit 2000 milliards d’euros de richesses par an. Pourquoi peut on faire basculer 10 points de cette richesse nationale (soit 200 milliards d’euros) des poches des travailleurs à celles des propriétaires du capital et ne pas pouvoir faire le choix d’assurer ce prélèvement pour les services publics utiles à tous ? Ce ne sont pas la crise, ou la dette, ou le besoin autoproclamé de concurrence qui implique cette réalité. C’est un choix idéologique, un choix politique. Ceux qui affirment le contraire sont des menteurs qui servent un intérêt particulier, celui du capital.

Alors que nombreux sont ceux qui travaillent à imposer le logiciel libéral à notre conscience commune, à bâtir une matrice culturelle autour d’une architecture d’affects artificiels, nous ne sommes nous que peu mobilisés à lutter pleinement contre cette pensée, cette guerre idéologique. Qu’on le veuille ou non, l’analyse marxiste de l’organisation économique, politique, culturelle de nos sociétés se vérifie aujourd’hui plus que jamais. La classe possédante est à l’offensive et elle se montre fortement vindicative. C’est la non organisation de notre classe, l’effritement de notre grille de lecture idéologique qui nous plonge dans l’obscurité civilisationnelle en cours. C’est l’absence du rapport de force que le parti communiste de Thorez et de Croizat avait réussi à établir en leur temps qui nous fait aujourd’hui cruellement défaut.

Guillaume Sayon

 
 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>